Le bon et le mauvais usage de la vérité

Source : STEM Publishing, titres ajoutés par Biblidocs

La question cruciale de son utilisation

La vérité peut être utilisée de manière mensongère ; elle peut également être utilisée de manière correcte, mais aussi d’une manière qui contredit l’objectif réel de ce qu’elle est véritablement, la révélation de Dieu.

Le véritable ennemi est Satan qui est menteur et le père du mensonge

Contre la vérité, notre ennemi juré, qui est « meurtrier dès le commencement, […] menteur et le père du mensonge » (Jean 8:44), s’efforce sans relâche d’empêcher le développement de son but légitime, soit en empêchant complètement son entrée dans le cœur de l’homme, soit en la pervertissant lorsque elle y est entrée. Telles sont les tactiques du diable systématiquement employées et, malheureusement, souvent couronnées de succès.

La première tactique est d’empêcher l’entrée de la vérité (elle concerne les incrédules)

L’apôtre Paul affirme cette première stratégie en 2 Cor. 4:4, où il décrit la méthode du dieu de ce siècle. Il écrit en effet à propos de ceux qui sont perdus que le diable « a aveuglé les pensées des incrédules ». C’est là le premier effort de Satan : une méthode pour fermer l’entrée de la Parole de Dieu.

La deuxième tactique est de pervertir la vérité reçue (elle concerne les croyants)

Son deuxième effort est celui de la perversion. Et, dans la mesure où celle-ci réussit, le véritable but pour lequel la vérité révélée nous a été donnée est empêché, généralement pour l’une des deux raisons suivantes.

Par la curiosité intellectuelle

C’est un instinct humain que de faire de la vérité un moyen de satisfaire sa curiosité ou d’étendre les limites de sa connaissance comme une fin en soi.

Mais aucun de ces deux objectifs n’est la raison pour laquelle la vérité a été révélée. Pourtant, cette tendance à utiliser la vérité divine pour satisfaire la curiosité spirituelle, comme un simple exercice mental, est un mal qui existe depuis des siècles. C’est ainsi qu’ont vu le jour une multitude de théories ingénieuses basées sur certains passages des Saintes Écritures. Des hommes se sont égarés par des découvertes imaginaires, enflés d’orgueil et gouvernés par un esprit rebelle. Ils ont détourné des âmes instables, en se disputant à propos de certains mots sans aucun profit, mais amenant, comme le dit l’apôtre, la subversion de ceux qui les écoutent (2 Tim. 2:14). Ils ont fait efficacement le jeu de l’ennemi en leur faisant perdre un temps précieux et en affamant les âmes par une spéculation théologique stérile et non pas en proposant Christ comme l’objet du cœur.

Les doctrines peuvent remplacer Christ comme le centre de la piété véritable

Assurément Christ est le Chemin, Il est aussi éminemment la Vérité. Les spéculations au sujet des prophéties non encore accomplies, de l’ordre ecclésiastique, ou même de certains dogmes tels que la prédestination, l’élection ou le baptême, ne doivent pas être une fin en soi, à laquelle l’esprit revient constamment. Ces spéculations font manquer lamentablement le but de la vérité, dont l’objectif est de nous faire connaître Christ lui-même, non pas de satisfaire notre curiosité, même si elle semble de nature spirituelle.

Détournement de la vérité de son véritable but pour en faire une étude purement analytique

L’observation révèle un fait indéniable qui est l’incapacité de l’homme à comprendre la raison et le but de la Révélation.

L’utilisation de la Parole écrite qui ne parvient pas à amener l’âme en présence immédiate de Celui qui est la Parole incarnée, le Fils de Dieu, que ce soit pour l’adorer ou pour recevoir de la consolation, de l’instruction ou une correction, est une perversion de l’intention divine et un mauvais usage de la vérité. Aussi gratifiant que cela puisse être pour une curiosité pseudo-spirituelle. Il faut se préserver tout particulièrement de cette deuxième méthode, apparemment plus innocente, d’un mauvais usage ou de la corruption de la vérité. Voyez l’engouement actuel dans certains cercles pour l’étude et l’analyse de la Bible, ou — comme l’a malheureusement formulé un théologien — la « maîtrise de la Bible » !

La dissociation entre la connaissance intellectuelle et la pratique

Les partisans de cette méthode professent accepter l’inspiration divine des Écritures, mais le résultat apparent de toutes leurs analyses et de leur soi-disant maîtrise de la Bible n’est que l’extension des limites de la connaissance intellectuelle et personnelle des écrits sacrés.

Cela serait à la fois souhaitable et réjouissant si le but recherché était une connaissance plus parfaite de la pensée révélée de Dieu afin de la mettre en pratique. Mais l’ennemi des âmes s’efforce ainsi subtilement de pervertir ce qui a été donné dont le vrai but est de former la conduite et de façonner le parcours du croyant.

Les incohérences pratiques

Il est en effet possible de maîtriser de manière tout à fait satisfaisante, par exemple, les épîtres du Nouveau Testament concernant l’Assemblée, tout en restant sectaire. Ainsi que d’accepter et d’enseigner la vérité du seul Corps de Christ comme elle est si clairement révélée dans la Parole écrite de Dieu, tout en ne reconnaissant aucune obligation pratique de la mettre en œuvre. De croire et d’enseigner la seigneurie absolue du Seigneur Jésus dans l’assemblée, tout en se soumettant, sans que cela pose problème, à des règles humaines dans la conduite du culte et du service. En bref, de faire un mauvais usage de la vérité, en y adhérant intellectuellement et admirant sa beauté, mais restant tout à fait libre d’ignorer ses implications et ses applications pratiques. Il s’agit là d’une situation anormale, d’un mauvais usage évident et même d’une grave altération du propos de Dieu.

La juste finalité de la vérité

Étudier la Parole de Dieu pour connaître plus précisément la volonté du Seigneur, afin de pouvoir l’accomplir plus soigneusement, est très éloigné de l’utilisation de la vérité comme un simple moyen d’élargir l’étendue de sa propre connaissance biblique. La première chose est conforme à la pensée du Seigneur, mais la seconde chose est dangereuse et trompeuse. Elle s’apparente à une mauvaise utilisation de la Parole de Dieu, car la connaissance de la pensée de Dieu est un privilège, et un privilège implique toujours une responsabilité.

Nous lisons quelque fois l’histoire de serviteurs qui connaissaient la volonté de leur Seigneur et ne l’ont pas faite.

« Pour celui qui sait faire le bien et qui ne le fait pas, pour lui c’est pécher » (Jacques 4:17).

L’orthodoxie doctrinale sans séparation réelle du mal

Satan atteint son but, par quelque moyen que ce soit, quand il dissuade les âmes de mettre en pratique la Parole du Seigneur dans leur vie quotidienne et dans leurs devoirs. La tendance clairement définie d’une grande partie de l’orthodoxie dans la chrétienté actuelle, répandue comme populaire, agréable et acceptable, est que l’on peut recevoir fidèlement la vérité révélée, accepter les Écritures comme la Parole de Dieu inspirée et infaillible, en oubliant que la vérité a normalement pour effet de nous séparer du mal. Rester malgré tout associé à toutes les croyances et théories contradictoires sur l’Église, que la vérité condamne, est une contradiction affligeante, elle produit et maintient cette confusion religieuse si étendue dans la chrétienté. N’oublions pas que la vérité, parce qu’elle est la vérité, est incorrigiblement intolérante et refuse de s’adapter à toute théorie humaine aussi séduisante soit-elle.

Le remède est un usage juste de la vérité

« Si vous savez ces choses, vous êtes bienheureux si vous les faites » (Jean 13:17).

La nécessaire méditation de la Parole de Dieu en vue de l’obéissance

Un autre point à souligner est que même les croyants qui ne sont pas liés par un système ecclésiastique ont besoin de se rappeler, comme cela nous est toujours enseigné par le moyen de Josué, par celui du psalmiste dans le Psaume 1, par Jacques dans le Nouveau Testament et par le Saint-Esprit, que le chemin de la véritable prospérité spirituelle, aujourd’hui, est la Parole écrite de Dieu, méditée en vue de la mettre en pratique de manière concrète. Que ce soit dans la conduite, dans le caractère du croyant et dans ses relations, elle sera la source de l’énergie de la foi, des vertus chrétiennes et une aide déterminante pour toutes les situations, et cela deviendra progressivement de plus en plus évident pour son âme.

La meilleure preuve chrétienne est le chrétien en action. « Sanctifie-les par la vérité. Ta parole est la vérité » (Jean 17:17).

Veillons donc à accorder une telle attention à la lecture et à la méditation de ces choses afin que le réel profit que nous en tirons puisse apparaître à tous.

L’exhortation finale

La Parole de Dieu lue avec révérence, avec un sentiment toujours croissant de la nécessité de dépendre du Saint-Esprit pour en comprendre véritablement le sens, conduira à une introspection et à une comparaison de la pratique réelle avec les saints préceptes qu’elle contient. Ainsi elle protégera efficacement le croyant contre le mauvais usage de la vérité révélée ; et en même temps, elle le conduira assurément à une utilisation correcte de ce qui est divinement déclaré être pour l’âme obéissante « une lampe à son pied, et une lumière à son sentier » (Psaume 119:105).

Nous avons de plus en plus besoin d’être ceints pour servir notre Seigneur, c’est-à-dire avoir les reins ceints de la vérité, pour les jours de combat. Puissions-nous chercher à nous attacher à Son nom et à Sa parole.

W.G.T.