L’attachement et la consécration à Christ

2 Samuel 23:13-17

Source : STEM Publishing, plan ajouté par Biblidocs

La situation actuelle autour de nous est très déroutante. C’est un jour de pauvreté et de faiblesse. Se vanter ou être présomptueux ne convient pas à ceux qui ont “peu de force”. Quelqu’un a dit : “Si je regarde en moi, je suis misérable ; si je regarde autour de moi, je suis confus ; mais si je regarde en haut, tout est beau et lumineux”. Il est donc inutile de gaspiller notre temps à regarder là où il n’y a que déceptions à attendre.

Rechercher Christ

« Chercher les choses qui sont en haut, où le Christ est assis »

Quelqu’un pourrait dire : C’est une belle théorie, mais n’avons-nous aucune responsabilité dans les domaines “en moi” et “autour de moi” ? Et n’est-il pas important d’y répondre ? La réponse est oui. Et la meilleure façon d’y répondre, c’est : « pensez aux choses qui sont en haut, non pas à celles qui sont sur la terre », c’est-à-dire d’être occupé de Christ, là où Il est, car c’est le moyen d’acquérir ce que rien ne peut obscurcir ou ôter. Et lorsqu’il en est ainsi, les responsabilités que nous avons évoquées sont accomplies selon les pensées et l’Esprit de Christ, ce qui est primordial pour un cœur sincère.

Chercher la direction et les intérêts de Jésus Christ

Celui qui a Christ devant lui, qui cherche à Lui plaire et qui cherche Ses intérêts, est précisément celui qui fera de son mieux pour tous, sous la direction de Christ, selon ses pensées. Notons bien que cela ne signifie pas que chacun peut faire ce qu’il estime convenir à Christ, selon ses propres pensées ou sa propre appréciation. Il faut d’abord apprendre, dans la proximité et l’intimité du Seigneur, ce qu’Il désire, puis aller de l’avant, sans se laisser intimider par les difficultés ou les dangers, pour accomplir ce désir.

Christ l’objet du cœur avant tout

Il est clair qu’avant que les désirs d’une personne me dirigent, la personne elle-même doit être l’objet de mon cœur. Je ne vais pas me soucier des désirs de quelqu’un que je ne connais pas. Mais il n’en va pas de même pour quelqu’un que j’apprécie et que j’aime ; à plus forte raison, donc, pour Celui qui a éclipsé et supplanté tout objet dans mon cœur, et qui n’y rencontre pas de rival ! Je dirais, pour commencer, que c’est ce qui caractérise le dévouement.

Celui qui est dévoué est détaché de tout, car un objet a accaparé son affection et son cœur, au point que toute pensée d’intérêt personnel ou de tout autre désir disparaît devant Celui qui est son objet.

Exemple de Marie de Magdala

Prenons l’exemple de Marie de Magdala, en Jean 20. Christ seul lui importe. À l’aube, alors qu’il faisait encore nuit, elle s’est rendue au seul endroit sur la terre qui l’intéressait désormais : le tombeau de Jésus. Et ayant constaté qu’Il n’était pas là, avec une inconsolable tristesse elle va raconter son malheur à Pierre et Jean : « On a enlevé du sépulcre le Seigneur, et nous ne savons où on l’a mis » (v.2). Quel contraste entre leur attitude et la sienne ! Les deux disciples courent ensemble jusqu’au sépulcre, y entrent, puis chacun, satisfait de l’exactitude du récit de Marie, retourne à ses occupations terrestres, “chez eux” (v.10). Quel tableau ! Il n’en est pas ainsi pour Marie : rentrer chez elle ? Sans Lui, elle n’a plus de maison, elle ne possède plus rien. Mais, ce cœur sincère, très ignorant, sans doute, est malgré tout dévoué ; voyez comme elle s’attarde près de ce tombeau vide ! N’est-elle pas ici, semblable à Ruth, disant : « Là où tu mourras, je mourrai et j’y serai enterrée » (Ruth 1:17) ?

Mais il y a plus encore, car si elle est inconsolable sans Lui, et pleure comme si son cœur allait se briser, remarquez qu’elle ne fait aucun calcul, pas même un instant. Pauvre, faible et fragile comme elle est, son amour est tel que si seulement elle savait où on l’a mis, elle irait immédiatement Le chercher. Lui et Lui seul occupe toutes ses pensées ; elle ne pense ni aux difficultés ni aux obstacles. Quel tableau ! La prudence calcule toujours, le dévouement jamais ! Mais il y a plus encore, et c’est là un caractère frappant du dévouement : lorsqu’elle Le retrouve, vivant, l’amour qui était inconsolable sans Lui est prêt, maintenant qu’elle L’a vu, à faire tout ce qu’Il désire, même si elle ne Le reverra plus jamais (v.16-18).

Cette belle image présente deux traits marquants d’un cœur dévoué : premièrement, l’objet lui-même a toute la place, tout le reste n’étant rien, comparé à lui. Deuxièmement, tous ses désirs sont exécutés.

Exemple de Jean le Baptiseur

Prenons un autre exemple en Jean 1 : Jean le Baptiseur n’est-il pas dévoué à un objet ? « Envoyé… pour rendre témoignage de la lumière » (v.8). Qu’était-il en lui-même ? Il n’était pas (comme beaucoup aimeraient l’être aujourd’hui) quelque chose à cause de Christ. Non, Jean n’est rien. Qu’est-ce qu’une voix qui crie dans le désert ? Tous venaient de Jérusalem, de Judée et de la région autour du Jourdain, vers celui qui avait trouvé, en Christ, l’objet de son cœur. Celui-ci l’avait détaché de tout le reste, et avait fait de lui un étranger et un solitaire au milieu de la foule. Son âme goûtait la joie et la satisfaction en Lui, au point que, regardant Jésus qui marchait, il dit : « Voilà l’Agneau de Dieu ! » (Jean 1 :36).

Mais aussi parfaite et admirable qu’elle soit, cette scène n’est pas la plus brillante de la vie de Jean ; car au chapitre 3, nous le voyons profiter d’une discussion entre certains de ses disciples et un Juif pour révéler ce qui animait son cœur. Il n’était qu’une voix, mais il était l’ami de l’Époux. C’est l’Époux qu’il voulait entendre ; c’est Sa voix qui le réjouissait ; de plus, cet Époux béni, qui est au-dessus de tous et à qui le Père qui l’aime a donné toutes choses, le satisfaisait tant que le moi avait disparu, que le moi était mort ; les paroles de Jean montrent cela, et proclament aussi la supériorité de Christ : « Il faut que lui croisse, et que moi je diminue » (v.30).

Jean le Baptiseur me semble ici comme la reine de Sheba, à qui la renommée de Salomon était parvenue jusque dans son pays. Elle avait décidé d’aller voir par elle-même. La réputation qui avait suscité en elle cet attrait, si grande qu’elle fût, n’était rien comparée à la réalité, à savoir la sagesse de Salomon, la maison qu’il avait construite, la nourriture de sa table, la tenue de ses serviteurs, l’escalier par lequel il montait à la maison de l’Éternel. Quand elle vit cela de ses yeux, il n’y eut plus d’esprit en elle ; la magnificence de ce spectacle éclipsa tout le reste devant elle. Pourtant, aussi grand que fut l’effet produit sur la reine de Sheba, c’est une gloire d’un ordre encore supérieur qui conduit Jean ; il se tient, pour ainsi dire, sur un autre mont de la transfiguration, et ne voit personne que “Jésus seul”. Comme cet Objet unique éclipse tout le reste, n’entendons-nous pas dans ces mots “il faut que lui croisse, et que moi je diminue”, le vieux Siméon dire joyeusement : « Maintenant, Seigneur, tu laisses aller ton esclave en paix, car mes yeux ont vu ton salut » (Luc 2 :29-30).

Caractères d’un vrai dévouement

Connaître qui est Christ réellement

Jusqu’ici, nous n’avons vu que la puissance d’un objet qui nous possède et dont nous sommes occupés. Nous l’avons considéré au moyen d’exemples qui, aussi remarquables et frappants soient-ils, sont insuffisants pour donner une idée de la réalité de Christ comme Objet, même l’épisode de l’histoire de David que nous avons lu en 2 Samuel 23.

Avec quelle puissance Christ, dans sa gloire, occupe-t-il mon cœur, quand je suis conscient d’être avec lui, là où il est, et conscient qu’il était entièrement pour moi ici-bas ? Pensez alors à cela :

  • Il s’est donné Lui-même,
  • Il a permis que le linceul du jugement qui m’entourait, l’enveloppe ;
  • par sa mort, il a clos la première partie de mon histoire, et Lui-même, ressuscité d’entre les morts et dans la gloire, en a ouvert la deuxième partie.

La grandeur et la magnificence de cela dépassent toute conception !

Lui, le Bienheureux, qui est dans le sein du Père, est descendu ici-bas sur la terre pour révéler Ses secrets. C’est Lui qui est devenu notre Libérateur :

  • quand nous étions dans la détresse, désespérés,
  • quand nous étions consternés et désolés,
  • quand nous étions absolument intolérables à nous-mêmes, et avions perdu tout respect de nous-mêmes,
    • parce que nous ne pouvions pas faire ce qui était juste,
    • parce que le sombre vêtement de l’impuissance nous enveloppait, comme Jonas dans le cœur des mers ;
  • quand les flots passaient sur nous,
  • quand les eaux nous environnaient,
  • quand l’abîme nous entourait,
  • quand les algues enveloppaient nos têtes ;
  • quand nous descendions au fondement des montagnes,
  • quand les barres de la terre s’étaient fermées sur nous pour toujours ;
  • quand notre nuit tombait, et nous nous enfoncions rapidement dans les ténèbres de la mort.

Nous étions perdus quand Il est apparu,

  • Lui, l’Agneau de Dieu sans défaut et sans tache, né dans le monde qu’Il avait créé, rejeté de Son propre peuple (Israël) et dans Sa propre création, a glorifié Son Père, là où Il avait été déshonoré et méprisé, puis,
  • Il a porté le jugement qui pesait sur tous,
  • Il a revendiqué et établi la justice de Dieu, en mettant fin pour toujours, par Sa mort, à l’histoire de l’homme qui a offensé Dieu,
  • Il a livré Sa propre vie, dans toute Son excellence,
  • Il est ressuscité d’entre les morts par la gloire du Père,
  • ainsi ressuscité et dans la gloire, Il est devenu le Chef de la nouvelle création ; et de plus,
  • par le Saint-Esprit envoyé en réponse à la gloire de Sa personne et de Son œuvre, nous qui croyons, sommes maintenant unis à Lui, là où Il est.

Discerner ce que Christ désire

Prendre connaissance des désirs de son Objet, puis s’engager à les accomplir sans faiblir, est le propre du deuxième caractère d’un cœur dévoué. Si Christ est mon Objet, je cherche à connaître sa pensée, ses désirs, et, après les avoir saisis, je ne laisse rien s’opposer à leur accomplissement. C’est là un sujet solennel actuellement, quand on pense qu’une multitude de saints agissent comme si Christ n’exprimait pas sa pensée ou ce qu’Il désire, et qu’une multitude encore plus grande attend effrontément un ordre, ce qui indique, pour le moins, qu’ils sont loin du cœur du Christ, qu’ils ne s’attendent pas à Lui, qu’ils n’ont pas d’intimité avec Lui – l’intimité n’attend pas d’ordre, mais cherche sincèrement Sa volonté et se hâte d’accomplir Son désir à tout prix. Cela ne signifie pas qu’il n’y ait pas de préceptes dans le Nouveau Testament, mais nous voulons souligner cette condition misérable qui se satisfait d’une indifférence aux désirs de Christ, en invoquant l’absence d’un ordre.

Exemple des trois hommes forts de David à la caverne d’Adullam

Le passage qui a été lu fournit de nombreuses illustrations de ce que je cherche à exprimer : David se trouvait dans la caverne d’Adullam, rejeté et renié à ce moment-là, bien qu’il fût le vainqueur de Goliath et le libérateur d’Israël. Quelques-uns, et seulement quelques-uns, se souciaient tellement de David qu’ils ont lié leur destin au sien, et cela à un moment où, du moins en apparence, tout était aussi sombre que possible. Qu’espéraient-ils ? Pour eux, leur dévouement envers David les dirigeait : “là où il est, ils seront”.

« Et trois des trente chefs descendirent et vinrent au temps de la moisson vers David, dans la caverne d’Adullam » (2 Sam. 23:13). David est celui à qui ils pensent ; ils veulent être près de lui. Près de lui, dis-je ? Ils veulent être avec lui : ils rejettent tout ce qui ne les lie pas à lui. S’ils doivent partager ses triomphes et ses honneurs dans l’avenir, ils partageront maintenant son opprobre et sa honte. C’est la joie de leur cœur qui les lie à lui, ils veulent être avec lui ; et tandis que tout est sombre autour d’eux, ils resteront en sa compagnie et passeront les heures de veille à attendre les souhaits de son cœur. Ils sont dans la position idéale pour connaître sa volonté. S’ils n’avaient pas été dans la caverne avec David, ils n’auraient jamais entendu son désir de boire de l’eau du puits de Bethléem, et ils ne se seraient jamais trouvés à Adullam si David n’avait pas lui-même éclipsé tout autre objet de leurs affections.

Voyez ensuite comment ils se sont mis en route pour satisfaire les désirs de David, comment ils n’ont pas été découragés par les dangers et les difficultés se dressant sur leur chemin, comment leur dévouement à David les a portés par-dessus les obstacles et n’a rien laissé s’opposer à l’accomplissement de ses désirs. Ainsi il est dit : « Et les trois hommes forts forcèrent le passage à travers le camp des Philistins, et puisèrent de l’eau du puits de Bethléhem, qui est près de la porte, et la prirent et l’apportèrent à David » (v.15-16). Ils n’ont ni calculé ni hésité. Une fois le désir de David connu, leur seule pensée était de le satisfaire. Il y avait peut-être des opposants, certains disaient peut-être : « Pourquoi ce gaspillage ? » Ça leur était égal, leur seule pensée était d’accomplir le désir de David.

Il me semble que l’application de tout cela est évidente. Même si en regardant autour de soi, on peut être déconcerté, on peut se demander : Où voit-on cela ? En effet, nombreux, sinon la plupart des saints, apportent de la simple bienfaisance aux hommes ; ils ne connaissent pas les désirs de Christ, et ne les recherchent pas car ils ne sont pas là où ils pourraient les discerner. Ils pensent à l’homme et à son bien, et non à Christ et à sa gloire. Vous direz : “pouvons-nous séparer ces deux choses ?”. Non, à condition de rechercher ce qui convient à Christ. Seul celui qui s’occupe de ce qui est dû à Christ, apporte un réel profit à autrui, selon la pensée de Dieu. Beaucoup voient peut-être les choses autrement, mais selon Dieu, celui qui est vrai, fidèle et dévoué à Christ sera le plus employé pour apporter de l’aide, et le plus utile à l’homme.

Résumé

En résumé, le véritable dévouement consiste à connaître Christ comme l’objet qui éclipse tous les autres ; à trouver que Lui seul satisfait mon cœur, de sorte que le cercle de ses intérêts et de ses désirs devient le mien ; je dois être là où Il est, c’est-à-dire suffisamment près de Lui pour connaître ses pensées, et ainsi, je m’efforce d’accomplir ses désirs, en ne tenant aucun compte des difficultés, des dangers et des obstacles ; tout comme les hommes forts de David, qui, sans se laisser intimider, ont percé les rangs des Philistins afin de satisfaire les désirs de leur chef.

Motivation d’un vrai dévouement : l’amour

Celui qui est dévoué est porté par un amour qui s’élève au-dessus de tout ce qui se dresse sur son chemin, et qui brise toutes les armées qui s’opposent ou l’entravent. Que Dieu donne aux siens, en ces derniers jours, de connaître et d’aimer ainsi son Fils bien-aimé, notre Seigneur Jésus-Christ, qui a donné sa précieuse vie pour mettre de côté et abolir ce qui affligeait l’amour de Dieu, afin que ceux qui le connaissent et qui ont goûté à son amour, lui soient totalement dévoués.