Source : Brethren Archives
1 - Chapitre 1 — La clé de toute l’épître
Ces mots constituent la clé de toute l’épître, et chaque chapitre n’est que le développement de ce sujet. Ce qui est en effet dévoilé dans cette épître, c’est la vie d’un chrétien “céleste” encore sur la terre ; en d’autres termes, elle nous présente l’état normal du chrétien. Il est donc de la plus haute importance que nous nous mesurions à la lumière de cette vérité.
1.1 - Christ, centre de la vie, motif de toutes les actions et objet des affections
Car il n’y a en effet rien de plus essentiel que de pouvoir dire : « Pour moi, vivre c’est Christ ». Et il faut se rappeler que l’apôtre a écrit ces mots en parlant de lui-même, sous l’inspiration du Saint-Esprit. Si l’on objecte toutefois que Paul était un apôtre, la réponse est qu’il n’écrit pas cela de lui-même en tant qu’apôtre, mais en tant que simple croyant au Seigneur Jésus Christ ; un croyant qui, à ce moment-là, se trouvait dans des circonstances de grande épreuve et d’affliction, qui étaient de nature à le déprimer et à le décourager quant au service auquel il avait été appelé. Mais il était tellement sous l’emprise du Saint-Esprit qu’il triompha de toute son adversité, perdant de vue sa propre personne et ne pensant qu’aux intérêts de Christ. Ainsi, c’était un homme entièrement dévoué, pour qui Christ était tout, et qui nous est donc présenté comme un exemple pour tous les croyants.
1.2 - Un cœur rempli d’amour pour Christ
En premier lieu, nous devons nous demander ce que signifient les mots « Pour moi, vivre c’est Christ », et ensuite nous pourrons voir comment cela se concrétise dans le cas de l’apôtre. Il n’est guère nécessaire de dire que cela ne peut provenir que d’un certain état de cœur, et nous pouvons nous demander quel est cet état. Il est sûr que le cœur de l’apôtre était rempli par l’amour du Christ, que cet amour l’étreignait, et que cet amour avait fait naître en retour chez l’apôtre un amour intense pour son Seigneur et Maître. Nous pouvons être certains qu’un tel dévouement ne peut jaillir que d’une affection dévorante pour Christ, car en effet, elle est le débordement d’un cœur inondé par la jouissance de l’amour de Christ.
1.3 - La disparition du “moi”
Une autre chose peut être ajoutée. Lorsque l’apôtre a dit : « Pour moi, vivre c’est Christ », il ne voulait pas dire autre chose que le Christ était le motif et l’objet de toutes ses activités. Pour reprendre ses propres mots, il ne vivait plus lui-même, mais Christ vivait en lui ; la vie qu’il menait désormais dans la chair, il la menait dans la foi au Fils de Dieu, qui l’avait aimé et s’était livré pour lui. Telle est la perfection de la vie chrétienne : une vie dont le moi a entièrement disparu et qui n’a pour objet que Christ. Qu’il soit encore dit qu’une telle vie est accessible à tout chrétien.
1.4 - Paul de Tarse en prison à Rome
Après avoir exposé ce que recèlent les paroles de l’apôtre, nous pouvons nous demander comment cela s’est illustré dans la situation personnelle de l’apôtre. Tout d’abord, il faut se rappeler qu’à ce moment-là, il était prisonnier à Rome, avec la perspective d’un éventuel martyre. Jusqu’alors, il avait été un homme débordant d’activités, et il ne peut y avoir de plus grande épreuve pour un serviteur de Dieu que d’être privé de la possibilité de servir. Mais il ne restait pas inactif, car il vivait le Christ, et, comme nous l’avons dit, perdant de vue son propre moi, il ne considérait que l’impact de sa captivité pour les intérêts de Christ.
1.5 - Sa joie était dans l’avancement de l’Évangile
Il est merveilleux de lire ce qu’il dit : « Or, frères, je veux que vous sachiez que les circonstances par lesquelles je passe sont plutôt arrivées pour l’avancement de l’évangile ; en sorte que mes liens sont devenus manifestes comme étant en Christ, dans tout le prétoire et à tous les autres » (v. 12-13). Ce que l’apôtre veut dire, c’est que sa captivité était liée à son statut de serviteur de Christ, qu’au palais de César comme ailleurs, il était devenu évident à tous qu’il était prisonnier, non pas à cause de ses propres méfaits, mais simplement parce qu’il était engagé au service du Christ, et il savait manifestement que cela se transformerait en un témoignage en faveur de Celui à cause duquel il avait été arrêté.
1.6 - Pas perturbé par la motivation des autres
Plus encore, il nous dit que « la plupart des frères, ayant, dans le Seigneur, pris confiance par mes liens, ont beaucoup plus de hardiesse pour annoncer la parole sans crainte » (v. 14). Il y eut donc une activité accrue dans la proclamation de l’Évangile. C’était vrai, mais on lui rappela que beaucoup prêchaient le Christ, aussi par envie et par un esprit de dispute, croyant ajouter à ses liens de la tribulation supplémentaire ; mais d’autres par amour, sachant qu’il avait été établi pour la défense de l’Évangile.
Il s’agissait assurément d’une situation mitigée, et certains auraient pu se laisser abattre à cause de cela, mais que dit celui qui pouvait affirmer : « Pour moi, vivre, c’est Christ » ? « Quoi donc ? – Toutefois, de toute manière, soit comme prétexte, soit en vérité, Christ est annoncé ; et en cela je me réjouis et aussi je me réjouirai » (v. 18).
1.7 - Son détachement total de lui-même
Abandonnant à nouveau toute considération de lui-même, il se réjouissait à l’idée que quels que soient les motifs de certains prédicateurs, le Christ était annoncé plus abondamment. Il savait bien que Dieu pouvait utiliser ce témoignage pour l’accomplissement de ses propres desseins, quels que soient les motivations des prédicateurs. De plus, il était tellement détaché de lui-même qu’il pouvait se réjouir de l’œuvre des autres si le Christ était prêché.
1.8 - La perspective spirituelle de sa situation
Il poursuit en disant : « Car je sais que ceci me tournera à salut par vos supplications et par les secours de l’Esprit de Jésus Christ, selon ma vive attente et mon espérance que je ne serai confus en rien, mais qu’avec toute hardiesse, maintenant encore comme toujours, Christ sera magnifié dans mon corps, soit par la vie, soit par la mort. Car pour moi, vivre c’est Christ ; et mourir un gain » (v. 19-21). Il vivait le Christ comme apôtre, se confiait en Dieu, tout en marchant par la foi et non par la vue. Il était ainsi en mesure de dire : « Car je sais que ceci me tournera à salut » (v. 19), au sens de sa délivrance. C’est-à-dire qu’il le savait au plus profond de son âme, car le mot savoir renvoie à une connaissance consciente.
1.9 - Sa confiance en Dieu au-dessus de toutes les circonstances
Ainsi, au plus profond de son âme, par la puissance de l’Esprit, élevé au-dessus de toutes ses circonstances, il était intérieurement assuré que Dieu accomplissait ses propres desseins. Il pouvait se reposer sereinement, par la connaissance qui lui était communiquée, et dans la confiance que Dieu, et non l’homme, déciderait de l’issue de sa captivité.
1.10 - Les ressources de l’apôtre Paul
Il existait cependant des instruments pour l’accomplissement du dessein de Dieu. Ceux-ci étaient, premièrement, les prières des saints que Paul se réjouissait toujours d’associer aux siennes pour ses besoins et ses difficultés. Deuxièmement, il connaissait également les secours de l’Esprit de Jésus Christ, ce que le Christ a connu lui-même au milieu de ses épreuves, de ses souffrances et de ses persécutions.
Grâce à ce soutien qu’il anticipait, il était capable de contempler son éventuel destin de martyr sans aucun regret, et même comme une occasion de rendre gloire à Christ. Comme il le dit en effet :
Son unique but était que Christ soit magnifié dans sa vie et dans sa mort.
« selon ma vive attente et mon espérance que je ne serai confus en rien, mais qu’avec toute hardiesse, maintenant encore comme toujours, Christ sera magnifié dans mon corps, soit par la vie, soit par la mort » (v. 20). Autrement dit, si l’apôtre était délivré de sa captivité, il se réjouissait à l’idée de pouvoir magnifier le Christ dans sa vie quotidienne et son service. Si, en revanche, il était condamné à la mort et jeté aux lions, il comptait sur Dieu pour transformer cette occasion en un témoignage pour le Christ. En d’autres termes, il considérait son corps simplement et uniquement comme un instrument pour manifester le Christ, que ce soit « par la vie ou par la mort ». Cela explique la raison qu’il donne : « Car pour moi, vivre c’est Christ ; et mourir, un gain » (v. 21).
1.11 - Le gain de Paul
Et qui peut estimer l’immensité du gain pour l’apôtre ? Regardez-le, par exemple, enchaîné au soldat romain dans sa captivité, puis imaginez-le “absent du corps” et “présent auprès du Seigneur”, auprès de ce Seigneur qui lui était apparu sur le chemin de Damas, l’avait appelé par Sa grâce, l’avait choisi pour Son service, et désormais comme étant pour toujours avec Lui, et l’on comprendra un peu l’immensité de son gain. Qu’était la mort pour un tel homme ? Seulement le chemin vers la présence de Celui qui l’avait aimé et s’était donné pour lui. Peu importait donc ce que les autorités de Rome pouvaient faire à leur prisonnier, qui était ainsi capable de triompher de toute l’opposition que l’ennemi pouvait lui opposer, car il était au-dessus de tout cela ; et le secret en était qu’il était capable de dire : « Pour moi, vivre c’est Christ ; et mourir un gain ».
1.12 - L’apôtre Paul comme exemple
Qu’en est-il de nous-mêmes ? Est-ce notre désir d’avoir le même langage que Paul ? Considérons-nous notre corps comme un vase destiné à manifester le Christ ? Lorsque nous nous levons le matin, voyons-nous la journée à venir comme une nouvelle occasion de magnifier le Christ, de rendre le Christ grand ? On peut répéter que Paul, en ce point précis, est un exemple pour chaque croyant, et s’il y a seulement le désir et la résolution dans le cœur de suivre ses traces, la grâce nécessaire sera accordée, que notre chemin soit dans l’obscurité ou à la lumière du jour.
2 - Chapitre 2 — La condition nécessaire, c’est d’avoir la pensée de Christ
Il peut être utile, à ce stade, de souligner le lien entre les différents chapitres de notre sujet. Il a déjà été noté que vivre Christ est le thème de l’épître. Cela est développé, comme nous l’avons vu, dans le premier chapitre, en lien avec la situation personnelle de Paul. Au chapitre 2, notre attention est détournée de l’apôtre pour se porter sur Christ lui-même. Cela vise à montrer que sans avoir la pensée de Christ, il est impossible de vivre Christ. Nous trouvons alors en un mot la puissance nécessaire pour vivre Christ. Au chapitre 3, les caractéristiques de celui qui vit Christ nous sont présentées. Cela permettra au lecteur de suivre plus intelligemment le déroulement du sujet.
Au chapitre 2, nous pouvons souligner, tout d’abord, la manière dont l’apôtre introduit cette partie de son sujet. Les saints de Philippes avaient exprimé leur affection pour Christ en pourvoyant aux besoins de Paul.
2.1 - Le cœur sensible de l’apôtre Paul
Il en fut profondément touché et qualifie ce service “d’une consolation en Christ”, “d’un soulagement d’amour”, “d’une communion de l’Esprit”, “de tendresse”, et c’est sur cela qu’il fonde son appel. Reconnaissant avec gratitude leur service, il ouvre son cœur désirant pour eux qu’ils puissent répondre plus pleinement à la pensée de Christ et ainsi accomplir sa joie.
2.2 - Son exhortation à l’unité et à l’humilité
Et que désire-t-il pour eux ? D’abord, qu’il y ait une parfaite unité entre eux. Ensuite qu’il y ait une humilité telle, qu’ils s’estiment les uns les autres plus qu’eux-mêmes. C’est-à-dire qu’ils soient tous marqués par le don de soi, afin qu’ils prennent soin les uns des autres.
2.3 - Christ le modèle parfait à suivre
Ce n’est toutefois que l’entrée en matière de son sujet. Il rassemble toutes ces pensées que l’Esprit le conduit à exprimer, et les inclut toutes dans l’exhortation : « Qu’il y ait donc en vous cette pensée qui a été aussi dans le christ Jésus » (v. 5). La raison de cette exhortation, comme nous l’avons déjà dit, est que sinon il serait impossible de vivre Christ.
Demandons-nous donc quelle est cette disposition du Christ dont parle l’Apôtre ? Pour reprendre ce qu’exprime Paul, nous pourrions le résumer en une phrase : « En tant que Dieu, il s’est dépouillé ; en tant qu’homme, il s’est humilié jusqu’à la mort sur la croix ». L’esprit de Christ consistait donc à descendre des hauteurs les plus élevées vers les profondeurs les plus basses. D’une hauteur que nous ne pouvons concevoir dans son exaltation vers une profondeur tout aussi incompréhensible, car elle impliquait la mort sur la croix ! Ce sera un sujet d’émerveillement et d’adoration pour l’éternité ; mais notre objectif n’est pas tant ici de nous attarder sur cette infinie humilité de la grâce que de souligner son incidence sur le sujet qui nous occupe. La chose importante, c’est qu’il doit y avoir en nous cette pensée qui était dans le Christ, si nous désirons qu’Il se manifeste dans notre vie – dans notre marche et notre conduite ici-bas.
2.4 - L’application pratique pour le croyant
Examinons donc plus particulièrement ce qu’est cette pensée du Christ appliquée à nous-mêmes. Il s’agit simplement de s’abaisser, en cherchant toujours à prendre la place la plus basse, en toutes circonstances dans le peuple de Dieu. Si donc l’un d’entre nous désire se rapprocher du Christ, ce ne peut être qu’en s’abaissant.
2.5 - Christ le modèle parfait de l’abaissement
Cela peut être illustré par un incident de la vie même du Seigneur. Lorsqu’à une occasion les disciples se disputaient pour savoir qui serait le plus grand, Il leur rappela qu’ils étaient gouvernés par l’esprit du monde ; puis, après leur avoir dit qu’il ne devait pas en être ainsi parmi eux, Il leur donna Son propre exemple en disant : « Or moi, je suis au milieu de vous comme celui qui sert » (Luc 22:27). Même auprès de ses proches, son intention était de s’abaisser et de prendre la place la plus basse. Cependant c’est dans la mort de la croix qu’il a atteint la place la plus basse. Ainsi, il était prééminent dans l’humiliation comme il l’est maintenant dans l’exaltation. Si, cependant, nous avons la pensée du Christ et que nous nous abaissons de plus en plus, nous ne pourrons jamais atteindre la place où il a été. Nous pouvons descendre jusqu’à la mort, mais Lui seul a pu descendre jusqu’à la mort de la croix. N’oubliez donc pas, cher lecteur, que ce n’est qu’en s’abaissant que nous pouvons vivre Christ.
2.6 - Les versets 9 à 11 de Philippiens 2 forment une parenthèse
Il est assez remarquable que les versets 9 à 11 forment une parenthèse, car le verset 12 se rattache en réalité au verset 8. C’est dans cette parenthèse que nous trouvons l’exaltation de Christ – l’exaltation étant la conséquence de son humiliation. Nous voyons en effet Dieu, dans la joie de son cœur, intervenir et élever Celui qui l’avait glorifié dans sa mort ; et l’asseoir dans une suprématie absolue à sa droite, le seul lieu digne pour Celui qui est mort à la Croix. C’est en effet l’illustration du principe que le Seigneur lui-même avait enseigné durant sa vie : « Celui qui s’abaisse sera élevé » (Luc 14:11). Cela nous enseigne que notre élévation future correspondra à notre humiliation ici-bas.
2.7 - Obéir sans murmures et servir dans la dépendance
L’apôtre indique ensuite la manière dont la pensée de Christ doit s’exprimer. C’est, en un mot, par l’obéissance. Il dit : « Ainsi donc, mes bien-aimés, de même que vous avez toujours obéi, non seulement comme en ma présence, mais beaucoup plus maintenant en mon absence, travaillez à votre propre salut avec crainte et tremblement : car c’est Dieu qui opère en vous et le vouloir et le faire, selon son bon plaisir » (v. 12-13). Sans nous attarder à exposer ces paroles, nous pouvons passer à la signification de l’exhortation du verset 14 : « Faites toutes choses sans murmures et sans raisonnements, afin que vous soyez sans reproche et purs, des enfants de Dieu irréprochables, au milieu d’une génération tortue et perverse, parmi laquelle vous reluisez comme des luminaires dans le monde » (v. 14-15). Le Seigneur, il va sans dire, n’a jamais murmuré et n’a jamais discuté (raisonné). Et pourquoi ? Parce qu’Il était toujours dépendant et toujours obéissant. Et nous ne murmurerons jamais et ne raisonnerons jamais si nous avons Sa pensée ; et souvenez-vous que Sa pensée est nécessaire pour vivre Christ.
2.8 - Deux exemples concrets de cet esprit
Nous pouvons maintenant attirer brièvement l’attention sur les deux illustrations de la pensée de Christ que l’on trouve dans la dernière partie du chapitre. Ce qui caractérisait la pensée de Christ, c’était, pour ainsi dire, de ne pas se soucier de ses propres affaires, dans la mesure où il s’est dépouillé de sa réputation et s’est humilié en devenant obéissant jusqu’à la mort, la mort même de la croix. Ces deux traits sont illustrés chez Timothée et Épaphrodite.
2.9 - Les exemples de Timothée et d’Épaphrodite
L’apôtre dit du premier : « Je n’ai personne qui soit animé d’un même sentiment avec moi pour avoir une sincère sollicitude à l’égard de ce qui vous concerne ; parce que tous cherchent leurs propres intérêts, non pas ceux de Jésus Christ » (v.20-21).
2.10 - Des précisions concernant Épaphrodite
À propos d’Épaphrodite, l’apôtre dit qu’« il a été malade, fort près de la mort » (v.27). Il ne pouvait bien sûr rien y faire, car n’importe lequel d’entre nous aurait pu se trouver dans la même situation. Mais ensuite, Paul dit d’Épaphrodite que « pour l’œuvre, il a été proche de la mort » (v. 30).
Il est assez remarquable que l’expression “proche de la mort” soit tout à fait différente de celle utilisée en rapport avec sa maladie. Elle est en effet la même que celle employée pour le Seigneur lorsqu’il est dit qu’Il devenu obéissant jusqu’à la mort. Épaphrodite est donc descendu vers la mort, bien qu’il lui fût impossible de descendre, comme le Seigneur l’a fait, vers la mort de la croix.
Si l’on demande pourquoi ces deux exemples sont donnés ici, nous pouvons dire que c’est pour répondre à l’objection selon laquelle il est impossible de suivre un chemin tel que celui que le Seigneur a suivi lui-même. L’Esprit de Dieu nous présente Christ sur ce merveilleux chemin d’humiliation pour nous montrer qu’il n’y a pas d’autre moyen de s’exprimer que de marcher sur ses traces. En d’autres termes, comme nous l’avons déjà dit, pour vivre Christ, nous devons avoir la pensée de Christ, et deux exemples nous sont donnés de croyants qui, à leur mesure, ont suivi le même chemin.
3 - Chapitre 3 — La puissance pour vivre Christ
Ensuite, nous trouvons au chapitre 3 le secret de la puissance pour vivre le Christ. Au chapitre 2, Christ est présenté dans la grandeur de sa grâce, descendant des hauteurs les plus élevées de la gloire jusqu’aux profondeurs les plus basses de l’humiliation, et le cœur ne peut qu’être touché par la contemplation d’un exemple aussi merveilleux. Au chapitre 3, en revanche, le Christ est vu comme glorifié à la droite de Dieu, Celui dans la face duquel se manifeste toute la gloire de Dieu, c’est-à-dire, en un mot, comme l’Homme glorifié.
3.1 - La rupture de Paul avec son passé
Mais s’il est nous présenté ainsi, c’est en relation avec son serviteur Paul ici-bas ; et si c’est en relation avec Paul, c’est ce qu’Il est aussi en relation avec tous les siens. Nous pouvons alors examiner l’effet de cet abaissement sur Paul afin d’apprendre comment la puissance de cet abaissement agit sur le croyant. Après les trois premiers versets du chapitre 3, l’apôtre nous raconte ce qu’il était en tant qu’homme dans la chair, et les avantages dont il avait joui par sa naissance, son éducation et sa religion. L’une des choses remarquables chez Paul est qu’il était un homme exemplaire dans la chair, tout autant qu’un chrétien exemplaire et un serviteur exemplaire.
3.2 - La révélation de Christ et ses conséquences pour Paul
La question est maintenant de savoir ce qui a pu détacher cet homme de la position qu’il occupait avant sa conversion. Lié au judaïsme par tant de liens, et éminent parmi ses coreligionnaires, tant par son caractère que par son zèle, où était la puissance qui a pu l’éloigner de ses avantages si chers et si aimés, auxquels il s’accrochait en effet avec toute l’ardeur de ses convictions ? La réponse se trouve dans l’histoire de sa conversion, qu’il résume ici en un seul verset : « Mais les choses qui pour moi étaient un gain, je les ai regardées à cause du Christ comme une perte » (v.7). Cela ne signifie pas qu’il considérait ces choses comme une perte afin de gagner Christ, mais que la révélation du Christ dans sa gloire à son âme lui a montré la futilité de toutes les possessions et associations dans lesquelles il avait vécu, l’a arraché à tout cela, afin qu’il puisse posséder comme son gain Celui qui s’était révélé à lui sur le chemin de Damas.
Et puis il ajoute : « Et je regarde même aussi toutes choses comme étant une perte, à cause de l’excellence de la connaissance du christ Jésus, mon Seigneur, à cause duquel j’ai fait la perte de toutes et je les estime comme des ordures, afin que je gagne Christ » (v.8) (c’est-à-dire afin d’avoir Christ comme mon gain).
3.3 - La poursuite constante de Paul
Arrête-toi, cher lecteur, et remarque ceci. L’apôtre dit qu’il “a regardé” au verset 7, et au verset 8, “je regarde”. Quand il dit qu’il a regardé, il se réfère au moment de sa conversion. Puis quand il dit “je regarde”, c’est l’estimation de son esprit au moment où il écrit l’épître. La signification réside dans le fait que vingt-huit ans, ou à peu près, s’étaient écoulés depuis le moment de sa conversion, et nous constatons que la puissance qui agissait sur lui lorsque le Seigneur lui est apparu pour la première fois agissait toujours sur lui pendant sa captivité à Rome. Cela se voit dans le fait qu’il porte le même jugement sur les choses auxquelles il avait été lié autrefois qu’au commencement.
3.4 - Connaître Christ et lui ressembler, la puissance de son attraction
En d’autres termes, la puissance agissait de manière constante dans l’âme de l’apôtre, et la raison en était que le Christ était son objet absorbant.
3.5 - L’exemple de Lévi attiré par la Personne de Jésus (Luc 5:27)
L’effet de cette puissance peut être illustré par une référence à Lévi. Assis au bureau de recettes, et occupé à ses tâches habituelles, le Seigneur passa près de lui et lui dit : « Suis-moi ». Et il quitta tout, se leva et le suivit. Quelle était la puissance qui a permis à Lévi de tout quitter et de suivre le Christ ? Ce n’était certainement pas l’ordre en lui-même, mais c’était la Personne de Christ qui l’a détaché de tout son environnement et l’a attiré à sa suite. Par cet ordre unique, Christ s’est ancré dans le cœur de Lévi et l’a contraint à le suivre.
3.6 - La nécessité que les affections soient engagées pour Christ
Tant que les affections ne sont pas engagées, il est impossible d’obéir à son ordre. Il y a en effet bien des chrétiens qui n’ont jamais cherché à atteindre Christ lui-même, et c’est là que réside toujours la faiblesse. Nous devons aller au-delà de tout jusqu’à ce que nous l’atteignions, c’est-à-dire que nous devons passer de l’autre côté où il se trouve par l’appropriation de sa mort.
Mais pour cela, il faut que Christ possède nos cœurs, car l’amour pour Lui-même est la seule chose qui nous permettra d’accepter la mort de notre moi et la vie ici-bas, afin qu’Il soit notre vie. Il en est ainsi de l’apôtre dans notre chapitre. Lorsque le Seigneur lui est apparu dans la gloire, Il s’est révélé à son cœur, ou du moins à travers les épreuves qui ont suivi, et dès lors, Paul fut un captif consentant aux pieds du Seigneur.
3.7 - L’abandon de tous les avantages du passé
Non seulement cela, mais il a mesuré tout ce qui avait été un gain pour lui à la lumière de la gloire de Celui qui l’avait rencontré. Il a vu la futilité de tout ce qu’il avait avant de le connaître, des choses qu’il considérait comme précieuses. L’excellence de la connaissance du christ Jésus le Seigneur a relégué toutes choses dans l’ombre, et pour cela il a joyeusement supporté la perte de toutes ces choses, les considérant comme des ordures afin d’avoir Christ seul pour son gain.
3.8 - Le but glorieux de l’apôtre Paul
Il voyait désormais que sa propre justice, qu’il s’était efforcé avec tant de zèle de perfectionner, était comme un vêtement souillé, et il désirait être trouvé en Christ, n’ayant pas sa propre justice, qui est celle de la loi, mais celle de Dieu qui vient par la foi en Christ (Phil. 3:9). Plus encore : son cœur était tellement dominé par Celui qui, dans sa grâce, l’avait cherché, que tout son désir était de « le connaître, lui, et la puissance de sa résurrection, et la communion de ses souffrances, étant rendu conforme à sa mort, si en quelque manière que ce soit je puis parvenir à la résurrection d’entre les morts » (v. 10-11). Ce but glorieux – la résurrection d’entre les morts – remplissait tellement l’âme de l’apôtre, car alors il serait conformé à l’image de Celui qui s’était révélé à lui, qu’il était prêt à traverser tout et n’importe quoi, même une mort de martyr comme celle d’Étienne, afin de l’atteindre.
3.9 - Son désir d’être conforme à l’image du Fils de Dieu
Ces considérations montreront comment l’intense énergie spirituelle qui se manifeste chez l’apôtre dans ce chapitre a été produite dans son cœur, sans laquelle, qu’on le remarque bien, il n’aurait pas pu dire : « Pour moi ; vivre c’est Christ ». Comme le montre le verset suivant, il était tellement submergé par la contemplation du Christ que toute son âme se déversait dans le désir intense de poursuivre jusqu’à ce qu’il l’atteigne et lui ressemble. Il dit ainsi : « Non que j’aie déjà reçu [le prix] ou que je sois déjà parvenu à la perfection ; mais je poursuis, cherchant à le saisir, vu aussi que j’ai été saisi par le Christ » (v. 12). C’est-à-dire qu’il était en pleine communion avec l’objectif que le Christ avait en vue lors de sa conversion. Car, outre l’objet de son appel au service, le dessein divin était que ce premier des pécheurs fût conforme à l’image du Fils de Dieu. Ce n’était pas seulement l’objectif de Dieu, mais aussi celui de l’apôtre.
3.10 - Le secret de la croissance spirituelle
Et c’est là que réside le secret de toute croissance spirituelle, car tant que nous ne sommes pas en phase avec les pensées de Dieu à notre égard, nous n’atteindrons jamais la hauteur de notre vocation. Que l’apôtre l’ait fait ressort clairement des deux versets suivants : « Frères, pour moi, je ne pense pas moi-même l’avoir saisi ; mais je fais une chose : oubliant les choses qui sont derrière et tendant avec effort vers celles qui sont devant, je cours droit au but pour le prix de l’appel céleste de Dieu dans le christ Jésus ». On voit ici l’apôtre dont la vision est remplie de la gloire du but, indifférent, sinon aveugle, à tout ce qui l’entoure, tendant avec effort dans la puissance de l’Esprit, courant, tel un athlète, vers la fin et l’accomplissement de toutes ses espérances.
3.11 - Un court résumé de ce qui précède
On peut facilement percevoir l’effet de cela sur la vie de l’apôtre si l’on se rappelle quelques détails. Nous avons vu que le Seigneur l’avait dépouillé de lui-même et de tous ses avantages en tant qu’homme, et avait si complètement conquis son cœur qu’il ne désirait que Le connaître plus pleinement, Le posséder comme l’objet absorbant de ses affections, et être comme Lui à la fin de sa course. Le résultat, par conséquent, était qu’il devenait chaque jour davantage semblable à l’Objet de son cœur ; et il faut toujours se rappeler que nous n’exprimons de Christ que dans la mesure où nous lui ressemblons réellement. Mais cet homme, qui avait renoncé à tout autre objet que Christ, a été rapidement transformé à son image, n’ayant d’autres motifs que ceux qu’il tirait de Lui, et d’autre fin que la gloire de Celui dont il avait goûté et joui l’amour. Cela étant, nous pouvons comprendre comment l’Esprit de Dieu l’a conduit à écrire : « Pour moi, vivre c’est Christ » ; et que la puissance pour cela ne venait pas de lui-même, mais du Christ glorifié, qui, dans sa grâce bénie, avait cherché et trouvé celui qui, jusqu’alors, avait été son ennemi et le persécuteur de son peuple.
3.12 - La bourgeoisie et l’espérance du chrétien
La fin du chapitre révèle la demeure des affections de l’apôtre et le secret de son dévouement. Il dit, après avoir exprimé sa tristesse à l’égard de certains qui étaient les ennemis de la croix du Christ et qui s’attachaient aux choses terrestres : « Notre bourgeoisie » (par opposition à la catégorie qu’il vient de mentionner) « est dans les cieux, d’où aussi nous attendons le Seigneur Jésus Christ [comme] Sauveur, qui transformera le corps de notre abaissement en la conformité du corps de sa gloire, selon l’opération de ce pouvoir qu’il a de s’assujettir même toutes choses. » (v. 20-21). Nous apprenons ainsi que tous ses intérêts étaient dans les cieux, et que sa seule attente pour l’avenir était la venue de notre Seigneur béni. Qui transformera alors son corps à l’image du corps glorifié du Seigneur par la puissance de sa vie de résurrection. En attendant, il avançait sans relâche, comme nous l’avons déjà vu, afin d’atteindre ce but merveilleux.
Le lecteur ne manquera pas de remarquer, d’après ce qui a été souligné, que la puissance qui agissait sur l’apôtre dans son cheminement quotidien descendait de Christ dans sa gloire, qu’elle agissait constamment sur son âme et produisait en lui cette merveilleuse énergie qui se manifestait dans son Christ vivant. Christ lui-même, nous le répétons, remplissait la vision de son âme ; il ne désirait rien voir d’autre à cause de la gloire de la lumière qui avait jailli sur lui, et c’est ainsi qu’il se consacrait jour après jour, avec un regard unique, à répondre à la pensée de Dieu telle qu’elle était déclarée dans ses desseins révélés.
3.13 - Un appel à être les imitateurs de Paul et à contempler Jésus Christ
C’était un homme avec un seul objet, un seul but, une seule fin, et la fin qu’il avait en vue était Christ lui-même, car il dit : « Je poursuis, cherchant à le saisir, vu aussi que j’ai été saisi par le Christ » (v.12). Et n’oublions pas que l’Apôtre est ici aussi un modèle pour tout chrétien, car il dit lui-même : « Soyez tous ensemble mes imitateurs, frères, et portez vos regards sur ceux qui marchent ainsi selon le modèle que vous avez en nous » (v. 17). Nous ne sommes donc jamais, cher lecteur, dans l’esprit du Christ, à moins de marcher en ce sens sur les traces de Paul. Car il est évident que Dieu n’a d’autre but pour le chrétien que la conformité totale à l’image de son Fils bien-aimé. Demandons-nous donc si tel est aussi notre but, si nous poursuivons cet objectif. Quant à la transformation du corps, ce sera l’œuvre du Seigneur lui-même lorsqu’il appellera ses saints endormis hors de leurs tombes ; mais il existe des moyens à notre portée pour croître dès maintenant en conformité morale avec lui, et c’est en contemplant sa gloire (2 Cor. 3:18). Que le Seigneur se révèle ainsi à chacun de nous, au cœur et aux affections de son peuple bien-aimé, afin que nous soyons irrésistiblement attirés vers cette sainte occupation et que nous soyons constamment absorbés dans la contemplation de sa gloire.
4 - Chapitre 4 — Les caractéristiques de la vie de l’apôtre
Au chapitre 4, nous voyons d’abord quelles sont les caractéristiques d’un chrétien vivant de Christ. En nous référant uniquement aux exhortations contenues dans les trois premiers versets, il demeure ferme dans le Seigneur, et il est uni et dans une communion pratique avec les croyants de son assemblée locale. Puis nous arrivons à la caractéristique la plus marquante.
4.1 - La joie dans le Seigneur dans toutes les circonstances
C’est de « se réjouir toujours dans le Seigneur », et pour lui donner une force supplémentaire, il ajoute : « encore une fois, je vous le dirai : réjouissez-vous » (v. 4). Remarquez bien qu’il ne s’agit pas de se réjouir en Jésus en tant que Sauveur, mais dans le Seigneur, c’est-à-dire en Celui en qui Dieu a investi toute puissance et toute autorité, que le Seigneur exerce en faveur des siens. Cette joie sera une caractéristique inébranlable de celui qui vit pour Christ, et on peut la comprendre si on se remémore les circonstances que traversait Paul.
Apparemment sous le pouvoir d’un homme cruel, il savait, comme le Seigneur l’avait dit à Pilate, que celui-ci n’avait aucun pouvoir si ce n’était celui qui lui était donné du ciel, et donc que l’issue de sa captivité ne dépendait pas de Néron mais du Seigneur à la droite de Dieu. Il pouvait donc se réjouir en Lui avec la conviction que même sa captivité n’était que l’expression de la volonté de son Seigneur. Quelle bénédiction que de relier ainsi tout à la volonté du Seigneur, et cela nous permettra de nous réjouir constamment en Lui.
4.2 - La douceur
La caractéristique suivante se trouve dans les mots : « Que votre douceur soit connue de tous les hommes » (v. 5), et cela ne sera pas difficile si nous marchons véritablement dans la puissance de l’Esprit, lorsque nous nous souvenons, comme le dit l’Apôtre, que « le Seigneur est proche ». Nous comprenons par-là que l’apôtre ne veut pas dire que le Seigneur est près de nous, comme on le souligne souvent, ce qui est toujours vrai, mais plutôt que le Seigneur revient bientôt. En vivant dans cette attente, nous ne serons pas tentés d’insister sur nos droits, nous pourrons alors être doux ou conciliants envers tous. Le Seigneur lui-même en a donné l’exemple, et celui qui vit en Christ marchera sur ses traces. Comme il est merveilleux que l’un de ses traits puisse se manifester dans nos vies, de sorte que, sans jamais rien réclamer, sans jamais insister sur nos droits, mais en donnant toujours, nous ne désirions qu’une chose : que la vie de Jésus, par l’application à nous-mêmes de la vérité de sa mort, se manifeste dans notre corps !
4.3 - La paix
De plus, le chrétien qui se trouve dans cet état sera libéré de toute anxiété, comme le dit l’apôtre :
« Ne vous inquiétez [ou ne soyez pas anxieux] de rien ». Il faut noter avec soin que cela ne se réalisera jamais en dehors de l’état décrit précédemment, et même alors, l’apôtre indique avec soin la manière dont nous sommes délivrés de l’anxiété. Cela réside dans l’habitude de se présenter devant Dieu pour tout ce qui pourrait être un souci, et de confier tout ce qui pourrait peser sur le cœur, dans la prière et la supplication accompagnées d’actions de grâces, faisant ainsi connaître nos demandes à Dieu. Lorsque cela est fait, l’Apôtre nous assure que « la paix de Dieu, laquelle surpasse toute intelligence, gardera vos cœurs et vos pensées dans le Christ Jésus » (v. 7). Si le cœur est ainsi gardé, quel souci pourrait s’y glisser ? Car il vivrait alors dans la lumière perpétuelle de l’amour de Dieu. Quelle part de bonheur pour l’âme dans un monde d’agitation et de confusion ! Et cela, cher lecteur, peut être votre part, et le sera si vous vivez en Christ.
4.4 - La pureté des pensées
L’apôtre poursuit ensuite en indiquant la nature des choses qui occuperont l’esprit de ceux qui vivent en Christ. Et quelles sont-elles ? Ce sont des choses honnêtes, justes, pures, aimables et de bonne réputation, et il ajoute : « s’il y a quelque vertu et quelque louange, – que ces choses occupent vos pensées » (v. 8). Cette exhortation englobe beaucoup de choses, tant les sujets de notre conversation que ceux de notre méditation, ainsi que la nature des livres que nous lisons. Tout ce qui n’est pas conforme aux choses mentionnées par l’apôtre doit être rejeté, si l’on veut que l’esprit soit préservé dans la puissance de l’Esprit, et que la vie de Christ se manifeste dans notre marche et notre conduite. Puis, guidé par l’Esprit de Dieu, il se désigne une fois de plus comme un exemple, ce qui n’était possible pour lui que parce qu’il vivait lui-même en Christ. « Ce que vous avez et appris, et reçu, et entendu, et vu en moi, faites ces choses », dit-il. Et puis il ajoute : « le Dieu de paix sera avec vous » (v. 9) – non pas simplement la paix de Dieu, mais Dieu lui-même, en tant que Dieu de paix, sera avec ceux qui marchent à l’exemple de l’apôtre.
4.5 - La force et la suffisance en Christ
Le lecteur doit découvrir par lui-même les détails de la fin du chapitre, qui doivent tous être lus en relation avec le sujet de l’épître. Nous pouvons toutefois attirer l’attention sur un ou deux points. Par exemple, il nous dit qu’il avait appris, non pas exactement dans quelque état que ce soit où il se trouvait, mais dans les circonstances où il se trouvait, à être content, ou à être satisfait ; c’est-à-dire qu’ayant le Christ, et trouvant sa satisfaction en Lui, il était complètement indépendant de toutes les circonstances qui l’entouraient. Le secret nous est révélé au verset 13 : « Je puis toutes choses en celui qui me fortifie ». Il en sera toujours ainsi : si Christ gouverne nos affections, il nous fortifiera pour chaque chemin dans lequel il nous appelle.
4.6 - Désirer vivre à un niveau spirituel plus élevé
Il faut garder à l’esprit, comme cela a été indiqué à maintes reprises, que seuls ceux qui sont capables de dire, à leur manière : « Pour moi, vivre c’est Christ » manifesteront ces caractéristiques bénies. Mais le point sur lequel le Seigneur voudrait insister dans nos âmes est de savoir si nous sommes animés par un véritable engagement du cœur pour atteindre ces sommets de la vie spirituelle. Pour la plupart, nous vivons à un niveau si bas, et hélas ! nous nous en contentons tellement, que nous oublions qu’il existe des régions plus élevées vers lesquelles le Seigneur nous invite sans cesse à monter. La pensée de la gloire dans laquelle nous entrerons à son avènement suffit à beaucoup d’entre nous, tandis que nous oublions qu’il nous est possible, dès maintenant, de vivre constamment en sa présence et sous le rayonnement de sa grâce.
4.7 - Faire de Christ notre tout dans la vie
Mais pour en jouir, il faudra porter notre croix ici-bas et renoncer à bien des choses auxquelles la nature aspire. Il ne faut toutefois jamais oublier que Christ lui-même est notre seule et véritable bénédiction, et que nous ne vivons jamais pleinement pour Dieu tant que le Christ n’est pas devenu tout pour nous.
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