Courants rafraîchissants

découlant de la Source de Vie

Jean 7:37 : Jésus dit : Si quelqu’un a soif, qu’il vienne à moi et qu’il boive


Les sous-titres ont été ajoutés par Bibliquest
Streams of Refreshing from the fountain of life — 1897

19 - LUTTEZ — Luc 13:24 — (chapitre 15)

Luttez pour entrer par la porte étroite — Luc 13 :23-28


« Et quelqu’un lui dit : Seigneur, ceux qui doivent être sauvés sont-ils en petit nombre ? Et il leur dit : Luttez pour entrer par la porte étroite : car beaucoup, je vous le dis, chercheront à entrer et ne pourront pas. Dès que le maître de la maison se sera levé, et aura fermé la porte, et que vous vous serez mis à vous tenir dehors et à heurter à la porte, en disant : Seigneur, ouvre-nous ! et que, répondant, il vous dira : Je ne vous connais pas ni ne sais d’où vous êtes ; alors vous vous mettrez à dire : Nous avons mangé et bu en ta présence, et tu as enseigné dans nos rues. Et il dira : Je vous dis, je ne vous connais pas, ni ne sais d’où vous êtes ; retirez-vous de moi, vous tous, ouvriers d’iniquité. Là seront les pleurs et les grincements de dents, quand vous verrez Abraham et Isaac et Jacob et tous les prophètes dans le royaume de Dieu, mais, vous, jetés dehors » (Luc 13:23-28)


Certaines personnes semblent se poser constamment des questions d’ordre religieux. Elles ne se demandent pas si elles sont elles-mêmes sauvées, mais si les autres le sont. On voit aussi des parents pleins d’amour se tourmenter quant à l’avenir éternel d’un enfant mourant, un maître dévoué s’inquiéter de l’état spirituel d’un serviteur dans l’affliction, et tant d’autres manifestant leur sollicitude à l’égard des ignorants et des pauvres qui les entourent, sans toutefois prendre à cœur leur véritable état personnel devant Dieu. Il en était ainsi du temps du Seigneur : « Quelqu’un lui dit : Seigneur, ceux qui doivent être sauvés sont-ils en petit nombre » ? à quoi Jésus répondit : « Luttez, pour entrer par la porte étroite », cherchant par là à détourner ses regards des autres, afin qu’il s’interrogeât avant tout sur son propre salut. Le Seigneur faisait aussi ressortir la folie qu’il y a à paraître se soucier des autres, alors qu’on est soi-même sur le chemin large qui mène à la perdition. C’est une question si grave, si essentielle, ― à propos de laquelle une erreur serait littéralement fatale ― que le Seigneur leur ordonne de lutter de toutes leurs forces pour entrer par la porte étroite !

Il est bon d’observer que l’instruction donnée ici ne veut pas dire qu’il y ait grand-chose, ou même la moindre des choses à faire pour se rendre acceptable à Dieu, ni qu’il faudrait parcourir un labyrinthe long et pénible pour parvenir finalement à la bénédiction et la sécurité. Non, il n’y a qu’une « porte » à passer comme seul chemin pour échapper ; la sécurité et la bénédiction dépendent de ce qu’on est entré à la porte. Tous ceux qui sont dehors sont en grand danger ; mais il y a une issue de secours ; le jugement et la condamnation emporteront ceux qui n’acceptent par le seul chemin de délivrance en entrant par la porte étroite.

19.1 - Qu’est-ce que la porte étroite ?

Il n’y aurait, pour les pécheurs, aucun moyen d’échapper à la colère à venir, si Jésus n’était pas mort sur la croix. « À moins que le grain de blé, tombant en terre, ne meure, il demeure seul ; mais s’il meurt, il porte beaucoup de fruit » (Jean 12:24). C’est la croix de Christ qui nous parle de péché ôté, de rédemption accomplie, et du seul chemin offert au pécheur pour aller à Dieu. C’est donc Christ crucifié, élevé sur la croix, qui est cette « porte étroite », cette voie d’accès. « Moi, je suis la porte : Si quelqu’un entre par moi, il sera sauvé » (Jean 10:9). La croix de Christ, voilà donc ce qui sépare les sauvés des perdus. Ne pas entrer dans la présence de Dieu par cette porte, c’est s’attarder encore au lieu de la mort et du jugement, tandis qu’entrer dans la présence du Père par la mort expiatoire de Son cher Fils, c’est la paix pour maintenant et le salut éternel. L’évangile nous présente ainsi une porte de salut, encore grande ouverte ; tous les pécheurs coupables qui « entrent » par la foi sont accueillis. Cette porte les met pour toujours à l’abri de la colère divine, et les introduit dans la présence paisible du Père des miséricordes et du Dieu de toute consolation (2 Cor. 1:3).

19.2 - C’est une porte ÉTROITE

Le véritable christianisme est quelque chose d’individuel. Cette porte est si étroite qu’on est forcé d’entrer un à un. Beaucoup aimeraient tant en introduire d’autres en même temps qu’eux, mais chacun est responsable devant Dieu pour lui-même, et chacun doit être exercé devant Dieu quant à son propre péché. L’évangile s’adresse à la conscience individuelle : « Celui qui croit au Fils… », « celui qui a le Fils… », « celui qui aura cru et aura été baptisé … » etc. Paul dit : « Je sais qui j’ai cru », « J’ai obtenu miséricorde », « Christ m’a aimé ». Ceci est de toute importance et nous montre l’absolue nécessité pour chacun de se poser cette question primordiale : « Suis-je, moi, sauvé » ? Peut-être sommes-nous membres de quelque groupe religieux et d’apparence fidèle. Toujours est-il que seuls sont sauvés ceux qui sont entrés par la porte étroite.

19.3 - Entrer

Aucune promesse de sécurité n’est faite à ceux qui ne sont pas « entrés » par la porte étroite. Il ne suffit pas de « penser » à la porte, il faut « entrer » ! C’est une chose de savoir qu’il y a un Sauveur, et une autre de trouver le salut par Son sang. Il est à craindre que beaucoup de ceux qui disent connaître le chemin du salut, n’en aient pas profité pour eux-mêmes. C’est par la foi qu’on entre à la porte étroite. Dans la mort et la résurrection de Christ, nous voyons que le Dieu de grâce a ouvert une porte de salut aux pécheurs, et par la foi en l’efficacité de cette œuvre rédemptrice, nous entrons dans la présence de Dieu, et nous Le connaissons comme le Dieu qui pardonne le péché. Ce n’est pas le fait de savoir que Christ est un Sauveur qui me sauve, mais celui de croire en Lui pour le salut de mon âme ; et c’est ainsi que, par Lui, j’entre dans la présence du Dieu de paix. Aux jours d’Israël, le meurtrier qui était entré dans la ville de refuge, c’était lui qui était sauvé. Aux jours de Noé, seuls ceux qui étaient entrés dans l’arche furent sauvés. Beaucoup se trouvaient peut-être tout près de l’arche, juste en dehors, essayant de s’agripper aux planches, tandis que l’eau pénétrait déjà dans leur bouche, mais ils n’étaient pas plus sauvés que ceux qui étaient loin de l’arche. Il en était de même pour la foule qui entourait notre Seigneur : Seule, la femme qui vint toucher le bord de Son vêtement fut guérie (Luc 8:43-48). Il faut donc recevoir Christ, se confier en Lui, croire en Lui, se réfugier en Lui, se reposer sur Son œuvre accomplie, et « entrer » par Lui, pour obtenir la vie et le salut.

19.4 - Luttez pour entrer

Ce sujet solennel demande beaucoup de sérieux, étant donné l’importance éternelle de l’œuvre de Christ. Dieu ne peut supporter l’indifférence. Se contenter d’adopter des opinions est très insuffisant. Apprendre quelques pratiques et formules religieuses, cela ne peut satisfaire Dieu. Le monde entier est coupable devant Lui. Le jugement est proche. La colère de Dieu arrive bientôt, et tombera sur toutes les âmes sans Christ. Son bras tout puissant et Son parfait amour ont fourni une issue de secours, et Sa voix de grâce crie aux pécheurs : « Luttez de toutes vos forces pour entrer par la porte étroite ». Ne vous contentez pas de bonnes impressions ou des désirs louables, n’ayez de cesse que vous ayez franchi la porte étroite, et faites ça pour de bon ! Ne vous contentez pas d’accomplir quelques devoirs formels, ou de vous poser quelques questions, ou d’avoir une bonne réputation de personne religieuse aux yeux des hommes. Non ! Prenez la chose très au sérieux, car l’éternité est proche. La vie est courte ; beaucoup vont manquer la porte étroite, beaucoup se tromperont, et découvriront trop tard leur erreur ! Luttez donc de toutes vos forces pour entrer par cette porte étroite et avoir la vie sauve. Fuyez le puits de destruction, et tournez-vous vers le Sauveur. Pour rien au monde, ne manquez Son grand salut !

19.5 - Il y a beaucoup d’obstacles pour entrer par la porte étroite

19.5.1 - L’esprit charnel

Nous aimons tous, par nature, vivre et agir comme s’il n’y avait pas de Dieu et pas besoin d’être sauvés. Nous nous efforçons tous d’être heureux sans Dieu et sans Sauveur. Nous sommes de ce monde qui gît dans le méchant. Nous nous éloignons toujours plus de Dieu, en faisant, autant que possible, notre propre volonté, par les moyens qu’il nous plait. L’esprit charnel est ennemi de Dieu auquel il ne veut pas se soumettre. Il cherche sa satisfaction partout sauf en Dieu. « Nous avons tous été errants comme des brebis, nous nous sommes tournés chacun vers son propre chemin… » (És. 53:6). Le cœur humain refuse donc naturellement de lutter pour entrer par la porte étroite.

19.5.2 - Satan

Satan est un obstacle majeur. Il cherche spécialement à empêcher les âmes de chercher refuge en Christ pour être sauvées. Il les aveugle, de peur que le glorieux évangile de Christ, qui est l’image de Dieu ne les illumine (2 Cor. 4:4-6). Il fut un temps où il s’efforçait de faire que le nom de Christ ne fût même plus mentionné. Aujourd’hui, cela n’est plus possible, mais il cherche diligemment à empêcher qu’il soit rendu témoignage à la valeur de Sa mort. Il n’objecte pas trop à ce que des âmes pensent à la porte étroite, mais il fait tout pour qu’elles n’y entrent pas ! Il sait bien qu’on peut connaître l’histoire de Christ et de Ses miracles sans pour autant être sauvé. Mais ce à quoi il s’oppose de toutes ses forces, c’est que l’on vienne à Dieu par Christ crucifié pour recevoir le salut, — et que l’on vienne au Sauveur ressuscité et monté au ciel pour avoir la justification et la gloire.

19.5.3 - Le monde

Le monde, lui aussi, dit aux hommes de ne pas entrer par la porte étroite. Il leur promet gains et revenus, faveurs et avancements, luxe et gratifications ; il fait miroiter du faux brillant pour satisfaire leur cœur tout en les aveuglant. Ses modes changeantes, ses spectacles animés, ses éternelles promesses de progrès, occupent les esprits. Il cherche par là à engourdir la conscience qui s’éveille et à lui faire goûter le repos dans son sein adultère. Toutes ces choses tendent à empêcher l’âme d’entrer par la porte étroite, et à s’attarder là où règnent la condamnation et le jugement, et où le Seigneur viendra bientôt mettre tous Ses ennemis comme marchepied de Ses pieds.

19.5.4 - Les relations et les connaissances

Nos relations et nos connaissances sont parfois de puissants ennemis faisant tout leur possible pour empêcher les âmes de franchir la porte étroite. La perte d’une affaire ou d’une position mondaine, le mépris auquel il faut s’attendre de la part de ses amis, et bien d’autres choses semblables sont autant d’arguments de poids pour désobéir à Celui qui a dit : « Luttez pour entrer par la porte étroite », tandis que la certitude d’un salut immédiat est qualifiée de présomption, et celle du pardon actuel des péchés par le sang de Christ est mise au compte de l’enthousiasme. Il y a donc de terribles obstacles, au-dedans comme au-dehors, pour ceux qui viennent à Christ crucifié et ressuscité pour leur salut.

19.6 - Les expériences de ceux qui « luttent »

Ils luttent de toutes leurs forces pour entrer par la porte étroite sachant qu’ils sont pécheurs et qu’ils méritent, en tout justice, la condamnation éternelle de Dieu. Ils sont certains qu’il n’y a pas d’autre issue pour s’échapper, et qu’aucune œuvre ou devoir accompli ne peuvent rien expier de leurs péchés.

Ils sont conscients qu’il y a dans leur cœur naturel, un principe d’orgueil qui les pousse à mettre leur confiance en eux-mêmes, et non pas dans l’œuvre expiatoire de Christ. C’est pourquoi, sous la direction et la puissance de l’Esprit de Dieu, ils luttent intérieurement contre de telles pensées. Ils sentent que leur esprit charnel, orgueilleux, voudrait les empêcher, mais ils luttent. Ils entendent les appels séducteurs du grand tentateur, mais ils luttent. Ils voient le faux brillant du monde, mais ils luttent pour entrer par la porte étroite ! Ils désirent ardemment se reposer sur l’œuvre accomplie de Christ, sachant qu’elle est le seul moyen, pour le pécheur, d’entrer dans la bienheureuse présence de Dieu. Ils ne se contentent pas de lire simplement les Écritures, ou d’avoir quelque connaissance de Christ, ou d’être considérés par les autres comme des « pratiquants », ou d’entendre régulièrement annoncer l’évangile. Non. Ils sentent qu’ils ont besoin d’être sauvés et rien moins que le salut ne peut les satisfaire, rien moins que la paix avec Dieu contre qui ils ont conscience d’avoir tellement péché ! Ils savent que la porte est encore ouverte, mais ignorent pour combien de temps. Ils ont conscience que s’ils n’entrent pas, ils périront pour toujours. Ils voient bien que Dieu a ouvert la porte, et que le Sauveur leur dit d’entrer, et que les Écritures déclarent que c’est le seul chemin ; que les serviteurs de Dieu proclament avec insistance son importance éternelle, et que des milliers d’âmes autour d’eux déclarent qu’elles ont fait l’expérience de cette bénédiction. C’est pourquoi ils « entrent par la porte étroite ». Ils entrent en tant que pécheurs indignes, nus, coupables, et ils découvrent à la croix du Calvaire que Dieu Lui-même est la source du pardon, de la paix, de la justice et de la gloire pour tous ceux qui viennent à Lui par Christ.

Sachant que toute âme sans Christ va aller au puits de la destruction éternelle, ils ne sauraient trouver de repos avant de s’être réfugiés dans l’espérance que leur propose l’évangile, et de savoir qu’ils sont sauvés. Par la foi dans le Seigneur Jésus Christ, ils font l’expérience d’avoir échangé une conscience coupable pour une conscience purifiée, — d’avoir été sauvés d’un monde mauvais pour entrer dans la présence du Dieu de grâce et de paix. Ils sentent qu’ils sont de nouvelles créatures. Ils savent qu’ils sont passés de la mort à la vie, et ils se réjouissent dans l’amour qui pardonne.

19.7 - Quatre raisons de lutter pour entrer par la porte étroite

Notre Seigneur a donné quatre raisons de lutter pour entrer par la porte étroite :

a) « beaucoup chercheront à entrer et ne pourront pas », b) la porte sera fermée, c) beaucoup de chrétiens professants resteront dehors, d) les tourments éternels seront la part des perdus.

19.7.1 - « Beaucoup chercheront à entrer et ne pourront pas ».

Le temps vient où il sera trop tard. Certains frapperont, et il ne leur sera pas ouvert. Aujourd’hui le Seigneur dit : « Venez à moi, vous tous qui vous fatiguez et qui êtes chargés, et moi, je vous donnerai du repos » (Matt. 11:28), et « que celui qui veut prenne gratuitement de l’eau de la vie » (Apoc. 22:17). Mais le jour vient où Dieu s’occupera des hommes selon Sa justice, et non selon la grâce dont Il use aujourd’hui, car « Dieu a établi un jour auquel il doit juger en justice la terre habitée » (Act. 17:31). Aujourd’hui, Dieu annonce aux pécheurs coupables « la paix par Jésus Christ », mais alors Il jugera les hommes selon leurs œuvres. Aujourd’hui, nombreux sont ceux qui ne veulent pas entrer par la porte étroite, mais alors nombreux seront ceux qui frapperont, disant : « Seigneur, Seigneur, ouvre-nous » ! Aujourd’hui les pécheurs qui cherchent refuge dans les bras du Sauveur sont sauvés, mais demain ils chercheront le salut et ne le trouveront pas. Ils refusent aujourd’hui de venir à Dieu afin que leurs péchés soient lavés par le sang du Rédempteur, mais bientôt « ils diront aux montagnes et aux rochers : Tombez sur nous et tenez-nous cachés de devant la face de celui qui est assis sur le trône et de devant la colère de l’Agneau » (Apoc. 6:16). Ceux qui ne connaissent pas le Sauveur rencontreront bientôt Celui qui dira : « Je ne vous connais pas ». Combien il est donc important d’entrer tout de suite par la porte étroite !

19.7.2 - La porte sera fermée

« Dès que le maître de la maison se sera levé, et aura fermé la porte »… (13:25).

L’évangile ne sera pas toujours annoncé. Dieu ne proclamera pas toujours un message de paix. Il est le Dieu de jugement, autant que le Dieu de paix, et Christ est un Juge tout autant qu’un Sauveur. Aujourd’hui, Il est assis à la droite de Dieu, mais bientôt Il se lèvera et fermera la porte. La prédication de la croix prendra alors fin ; celui qui cherche ne trouvera pas, celui qui frappe n’obtiendra pas de réponse, à celui qui demande il ne sera pas accordé. Le témoignage de l’évangile aura pris fin, l’Église sera introduite dans la gloire, l’hypocrite et l’incrédule seront laissés pour le jugement. Les hommes découvriront alors leur erreur. La folie de repousser le salut à plus tard sera manifeste. La porte sera fermée, et le destin de l’homme scellé pour l’éternité. « Que celui qui est injuste commette encore l’injustice ; et que celui qui est souillé se souille encore » (Apoc. 22:11). Combien il est impératif de « lutter pour entrer par la porte étroite » !

19.7.3 - Beaucoup de chrétiens professants seront fermés dehors.

Dans la parabole des dix vierges, il nous est dit qu’une fois porte fermée, beaucoup viendront frapper disant : « Seigneur, Seigneur, ouvre-nous », de même qu’ici notre Seigneur dit : « …alors vous vous mettrez à dire : Nous avons mangé et bu en ta présence, et tu as enseigné dans nos rues. Et il dira : Je vous dis, je ne vous connais pas, ni ne sais d’où vous êtes ; retirez-vous de moi, vous tous, ouvriers d’iniquité » (Luc 13:26-27). En une autre occasion, notre Seigneur parle des mêmes personnes disant alors : « Seigneur, Seigneur, n’avons-nous pas prophétisé en ton nom, et n’avons-nous pas chassé des démons en ton nom, et n’avons-nous pas fait beaucoup de miracles en ton nom ? Et alors je leur déclarerai : Je ne vous ai jamais connus » (Matt. 7:22). Tout cela nous montre clairement que beaucoup de personnes qui auront fait profession d’être des serviteurs de Christ, et qui auront peut-être accompli de grandes choses en Son nom, n’ont jamais connu la valeur de Son œuvre expiatoire pour leurs âmes, et ne sont jamais entrées par la porte étroite pour leur propre salut. Que c’est terrible ! Ils se sont peut être efforcés d’accomplir des « œuvres merveilleuses » en Son nom, mais sans jamais savoir ce que c’était que de « lutter pour entrer par la porte étroite ». Quel avertissement solennel pour tous ceux qui n’ont pas encore mis leur confiance dans l’œuvre expiatoire de Christ pour le salut de leur âme !

19.7.4 - Le tourment éternel des perdus

« Celui qui n’aura pas cru sera condamné » (Marc 16:16) et « Qui désobéit au Fils ne verra pas la vie, mais la colère de Dieu demeure sur lui » (Jean 3:36). Ces paroles de Dieu de vérité doivent avoir leur accomplissement. Ne pas entrer par la porte étroite pour être sauvé, c’est ne pas croire en ce Sauveur que Dieu a envoyé, mais être un « ouvrier d’iniquité » en rébellion contre le Dieu d’amour et de paix. « Là seront les pleurs et les grincements de dents » (Matt. 8:12). Ils auront conscience que d’autres sont sauvés, mais eux-mêmes perdus pour toujours. Ils sauront que d’autres sont heureux pour toujours, grâce à l’œuvre rédemptrice de Christ, mais qu’eux-mêmes seront jetés dans l’étang de feu, en proie au châtiment éternel, « là où leur ver ne meurt pas et où le feu ne s’éteint pas » (Marc 9:44-48). Quelle puissance dans les appels du Sauveur ! combien les raisons qu’Il donnait pour inviter les âmes à lutter « pour entrer par la porte étroite » étaient simples — même si elles faisaient frissonner.

Beaucoup entendent ces choses, sans toutefois chercher l’issue de secours. Certaines personnes refusent de se soumettre à la justice de Dieu, et cherchent toujours à établir leur propre justice. Leurs pensées ne s’élèvent pas au-dessus de leur propre bonté imaginaire ! D’autres rejettent ouvertement la bonne nouvelle du salut par la mort de Christ. Ils méprisent la vérité du retour du Seigneur descendant du ciel, et s’écrient en se moquant : « Où est la promesse de sa venue ? car, depuis que les pères se sont endormis, toutes choses demeurent au même état dès le commencement de la création » (2 Pier. 3:4). D’autres encore entendent la vérité, font la distinction entre les doctrines de la grâce et bien des dogmes religieux à la mode, et font preuve d’un certain respect pour les ordonnances et la sainteté extérieure, mais sans avoir jamais consenti, au fond de leur cœur, à être entièrement sauvés par l’œuvre accomplie de Christ. Leur pensée profonde est celle-ci : « Nous ne voulons pas que celui-ci règne sur nous » (Luc 14:19). L’Écriture nous présente ailleurs que trop clairement le tableau affligeant d’autres personnes qui professent sortir à la rencontre de l’époux avec des lampes, alors que celles-ci manquent d’huile ; ou encore essayant de participer au repas de noces sans être vêtues de robes de noces. En bref, tandis que l’Écriture nous montre clairement que le salut n’est que pour ceux qui « entrent par la porte étroite », nous y trouvons aussi beaucoup d’avertissements pour ceux qui risquent le bonheur éternel de leur âme sous tous les prétextes possibles imaginables. Ainsi, bien que Dieu dise qu’il n’y a pas d’autre moyen ni d’autre nom par lequel l’homme puisse être sauvé, l’homme se confie en lui-même et considère qu’il y a d’autres noms et d’autres moyens.

Heureux ceux qui n’ont pas la prétention de discuter ou de contester avec le Tout-Puissant, mais qui sentent que Dieu est plus grand que l’homme (Job 33:12), et est l’unique source de lumière, d’amour et de vérité. Souvent, le premier signe indéniable de la vie spirituelle est ce consentement à mettre de côté toutes pensées humaines et à se soumettre à celles de Dieu, car, naturellement, nos pensées ne sont pas les Siennes, et nos voies ne sont pas Ses voies (cf. És. 55:8). Tout est bien pour ceux qui reçoivent volontiers la vérité de Dieu. De telles âmes se tournent vers les Écritures pour connaître la pensée et la volonté de Dieu. Conduites par l’Esprit, elles apprennent dans la Bible que l’homme déchu est comme un arbre corrompu qui ne peut produire de bons fruits, et que, à moins d’être uni à Christ ressuscité et glorifié, il ne peut produire de fruits pour Dieu. Elles apprennent aussi, par l’Esprit et par la parole du Seigneur, que le monde est jugé et condamné, et que le seul moyen d’échapper à la colère à venir est par la foi dans le Fils de Dieu. C’est ainsi que l’âme réveillée, qui commence à se soumettre à la pensée de Dieu, est amenée à se soumettre aussi à la justice de Dieu et à la rédemption en Christ. Elle se réjouit alors d’être justifiée par la foi, par notre Seigneur Jésus Christ.

Cher lecteur, êtes-vous entré par la porte étroite ? Vous êtes-vous enfin jeté à genoux, toute résistance vaincue, pour adorer avec reconnaissance le Sauveur des pécheurs ? Votre cœur de pierre a-t-il été brisé par la vérité de Dieu et a-t-il fondu devant l’amour du Sauveur ? Les larmes, les gémissements, l’indicible angoisse, la sueur semblable à des grumeaux de sang, la souffrance et la mort du Fils de Dieu, ont-ils été pour vous des sujets de profonde et douloureuse méditation ? Si tel n’est pas le cas, puissiez-vous, aujourd’hui, vous écrier de tout votre cœur :


Tel que je suis, sans rien à moi,

Sinon ton sang versé pour moi,

Et ta voix qui m’appelle à toi,

Agneau de Dieu, je viens, je viens !

20 - Christ, la porte — (chapitre 14)

« Moi, je suis la porte : si quelqu’un entre par moi, il sera sauvé » (Jean 10:9)


C’est à l’occasion de la guérison d’un aveugle-né que notre Seigneur bien-aimé énonça cette vérité merveilleuse, comme le rapporte le chapitre précédent (Jean 9) où nous voyons que cet homme fut chassé de la synagogue pour avoir confessé Christ. C’était une grande offense, et aujourd’hui encore rien n’offense plus l’orgueil de l’homme que de confesser sincèrement et de tout cœur le Seigneur Jésus ? Cette parole de l’apôtre, selon laquelle « tous ceux qui veulent vivre pieusement dans le Christ Jésus seront persécutés » reste aussi vraie aujourd’hui qu’alors (cf. 2 Tim. 3:12)

Le Seigneur avait rencontré cet homme qui venait d’être chassé (Jean 9:34), et Il s’était merveilleusement révélé à lui. Puis, Il avait orienté la conversation pour aborder le sujet de l’aveuglement spirituel, si bien que quelques-uns d’entre les Pharisiens, piqués au vif par ce qu’ils avaient entendu, Lui demandèrent : « Et nous, sommes-nous aussi aveugles » ? Car Jésus avait dit : « Moi, je suis venu dans ce monde pour le jugement, afin que ceux qui ne voient pas, voient, et que ceux qui voient deviennent aveugles » (Jean 9:39). Témoignage très important que celui-là, car si un homme reconnaît qu’il est aveugle, Dieu peut lui rendre la vue ; mais s’il dit « je vois et j’ai toujours su discerner les choses de Dieu », alors, tôt ou tard, il devra apprendre qu’il est et a toujours été aveugle, car « l’homme animal [ou : naturel] ne reçoit pas les choses qui sont de l’Esprit de Dieu… ; et il ne peut les connaître, parce qu’elles se discernent spirituellement » (1 Cor. 2:14).

Comme nous l’avons remarqué, ces paroles de notre Seigneur, propres à sonder les cœurs, touchèrent si bien les Pharisiens dans leur conscience qu’ils dirent : « Et nous, sommes-nous aussi aveugles ? ». Sans doute avaient-ils l’impression de posséder toute la connaissance de leur époque, et d’être les plus versés dans la connaissance des Écritures. Se pouvait-il donc que des gens comme eux fussent aveugles ? Que répondit notre Seigneur ? « Si vous étiez aveugles, vous n’auriez pas de péché ; mais maintenant vous dites : Nous voyons ! ― votre péché demeure » (Jean 9:41). Autrement dit, s’ils avaient eu réellement conscience de leur condition de ténèbres, et reconnu devant Dieu qu’ils étaient spirituellement aveugles, ils auraient connu la grâce de Dieu et Son pouvoir de pardonner leurs péchés. Mais le fait de dire « nous voyons » était la preuve de leur fatuité [le fait de se complaire à soi-même], et qu’ils ne ressentaient aucun besoin. Or ce sont les malades qui ont besoin de médecin. Il faut avoir quelque conscience d’être aveugle pour désirer avoir les yeux ouverts ; il faut avoir quelque conscience d’être coupable pour avoir le désir d’être pardonné. « Si quelqu’un n’est né de nouveau, il ne peut voir le royaume de Dieu » (Jean 3:3).

Le Seigneur s’adresse encore aux Pharisiens au chapitre 10. Non seulement ils prétendaient voir, mais aussi conduire les brebis de Dieu et être leurs bergers ! La question est alors de savoir comment ils en étaient arrivés à avoir ce rôle de bergers. Étaient-ils qualifiés par Dieu ou par les hommes ? Étaient-ils entrés par la porte ? Car s’ils s’étaient introduits d’une toute autre manière, ils n’étaient alors que des brigands et des voleurs. Voilà une déclaration solennelle, qui sonde les cœurs ! Le vrai Berger entre par la porte, et le portier Lui ouvre. Les brebis entendent Sa voix. Elles sont à Lui et Il les mène dehors. Oui, Il les arrache à leurs anciennes habitudes et associations, loin de tout ce qui déshonore Dieu, pour les faire marcher, non plus par le vue, mais par la foi et par l’amour.

Notre Seigneur bien-aimé, le vrai et bon Berger, déclare qu’Il est la porte ― le seul moyen d’accéder à Dieu ― l’unique porte pour quiconque désire être sauvé. Il a dit : « Moi, je suis la porte : si quelqu’un entre par moi, il sera sauvé ». Nous voyons ainsi que le Seigneur ne cherchait pas seulement à convaincre ces Pharisiens de leur aveuglement et de leur hypocrisie, mais qu’Il ouvre grand la porte à quiconque avait le désir d’entrer. Aucune âme ayant entendu le ministère de Christ ne pouvait s’en aller et dire : « ce salut n’est pas pour moi », car Jésus disait : « Si quelqu’un [c’est-à-dire n’importe qui] entre par moi, il sera sauvé ». Combien cela est simple ! Une porte n’est pas un long couloir obscur. Il suffit d’un seul pas pour franchir une porte. Chers lecteurs inconvertis, vous êtes de l’autre côté de la porte, au-dehors. Il vous suffit d’entrer dans la présence de Dieu par Jésus Christ, Son Fils, qui a été crucifié pour les pécheurs mais qui est maintenant à la droite de Dieu, et vous serez sauvés, — sauvés pour l’éternité. C’est « par Moi », dit Jésus, non par des sentiments ou des expériences, ni par de bonnes résolutions, ni même par des bonnes œuvres, mais PAR CHRIST. « Si quelqu’un entre par Moi, il sera sauvé ». Quelle bénédiction d’avoir l’autorité du Seigneur Lui-même pour être assuré que ceux d’entre nous qui sont entrés dans la présence de Dieu par Christ sont sauvés ! Qu’y a-t-il de plus simple ? Je me rappelle avoir entendu parler d’une pauvre femme malade à qui des visiteuses avaient dit que Jésus était l’unique porte pour entrer dans la présence de Dieu, et que tous ceux qui franchissaient cette porte étaient sauvés. Cette femme répondit : « Est-ce que je peux, moi, entrer par cette porte » ? « Bien sûr » lui répondit-on. « Alors pourquoi pas maintenant » ajouta la femme, et, se tournant sur le côté, elle leva simplement les yeux vers le ciel, et prenant Dieu au mot, elle entra, par Jésus, et fut aussitôt remplie de joie et de paix.

Remarquez bien la simplicité et la valeur de ces paroles : « Si quelqu’un entre par moi, il sera sauvé ». Inutile de dire que vous êtes un trop grand pécheur, que vous êtes trop vieux, trop jeune, ou autres choses semblables. Il est bien dit : « Si quelqu’un… ». Dieu ne fait pas acception de personne, car « tous ont péché ». Tout homme est coupable devant Dieu. Celui qui ne croit pas est déjà condamné. Il est vrai aujourd’hui que quiconque entre par Christ sera sauvé ; mais dans peu de temps, il sera dit : « Si quelqu’un n’aime pas le Seigneur Jésus, qu’il soit anathème » (1 Cor. 16:22). Aujourd’hui, c’est « …afin que quiconque croit en lui ne périsse pas, mais qu’il ait la vie éternelle » (Jean 3:15), mais bientôt, quiconque ne sera pas trouvé écrit dans le livre de vie, sera jeté dans l’étang de feu (cf. Apoc. 20:15).

Cher lecteur, avez-vous déjà reçu ce grand salut ? Êtes-vous entré par la porte ? Savez-vous ce que c’est que de se trouver dans la présence de Dieu, par la mort, la résurrection et l’ascension du Seigneur Jésus Christ ? Un croyant, c’est quelqu’un qui a accepté Christ comme son Sauveur, qui est entré par la porte. On peut savoir que Christ est la porte, et pourtant n’être jamais entré. Savoir ce n’est pas synonyme d’avoir la foi. La foi prend simplement Christ au mot, et entre. « Si quelqu’un entre par moi, il sera sauvé ». Tel est le témoignage de Jésus. Y a-t-il encore place pour le doute ou la crainte lorsqu’on sait être entré par Christ ? N’est-ce pas son délice de sauver ? Il ne repousse aucun de ceux qui viennent à Lui. En nous reposant sur Sa Parole, nous avons la paix parfaite, nous trouvons le repos dans la présence de Dieu.

À l’égard d’un monde coupable, Jésus se présente aujourd’hui comme Sauveur, mais bientôt ce sera comme Juge. Comment échappera donc celui qui néglige un si grand salut ? (Héb. 2:23). Le Seigneur jugera aussi bien les vivants que les morts (Actes 10:42) ; mais aujourd’hui, dans Son amour et Sa grâce infinis, Il invite les pécheurs à entrer pour être sauvés. Ses bras sont toujours grands ouverts. Dans sa toute-puissance, Il arrache encore des tisons du feu. Il s’écrie encore, avec tendresse, « Venez à moi, vous tous qui vous fatiguez et qui êtes chargés, et moi, je vous donnerai du repos » (Matt. 11:28). Tout ce qu’Il vous demande, c’est de venir. Il n’exige de vous rien de plus que de vous laisser sauver entièrement par Lui, d’ « entrer » en vertu d’une rédemption déjà accomplie, de ne pas refuser « Celui qui parle » (cf. Héb. 12:25), mais de vous reposer sur Son œuvre accomplie. Pouvez-vous, voulez-vous donc continuer à être pris par les plaisirs décevants du péché et, par votre propre incrédulité, refermer vous-même cette unique porte de secours permettant d’échapper à la colère à venir ?

Grâce à Dieu, la porte est encore grande ouverte, et Christ sauve complètement tous ceux qui viennent à Dieu par Lui (Héb. 7:25). Mais cette porte sera bientôt fermée, et le restera définitivement, et pour tous ceux qui y frapperont alors, ce sera en vain. Beaucoup s’inquiéteront alors de leur salut éternel, mais ce sera trop tard ! Comme Ésaü vendit son droit d’aînesse pour un potage de lentilles, ils auront estimé qu’il ne valait pas la peine de s’intéresser aux bénédictions éternelles ; mais quand ils se sentiront au bord des ténèbres et du désespoir du dehors, ils seront envahis par une détresse que rien ne pourra jamais soulager. Ils frapperont, appelleront et crieront : « Seigneur, Seigneur, ouvre-nous » ! « Je ne vous connais pas », leur sera-t-il répondu de l’intérieur, ce qui les plongera à tout jamais dans le désespoir des ténèbres éternelles. Chers lecteurs, cette fois encore, pensez à ces douces paroles de Jésus : « Moi, je suis la porte : si quelqu’un entre par moi, il sera sauvé » !

21 - DESCENDS VITE — Zachée ; Luc 19:5 — (chapitre 16)

« Descends vite ; car il faut que je demeure aujourd’hui dans ta maison… » (Luc 19:5)

21.1 - Service du Seigneur auprès des âmes

Celui qui parle ici est le Seigneur Jésus. L’homme à qui Il s’adresse est un pécheur d’entre les publicains. Le sujet est d’importance vitale. Il n’y a que peu de mots, mais le ton est sérieux et décidé. Le Seigneur connaissait la valeur d’une âme, et, la vanité de toute autre chose par comparaison. Il connaissait parfaitement la fragilité de la vie humaine, l’infini de l’éternité, les tourments incessants des damnés, comme la joie et la gloire sans fin des sauvés. Il éprouvait l’importance éternelle du salut de l’âme. Son ministère était donc des plus pressants. Tantôt Il disait : « Craignez… celui qui peut détruire et l’âme et le corps, dans la géhenne » (Matt. 10:28), et tantôt « si vous ne vous repentez, vous périrez tous pareillement » (Luc 13:3). Ici, c’est « descends vite ; car il faut que je demeure aujourd’hui dans ta maison ».

21.2 - Le désir de Zachée

Zachée était percepteur d’impôts, c’est-à-dire publicain. Il jouait un rôle important parmi ceux de sa profession, et semblait avoir bien réussi, car il était riche. Les publicains n’avaient pas une réputation d’honnêteté, aussi n’étaient-ils guère respectés. L’allusion de Zachée au fait d’avoir pu nuire à quelqu’un par une fausse accusation semble sous-entendre qu’il n’avait peut-être pas été toujours irréprochable à ce sujet. Cependant, il avait entendu parler de Jésus, de Ses grands miracles, de Ses œuvres et de Ses paroles merveilleuses, et il avait un grand désir de Le voir. Mais la foule entourant le Seigneur était si grande qu’elle faisait écran pour voir Jésus, à moins de courir en avant, de dépasser la foule, et de monter sur quelque lieu surélevé. Bien que Zachée fût riche, il était si fermement décidé à voir Jésus qu’il ne voulait rien laisser l’en empêcher. Il courut donc en avant et grimpa sur un sycomore, dans la direction où il savait que le Seigneur passerait. Sans doute y avait-il plus que de la simple curiosité dans son cœur, car il ne laissa rien qui empêchât de satisfaire son désir, ni la foule qui le pressait de toute part, ni quoi que ce soit d’autre. Nous constatons aussi qu’il put obéir au Seigneur aussitôt que Celui-ci l’appela. Quoi qu’il en soit, il est clair que Jésus était ce qui l’attirait puissamment : « Il cherchait à voir Jésus ». Rien moins que Christ Lui-même ne pouvait le satisfaire. Voilà pourquoi il alla à l’endroit où il savait que le Seigneur passerait. Mais, tandis qu’il était occupé à chercher le Seigneur, il était loin de se douter que le Seigneur Lui-même le cherchait. Beaucoup de ceux qui cherchent disent : « J’essaie de trouver le Sauveur », alors qu’en vérité c’est Celui qui est venu chercher et sauver ce qui était perdu, qui les cherche ! Ils n’auraient aucun désir de trouver Christ, ni ne souhaiteraient ardemment entendre parler de Son salut, pas plus qu’ils ne crieraient à Lui de tout cœur, si Lui-même n’avait pas commencé un travail de grâce dans leur âme. Lorsque les femmes cherchaient le Seigneur après Sa résurrection, l’ange éclatant de lumière leur dit : « N’ayez point de peur ; car je sais que vous cherchez Jésus le crucifié » (Matt. 28:5). Cher lecteur, si le Christ Jésus, qui a été crucifié pour les pécheurs, est celui que vous cherchez vraiment, ayez bon courage, n’ayez point de peur !


En méditant sur ce passage qui devant nous, nous pouvons remarquer :

1) L’attitude pleine de grâce du Fils de Dieu

2) Son appel pressant

3) La bénédiction qu’il y a à recevoir Jésus, et ce qui en découle.

21.3 - L’attitude du Fils de Dieu

Il nous est dit que « quand il fut venu à cet endroit, Jésus, regardant le vit, et lui dit : Zachée, descends-vite ; car il faut que je demeure aujourd’hui dans ta maison » (Luc 19:5). Quelle condescendance extraordinaire, de la part du Seigneur de gloire, de lever les yeux et de s’adresser ainsi à l’homme pécheur ! Quel amour ! C’est bien là ce qui caractérise le cœur de Jésus. Malgré les brillantes myriades d’anges qui entourent le trône céleste, il nous est dit que « Ses délices étaient dans les fils des hommes » (Prov. 8:31). Oui, l’homme qui a été créé à l’image de Dieu a toujours occupé une place dans Son cœur ; et lorsqu’il fut tombé dans la déchéance et dans la ruine à cause de son péché et de sa rébellion contre son Créateur, Jésus a continué à aimer l’homme dont l’état de misère et de déchéance n’a fait que rendre d’autant plus manifestes les vastes ressources de l’amour et de la miséricorde de Dieu. Le Fils de Dieu, qui est dans le sein du Père, a quitté la gloire éclatante et bienheureuse du trône céleste, et a condescendu à s’abaisser jusqu’à naître de femme et à venir « en ressemblance de chair de péché », afin qu’en tant qu’Homme, par la mort de la croix, Il pût racheter l’homme de toute iniquité et introduire plusieurs fils dans la gloire. Tel est l’amour divin. Bien qu’Il fût Dieu manifesté en chair, Il S’est anéanti Lui-même, et a pris la forme d’esclave. Il accomplit toute la volonté parfaite de l’Éternel, obéissant à la loi dans ses moindres détails, et Il s’humilia jusqu’à la mort, et à la mort de la croix, afin que par tant de profondeurs d’humiliation et de souffrance, et par Sa mort sous le jugement de Dieu lorsqu’Il portait le péché, Il put glorifier le Père et nous racheter de la complète destruction et du désespoir éternel, auxquels nous étions justement exposés, comme pécheurs. Ce même Jésus au cœur plein d’amour, qui mourut ensuite sur la croix, c’est Lui qui s’approcha de Zachée, et lui dit : « Descends vite ; car il faut que je demeure aujourd’hui dans ta maison ». C’est le même Jésus qui disait autrefois par la bouche de son prophète, s’adressant à Israël pécheur : « Venez, et plaidons ensemble, dit l’Éternel : si vos péchés sont comme le cramoisi, ils deviendront blanc comme la neige ; s’ils sont rouge comme l’écarlate, ils seront comme la laine » (És. 1:18). C’est ce même Sauveur béni qui dit à Ses apôtres, après Sa résurrection : « Allez dans tout le monde, et prêchez l’évangile à toute la création. Celui qui aura cru et qui aura été baptisé sera sauvé ; et celui qui n’aura pas cru sera condamné » (Marc 16:15-16). C’est encore ce même Jésus qui disait : « Si quelqu’un a soif, qu’il vienne à moi, et qu’il boive » (Jean 7:37), et qui dit encore : « Que celui qui veut prenne gratuitement de l’eau de la vie » (Apoc. 22:17).

Tel est l’amour de Christ, et telle l’attitude pleine de grâce qu’Il prend encore vis-à-vis de l’homme pécheur. Il prend plaisir à la miséricorde, à faire grâce. Il sauve entièrement. Il accueille tout pécheur qui vient à Lui pour être sauvé. Il lance des appels pressants par le moyen de Son évangile, de Ses serviteurs et de Sa providence : « …descends vite ; car il faut que je demeure aujourd’hui dans ta maison ». Avec amour et longanimité, Il proclame encore le salut pour les perdus, disant : « Je veux miséricorde et non pas sacrifice » (Matt. 9:13, 12:7). Dans Sa grâce merveilleuse, Il est mort pour le rachat de l’homme, et avec le même amour infini, Il dit : « Venez à moi, vous tous qui vous fatiguez et qui êtes chargés, et moi, je vous donnerai du repos » (Matt. 11:28)

21.4 - L’appel pressant du Seigneur

Considérons maintenant cet appel urgent du Seigneur à « descendre » vite.

21.4.1 - Importance que l’esprit de l’homme s’abaisse

Nous sommes tous naturellement enclins à nous surestimer. Les hommes vivent et parlent comme s’ils n’étaient pas des créatures déchues. Mais tout vrai chrétien sait par expérience ce que c’est que « descendre » pour recevoir le salut. Tous les hommes doivent « descendre » s’ils veulent être sauvés de la colère qui vient ; car tous ont péché, et seul le sang de Christ donne la rémission des péchés. L’évangile est prêché afin que les hommes « descendent » jusqu’au Sauveur. Il invite les cœurs hautains à « descendre » et à recevoir le pardon des péchés. Oh ! si les hommes orgueilleux voulaient « descendre » pour recevoir Christ ! « L’Éternel fait mourir et fait vivre… Il abaisse, et il élève aussi » (1 Sam. 2:6-7). Le Saint Esprit convainc l’âme de péché avant de lui donner la paix par Christ. Dieu le Père, Lui, abaisse l’esprit hautain de l’homme aux pieds du Sauveur, car Jésus a dit : « Quiconque a entendu le Père et a appris de Lui, vient à moi » (Jean 6:45).

21.4.2 - Ceux qui sont fiers de leur propre justice

Certains sont plutôt pharisiens dans leurs manières de penser. Ils ont une très haute opinion de leur propre justice. Ils se croient meilleurs que leurs prochains. Ils se vantent de leur genre de vie, et font grand cas de leurs bonnes intentions. Ils se flattent à leurs propres yeux, et, lorsque leur conscience les accuse, ils cherchent tout de suite refuge dans une sainteté extérieure, dans des mérites personnels, dans l’observation de rites religieux ou d’aumônes, etc. Avec des sentiments de propre satisfaction, ils regardent de haut la foule qui passe, bien décidés à poursuivre leur course orgueilleuse avec toujours plus de zèle. Il faut pourtant que de telles personnes « descendent » s’ils veulent connaître le salut de Dieu. La propre justice doit être abaissée, le sentiment de mérite personnel désavoué, et les pensées hautaines abandonnées. Tous doivent « descendre » en tant que pécheurs perdus, sans force, impurs, et se jeter dans les bras grand ouverts du Sauveur, s’ils veulent connaître Son grand salut ; car Il n’est pas venu appeler des justes, mais des pécheurs, à la repentance.

21.4.3 - Ceux qui rejettent Dieu en face

Il y en a aussi qui, dans l’orgueil de leur cœur, s’écrient comme le Pharaon : « Qui est l’Éternel pour que j’écoute sa voix… » ? (Ex. 5:2). Ils méprisent la vérité, étouffent la voix de leur conscience, persécutent le peuple de Dieu, s’endurcissent contre le message de l’évangile, et disent dans leur cœur : « Nous ne voulons pas celui-ci règne sur nous » (Luc 19:14). J’ai rencontré récemment une telle personne à qui j’ai demandé doucement : « Avez-vous jamais senti que vous êtes un pécheur aux yeux de Dieu » ? Il me fut répondu : « Je ne parle jamais de ces choses ». L’amour merveilleux de Dieu envers l’homme pécheur, qui remplit le ciel de louange et de gloire, était un sujet trop mesquin et insignifiant pour être digne des réflexions d’un esprit aussi élevé que celui qu’il croyait avoir. De telles personnes doivent pourtant se hâter de « descendre » vers le Sauveur des pécheurs s’ils veulent échapper à la colère ardente et au châtiment éternel qui va bientôt tomber sur les impénitents et les incroyants.

21.4.4 - Les curieux en matière de religion

Il y a une autre catégorie de personnes, très différentes de ces dernières mais qui ont autant besoin de « descendre ». Leur curiosité est éveillée par les sujets religieux, mais ils ne se sentent pas coupables dans leur conscience, pas plus qu’ils n’ont le « cœur brisé » ; ils sont personnellement étrangers à la joie du salut de Christ. Ils aiment prêter l’oreille à gauche et à droite, aller çà et là, se faire des connaissances dans les milieux soi-disant pratiquants, et prennent plaisir à comprendre tout ce qui se fait dans ce monde dit religieux. Ils sont plus ou moins exercés dans leur esprit quant aux mérites ou aux défauts des différentes doctrines et rites extérieurs, de même qu’à la réussite ou à l’échec de ceux qui les entourent, ainsi qu’au caractère orthodoxe ou erroné de leurs idées. Ils connaissent bien les différences entre le Judaïsme, l’Islam, le Papisme et la chrétienté ; et du fait qu’ils préfèrent cette dernière, ils observent avec intérêt certaines de ses entreprises extérieures, et ce qui en résulte. Ils sont au courant de la lettre de l’Écriture, et s’inclinent devant ses exigences de moralité et de bienfaisance ; mais, hélas, leur conscience n’a pas été exercée devant Dieu. Ils ne savent pas ce que sont les larmes d’un cœur contrit, et ignorent tout de la nouvelle naissance. Tout comme certains font preuve de curiosité dans l’étude des différentes branches de la science, et observent avec grand intérêt les diverses relations de cause à effet, ceux-là font preuve du même esprit de curiosité et de satisfaction intellectuelle dans les « choses de la religion », comme ils disent. Et, se comparant à d’autres, ils sont fiers de leur intelligence, au lieu d’éprouver « honte et confusion de face » à cause de leur iniquité, de leur transgression et de leur péché contre Dieu. La curiosité est aussi redoutable que la propre justice ou l’incrédulité orgueilleuse. Tous les hommes doivent « descendre », s’ils veulent avoir part au salut de Christ, et obtenir la paix avec Dieu par le sang de la croix.

21.4.5 - Il faut « descendre » pour recevoir le Seigneur

Un sentiment de nécessité absolue contraint les âmes à « descendre » pour recevoir le Sauveur. Nous nous réfugions en Lui parce qu’Il est notre seul espoir. Nous nous jetons dans les bras qu’Il nous tend, sachant que sans Lui nous devons périr. En nous abaissant nous-mêmes, nous nous dépouillons des haillons repoussants de propre justice, pour recevoir avec joie « la plus belle robe » (Luc 15). Tous ceux, donc, qui ont véritablement trouvé le salut, savent par expérience ce que signifie « descendre », c’est-à-dire mettre de côté tout mérite personnel et toute prétention de bonté, pour recevoir le salut comme des êtres perdus et sans force, et le recevoir comme le don gratuit de Dieu par notre Seigneur Jésus Christ.

21.4.6 - L’urgence de descendre

Or notre Seigneur ordonna à Zachée non seulement de descendre, mais de descendre VITE. Combien c’est important ! Qu’ils sont nombreux ceux, qui disent dans leur cœur : « Pas tout de suite ». Comme Félix, il leur arrive d’être effrayés en entendant prêcher la Parole, mais ils remettent à plus tard d’y penser, quand ils trouveront « un temps plus convenable » (Actes 24:25). Il est pourtant à craindre que, pour certains, ce « temps convenable » ne vienne jamais. D’autres, comme Agrippa, se laissent presque persuader d’être chrétiens, mais jamais entièrement, parce qu’ils refusent continuellement de s’appliquer personnellement la vérité. « Quand mes enfants seront grands et établis », dit l’un, « quand mes affaires seront réglées », dit un autre, « quand je serai libéré de mes occupations », dit un troisième, — « alors je me soucierai de l’état de mon âme » ! C’est ainsi qu’ils rejettent Christ et Son salut. Une ferme pour l’un, un commerce pour l’autre, des devoirs de famille, des obligations sociales, des tâches inéluctables sont autant de prétextes adroitement invoqués par l’homme au cœur désespérément mauvais et trompeur, pour rejeter Christ et Son grand salut ! Cependant, le Sauveur, dans Son amour, leur crie de se hâter. Remettre à plus tard est donc une désobéissance positive. « Contrains les gens d’entrer », dit-Il (Luc 14) ; celui qui fait des objections est donc un rebelle. « Venez aux noces » (Matt. 22:4), fait-Il proclamer par Ses serviteurs ! N’est-ce donc pas le mépriser Lui et Son invitation , que de s’attarder au dehors ? Combien cela est solennel ! Qu’ils sont rares ceux qui semblent réaliser l’immense responsabilité qu’implique la proclamation de l’évangile de Dieu ! Combien ceux qui entendent cet ordre de « vite descendre », sans y obéir, sont loin de réaliser qu’il rejettent l’évangile de la grâce de Dieu, et se ferment par là la seule issue de secours permettant d’échapper au feu éternel, la seule porte vers la gloire ! Oh ! que mes lecteurs pèsent une nouvelle fois cette déclaration de notre Seigneur : « Celui qui n’aura pas cru sera condamné » (Marc 16:16).

21.4.7 - Aujourd’hui…

Qu’il est important pour les hommes, comme pour Zachée, de « descendre » promptement pour se jeter aux pieds du Sauveur ! Car qui sait à qui il va être dit, comme pour l’homme riche de Luc 12 : « Insensé ! cette nuit même ton âme te sera redemandée ». C’est tout à l’heure que peut arriver l’ordre divin : « donne des ordres pour ta maison, car tu vas mourir et tu ne vivras pas » (2 Rois 20:1). Qu’il est triste de remettre à plus tard une sérieuse réflexion sur le salut de son âme ! Qu’il est dangereux de dire : « Il y a encore du temps », alors que nous ne savons de quoi demain sera fait. Aujourd’hui est le jour du salut, car nous ignorons ce que sera demain : « Choisissez aujourd’hui qui vous voulez servir », dit Josué (24:5), et le psalmiste ne s’écriait-il pas : « Aujourd’hui, si vous entendez sa voix, n’endurcissez pas vos cœurs » ? (Ps. 95:8). « Il faut que je demeure aujourd’hui dans ta maison » dit notre Seigneur à Zachée. Et au brigand converti, le Sauveur annonce : « Aujourd’hui, tu seras avec moi dans le paradis » (Luc 23:43). C’est aujourd’hui que l’évangile est annoncé. C’est aujourd’hui que le Sauveur accueille tous les fils prodigues qui reviennent. C’est aujourd’hui qu’Il ordonne à tous les hommes, en tous lieux, de se repentir. C’est aujourd’hui qu’Il dit : « descends vite ». Bientôt Il va venir en gloire pour mettre tous Ses ennemis comme marchepied de Ses pieds (Héb. 10:13 ; Ps. 110:1). Quelle importance éternelle il y a donc à recevoir dès maintenant le Sauveur que Dieu a envoyé !

21.5 - La bénédiction qu’il y a à recevoir Jésus — ce qui en découle.

21.5.1 - Recevoir Jésus Lui-même

Il nous est dit que Zachée « descendit à la hâte, et le reçut avec joie ». C’est tout simple, et si touchant. Le Sauveur ne parle jamais à la légère ; Il tient toujours parole. Il avait dit à ce publicain pécheur qu’il fallait qu’Il demeure ce jour-là dans sa maison, et c’est ce qu’Il fit. La raison donnée par le Seigneur Lui-même pour être reçu chez ce pécheur si riche et si grand d’entre les fils d’Abraham est que « le fils de l’homme est venu chercher et sauver ce qui était perdu » (v. 10). Zachée reçut donc Jésus ― non pas des vues particulières, ou des rites ou des ordonnances, mais le Seigneur Lui-même. Il crut que le Seigneur de gloire l’aimait, et qu’Il était venu du ciel pour sauver une créature pécheresse et indigne telle que lui. Cette grâce merveilleuse non seulement le réconforta, mais l’amena à un esprit d’humble jugement de soi-même, et de confession, en même temps qu’elle le contraignit à servir et à suivre Christ.

21.5.2 - La joie

Personne ne peut recevoir Jésus sans être heureux. Zachée « le reçut avec joie ». Une bénédiction présente et éternelle est la part de ceux qui reçoivent le Seigneur Jésus : « À tous ceux qui l’ont reçu, il leur a donné le droit d’être enfants de Dieu » (Jean 1:12). Connaître l’amour de Dieu envers nous, dans Son Fils Jésus Christ, alors que nous étions des pécheurs impies, — et connaître la délivrance éternelle de la condamnation, ainsi que la plénitude immuable d’un tel amour, cela remplit l’âme de joie et de paix.

21.5.3 - Un salut immédiat

Un salut immédiat est la part de ceux qui reçoivent le Seigneur Jésus. « Aujourd’hui le salut est venu à cette maison » (v. 9). La pensée de l’homme naturel est qu’il doit adorer et servir Dieu aujourd’hui, pour être éventuellement sauvé plus tard ; mais Dieu accorde le salut sur-le-champ, et c’est ensuite qu’Il reçoit le service et l’adoration découlant de ce salut. C’est cette doctrine que Paul enseignait aux saints de Corinthe, lorsqu’il dit : « mais vous avez été lavés, mais vous avez été sanctifiés, mais vous avez été justifiés… Vous n’êtes pas à vous-mêmes ; car vous avez été achetés à prix. Glorifiez donc Dieu dans votre corps et dans votre esprit qui appartiennent à Dieu » (1 Cor. 6:11, 19, 20). Quelle est merveilleuse cette bénédiction d’un salut immédiat, cette certitude que Christ Lui-même est dès maintenant notre vie et notre justice, et que parce qu’Il vit, nous aussi nous vivrons !

21.5.4 - Amenés à la communion

Le croyant est, en outre, introduit dans la communion avec le Fils de Dieu. Le fait de manger ensemble est une marque non seulement d’amitié, mais aussi d’amour et d’égalité. David usa d’une bonté de Dieu envers Méphibosheth, en lui ordonnant de manger le pain continuellement à sa table, comme un fils du roi ! Jésus aurait pu sauver Zachée sans être reçu chez lui ; mais l’amour de Christ ne se contente pas de nous sauver : Il nous appelle aussi à la communion avec Lui, et nous introduit dans la présence du Père, en tant qu’enfants de Dieu et frères de Christ, aimés du Père comme le Père aime Christ. Quel amour ineffable ! Or il en est bien ainsi, et c’est notre privilège d’en jouir.

21.5.5 - Marcher dans la piété

Mais continuons notre lecture. Zachée fut exercé à marcher d’une manière digne de Dieu, se recommandant lui-même à toute conscience d’homme devant Dieu (2 Cor. 4:2). Il doit toujours en être ainsi pour ceux qui connaissent le salut par Jésus Christ. Nous éprouvons alors que nous ne sommes pas seulement des créatures de Dieu, mais des enfants de Dieu ; et nous Le servons, non plus seulement par devoir, mais par choix. Nous ne craignons plus désormais la colère divine, mais nous craignons d’attrister Celui qui nous aime d’un amour si parfait. « Que ce ne soit pas ma volonté mais la tienne qui soit faite », voilà, plus ou moins, ce que devraient dire tous les croyants, et ceci amène un exercice de cœur et de conscience en rapport avec notre marche et nos circonstances quotidiennes. Le souvenir de tout ce dont nous avons été pardonnés nous aide à pardonner aux autres, et le sentiment de la bonté et de la miséricorde divines dont nous avons été les objets nous contraint à aimer et à servir les autres avec joie. Le fait de savoir que le monde a crucifié le saint Fils de Dieu venu en amour, et que cela hâte le jour de son terrible jugement, nous remplit de reconnaissance de ce que nous ne sommes pas du monde, mais en avons été tirés et sauvés par la grâce merveilleuse et la mort expiatoire de Christ. L’espoir béni d’être rendus semblables à Christ, lorsqu’Il apparaîtra, dirige nos cœurs en haut et nous fait anticiper avec joie la glorieuse apparition de notre grand Dieu et Sauveur Jésus Christ (Tite 2). Alors nous comprenons que le bonheur ici-bas, le salut, la communion et la marche dans la piété sont inséparables du fait d’avoir reçu le Seigneur Jésus.

21.6 - Part terrible de ceux qui refusent le salut offert

Quel terrible jugement sera la part de ceux qui ne se hâtent pas de « descendre » pour recevoir le Sauveur ! Jésus a dit : « si vous ne croyez pas que c’est moi, vous mourrez dans vos péchés » (Jean 8:24). Nous voyons ainsi que ceux qui ne se hâtent pas dès aujourd’hui de venir au Seigneur Jésus pour être sauvés, se hâtent en fait sur le chemin large qui mène à la destruction ; et ceux qui ne « descendent » pas, comme l’évangile du Sauveur les y invite, seront jetés dans les ténèbres du dehors sur l’ordre de Celui qui est le Juge de tous les hommes. Alors tout espoir de grâce sera fermé pour l’éternité. Les pleurs, les gémissements et les grincements de dents, les ténèbres et le désespoir, seront la part immuable de ceux qui n’auront pas répondu à l’appel du Sauveur.

Encore une fois, cher lecteur, permettez-moi de vous dire « hâtez-vous », ne remettez pas à plus tard, n’hésitez plus, ne tardez plus, décidez-vous tout de suite à « descendre » et à vous jeter dans les bras du Sauveur, dont le sang purifie de tout péché ! Alors le salut, avec toutes ses bénédictions présentes et éternelles, sera votre part à toujours. Que le Saint Esprit vous en donne la force !

22 - Qui sont les brebis de Christ ? — (chapitre 17)

« Mes brebis écoutent ma voix, et moi je les connais, et elles me suivent, et moi, je leur donne la vie éternelle, et elles ne périront jamais ; et personne ne les ravira de ma main » (Jean 10:27-28).


Il y avait tout autour du Seigneur des personnes faisant profession de foi, mais étaient-elles des brebis de Christ ? Question de la plus haute importance que celle-là ! Il y avait aussi l’homme à gages, le voleur, l’étranger et le loup, tous tellement différents du Bon Berger ! Nous ne pouvons oublier qu’il y a toujours autour de nous beaucoup de brebis très chères au cœur du Seigneur Jésus. Il les appelle « Ses propres brebis ». Elles lui appartiennent. Il les a aimées, et s’est donné Lui-même pour elles. N’a-t-Il pas dit : « Le bon berger met Sa vie pour les brebis » ? (Jean 10:11). Quel amour extraordinaire !

22.1 - Elles écoutent Sa voix

Une des caractéristiques des brebis de Christ, c’est qu’ « elles écoutent Sa voix ». Peu importe celui qui en est l’instrument ; l’important, pour elles, c’est de savoir si c’est la voix de Christ et, si oui, que dit-Il. C’est là une des caractéristiques des brebis de Christ, de la première à la dernière : « elles ne connaissent pas la voix des étrangers », mais elles connaissent bien celle de leur Berger. C’est Jésus qu’elles aiment entendre.

Lorsque Paul alla à Thessalonique, son témoignage fut reçu parce que c’était la vérité de Dieu. Ce n’est pas le serviteur qui captiva les Thessaloniciens, mais le message qu’il apportait : ils le reconnurent comme venant de Dieu. À travers ce message, ils entendaient la voix du Bon Berger qui a mis Sa vie pour les brebis. Ils ne recevaient pas ce témoignage en tant qu’opinions de Paul, car celui-ci ne venait pas à eux « en parole seulement, mais aussi en puissance, et dans l’Esprit Saint, et dans une grande plénitude d’assurance… » (1 Thes. 1:5). Voilà pourquoi ils se tournèrent des idoles vers Dieu, « pour servir le Dieu vivant et vrai, et pour attendre des cieux son Fils qu’il a ressuscité d’entre les morts, Jésus, qui nous délivre de la colère qui vient » (1 Thes. 1:5-10).

Lorsque Paul se rendit chez les Corinthiens aux manières raffinées, il chercha volontairement à présenter l’évangile en termes simples, et bien qu’il fût lui-même cultivé, il évita de s’exprimer d’une manière éloquente et flatteuse selon la sagesse des hommes, de peur que ses auditeurs n’entendissent la voix de Paul au lieu de recevoir le témoignage de Dieu, et qu’ainsi leur foi n’eût pour fondement la sagesse des hommes au lieu de la puissance de Dieu. C’est ainsi qu’ils entendirent et reçurent la vérité de Dieu concernant le Seigneur Jésus. C’est la voix même de Jésus, le Bon Berger, qu’ils écoutaient au travers de Paul.

La question est de savoir ce que dit maintenant le Seigneur Jésus qui est assis à la droite de Dieu dans les cieux. S’Il devait parler aujourd’hui d’une voix audible, ne dirait-Il pas : « En vérité, en vérité, je vous dis que celui qui entend ma parole, et qui croit celui qui m’a envoyé, a la vie éternelle » ? Sans aucun doute, c’est là Son témoignage. Veillez donc à ne pas refuser d’écouter la voix de Celui qui vous parle du ciel. Le croyant lève les yeux en haut, contemple la face de Jésus par la foi, prête l’oreille à Sa parole et reçoit Son témoignage. Les brebis de Christ écoutent Sa voix. Nombreux sont ceux qui connaissent le chemin du salut, sans toutefois avoir reçu Christ comme leur Sauveur. Ils n’écoutent pas Sa voix dans l’évangile . « Vous ne croyez pas, car vous n’êtes pas de mes brebis » (Jean 10:26)

Christ connaît Ses brebis. Il est vrai qu’Il connaît toutes choses, mais Il connaît tout particulièrement ceux qui Lui appartiennent. Cette relation est réciproque, car eux-mêmes connaissent le seul vrai Dieu, et Jésus Christ qu’Il a envoyé, comme Lui les connaît. « L’Éternel… connaît ceux qui se confient en Lui » (Nah. 1:7). Plus d’un érudit viendra en ce jour, disant : « Seigneur, Seigneur, n’avons-nous pas prophétisé en ton nom,… et n’avons-nous pas fait beaucoup de miracles en ton nom ? mais Jésus leur répondra : Je ne vous ai jamais connus ; retirez-vous de moi,… ». De telles personnes n’ont jamais eu de relation avec Christ, n’ont pas eu affaire à Lui personnellement. Chers amis, avez-vous fait l’expérience de cette intimité avec Jésus ? Savez-vous ce que c’est que d’être réconcilié avec Dieu par la mort de Son Fils ? Ceux qui connaissent Christ, même faiblement, n’hésitent pas à se jeter dans Ses bras ouverts, et ils constatent immanquablement qu’Il est l’Ami qui aime en tout temps, plus attaché qu’un frère (Prov. 18:24).

22.2 - Elles suivent Christ

Une autre caractéristique des brebis de Christ, c’est qu’après avoir écouté Sa voix et avoir eu l’assurance que Christ les connaît, cela les pousse à mettre leur foi en pratique — elles suivent Christ. Il ne s’agit pas de suivre des règles, des credo et des ordonnances ― quel que soit leur bien-fondé ― mais de suivre Christ. Elles ne suivent pas non plus des hommes, aussi pieux soient-ils, si ce n’est dans la mesure où eux-mêmes suivent Christ. C’est ce que Satan déteste, et qu’il cherche à empêcher. Il va même parfois jusqu’à se servir de chrétiens ― peut-être en mauvais état spirituel — pour en empêcher d’autres de suivre pleinement le Seigneur. Celui-ci nous a laissé un exemple afin que nous suivions Ses traces. La seule raison pour laquelle nous sommes laissés ici-bas, c’est que nous suivions Christ, non pas nos penchants personnels, ni d’autres enfants de Dieu, mais Christ. Voilà ce qui caractérise les brebis de Christ. Jésus a dit : « elles me suivent ». Savons-nous ce que cela signifie ? Sondons-nous les Écritures afin de pouvoir Le suivre en mettant nos pas dans les Siens ? Notre seul but est-il de Lui plaire, que nous soyons humainement en honneur ou méprisés ? Nous efforçons-nous « d’être doux et humbles de cœur », comme Lui-même l’a été ? — de prendre Son joug sur nous, et d’apprendre de Lui ? Il nous est dit que tels sont les exercices des brebis de Christ. Elles suivent Christ. Il n’est pas dit qu’elles devraient le faire, mais qu’elles le font. C’est la preuve qu’elles sont bien Ses brebis !

22.3 - La sécurité des brebis

Considérons maintenant leur sécurité.

22.3.1 - Elles ont la vie éternelle

« Moi, je leur donne la vie éternelle » (Jean 10:28). C’est le don du Seigneur, — il n’est ni gagné ni mérité. « Car le salaire du péché, c’est la mort ; mais le don de grâce de Dieu, c’est la vie éternelle dans le Christ Jésus, notre Seigneur » (Rom. 6:23). Christ ne donne rien moins que cela : non pas la vie pour un jour, ou pour un an, mais la vie ÉTERNELLE ! Votre vie est cachée avec Christ en Dieu (Col. 3:3). Christ est notre vie. Christ est le Donateur, le pécheur est celui qui reçoit. Cher lecteur, avez-vous vraiment reçu ce don de Dieu ? Avez-vous la vie éternelle ? Je suis sûr que vous n’aurez de cesse que vous ne soyez certain d’avoir la vie éternelle ! Il faut l’avoir, sinon votre part sera les flammes éternelles ! « Qui croit au Fils a la vie éternelle, mais qui désobéit au Fils ne verra pas la vie, mais la colère de Dieu demeure sur lui » (Jean 3:36).

22.3.2 - Elles ne périront jamais

Quel repos parfait, quelle paix parfaite pour notre âme ! Car Celui qui a promis est fidèle, et Il ne peut se renier Lui-même (2 Tim. 2:13). La crainte de David, sa terrible angoisse, étaient surtout de devoir périr un jour par la main de Saül ; mais le vrai croyant ne doit nullement douter de son avenir éternel. Celui qui est tout puissant et parfait en amour dit : « elles ne périront JAMAIS ». Remarquez bien le caractère absolu et inconditionnel de cette affirmation : « elles ne périront JAMAIS » ! Cher croyant qui tremblez, vous ne pouvez pas être perdu ! Vous êtes en Christ, vous avez la vie éternelle, et Christ déclare que vous ne périrez jamais ! Il est mort pour vous. Son sang purifie de tout péché. « Votre vie est cachée avec le Christ en Dieu ». (Col. 3:3). Que vous faut-il de plus pour que votre âme connaisse le parfait repos ?

22.3.3 - Personne ne les ravira de ma main

Le mot « personne » montre qu’absolument rien n’a le pouvoir de nous séparer de Christ. Lorsqu’Il a dit « Je ne mettrai point dehors celui qui vient à moi… » (Jean 6:37), cela impliquait trois choses : « 1. Je le recevrai, 2. je le tiendrai fermement, et 3. je ne l’abandonnerai jamais ». C’est pourquoi, Il dit ici : « personne ne les ravira de ma main ». Quelle parfaite sécurité que la nôtre ! C’est une corde triple qui ne peut pas se rompre (Éccl. 4:12) : 1. la possession présente de « la vie éternelle » ; 2. la promesse du fidèle et Bon Berger — « elles ne périront jamais » ; 3. la main toute-puissante de Christ Lui-même gardant solidement ce qu’elle a saisi — « personne ne les ravira de ma main ».

Tous les chers enfants de Dieu n’entrent pas dans la joie de ces précieuses réalités. Beaucoup lisent des livres d’hommes, et adoptent des opinions d’hommes, au lieu de ne se référer qu’à l’Écriture pour connaître la pensée de Dieu, et de ne se reposer que sur Ses précieuses paroles concernant Jésus. Car « le ciel et la terre passeront, mais mes paroles ne passeront point » (Luc 21:33)

23 - L’iniquité ôtée et la propitiation faite pour le péché — Ésaïe 6 — (chapitre 22)

« Ton iniquité est ôtée, et propitiation est faite pour ton péché » (És. 6:7)

« Et je dis : Malheur à moi ! car je suis perdu ; car moi, je suis un homme aux lèvres impures, et je demeure au milieu d’un peuple aux lèvres impures ; car mes yeux ont vu le roi, l’Éternel des armées. Et l’un des séraphins vola vers moi ; et il avait en sa main un charbon ardent qu’il avait pris de dessus l’autel avec des pincettes ; et il en toucha ma bouche, et dit : Voici, ceci a touché tes lèvres ; et ton iniquité est ôtée, et propitiation est faite pour ton péché » (És. 6:5-8)

23.1 - La grâce qui découle du sacrifice expiatoire

Quelle bénédiction de pouvoir discerner, d’un bout à l’autre de l’Ancien Testament, la manière pleine de grâce dont Dieu a toujours été prêt à rencontrer l’homme pécheur, et de découvrir que cette grâce a toujours découlé du sacrifice expiatoire de Son Fils bien-aimé ! Quand nos premiers parents reçurent des vêtements pour couvrir leur nudité, ceux-ci étaient en peau, ce qui nous montre que la bénédiction ne pouvait descendre de Dieu vers l’homme que par le moyen d’un sacrifice. Lorsqu’Abel reçut le témoignage d’être juste, ce fut à cause de l’excellence du sacrifice qu’il avait offert. Tout le rituel de la dispensation Mosaïque nous enseigne que l’homme ne peut s’approcher de Dieu que par le sacrifice d’une vie. D’où le fait que tant de passages de l’Ancien Testament traitent de cette entrée en relation avec Dieu par la mort du sacrifice, — tous annonçaient qu’au temps convenable, Dieu pourvoirait à un sacrifice pleinement suffisant pour l’homme pécheur. Mais c’est précisément là que tant de gens se trompent ! Christ crucifié est encore pour beaucoup une pierre d’achoppement et un rocher de chute (1 Pier. 2:8). La pensée de l’homme en général ― si tant est qu’il pense à Dieu ― c’est que lui-même doit offrir des sacrifices à Dieu ; il espère ainsi vainement apaiser Dieu, et mettre sa propre conscience au repos par quelques actes de renoncement personnel. C’est là une pensée erronée, à laquelle Dieu répond en disant : « Je veux miséricorde et non pas sacrifice » (Matt. 9:13), ce qui implique le sacrifice de soi-même le plus parfait qui soit, exigeant de l’homme qu’il se mette entièrement de côté, pour confesser l’indignité absolue de toute propre justice comme du moi tout entier, pour se reposer uniquement sur la grâce divine et sur ce sacrifice auquel Dieu a pourvu dans Sa grâce. Tel a toujours été l’enseignement de Dieu ; et le même prophète, dont nous allons maintenant considérer l’expérience faite dans la présence de l’Éternel, déclara plus tard solennellement que « toute chair est de l’herbe, et toute sa beauté comme la fleur des champs. L’herbe est desséchée, la fleur est fanée ; car le souffle de l’Éternel a soufflé dessus. Certes, le peuple est de l’herbe. L’herbe est desséchée, la fleur est fanée, mais la parole de notre Dieu demeure à toujours » (És. 40:6-8). Cela nous montre que l’Esprit de Dieu enseigna jadis aux hommes qu’ils étaient pécheurs, et que leurs biens les plus précieux étaient périssables et éphémères ― tout en leur assurant que l’inaltérable parole du Seigneur était un roc inébranlable sur lequel ils pouvaient s’appuyer. Et il en est toujours ainsi.

23.2 - « L’année de la mort du roi Ozias »

Notre chapitre commence sans préambule. Il nous dit que le prophète eut cette glorieuse vision « l’année de la mort du roi Ozias ». Pourquoi Ozias est-il ainsi introduit ? N’est-ce pas, entre autres, pour nous rappeler que le meilleur des hommes, le personnage le plus haut placé du royaume de Juda ou le plus honoré dans le monde, est en contraste absolu avec LE ROI, L’ÉTERNEL DES ARMÉES ? Le roi Ozias était lépreux et demeurait hors du camp, ce qui nous montre que l’homme pécheur, aussi élevés que soit son rang et sa dignité, n’est pas propre pour se présenter devant Dieu ; il n’a aucune ressource pour se purifier de la lèpre du péché, et, à moins que Dieu, dans Sa miséricorde, ne vienne à sa rencontre pour le guérir, il doit demeurer impur, indigne d’être associé au Dieu de sainteté. En se rapportant donc à l’histoire du roi selon 2 Chr. 26, nous apprenons que « le roi Ozias fut lépreux jusqu’au jour de sa mort ; et il habita, lépreux, dans une maison d’isolement, car il fut exclu de la maison de l’Éternel… » (26:21). C’est ainsi que notre sujet débute par la révélation humiliante du véritable caractère de l’homme, impur et éloigné de Dieu, même s’il occupe un rang des plus élevés dans la société, et y joue un rôle majeur, et cela parmi le peuple le plus favorisé de la terre.

En considérant cette portion si instructive des Saintes Écritures, nous verrons successivement 1) la glorieuse vision du prophète, 2) l’effet de cette vision sur lui, 3) l’assurance du pardon qu’il reçut, 4) son obéissance de bon cœur.

23.3 - La glorieuse vision du prophète

« Je vis le Seigneur assis sur un trône haut et élevé, et les pans de sa robe remplissaient le temple » (6:1).

Le prophète prit place là, en esprit, devant Dieu. C’est là qu’il vit les séraphins, serviteurs et ministres du Dieu Très-Haut dont ils accomplissent le bon plaisir. Il les vit prendre une attitude de profonde révérence, se couvrant la face de deux de leurs ailes. Il les vit aussi se couvrir les pieds, montrant par là que, même ayant toujours marché dans l’obéissance, ils ne se glorifiaient pas dans leur service, mais seulement dans le Seigneur, et avec la plus grande humilité. Il les vit aussi avec les ailes déployées, exprimant par là leur délice d’accomplir la volonté de Dieu, et se tenant prêts à s’envoler rapidement sur l’ordre de Dieu.

Le prophète entendit aussi les paroles prononcées devant le trône. Prêtant l’oreille aux propos de ces créatures célestes, il entendit : « Saint, saint, saint, est l’Éternel des armées » (És. 6:3), et « les fondements des seuils étaient ébranlés à la voix de celui qui criait, et la maison était remplie de fumée » (És. 6:4). Le prophète vit et entendit toutes ces choses. En vérité, c’était un lieu infiniment saint. Aucune parole profane ou impure n’y était prononcée. On n’y observait aucune irrévérence, aucune présomption, aucune manifestation de colère, de sottise, d’indolence ou de propre volonté. Car Dieu est saint, et rien d’impur ne peut subsister en Sa présence. Le prophète était dans la lumière, car Dieu est lumière. Il se tenait près de la balance du sanctuaire, où tout était amour, sainteté et vérité.

23.4 - L’effet produit par la vision

23.4.1 - Se voir dans la lumière de Dieu

Des réflexions personnelles d’un profond sérieux occupaient l’esprit du prophète. L’homme n’apprend jamais correctement ce qu’il est sauf dans la présence de Dieu. C’est un fait bien connu que, si l’on veut apprécier les véritables qualités d’un objet, il faut l’observer à la lumière. Il en est de même pour les choses spirituelles. Nous pouvons nous comparer à nos semblables, et en tirer des conclusions totalement erronées. Ainsi, celui qui est sobre, s’il se compare à un ivrogne, se croit juste ; et ceux qui sont chastes se flattent de leur supériorité par rapport à ceux qui vivent dans la débauche. Pourtant, tous sont peut-être également coupables de convoitise, et d’autres péchés, aux yeux de Dieu. Il n’est donc pas sage de se comparer à son prochain, mais c’est en venant à la lumière de la sainte présence de Dieu que nous serons manifestés en vérité.

Lorsqu’Ésaïe considérait la paix, l’amour, l’humilité, la sainteté, la pureté et la vérité qui caractérisaient tous ceux qui demeuraient dans la glorieuse présence de l’Éternel, à quoi pensait-il ? Il ne pouvait manquer de se poser des questions comme celles-ci : « Suis-je vraiment humble devant Dieu ? Est-ce que je Le sers avec révérence ? Mon plaisir est-il de faire Sa volonté ? Mes relations sont-elles saintes aux yeux du Seigneur » ? Très certainement, le prophète sentait que la lumière de la présence de Dieu sonde les cœurs. Cela suffisait à lui montrer qu’il était « impur, impur ! », bien en dessous de ce que Dieu attend, et qu’il était « justement condamné » devant Dieu, et non moins justement exposé à Son jugement et à Sa colère. D’où son cri : « Malheur à moi ! car je suis perdu ; car moi, je suis un homme aux lèvres impures, et je demeure au milieu d’un peuple aux lèvres impures ».

23.4.2 - Une conviction personnelle

Notez bien, chers amis, que cette profonde détresse du prophète ne concernait que lui-même : « malheur à moi ! car je suis perdu ; car moi, je suis… ». Il ne dit pas « Malheur à nous ! car nous sommes perdus… ». Non, le vrai christianisme est quelque chose de personnel. « Le cœur connaît sa propre amertume » (Prov. 14:10). On trouve aujourd’hui beaucoup de chrétiens professants prêts à s’écrier : « Nous sommes tous pécheurs ! Nous ne sommes pas ce que nous devrions » ! De telles personnes parlent de « notre » Sauveur, « notre » religion, « notre » société, etc., considérant ainsi tous les chrétiens en bloc. Mais cela ne compte pas pour Dieu, et ce n’est pas ce que l’Esprit enseigne. Celui-ci convainc chacun de son propre péché, et rend la conscience sensible à sa propre culpabilité, en sorte qu’elle s’écrie : « Que faut-il que JE fasse pour être sauvé » ?, « Ô Dieu, sois apaisé envers MOI, pécheur » !, « Si seulement JE touche son vêtement, JE serai guéri », et « Malheur à MOI, car JE suis perdu » !

23.4.3 - Impur devant Dieu

Mais il y a plus : le prophète sentait qu’il était impur devant Dieu ― « un homme aux lèvres impures ». Ces lèvres qui auraient dû, comme celles des séraphins, être consacrées à la louange de l’Éternel, avaient exprimé les pensées et les sentiments impurs de son cœur, « car de l’abondance du cœur la bouche parle » (Matt. 12:34). Comme Job, il pouvait dire : « Mon oreille avait entendu parler de toi, maintenant mon œil t’a vu : c’est pourquoi j’ai horreur de moi, et je me repens dans la poussière et dans la cendre » (Job 42:5). La lumière de la sainte présence de Dieu manifestait son impureté. Il sentait que la profondeur de celle-ci allait si loin, sa noirceur était si repoussante, ses blessures si incurables, qu’il se jugeait lui-même perdu, désespérément et irrémédiablement impur devant Dieu, impie, profane, sans force, sans aucun espoir de guérison par lui-même. Ayant ainsi appris, dans la présence de Dieu, ce qu’il était, il pouvait alors discerner aussi l’impureté de ceux de son entourage.

23.4.4 - La conviction de péché en voyant Jésus

Telles sont les leçons que le prophète avait apprises pour son profit dans la présence de Dieu. Il en est de même aujourd’hui, dans une certaine mesure, pour tous ceux qui sont enseignés de Dieu. Car même si nous n’avons pas le privilège de recevoir, comme le prophète, une vision aussi glorieuse, le Saint Esprit nous fait toutefois sentir que nous avons affaire à Dieu, et que toute créature est manifeste devant Lui. En outre, lorsque nous pensons maintenant à la présence de Dieu, nous voyons, par la foi, l’Homme Christ Jésus, ressuscité, monté au ciel et glorifié. Outre les saints séraphins, nous y voyons Celui qui fut l’Homme de douleurs dans ce monde de péché, en butte aux tentations de Satan, aux tromperies de l’homme et à l’impureté du monde ; mais Il a toujours fait la volonté de Celui qui l’avait envoyé, et Il a achevé Son œuvre, y trouvant même Son plaisir malgré toute la souffrance qui en découlait. Jamais une parole impure n’a franchi Ses lèvres, jamais une pensée profane n’a occupé Son esprit ; du début à la fin, Il mena une vie sans tache et de sainte obéissance, qu’Il scella de Son propre sang.

Lorsque nos pensées se concentrent ainsi sur Lui, « l’Agneau comme immolé », assis désormais au milieu du trône céleste, nous ne pouvons que nous écrier : « nous avons tous été errants comme des brebis, nous nous sommes tournés chacun vers son propre chemin ». Nous reconnaissons que ce que nous avons fait de mieux est impur devant Dieu. Comment les gens peuvent-ils être insensible à leur culpabilité ? C’est parce qu’ils ne craignent pas Dieu, et qu’ils ne considèrent pas ce qu’ils sont aux yeux de Dieu. Ils ne viennent pas en Sa sainte présence, pour être pesés à la balance de la vérité. Lorsque les hommes commencent à craindre Dieu, ils réalisent que, comme créatures, ils sont responsables devant Lui ; que c’est à Lui qu’ils doivent rendre des comptes ; qu’Il est le Juge de tous, et que la sainteté céleste n’est rien d’autre que le niveau qu’Il requiert d’eux. Ils comprennent alors qu’ils sont des pécheurs, rebelles et indignes, méritant justement d’être bannis de Sa présence glorieuse. Ils prennent conscience du vrai danger qui les guette, et ils s’interrogent avec angoisse sur leur état éternel. Alors, désespérant d’eux-mêmes, ils viennent au trône de Dieu et s’écrient : « Malheur à moi, car je suis perdu » !

De cette manière unique, l’Esprit nous enseigne que nous sommes perdus, sans espoir. Les hommes peuvent savoir qu’ils sont pécheurs en se comparant à d’autres : ainsi le voleur sait qu’il est pécheur du fait qu’il est entouré de beaucoup d’honnêtes gens ; l’injuste sait qu’il est pécheur parce qu’il connaît quelques personnes droites, etc… Nous comprenons ainsi que tant de personnes ne manifestent aucune détresse d’âme, alors qu’elles sont toutes prêtes à dire : « Je sais que je suis un pécheur ». Mais quand nous sommes amenés à nous considérer dans la sainte présence de Dieu, alors, quelle que soient nos idées préconçues sur notre prétendue justice, nous sommes amenés à sentir que nous sommes coupables devant Dieu, et exposés à Son jugement et à Sa colère à venir. Alors nous nous écrions : « Malheur à moi, car je suis perdu… »

23.5 - L’assurance du pardon donnée au prophète

23.5.1 - Une règle du trône de la grâce

Dieu en Christ est un refuge béni pour l’âme troublée par le sentiment de son péché ; car Il veut être miséricordieux vis-à-vis de notre injustice, comme Élihu l’explique à Job d’une manière si belle : « Dieu regardera vers les hommes, et si un homme dit : J’ai péché et j’ai perverti la droiture, et Il ne me l’a pas rendu ; Il a délivré mon âme pour qu’elle n’aille pas dans la fosse, et ma vie verra la lumière » (Job 33:28). Il dira : « Délivre-le pour qu’il ne descende pas dans la fosse : j’ai trouvé une propitiation » (33:24).

Telle semble être la règle du trône de la grâce, et telle fut précisément l’expérience du prophète ; car tandis qu’il se tenait ainsi consciemment devant le Roi, l’Éternel des armées, dans un esprit de repentance, confessant son impureté, gémissant sur son péché, se condamnant lui-même en reconnaissant son état misérable, il nous est dit aussitôt : « Et l’un des séraphins vola vers moi ; et il avait en sa main un charbon ardent qu’il avait pris de dessus l’autel avec des pincettes ; et il en toucha ma bouche, et dit : Voici, ceci a touché tes lèvres ; et ton iniquité est ôtée, et propitiation est faite pour ton péché ». Comme cela est merveilleux et nous montre que Dieu est toujours prêt à déployer Sa grâce ! C’est un exemple frappant de Sa miséricorde envers l’homme pécheur, une preuve de Sa promptitude à pardonner et à accepter ceux qui prennent devant Lui la place qui leur convient. Le prophète reçut la garantie indubitable, l’assurance absolue que ses péchés avaient été ôtés, et qu’il était dans la faveur de Dieu et sous Sa bénédiction.

23.5.2 - Le fondement de l’assurance

23.5.2.1 - Le sang de Christ

Cette assurance était fondée sur deux choses : 1) l’application du charbon ardent pris de dessus l’autel, et 2) la parole de l’Éternel. Par l’autel, nous devons entendre l’endroit où le sacrifice était brûlé et présenté à Dieu. Aux jours du Nouveau Testament, il n’y a pas d’autre autel que la croix de Christ, et les autels de l’Ancien Testament n’en étaient que des types ; les charbons ardents qui consumaient les sacrifices et faisaient monter vers Dieu leur bonne odeur, préfiguraient cette condamnation du péché qui tomba sur Jésus lorsqu’Il fut fait péché et malédiction pour nous sur la croix du Calvaire. L’application du « charbon ardent » sur les « lèvres impures » du prophète nous enseigne donc que, dans Sa grâce, Dieu a fourni à l’homme un remède susceptible de purifier de tout péché, et que ce remède ne se trouve que dans les souffrances, l’effusion de sang et la mort du Fils de Dieu. Dès l’instant où la conscience accablée par son péché, réalise la vertu de ce sang, l’âme est en paix avec Dieu. C’est le sang de Christ qui fait la propitiation. C’est le sang de Christ qui a réconcilié le pécheur avec Dieu. C’est « dans le Christ Jésus », et « par Son sang » que le pécheur éloigné et séparé de Dieu est approché. Seul le sang de Christ procure la paix et la confiance en la présence de Dieu.

23.5.2.2 - La Parole de Dieu

Le prophète savait que propitiation était faite pour son péché par l’application du charbon ardent pris de dessus l’autel. De même, le pécheur qui croit au salut par Jésus Christ sait, lui aussi, qu’il a la paix par le sang de la croix. Mais le prophète avait aussi la parole du Seigneur pour l’assurer du fait qu’il était pardonné et accepté. Béni soit Dieu de ce qu’il en est de même pour nous ! Certains tentent de nous persuader qu’avant de mourir, personne ne peut savoir si les péchés sont pardonnés, et que l’affirmer n’est qu’une grande présomption. Je leur répondrai par cette question ; « Qui dit que je suis pardonné » ? C’est Dieu ! Or si Dieu dit : « Tes péchés sont pardonnés », pourquoi craindrais-je, même si le monde entier m’affirme le contraire ? Dieu nous dit que Christ a ôté le péché par le sacrifice de Lui-même, et que mes péchés sont pardonnés si je crois au Seigneur Jésus, car « tous les prophètes lui rendent témoignage que, par son nom, quiconque croit en lui reçoit la rémission des péchés » (Act. 10:43). Croyons donc ce que Dieu dit, car Celui qui a dit au prophète « ton iniquité est ôtée, et propitiation est faite pour ton péché », me dit aussi aujourd’hui, comme à tous ceux qui croient au Seigneur Jésus : « Aie bon courage, mon enfant, tes péchés sont pardonnés » (Matt. 9:2). Nous ne nous attendons par à recevoir des songes, des visions ou des miracles agissant sur nos sens, mais nous nous reposons sur le précieux sang de Christ, assurés que nous sommes du pardon de nos péchés, selon la parole éternelle du Seigneur.

23.5.3 - Un plein salut

Il y en a cependant qui, sans nier que l’on puisse se savoir dès maintenant pardonné de ses péchés, hésitent souvent à confesser qu’ils sont sauvés. Ils oublient que le but de l’incarnation et de la mort de Christ était de SAUVER, et qu’Il est venu SAUVER les perdus ― non pas les aider, mais les sauver ― tous ceux qui croient en Lui. C’est pourquoi Il dit à la femme qui pleurait à Ses pieds : « Ta foi t’a sauvée » (ou : guérie). Et lorsque Zachée Le reçut avec joie, Jésus dit : « Aujourd’hui le salut est venu à cette maison » (Luc 19:9). L’œuvre de Christ sauve, et Christ Lui-même nous dit : « Vous êtes sauvés par la foi ».

« Mais serai-je, en fin de compte, dans la gloire » ? s’écrient quelques âmes timides et peu instruites, bien que faisant partie de la maison de la foi. « Certes, je me repose sur Christ aujourd’hui, et je suis en paix avec Dieu, mais se pourrait-il qu’en définitive je sois perdue » ? Non, non, cher enfant de Dieu ; car le sang de Christ parle en ta faveur aujourd’hui devant le trône, et y parlera aussi pour toi à toujours. Christ, qui est ta justice aujourd’hui, sera ta justice éternellement. Le Saint Esprit qui demeure en toi aujourd’hui, même s’Il est attristé et apparemment éteint, demeurera en toi pour toujours. Christ qui intercède pour toi maintenant dans le ciel, intercèdera pour toi continuellement. Jésus te tient fermement et ne te lâchera jamais. Personne ne te ravira de Sa main, car telle est la parole du Seigneur : « Il peut sauver entièrement (c’est-à-dire jusqu’à l’achèvement) ceux qui s’approchent de Dieu par lui, étant toujours vivant pour intercéder pour eux » (Héb. 7:25).

23.6 - Son obéissance de bon cœur

Certains diront peut-être « Vous devriez prêcher les devoirs du chrétien ». D’accord, seulement mettez-les à leur vraie place. Jésus a dit : « Si vous m’aimez, gardez mes commandements », car Il aime le cœur de bonne volonté, et celui qui donne joyeusement (2 Cor. 9:7). Lorsque nous connaissons la paix avec Dieu, par le sacrifice merveilleux de Son Fils bien-aimé, nous sommes contraints d’aimer et de servir Celui à qui nous devons tant. Ne constatons-nous pas que telle fut la disposition d’esprit du prophète ? Car après avoir reçu l’indéniable assurance du pardon et de la paix avec Dieu, il éprouva, dans sa reconnaissance, l’ardent désir de se consacrer au service du Seigneur : « J’entendis la voix du Seigneur qui disait : Qui enverrai-je, et qui ira pour nous ? Et je dis : Me voici, envoie-moi ». Quel service de bon cœur, joyeusement consenti ! c’est comme celui qui prend le joug du Seigneur, dont Lui-même nous dit : « mon joug est aisé et mon fardeau est léger » (Matt. 11:30) ! L’amour merveilleux de Christ nous contraint à l’aimer, Lui qui nous a tant aimés : Il nous appelle à le louer et à le glorifier, Lui qui nous a lavés de nos péchés dans Son propre sang, et nous a faits rois et sacrificateurs pour Son Dieu et Père. « À lui soit la gloire et la puissance, aux siècles des siècles ! Amen » (1 Pi. 4:11)

23.7 - Faire le point

Cher lecteur, permettez-moi de vous demander en toute affection si vous avez solennellement réfléchi à ce qu’il en est entre vous et Dieu. Vous considère-t-Il maintenant comme étant en paix avec Lui ? Êtes-vous sûr que Dieu dit de vous, comme Il l’a dit du prophète : « ton iniquité est ôtée, et propitiation est faite pour ton péché » ? Tel est le fondement de la paix avec Dieu : la paix par le sang de Jésus, la paix dans la confiance que vos péchés ont été transférés sur le Seigneur, et portés par Lui, et que vous-même êtes fait justice de Dieu en Lui.

Cher lecteur, si vous ployez sous le fardeau de vos péchés et que vous n’avez pas la paix, venez à Jésus sans attendre, tel que vous êtes.


Ah ! pourquoi le faire attendre

Depuis trop longtemps déjà

Tu refuses de l’entendre ; Ne tarde plus ! Il est là

Viens à Lui

Viens à Jésus aujourd’hui

24 - Le feu étranger et le feu du ciel — 2 Chroniques 7:1-10 — (chapitre 23)

Le feu étranger et le feu du ciel ou les pensées de l’homme et les pensées de Dieu au sujet de Christ

24.1 - Le feu étranger : Les pensées humaines au sujet de Christ

Le mieux qu’on puisse dire des pensées humaines concernant Christ et Son sacrifice, c’est qu’elles sont bien pauvres. L’homme peut considérer la crucifixion comme un fait historique, écrire et discourir sur les clous qui transpercèrent Ses mains et Ses pieds, sur la couronne d’épines et autres circonstances extérieures relatives à Sa mort, et tirer ses propres conclusions sur la valeur de ce sacrifice. En fait, toute l’immense chrétienté qui nous entoure est fondée principalement sur de misérables pensées humaines au sujet de Christ et des choses qui Le concernent. Tels Nadab et Abihu, les hommes ont mêlé à l’encens le feu étranger, ce que Dieu avait interdit (Lév. 10:1-3). Le jugement et la mort vont donc en résulter pour eux aussi. Il nous est dit que Nadab et Abihu « moururent devant l’Éternel », et tel doit être le sort de tous ceux qui ne se servent du nom de Christ, et de Son œuvre, que pour en tirer des avantages ici-bas et pour s’élever eux-mêmes. Les ordonnances et les choses de la religion sont pour eux un refuge, ou bien ils se fondent sur cette tromperie qui associe des opinions et des actions humaines, avec le nom de Christ, au lieu de se confier uniquement en Christ Lui-même et en Son œuvre parfaitement efficace. Tel est « le feu étranger », qui n’est pas selon Dieu, et qui ne Lui rend pas gloire. C’est la religion de l’homme, et la fin de toutes ces choses c’est la mort.

24.2 - Le feu du ciel : Les pensées de Dieu au sujet de Christ

Il n’en fut cependant pas de même aux jours de Salomon, lors de la dédicace de la maison de l’Éternel (2 Chron. 7:1-10). Nous n’y trouvons pas d’offrande de feu étranger, mais, nous est-il dit, « le feu descendit des cieux et consuma l’holocauste et les sacrifices, et la gloire de l’Éternel remplit la maison » (2 Chron. 7:1). Nous voyons Dieu, et Sa manière d’agir en rapport avec le sacrifice. C’est ce que la foi d’une âme enseignée par l’Esprit, et convaincue de péché discerne particulièrement dans la croix de Christ. De telles âmes n’ignorent rien des faits extérieurs de la crucifixion, mais jusqu’à ce qu’elles aient vu Dieu agissant dans cette scène, traitant Son propre Fils comme Celui qui porte le péché, elles ne trouvent rien susceptible de donner la paix et le repos. Dans la croix de Christ, la foi discerne le Dieu invisible examinant la victime, éprouvant et appréciant sa valeur au feu de Sa sainteté absolue, et condamnant le péché dans la chair. La croix du Calvaire nous parle de Celui qui était irréprochable, qui, en Lui-même, était infiniment agréable aux yeux de Dieu, qui a pleinement glorifié Dieu en ce qui concerne nos péchés, et a ôté le péché par le sacrifice de Lui-même. C’est l’appréciation que Dieu a fait de la mort de Christ, et rien moins que cela, qui assure nos âmes et les établit dans la paix de devant Lui. La résurrection, l’ascension, et la glorification de Christ sont la preuve qu’aux yeux de Dieu, cette offrande fut infiniment agréable, une odeur de repos, et toutes concourent pour nous dire que notre sécurité se fonde sur la justice et la vérité divines.

24.3 - Avoir la même pensée que Dieu au sujet de Christ

Si donc nous voulons goûter la joie de cette sécurité immuable devant Dieu, il nous faut avoir les pensées de Dieu au sujet de « Jésus Christ et Jésus Christ crucifié » (1 Cor. 2:2), car Dieu a tellement estimé la valeur absolue de cette œuvre accomplie sur la croix qu’Il a ressuscité le Seigneur d’entre les morts, et qu’Il nous a donné en Lui la vie, la justice et la plénitude en Lui. Nous savons que Dieu a estimé digne d’une suprême exaltation Celui qui s’est abaissé pour devenir obéissant jusqu’à la mort, et à la mort de la croix (Phil. 2:5-11). C’est Dieu qui nous dit que nous sommes maintenant « justifiés par son sang » (Rom. 5:9), et qui nous donne la pleine liberté d’entrer dans le lieu très-saint.

Alors, dès que nous voyons de quelle manière Dieu a agi avec Jésus, Son propre Fils sur la croix, et apprenons de Lui, par Sa Parole et Son Esprit, Sa propre estimation des perfections infinies de cette offrande unique faite une fois pour toutes, — nos cœurs sont affranchis, et assurés dans une sécurité qui ne peut pas être mise en doute devant Dieu. Dieu nous a réconciliés avec Lui par Jésus Christ.

24.4 - La gloire qui suit le sacrifice consumé

Remarquez ensuite que les sacrifices ayant été consumés par le feu du ciel, la gloire s’en est suivie : « la gloire de l’Éternel remplit la maison » (2 Chr. 7:1). Cela ne nous apprend-il pas que le sang de la croix est notre titre de gloire le plus sûr ? Il y a une relation bénie entre « le sacrifice » et « la gloire ». Considérons bien ceci. La mort de Christ, telle un puissant levier, donne au croyant le droit à la gloire même de Dieu. Telle le voile déchiré, elle abolit tout obstacle à entrer immédiatement dans la présence de Dieu. La gloire en est la conséquence assurée. Aujourd’hui, nous sommes entre la croix et la gloire, avec la liberté d’entrer par la foi dans le lieu très-saint. Nous ne saurions aucunement entrer dans la pure et sainte présence de Dieu, si ce n’est parce que « Christ est mort pour nos péchés », selon les Écritures (1 Cor 15:3), et qu’ « il a été ressuscité d’entre les morts par la gloire du Père » (Rom. 6:4). C’est pourquoi il nous est dit que « le feu descendit des cieux et consuma l’holocauste et les sacrifices, et la gloire de l’Éternel remplit la maison ».

Cette relation entre le sacrifice et la gloire n’est-elle pas merveilleuse ? Avec quelle clarté cela nous montre que nous devons toutes nos bénédictions au sang de Christ, et que, même une fois entrés dans la gloire, nous en serons tellement conscients que nous nous réjouirons éternellement de la valeur infinie de ce sang et rendrons sans cesse gloire à Dieu et à l’Agneau !

24.5 - Effets pratiques de la considération de cette œuvre achevée

24.5.1 - Humilité

Rien n’est plus propre à nous humilier que le sentiment de ce que Dieu a fait pour nous en Christ. Il n’est plus possible de s’élever soi-même. C’est une œuvre totalement achevée. Nous sommes devenus « justice de Dieu en Lui » (2 Cor. 5:21). Cela courbe nos cœurs dans la louange et l’action de grâces. C’est pourquoi il nous est dit que « tous les fils d’Israël, voyant descendre le feu, et la gloire de l’Éternel sur la maison, s’inclinèrent le visage en terre sur le pavement, et se prosternèrent, et célébrèrent l’Éternel : Car il est bon, car sa bonté demeure à toujours » (2 Chr. 7:3). C’est donc lorsque nous sommes en communion avec la pensée de Dieu touchant les gloires de Christ et la valeur insondable de Son œuvre à la croix, que le cœur est véritablement délivré du « moi » et de la terre, et qu’il déborde de louange et de reconnaissance envers Dieu. Nous sommes remplis de Dieu et trouvons notre joie à Lui dire ce qu’Il est. Telle est l’adoration.

24.5.2 - Piété

La piété en découlera également, car les affections et les aspirations du cœur sont stimulées par une grâce aussi merveilleuse, et l’âme se propose alors des buts conformes à la volonté de Dieu, d’où le fait que ce texte inspiré nous dit ensuite qu’ « alors » oui, « alors » — « le roi et tout le peuple sacrifièrent des sacrifices devant l’Éternel » (2 Chr. 7:4). Comment se fait-il qu’aujourd’hui beaucoup de chrétiens trouvent si difficile de s’en remettre sans réserve au Seigneur, corps et âme ? La réponse est simple : c’est parce que Christ est si mal compris, — le prix qu’Il a pour Dieu si peu saisi — et Ses perfections si méconnues ! Notre ignorance de Christ est immense, et fort coupable. Lorsqu’on connaît réellement ce que Dieu révèle concernant les gloires de Son Fils bien-aimé, et qu’on accepte que Son œuvre a été infiniment agréable à Dieu — lorsqu’on a saisi la réalité bénie d’être en Christ, notre proximité de Dieu en Lui — lorsqu’on sait la pleine satisfaction qu’il y a à avoir notre part en Lui, et Sa toute-suffisance pour nous en toutes circonstances, alors les affections du cœur sont éveillées, et nos forces tellement stimulées, que nous réalisons qu’un si grand Amour requiert que nous Lui consacrions tout notre cœur, toute notre vie, et qu’Il soit notre TOUT.

24.5.3 - Joie

Il nous est dit en outre que le peuple fut renvoyé à ses tentes « joyeux et le cœur heureux » (2 Chr. 7:10). Pourquoi cela ? « À cause du bien que l’Éternel avait fait à David, et à Salomon, et à Israël, son peuple ». En conclusion, je vous poserai cette question : comment ne pas retenir de ces leçons que notre bonheur présent, notre fidélité et notre adoration ont leur source en Dieu, tel qu’Il s’est révélé en Christ ? En apprenant, dans la présence de Dieu, le prix que Christ a pour Lui, ce qu’Il est pour nous et ce qu’Il a fait pour nous, comment nos cœurs ne seraient-ils pas émus et ne serions-nous pas désireux de nous associer avec Lui dans un monde qui Le rejette encore ? Comment ne pas être sincèrement persuadés que Ses intérêts sont aussi les nôtres, que Sa joie est notre joie, et que ce qui l’attriste et le déshonore nous attriste et nous déshonore également ?

« Nous nous glorifions en Dieu par notre Seigneur Jésus Christ, par lequel nous avons maintenant reçu la réconciliation » (Rom. 5:11)

25 - La conversion — ou la prédication de Paul à Thessalonique et ses effets — 1 Thes. 1:9-10 et Actes 17 — (chapitre 24)

« Vous vous êtes tournés des idoles vers Dieu, pour servir le Dieu vivant et vrai, et pour attendre des cieux son Fils qu’il a ressuscité d’entre les morts, Jésus, qui nous délivre de la colère qui vient » (1 Thess. 1:9-10).

25.1 - La puissance de Dieu en salut

L’évangile est toujours « la puissance de Dieu en salut » (Rom. 1:16). Cette même puissance, qui ressuscita Christ d’entre les morts, amène des pécheurs à croire au Seigneur Jésus pour leur salut. Elle donne la vie spirituelle à ceux qui étaient morts, la paix à la conscience tourmentée ; elle délivre de l’amour du péché et des associations impies, rend l’âme heureuse et lui procure le repos dans la présence de Dieu. C’est bien un immense changement.

Peut-être avez-vous déjà vu un noyé qu’on vient de sortir de l’eau, inconscient et inanimé. Les assistants inquiets tâtent le pouls en vain ; ils mettent leur oreille contre la bouche du noyé et retiennent leur respiration en silence pour essayer de déceler un soupir s’exhalant de cette poitrine. Ils soulèvent les paupières, sans provoquer aucune réaction à la lumière. Ils appellent d’une voix forte, sans qu’aucun trait du visage ne bouge. De puissants remèdes sont alors administrés, et bientôt ce corps apparemment sans vie se met à bouger, le visage s’illumine d’un éclair d’intelligence et donne des signes manifestes de vigueur et d’animation. Quel grand changement ! Quelle transformation de toute la personne ! Quelle efficacité dans ces remèdes ! Et pourtant, ce n’est là qu’une faible illustration de la puissance de l’évangile de Dieu dans ceux qui passent de la mort à la vie.

Ceux qui prêchent devraient recherche l’efficacité, et ceux qui écoutent feraient bien de se demander si l’évangile a opéré en eux un grand changement. Et sinon, pourquoi ? Parce qu’ils n’ont pas cru ! Ils ont entendu dire que Christ a versé Son sang pour la rémission des péchés, mais ils n’ont pas cru en Lui. Or l’évangile est « la puissance de Dieu en salut à quiconque croit » (Rom. 1:16) et « la foi est de ce qu’on entend, et ce qu’on entend par la parole de Dieu » (Rom. 10:17). Le chemin du salut n’est pas seulement d’entendre parler de Christ, mais de croire en Lui. Il ne suffit pas de « connaître » le plan du salut, comme certains le prétendent ― mais il faut venir à Christ pour être sauvé, et c’est ce qui fait la puissance du précieux évangile dont l’âme doit faire l’expérience.

25.2 - La prédication de Paul à Thessalonique

Après s’être offert sur la croix en sacrifice pour les péchés, et après Sa résurrection d’entre les morts, Christ a envoyé l’évangile ― ou parole de réconciliation ― à un monde coupable, par le moyen de Ses serviteurs. Entre autres, Il a spécialement suscité Paul et l’a envoyé en beaucoup d’endroits pour proclamer l’évangile de la grâce de Dieu aux pécheurs. Quand ce fut le moment, Paul fut conduit dans la grande ville de Thessalonique où l’évangile était quelque chose d’entièrement nouveau. Les habitants étaient idolâtres pour la plupart, bien qu’il s’y trouvât aussi beaucoup de Juifs. Ceux-ci se croyaient les objets d’une faveur particulière de Dieu, parce que tel avait été le cas pour leurs ancêtres. Ils se glorifiaient de tous les rites exigés par le service dans leurs synagogues, et regardaient de haut leurs voisins ignorants qui persistaient à se prosterner dans l’adoration devant des statues faites de leurs propres mains.

Mais Paul savait bien que les uns comme les autres étaient également coupables devant Dieu, et qu’aucun d’eux ne pouvait être un objet de bénédiction si ce n’est en vertu du sang expiatoire de Christ. Il n’oubliait pas, cependant, que les Juifs avaient été jadis en relation avec Dieu par une alliance, et que le Seigneur Jésus, après Sa résurrection, avait ordonné aux apôtres d’annoncer l’évangile premièrement à Jérusalem (Luc 24:47). Paul se rendait donc chaque sabbat dans la synagogue des Juifs, et raisonnait avec eux sur les Écritures, leur prouvant d’après leurs propres prophètes qu’il fallait que Christ souffrit et qu’Il ressuscitât d’entre les morts, et il prêchait l’évangile béni du salut présent et éternel à tous ceux qui croient en Christ. Paul prêchait aussi ce même évangile aux nations idolâtres, sachant que tous, Juifs et Gentils, étaient également pécheurs, quels que fussent leur naissance, leur éducation et leurs privilèges. Il savait aussi qu’à la croix de Christ, Dieu était venu à la rencontre des uns comme des autres, pour les introduire tous dans la bénédiction présente et éternelle. Remarquons bien que Paul n’entra pas dans cette ville de ténèbres en apportant des pratiques religieuses, des cérémonies ou des sacrements. Il ne proposa aux Thessaloniciens ni de s’améliorer eux-mêmes, ni des plans d’éducation et de moralisation de ceux qui vivaient sans religion, et autres choses semblables. Non, il alla droit au but et leur présenta la croix de Christ sans détour, leur démontrant qu’ils avaient besoin de salut, qu’ils étaient loin de Dieu, en train de périr à cause de leurs péchés. Il leur déclara que Jésus Christ, le Fils de Dieu, était mort sur la croix pour les pécheurs et qu’Il était ressuscité, ayant définitivement ôté le péché ; et que Dieu leur annonçait maintenant cette œuvre accomplie comme pouvant les délivrer pour l’éternité de la colère qui vient. C’est ainsi que Paul prêchait Christ, le salut par Christ seul, la bénédiction présente et éternelle par la mort et la résurrection de Christ, le Fils de Dieu. L’idolâtre, qui jusque là avait tâtonné dans l’obscurité au milieu d’idoles de bois et de pierre, et le Juif attaché au formalisme et à des traditions humaines, manifestaient, les uns comme les autres, qu’ils étaient asservis au péché et coupables devant Dieu. L’évangile de la grâce de Dieu s’adressait donc à tous. Dieu, dans Sa grâce, leur annonçait un amour rédempteur. Cet évangile du Dieu vivant et vrai retentit encore aux oreilles des pharisiens et des publicains, des chastes et des souillés, du Juif et du Gentil, annonçant la grâce et la paix par la mort de Son Fils.

La merveille des merveilles, c’est que le Dieu trois fois saint se soit abaissé jusqu’à nous pécheurs de toute race et de tout rang, avec un message de réconciliation, de pardon et de paix, par la mort et la résurrection de Son Fils unique ! Voilà l’amour divin ; voilà qui abaisse l’homme et toutes ses prétentions orgueilleuses jusque dans la poussière ; voilà qui montre le jugement que Dieu porte sur l’homme, qu’il soit juif ou gentil ; voilà une manifestation de ce que Dieu pardonne le péché tout autant qu’Il le hait, et qu’Il accorde la rémission des péchés à tout pécheur perdu qui croit. La prédication de Paul, c’était donc la croix. Partout où il allait, il annonçait Christ crucifié et ressuscité, parce que Lui seul peut délivrer de la colère qui vient (1 Thes. 1:10), et qu’Il est la puissance de Dieu en salut à quiconque croit. Mais bien que Paul ait dit « nous prêchons Christ crucifié » (1 Cor. 1:23), nous savons qu’il lui arrivait aussi de parler de la gloire à venir de Christ, autant que de Son humiliation et de Ses souffrances passées, comme ce fut le cas à Thessalonique où il annonça « …un autre roi, Jésus » (Act 17:7) ; ceci met en relief la gloire de la croix. Le fait que Christ doive bientôt venir pour recevoir Son peuple pour Lui, que Dieu doive encore établir Son Fils bien-aimé comme Roi sur toute la terre, assujettir toutes chose sous Ses pieds, et faire que tout genou se ploie devant Lui et que toute langue confesse qu’Il est Seigneur (Phil. 2), tout cela montre bien la valeur de Sa croix et l’estimation que Dieu fait de Son œuvre accomplie, même si les hommes la méprisent ou la rejettent. C’est ainsi que nous voyons Paul entrer dans cette cité païenne, avec le glorieux évangile de la grâce de Dieu (Act. 17). Considérons maintenant les effets produits par la prédication de Paul à Thessalonique.

25.3 - Effets de la prédication de Paul à Thessalonique

Ces effets furent double : certains devinrent persécuteurs et blasphémateurs, tandis que d’autres crurent et trouvèrent le salut. L’inimitié provoquée par la prédication de Paul et de Silas sur la mort, la résurrection et la venue du Seigneur, fut si grande qu’ils durent s’enfuir pour sauver leur vie. « La pensée de la chair est inimitié contre Dieu » (Rom. 8:7). La chair ne peut donc pas supporter d’entendre parler de l’amour de Dieu en Christ. Les hommes charnels estiment que l’évangile est une folie dont le but est d’entraver les aises et le progrès du monde, et de freiner les hautes prétentions de l’homme. Les passions mauvaises de celui-ci en sont attisées, tandis que sa haine de Dieu et de Sa vérité se manifeste dans la persécution et l’oppression de Ses serviteurs. Malgré tout cela, l’évangile était pour beaucoup « la puissance de Dieu en salut ». Le Saint Esprit opérait manifestement dans beaucoup de cœurs par le moyen de la vérité. Nous lisons ainsi que « quelques-uns d’entre eux (les Juifs) furent persuadés et se joignirent à Paul et à Silas, et une grande multitude de Grecs qui servaient Dieu, et des femmes de premier rang en assez grand nombre » (Act. 17:4). Tous ceux là formèrent l’Église de Dieu à Thessalonique, à qui les épîtres furent adressées ultérieurement. Quel bel exemple de l’Église du Dieu vivant, composée de Juifs et de Gentils, fruit de la prédication de l’évangile, et baptisée par un seul Esprit pour former un seul corps ! Un en Christ, qui des deux en a fait un… pour être un seul homme nouveau, possédant la vie de résurrection, uni à Christ par le Saint Esprit, et membre de Son corps, de Sa chair et de Ses os — il n’y a plus là ni Grec, ni Juif, mais Christ est tout en tous (cf. Éph. 2:13-17).

C’est ainsi que l’évangile fit son chemin dans la ville. La gloire de Dieu dans la personne et l’œuvre de Christ brillait d’un tel éclat dans les cœurs d’un grand nombre, que le formalisme et le traditionalisme juifs, aussi bien que le paganisme et l’idolâtrie des Gentils, furent jetés aux pieds du Sauveur, et ils cessèrent tous de se glorifier dans la chair, étant devenus capables de se glorifier dans le Seigneur. Non seulement la croix réconciliait Juifs et Gentils avec Dieu, mais elle les réconciliait entre eux, les amenant tous devant Dieu pour L’adorer et Lui rendre grâce. Chacun trouvait en Christ le Sauveur dont il avait besoin, digne de la confiance du cœur, objet d’une contemplation et d’une louange infinies, et espérance remplie de gloire et d’immortalité. C’est ainsi que l’évangile vint à eux, non seulement en parole, mais en puissance, et par le Saint Esprit, avec beaucoup d’assurance, si bien que les résultats furent décisifs et évidents, comme Paul l’atteste : « … vous vous êtes tournés des idoles vers Dieu, pour servir le Dieu vivant et vrai, et pour attendre des cieux son Fils qu’il a ressuscité d’entre les morts, Jésus, qui nous délivre de la colère qui vient » (1 Thess. 1:9). Considérons maintenant ces résultats d’un peu plus près.

25.3.1 - Tournés des idoles vers Dieu

Dieu les tira à Lui « avec des liens d’amour » (Osée 11:4). Ils avaient entendu et cru que Dieu est amour. Ils voyaient, dans la mort et le triomphe de Christ, un amour sans pareil, une sagesse insondable, une puissance extraordinaire, et ils discernaient la grâce infinie de Dieu dans ce salut qu’Il leur offrait. À travers Christ, ils découvraient le Dieu vivant qui attire les hommes au lieu de les épouvanter, car ils entendaient la douce voix de l’amour rédempteur au lieu de la condamnation et du jugement. Ils se savaient exposés à la colère qui vient, méritant en toute justice une condamnation éternelle, mais ils voyaient Dieu venant à eux et leur offrant la miséricorde et la paix, fruits des blessures et de la mort de Son Fils bien-aimé. Cette bonté inouïe de Dieu fondait leurs cœurs, changeait leurs pensées, les attirait vers le ciel, et les contraignait à se tourner vers Dieu, à mettre en Lui leur confiance, et à se reposer dans le Père des miséricordes, le Dieu de toute consolation. Ce n’était pas un dieu de leur propre imagination, mais le Dieu vivant de toute éternité, le Premier et le Dernier, le Créateur des bouts de la terre (És. 40:28), le Dieu seul sage, Père, Fils et Saint Esprit. Ils firent ainsi l’expérience d’un changement profond, abandonnant leurs objectifs charnels pour se tourner vers le Dieu Sauveur.

C’est cela la conversion. Ce fut le grand tournant dans leur histoire. Ils se tournèrent des ténèbres vers la lumière, du pouvoir de Satan vers Dieu (Actes 26:18), des idoles muettes (1 Cor. 12:2) vers le Dieu vivant et vrai. Ils se réjouissaient ainsi de connaître le salut par Christ. Leur confiance était dans le Dieu vivant et vrai, qui ne peut se renier Lui-même et dont la Parole ne passera jamais. Ils étaient ainsi en paix avec Dieu, par notre Seigneur Jésus Christ. Christ était tout en tous : Christ crucifié, Christ ressuscité, Christ glorifié, Christ intercédant pour eux, Christ qui vient. Par Lui, ils avaient trouvé la justification présente, et la délivrance éternelle de la colère qui vient. Ils s’étaient tournés vers Dieu et avaient trouvé en Lui tout ce qu’ils pouvaient désirer. Que pouvaient désormais signifier pour eux des idoles ? Devant la réalité profonde de la croix de Christ, la folie et l’inanité des idoles étaient manifestes. Il était donc facile de les estimer à leur juste valeur, c’est-à-dire du fumier et des ordures, à cause de l’excellence de la connaissance du Christ Jésus, le Seigneur (Phil. 3:8). Il suffit d’avoir contemplé une fois, en croyant, l’amour du Seigneur-Emmanuel versant Son sang et mourant pour nous, pour rendre évidentes la folie du monde et l’inanité de sa religion, et pour incliner le cœur vers le Père qui a gratuitement envoyé Son Fils pour nous délivrer de la colère qui vient.

Cher lecteur ! L’évangile a-t-il produit en vous cet effet merveilleux ? Le récit des larmes, des gémissements, des souffrances indicibles et de la mort sanglante du Sauveur vous a-t-il brisé le cœur et jeté dans les bras du Dieu de paix ? Avez-vous fait l’expérience d’une telle conversion dans votre vie ? Vous rappelez-vous le temps où vous pensiez à Dieu avec hostilité, où vous redoutiez de devoir paraître devant Lui, et où vous auriez aimé n’être jamais né ; mais aussi le temps où l’évangile vous a touché et où vous avez trouvé la foi en l’entendant, où vous avez cru en l’amour de Dieu et trouvé la paix avec Lui par la mort expiatoire de Son Fils ? Telle est la manière dont le Saint Esprit nous conduit, et telle a été l’expérience de millions d’âmes.

25.3.2 - Au service du Dieu vivant et vrai

Leur service pour Dieu fut un autre effet de l’évangile : ils se tournèrent « des idoles vers Dieu, pour servir le Dieu vivant et vrai… » (1 Thess. 1:9). L’amour de Dieu les contraignit à Le servir, car, selon les paroles du Sauveur (Luc 7:47), celui à qui il a été beaucoup pardonné aime beaucoup. Ils aimaient Dieu parce que Lui les avait aimés le premier. Un sentiment de reconnaissance pour une grâce aussi insondable les rendait indiciblement heureux dans l’accomplissement de leur service. La connaissance de la bonté du Sauveur leur rendait Son joug aisé et Son fardeau léger (Matt. 11:30). L’assurance d’être délivré de la colère qui vient, par la mort et la résurrection de Christ, est le ressort principal d’un service véritable, service qui s’accomplit dans une heureuse et parfaite liberté.

C’est ainsi qu’agit la foi, fruit de l’amour. Nombreux sont ceux qui se trompent sur ce point : Ils servent pour être sauvés, et non parce qu’ils ont reçu le pardon de leurs péchés et la vie éternelle, ce qui est une erreur fatale ! S’attendre plus ou moins au salut comme à une récompense des efforts de la chair est une terrible illusion. Servir par obéissance à Dieu, parce qu’on a été pardonné et accepté en Christ, voilà le chemin béni de l’Esprit ! Notre Sauveur a dit : « Si vous m’aimez, gardez mes commandements » (Jean 14:15), et « comme je vous ai aimés, que vous aussi vous vous aimiez l’un l’autre » (Jean 13:34). Il est de la plus haute importance d’être au clair sur ce point.

Sans aucun doute, les nouveaux convertis de Thessalonique étaient bien fondés, car Paul s’adresse à eux comme à des personnes déjà délivrées de la colère qui vient. Ils savaient qu’ils servaient le Dieu vivant. Après avoir longtemps servi des idoles muettes, ils obéissaient désormais au Dieu vivant. Il y a des gens qui ne croient pas que « Dieu est », que Son œil les voit, qu’Il prête l’oreille à leur cri, que Sa face est dressée contre ceux qui font le mal, que Son cœur aime, que Son bras a apporté le salut, et que Sa main est ouverte pour satisfaire le besoin de toute créature vivante. On ne croit pas cela. On ne croit pas qu’Il est le Dieu vivant. Nombreux sont ceux qui dans leur cœur nient Dieu, et c’est pourquoi la créature est si souvent portée aux nues et adorée plus que le Créateur, et que nombreux sont ceux qui vivent sans Dieu et sans espérance dans le monde, en sorte que Dieu n’est pas l’objet de toutes leurs pensées. Mais ce n’était pas le cas de ces Thessaloniciens. Leur foi et leur espérance étaient dans le Dieu vivant qu’ils servaient, cherchant à Lui plaire et à Lui obéir, à L’honorer et à Le glorifier, Lui qui était allé jusqu’à les racheter par le sang précieux de Son propre Fils. Ils le connaissaient aussi comme le vrai Dieu, ce qui était encore plus heureux. Ils savaient qu’Il avait toujours été fidèle à Sa parole, fidèle à Ses promesses, fidèle pour écouter et exaucer les prières, fidèle envers tous ceux qui mettaient en Lui leur confiance, fidèle pour accepter leur service, fidèle pour les soutenir aux jours d’épreuve, fidèle pour les faire triompher de toute difficulté, et fidèle pour se les présenter irréprochables devant Sa gloire avec abondance de joie » (Jude 24).

Oh ! si seulement les gens croyaient que Dieu est fidèle, combien de pécheurs accourraient à Jésus pour échapper à la colère qui vient, quelle tranquillité auraient les croyants dans les temps troublés, quelle soumission il y aurait dans l’affliction, quelle patience pour s’attendre à Dieu, et quel courage dans les temps les plus sombres ! Le Dieu vrai et fidèle nous a donné Sa propre parole pour nous guider, et pour que nous mettions en elle notre espérance jusqu’à la fin des expériences du désert et jusqu’à ce que nous soyons capables, dans la gloire, de déclarer rétrospectivement que pas un iota ni un seul trait de plume de cette Parole n’est tombé ! Nous voyons ainsi que les croyants de Thessalonique travaillaient ; ils servaient le Dieu vivant et vrai et fidèle, et étaient bien connus pour leurs œuvres de foi et leur travail d’amour. Soyons bien sûrs que le fait de se tourner vers Dieu en Jésus va toujours de pair avec un service d’amour !

25.3.3 - L’attitude de leurs âmes : l’attente du Seigneur

L’attitude de leurs âmes nous est aussi présentée comme un autre effet de l’évangile. « Vous vous êtes tournés des idoles vers Dieu, pour servir le Dieu vivant et vrai, et pour attendre des cieux son Fils » (1 Thess. 1:9). Ceci est très précieux. Dieu ne nous demande pas seulement d’être zélés pour Le servir de tout notre être, mais Il attend aussi de nous que nous soyons patients dans l’espérance, nos pensées et nos sentiments tendant dans la bonne direction. Tous les chrétiens, lorsqu’ils réalisent qu’ils sont pardonnés et acceptés en Christ, ont plus ou moins à cœur de servir le Dieu vivant et vrai, mais il y en a relativement peu, aujourd’hui, qui comprennent que c’est leur heureux privilège d’attendre des cieux Son Fils. Beaucoup vous diront qu’ils attendent que le monde soit converti par la prédication de l’évangile, ce que l’Écriture ne nous enseigne certainement pas. D’autres diront qu’ils attendent de grands changements parmi les nations, tout particulièrement parmi les Juifs dispersés. Mais les Thessaloniciens étaient enseignés par le Saint Esprit à attendre Christ.

Il y a eu beaucoup d’ignorance au sujet de l’espérance de l’Église, même chez de vrais croyants ; et là où la doctrine a été enseignée selon l’Écriture, beaucoup ne l’ont pas reçue, parce qu’ils n’avaient pas l’assurance de leur salut, ni ne voyaient leur propre sécurité en un Sauveur ressuscité et glorifié. Incapables de se réjouir dans le fait d’être déjà délivrés de la colère qui vient, comment auraient-ils pu aimer l’annonce de la seconde venue du Sauveur ? Comment ceux qui n’ont pas la paix avec Dieu pourraient-ils attendre Son Fils venant du ciel ? Une vraie espérance de la gloire à venir est inséparable de l’assurance du salut.

Les Thessaloniciens croyants savaient, grâce à l’évangile prêché par Paul, qu’ils étaient délivrés de la colère qui vient. Ils ne doutaient aucunement de leur salut éternel par Christ, et pouvaient donc attendre avec joie le retour du Fils de Dieu venant du Ciel. Au lieu de considérer ce retour avec crainte et tremblement, ils l’anticipaient avec allégresse. Ils n’attendaient pas la conversion du monde, ni le rétablissement de l’empire Romain, pas plus que la restauration des Juifs dans leur propre pays ou tout autre événement terrestre ; mais étant sauvés, ils servaient le Dieu d’amour et de paix, et attendaient des cieux Son Fils. Christ Lui-même était leur espérance et leur confiance. L’apôtre leur enseigna par la suite, que « le Seigneur Lui-même, avec un cri de commandement, avec une voix d’archange, et avec la trompette de Dieu, descendra du ciel ; et les morts en Christ ressusciteront premièrement ; puis nous, les vivants qui demeurons, nous serons ravis ensemble avec eux dans les nuées à la rencontre du Seigneur, en l’air ; et ainsi nous serons toujours avec le Seigneur » (1 Thess. 4:16). Ces croyants attendaient du ciel le Fils de Dieu. Ils ne connaissaient point d’autre bonheur, point d’autre paradis ni de gloire, si ce n’est dans la personne de Christ, le Fils de Dieu, qu’ils aimaient. Christ était non seulement leur salut, mais aussi tout leur désir. Cette promesse du Sauveur : « … je reviendrai, et je vous prendrai auprès de moi, afin que là où moi je suis, vous, vous soyez aussi » (Jean 14:3), était très précieuse à leurs âmes. Leur espoir était donc en Christ : Le voir, être avec Lui, Lui être semblable ! Peut-être mourraient-ils avant la venue du Seigneur Jésus, mais ce n’était pas la mort qu’ils attendaient, c’était Christ, — être changés en un instant, en un clin d’œil, et être ravis à la rencontre du Seigneur, en l’air ! Telle est la véritable et merveilleuse espérance de l’évangile, qui console, sanctifie, ranime l’âme, et telle était l’attitude d’âme des Thessaloniciens ! Toute leur énergie nourrissait leur foi et leur amour au service de Dieu, ainsi que leur bienheureuse attente du Fils de Dieu venant du Ciel. La foi, l’espérance et l’amour étaient ainsi maintenus en exercice : c’était le fruit béni du glorieux évangile qu’ils avaient reçu.

La vocation du croyant est, encore aujourd’hui, d’attendre du ciel le Fils de Dieu. Des siècles se sont écoulés depuis que ces chers Thessaloniciens ont ainsi honoré le Seigneur Jésus, et Il n’est pas encore venu ; mais Il viendra, selon Sa promesse. Oui, « celui qui vient viendra, et il ne tardera pas » (Héb. 10:37). Aujourd’hui encore, nombreux sont ceux qui l’attendent et qui peuvent dire en vérité « Amen, viens, Seigneur Jésus » !

26 - Vous parlerez au rocher — Nombres 20 à 21:3 — (chapitre 25)

« Et l’Éternel parla à Moïse, disant : Prends la verge, et réunis l’assemblée, toi et Aaron, ton frère, et vous parlerez devant leurs yeux au rocher, et il donnera ses eaux ; et tu leur feras sortir de l’eau du rocher, et tu donneras à boire à l’assemblée et à leurs bêtes. Et Moïse prit la verge de devant l’Éternel, comme il lui avait commandé » (Nombres 20:7-9)

26.1 - Le rocher frappé — la grâce envers des pécheurs

L’histoire du rocher frappé nous est présentée pour la première fois dans le livre de l’Exode (ch. 17). Cela se passait avant que la loi fût donnée, et c’est un bel exemple de la grâce ― la grâce de Dieu envers l’homme impie et pécheur. Le peuple était en état d’urgence, n’ayant pas d’eau à boire. De jour en jour, leur soif devenait plus intense. Il n’y avait pas de puits à proximité. Ils auraient eu beau chercher assidûment, mettre toute leur énergie à creuser profondément le sol dans toutes les directions, il n’y avait qu’une terre stérile, desséchée, sans eau. Affaiblis, grillés par le soleil, prostrés, ils étaient totalement incapables de remédier à leur besoin. Ils mouraient de soif, sans eau à boire. Mais pis que cela : ils étaient pécheurs, et murmuraient ; ils tentaient Dieu et étaient prêts à lapider Son serviteur ! Ils étaient donc non seulement sans ressources, mais indignes. Dieu aurait pu justement les laisser périr, car ils méritaient Son courroux et Sa colère, mais Il choisit d’agir en grâce plutôt qu’en jugement. Devant leur grand besoin, Son œil eut pitié d’eux ; Son cœur d’amour fut rempli de compassion ; Sa sagesse et Sa miséricorde infinies, conçurent un moyen de délivrance ; Son bras puissant l’exécuta aussitôt.

La question était de savoir si Dieu pourrait et voudrait donner à boire à ce peuple pécheur en train de mourir de soif. Oui, non seulement Il le pouvait et le voulait, d’une manière en accord avec Sa sainteté, mais aussi d’une manière qui serait à la louange de Sa gloire. En frappant quelqu’un d’autre à leur place, Sa justice serait satisfaite, et Sa grâce pourrait s’épancher librement. C’est là la manière dont la grâce a agi envers l’homme pécheur et impuissant à la croix de Christ, et dont le rocher frappé fournit un type. « Et l’Éternel dit à Moïse :… Voici, je me tiens là devant toi, sur le rocher, en Horeb ; et tu frapperas le rocher, et il en sortira des eaux, et le peuple boira. Et Moïse fit ainsi devant les yeux des anciens d’Israël » (Ex. 17:5-6). C’est ainsi que par la grâce, le peuple pécheur et sans ressources reçut de l’eau en abondance pour étancher sa soif.

N’est-ce pas là un bel exemple de la grâce, très important puisqu’il nous est dit dans le Nouveau Testament que nous sommes sauvés par la grâce : « Vous êtes sauvés par la grâce, par la foi, et cela ne vient pas de vous, c’est le don de Dieu » (Éph. 2:8). Mais peu de choses sont peut-être aussi mal comprises que la grâce. Dieu fait sa part, quand nous, nous avons fait la nôtre, disent certains, ce qui détruit entièrement la pensée même de la grâce ! D’autres disent que la grâce est un amour immérité. Mais c’est encore bien plus que cela, car la grâce accorde faveur et bénédiction à ceux qui ne méritent que le châtiment et la destruction. Elle donne la vie éternelle et la gloire à ceux qui ne méritaient que la mort et le bannissement éternels. Elle coule gratuitement jusqu’à nous grâce au Fils de Dieu frappé, blessé pour nos transgressions et meurtri pour nos iniquités (cf Ésaïe 53:4-5). Le rocher frappé de notre verset représente donc, en type, la mort de Christ. Il a reçu alors les coups que nous méritions, et l’eau de la vie a jailli gratuitement.

La grâce n’est donc que pour des pécheurs. Elle a sa source en Dieu, elle se manifeste dans la mort de Christ, et elle désaltère les âmes de ceux qui goûtent et découvrent que le Seigneur est bon. Et de même que seule l’eau du rocher frappé pouvait étancher la soif de ces Israélites qui périssaient, seul le sang de la croix peut donner la paix à l’âme atteinte du péché. Pour un Israélite mourant de soif, tourner le dos à ces eaux jaillissant si abondamment du rocher frappé, au lieu d’en boire, aurait été le comble de la folie. Combien plus encore en est-il ainsi aujourd’hui quand on se détourne du Fils de Dieu mort sur la croix pour sauver des pécheurs !

26.2 - Ce qu’il y a après avoir bu l’eau du Rocher

Après ces réflexions sur le rocher frappé, considérons maintenant plus précisément notre sujet ; et notons d’abord qu’après avoir bu l’eau du rocher, le peuple d’Israël a non seulement vécu, mais a combattu les combats de l’Éternel. Cependant, au bout d’un certain temps, bien que le rocher fût toujours là, ils eurent de nouveau soif comme le dit ce chapitre. Ceci est un type remarquable, destiné à nous montrer que, après avoir reçu le Seigneur Jésus et obtenu la vie et la paix par la foi en Son nom, après avoir peut-être combattu les combats de l’Éternel, après avoir bu de l’eau de la vie pendant des mois et des années, et après avoir joui de la présence du Seigneur, — nous restons dans le sentiment d’être stériles et altérés si nous cessons de vivre de Christ, si nous nous détournons de Lui et que nous perdons le goût et la consolation de Son amour.

En poursuivant cette méditation, nous pourrons considérer 1) l’état du croyant qui cesse de vivre de Christ ; 2) l’échec dans le service pour Dieu ; 3) ce qu’est le vrai chemin du chrétien ; 4) un aperçu des bénédictions qui s’y rattachent.

26.2.1 - L’état du croyant qui a cessé de vivre de Christ

Aussi longtemps que nous demeurons dans le Seigneur Jésus et dans Son amour, vivant en Sa présence, assis à Ses pieds, nous reposant sur Ses promesses, nous nourrissant de Sa Parole, aimant Ses voies, Lui ouvrant nos cœurs, et puisant dans Sa plénitude, — alors notre paix coule comme un fleuve (És. 48:18) ; nous triomphons dans les conflits, nous échappons à la tentation, nous supportons courageusement les souffrances, nous combattons le bon combat de la foi et nous nous réjouissons dans l’espérance de la gloire de Dieu. Mais quand notre œil et notre cœur oublient Christ, quand nous nous détournons de Lui, le Rocher frappé, source de vie et d’amour, — alors l’aridité et les douleurs du désert pèsent lourdement sur nos cœurs, et la déception, la rébellion, les murmures et autres fruits amers de l’incrédulité ont vite fait de se manifester. Personne, peut-être, n’agit plus follement, n’est plus misérable et ne manifeste davantage les caractères détestables et le mal de la chair, que ces chrétiens qui oublient le Seigneur Jésus et ne tirent ni rafraîchissement ni bénédiction de Sa plénitude. Lorsque l’ennemi surprend de telles personnes à l’improviste, il a vite fait de les vaincre avec ses dards enflammés, et d’agir sur l’orgueil et les convoitises de la chair, jusqu’au moment où, sur les lèvres, le chant triomphal de « digne est l’Agneau » fait place aux plaintes et aux cris de découragement !

Quelqu’un d’autre a dit que « le sang de Christ fortifie notre homme intérieur, et empêche la chair de produire ses mauvais fruits ». Il en est bien ainsi, car dans l’exercice de la foi, nous puisons en Christ, et en sommes spirituellement si fortifiés que nous devenons capables de soumettre les convoitises de la chair. Toutefois, même en étant de vrais disciples de Christ, si nous nous détachons de Lui, nous nous affaiblissons spirituellement ; les habitudes et les désirs charnels reviennent alors au galop, et se manifestent parfois douloureusement. C’est ainsi que ce chapitre nous montre que, sans eau du rocher et ayant soif, le peuple s’attroupa contre les serviteurs de Dieu (Nombres 20:2) et contesta avec Moïse ; il se plaignit de l’aridité du désert, et en conclut qu’ils mourraient sans jamais voir la Terre Promise. Ils faisaient l’expérience des ténèbres, de la stérilité et de la misère, parce qu’ils s’étaient éloignés de l’unique source de rafraîchissement et de bénédiction. Il en est de même aujourd’hui pour le peuple de Dieu. Combien d’enfants de Dieu en train de gémir, devraient attribuer leur détresse présente, non pas comme ils le croient, aux circonstances rencontrées en chemin, mais au deux maux d’avoir abandonné la source des eaux vives et de s’être creusé des citernes crevassées qui ne retiennent pas l’eau ! (Jér. 2:13). Comment peut-on être heureux en dehors de Celui qui est notre vie et notre salut ? Comment nos cœurs chanteraient-ils d’allégresse si nous cessons de faire de ce fleuve de vie qui irrigue notre âme la source de toutes nos joies ? Ceux qui s’attachent au Seigneur Jésus et marchent dans Ses voies, peuvent assurément compter sur la consolation du Saint Esprit comme étant leur part. Et, bien que les épreuves du désert ne leurs soient pas épargnées, ils feront l’expérience du secours et de la miséricorde de Dieu dans leurs difficultés, et de Sa délivrance des difficultés au temps que Lui-même jugera opportun. C’est en demeurant ainsi dans le Seigneur Jésus que nous serons heureux et porterons du fruit, alors que séparés de Lui nous serons stériles et malheureux. Comme l’apôtre Pierre le dit, de tels chrétiens sont aveugles et ne voient pas loin, ayant oublié la purification de leurs péchés d’autrefois (2 Pier. 1:9). Combien il est donc important que le chrétien ne se nourrisse pas de cendres (cf. És. 44:20), ni ne cherche quelque satisfaction dans les gousses des pourceaux qu’on trouve dans le monde (cf. Luc 15) ! Mais au contraire, sachant que Christ est tout, qu’il vive de Lui — de Sa personne, de Son œuvre, de Sa perfection, de Sa plénitude et de Ses services ; qu’il trouve refuge, si l’on peut dire, dans Ses souffrances ; qu’il boive à longs traits dans Ses paroles et Ses voies de grâce ; que Ses promesses soient son trésor ; qu’il mange Sa chair ; qu’il demeure dans Son amour inexprimable et immuable ; qu’il explore toujours plus Ses richesses insondables ; en sorte que, du fond du cœur, nous puissions toujours redire : « … Son palais est plein de douceur, et toute sa personne est désirable. Tel est mon bien-aimé, tel est mon ami » (Cant. 5:16)

26.2.2 - L’échec dans le service pour Dieu

Ce récit émouvant relate aussi un exemple d’échec dans le service. Moïse désirait servir l’Éternel, et servir Son peuple, mais il ne le fit pas à la manière de Dieu. C’est pourquoi ce service, au lieu d’être agréable à l’Éternel, l’irrita tellement que pour cette raison Moïse ne put entrer dans le pays. Moïse avait déployé du zèle, mais non selon la connaissance (Rom. 10:2). Dieu lui avait dit de prendre la verge, mais non pas de s’en servir comme il le fit. Au lieu de parler au rocher comme il en avait reçu l’ordre, Moïse le frappa. Dieu n’avait pas parlé en mal de l’assemblée à Son serviteur, mais Moïse les avait qualifiés de rebelles (v. 10). Tout cela montre bien que Moïse ne servait pas avec l’état d’esprit du Seigneur. Chercher à désaltérer le peuple de Dieu assoiffé était bien, mais sa manière d’agir n’était pas à la gloire de Dieu. Remarquons bien cependant, que malgré le manquement de Moïse, Dieu agit alors ― comme Il le fait souvent aujourd’hui ― en bénédiction pour le peuple, tout en châtiant Son serviteur pour l’inconvenance de sa conduite. Cette faute était très grande, non seulement en ce qu’elle était une désobéissance au commandement très clair de l’Éternel, mais parce qu’elle nuisait au type dont le but était sûrement de nous apprendre que le Rocher, une fois frappé, n’a jamais besoin de l’être à nouveau, mais fournit des courants rafraîchissants en réponse au cri de la foi, comme nous connaissons Christ aujourd’hui.

Il est évident que la verge utilisée ici par Moïse, n’est pas la verge de Moïse dont il avait frappé le rocher. Cette dernière, Moïse l’emporta avec lui au sommet de la montagne, après en avoir frappé le rocher en Horeb, et il n’en est plus jamais question. La verge de Moïse fit là son œuvre, ce qui nous enseigne en type que les exigences de la loi furent satisfaites par les blessures, les meurtrissures et la mort du Fils de Dieu. La verge que Moïse reçut l’ordre de prendre dans cette scène à Mériba, est celle qui était « devant l’Éternel » (v. 9), c’est-à-dire celle d’Aaron (cf. ch. 17). Ce n’est pas sur le fait de frapper qu’elle a quelque chose à nous apprendre, mais sur la résurrection et la sacrificature de Christ. Il nous est dit que cette verge de bois mort « avait bourgeonné, et avait poussé des boutons, et avait produit des fleurs et mûri des amandes… Et l’Éternel dit à Moïse : Reporte la verge à Aaron devant le témoignage… et tu feras cesser leurs murmures de devant moi, et ils ne mourront pas » (Nomb. 17:8-10). Ainsi contemplons-nous en type la résurrection et la sacrificature de Christ. On voit donc combien, pour Moïse, il eût été en accord avec la vérité d’élever cette verge merveilleuse devant le rocher, tandis que l’eau en jaillirait à sa parole ; et combien, au contraire, le fait de frapper le rocher était incompatible avec ce dont cette scène était le type, — spécialement de le frapper avec une telle verge. Quelle bénédiction aujourd’hui de connaître Jésus ressuscité et glorifié comme le Rocher frappé une fois pour sauver les Siens de la mort, mais maintenant devant Dieu ! et nous n’avons qu’à Le contempler pour être remplis d’adoration et de reconnaissance, et qu’à Lui parler pour être rafraîchis et inondés de Ses bénédictions !

Nous craignons fort qu’aujourd’hui beaucoup de services soi-disant religieux ne soient pas acceptables devant Dieu. Combien de choses Dieu détecte-t-Il comme étant surtout l’activité énergique de la chair, et comme n’étant pas spirituel, pas dans l’obéissance de la foi, et pas selon la vérité de Dieu ! Il est donc très important de ne pas seulement se consacrer à l’œuvre du Seigneur, mais de l’accomplir à la manière de Dieu et pour Sa gloire. Ceci nous amène à considérer :

26.2.3 - Le vrai chemin du chrétien

Le déclin spirituel et l’échec dans le service vont généralement de pair, comme nous le constations chez Pierre, qui commença par suivre le Seigneur « de loin », puis, par excès de zèle, coupa l’oreille de l’esclave du souverain sacrificateur. Le vrai chemin du chrétien est la communion avec Dieu et l’obéissance à Sa Parole. C’est de là que doit repartir le chrétien qui a failli ou rechuté, s’il veut être heureux et glorifier Dieu. Le croyant est appelé à la communion avec le Père et avec Son Fils Jésus Christ (1 Jean 1:3), à marcher avec Dieu, à réaliser que toutes ses sources sont en Lui (Ps. 87:7), et à attendre des cieux Son Fils (1 Thes. 1:9-10). Christ, le vrai Rocher qui a été frappé, est sa portion qui le comble. Il a à faire avec le Seigneur Jésus qui a été crucifié et qui a dit : « C’est accompli », avant de baisser la tête et de remettre Son esprit (Jean 19:30). Il sait que cette œuvre unique de rédemption éternelle a été parfaitement accomplie, et que, par elle, le Seigneur a rendu parfaits à perpétuité tous ceux qui croient vraiment en Lui, si bien qu’« il ne reste plus de sacrifice pour les péchés » (Héb. 10:26). Le croyant regarde donc à Jésus ― l’Agneau qui a été immolé, maintenant ressuscité et glorifié à la droite de Dieu ― comme à Celui qui a tout pouvoir dans le ciel et sur la terre. Toutes les fois qu’il en a besoin, il n’a donc qu’à « parler au Rocher » pour constater que l’eau de la vie en découle continuellement.

Le chrétien commence généralement par éprouver une grande joie, parce qu’il lui suffit de boire les eaux du Rocher frappé, pour étancher sa soif, et parce que Christ est tout pour lui. Il connaît mal les ruses de son propre cœur, les épreuves du désert et les séductions de Satan. Au bout d’un certain temps, cependant, lorsque surgissent des difficultés et des besoins inattendus, ils se peut qu’inconsciemment il perde de vue le Seigneur, étant assailli de circonstances douloureuses. Où trouver alors le rafraîchissement et le réconfort dont il a soif, sinon dans ce même Rocher qui avait déjà étanché sa soif ― c’est-à-dire l’Agneau désormais au milieu du trône ? Tel est donc le véritable parcours du chrétien : regarder à Jésus, demeurer en Jésus, puiser en Jésus, apprendre de Jésus, car « ses voies sont des voies agréables, et tous ses sentiers sont paix » (Prov. 3:17) ; ou, selon l’expression de l’apôtre : « ne vous inquiétez de rien, mais en toutes choses exposez vos requêtes à Dieu par des prières et des supplications avec des actions de grâces » (Phil. 4:6). Parlons au Rocher ! — Sommes-nous dans le besoin ? Ayons recours à la toute-suffisance du Seigneur Jésus. — Sommes-nous tentés ? Faisons confiance à Sa sympathie et à Sa puissance. — Sommes-nous bénis ? Rendons-Lui grâce. — Sommes-nous éprouvés ? Contemplons les souffrances de Jésus. — Tout service devrait être accompli dans la dépendance du Seigneur Jésus, et en toutes choses, nous devrions Lui parler. Ceux qui ont ainsi le Seigneur toujours devant eux découvriront qu’Il est à leur droite, et qu’ils ne peuvent être ébranlés.


Heureux ceux qui se confient en Jésus

Sûre et douce est leur portion !


Chers enfants de Dieu, êtes-vous abattus à cause des épreuves du chemin ? Êtes-vous oppressés et accablés sous le poids de vos besoins, de vos douleurs et de vos peines de cœur ? Alors, parlez au Rocher ! Allez au Seigneur Jésus pour Lui confier toutes vos peines, tous vos inquiétudes. Oui, dites-Lui tout, épanchez votre cœur devant Lui ! Il rafraîchira votre esprit, redressera vos mains lassées, ranimera votre confiance, vous donnera la sagesse et vous montrera qu’Il prend soin de vous ! Il vous demande de vous confier en Lui en tout temps ― non pas de temps en temps, mais en tout temps ! Parlez-Lui donc sans attendre ! Peut-être avez-vous déjà fait dans le passé l’expérience de la bénédiction qu’il y a à Lui parler : alors parlez-Lui maintenant ! Rejetez sur Lui tout votre souci, car Lui-même dit qu’Il prend soin de vous (1 Pier. 5:7). Déposez tous vos fardeaux devant le Seigneur, et Il vous soutiendra. Ne redoutez pas l’épreuve, si seulement elle vous conduit au Seigneur Jésus. Chaque besoin ressenti sera en bénédiction, si seulement il vous amène à passer une nouvelle fois devant le trône de la grâce. Amis chrétiens ! L’eau jaillit toujours du Rocher, et les courants rafraîchissants coulent toujours et gratuitement pour nous de la part de notre Seigneur Jésus. Il est vain de chercher ailleurs. Aucun homme, fût-il roi, ne peut nous nous aider. Les créatures sont des « citernes crevassées », et il est écrit : « Malheur à ceux qui descendent en Égypte pour avoir du secours » (És. 31:1), et « maudit l’homme qui se confie en l’homme, et qui fait de la chair son bras » (Jér. 17:15). Sans Christ, nous ne pouvons rien faire, mais aucune incertitude ne demeure lorsqu’on fait appel au Seigneur Jésus. « Vous parlerez… au rocher, et il donnera ses eaux ». Tel est le chemin de la bénédiction, car il est écrit : « Bienheureux tous ceux qui se confient en lui » (Ps. 2:12), et « bienheureux l’homme qui m’écoute, veillant à mes portes tous les jours, gardant les poteaux de mes entrées » (Prov. 8:34). C’est de cette manière seulement que les vrais chrétiens seront heureux, préparés pour l’œuvre du Seigneur, car « la joie de l’Éternel est notre force » (Néh. 8:10).

Ce n’est que par la Parole écrite, révélée par l’Esprit, que nous savons comment servir Dieu d’une manière qui Lui soit agréable. « Si quelqu’un m’aime, il gardera ma parole » (Jean 14:23). Le fait que Moïse ait frappé le rocher, alors que Dieu avait dit de lui parler, pouvait paraître insignifiant, mais Dieu en était déshonoré. Nous devons prendre garde à la Parole de Dieu et lui obéir. En buvant de l’eau du Rocher, et en honorant Sa Parole, nous accomplirons un service agréable. L’importance d’obéir simplement à la Parole de Dieu nous est encore enseignée en 1 Samuel 15. Dieu avait commandé à Saül de détruire entièrement les Amalékites, mais Saül ne les détruisit que partiellement. C’était une désobéissance, et Dieu lui dit : « écouter est meilleur que sacrifice, prêter l’oreille, meilleur que la graisse des béliers » (1 Sam. 15:22). Nous en avons un autre exemple aux jours de David. Dieu avait ordonné que seuls les Lévites devaient porter l’arche de Dieu, mais David en disposa autrement. La déception, le châtiment et l’échec furent le résultat d’un tel service (cf 1 Chr. 13:10). Mais ensuite, lorsque le roi agit selon la parole de l’Éternel et accomplit un service qui Lui était agréable, le résultat fut la bénédiction de l’Éternel, la joie et l’allégresse du peuple. Combien il est donc important de se méfier des traditions des hommes, pour n’obéir qu’à la parole écrite de Dieu !

26.2.4 - Bénédictions découlant du fait de boire de l’eau du rocher

Le peuple fut désaltéré, les murmures cessèrent, les esprits furent rafraîchis et les cœurs encouragés. Mais la suite nous révèle encore quelque chose de plus. D’abord (1) ils agirent en grâce, puis ensuite (2), ils combattirent vaillamment les ennemis de l’Éternel. En ce qui concerne le premier point (1), il nous est dit qu’ils envoyèrent des messages de paix au roi d’Édom, et lorsque les Édomites eurent refusé plusieurs fois de laisser passer Israël par leur pays quelles qu’en soient les conditions, ils se détournèrent par un autre chemin (Nombres 20:14-22). C’était agir selon la pensée de Dieu, car Édom était frère d’Israël selon la chair, et cela nous rappelle que ceux qui jouissent le plus de la grâce de Dieu sont généralement bons, souples et pleins de grâce envers les autres. Qui aurait cru, peu de temps auparavant, que ces Israélites rebelles allaient bientôt agir avec autant de grâce ? C’est qu’ils avaient bu de l’eau du rocher. Ils avaient vu et cru la bonté de l’Éternel, et cela changeait tout.

En ce qui concerne le second point (2), lorsque les Cananéens les attaquèrent et firent prisonniers certains de leurs frères, ils sortirent dans la force de l’Éternel et combattirent l’ennemi vaillamment et victorieusement, les détruisant entièrement, eux et leurs villes (Nombres 21:1-3). Ils se battirent pour leurs frères morts au combat, et contre les ennemis de l’Éternel. Ces hommes étaient-ils bien les mêmes que ceux qui venaient de contester avec Moïse, et de se rebeller contre lui et Aaron ? Oui, mais ils avaient bu l’eau du rocher ; ils avaient été restaurés dans leurs esprits et avaient repris conscience que Dieu était pour eux, non pas contre eux, ce qui changeait tout ! De telles pensées ne rendent-elles pas la croix de Christ infiniment précieuse à notre âme ?


C’est toi, Jésus, c’est ta grâce,

Ta croix, ton sang précieux,

C’est le regard de ta face,

Qui nous rend justes, heureux

[H&C 40]


Bien-aimés, le retour du Seigneur est proche, et les jours de notre pèlerinage seront bientôt définitivement passés. Nous ne connaîtrons plus alors les peines et la sécheresse d’un désert aride. Aujourd’hui, notre plus grand privilège est de pouvoir « parler au Rocher », de nous entretenir par la foi avec notre précieux Seigneur, que nous aimons sans pourtant l’avoir vu (1 Pier. 1:8). Mais alors, nous Le verrons face à face, et, admirant Sa beauté et Ses perfections éternelles, avec une joie et une reconnaissance immuables et sans mélange, nous serons pour toujours avec le Seigneur.

27 - La nouvelle naissance — (chapitre 26)

« Il vous faut être nés de nouveau » (Jean 3:7)

27.1 - L’erreur d’un homme religieux

Dans le discours de notre Seigneur avec Nicodème, nous voyons la sagesse, la fidélité et la grâce avec lesquelles Il s’adresse à cet homme qui faisait profession d’être religieux. La manière de faire du Seigneur avec ce Pharisien est différente de celle envers la Samaritaine. Celle-ci était une pécheresse notoire, inconsciente de sa culpabilité. Notre Seigneur de grâce l’amena donc immédiatement à prendre conscience de son ignorance et de sa déchéance en lui disant : « Va, appelle ton mari, et viens ici » (Jean 4:16). Mais le cas de Nicodème était celui d’un homme apparemment irréprochable, tout en étant aveuglé par une fausse religion. Le Seigneur commença donc par lui montrer le néant absolu de sa religion, de la racine aux branches, et lui prouva qu’il était un pécheur en train de périr, ayant besoin de la grâce, tel l’Israélite d’autrefois, mordu par les serpents et qui ne pouvait être sauvé qu’en regardant au remède proposé par Dieu. La religion de ce Pharisien, je l’affirme, était fausse —non pas entièrement toutefois, car les pièges de Satan les plus funestes sont un mélange de vérité et d’erreur. Tel fut le cas de Ève au jardin d’Eden, et celui des Pharisiens, et il en va souvent de même aujourd’hui. Nicodème croyait en Dieu, en la véracité des Écritures, en l’existence des anges et des esprits, et en la résurrection du corps. Tout cela était selon la vérité. Mais il n’attachait aucune importance à la grande vérité fondamentale des évangiles qui est la rédemption par le sang. C’était là son erreur fatale. La mesure de vérité détenue par un homme aussi instruit que lui, et élevé à une telle dignité, n’avait pour effet que de le maintenir dans les ténèbres et de le pousser à répandre sa fausse religion parmi ceux qu’il rencontrait, alors qu’une personne se complaisant ouvertement dans la corruption et la transgression, et sans aucune prétention religieuse, n’aurait pas eu cette tentation, — d’où cette déclaration de notre Seigneur : « … les publicains et les prostituées vous devancent dans le royaume de Dieu » (Matt. 21:31).

Le caractère erroné de la religion de cet homme fut vite rendu manifeste par notre précieux Seigneur, car Il connaissait ce qui était dans l’homme (Jean 2:25). La religion de cet homme « d’entre les Pharisiens » n’était pas spirituelle. Il ignorait tout de la nouvelle naissance, ce qui est une erreur fatale. Il n’attachait pas d’importance à la chute de l’homme en Adam, ni à son état actuel de mort dans ses fautes et ses péchés. Il ne voyait nullement la nécessité de la repentance, ni de la nouvelle naissance, et pourtant il assumait le rôle d’un homme religieux, accomplissant un service au nom de Dieu comme s’il était saint et non pas corrompu ; il se considérait lui-même comme un membre honorable d’une secte religieuse bien connue, et comme tel, les autres le considéraient digne de respect et d’estime. Mais cette religion était charnelle, et ne peut pas plaire à Dieu. L’homme charnel ne peut pas s’élever au-dessus de lui-même, et il en découlait nécessairement que sa religion consistait à marcher et à agir pour être vu des hommes, au lieu de tenir compte de ce que Dieu voit tout. « Vous êtes ceux qui se justifient eux-mêmes devant les hommes ; mais Dieu connaît vos cœurs : car ce qui est haut estimé parmi les hommes est une abomination devant Dieu » (Luc 16:15).

27.2 - Jésus ne repousse personne. Danger d’une profession de christianisme sans nouvelle naissance

Or Nicodème avait entendu parler de Jésus et désirait avoir des contacts avec Lui. Comment pouvait-il y parvenir ? Comment cet honorable « docteur d’Israël », ce « chef des Juifs » pouvait-il rencontrer ce Nazaréen méprisé ? Que diraient les gens ? Nicodème ne trouvait pourtant aucun repos, car il croyait que Jésus était un « docteur venu de Dieu », et il fallait absolument Le voir. Il vint donc à Jésus de nuit, cherchant ainsi à satisfaire sa conscience sans déplaire aux hommes et sans s’exposer à leur mépris et à leur persécution. Tel est l’homme ! Tel était l’esprit dans lequel cet « homme d’entre les Pharisiens » s’approcha du Seigneur de gloire. Il Le tenait pour un « docteur », et s’était peut-être imaginé pouvoir profiter de Son enseignement. Bien qu’occupé constamment de la lettre de l’Écriture et des devoirs religieux de la synagogue, l’idée d’être un pécheur, ayant besoin d’un Sauveur, ne semble l’avoir jamais effleuré. Arrêtons-nous un peu, et remarquons la manière dont Christ agit avec cet homme. Va-t-Il lui dire : « Tu viens à moi dans un tel état d’indignité que je ne puis te recevoir », ou « renonce d’abord à ceci et à cela, et ensuite je te parlerai », ou encore « commence par t’améliorer, et ensuite je te recevrai » ? Non. Dans cette circonstance comme dans beaucoup d’autres, notre Seigneur plein d’amour accomplit Ses paroles précieuses : « Je ne mettrai point dehors celui qui vient à moi » (Jean 6:37). Quel encouragement profond il y a là, et quelle révélation bénie de la grâce merveilleuse du Seigneur Jésus ! Nicodème ne se voyait pas « déjà condamné » et exposé à la colère de Dieu. Hélas ! « docteur d’Israël » et instruisant les autres, il ne se souciait même pas de son propre salut ! Une fausse religion, une religion d’œuvres mortes, la religion des pères qui était aussi celle du peuple, des rites et des coutumes dictés par la synagogue, avec tous leurs honneurs et leurs obligations officielles, — tel était le courant puissant dont les flots tumultueux emportaient ce « chef des Juifs », et tant d’autres avec lui, dans une chute rapide et effrayante où l’on n’a pas la moindre idée du chemin du salut selon Dieu ! Combien cela est solennel ! Mais n’en est-il pas de même aujourd’hui ? Quel est le véritable état de milliers de personnes qui nous entourent ? Nient-elles l’existence du Dieu Tout-Puissant ? Affirment-elles qu’il ne faut pas L’adorer ? Négligent-elles tout service religieux ? Contestent-elles l’authenticité des Saintes Écritures ? Certainement pas. Mais demandez-leur si elles ont fait l’expérience de la nouvelle naissance, et vous en verrez plusieurs baisser la tête de confusion ! D’autres vous accuseront d’être un baratineur, ou un fanatique sauvage ; d’autres encore essayeront de s’abriter derrière des formules sacrées trompeuses, et nieront catégoriquement la nouvelle naissance par la Parole de vérité, et par la puissance souveraine du Saint Esprit. Mais certains diront peut-être : « n’est-ce pas manquer de charité que de conclure que tous ceux qui n’ont pas fait l’expérience de la nouvelle naissance sont sur la route large qui mène rapidement à la destruction éternelle ? Ne peut-il pas y avoir quelque chose de bon chez eux, et quelque espoir, sans faire intervenir cette nouvelle naissance » ? Non, répondons-nous sans hésiter, et cela parce que le Seigneur Jésus a dit : « si quelqu’un n’est NÉ DE NOUVEAU, IL NE PEUT PAS VOIR le royaume de Dieu » (Jean 3:3). Veuille le Saint Esprit agir dans le cœur de milliers de ceux qui font profession de christianisme autour de nous, afin qu’ils apprennent à connaître la folie et l’inutilité d’une religion qui ne commence pas par la « nouvelle naissance » !

27.3 - La manière directe et personnelle du Seigneur

Les mots en tête de notre texte montrent combien notre Seigneur, dans Son ministère, était direct et personnel : « Il VOUS faut être nés de nouveau ». C’est une preuve de la fidélité de Son amour. Il ne faisait pas d’exposé sec de doctrines, ni de discours éloquents pour satisfaire les oreilles qui démangeaient Ses auditeurs (2 Tim. 4:3). Non. Il était le Témoin Fidèle (Apoc. 3:14), venu non pas pour détruire, mais pour sauver. Il connaissait la valeur d’une âme, et le salut était l’exigence suprême de Ses pensées. Son cœur d’amour supportait la manière indigne dont on L’approchait, et présentait le salut à Son auditoire de la manière la plus simple et la plus directe. Aux Juifs qui faisaient de la contestation dans la synagogue, Il dit : « Si vous ne mangez pas la chair du fils de l’homme et ne buvez son sang, vous n’avez pas la vie en vous-mêmes » (Jean 6:53), et en une autre occasion : « Vous êtes d’en bas ; moi, je suis d’en haut : vous êtes de ce monde ; moi, je ne suis pas de ce monde. Je vous ai donc dit que vous mourrez dans vos péchés ; car si vous ne croyez pas que c’est moi, vous mourrez dans vos péchés » (Jean 8:23). Nous le voyons encore au milieu d’une foule disant : « Si vous ne vous repentez, vous périrez tous de la même manière » (Luc 13:3, 5). À la Samaritaine insouciante, Il dit : « Si tu connaissais le don de Dieu, et qui est celui qui te dit : Donne-moi à boire, toi, tu lui eusses demandé, et il t’eût donné de l’eau vive » (Jean 4:10). À l’aveugle qui Le cherchait, Il dit : « Que veux-tu que je te fasse » ? et quand ce dernier répondit : « Seigneur, que je recouvre la vue », Jésus lui dit : « Recouvre la vue, ta foi t’a guéri » (Luc 18:41-42). De même, dans le texte qui est devant nous, notre Seigneur ne soumit pas à la réflexion de Nicodème quelque sujet profond de théologie, comme ce chef des Juifs s’y attendait peut-être ; Il ne fit pas non plus étalage d’une éloquence au goût de cet homme cultivé, pas plus qu’Il ne lui exposa la vérité sur un plan général. Non, Il va droit au but et dit : « il VOUS faut être nés de nouveau » ! Comme ce mot VOUS nous sonde, chacun individuellement ! Tel est le ministère divin, celui du parfait Prédicateur, et tel est le style à imiter aujourd’hui. C’est quand le Saint Esprit applique la vérité personnellement et avec puissance, jusqu’à dire à la conscience « tu es cet homme » (2 Sam. 12:7), que l’on peut espérer un bien décisif. On peut lire la Bible, et penser qu’elle ne s’applique qu’aux autres. On peut entendre l’évangile, et dire que le prédicateur a bien visé « certaines » personnes. Mais ce n’est que lorsqu’on se sent concerné personnellement par la vérité exprimée, que l’on peut s’attendre à des résultats bénis. « Oh ! oui, dit un jour un savant après avoir lu l’épître aux Romains, je vois cette doctrine dans la Bible » ; mais la sentez-vous dans votre cœur ? répondit son ami. Cette question l’amena à réfléchir, et à s’appliquer cette vérité d’une manière si personnelle que ce fut l’instrument de sa conversion. Chers frères en Christ ! Soyons toujours directs et personnels, en même temps que pleins d’amour, aussi bien en public que dans le particulier. Des doctrines même claires ne suffisent pas. Souvenons-nous de ce mot si souvent employé par notre Maître, « VOUS » ! Les gens ne nous prendrons pas au sérieux, ni ne nous considérerons comme sincères si nous nous contentons d’affirmations générales. J’ai été très frappé récemment en lisant le récit suivant d’un jeune homme : Un fidèle serviteur de Christ lui avait dit : « Savez-vous que vous êtes en train d’aller à la perdition ? » « Non, répondit-il, et je pense que vos frères dans la foi ne le croient pas davantage. Ma mère fait partie de votre congrégation, et je suis sûr qu’elle m’aime tendrement. Si elle le croyait, je suis persuadé qu’elle me l’aurait dit ! ma sœur aussi est des vôtres. Elle m’aime beaucoup, et je suis sûr que si elle aussi croyait cela, elle me jetterait les bras autour du cou en disant : « oh ! non, non, ne va pas à la perdition » !

27.4 - La nouvelle naissance : un impératif

Remarquons ensuite la force avec laquelle le Seigneur insiste sur la nécessité de la nouvelle naissance : « Il vous FAUT être nés de nouveau ». Non pas, « il faudrait » ou « il serait souhaitable » mais « il vous FAUT » ! — Sans la nouvelle naissance, vous serez éternellement dans les ténèbres, vous ne pouvez voir le royaume de Dieu (cf Jean 3:3) — Sans la nouvelle naissance, vous serez banni à toujours de la présence de Dieu, « vous ne pouvez entrer dans le royaume de Dieu » (Jean 3:5). Cela est parfaitement clair et décisif : il est essentiel d’être « né de l’Esprit ».

Ce pharisien, tout savant qu’il fût, ignorait totalement ce secret de la nouvelle naissance, et il s’efforça en vain de démontrer l’impossibilité de naître une seconde fois ! Cela n’eut pour effet que de contraindre le Seigneur Jésus, au cœur aimant et fidèle, à témoigner à trois reprises de la nécessité absolue de cette nouvelle naissance, et à expliquer que celle-ci était d’en haut, et de nature spirituelle. Cette déclaration formelle coupait d’emblée et à la racine la religion du pharisien, et réduisait à néant toute sa confiance et ses espérances les plus chères, car elle condamnait le meilleur des hommes selon la chair, le déclarant apostat et corrompu au point d’être impropre à la présence de Dieu. Mais, tout en exposant la totale incapacité de l’homme à se rendre digne du royaume de Dieu, elle annonçait la puissance et la bonté de Dieu qui vivifie ceux qui sont morts dans leurs fautes et leurs péchés. La doctrine que notre Seigneur présente ici est de la plus haute importance car même si les gens sont de bonne moralité, aimables, bienveillants, extérieurement religieux et autres choses semblables, il leur faut cependant être nés de nouveau. Peut-être exercent-ils une fonction ecclésiastique élevée, et sont-ils très savants en théologie, mais il leur faut pourtant être nés de nouveau. Selon l’idée de la religion que se fait l’homme, celui-ci doit s’améliorer progressivement, et finir éventuellement par devenir assez bon pour mériter d’être sauvé. Or la religion selon Dieu, c’est d’abord d’avoir la vie et, ensuite, de se réjouir dans l’espérance de la gloire promise. La pensée de l’homme est qu’il faut travailler pour avoir la vie, alors que, selon Dieu, l’homme doit travailler parce qu’il a la vie. L’homme se propose la vie éternelle comme but, alors que Dieu la donne au vrai croyant au tout début de sa course. La sagesse de l’homme consiste à réformer et améliorer la chair, en s’efforçant avec persévérance d’accumuler de prétendus mérites personnels et une propre justice ; or le Seigneur Jésus réduit tout cela à néant par ce jugement catégorique : « il vous FAUT être nés de nouveau ».

27.5 - La nouvelle naissance n’est pas une transformation de la chair, de la vieille nature

Mais que faut-il entendre par cette nouvelle naissance ? « Il vous faut être NÉS DE NOUVEAU ». Il ne s’agit certainement pas d’une transformation de notre vieille autre charnelle en quelque chose de spirituel, car au verset précédent, notre Seigneur fait clairement la distinction entre les deux natures et les deux naissances : « ce qui est né de la chair est chair, et ce qui est né de l’Esprit est esprit » (Jean 6:6). Les apôtres aussi, dans leurs écrits, insistent continuellement sur la distinction à faire entre les deux natures, non seulement du point de vue doctrinal, mais aussi dans l’expérience et dans la pratique. Il est dit du croyant qu’il est rendu participant de la nature divine (2 Pierre 1:4) et qu’il a en lui l’Esprit de Christ (Rom. 8:9), et qu’il fait donc l’expérience d’un conflit inévitable à cause des influences opposées des deux natures — la chair et l’Esprit : « Car la chair convoite contre l’Esprit, et l’Esprit contre la chair ; et ces choses sont opposées l’une à l’autre, afin que vous ne pratiquiez pas les choses que vous voudriez » (Gal. 5:17). Quant à la pratique, le croyant est exhorté à « marcher par l’Esprit », et à « ne pas accomplir la convoitise de la chair » (Gal. 5:16), à « dépouiller le vieil homme qui se corrompt, et à revêtir le nouvel homme, créé selon Dieu, en justice et sainteté de la vérité ».

C’est là un sujet d’une immense importance, car si une âme véritablement exercée s’imagine que la nouvelle naissance est la conversion de la vieille nature adamique pécheresse en ce qui est saint, elle ne peut pas avoir de paix parfaite, car elle constatera forcément que son expérience ne correspond pas à cette idée. D’où le fait que bien des âmes vivifiées pensent qu’elles ne sont pas vraiment chrétiennes, parce qu’elles s’aperçoivent que, tout en se réjouissant d’une certaine manière dans la loi de Dieu, il y a un autre principe agissant en elles et qui s’oppose à la sainteté. La vérité, c’est que ces âmes ne seraient pas « nées de nouveau » si elles ne faisaient pas l’expérience de ce conflit intérieur. La conscience ne peut trouver la paix que par le sang de la croix. Paul, au lieu de dire que le péché avait été ôté de son cœur, dit : « c’est le péché qui habite en moi » (Rom. 7:17, 20) ; mais loin d’obéir au péché, il faisait mourir, par l’Esprit, les actions du corps (Rom. 8:13) ; il faisait en sorte que son corps soit et reste « asservi » (1 Cor. 9:27). Il considérait son « vieil homme » comme un ennemi qu’il assujettissait, et il exhortait les saints à ne pas satisfaire aux convoitises de la chair (Rom. 13:14), mais à « amener toute pensée captive à l’obéissance de Christ » (2 Cor. 10:5). Il est donc clair que la nouvelle naissance n’est pas une transformation de « la chair » en l’Esprit !

27.6 - La nouvelle naissance n’est pas une amélioration extérieure

La nouvelle naissance ne consiste pas davantage en de simples réformes extérieures ni en des progrès moraux, car un arbre mauvais ne peut pas produire de bons fruits (Matt. 7:18). Même si celui qui est immoral devient vertueux, et si le débauché devient chaste et que l’ivrogne cesse de boire, tous ceux-là n’en restent pas moins « nés de la chair » devant Dieu. Vous aurez beau émonder et élaguer avec soin un buisson épineux, et tout faire pour le rendre plus agréable à l’œil, il n’en demeure pas moins incapable de produire autre chose que des ronces. La nouvelle naissance est donc totalement différente d’un changement extérieur, et elle ne peut pas non plus s’acquérir par des rites ou sacrements. Il est facile d’affirmer le contraire, mais c’est une terrible illusion.

27.7 - L’effet de la Parole de Dieu, un travail divin

Il est vrai que notre Seigneur a parlé d’être « né d’eau », mais l’expression complète qu’il utilisait était « né d’eau et de l’Esprit » : « Si quelqu’un n’est né d’eau et de l’Esprit, il ne peut entrer dans le royaume de Dieu » (Jean 3:5). Par « l’eau », notre Seigneur faisait allusion, sans aucun doute, à la parole de grâce, cette « eau vive » que Dieu dispense à ceux qui ont soif, comme dans l’histoire de la Samaritaine (Jean 4:10-14). La première épître de Pierre parle aussi d’être régénéré (= « né de nouveau » dans la version anglaise) par la Parole (1 Pierre 1:23).

La nouvelle naissance est quelque chose de spirituel : « Le vent souffle où il veut, et tu en entends le son ; mais tu ne sais pas d’où il vient, ni où il va : il en est ainsi de tout homme qui est né de l’Esprit (Jean 3:8). Nous sentons l’Esprit agir dans nos cœurs, mais nous ne savons ni d’où Il vient, ni d’où Il va. C’est un travail divin. Nous sommes nés « d’en haut », « non pas de la volonté de la chair, ni de la volonté de l’homme, mais de Dieu » (Jean 1:13). C’est une vie nouvelle, et ceux qui l’ont reçue sont de nouvelles créatures. « Si quelqu’un est en Christ, c’est une nouvelle création » (2 Cor. 5:17). C’est fait une fois pour toutes : nous sommes « régénérés, non par une semence corruptible, mais par une semence incorruptible, par la vivante et permanente parole de Dieu » (1 Pierre 1:23). Cette nouvelle création est donc incontestablement l’œuvre de Dieu le Saint Esprit par la Parole : « … nous sommes son ouvrage, ayant été créés dans le Christ Jésus pour les bonnes œuvres… » (Éph. 2:10).

27.8 - Le salut de Dieu. La source de vie

Cette déclaration catégorique du Seigneur avait bien de quoi étonner Nicodème qui s’écria : « Comment ces choses peuvent-elles se faire ? », ce qui fournit l’occasion au Seigneur de lui présenter la merveilleuse histoire de la croix. Après avoir démontré à ce chef des Juifs l’inanité de sa religion en lui exposant la doctrine de la nouvelle naissance, Jésus lui présente maintenant le salut glorieux du Dieu de toute grâce, et lui montre que la seule place qu’un homme puisse prendre en vérité est celle d’un pécheur qui périt et qui reçoit de Lui la vie. Voilà comment des pécheurs naissent de nouveau. L’homme est une créature déchue, il a été chassé de la présence de Dieu, et il est « mort dans ses péchés » (Éph. 2:1). Jésus est la source de la vie, et la croix cette source d’où l’eau de la vie jaillit gratuitement. Christ crucifié est le rocher frappé, d’où des fleuves d’eau vive coulent en abondance pour ceux qui sont sans ressources et sans force. C’est là que l’Esprit conduit les âmes assoiffées qui périssent, afin qu’elles lèvent les yeux vers Lui, et qu’elles boivent et vivent à toujours. Aucune autre source ne peut les désaltérer, mais quiconque boit de l’eau que Jésus donne n’aura plus jamais soif, car elle sera en lui une source jaillissante en vie éternelle (Jean 4). Oui, Jésus crucifié, ressuscité et glorifié, est une consolation éternelle, qui comble l’âme et ne fait jamais défaut. Impossible de naître de nouveau, si ce n’est en Christ crucifié et ressuscité. C’est là que coule le fleuve de la vie. C’est là qu’il est écrit « que celui qui veut prenne gratuitement de l’eau de la vie » (Apo. 22:17). Ceux qui croient au Seigneur Jésus pour être sauvés ont reçu Celui que Dieu a envoyé. Ils sont passés de la mort à la vie.

27.9 - L’Ancien Testament en parlait. Regarder le serpent d’airain

Un Israélite intelligent aurait dû savoir quelque chose de la nouvelle naissance. La promesse si claire d’Ézéchiel « je vous donnerai un cœur nouveau » (Éz. 36:26), aurait dû suffire à Nicodème la lui faire connaître, et la vision du prophète au chapitre 37 (les ossements desséchés reprenant vie), aurait dû lui montrer que Dieu est Celui qui vivifie les morts. C’est pourquoi notre Seigneur insiste sur l’ignorance de « cet homme d’entre les pharisiens » en lui posant cette question « Tu es le docteur d’Israël, et tu ne connais pas ces choses » ?

Quand ce chef des Juifs posa la question « comment ces choses peuvent-elles se faire ? », il lui fut vite répondu, et la difficulté de comprendre comment un homme peut naître de nouveau fut très simplement et magnifiquement élucidée par notre Seigneur, en renvoyant Nicodème aux Écritures elles-mêmes. Le Seigneur choisit le livre des Nombres, et le récit bien connu du serpent d’airain servit de clef pour dévoiler le mystère de la nouvelle naissance. La conscience du Pharisien est amenée immédiatement à la source d’eau vive. Dans ce passage, on voit les Israélites mourants, victimes des serpents, revenir à la vie par le simple fait de lever les yeux vers le serpent d’airain. Nicodème pouvait apprendre par là que, malgré toute sa religion de Pharisien et toutes ses connaissances théologiques, il était encore mort dans ses péchés, condamné à périr comme les Israélites mordus par les serpents, à moins de regarder simplement au Fils de l’homme élevé sur la croix du calvaire. Il suffisait d’un regard au serpent d’airain pour que l’Israélite mourant recouvrât la vie. De même, aujourd’hui, les pécheurs morts dans leurs fautes et ayant tout perdu, reçoivent la vie éternelle par la simple foi au Seigneur Jésus Christ. C’était la vie, la vie éternelle que Christ présentait à ce Pharisien pécheur, comme le don gratuit de Dieu à « quiconque » croit au Fils de Dieu.

27.10 - Regarder à Jésus élevé sur la croix

Dans ce beau dialogue avec Nicodème, notre Seigneur a aussi montré Sa capacité d’accomplir cette grande œuvre de donner une vie nouvelle à ceux qui sont morts dans leurs péchés, ainsi que la vertu et la puissance extraordinaire de l’œuvre de la croix : Il l’a fait en lui disant qu’Il était « Fils de Dieu » en même temps que « Fils de l’homme » — Dieu et homme en une seule personne, — dans le ciel et pourtant aussi sur la terre : « Et personne n’est monté au ciel, sinon celui qui est descendu du ciel, le Fils de l’homme qui est dans le ciel. Et comme Moïse éleva le serpent dans le désert, ainsi il faut que le fils de l’homme soit élevé, afin que quiconque croit en lui ne périsse pas, mais qu’il ait la vie éternelle. Car Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son fils unique, etc. » (Jean 3:13-16). Le Seigneur a aussi montré, avec la plus grande simplicité, la gratuité de la grâce de Dieu, et le désir de Son cœur de recevoir tous les hommes, de ne rejeter aucun de ceux qui viennent à Lui : Il l’a fait en disant à deux reprises : « … afin que quiconque croit en Lui ne périsse pas, mais qu’il ait la vie éternelle » (Jean 3:15-16).

La doctrine de la nouvelle naissance est donc enseignée par notre Seigneur en relation avec la croix. Une nouvelle naissance est inséparable d’une nouvelle vie, et celle-ci est définie ici comme intemporelle, éternelle, n’ayant sa source qu’en Dieu, et se déversant par la mort de Christ vers quiconque croit. C’est pourquoi notre Seigneur dit à Nicodème que pour naître de nouveau, d’eau et de l’Esprit, il doit prendre la place d’un pécheur ruiné et allant à la perdition, devant le Fils de Dieu qui a été crucifié. C’est ainsi qu’il recevrait la vie éternelle, n’étant plus sous le coup de la condamnation, mais pardonné et accepté devant Dieu. C’est cela être né de Dieu. Le Saint Esprit dirige toujours l’âme vers la personne et l’œuvre de Christ. Il ne dit pas : « Regardez à moi et vous serez sauvés ! Regardez à ce que je fais et vous aurez la paix ! Regardez à ce que je vous donne, et vous aurez de l’assurance » ! Non, il est Celui qui glorifie Christ, et c’est pourquoi Il dit : « Regardez à Jésus élevé sur la croix, regardez l’Agneau qui a été immolé, Lui, le Sauveur des pécheurs ! Croyez au Seigneur Jésus et vous serez sauvés ». Et si nous sommes conduits par l’Esprit, nous Lui rendrons certainement témoignage. Si je me bornais à prêcher en disant « il vous faut être nés de nouveau », ce ne serait pas un message de bonne nouvelle, ni un baume pour ceux qui sont fatigués et chargés, ni un réconfort pour ceux qui s’interrogent avec anxiété. Mais si nous rattachons la doctrine de la nouvelle naissance à cette vérité bénie selon laquelle Christ crucifié est un océan d’amour infini, une source d’eau vive jaillissante en vie éternelle pour tout pécheur qui croit, alors nous annonçons vraiment une bonne et joyeuse nouvelle !

27.11 - Un appel à écouter aujourd’hui

Ami lecteur, que pensez-VOUS de Christ ? Votre âme assoiffée a-t-elle bu à l’eau vive du salut qu’Il offre ? Allez-vous vous laisser mourir de faim alors qu’il y a du pain en abondance dans la maison du Père ? La mode, les plaisirs, les honneurs de ce « présent siècle mauvais » passent rapidement. L’appel du Dieu de toute chair vous sommera peut-être bientôt de paraître devant Lui. Votre propre conscience vous fait savoir que vous êtes un pécheur. L’expérience vous a depuis longtemps persuadé que vous approchiez à grands pas de l’antichambre de la mort. Vous avez souvent essayé de vous désaltérer aux meilleures sources du monde, pour découvrir non moins souvent que celui qui boit cette eau là aura de nouveau soif. Vous avez fui les habitudes malsaines des débauchés, et évité la compagnie des gens dissolus ; vous avez refusé de marcher avec les moqueurs, et de partager les vains raisonnements des rationalistes ; vous vous êtes retiré de la pensée blasphématoire des Sociniens et de l’infidélité du papisme. Mais êtes-vous né de nouveau ? Autrement dit, avez-vous été amené dans la présence de Dieu en tant que pécheur coupable et sans force, et avez-vous cru au Seigneur Jésus pour être sauvé ? Cher lecteur, s’il n’en est pas ainsi, permettez-moi de vous dire en toute affection, que vous êtes mort dans vos péchés, et que ce dont vous avez besoin, c’est de la vie ― la vie éternelle ! Les sacrements et les ordonnances, quels qu’ils soient, ne peuvent pas vous donner la vie ; la séparation d’avec l’immoralité ne peut pas vous donner la vie. Le fait de vous abstenir des illusions et des blasphèmes les plus grossiers ne vous donne toujours pas la vie. Vous engager dans les associations de vos amis les plus pratiquants ne peut pas vous donner la vie. Une conduite extérieure strictement rangée ne peut pas vous donner la vie. Une fonction officielle dans l’église, des honneurs ecclésiastiques ou de grandes connaissances théologiques ne donnent pas la vie ― nous l’avons vu dans le cas de Nicodème. Dieu seul peut vous donner la vie, et cette vie ― la vie éternelle ― est dans Son Fils Jésus Christ. Prenez donc garde que vous ne mouriez sans Christ, car « qui croit au Fils a la vie éternelle ; mais qui désobéit au Fils ne verra pas la vie, mais la colère de Dieu demeure sur lui » (Jean 3:36)

28 - La loi et la grâce — (chapitre 27)

« Car ce qui était impossible à la loi, en ce qu’elle était faible par la chair, Dieu, ayant envoyé son propre Fils en ressemblance de chair de péché, et pour le péché, a condamné le péché dans la chair, afin que la juste exigence de la loi fût accomplie en nous, qui ne marchons pas selon la chair, mais selon l’Esprit » (Rom. 8:3-4)

28.1 - Annoncer la Parole de vérité

Ce n’est ni par une éloquence persuasive, ni par des raisonnements clairs, ni par des visions terrifiantes, par des appels faisant frissonner les sentiments naturels, que des âmes se convertissent à Dieu. Non, c’est par la Parole de vérité. Tel est l’enseignement de notre Seigneur ; il disait en effet : « S’ils n’écoutent pas Moïse et les prophètes, ils ne seront pas persuadés non plus si quelqu’un ressuscitait d’entre les morts » (Luc 16:31) ; autrement dit : « ils ont la Bible, ils entendent prêcher le pur évangile ; si la vérité ne les touche pas, rien d’autre ne les fera fuir la colère à venir ». La vérité, c’est Christ. Le Saint Esprit est l’Esprit de vérité, et c’est la vérité dont Il se sert pour convertir les âmes. C’est le rôle de l’Esprit de conduire dans toute la vérité, et il est certain qu’aujourd’hui tout particulièrement, nous entendons la voix de Dieu dire : « ni par force, ni par puissance, mais par mon Esprit, dit l’Éternel des armées » (Zach. 4:6). En des temps comme les nôtres où nous voyons les hommes utiliser toutes sortes de machines et se battre pour améliorer les rendements, — où nous entendons si souvent des tristes expressions telles que « esclaves de l’évangile » ou « tremplin de l’évangile » etc., il est très important de saisir que seule la vérité accomplit réellement l’œuvre de Dieu. Cette pensée est souvent exprimée dans les Écritures. Pierre nous informe que nous sommes « régénérés, non pas une semence corruptible, mais par une semence incorruptible, par la vivante et permanente parole de Dieu » (1 Pierre 1:23). Jacques nous dit (1:18) que « de sa propre volonté, ils nous a engendrés par la parole de la vérité… ». Paul déclare : « Je vous ai engendrés dans le Christ Jésus par l’évangile » (1 Cor. 4:15). Et notre Seigneur a fait cette promesse à Ses disciples : « vous connaîtrez la vérité, et la vérité vous affranchira » (Jean 8:32). Pesons soigneusement ces témoignages inspirés, car ils nous montrent la valeur immense que Dieu accorde à la vérité, en même temps que notre très grande responsabilité à son égard. Combien nous devrions être reconnaissants de posséder la Bible ! quelle bénédiction d’avoir une pareille référence inaltérable touchant la vérité ! qu’il est merveilleux que le Saint Esprit soit descendu jusqu’à nous pour nous révéler la vérité et nous l’appliquer ! Comme nous devrions être attentifs à nous assurer de ce qu’est cette vérité de Dieu ! dans quel esprit de prière devrions-nous sonder les Écritures pour y trouver la vérité, dans la dépendance de l’Esprit ! Combien il est important que ceux qui prêchent annoncent bien « la Parole », et que leurs auditeurs soient attentifs à ce qu’ils reçoivent, afin que leur foi ne soit pas fondée sur la sagesse des hommes, mais sur la parole du Dieu vivant et vrai, qui ne passera jamais !

28.2 - La vérité de l’évangile corrompue par la loi

Rien n’a peut-être autant corrompu la vérité de l’évangile que cette habitude de le mélanger à la loi. Peu de choses sont pourtant aussi dissemblables — et autant distinguées l’une de l’autre par l’Écriture. Pourtant de nos jours, on les mélange souvent, au point de détruire la simplicité et la vérité de l’un comme de l’autre. C’est de cette manière que la vérité de Christ était si corrompue parmi les saints de Galatie, en sorte que l’apôtre dut leur dire, par fidélité, que Christ ne profitait de rien à ceux qui se croyaient justifiés par la loi, car ils étaient « déchus de la grâce » (Gal. 5:4). Il est donc très important de bien distinguer la loi de l’évangile, car le croyant n’est pas sous la loi mais sous la grâce.

En poursuivant notre recherche de la vérité de Dieu sur ces sujets, nous ferons bien de considérer 1) ce que nous devons entendre par « la loi » ; 2) quels en étaient les effets ; 3) ce qu’est la grâce, et quels en sont les effets ; 4) quelques différences essentielles entre la loi et l’évangile. Pour finir, nous verrons à quoi nous pouvons appliquer les résultats de ces réflexions.

28.2.1 - Que faut-il comprendre par la loi ?

« Ce qui était impossible à la loi… » (Rom. 8:3). La « loi », dans ce passage, signifie évidemment les commandements donnés à Israël sur la montagne du Sinaï, 430 ans après l’appel d’Abraham (Gal. 3:17). Elle imposait à l’homme des exigences de justice, promettant la vie à ceux qui seraient parfaitement obéissants (« fais cela et tu vivras » Luc 10:28), et prononçant la malédiction sur ceux qui désobéissaient tant soit peu (« maudit est quiconque ne persévère pas dans toutes les choses qui sont écrites dans le livre de la loi pour les faire » Deut. 27:26). Nous voyons ainsi que la loi ignorait tout de la grâce, et que ses exigences étaient si absolues que celui qui la transgressait sur un seul point était tenu pour coupable sur tous (Jacq. 2:10). Il est donc vain et illusoire de se croire à l’abri du juste jugement de Dieu sous le prétexte qu’on n’a pas conscience d’avoir transgressé tous les commandements de Dieu, — et ce n’est pas non plus raisonnable. Selon la justice de l’homme envers ses semblables, celui qui a enfreint une des lois de son pays est coupable de rébellion et mérite donc justement d’être puni. Il n’est pas nécessaire d’avoir commis une vingtaine de vols pour être déclaré coupable ; il suffit d’avoir été démontré voleur dans un cas, pour être passible de châtiment pour violation de la loi. Dieu serait-Ils moins juste que l’homme ? Certainement pas. Il est juste en condamnant tous ceux qui désobéissent à Sa loi sainte, et en exécutant sur eux Sa vengeance. La question que soulève la loi n’est pas de savoir dans quelle mesure on l’a transgressée, ni combien de fois on l’a fait, mais avons-nous péché oui ou non ? car « l’âme qui péchera, celle-là mourra » (Éz. 18:4). Dieu n’a qu’une seule manière de condamner le péché : c’est la mort, la mort éternelle, car « le salaire du péché, c’est la mort » (Rom. 6:23).

La loi de Moïse était consignée sur deux tables, la première énumérant les lois touchant la conduite de l’homme envers Dieu, et la seconde celles touchant sa conduite envers son prochain. « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, et de toute ton âme, et de toute ta force, et de toute ta pensée ; et ton prochain comme toi-même » (Luc. 10:27 ; Deut. 6:5). Voilà les exigences de la loi. Rien qui ne fût saint et juste, et quelqu’un capable d’atteindre ce niveau moral en tout temps et en toutes choses, prouverait qu’il était juste et vivrait. Nous avons beau essayer de modifier la loi et d’abaisser le niveau de ses exigences, ou encore de nous trouver des excuses pour ne pas nous y soumettre, afin d’apaiser notre conscience, il n’en reste pas moins que la loi n’admet rien de tout cela. Si la loi est enfreinte, la malédiction suit inévitablement. Tous les rites et tous les sacrifices offerts sous la loi n’y changeaient rien, ni n’ôtaient la culpabilité, « car il est impossible que le sang de taureaux et de boucs ôte les péchés » (Héb. 10:4) ; tout au plus pouvaient-ils conférer une apparence de pureté et, en type, annoncer ce sacrifice à venir qui ôterait le péché et introduirait une justice éternelle. La loi était un test implacable pour éprouver et manifester. S’il n’y avait pas de lois dans les pays, il ne saurait y avoir de transgression, et donc pas de peines non plus. Mais du fait qu’il y a des lois, les transgresseurs sont découverts et les exigences de la loi exécutées, car telle est la nature de celle-ci. C’est pourquoi il est écrit : « la loi produit la colère, mais là où il n’y a pas de loi, il n’y a pas non plus de transgression » (Rom. 4:15).

28.2.2 - Les effets de la loi

« Elle était faible par la chair » (Rom. 8:3), c’est-à-dire qu’elle était incapable de répondre aux besoins de l’homme, pécheur déchu et sans force. À peine les foudres et les terreurs du Sinaï étaient-elles passées, et le peuple s’était-il mis sous le joug de la loi, qu’on retrouve celui-ci dansant autour d’un veau d’or et s’écriant : « Voici ton dieu, ô Israël ! qui t’a fait monter du pays d’Égypte » (Exode 32:8) ! Ils violaient ainsi le premier des commandements de la loi : « Tu n’auras point d’autres dieux devant ma face » (Ex. 20:3).

La loi fournissait donc immédiatement la preuve de la transgression de l’homme, et en même temps elle exigeait l’exécution de la sentence de mort. C’est pourquoi nous lisons : « il tomba d’entre le peuple, ce jour-là, environ trois mille hommes » (Ex. 32:28). L’histoire ultérieure de ceux qui furent sous la loi fut très semblable, et ne fut guère qu’une succession de révoltes et de jugements, si bien qu’au lieu d’apporter la vie et la justice, la loi apporta la condamnation et la mort. Personne n’a été justifié par la loi, et tous ont été démontrés coupables. Les exigences de la loi ont servi à révéler ce qui était dans l’homme, comme le dit Paul : « Je n’aurais pas connu le péché, si ce n’avait été par la loi ; car je n’aurait pas eu conscience de la convoitise, si la loi n’avait dit : « Tu ne convoiteras pas » (Rom. 7:7). Ainsi donc, la loi avait beau être sainte, juste et bonne (Rom. 7:12), elle s’avérait incapable de répondre au besoin de l’homme, à cause de la faiblesse et de la corruption qui caractérisent la chair. Tel homme est peut-être un excellent sculpteur, mais si le marbre ne supporte pas les coups de ciseau, le résultat sera très imparfait. Tel autre écrit peut-être avec élégance, mais encore faut-il que l’encre et le papier soit à la hauteur de son art. Ainsi les coups de ciseau du sculpteur, et les traits de plume de l’écrivain n’ont pour effet que de faire ressortir la mauvaise qualité du matériel utilisé. Il en est de même pour l’homme, conçu dans le péché et par nature enfant de colère, ennemi de Dieu dans son cœur, — lorsqu’il est mis à l’épreuve de la sainte loi de Dieu, il est alors trouvé insuffisant et « manquant de poids » (Dan. 5:25). C’est pourquoi dit l’apôtre, « nulle chair ne sera justifiée devant lui par des œuvres de loi, car par la loi est la connaissance du péché » (Rom. 3:20).

La loi n’a donc jamais sauvé personne. Même ceux qui ont vécu sous la loi ont été sauvés par la grâce. C’est ainsi que David aussi exprime la béatitude de l’homme à qui Dieu compte la justice sans œuvres : « Bienheureux ceux dont les iniquités ont été pardonnées et dont les péchés ont été couverts ; bienheureux l’homme à qui le Seigneur ne compte point le péché » (Rom. 4:6-8 ; Ps. 32:1-2). Le Seigneur Jésus a été le seul à accomplir la loi, à laquelle Il a obéi dans ses moindres détails. Quant à nous, nous avons tous péché, nous exposant ainsi à la colère de Dieu. La loi ne pouvait que révéler le péché, non pas l’ôter.

La facilité avec laquelle les hommes se placent sous la loi est une preuve de l’aveuglement et de l’ignorance du cœur humain. Bien que les épreuves endurées par les fils d’Israël après leur sortie d’Égypte eussent prouvé leur faiblesse et provoqué tant de murmures, dès que la loi fut donnée, et malgré les terreurs effrayantes du Sinaï, ils s’engagèrent pourtant sans hésitation à accomplir toutes ses exigences : « Tout ce que l’Éternel a dit, nous le ferons » (Exode 24:3). C’était chose facile à dire, mais hélas, leur histoire ultérieure prouva qu’ils étaient « un peuple désobéissant et contredisant » (Rom. 10:21). L’homme non régénéré l’est-il moins aujourd’hui ? N’est-il pas toujours le même ? « L’Éthiopien peut-il changer sa peau, et le léopard ses taches ? » (Jérémie 13:23). L’homme déchu a-t-il changé son propre cœur, ou prouvé qu’il était capable de ne pas enfreindre la loi de Dieu ? Où est l’homme qui peut dire « J’ai aimé le Seigneur mon Dieu de tout mon cœur, de toute mon âme, de toute ma force et de toute ma pensée, et mon prochain comme moi-même » ? Il est bon de voir ce qu’est la loi, et ce qu’ont toujours été ses effets, car il n’y a peut être jamais eu de poison plus mortel offert aux hommes pécheurs que ce mélange de loi et d’évangile qui n’est autre chose qu’une perversion de la vérité, conçue pour tromper et laisser l’âme prise à ce piège fatal de n’être ni consciemment coupable, ni pardonnée, — ni pécheresse, ni sanctifiée. Ainsi aveuglés par la tradition et par une religion purement formelle, les hommes se hâtent vers le grand trône blanc pour y être jugés, chacun selon ses œuvres. Là, lorsqu’il sera trop tard, ils auront la preuve que « tous ceux qui sont sur le principe des œuvres de loi sont sous malédiction » (Gal. 3:10). Combien cela est solennel !

28.2.3 - Qu’est-ce que la grâce ?

« Dieu ayant envoyé son propre Fils en ressemblance de chair de péché, et pour le péché, a condamné le péché dans la chair… » (Rom. 8:20). La grâce est l’amour merveilleux de Dieu qui sauve l’homme, encore pécheur, par la mort de Son Fils unique. L’homme avait été responsable d’accomplir la loi, et il devait obéir. Or l’homme avait péché, et devait donc être fait malédiction. C’est pourquoi le Fils de Dieu devint homme. Dieu envoya Son Fils né de femme, non pas en chair de péché, mais en ressemblance de chair de péché. Ainsi, Celui qui était saint et juste a pu accomplir la loi, et souffrir, à la place de ceux qui étaient injustes et impurs, afin de nous amener à Dieu (1 Pierre 3:18). C’est ainsi que la grâce de Dieu apporte le salut au plus grand des pécheurs. Le péché ayant été condamné dans la chair par la croix, Dieu peut pardonner le pécheur en toute justice, et le Juste ayant pleinement obéi jusqu’à la mort pour nous, nous sommes « devenus justice de Dieu en Lui » (2 Cor. 5:21). Nous voyons ainsi que la grâce a été manifestée à la croix, Dieu ayant condamné notre péché dans Son propre Fils, et nous ayant rendus justes en Celui qu’Il a ressuscité d’entre les morts, accomplissant ainsi ce que la loi ne pouvait faire. L’œuvre de la croix de Christ est donc le fondement de notre paix et de notre confiance en Dieu. C’est dans la croix que nous voyons que Dieu est le Dieu de toute grâce, et que la mort de Christ est le fondement de notre vie et de notre paix.

La grâce de Dieu en Christ répond exactement aux besoins du pécheur. Elle ne se révèle jamais aussi bien que chez un pécheur ! Un ange saint, sans péché, devant le Trône de Dieu sera peut-être l’objet de l’amour de l’Éternel, mais il ne peut pas goûter la grâce du Seigneur. C’est pour l’homme pécheur et rebelle que le trône de la grâce a été établi. D’autres créatures de Dieu pourront contempler ses splendeurs, mais seul l’homme réalise ce qu’est la rédemption éternelle par le sang de l’Agneau.

En ce qui concerne les effets de la grâce de Dieu sur nos âmes, l’éternité elle-même ne sera pas trop longue pour les révéler ! contentons-nous de dire maintenant que c’est la grâce, et non la loi, qui donne la vie et la paix, et qui produit une marche et une conduite pieuses. La grâce donne la vie à ceux qui étaient morts dans leurs fautes et leurs péchés : « moi, je suis venu afin qu’elles (les brebis) aient la vie, et qu’elles l’aient en abondance » (Jean 10:10). Ou, comme il est dit ailleurs : « aucun œil n’eut pitié de toi…, pour avoir compassion de toi ; mais tu fus jetée sur la face des champs à cause de l’horreur qu’on avait de toi, le jour que tu naquis. Et je passai près de toi, et je te vis gisante dans ton sang, et je te dis, dans ton sang : VIS ! et je te dis, dans ton sang : VIS » (Éz. 16:6). C’est la vie, la vie éternelle que l’âme reçoit, non pas en faisant quoi que ce soit, mais en croyant. Il ne s’agit pas de quelque chose qu’on attend dans le futur, mais d’une bénédiction présente : « Celui qui croit en moi a la vie éternelle » (Jean 6:47) ; « celui qui mange ma chair et qui boit mon sang a la vie éternelle, et moi, je le ressusciterai au dernier jour » (Jean 6:54). Cette vie, c’est Christ en nous et nous en Lui : « Celui qui mange ma chair et qui boit mon sang demeure en moi et moi en lui » (Jean 6:56). Comme nous l’avons déjà vu, la grâce, et non la loi, est aussi le seul fondement de la paix avec Dieu, car Christ a fait la paix par le sang de Sa croix (Col. 1:20). D’où le fait que, dans les écrits apostoliques, l’ordre ne soit pas « la paix puis la grâce », mais d’abord « la grâce puis la paix » : « Que la grâce et la paix vous soient multipliées » (1 Pierre 1:2). Ceux-là seuls jouissent de la paix avec Dieu qui en voient simplement le fondement dans la grâce de Dieu à notre égard dans la mort et la résurrection de Christ. Bien des âmes sincères ne possèdent pas la paix, parce qu’elles la cherchent en elles-mêmes, et non pas en Christ. En croyant en la grâce de Dieu, nous portons aussi les fruits bénis de la justice, et nous sommes conduits par l’Esprit pour être des imitateurs de Christ. C’est ainsi que la justice de la loi (non pas la loi elle-même, mais son caractère de justice) est accomplie en nous ; et même plus que cela, car en suivant Christ, sans être sous la loi comme telle, nous allons beaucoup plus loin que la loi ! Le chrétien qui vit sa foi n’enfreint pas la loi. Il aime ― et il sert ― non seulement Dieu mais son prochain. Il suit aussi Jésus à l’intérieur du voile qui a été déchiré, et il adore le Père parce qu’il est au bénéfice de la grâce, accepté dans le Fils de Son amour. Il ne réclame pas œil pour œil ni dent pour dent, mais il rend la bénédiction pour la malédiction, et il aime ses ennemis. C’est ainsi que ceux qui marchent selon l’Esprit accomplissent beaucoup plus que la justice de la loi, car leur but est d’exalter Christ, et de suivre Celui qui les a rachetés avec Son propre sang, et qui a accompli la loi à leur place, les délivrant d’une juste condamnation et leur donnant la vie éternelle.

En outre, la justice qui est la nôtre désormais est plus élevée que celle que nous confèrerait une parfaite obéissance à la loi, parce que c’est Christ Lui-même qui est notre justice — Dieu l’a fait justice pour nous ! Ce n’est pas une justice légale qui nous est imputée, mais une justice divine, « la justice qui est de Dieu, moyennant la foi » (Phil. 3:9), ce qui nous confère une perfection devant Dieu, une proximité que rien d’autre que la grâce souveraine de Dieu ne pouvait nous donner.

28.2.4 - Quelques contrastes frappants entre la loi et l’évangile

1. La loi maintenait les âmes à une certaine distance de Dieu. Au Sinaï, le peuple avait reçu cet ordre : « Gardez-vous de monter sur la montagne et d’en toucher l’extrémité. Quiconque touchera la montagne sera certainement mise à mort » (Ex. 19:12). L’évangile, lui, « annonce un grand sujet de joie » (Luc 2:10). — le pardon des péchés — et invite les hommes à venir et à prendre « gratuitement de l’eau de la vie » (Apo. 22:17). Ceux qui étaient loin, il les approche de Dieu en Christ, par Son sang (Éph 2:13).

2. Là où la loi disait « Fais cela et tu vivras » (Luc 10:28), l’évangile dit : Crois et vis ; « Moi, je leur donne la vie éternelle » (Jean 10:28).

3. La loi exigeait que l’homme fût juste devant Dieu par le moyen des œuvres, alors que l’évangile offre à l’homme la justice de Dieu par la foi.

4. La loi exigeait de l’homme qu’il aimât Dieu parfaitement, tandis que l’évangile proclame « l’amour parfait » de Dieu envers l’homme dans son état de culpabilité et de ruine : « Dieu constate son amour à lui envers nous, en ce que, lorsque nous étions encore pécheurs, Christ est mort pour nous » (Rom. 5:8).

5. La loi remettait les péchés en mémoire, et ne les effaçait pas, alors que l’évangile accorde une rémission totale. « Je ne me souviendrai plus jamais de leurs péchés ni de leurs iniquités » (Héb. 8:12).

6. La loi n’a rien amené à la perfection (Héb. 7:19), tandis que l’évangile déclare que Christ, « par une seule offrande, a rendu parfaits à perpétuité ceux qui sont sanctifiés » (Héb. 10:14). Nous pourrions continuer sur ce sujet, mais cela suffit pour montrer quel contraste il y a entre la loi et la grâce, et combien il est important d’exposer « justement la parole de la vérité » (2 Tim. 2:15)

28.3 - Plusieurs catégories de personnes

28.3.1 - Ceux qui se placent sous le joug de la loi

À la lumière de ces réflexions, nous distinguerons d’abord une catégorie de personnes qui, connaissant mal l’évangile, n’ont pas la paix. Comprenant que la loi des dix commandements est de Dieu, elles se placent sous son joug et reconnaissent ses justes exigences sur elles. Ces personnes confessent aussi que Dieu doit être adoré, et que l’homme doit obéir à Ses commandement. Elles ont conscience d’avoir péché, mais espèrent qu’en redoublant d’efforts, elles atteindront un niveau acceptable pour Dieu. Elles sont parfois satisfaites des progrès qu’elles on faits, mais parfois aussi accablées par le sentiment de leur culpabilité. Dans leurs efforts pour atteindre un niveau imaginaire de sainteté, elles oscillent entre espoir et désespoir, et s’étonnent de ce que d’autres puissent parler avec confiance de leur paix avec Dieu et de leur acceptation en Christ. Cher lecteur, si telle est votre expérience, permettez-moi de vous dire que vous faites bien de reconnaître la loi et toutes ses sévères exigences ; cependant, mieux vaut confesser votre culpabilité et vos transgressions plutôt que de vouloir raccommoder le vieux vêtement (= améliorer votre vieille nature) ! Regardez dès maintenant à Jésus qui a été crucifié ! Regardez-le, Lui, le Substitut que Dieu a fourni pour accomplir la loi, pour porter toutes les condamnations qu’elle prononce, et vous donner à vous une justice éternelle qui vous permet de vous tenir entièrement justifié de tout devant Lui. N’hésitez pas, car Dieu vous a donné toute liberté de venir. N’a-t-il pas dit : « Christ est la fin de la loi pour justice à tout croyant » (Rom. 10:4) ? Renonçant ainsi à votre propre justice, et croyant simplement à ce que Dieu a fait en Christ, vous aurez la paix avec Dieu.

28.3.2 - Ceux qui finissent par ajouter à l’œuvre de Christ

Il y a d’autres personnes qui ont connu la paix, et goûté un temps la merveilleuse liberté de l’évangile, sans toutefois réaliser toute l’importance de tout contrôler à la lumière des Écritures. Ils ont fini par se laisser contaminer par les traditions des hommes, et persuader de la nécessité d’ajouter quelque chose à l’œuvre parfaite de Christ, afin d’être plus sûrs de leur salut. Ils ne se doutaient guère que cela annulait la grande doctrine de la justification par la foi, et s’attaquait à la racine même de la paix et de la joie chrétienne ! Pour finir, prier leur est devenu pénible, les Écritures ont perdu leur intérêt, leur sens de la liberté de l’évangile s’est émoussé, et au lieu d’une confiance tranquille, un sentiment de servitude, de perplexité et de crainte, s’est emparé d’eux, jusqu’à les faire douter complètement de leur intérêt en Christ. Ils se sont éloignés de la simplicité de Christ, ils ont fait une loi de certaines choses et se sont placés sous ce joug, sans qu’il s’agisse proprement de la loi de Moïse. C’était l’erreur même des Galates, un genre de mal fort répandu aujourd’hui, croyons-nous : bien des personnes, au lieu de croître dans la grâce, se sont détournées de la liberté par laquelle Christ les avait affranchies, pour se remettre sous le joug de la servitude !

Si aucun de mes lecteurs pense être dans ce cas, nous le supplions de se tourner immédiatement vers Dieu, de Lui confesser sa folie, et de Lui demander instamment que, par la puissance du Saint Esprit, Christ lui soit révélé dans les Écritures, dans toute la gloire, la plénitude la perfection et les fonctions de Sa personne. Que le cœur de mon lecteur soit attiré par Lui, et qu’il réalise si pleinement la parfaite efficace de Son œuvre accomplie, qu’il retrouve le repos et la paix, et qu’il ait horreur du seul fait d’avoir songé à ajouter des ordonnances, ou quoi que ce soit d’autre, pour être plus sûr de son salut.

28.3.3 - Ceux qui ne sont exercés ni par la loi ni par l’évangile

Il y en a d’autres — nombreux, hélas ! ― qui ne semblent pas plus exercés au sujet de la loi que de l’évangile. Leurs pensées et leur manière de vivre sont déconnectés de Dieu. Ils sont sans Dieu. Ils parlent et agissent comme si Dieu n’existait pas et, par conséquent, ils sont autant indifférents à Sa loi sainte qu’à Son évangile de grâce. Le monde ― que ce soit les affaires, les soucis ou les plaisirs — est leur unique sujet de conversation et c’est ce qui attire leur cœur par dessus tout. L’élévation de l’homme à la place de Dieu est un des plus puissants ressorts capables de stimuler leur énergie et leurs capacités.

Pourtant, le moment approche où Christ Lui-même sera révélé comme le seul Souverain auquel tout devra être assujetti. Alors, tous ceux qui aujourd’hui méprisent Ses lois et rejettent son précieux évangile ― même si peut-être ils prospèrent ici bas ― seront obligés de reconnaître que Celui qui mourut un jour sur la croix du calvaire est Seigneur de tous, car « les yeux hautains de l’homme seront abaissés, et la hauteur des hommes sera humiliée, et l’Éternel seul sera haut élevé en ce jour-là » (És. 2:11). Aujourd’hui Christ appelle les plus grands pécheurs, et purifie les péchés les plus vils par Son sang précieux. Mais alors, Il jugera justement, et mettra tous Ses ennemis sous Ses pieds (1 Cor. 15:25). Que Dieu, le Saint Esprit, pénètre beaucoup d’âmes de ces vérités !

29 - La traversée du Jourdain : Josué 3 et 4 — (chapitre 28)

« Et Josué dit aux fils d’Israël : Approchez d’ici, et écoutez les paroles de l’Éternel, votre Dieu. Et Josué dit : À ceci vous reconnaîtrez que le Dieu vivant est au milieu de vous, et qu’il dépossédera certainement devant vous le Cananéen, et le Héthien, et le Hévien, et le Phérézien, et le Guirgasien, et l’Amoréen, et le Jébusien : voici, l’arche de l’alliance du Seigneur de toute la terre va passer devant vous dans le Jourdain. Et maintenant, prenez douze hommes des tribus d’Israël, un homme par tribu. Et il arrivera que, lorsque les plantes des pieds des sacrificateurs qui portent l’arche de l’Éternel se poseront dans les eaux du Jourdain, les eaux du Jourdain seront coupées, les eaux qui descendent d’en haut, et elles s’arrêteront en un monceau.

Et il arriva que, lorsque le peuple partit de ses tentes pour passer le Jourdain, les sacrificateurs qui portaient l’arche de l’alliance étaient devant le peuple. Et comme ceux qui portaient l’arche arrivèrent au Jourdain et que les pieds des sacrificateurs qui portaient l’arche trempèrent au bord de l’eau (or le Jourdain regorge par-dessus tous ses bords, tout le temps de la moisson), les eaux qui descendaient d’en haut s’arrêtèrent : elles s’élevèrent en un monceau très-loin, près d’Adam, ville qui est à côté de Tsarthan ; et celles qui descendaient à la mer de la plaine, la mer salée, s’écoulèrent complètement ; et le peuple passa vis-à-vis de Jéricho. Et les sacrificateurs qui portaient l’arche de l’alliance de l’Éternel s’arrêtèrent de pied ferme sur le sec au milieu du Jourdain ; et tout Israël passa à sec, jusqu’à ce que toute la nation eut achevé de passer le Jourdain » (Josué 3:9-17)

29.1 - Condition désespérée de l’homme

La scène décrite ici est la dernière épreuve d’Israël dans le désert. Pendant quarante ans, ils avaient marché à travers le désert, mais leur dernière expérience, tout comme la première, ne fit que prouver leur totale impuissance et leur incapacité à entrer dans le pays par leurs propres efforts. Les vertes prairies et les collines luxuriantes du « pays ruisselant de lait et de miel » étaient désormais en vue, mais ils ne pouvaient y accéder. Le Jourdain, « regorgeant par-dessus tous ses bords », roulait ses flots devant eux, menaçant d’engloutir dans la mort quiconque s’aventurerait à le traverser avec ses seules forces naturelles. Cela était tellement évident qu’il n’est parlé de personne qui ait même suggéré de le faire. Josué et toutes les armées d’Israël nous sont présentés debout, du côté du désert, au bord du fleuve tumultueux, conscients de leur impuissance et de l’inanité de leurs propres ressources. Une fois de plus, ils devaient découvrir que la loi ne pouvait les introduire dans le Pays, leçon dont ils devaient souvent faire l’amère expérience, bien que, comme nous-mêmes, ils fussent très lents à l’apprendre. Il est remarquable de voir combien ce fait est souligné au terme de leur course à travers le désert. Un an à peine avant la scène décrite ici, ceux qui s’étaient placés si volontiers sous la loi ― « fais ceci et tu vivras » ― mouraient par milliers sous la terrible morsure des serpents, ce qui prouve non seulement qu’ils n’avaient pas gardé la loi, mais qu’ils avaient désobéi au point de s’attirer ce jugement spécial de Dieu. Ainsi, au lieu d’avoir la vie comme fruit de leur obéissance, la délivrance de la mort ne pouvait leur être accordée que par grâce, comme un don gratuit de Dieu.

Juste avant ces faits, Moïse, le vénérable législateur, malgré toute son humilité et sa fidélité antérieures, avait si gravement déshonoré l’Éternel qu’il ne lui fut pas permis d’introduire la congrégation d’Israël dans le pays (cf. Nombres 20 et 21). Tout ceci nous montre que la loi ne pouvait leur conférer ni la vie ni la justice, mais qu’elle était porteuse de condamnation et de mort, son rôle étant de prouver les doctrines du Nouveau Testament : « par la loi est la connaissance du péché » et « nulle chair ne sera justifiée devant Lui par des œuvres de loi ». Quelle bénédiction de constater que tous ces manquements de l’homme n’étaient que des occasions de montrer, en types et en symboles, les ressources de l’immense grâce de Dieu dont la réalité se manifesta plus tard si merveilleusement dans les souffrances, la mort, et la résurrection du Seigneur Jésus Christ !

29.2 - La bénédiction, fruit de la pure grâce divine

Combien il est important, aussi, de remarquer dans l’histoire de ceux qui étaient sous la loi, que quelque fût la bénédiction dont ils ont joui, celle-ci n’a jamais été le fruit de leur propre mérite, mais le don de la pure grâce divine. Esclaves en Égypte, ou menacés par l’épée de l’ange destructeur, c’est Dieu qui les protège et les délivre par le sang de l’agneau. Lorsque le pharaon et son armée les poursuivirent sans relâche jusqu’au bord de la Mer Rouge, c’est Dieu qui opéra leur délivrance en séparant les flots et en faisant une sorte de muraille liquide qui leur permit de traverser comme à pied sec, puis en retranchant leurs ennemis par le jugement. Voyez-les encore, les lèvres desséchées, murmurant au bord des eaux de Mara, et Dieu les conduisant à l’arbre mystérieux capable d’adoucir les eaux les plus amères ! Et encore, affamés et assoiffés dans le désert aride, et Dieu faisant tomber du ciel leur pain quotidien, la manne, et jaillir du rocher stérile des torrents d’eau pour les rafraîchir ! C’est Dieu qui les conduisit par le bon chemin, les couvrant de la nuée pour les protéger des rayons brûlants du soleil, et permettant que la colonne de feu dissipe les ténèbres pendant les veilles de la nuit. Voyez-les encore sous les morsures des serpents, endurant la juste rétribution de leurs péchés, et Dieu leur apportant la vie par le serpent d’airain élevé dans le désert. Considérez Moïse, leur conducteur, justement retranché à cause de sa transgression et Dieu suscitant Josué pour les conduire sains et saufs à travers tous les dangers et les introduire dans l’héritage qui leur était promis. Voyez-les enfin au bord du Jourdain, confrontés une nouvelle fois à leur manque de force ; mais Dieu, le Dieu vivant contre lequel ils avaient si souvent péché, leur ouvrant dans Sa grâce souveraine un chemin à travers le fleuve du jugement, et les introduisant dans le pays si longtemps désiré ! Combien tous ces faits nous parlent, ils auraient dû le faire pour Israël, nous enseignant cette heureuse leçon, que nous sommes sauvés et bénis uniquement sur le fondement de Sa miséricorde, « sans œuvres accomplies en justice que nous, nous eussions faites » (Tite 3:5).

29.3 - Le Jourdain ne représente pas la fin de la vie du croyant

Afin de bien comprendre ce que nous enseigne la traversée du Jourdain par Israël, efforçons-nous de laisser de côté l’idée généralement admise que c’est, en type, l’expérience du chrétien à l’article de la mort. Cette erreur vient probablement du fait qu’on ne voit pas que l’évangile nous apporte un salut présent, et qu’il est dit de chaque croyant, dans l’Écriture, qu’il « A la vie éternelle, et qu’il est passé de la mort à la vie ». Faute de voir cela, certains pensent à la mort comme étant devant eux, au lieu de la voir derrière eux, comme un point de départ. Certaines personnes parlent ainsi d’avoir chaque jour « un pied dans le Jourdain », c’est à dire d’être exercées chaque jour par l’idée de la mort. Un de mes amis rendait un jour visite à une chrétienne malade qui se demandait avec angoisse comment elle allait pouvoir « traverser le Jourdain » ; et nous avons entendu dire que d’autres parlent fréquemment de la mort comme de la « traversée du Jourdain ». En fait, nous croyants, sommes délivrés en Christ de la mort, et sommes rendus participants d’une vie de ressuscités, par la mort et la résurrection même de Christ. Le sang de Christ a ôté à la mort son aiguillon, et même si nous devons nous endormir en Jésus, ce n’est pas là « mourir » à proprement parler, car Jésus a dit : « si quelqu’un garde ma parole, il ne verra point la mort, à jamais » (Jean 8:51). Il est clair qu’Israël traversant le Jourdain n’est pas une illustration de cette vérité, car à peine eurent-ils traversé le fleuve qu’ils commencèrent à combattre, alors que pour nous, sitôt « endormis en Jésus », le combat est définitivement fini ; nous nous dévêtons pour toujours des habits de combats, et échangeons nos casques pour des couronnes, et nos luttes pour l’éternel repos !


Mais que signifie cette scène du Jourdain ? Elle est le symbole de cette délivrance de la mort et de cette résurrection spirituelle dont nous jouissons maintenant, par la foi en notre Seigneur Jésus Christ. Par nature, nous sommes morts dans nos fautes et dans nos péchés, enfants de colère exposés à la mort et au jugement. Mais Dieu, dans Sa grâce merveilleuse, vivifie ceux qui étaient morts, et ceux qui sont ainsi vivifiés sont approchés de Dieu, délivrés de la mort et de la colère à venir. Ils ont été vivifiés ensemble, ressuscités ensemble, et il leur a été donné d’être assis ensemble dans les lieux célestes dans le Christ Jésus. La traversée du Jourdain par Israël nous présente donc la doctrine bénie selon laquelle les enfants de Dieu sont morts en Christ, ensevelis avec Christ, ressuscités avec Christ, et désormais assis dans les lieux célestes dans le Christ Jésus. Nous sommes donc, quant à notre position, dans les lieux célestes, tout en marchant présentement dans un monde mauvais. Mais examinons de plus près le passage placé devant nous.

29.4 - La condition d’Israël : comme des consciences réveillées, ayant peur de la mort

Comme nous l’avons déjà remarqué, Israël était dans un état de totale impuissance. Ils étaient en outre remplis de la crainte de la mort, car, entre eux et la terre promise, le Jourdain regorgeait par-dessus tous ses bords. Impossible pour eux de voir comment ils pourraient entrer dans leur héritage tant désiré ! N’est-ce pas exactement ce que ressentent tous ceux dont la conscience a été réveillée pour considérer leur avenir éternel ? Comment songer au ciel, à la gloire et à une plénitude de joie, sans réaliser qu’on est exposé à la mort ? C’est comme s’ils contemplaient une gloire lointaine, sans savoir comment l’atteindre ! Leur conscience les accuse de péché contre Dieu, et ils craignent que la mort en soit pour eux la conséquence, « car les gages du péché, c’est la mort » (Rom. 6:23). Ils ont peur de la mort qu’ils attendent en tremblant. Assister à une mort les fait frémir, parce que c’est ce qu’ils redoutent pour eux-mêmes. Personne ne peut écrire ou parler de choses aussi solennelles sans le plus grand sérieux. Pourtant, si le Dieu de vérité m’affirme que Christ a aboli la mort et m’en a délivré, ne devrais-je pas être en paix ? La mort humilie l’homme orgueilleux, met dans la poussière ceux qui ont été les plus honorés sur la terre, fait s’effondrer les pensées les plus élevées de l’homme, et précipite dans l’oubli toutes ses vaines prétentions. Les inventions et les agencements de l’homme sont censés répondre à presque tous ses besoins, mais en ce qui concerne « le roi des épouvantements », comme on appelle la mort, l’homme doit se contenter de parfumer et de retaper un lit de mort, et de fleurir une tombe ; quant à la mort elle-même, il doit s’incliner devant elle — Christ seul l’a vaincue. C’est la mort et le jugement que redoutent les hommes, parce que leur conscience les accuse ; ils sont sans Dieu et n’ont pas d’espérance dans le monde. Satan, bien sûr, cherche à satisfaire les sens et le cœur des hommes avec « les délices du péché », mais une âme convaincue de péché par Dieu Lui-même ne saurait trouver de repos avant d’être délivrée de la crainte de la mort.

29.5 - Délivrés de la mort par la mort de Christ

Considérons maintenant la manière dont Dieu délivre. Par ces circonstances, Dieu a montré qu’Il pouvait à la fois faire passer Son peuple par la mort, et l’introduire dans la résurrection. C’est dans l’Ancien Testament, la voix de Jésus qui proclame : « Moi, je suis la résurrection et la vie ». « Et Josué dit aux fils d’Israël : approchez d’ici, et écoutez les paroles de l’Éternel, votre Dieu… À ceci vous connaîtrez que le Dieu vivant est au milieu de vous… Voici, l’arche de l’alliance du Seigneur de toute la terre va passer devant vous dans le Jourdain. Et maintenant, prenez douze hommes des tribus d’Israël, un homme par tribu. Et il arrivera que, lorsque les plantes des pieds des sacrificateurs… se poseront dans les eaux du Jourdain, les eaux du Jourdain seront coupées, les eaux qui descendent d’en haut, et elles s’arrêteront en un monceau » (Josué 3:9-13). Nous voyons ainsi que les eaux du jugement se retirèrent devant l’arche de l’alliance, « un chemin nouveau et vivant » fut frayé pour le peuple qui fut délivré de la mort et de ses terreurs, et immédiatement rendu capable d’entrer dans le pays. Tout était de Dieu ― Sa sagesse, Sa puissance, Sa grâce. C’est une illustration frappante de ces versets bien connus : « Vous êtes sauvés par la grâce, par la foi, et cela ne vient pas de vous, c’est le don de Dieu ; non pas sur le principe des œuvres, afin que personne ne se glorifie » (Éph. 2:8-9).

Si nous considérons la construction de l’arche en Exode 25, et l’usage qui en est fait en Nombres 10:33, nous ne pouvons manquer d’y reconnaître un type de Christ. De même que l’arche de l’alliance « entrant et demeurant dans les eaux du Jourdain » frayait au peuple le chemin de la Terre Promise, de même c’est parce que Jésus est entré dans la mort qu’« Il a annulé la mort » (2 Tim. 1:10) et « a rendu impuissant celui qui avait le pouvoir de la mort, c’est-à-dire le diable, et qu’Il a délivré toux ceux qui, par la crainte de la mort, étaient pendant toute leur vie, assujettis à la servitude » (Héb. 2:14-16). Ceci ne nous montre-t-il pas clairement que nous ne sommes délivrés de la mort que par la mort de Christ ? L’œuvre de la croix n’en est-elle pas magnifié, et Christ crucifié n’apparaît-il pas clairement comme « le chemin, la vérité, la vie » (Jean 14:6) ? Ce la ne nous dit-il pas qu’« il n’y a point d’autre nom sous le ciel… par lequel il nous faille être sauvés » ? Le Saint Esprit ne nous enseigne-t-Il pas ici que nous sommes morts avec Christ, du fait qu’Il est mort pour nous ? Et, en contemplant la croix de Christ, et la résurrection triomphale du Seigneur, nos âmes ne s’écrient-elles pas : « Où est, ô mort, ton aiguillon ? Où est ô mort, ta victoire ? Or l’aiguillon de la mort, c’est le péché ; et la puissance du péché, c’est la loi. Mais grâces à Dieu, qui nous donne la victoire par notre Seigneur Jésus Christ » ! (1 Cor. 15:55-57). Qu’il est merveilleux le souvenir de ce que Jésus, saint et sans péché, est entré pour nous dans les eaux froides de la mort, le Juste pour les injustes, pour nous amener à Dieu ! Seule la mort de Christ nous délivre de l’aiguillon de la mort, et nous donne accès à la présence de Dieu avec une parfaite confiance. Nous savons que lorsque Christ est mort, le voile du temple s’est déchiré du haut jusqu’en bas, ce qui montre que par Sa mort a été aboli tout ce qui s’opposait à l’entrée du croyant dans la présence de Dieu.

29.6 - La traversée du Jourdain

29.6.1 - Un acte de foi en la délivrance de Dieu

La traversée du Jourdain peut être considérée comme l’acte de foi en la délivrance venant de Dieu. C’est en croyant que le Dieu vivant avait ouvert Lui-même ce chemin de vie pour entrer dans le Pays, que « tout Israël passa à sec ». Leurs regards étaient fixés sur l’arche qui était entrée pour eux dans le fleuve. Ils contemplaient la puissance merveilleuse de cette ordonnance qui les délivrait des eaux de la mort et leur ouvrait l’accès au Pays. Ils virent les eaux s’amonceler en une muraille d’un côté et s’écouler de l’autre, et l’arche de l’alliance au milieu, tandis qu’un chemin droit s’ouvrait devant eux, leur permettant de passer à pied sec. Ainsi étaient-ils remplis de confiance, délivrés de leurs craintes et de leurs doutes. Selon la parole de l’Éternel, ils allaient de l’avant et ne tardèrent pas à fouler le sol de leur héritage, ce pays ruisselant de lait et de miel. Et n’en est-il pas de même aujourd’hui ? C’est la foi qui voit la mort de Christ, qui sait qu’Il est mort pour nous — et que la malédiction, la colère et la mort que nous méritions sont tombées sur Lui et non sur nous-mêmes, — qu’Il a été livré pour nos fautes et ressuscité pour notre justification — et qui voit ainsi l’amour merveilleux de Dieu procurant un tel Sauveur et accomplissant pour nous une telle œuvre — voilà ce qui nous remplit de confiance, nous délivre de notre culpabilité et nos craintes, et nous permet de trouver paix et repos dans le lieu très-saint, en présence de Dieu Lui-même.

29.6.2 - Une position et une espérance céleste

Sachant que Jésus ressuscité est entré dans le ciel même avec Son propre sang, afin de paraître maintenant pour nous devant la face de Dieu (Héb. 9:24), nous Le suivons par la foi, et nous connaissons par la foi cette merveilleuse liberté, en tant qu’adorateurs lavés dans Son sang et paraissant devant Lui. C’est pourquoi, en Christ et par Son sang, nous qui étions autrefois loin, nous avons été approchés (Éph. 2), et nous qui étions morts dans nos péchés, nous avons été vivifiés ensemble, ressuscités ensemble, et nous sommes assis ensemble dans les lieux célestes dans le Christ Jésus (Éph. 2). Notre position est donc céleste. Nous sommes introduits dans les lieux célestes en Christ, bénis de toutes bénédictions spirituelles dans ces lieux célestes. La mort est derrière nous, la gloire est devant, et notre espérance est de porter l’image du céleste (1 Cor. 15:49), car le ciel est notre patrie. « Car notre citoyenneté est dans les cieux, d’où aussi nous attendons le Seigneur Jésus Christ comme Sauveur, qui transformera le corps de notre abaissement en la conformité du corps de sa gloire » (Phil. 3:20). Notre adoration est donc céleste. Nous nous approchons en toute liberté du « trône de la grâce », ayant nos cœurs purifiés par aspersion d’une mauvaise conscience (Héb. 10:19 et suiv.). Et, comme un peuple céleste, « ressuscités en Christ », nous sommes exhortés à chercher les choses qui sont en haut, là où Christ est assis à la droite de Dieu, et à « penser aux choses qui sont en haut, non pas à celles qui sont sur la terre… » car « votre vie est cachée avec le Christ en Dieu » (Col. 3:2-3)

Il est très important pour le croyant de bien saisir qu’il n’est pas seulement pardonné de ses péchés, mais qu’il est ressuscité avec Christ dans les lieux célestes. Il participe de l’appel céleste, parce qu’il est né du ciel, en route vers le ciel, parce qu’il a la vie, une vie de résurrection, et parce qu’il est uni par le Saint Esprit au Fils de Dieu glorifié, — étant membre du corps de Christ, de Sa chair et de Ses os. Ce n’est pas, comme le peuple terrestre d’Israël qui fut appelé d’Égypte vers une « terre promise » d’ici-bas, mais le croyant a été appelé d’un état où il était mort dans ses fautes et dans ses péchés, vers des lieux célestes, — héritage incorruptible, sans souillure, qui ne passe pas. Le sang de notre sacrifice n’est pas ré-appliqué plusieurs fois sur un autel d’airain, mais il a été présenté une fois pour toutes dans le ciel même. Notre sacrificateur n’est pas un simple mortel exerçant son ministère dans un sanctuaire terrestre, mais un sacrificateur qui intercède pour nous éternellement dans les cieux. Nous ne sommes donc pas du monde, mais, sachant que celui-ci est condamné et que la terre et tout ce qu’elle contient sera consumée, nous trouvons notre paix et notre bénédiction dans le ciel, à l’intérieur du voile, notre communion étant « avec le Père et avec Son Fils Jésus Christ » (1 Jean 1:3). Ces choses dont nous savons, par l’enseignement du Saint Esprit qu’elles sont la vérité éternelle de Dieu, sont la réponse à maintes questions troublantes et nous indiquent clairement quel est le chemin orienté vers le ciel, au milieu d’un monde égoïste qui rejette Christ.

29.7 - Israël dans le Pays

29.7.1 - Les pierres tirées du Jourdain : Le souvenir de la mort de Christ

Pour finir, considérons Israël une fois entré dans le Pays. Il nous est dit à plusieurs reprises qu’ils passèrent à sec, et que les eaux reprirent leurs cours habituel, ce qui est une leçon à la fois solennelle et réconfortante pour nos cœurs. Le peuple habitait désormais dans la Terre Promise ; Dieu la leur avait donnée et Il les y avait introduits « à sec ». Ils n’étaient plus dans le désert aride et stérile, mais le pays ruisselant de lait et de miel où la vigne et le grenadier abondaient. Ils ne devaient jamais oublier la manière dont Dieu les y avait amenés. C’est pourquoi ils durent enlever douze pierres du milieu du Jourdain, les transporter avec eux jusqu’au lieu où ils passèrent la nuit pour servir de mémorial aux fils d’Israël pour toujours…, afin de montrer, dans les siècles à venir, « les immenses richesses de la grâce de Dieu » envers eux (comparer Jos. 4:4-24 avec Éph. 2:7). De même, dans les siècles à venir, l’Église sera à la louange et à la gloire de Dieu, à cause de Sa bonté envers nous par le Christ Jésus. Nous nous souviendrons de la croix éternellement. C’est de la mort de Christ que nous nous souvenons tout spécialement dans la Cène du Seigneur : « vous annoncez la mort du Seigneur jusqu’à ce qu’il vienne » (1 Cor. 11:26). Nous ne célébrons pas la Cène pour être sauvés, mais en souvenir de Celui par les meurtrissures duquel nous sommes guéris, par la mort duquel nous avons la vie.

29.7.2 - La mort au péché vient après, et comment

Remarquons ensuite qu’une fois dans le Pays, le peuple d’Israël fut circoncis selon le commandement de l’Éternel. Ceci nous enseigne qu’une juste compréhension de notre appel céleste et de notre position en Christ est inséparable du jugement de soi-même et du dépouillement de notre vieil homme et de ses mauvaises actions. Nous nous considérerons comme morts au péché et vivants pour Dieu par Jésus Christ. D’où le fait qu’adorer le Christ Jésus et nous réjouir en Lui iront de pair avec l’absence de toute confiance en la chair. La circoncision ne fut pas pratiquée au désert, ce qui nous montre en type que les épreuves et les nécessités de la vie ne nous donnent aucun pouvoir sur nous-mêmes. C’est pourquoi les chrétiens qui sont accablés par les soucis et les difficultés du chemin ne réussiront guère à tenir la chair en échec, tandis que ceux qui connaissent la portion que « l’amour parfait » leur a donnée en un Sauveur ressuscité et monté au ciel, jugeront que la chair est impropre au service de Dieu, et tout aussi souillée en ce qui concerne la morale et la religion que dans les actes les plus grossiers. Soyons bien sûrs que demeurer en Christ dans les lieux célestes est le secret de la véritable humilité.

29.7.3 - La Pâque

Le peuple garda aussi la Pâque. Avec quelle allégresse durent-ils la célébrer ! (Jos. 5:10). Sans doute appréciaient-ils d’autant plus la valeur du sang de l’agneau en se rappelant d’où il les avait tirés et ce dont il les avait délivrés. Qui peut estimer l’amour rédempteur de Dieu et l’ineffable valeur du précieux sang de Christ mieux que ceux qui savent que ce sang a non seulement effacé leur péché, mais qu’il leur a permis d’entrer en toute liberté dans le lieu très-saint ?

29.7.4 - Changement de nourriture

Nous remarquons ensuite que la manne cessa, et que « dès le lendemain de la Pâque, ils mangèrent du vieux blé du pays » (Jos. 5:11). Cela est très significatif. Aux jours des expériences du désert, le peuple se nourrissait de ce qui tombait du ciel ; mais une fois dans le pays, il se nourrit et vécut de ce que produisait le grain de blé tombé en terre et ayant passé par la mort. Il en est de même aujourd’hui. Il y a ceux qui, tout en ayant mis leur confiance dans le sang de l’Agneau, n’ont fait que l’expérience du désert ; ceux-là seront soutenus par la pensée, certes bénie, mais limitée, que Christ est descendu ici-bas. Mais ceux qui se savent pleinement délivrés de la mort, et qui se tiennent en assurance de vie et de justice dans les lieux célestes en Christ, ceux-là trouvent leur joie et leur force dans la certitude bénie que « celui qui est descendu est le même que celui qui est aussi monté au-dessus de tous les cieux, afin qu’il remplit toues choses » (Éph. 4:10). Ils se nourrissent des fruits de la résurrection : Christ ressuscité et exalté, qui a aboli la mort, Christ couronné de gloire et d’honneur, Christ notre Agneau et grand Sacrificateur, désormais dans la présence de Dieu en notre faveur, Christ notre Seigneur, notre Chef, notre justice et notre vie, qui viendra bientôt nous prendre pour être avec Lui, afin que là où Il est, nous soyons aussi.

29.7.5 - Les combats

Mais, bien que Dieu leur eût donné le Pays et les y eût introduits, ils durent livrer le combat de la foi pour le conserver. De même, nous devons revêtir l’armure complète de Dieu pour garder intactes la conscience et la joie de notre position céleste. Satan et son armée consultent ensemble pour nous précipiter du haut de notre position excellente, et nous avons besoin de la force divine, et de l’armure divine, pour lutter contre les principautés et les puissances, et pouvoir maintenir dans nos âmes la conscience de notre position dans la bénédiction que Dieu nous a accordée, et dans laquelle Il nous a introduits, dans le Christ Jésus, dans les lieux célestes.

Le Seigneur veuille bénir Sa vérité à Lui.

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