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1 - La chute de l’homme
1.1 - Efforts pour nier la chute
Quand Dieu a créé l’homme, il ne l’a pas fait tel qu’il est maintenant, pas plus que le monde. Tout était très bon ; mais Dieu n’a pas usé de sa puissance pour que tout reste bon. Il s’est plu à mettre la créature à l’épreuve. Il l’a éprouvée dans les deux grandes sphères : les cieux et la terre. Les anges sont tombés avant l’homme, et le chef de ceux qui sont tombés dans les cieux est le grand tentateur. Sans la révélation de l’Écriture, nul ne peut expliquer le péché et la ruine du monde. Ceux qui ont tenté de le faire sont nombreux. Les esprits les plus brillants s’y sont essayés, mais ils n’ont conçu que des absurdités, en ne suivant pas la parole de Dieu. Certains ont essayé de rendre compte du péché en supposant qu’il y a deux dieux – un bon et un mauvais – parce qu’il y a, tout autour de nous, des preuves de bonté comme des preuves évidentes de mal. Cette hypothèse est pure folie, mais je ne m’attarderai pas à le démontrer. Il n’y a qu’un Tout-Puissant, et l’homme ne peut chasser de sa conscience qu’il y a un Être – pas simplement une chose, mais un Être – qui a une puissance, une volonté et un dessein, qui a des affections tout autant qu’un esprit, mais qui, néanmoins, soumet les créatures qu’il a faites à une probation morale. S’il empêchait toute faillite, il n’y aurait pas de mise à l’épreuve du tout. Tout serait mécanique ; et la scène merveilleuse du conflit entre le bien et le mal – c’est-à-dire le bien opéré par sa grâce dans le cœur de l’homme, et s’élevant au-dessus du pouvoir de Satan et de ses ruses diaboliques – serait tout à fait perdue. Plus important encore, la démonstration active de l’amour et de la justice de la part de Dieu, des qualités morales reproduites dans le croyant repentant, serait complètement détruite, si la créature était gardée de faillir, simplement par la puissance divine.
Le mal n’est jamais venu de Dieu – seulement de la créature, innocente au début et maintenant déchue, qui n’a pas gardé son premier état, mais a préféré faire sa propre volonté et suivre sa propre voie. C’est un ange qui a commencé. L’homme a été trompé par celui-ci qui, s’égarant et s’exaltant lui-même, a séduit les autres créatures au ciel et sur la terre. Cette créature s’appelle Satan – le Diable. Toute tentative pour se débarrasser de ce fait s’est révélée vaine, au point que les lumières antiques dont on se vante sont alors tombées dans l’une ou l’autre des notions suivantes : soit Dieu est tout, ce qui nie le péché ; soit il n’y a pas de Dieu ; mais dans les deux cas, cela a conduit à adorer beaucoup de faux dieux. Les deux plus grands philosophes grecs, qui ont eu la plus importante et la plus durable influence sur les hommes civilisés en dehors de la Bible, sont à la tête du panthéisme pour l’un et de l’athéisme pour l’autre. Voilà où aboutit la pensée logique de l’homme. Étant déchu, l’homme peut raisonner sans Dieu ; mais il exclut Dieu, non pas de sa conscience, mais de sa raison ; car au fond du cœur de l’homme qui agit ainsi, il y a le sentiment inconfortable que ce qu’il voit autour de lui n’est pas venu tout seul – et encore moins lui et ses semblables. Bien que déchu, il sent qu’il est un être moral qui devra rendre compte de ses actes ; et à qui, sinon à Dieu qui l’a créé et qui a créé toutes choses ?
1.2 - Dieu se révèle
En s’éloignant de Dieu, la créature a perdu la vérité. N’étant plus innocente, elle a Dieu pour Juge. Satan, le premier, a perdu Dieu pour toujours, ainsi que ses anges. L’homme et sa race l’ont perdu aussi ; mais quelle miséricorde brille maintenant sur nous ! Mais, chers amis, chacun d’entre nous vivait sans Dieu. L’avez-vous trouvé ? Le connaissez-vous ? Ne me dites pas que vous ne le pouvez pas. Vous ne le pouvez pas de vous-mêmes, certes : l’homme ne peut pas trouver Dieu en le cherchant. Mais Dieu peut se révéler. C’est vrai. Un incrédule convaincu disait, de nos jours, que Dieu ne pouvait pas se révéler ; mais le livre dans lequel ce déiste disait cela, prouvait la folie de cette affirmation. Si un incrédule peut révéler sa pensée pour faire du tort aux gens, je suppose que Dieu peut aussi révéler sa pensée pour leur faire du bien. Ce raisonnement n’est-il pas une réponse solide et suffisante ? Quelqu’un, excepté un athée, peut-il en nier la force ou la réalité ? Si un être mauvais peut révéler sa pensée pour nuire, Celui qui est Sage et Bon ne peut-il pas révéler sa pensée pour sauver ? Bien sûr qu’il le peut. L’idée que Dieu ne peut pas révéler sa pensée est donc non seulement fausse, mais elle nie qu’il est lumière et amour – erreur contredite par l’effort même d’argumenter en faveur de celle-ci. L’écrivain nous livre sa pensée, telle qu’elle est ; et nous répondons : Si l’homme peut révéler sa pensée, Dieu peut certainement révéler la sienne ; sinon vous êtes réduit à l’absurdité que ce qui est possible à l’homme est impossible à Dieu. Est-ce raisonnable ou de la folie ? Y a-t-il quelqu’un dans cette salle qui puisse soutenir que ce qu’un homme peut faire, dans sa faiblesse, Dieu ne peut pas le faire dans sa toute-puissante bénie ?
1.3 - Comment est arrivée la chute
La Bible nous montre d’emblée – c’est digne de Dieu – qu’à peine l’homme s’est-il tourné contre Dieu, à l’instigation d’un rebelle plus puissant que lui, que Dieu lui a offert un moyen de salut, en espérance. L’homme a succombé à Satan qui agissait sur la volonté de la femme. Combien c’est naturel, la plupart le savent – combien l’état du cœur de l’un et de l’autre est vrai ! Les sentiments de la femme s’entremêlent et elle est trompée. S’il ne tient pas compte de Dieu, un homme qui aime vraiment sa femme et ne peut supporter de la laisser seule devant une difficulté. Ses sentiments l’engagent ; tout ce qu’il est en tant qu’homme et mari l’amène à la suivre, même si ici, hélas, c’était une rébellion contre Dieu. C’est exactement ce que l’Écriture nous montre à propos d’Adam et Ève. Le diable savait de quoi il en retournait. Ève a été trompée, mais pas Adam. Elle a été entraînée dans le péché et, par son intermédiaire, Satan a induit Adam en erreur et l’a poussé à pécher résolument ; et telle a été l’histoire de beaucoup d’hommes et de femmes depuis lors. Ceci dit, le blâme n’est pas rejeté que sur la femme. Ils partagent le péché entre eux ; celui qui voudrait rejeter toute la responsabilité sur sa femme, comme Adam l’a fait par la suite, serait vil. Mais c’est l’effet du péché. Au lieu d’être son protecteur, il a d’abord suivi le mauvais exemple puis l’a ensuite trahie – comme s’il l’avait dénoncée. Combien le péché est dégradant ! Il en a été ainsi dès le début, et il en sera ainsi jusqu’à la fin.
1.4 - La conscience amène l’homme à craindre Dieu
Voyons maintenant ce qu’il en est de Dieu. Nous avons assez parlé de Satan et de l’homme pour le moment ; tournons-nous vers Celui qui entre ici en scène, et dont la première parole “où es-tu ?” montre les ravages que le diable avait faits. L’homme se cache, désespéré, derrière les arbres du jardin, avec une mauvaise conscience. “Adam, où es-tu ?” ; l’homme s’est éloigné de Dieu ! Tel est encore l’état de l’homme naturel, de toute l’humanité, de chacun de nous. Je ne dis pas que nous restons tous dans cet état. Grâce à Dieu, il est un Dieu sauveur. Mais il juge le péché. En lui-même, il est lumière et amour. Nos péchés font de Lui un Juge ; Sa grâce a fait de Lui un Sauveur. Tout homme naturel pense à Dieu comme à un Juge, parce que chacun a plus ou moins conscience du péché ; et la culpabilité craint toujours de devoir rendre compte moralement ; elle craint la rétribution et le jugement de Dieu. La conscience érige un tribunal avant même que l’homme ne sorte de la tombe pour se tenir devant le grand trône blanc et rendre compte de ses actes. Quelqu’un peut essayer de s’en débarrasser par beaucoup d’occupations, ou par les plaisirs enivrants de ce pauvre monde abrutissant ; mais le moment solennel arrive avec l’angoisse du jugement de soi, et Dieu est sur le tribunal de la conscience.
L’Écriture dit que Dieu a alors eu affaire à l’homme – l’homme déchu – pour mettre son péché sur sa conscience, et remonter à la racine jusqu’au sinistre personnage qui a introduit le péché, et pour annoncer la glorieuse vérité de la grâce qui rencontre le mal et la ruine, et qui fournit un juste moyen pour échapper au péché. Si la révélation a un dessein de valeur, c’est bien celui-là. Et c’est exactement ce que les Écritures révèlent. Il ne s’agit pas du rêve de certains des plus grands esprits de ce monde, où des dieux descendent se livrer au mal. Ces rêveurs tombés si bas croyaient que leurs divinités étaient des ivrognes, des fornicateurs, des voleurs et des menteurs. Tels étaient les dieux que les païens adoraient, et parmi les païens se trouvaient certains des hommes les plus brillants qui aient jamais vécu. Ce n’est pas par manque d’intelligence ou de culture raffinée, ni par manque de connaissance ou de logique, qu’ils sont tombés dans des tromperies aussi grossières. Celui qui connait l’histoire du monde et des hommes qui l’habitent ne peut soutenir cela.
1.5 - Le salut de Dieu
Dans le monde, règne le péché, la misère, la ruine et la mort. L’Écriture y fait entrer la lumière de Dieu. Celle-ci, loin de menacer d’un terrible châtiment, révèle des choses bien plus nombreuses et lumineuses que la scène effrayante où les pécheurs sont jugés pour leurs péchés ; ceci est réservé à ceux qui défient et rejettent la grâce – ceux qui, devant la croix du Sauveur, nient que Dieu s’est abaissé jusqu’à l’homme, l’a pris en grande pitié et a pourvu pleinement à son salut. La Bible rend compte du péché, mais ne le justifie et ne l’atténue jamais. C’est l’homme qui a commis ce mal, sous la direction de Satan. La Bible montre le moyen d’échapper au péché, indiquant que le seul chemin vers le Père est le Seigneur Jésus-Christ, le Fils de Dieu, qui est venu dans ce monde. Il a été donné et envoyé par Dieu, et non pas imploré par l’homme. Ce n’est pas l’homme qui a conçu le plan, ni même cherché à ce que Dieu l’exécute dans sa miséricorde. L’homme n’y a jamais pensé, car celui qui a une mauvaise conscience n’attend jamais rien de bon de la part de Dieu. Que son âme soit sauvée, que ses péchés soient effacés, que Dieu l’aime et mette la plus belle robe sur les pauvres haillons du fils prodigue, que le père l’embrasse d’emblée puis l’amène dans un lieu de joie jamais connu auparavant, l’homme n’a jamais eu la moindre idée d’une telle grâce.
La Bible, et en particulier le Nouveau Testament, montre que l’amour de Dieu pour les pécheurs se manifeste ainsi. Mais l’homme qui ne croit pas l’Ancien Testament ne croira pas non plus le Nouveau. Si quelqu’un critique la Genèse, je n’attends pas de lui autre chose pour l’épître aux Romains. Je connais des hommes qui admettent que le Nouveau Testament est un livre grandiose et avouent que le premier chapitre de Jean est plus sublime que tout ce que Platon ou Aristote ont écrit. En vérité, il est infiniment sublime. Mais l’homme qui exalte Jean et déprécie Moïse ne m’inspire aucune confiance, car ce que Moïse a révélé, pose les fondements de tout ce que Jean nous donne. Vous ne pouvez comprendre la bénédiction du deuxième homme – le dernier Adam – si vous n’avez pas vu la création et la chute du premier homme, Adam. Il y a donc une unité organique entre l’Ancien et le Nouveau Testament, bien qu’ils soient différents ; c’est très remarquable.
1.6 - Manifestation de la bonté de Dieu
Quand vous voyez un arbre, vous n’avez pas besoin d’un philosophe pour vous dire que, dans son ensemble, toutes ses parties ont une harmonie frappante – que la racine profonde, qui pénètre dans le sol et recueille les nutriments pour le tronc et ses ramifications, est aussi nécessaire à sa croissance que les branches et les feuilles – que la partie invisible est aussi bien ordonnée que la partie visible, par Celui qui connait tout parfaitement ; et que l’homme tire profit de l’arbre, de même que les animaux, car Dieu s’occupe de tout. Il n’y a pas de petit insecte, de grand quadrupède, d’être humain qui ne recueille, d’une manière ou d’une autre, les bonnes choses que Dieu dispense ; même les choses qui semblent repoussantes en soi font partie d’un vaste plan de Dieu, de sa prévoyance, de son abondante provision pour les besoins des hommes ou des bêtes ici-bas. Dieu n’est pas avare, si je puis dire, il ne se plait pas à nous donner que les choses dont nous avons absolument besoin. Ce n’est pas ainsi que Dieu traite l’homme ou toute autre créature. Il suffit de regarder le soleil briller, il suffit de penser à la riche beauté de la terre qui nous entoure – bien que la création gémisse – pour voir que Dieu prend plaisir à déployer abondamment sa bonté. Il n’a pas créé les choses pour qu’elles meurent, mais pour qu’elles vivent, dans une variété infinie. Il déclare qu’il n’est pas le Dieu des morts mais des vivants – ce qui est dit au sens le plus élevé est sans doute vrai à tous égards. Aujourd’hui, bien que dévastée, la terre témoigne partout de la sagesse bienfaisante de son Créateur.
1.7 - L’ennemi a détruit ce que Dieu a créé
Mais la terre, la mer et le ciel portent tout aussi clairement les traces d’un mal terrible qui a passé sur tout, venant d’une main ennemie qui a semé le mal. Il n’y a pas une tempête déchaînée, pas un volcan déversant sa lave destructrice, pas un éclair, qui ne montre partout, dans les cieux et sur la terre, le désordre de cet univers autrefois intact. Et bien plus encore, quand on en vient au mal moral sous lequel gémissent chaque ville, chaque hameau, et peut-être chaque foyer, même le plus heureux. D’où cela vient-il ? De Dieu ? Jamais. Un être d’une bonté et d’une puissance parfaites, qui ferait le monde et l’homme tels qu’ils sont maintenant, est, moralement, une pensée impossible. Dieu n’a pas créé le monde tel qu’il est aujourd’hui ; il l’a fait, et l’a bien fait. Dieu n’a rien créé qui soit indigne de lui.
2 - Dieu parle à l’homme
2.1 - La grâce offerte à l’homme
C’est là qu’intervient la valeur de la parole de Dieu. La Bible témoigne de la grâce de Dieu face à la ruine que l’homme et Satan ont produite entre eux. La grâce n’agit pas seulement en bonté dans les choses naturelles, mais dans un amour saint qui, reconnaissant et jugeant pleinement le mal, descend néanmoins pour l’ôter, à ses propres dépens par des souffrances au-delà de toute mesure. Que sont les souffrances que les hommes ont à endurer, comparées aux souffrances de Christ ? Je ne parle pas de ce que l’homme a fait à Christ, mais surtout de ce que Dieu a fait au moment de la croix. Si vous ne le croyez pas, réglez cette question avec Christ lui-même ! Dans la coupe qu’il a dû boire, qu’y avait-il de plus amer et de plus terrible que de subir l’abandon de Dieu et d’être fait péché pour nous ? Nous le savons parce que Celui qui est “la vérité” l’a dit sur la croix, quand il allait mourir. Si même les hommes qui mentent disent parfois la vérité, combien plus Celui qui n’a jamais dit autre chose que la vérité, qui est “le Chemin, la Vérité et la Vie” ! Oui, il est mort pour nos péchés, et a goûté la mort plus qu’aucun autre. Il a goûté non seulement la mort de la croix, mais aussi le jugement de Dieu. C’est là le fondement sur lequel Dieu peut être un Dieu de toute grâce : le fondement de la grâce régnant par la justice pour la vie éternelle par Jésus-Christ notre Seigneur. Car celui qui est mort, est ressuscité – ressuscité pour être le Sauveur ; et pour être Juge, s’il est rejeté.
2.2 - Harmonie de la Bible rédigée pendant des siècles
Ainsi, le principe de base de ce que nous venons de dire – le premier germe de cette vérité la plus importante de la Bible – est donné dans le chapitre même qui montre l’homme s’éloignant de Dieu – c’est l’homme qui abandonne Dieu, et non l’inverse. Dieu a abandonné son Fils sur la croix, afin de ne pas abandonner le plus pauvre pécheur qui se tourne vers lui. Dans ce chapitre (Gen. 3), un Sauveur est révélé pour l’espérance ; c’est ce à quoi fait allusion “l’évangile éternel” en Apocalypse 14. Cela ne montre-t-il pas combien la Bible est un livre merveilleux ? Elle s’étend sur de nombreux siècles. Des parties en ont été écrites par des rois, des bergers, des prêtres, des soldats, des civils ; par des hommes de toutes classes de la société, depuis des pêcheurs de la mer de Galilée jusqu’au juif érudit de Tarse, l’un des centres philosophiques les plus célèbres du monde et rival d’Athènes, à cette époque. Et pourtant, l’Écriture a une harmonie parfaite malgré sa variété d’écrivains inspirés, sa rédaction s’étendant depuis les jours de Moïse jusqu’à ceux du dernier apôtre, ses thèmes allant de l’éternité jusqu’à l’éternité.
2.3 - La valeur des écrits de Moïse
Méfiez-vous donc de ceux qui voudraient vous faire oublier Moïse. N’écoutez pas les voix de sirènes qui cherchent à vous détourner de la vérité de Dieu, et plus encore quand elles osent dire qu’elles ne sapent pas la Bible mais nient seulement Moïse. Ah ! chers amis, nier Moïse, c’est discréditer Christ qui a dit que Moïse a écrit de Lui. Christ ne doutait pas de Moïse ; c’est suffisant pour l’homme simple qui croit en lui. Les gens peuvent parler sur les preuves que les écrits sont de Moïse, et c’est très bien d’en parler avec ceux qui ne sont pas familiers avec le sujet et qui n’ont qu’une faible connaissance des langues d’origine. Je rappellerai une chose – que vous connaissiez ou non ces langues : plusieurs connaissent un peu le grec, d’autres un peu l’Hébreu, et alors ? Si vous connaissez l’anglais, cela ne veut pas dire que vous maîtrisiez la langue. Sachez donc que la plupart des jeunes gens qui apprennent l’hébreu et le grec à l’université sont très loin de maîtriser ces langues. La plupart ont quelques notions, et c’est tout. Ils sont ensuite renvoyés dans leurs paroisses et leurs chaires, où ils n’ont pas le temps de devenir de vrais érudits ; ils ne devraient pas prétendre à être érudits. Je ne veux pas manquer de respect, mais simplement montrer qu’il est absurde de croire qu’il suffit de parcourir une grammaire et quelques ouvrages dans une langue étrangère pour la connaître vraiment. Il n’en est rien. La plupart des diplômés (quel que soit leur diplôme ou l’endroit où ils ont étudié) auraient du mal à traduire l’hébreu ou le grec ancien qu’ils n’ont pas vu. Ils ne connaissent pas du tout l’une ou l’autre de ces langues comme vous connaissez tous l’anglais ; or qui s’érigerait en grand érudit de l’anglais ? Normalement, une traduction facile (dans laquelle peu de gens se lance sans effort ni préparation) n’est qu’une petite étape pour apprendre une langue.
Mais j’insiste sur ceci : dans le témoignage de Christ, Dieu a donné une preuve bien meilleure au croyant que toutes les preuves réunies. Croyez-vous au Fils de Dieu ? C’est à vous que je m’adresse. Certains peuvent s’adresser aux personnes qui n’ont pas de foi vivante mais qui ont un simple credo, qui parlent du Seigneur Jésus comme d’autres parleraient de Socrate ou de Bouddha, et qui sont certains de la véracité et de l’authenticité des faits et des paroles qui sont rapportées de Lui. C’est un niveau spirituel bien bas. Or à ce bas niveau, celui des crédos, les hommes ont encore un certain respect pour l’autorité du Verbe fait chair – de Celui qui est Homme parfait et vrai Dieu. Non seulement il est parlé de Lui dans cette parole, mais Il parle de la parole de Dieu avec autorité et sans équivoque.
2.4 - Jésus atteste les écrits de Moïse
Il est inutile d’essayer de se soustraire à la vérité en soulevant des difficultés comme : “Ah ! Nous ne savons pas cela”. La Bible est un livre différent de tous les autres ; elle porte le sceau de la vérité et de la sainteté comme aucun autre livre. C’est le témoignage rendu par les apôtres au Bien-aimé, dont la vie et les œuvres, miraculeuses ou non, étaient une preuve éclatante du caractère divin de sa vérité, de sa grâce et de sa puissance. Ces hommes ont été totalement changés. Auparavant, ces Juifs étaient pleins de préjugés et étroits d’esprit, totalement indifférents aux âmes, entièrement enveloppés dans leurs traditions arides. Voyez comment, en un temps étonnamment court, tout a changé, pour eux, en vertu de la mort et de la résurrection du Seigneur Jésus-Christ, appliquées à leurs âmes par le Saint-Esprit envoyé du ciel. Ils ont rendu ce témoignage – scellé non seulement par le sang, mais aussi par un humble et fidèle dévouement jamais vu – que le Seigneur Jésus a toujours considéré que la Bible (savoir l’Ancien Testament, bien sûr) est incontestablement la parole de Dieu ; que Moïse a écrit la loi et que ce ne sont pas des discours de Moïse que des écrivains ultérieurs ont écrits, ou des traditions et des légendes assemblées en partie par Moïse et en partie par des gens qui ont vécu après lui : le Pentateuque a été écrit par Moïse lui-même. C’est pourquoi, à plusieurs reprises, le Seigneur se réfère non seulement à l’autorité divine, mais à Moïse lui-même comme serviteur inspiré de Dieu : « Il [Moïse] a écrit de moi ».
Combien il est heureux que de simples hommes, femmes, ou enfants, puissent ressentir la force de ce témoignage ! Chacun aura affaire au Seigneur Jésus le Juge des vivants et des morts. Il a donné sa pensée sur cette question, ne faut-il pas la considérer honnêtement ? Croyez-vous les hommes – ceux qui se vantent peut-être d’avoir étudié l’hébreu, mais qui n’ont qu’une connaissance très superficielle de la Bible – ou croyez-vous le Seigneur Dieu en la personne de Christ ?
Voyez la position du monde quand le Fils de Dieu est descendu et a rendu ce témoignage. Le Seigneur se tient entre les deux Testaments, pour ainsi dire – à la fin de l’Ancien et au début du Nouveau. Il se prononce sur l’Ancien, et le divise en trois parties – les trois divisions que tout Juif connaissait – la Loi, les Psaumes et les Prophètes : les Psaumes, comprenant les livres poétiques ; les Prophètes, comprenant les livres dits prophétiques ainsi que d’autres ; la Loi, comprenant les livres de Moïse. Voilà l’essentiel des Écrits appelés Ancien Testament. Le Seigneur a témoigné de l’autorité de ces livres après sa résurrection (Luc 24). Quel homme ordinaire emporterait ainsi ses préjugés au-delà de la tombe ?
Dans ce monde, les hommes peuvent se tromper, mais pas dans le monde à venir : là, l’illusion n’existe plus. Pensez au récit de l’homme riche et du pauvre Lazare. L’homme riche s’éveille à la réalité des choses, et s’écrie : “Père Abraham” ! Il ressent alors ce qu’est le péché ; son tourment est immédiat, même si ce n’est pas encore la sentence finale mais seulement l’état de séparation. L’homme riche réalise alors combien le mendiant autrefois misérable, est béni – misérable dans ce monde, mais béni dans l’autre où des anges l’ont transporté dans le sein d’Abraham. Heureuse image de la bonté de Dieu à l’égard d’un homme souffrant qui a longtemps été méprisé mais qui s’est accroché par la foi à Sa vérité. C’est en vain que l’homme riche supplie pour ses cinq frères, afin que quelqu’un aille les avertir de peur qu’ils ne connaissent le même sort que lui dans les tourments. Que dit l’Écriture ? « Ils ont Moïse et les prophètes ». Moïse – et non un prophète de l’époque du roi Josias qui aurait écrit un roman religieux pour la Bible au nom de Moïse, comme il se dit dans la chrétienté, et spécialement en Écosse actuellement.
Cela n’augure rien de bon quand les hommes en arrivent à une telle extrémité ! Nier l’authenticité des livres de Moïse est une insulte audacieuse, non seulement envers les Écritures, mais envers le Fils de Dieu lui-même. C’est faire mentir le Sauveur et le Juge de tous. Or des hommes refusent que les Livres de la Loi soient de Moïse – et plus particulièrement le dernier qui est prétendu venir directement de sa bouche. Cependant, s’il y a la moindre crédibilité dans le Deutéronome, c’est parce que Moïse l’a prononcé lui-même. Ce n’est pas ce qu’il a collecté ou fait écrire, mais ce qu’il a dit.
2.5 - La question du dernier chapitre du Deutéronome – le canon des Écritures
Bien sûr, personne ne pense – sauf peut-être les Juifs – que Moïse a écrit le dernier chapitre sur sa mort et son enterrement. Je ne dis pas que c’est impossible, ni que Dieu ne lui a pas révélé ces choses, mais il n’est pas nécessaire de présumer cela. Après le cantique final de Moïse, il y a une rupture évidente ; à mon avis, le dernier chapitre est clairement ajouté par une personne inspirée qui a continué le récit des desseins que Dieu développe au cours du temps. On n’a donc pas besoin de supposer que Moïse a nécessairement écrit le récit de sa propre mort. Dans l’Écriture, il y a des indices évidents de la main d’une personne inspirée que Dieu a suscitée pour assembler les livres de la Bible. Il faut se souvenir qu’ils ont été publiés séparément ; et non seulement ils ont été combinés ensuite, mais il y a, ici et là, ce que l’on pourrait appeler des insertions inspirées. Dieu peut inspirer celui qui a assemblé les livres aussi bien que ceux qui les ont rédigés. Toute Écriture est inspirée ; ainsi, l’a été la personne qui l’a assemblée et qui a ajouté ces insertions quand le moment fût venu de clore le canon des Écritures. C’est l’incrédulité qui émet des difficultés dans ce qui est évident.
2.6 - L’incrédulité qui met en doute la Parole
Mais il est choquant, spirituellement et même moralement, qu’une personne portant le nom de chrétien, voire de ministre chrétien, associe les livres de Moïse à de la fiction, comme s’ils n’étaient qu’un roman religieux fondé sur des faits et des documents de la tradition – qui imagine ce que Moïse aurait pu dire – rassemblés des centaines d’années après la mort du législateur. La sagesse divine a pris un soin particulier sur ce point. Christ dit : “Moïse a écrit telle et telle chose” ; ce n’est nul autre que Christ qui se porte garant de Moïse et lui impute ses livres, comme il le fait rarement pour d’autres. « S’ils n’écoutent pas Moïse et les prophètes, ils ne seront pas persuadés non plus si quelqu’un ressuscitait d’entre les morts ». Et il en a été ainsi. Ceux qui n’entendent pas Christ dans les Évangiles, rejettent sa résurrection.
Nous devrions être reconnaissants que l’Écriture soit écrite ainsi, car l’incrédulité rabaisse l’homme aussi bien que Dieu, fatalement – et n’exalte ni l’un ni l’autre. L’incrédulité est également assez aveugle pour s’attaquer à la chose la plus forte, sans s’appuyer sur des arguments qu’elle tirerait d’autres passages. Prenons un exemple tout à fait différent. Certains idolâtrent la vierge Marie au dépend du Seigneur Jésus ; or, combien l’Écriture anticipe et combat cette idée ! Les Évangiles nous apprennent que la vierge Marie n’a jamais rien demandé au Seigneur si ce n’est à Cana, et encore, le Seigneur ne lui a accordé sa demande qu’après avoir accompli un miracle. Voyez encore comment Dieu se garde d’exalter indûment Pierre comme chef (ou fondement) de l’Église chrétienne : dans le chapitre même où les hommes déduisent qu’il est le roc de l’Église, le Seigneur l’appelle Satan. Étrange roc, assurément ! Pierre, qui était un serviteur de Dieu très honoré, disait ou faisait parfois des choses tout à fait répréhensibles. C’est pourquoi nous ne pouvons pas nous fier à nous-mêmes. Un chrétien qui se fait confiance, c’est de la folie ; c’est pourquoi le Seigneur a repris Pierre pour son bien et le nôtre. Le Dieu même qui allait utiliser et honorer Pierre, manifeste ce que Pierre était en lui-même. Dès qu’il détournait son regard du Seigneur, il était aussi susceptible que n’importe qui de se tourner vers quelque piège du diable. En dehors du Seigneur, nous ne sommes rien et ne pouvons rien faire.
2.7 - L’évangile éternel du début à la fin de l’Écriture
Mais notons encore que Dieu a introduit dès le début ce que le livre de l’Apocalypse appelle “l’évangile éternel”. Quelle expression remarquable ! Nombreux sont ceux qui ont lu et cité cette expression en Apocalypse 14 ; et nombreux sont ceux qui y ont réfléchi et ont donné une explication impropre. L’expression n’apparaît qu’à cet endroit. Pourquoi est-il appelé “l’évangile éternel” ? Chaque mot de l’Écriture a toujours un sens et une force. Selon ce que le Seigneur m’a donné, je dirais que dans le dernier livre du Nouveau Testament, l’Esprit de Dieu rappelle la première révélation de Christ dans l’Ancien Testament. Dans le jardin d’Eden, le paradis qui a été détruit et perdu par le péché, Dieu n’a pas manqué d’indiquer que la semence de la femme – la semence meurtrie de la femme, notez-le – devait écraser la tête du serpent. N’est-ce pas l’évangile ? N’est-ce pas l’évangile béni depuis le tout début ? N’est-ce pas aussi l’évangile jusqu’à la fin – “l’évangile éternel” ? Il n’y a pas encore d’allusion au fait qu’il sera sacrifié pour nous. Il ne pouvait en être ainsi avant que l’offrande ou les sacrifices ne soient clairement introduits. Il n’est pas non plus révélé qu’Il sauvera son peuple de ses péchés. Son peuple devait bien sûr d’abord être appelé, et sa ruine, premièrement et finalement manifestée, le salut n’étant expliqué qu’après. Nous ne trouvons ni la notion de sacrificature, ni l’image d’un chef, et encore moins la vérité du chef de l’Église. Toutes ces choses ont été révélées en leur temps. Mais le dernier livre du Nouveau Testament renvoie au premier livre de l’Ancien ; et ainsi c’est comme si vous entendiez la voix bénie de Christ faisant retentir dans toute l’Écriture un “évangile éternel”. Pourquoi cela ? Parce que Dieu prend toujours plaisir à sauver les âmes et que, pour sauver les pécheurs, il faut toujours un “évangile éternel”.
3 - Impact de la Parole sur l’homme
3.1 - La position particulière des enfants
Je parle maintenant de ceux qui entendent la vérité – de ceux qui écoutent la parole de Dieu. Nous ne parlons pas des enfants. Il n’y a, certes, pas le moindre doute que la grâce de Dieu sauve les petits enfants, mais d’une manière différente. Dire que Dieu punit les bébés s’ils ne sont pas baptisés n’est pas du tout scripturaire. Une pensée si indigne de Dieu, si dure envers l’homme d’un côté, si exaltante pour lui d’un autre, n’a pas le moindre fondement. Vous demanderez : comment le sait-on ? Comment savons-nous quoi que ce soit ? Par Jésus ! Celui même qui est venu attester la Bible. Le Seigneur Jésus nous montre très clairement que le Dieu qui a donné la loi est plus grand que la loi elle-même, et que Dieu se montre beaucoup plus grand en grâce divine qu’en jugement. Le jugement de Dieu est une certitude solennelle, mais la grâce de Dieu est une vérité encore plus profonde. Dieu manifesté en chair, Dieu présent sur la terre en la personne de son propre Fils, nous montre sa pensée à l’égard des petits enfants. Les disciples n’aimaient pas que les enfants les dérangent. Ils trouvaient dommage de faire perdre le temps de leur grand Maître à cause de simples enfants. Comment le Seigneur a-t-il répondu ? Il les a pris ces enfants dans ses bras et les a bénis – une bonne leçon pour les disciples. Combien de fois a-t-il fallu que le Seigneur corrige leurs idées déplacées ! Si le Seigneur a pris les petits enfants dans ses bras et les a bénis, cela n’indique-t-il pas ce que Dieu pense d’eux ? Il ne bénit pas les petits enfants sur la terre pour les envoyer mourir en enfer. Mais si, une fois devenus adultes, ils se rebellent contre sa parole et contre son Fils, le Seigneur Jésus, s’ils osent mépriser celui qui est mort sur la croix, s’ils refusent d’accepter le Sauveur qu’on leur annonce, y a-t-il une chose que Dieu réprouve plus fortement ? Il est déjà grave qu’un homme lève la main sur un autre, et nous réprouverions avec raison celui qui lèverait la main sur son père ou sa mère. Mais quand nous pensons au Père qui a envoyé son Fils comme Sauveur, quel terrible mal que de mépriser l’un et l’autre, et donc de rejeter l’évangile du salut !
3.2 - L’homme, un être moral
Les gens prétendent qu’ils ne sont pas mal intentionnés en affirmant que l’homme n’est qu’un singe évolué. Mais de telles idées naissent de ce que l’homme cherche à se débarrasser de ses responsabilités et de Dieu. Ne faites pas cette folie ! Vous êtes un être moral, vous avez une âme et une conscience. Vous savez très bien que vous n’êtes pas un animal. Malgré tous vos efforts, vous avez une crainte de Dieu dans votre âme, la crainte d’être puni pour vos péchés. Un animal ne pèche pas ; et vous seriez choqués si un philosophe essayait de prouver qu’un animal a le sens du bien et du mal, tout comme l’homme. Vous ne pourriez peut-être pas répondre à ce sophisme, mais vous sentiriez qu’il vous trompe.
3.3 - L’impact du christianisme sur la société
L’homme a conscience du péché et craint Dieu, mais Dieu a envoyé son Fils unique pour sauver les pécheurs. Alors tout a changé pour ceux qui le croient, et aussi pour ceux qui ne croient pas d’ailleurs. Voyez le changement béni qui s’est opéré dans notre pays. Il fut un temps où nos ancêtres couraient les bois ; ils étaient tatoués de bleu, ils sacrifiaient leurs semblables et l’immoralité la plus choquante régnait. Dans d’autres contrées, un homme pouvait épouser plusieurs femmes, mais dans la nôtre, plusieurs hommes vivaient avec une seule femme ; des enfants, et même des hommes et des femmes, étaient brûlés en l’honneur de leurs dieux qui n’étaient pas Dieu. Qu’est-ce qui a changé tout cela ? Le nom de Jésus. Même ceux qui ne sont pas gagnés à la Vérité et essaient de prouver qu’il n’y a pas de Dieu, tirent un bénéfice incalculable de la disparition de toute ces horribles souillures et cruautés. Qu’est-ce qui a balayé tout ça ? N’y a-t-il aucune raison ? Ce serait irrationnel. Une cause suffit à expliquer de tels effets : le Nom de Jésus, incontestablement. Avant que son nom ne soit connu, ces abominations prospéraient. Même les Romains tout puissants péchaient, d’une manière plus décente peut-être, mais ils étaient idolâtres et impurs. En est-il ainsi quand les hommes croient vraiment en Jésus, ou quand, même sans foi vivante dans le Seigneur Jésus, ils respectent encore la Bible ?
L’autre jour, à Londres, je parlais à un sceptique spécialement mauvais qui m’a dit délibérément : “Je ne crois pas la Bible ; mais si je le pouvais, je la ferais lire à tout le monde”. Quel étrange hommage à la Bible ! Il reconnaissait la puissance morale de la parole, et qu’elle était incomparable. Mais, franchement, je ne crois pas qu’il ferait ce qu’il dit s’il en avait la possibilité : on ne peut jamais faire confiance à des hommes de ce genre ; cependant, sa remarque est un témoignage involontaire indubitable de la puissance de Christ et de sa parole.
3.4 - Respect pour quiconque porte le nom de Christ
D’autre part, ceux qui ne gardent la Bible qu’avec leur intellect risquent de la perdre complètement et de devenir infidèles. Cette tendance est actuellement à l’œuvre parmi les jeunes gens. Ils se mettent plus que jamais à parler irrespectueusement des ecclésiastiques. Je ne défends pas le clergé, mais j’ai horreur de démolir la religion qui est une réalité, et j’aime beaucoup de nombreux ecclésiastiques. Toute réalité, juste ou bonne – que ce soit dans ce que l’on appelle église d’État ou compagnie chrétienne non établie – tout ce qui est de Dieu, je l’honore et je l’aime. On doit certainement honorer et aimer quiconque est de Dieu – quiconque est serviteur de Christ, non seulement en paroles, mais aussi en action et en vérité. Je peux ne pas être d’accord avec lui ; et bien sûr, il peut ne pas être d’accord avec moi. On ne peut pas s’attendre à ce que l’un soutienne l’autre s’il y a de sérieuses divergences. Mais vous devez vous souvenir que tout est peu de chose comparé à la parole et à l’Esprit de Dieu, à Christ lui-même et à la rédemption de Christ. Quelle différence ecclésiastique peut être comparée à la révélation de Christ ou de Dieu dans la Bible ? Bien sûr, ces différences ont leur importance, et je peux dire que je les ai jugées suffisamment importantes pour laisser tout ce qui m’était cher au cours de ce chemin sur la terre. Cependant, nous avons certainement à placer la personne de Christ et la parole de Dieu sans hésitation au-dessus des questions ecclésiastiques.
4 - Transmission de la Parole à l’homme
4.1 - Transmission orale de la parole
Et voyez comme c’est simple. Le seul moyen que possèdent les hommes pour connaître Dieu est qu’il se révèle à eux. Pendant longtemps, plus de deux mille ans, la parole de Dieu n’était pas écrite. Les hommes ne connaissaient rien d’autre que ce que Dieu avait dit ; et ces quelques paroles prononcées dans le jardin d’Éden, complétées par les promesses qui ont suivi, et par les manifestations que Dieu a données de temps à autre, étaient tout à fait suffisantes, quand Dieu n’avait encore rien rajouté concernant le devenir de l’homme – le fait qu’il vive, meure et aille au ciel. Il n’est pas non plus absolument nécessaire qu’un homme lise. « La foi est de ce qu’on entend, et ce qu’on entend par la parole de Dieu ». Combien d’hommes n’ont fait “qu’entendre” cette parole, et ont vraiment attendu la venue du Sauveur ! Toute la vie d’un homme en est marquée, non par une étude approfondie, mais parce qu’il se repose entièrement sur Christ, au lieu d’essayer de se sauver lui-même. Quel changement la foi en Christ opère-t-elle ! En le recevant de tout mon cœur comme le Fils de Dieu, et ma conscience s’inclinant devant la vérité qui me convainc, je l’aime parce qu’il m’a aimé le premier. N’est-ce pas l’évangile ? En Éden, il était en germe, « la semence de la femme briserait la tête du serpent ». C’est l’évangile éternel.
4.2 - Transmission écrite de la parole
Longtemps après – et il était sage de faire ainsi – quand l’âge de l’homme a commencé à diminuer jusqu’à sa limite actuelle, Dieu a fait écrire la révélation. Certains se réjouissent d’avoir une révélation, mais le temps viendra où ils pleureront. Là où l’incrédule se moque, la foi voit la sagesse divine. Quand il est dit expressément que l’âge de l’homme sera réduit à soixante-dix ans (Ps. 90), c’est Moïse, homme de Dieu, qui a été le premier à l’écrire. L’Écriture est donc plus que la parole. La parole était avant l’Écriture, mais maintenant l’Écriture est la parole de Dieu écrite par des hommes inspirés. Ainsi, toutes les Écritures enseignent. Quiconque connaît le Nouveau Testament admet que « Toute Écriture est inspirée de Dieu ». Cette affirmation est importante, car elle montre que le Saint-Esprit a pourvu à ce qui n’était pas encore écrit – comme l’Apocalypse et l’Évangile de Jean qui ne l’étaient pas encore. Toute écriture est inspirée de Dieu – qu’elle ait été déjà écrite ou sur le point de l’être.
Je sais bien que certains érudits traduisent ce texte ainsi : « Toute écriture, inspirée de Dieu, est utile ». Quelle est la différence ? Une nuance dans la forme – rien dans le fond. La différence réside dans le fait que l’une des traductions affirme que l’Écriture est inspirée de Dieu, tandis que l’autre suppose qu’elle est inspirée de Dieu. Que ce soit une supposition ou une affirmation, cela ne change rien à la question qui nous occupe. Si l’on croit l’apôtre Paul, elle est inspirée de Dieu.
4.3 - L’action de l’Esprit Saint
Ce sujet est remarquablement exposé en 1 Corinthiens 2. On y voit trois actions du Saint-Esprit. C’est par le Saint-Esprit que les choses sont données (1 Cor. 2:12) ; et c’est par le Saint-Esprit que nous recevons ce qu’il révèle et communique (1 Cor. 2:4-16). Supposons que vous ayez une révélation de la pensée de Dieu, si vous ne la communiquez pas avec les mots justes, personne ne pourra la saisir. La vérité ne sera perçue que faiblement, tout comme la lumière passant à travers un filtre coloré semble modifier la couleur de l’objet sur lequel elle tombe. Mais l’Esprit de Dieu veille à communiquer la vérité de Dieu par les mots corrects. De plus, votre esprit n’est pas capable d’assimiler la vérité, mais l’Esprit de Dieu agit dans l’homme pour qu’il comprenne. Quels croyants sont concernés ? Les apôtres ou les premiers disciples seulement ? Dieu nous garde d’une telle pensée d’incrédulité ! L’Église de Dieu a été préservée à travers les siècles, parce qu’elle possède l’Esprit. C’est une vérité fondamentale de l’Écriture. Tout presbytérien, indépendant, méthodiste wesleyen ou anglican pieux possède le Saint-Esprit, tout autant que ceux qu’on appelle – non pas moi – les Frères de Plymouth.
4.4 - La réception du Saint Esprit
Il n’est pas question d’établir des classes de personnes ; à mon avis, c’est une prétention mauvaise et dangereuse. Si quelqu’un clamait : “Vous ne pouvez pas recevoir le Saint-Esprit si vous ne vous joignez pas à nous”, je lui dirais : “Cher ami, le Seigneur ne vous a-t-il pas montré que ce n’est jamais la marque de la vérité quand des gens attirent des personnes dans leurs rangs en leur promettant le Saint-Esprit s’ils se joignent à eux ?” De telles prétentions devraient plutôt nous mettre en garde. L’Esprit est reçu par l’ouïe de la foi (Gal. 3:2), en croyant à l’évangile ; et, grâce à Dieu, l’évangile du salut n’est limité à personne, même s’il n’est prêché que par un petit nombre. C’est sans aucun doute une excellente chose que l’évangile soit prêché, non seulement simplement et librement, mais pleinement ; et j’ai mon avis sur les endroits où il est prêché correctement, mais il ne convient pas de le dire ; il revient à chacun de juger en sa conscience, en examinant la parole de Dieu. Mais ce que je veux dire, c’est que tout enfant de Dieu qui se repose par la foi sur l’œuvre de Christ, a le Saint-Esprit. Par conséquent, il a l’Esprit de puissance, et pas seulement la vie. La nouvelle nature, ou nouvelle vie, n’est pas l’Esprit de Dieu, car la nouvelle naissance est appelée “nouvelle création”, or le Saint-Esprit n’est pas une créature, mais une personne divine. Hélas, peu de gens savent qu’ils possèdent l’Esprit de Dieu !
4.5 - Impact de la possession de l’Esprit dans la vie pratique
Je me souviens avoir été très frappé par un exemple de ceci il y a quelques années. Un pauvre ami chrétien avait été, dans sa jeunesse, un mauvais homme, un contrebandier ; comme vous pouvez le supposer, cet homme était très rude avant que Dieu ne l’amène à Le connaitre ; mais, dans la suite de sa vie, c’était un véritable saint de Dieu. Alors qu’il était très malade, un médecin, qui était aussi un de mes amis chrétien, le soignait et lui avait prescrit certaines choses. L’homme lui a dit simplement : “Docteur, je dois faire attention à ce que je fais et à ce que je prends, car, vous savez, mon corps est le temple du Saint-Esprit’’. Le médecin pensa que l’homme était complètement dérangé ; en effet, peu de gens sont habitués à un tel langage dans la vie courante. Ils pensent que lire tout cela dans la Bible est très bien, mais ils ne l’appliquent jamais dans les choses courantes. Or le but de la foi est d’appliquer les choses qui sont dans la Bible à la vie de tous les jours. C’est parce que cela manque que nous ne voyons pas plus de chrétiens connaitre, marcher et adorer mieux qu’ils ne font. Ils pensent que la Bible ne concerne pas la vie ordinaire. Au contraire, l’Écriture est donnée pour être appliquée à chaque devoir, chaque joie et chaque tristesse de tous les jours. Plût à Dieu que nous la vivions et la reflétions mieux, et que notre culte et nos conversations, où que nous soyons, aient simplement la saveur de Christ pour Dieu !
Parfois, les gens ne voient pas d’un bon œil les conversations religieuses, parce qu’ils savent qu’un escroc voulant de l’argent peut venir, le visage grave, en disant “cher frère” ou des paroles semblables, pour avoir ce qu’ils veulent. Mais cela peut-il justifier ceux qui craignent que ce soit de l’hypocrisie d’être rempli du Sauveur et des choses de Dieu ? Ce que le Sauveur et les apôtres inspirés par le Saint-Esprit voulaient dire ne fait aucun doute : ils disaient que nous devions vraiment attendre Christ tous les jours ; que nous devions servir le Seigneur Jésus en toutes choses, grandes ou petites ; supporter honte, épreuve, insulte et préjudice, avec patience et joie, en plaisant au Sauveur. Prenons l’exemple d’un chrétien dont le maître est capricieux. Si le serviteur ne pense pas à Christ, il sera constamment en train de murmurer et de se plaindre de son sort ; alors que s’il pense à Christ, il acceptera chaque difficulté avec joie en son nom. La foi en Christ change toute la face des choses là où elle est une réalité vivante et présente. Comment cela se produit-il ? Par la puissance de l’Esprit qui dirige les yeux vers Christ.
4.6 - Le Saint Esprit n’est donné qu’aux croyants
L’Esprit de Dieu est cependant donné à chacun – non pas dans le monde, mais dans l’Église, et là, au croyant seulement (1 Cor. 12). Le Saint-Esprit ne scelle pas un incroyant. La “Société des Amis” est composée de beaucoup de personnes moralement respectables ; mais leur doctrine est fondamentalement erronée en ce qu’elle soutient que l’Esprit de Dieu est donné à absolument tout le monde. C’est une erreur totale. Car il existe une grande différence entre l’Église et le monde : le monde n’a pas l’Esprit – il ne le voit pas et ne le connaît pas ; mais l’Église possède l’Esprit et le vrai chrétien aussi. Ce don est individuel et collectif ; en conséquence, l’Église et l’individu sont tenus de marcher et d’adorer par l’Esprit. Cette responsabilité est solennelle ! Mais le Saint-Esprit ne se glorifie pas lui-même. Il ne glorifie pas non plus l’homme dans son état naturel. Il ne glorifie même pas l’Église. Il est là pour glorifier Jésus : – « Il prendra de ce qui est à moi, et vous l’annoncera » (Jean 16:13-15), c’est le principal et meilleur test.
5 - Conclusion
Je ne suis pas entré dans les détails. Je me réjouirais d’entrer dans tous les livres de la Bible, comme je l’ai fait ces derniers temps à plus d’un endroit ; c’est pourquoi le sujet est frais dans mon esprit. Mais je me suis efforcé de vous parler le plus simplement possible de ce qui est le plus important pour vos âmes, et j’implore le Seigneur d’éveiller dans votre cœur une plus grande fermeté de foi en ces jours où tant de gens s’éloignent de la vérité.
5.1 - Notre témoignage sur le monde
Il y a peu de temps, un ecclésiastique donnait un sermon à l’intention des Juifs, les exhortant à abandonner leur foi et à accepter le Messie. Un Juif lui répondit qu’il serait imprudent et peu sage de sa part d’abandonner une religion reconnue comme ayant l’autorité divine, pour une révélation ultérieure dont il n’avait pas de certitude, d’autant que beaucoup portant le nom de chrétiens abandonnaient maintenant le christianisme. Sa réplique était humiliante et trop vraie, mais elle ne lui servira pas un instant lorsqu’il se présentera devant le Seigneur Jésus-Christ pour le jugement.
Il est solennel que les hommes deviennent sceptiques, et cela, en raison de la conduite illusoire de beaucoup de professants, pour ne pas dire de vrais chrétiens. Nous devrions tous prendre cela à cœur. Je crois que, dans la mesure où nous ne marchons pas selon Christ, nous endurcissons le cœur des incroyants. Combien il est profane d’utiliser l’évangile pour rendre honnêtes des gens qui ne sont pas chrétiens du tout ! En effet, s’il ne s’agit que d’un credo, les hommes pensent qu’il y a peu de différence entre un chrétien et un incrédule.
5.2 - Le but de l’Esprit en nous
Bien que j’aie dit que le christianisme, même s’il est reçu extérieurement, avait réprimé l’immoralité ouverte et les méchancetés de toutes sortes, la seule chose pour le chrétien est de pouvoir dire et réaliser à tout moment : « Pour moi, vivre c’est Christ » – et pas seulement lui appartenir. Comment cela ? Par le Saint-Esprit donnant la puissance de la parole dans l’âme, le moi étant jugé de manière à ce que Christ soit tout. Que Dieu fasse en sorte qu’il agisse ainsi en nous tous ! Amen.