La première Assemblée des Nations

Notes d’une prédication à Sydney sur Actes 11:19-30 ; 13:1-4 ; 14:19-28

Source : STEM Publishing

Nous avons dans les Écritures une description de la première assemblée chrétienne formée par l’Esprit de Dieu parmi les païens. Il semble que ce soit la manière de Dieu lorsqu’il commence quelque chose de nouveau, il nous donne dès le début un modèle de ce qu’il veut relativement à cette nouvelle chose. Nous allons étudier les caractéristiques de cette assemblée pour voir si nous les portons aujourd’hui. J’espère qu’avant de terminer mon discours, vous verrez clairement ce que j’entends par le mot “assemblée”. L’ESPRIT DE DIEU est descendu, envoyé par le Seigneur Jésus-Christ ressuscité, à la Pentecôte. Il y a maintenant un Homme sur le trône de Dieu dans la gloire, et Dieu le Saint-Esprit est sur la terre. Nous ne comprendrons jamais la vérité de l’Assemblée de Dieu si nous ne voyons pas ces deux choses. C’est le Christ exalté, dont le sang a été répandu sur la Croix pour racheter son peuple, qui a envoyé le Saint-Esprit depuis la gloire du ciel. Celui-ci, en descendant sur les cent vingt personnes réunies dans la chambre haute à Jérusalem, les a formées en un seul Corps. La vérité concernant le corps unique n’a pas été révélée immédiatement, et il a d’abord fallu rendre témoignage aux Juifs de l’élévation du Christ. C’est à la suite de leur refus de ce témoignage, dont la preuve fut la lapidation d’Étienne, que la vérité de l’unité du corps fut révélée. Néanmoins, la Pentecôte fut le commencement ; ce fut la naissance de l’Église.

Cette assemblée de Dieu à Jérusalem était très chère à Dieu, car il regardait du ciel et y voyait la vie même du Christ reproduite dans les membres du corps du Christ. L’Assemblée est une chose formée sur la terre par le Saint-Esprit par la vie d’un Christ ressuscité. Le diable n’a jamais connu de plus grande défaite ni de plus grande surprise dans son existence qu’à ce moment-là ; il pensait que lorsqu’il s’était débarrassé du Christ, il n’avait plus rien à voir avec lui sur cette terre. À son grand étonnement, le jour de la Pentecôte, il découvrit que le Christ était toujours là ; non pas le Christ personnellement, mais le Christ dans les membres de son corps ; la vie de la Tête ressuscitée se manifestant dans les membres de son corps sur la terre. Cela mit le diable en colère, il était plein de fureur, et il chercha par une grande persécution à écraser ce que Dieu, dans sa sagesse transcendante, avait fait naître. Il pensait disperser les membres du corps du Christ et ainsi le détruire. Bien sûr, il a été déjoué. Le seul résultat de la persécution a été que ceux qui ont été dispersés ont répandu la bonne nouvelle dans bien des endroits, et c’est ainsi que le dessein de Dieu a été accompli. Dieu a fait en sorte que le diable serve sa volonté.

Le Seigneur Jésus a dit à ses disciples de prêcher l’évangile parmi toutes les nations. Au lieu de cela, ils sont restés à Jérusalem, mais la persécution qui a éclaté autour d’Étienne les a dispersés, et ainsi la volonté du Seigneur s’est accomplie, car ils sont allés partout prêcher l’évangile. C’est ainsi que la renommée de Jésus s’est répandue, qu’elle a été portée jusqu’à Antioche, qu’elle a été prêchée pour la première fois aux Grecs, que le résultat de la prédication a été la formation de cette première assemblée parmi les païens.

1 - Ce qu’ils prêchaient

Ils prêchaient le Seigneur Jésus. N’imaginez pas que lorsque l’Esprit de Dieu a écrit les Écritures, il a utilisé de manière hasardeuse les titres donnés au Seigneur Jésus. Non, chaque nom et chaque titre a sa propre signification. Ici, c’est le Seigneur Jésus qu’ils ont prêché. Il ne s’agissait pas de Jésus Christ ou de Jésus, mais du Seigneur Jésus. Qu’avons-nous à apprendre de cela ? Nous savons tous ce que signifie Jésus.

Qu’est-ce qui a rendu ce nom si doux pour chacun de nous ? Ce nom nous transporte à la Croix, et nous pensons à Lui comme à notre Sauveur, comme à Celui qui a donné sa vie pour nous racheter ; nous pensons à sa vie humble sur terre, à tout l’amour, la patience, la tendresse, la miséricorde, la douceur qui se sont manifestés en Lui. Ce nom accompagne toute grâce, et il l’a porté jusqu’à la Croix. Lorsque Pilate, le juge, a dû écrire l’inscription à fixer sur la croix, il ne savait pas combien ce qu’il écrivait était vrai. L’Esprit de Dieu commandait sa main. Il s’est assis et l’a nommé : « Jésus le Nazaréen, le roi des Juifs » (Jean 19:19). L’Homme de douleur, couronné d’épines, crucifié, souffrant, accomplissant ce merveilleux sacrifice dans son amour infini, afin que les hommes puissent être sauvés. C’est Jésus.

Mais ces disciples n’ont pas seulement prêché Jésus, ils ont prêché le Seigneur Jésus. Nos pensées sont transportées de la croix à la gloire, au-delà de la tombe. Il a été exalté à la droite de Dieu. « Dieu a fait et Seigneur et Christ ce Jésus » (Actes 2:36). Il a été élevé à la place de l’autorité, afin que tout genou fléchisse devant lui et que toute langue confesse qu’il est Seigneur, à la gloire de Dieu le Père. Mais ce titre de “Seigneur” comporte une autre idée que celle de l’autorité. Il signifie effectivement autorité, et toute créature, de l’archange le plus haut placé dans le ciel au démon le plus méchant de l’enfer, sera obligée de le confesser comme Seigneur. Mais il signifie aussi “administration”. Dieu a fait de lui le grand administrateur, pour cette période actuelle de sa grâce. L’illustration de cela, dans l’Ancien Testament, c’est Joseph. Joseph n’a pas dit à ses frères que Pharaon l’avait fait seigneur de toute l’Égypte, mais « DIEU m’a établi seigneur de toute l’Égypte » (Gen. 45:8). Il était le seigneur en Égypte, et la vie de chaque Égyptien dépendait de lui. C’est lui qui avait la charge de tout ce qui était nécessaire à la vie, c’est lui qui en avait l’administration pour le bien du peuple. Le Seigneur Jésus-Christ a été élevé par Dieu sur le trône dans le ciel pour être l’administrateur de sa grâce, et depuis qu’il a été ainsi élevé, aucune âme n’a jamais reçu de faveur ou de bénédiction de la part de Dieu si ce n’est par l’intermédiaire de notre Seigneur Jésus-Christ. En tant que chrétiens, nous avons continuellement besoin de recevoir cette grâce de Dieu, ce n’est que lorsque nous sommes en contact avec ce Seigneur vivant que nous recevons cette grâce. Le salut est lié à son nom de Seigneur. « Si tu confesses de ta bouche Jésus comme Seigneur et que tu croies dans ton cœur que Dieu l’a ressuscité d’entre les morts, tu seras sauvé » (Rom. 10:9). Et toutes les bénédictions de la grâce divine viennent par Lui seul, comme nous le montre Romains 5.

2 - Le résultat de la prédication

Ils ont prêché le Seigneur Jésus. Ils ont prêché Celui qui a souffert sur la croix pour que les hommes soient sauvés. Il est exalté maintenant sur le trône de Dieu en haut, administrant depuis sa place dans la gloire, la grâce de Dieu pour la bénédiction des hommes. Quel a été le résultat de cette prédication ? Un grand nombre de personnes ont cru. C’était la première chose, et après avoir cru, ils se sont tournés vers Dieu. Ils ont cru à la bonne nouvelle que Dieu leur a envoyée, cette merveilleuse nouvelle du salut complet et gratuit. Le résultat de cette foi vivante, c’est qu’ils se sont tournés vers le Seigneur. Un grand nombre de personnes professent croire mais ne se convertissent jamais. Il ne sert à rien de professer la foi si vous ne vous convertissez pas. Le résultat de la vraie foi, c’est se tourner vers le Seigneur.

Que signifiait le fait de se tourner vers le Seigneur ? C’est qu’ils avaient une toute nouvelle ressource. Auparavant, ils se tournaient vers le monde, et ils y trouvaient tout ce qu’ils voulaient, tout comme vous avant votre conversion. Si vous vouliez de l’amitié, vous alliez dans le monde ; si vous vouliez du plaisir, vous alliez dans le monde ; si vous vouliez de l’aide, vous alliez dans le monde ; si vous vouliez de la sympathie, vous alliez dans le monde. Je sais que vous êtes allés vers des citernes crevassées qui ne pouvaient pas contenir d’eau, mais, avec l’espoir qu’elle jaillirait malgré tout dans votre cœur vous êtes allés dans le monde. Après avoir cru à la bonne nouvelle, qu’avez-vous fait ? Vous vous êtes tournés vers le Seigneur, et il est devenu votre nouvelle ressource ; il est une fontaine d’eau vive, pérenne, gratuite et inépuisable. Si vous cherchez un ami maintenant, vous le trouverez en Lui ; si vous voulez le bonheur maintenant, vous le trouverez en Lui ; si vous cherchez de l’aide maintenant, vous la trouverez en Lui. Il y a maintenant dans le Seigneur toute ressource ; du moins, il devrait en être ainsi, et votre foi est “mince” s’il n’en est pas ainsi. C’est ce qui s’est passé avec les disciples d’Antioche. Ils se sont tournés vers le Seigneur et en se tournant vers le Seigneur, ils sont devenus les bénéficiaires de la grâce de Dieu en permanence.

3 - Une exhortation nécessaire

Pour prouver que ce que je dis est la vérité, nous voyons que la nouvelle de ces choses est parvenue aux oreilles de l’église de Jérusalem et qu’ils ont envoyé Barnabas à Antioche, pour voir ce qui s’était passé. Quand Barnabas est arrivé là, il a vu “la grâce de Dieu”. De toute évidence, la grâce de Dieu avait coulé à flots dans cette communauté de chrétiens. C’était quelque chose qu’il pouvait voir, et je vous assure qu’il n’y a rien d’aussi heureux aux yeux des chrétiens que la grâce de Dieu. Il n’y a rien de si doux pour le cœur de ceux qui sont en communion avec le Seigneur, que la grâce de Dieu dans ce monde. Je me demande si la grâce de Dieu se voit en vous, si le Seigneur est devenu votre nouvelle ressource ; alors ceux qui observent vos voies verront la grâce de Dieu en vous. Lorsque Barnabas vit la grâce de Dieu, il se réjouit, et il n’eut qu’une exhortation à donner à ces jeunes convertis. Je ne doute pas qu’il leur ait parlé souvent, peut-être même longtemps, mais chaque fois qu’il parlait, tout ce qu’il avait à dire se résumait à cette seule exhortation : « qu’ils s’attachent de tout leur cœur au Seigneur ».

Il ne les a pas exhortés à “s’attacher au Sauveur”, ni à “s’attacher au Berger”. Bien sûr, le Seigneur est le Sauveur et le Berger, mais il ne leur a pas dit de s’attacher à Lui sous ces traits. Pourquoi ? Pensez-vous avoir besoin de vous attacher au Seigneur en tant que berger ? C’est lui qui s’attache à vous dans ce caractère. Il dit : « personne ne les ravira de ma main » (Jean 10:28). Il vous tient. Les brebis ne s’attachent pas au berger, c’est le berger qui s’attache aux brebis. Mais si nous voulons prospérer spirituellement, nous devons nous attacher à Christ. Nous devons nous accrocher à Lui comme à la source de notre approvisionnement, comme à l’administrateur de sa grâce. Tout le monde peut comprendre cela. Voici un général à la tête d’une grande armée, il avance dans le pays de l’ennemi. Que doit-il faire ? Une chose absolument nécessaire s’il veut être victorieux, c’est qu’il doit rester en communication constante avec sa base. Si, d’une manière ou d’une autre, il est coupé de sa base, la défaite le guette. Son ennemi utilisera toutes sortes de stratégies pour s’interposer entre lui et sa base de ravitaillement, il doit donc garder ses lignes de communication intactes. Nous sommes dans un pays ennemi, gardons-nous les lignes de communication intactes ? Qui est notre base ? Le Seigneur. Il est l’administrateur de la grâce de Dieu, la base de notre approvisionnement, et si nous voulons être victorieux, nous devons rester en contact permanent avec la base de notre approvisionnement. Barnabas a dit aux croyants d’Antioche : attachez-vous au Seigneur, tenez-vous près lui, souvenez-vous que vous n’avez pas de force en vous-mêmes, pas de sagesse, que le diable est plus fort et plus malin que vous ; mais attachez-vous au Seigneur, et ainsi vous serez victorieux du diable, car il n’est ni plus sage ni plus fort que le Seigneur. Il leur a donc dit de rester en contact permanent avec la base de leur approvisionnement, et de le faire de tout leur cœur.

Oh ! combien souvent nous échouons en cela. Nous recevons une pensée, et nous remercions Dieu pour toute impulsion spirituelle, et pendant un certain temps nous allons de l’avant, puis nous commençons à faiblir et à nous relâcher ; nous ne sommes plus aussi attentifs à garder intacte la ligne de nos communications, il en résulte que nous échouons et sommes déçus, et d’autres personnes le sont aussi. C’est la détermination du cœur qui est nécessaire et le Seigneur peut nous la donner. Que Dieu accorde à chacun d’entre nous la volonté de s’attacher au Seigneur, et je le dirais tout particulièrement aux jeunes chrétiens, car c’est à eux que Barnabas s’adressait. Que le premier grand objectif de votre vie soit de vous attacher au Seigneur. Rappelez-vous qu’Il est la base de votre approvisionnement et que vous n’avez rien en vous-mêmes qui puisse vous permettre de résister à l’ennemi. C’est ce qu’ils firent à Antioche, car nous lisons qu’un grand nombre de personnes ont été ajoutées au Seigneur. L’approvisionnement se poursuivait et se manifestait. Le résultat en était que les chrétiens d’Antioche étaient des canaux de bénédiction pour les autres.

4 - L’Assemblée elle-même

Il est très intéressant de voir cela, car Paul devait être le grand ministre de la vérité de l’Assemblé et Barnabas, sans doute sous la direction spéciale de l’Esprit de Dieu, est allé à Tarse pour le trouver, ils sont revenus ensemble à Antioche, où ils sont restés une année entière et où ils ont enseigné beaucoup de personnes. Je veux que vous remarquiez que ces disciples-là étaient attachés au Seigneur, et par conséquent ils étaient attachés les uns aux autres, et prêts à recevoir un enseignement qui leur permettrait de progresser. Ils se sont réunis une année entière avec les chrétiens d’Antioche ; en restant attachés au Seigneur, ils sont restés attachés les uns aux autres, et ils ont grandi dans la vérité. Le diable a toujours cherché à diviser et à disperser les saints de Dieu, à les empêcher d’être parfaits et accomplis dans toute la volonté de Dieu. Toutes les divisions et l’éclatement de la chrétienté aujourd’hui sont l’œuvre du diable qui a pu agir sur la chair des saints de Dieu. Si tous les saints de Dieu s’étaient attachés au Seigneur dès le début, le diable n’aurait jamais eu la moindre entrée.

Ils se sont donc rassemblés pendant une année entière. C’est un cycle de temps parfait, printemps, été, automne et hiver, toute l’année. Je souhaite que nous puissions voir beaucoup plus de chrétiens “tout au long de l’année”. Nous avons besoin de plus de chrétiens de ce type à Sydney, de ceux qui peuvent traverser la sécheresse et la tempête, qui sont heureux et brillants quand les jours sont ternes. Mais, dites-vous, comment peut-on être comme cela ? Tous ceux qui s’attachent au Seigneur de tout leur cœur le réaliseront, car l’offre est plus grande que la demande. Le Seigneur, la source d’approvisionnement, est au-dessus des tempêtes, et si nous nous attachons à lui, nous sommes indépendants des circonstances d’ici-bas, et nous serons des chrétiens “toute l’année”, capables d’affronter toutes sortes de conditions météorologiques et de circonstances, et de produire des feuilles et des fruits, alors que tout autour de nous n’est qu’un désert desséché.

5 - L’enseignement

Ils ont enseigné beaucoup de personnes, et j’en arrive ici au cœur même de mon sujet. Que croyez-vous qu’ils aient enseigné ? Saul ne leur enseignait-il pas ce qu’il avait lui-même appris du Seigneur lors de sa conversion ? Deux choses l’ont impressionné à ce moment-là, et l’ont particulièrement marqué du début à la fin de son service. C’est que Jésus est le Fils de Dieu, et que son Corps se trouve sur la terre. Barnabas les avait instruits et exhortés sur la ligne de la Seigneurie de Christ, et cela est indispensable à tout progrès, c’est le fondement de tout, mais ce n’est pas suffisant ; aucun groupe de chrétiens ne peut être parfait et complet dans toute la volonté de Dieu s’il ne va pas plus loin que cela. Le ministère de Paul devait intervenir – Christ doit être connu comme la Tête de son corps, l’Église, et nous, les membres de son corps, nous devons tenir ferme la Tête (Col. 2). Il y a beaucoup de groupes de chrétiens qui ont reçu les ministères de Barnabas et de Pierre, mais qui n’ont pas reçu celui de Paul, et chez certains d’entre eux il ne semble pas y avoir de place pour lui, d’où un grand manque dans ces groupes. Nous devons recevoir l’évangile de Paul, la vérité de Christ et de son Corps, dont Paul a été fait le ministre et par lequel il a complété la parole de Dieu (Col. 1:25), c’est-à-dire qu’il l’a ainsi couronnée.

Il a prêché que Jésus est le Fils de Dieu, car c’est ainsi qu’il faut lire Actes 9:20. Ce n’est pas ce qu’il est officiellement, mais personnellement. C’est sa gloire personnelle, et Saul de Tarse a appris, alors qu’il était couché dans la poussière du chemin de Damas, que Jésus était à juste titre dans la gloire de Dieu, car il est le Fils de Dieu.

La chose suivante qu’il a apprise de la gloire est contenue dans les mots qui lui ont été adressés. Jésus lui dit : « Saul ! Saul ! pourquoi me persécutes-tu ? » (Actes 9:4) et il répondit : « Qui es-tu, Seigneur ? » et la réponse fut : « Je suis Jésus que tu persécutes ». Saul de Tarse persécutait-il Jésus ? Jésus était sur le trône de Dieu dans le ciel, comment pouvait-il le persécuter ? Il persécutait les membres de son Corps, et le Seigneur Jésus a dit : « Saul, c’est moi que tu persécutes ». Si ma main est blessée, alors je suis blessé, chaque membre de mon corps fait partie de moi-même ; c’est pourquoi le Seigneur Jésus a dit : « Pourquoi me persécutes-tu ? » Si le Seigneur Jésus regarde cette réunion cet après-midi, il pourrait s’adresser à chacun, et lui dire : « C’est moi, chaque chrétien de cette assemblée fait partie de moi-même ». Oui, c’est la vérité, c’est la signification de la vérité de l’unité du Corps de Christ. Jésus, l’Homme exalté, a un corps sur la terre et chaque membre de ce corps est uni à Lui. Ce n’est pas une théorie mais un fait, chaque saint de Dieu a sa vie, sa nature, et est uni à Lui par le Saint-Esprit. C’est le cœur même de la vérité chrétienne. Je suis sûr que Saul enseignait cela à Antioche. C’est ce qui imprègne ses épîtres, et qui était toujours devant lui. Il prêchait l’évangile de la grâce de Dieu, la bonne nouvelle par laquelle les hommes sont sauvés, mais il avait à l’esprit que chaque personne qui croyait à l’évangile serait habitée par le Saint-Esprit et deviendrait ainsi membre du corps du Christ.

Jésus, l’Homme glorifié, les appelle lui-même ses membres. Ne croyez pas que je vais négliger un seul instant le fait qu’il est Dieu. Comment pourrait-il s’asseoir sur le trône de Dieu s’il n’était pas Dieu ? Mais Il est là en tant qu’Homme, l’Homme ressuscité. Nous ne pouvons pas être unis à Lui en tant que Dieu, nous ne pouvons pas avoir part à Sa divinité, mais nous sommes unis à Lui comme l’Homme ressuscité, nous possédons maintenant sa vie. Nous aurons des corps glorifiés comme le sien à sa venue. Cela sera manifesté dans la gloire, lorsque par Sa puissance de résurrection nous serons rendus conformes à Son image. La grande vérité pour les chrétiens d’aujourd’hui est qu’ils ont un Chef dans les cieux, qu’ils sont membres du Corps de Christ, et que ce corps est UN. Nous sommes formés en un seul corps par le Saint-Esprit.

J’ai parlé de l’assemblée d’Antioche. C’est ainsi que l’on s’adresse aux saints de Dieu dans chaque localité. Il y a l’assemblée de Sydney, de Melbourne, et ainsi de suite, mais l’assemblée qui est le Corps de Christ n’est pas constituée d’un certain nombre d’assemblées, mais d’individus. Une assemblée locale est l’expression locale de l’unique corps sur la terre, mais chaque assemblée locale devrait avoir toutes les caractéristiques qui appartiennent à l’unique assemblée, et chacune devrait être formée et contrôlée par la vérité qui appartient à l’ensemble.

6 - Distinction entre le baptême chrétien et le baptême du Saint Esprit

En lisant le chapitre 11 des Actes des Apôtres, vous ne trouverez pas un seul mot sur le baptême chrétien en rapport avec cette assemblée, et cela ne m’étonne pas du tout. Paul nous dit clairement dans 1 Corinthiens, l’épître qui nous présente la vérité de la communion de l’assemblée, qu’il n’a pas été chargé de baptiser (1:14-17), comme Pierre l’avait été. Le baptême chrétien a sa place, mais sa place est en dehors de l’assemblée. Il appartient à la relation individuelle avec le Seigneur. En figure, il nous parle de notre identification avec Christ dans sa mort et aussi dans sa résurrection. Il nous place dans la mort.

En contraste, l’assemblée est une sphère de vie, elle appartient à ce jour éternel : « Là où le péché, le besoin, le malheur et la mort ne seront plus ». Nous sommes placés dans cette sphère (le corps de Christ) par le baptême du Saint-Esprit, car nous sommes tous baptisés en un seul corps par un seul Esprit (1 Cor. 12:13). Les croyants d’Antioche n’ont pas non plus choisi un ministre pour les diriger et les instruire ; il y avait dans cette église plusieurs prophètes et docteurs, qui servaient sous la direction du Seigneur, par la puissance de l’Esprit (Actes 13:1-3). Un ministre désigné comme dans nos temps modernes est inconnu dans l’Écriture.

Est-il vrai que le Seigneur ressuscité, exalté et glorifié, dont la gloire était plus éclatante que le soleil de midi, peut parler à Saul qui persécutait des chrétiens, tels que vous et moi, comme s’il le persécutait lui-même ? Ce Seigneur ressuscité, exalté, glorifié nous considère-t-il comme des membres de son corps ? Oui, il nous estime comme tels. Si seulement nous entrions dans cette réalité, cela ne nous inciterait-il pas à faire attention à nos associations ? Cela ne nous ferait-il pas comprendre que nous devons avoir un caractère céleste, comme notre Chef est céleste ? Je ne pense pas que quoi que ce soit puisse avoir un effet plus sanctifiant sur nous que la prise de conscience de cette grande vérité que Saul allait enseigner aux disciples d’Antioche.

7 - Ce que le monde pensait

Quel fut le résultat ? La chose suivante que nous lisons est : « ce fut à Antioche premièrement que les disciples furent nommés chrétiens » (Actes 11:26). Ils n’ont pas été appelés chrétiens au début, à la Pentecôte, mais d’abord à Antioche. Je ne doute pas qu’on les a regardés, et on a dit : « Un changement merveilleux s’est produit chez ces gens, nous devrions leur donner une sorte d’appellation ». Vous savez, les gens ne peuvent pas vous situer dans ce monde si vous ne vous donnez pas une étiquette. Vous ne pouvez pas distribuer un tract dans un train sans qu’on vous demande : « À quelle dénomination appartenez-vous ? » et si vous dites que vous n’appartenez à aucune dénomination, on vous répond : « Vous devez certainement appartenir à une dénomination ». Si vous ne vous mettez pas d’étiquette, ils vous en mettront une, mais si vous connaissez la vérité de l’assemblée de Dieu, vous refuserez ces étiquettes. Le monde nous colle parfois des étiquettes plus réelles que ce qu’il imagine. À Antioche, ils ont dit : « Comment les appellerons-nous ? » Ils ont remarqué qu’ils parlaient beaucoup de Christ. Puisqu’ils s’attachaient au Seigneur de tout leur cœur, qu’ils grandissaient dans la vérité, dans le bon chemin, qu’ils agissaient avec la grâce de Christ, ils ont donc dit : « Nous devons leur donner un nom, et le seul nom que nous puissions leur donner est celui de chrétiens ». C’est ainsi que les disciples ont été appelés chrétiens pour la première fois à Antioche. Dieu veuille que nous soyons appelés chrétiens à cause de ce que nous sommes. Dieu veuille que nous soyons connus comme chrétiens par la manière dont nous nous conduisons. Si c’est la seule étiquette que l’on peut nous donner, nous en sommes heureux.

8 - Le résultat pratique de la vérité

Des prophètes vinrent de Jérusalem, et l’un d’eux, nommé Agabus, prophétisa qu’il y aurait une grande famine dans le monde entier. Les chrétiens d’Antioche prouvèrent immédiatement que la vérité de l’unité du Corps n’était pas pour eux une simple doctrine. Ils n’ont pas dit : « Si cette famine arrive, nous ferions mieux d’attendre simplement le jour de la pluie ». Il n’y avait pas d’égoïsme de ce genre. Ils n’étaient pas égocentriques, ils n’étaient pas préoccupés par eux-mêmes, ils ne pensaient pas à eux. Que firent-ils lorsqu’ils apprirent qu’il y aurait une grande famine sur toute la terre, ce qui, bien sûr, toucherait aussi bien Antioche que Jérusalem ? Ils ont dit : « Il faut faire une collecte et l’envoyer aux saints dans le besoin à Jérusalem ». Ils les reconnaissaient comme membres d’un même Corps. Ils reconnaissaient que s’ils souffraient à Jérusalem, les saints d’Antioche souffriraient aussi. Voilà la grande réalité de la vérité de Dieu. Ce n’était pas : « il y a une assemblée ici et une autre là, nous sommes dans des compartiments étanches, et chacun doit s’occuper de son assemblée ». Nous sommes un avec eux, nous sommes unis ensemble. « Car personne n’a jamais haï sa propre chair, mais il la nourrit et la chérit, comme aussi le Christ l’assemblée » (Éph. 5:29). Autrement dit, tu es un membre du Corps du Christ, moi aussi, et Christ est la Tête qui prend soin de nous tous, et nous devons donc prendre soin les uns des autres dans l’amour de Christ.

Il y avait aussi quelque chose d’autre, à savoir le service pour le Seigneur. L’assemblée était devenue un sanctuaire. Ils n’y allaient pas pour recevoir des bénédictions, ce n’était pas leur but. Ils y étaient au service du Seigneur. C’était un sanctuaire où le culte et l’adoration montaient vers le Seigneur, et là où cela manque, je me demande vraiment si la vérité de l’assemblée est connue. Il ne s’agit pas simplement de rendre grâce pour mon salut, ou de bénir le Seigneur d’avoir racheté mon âme. Comment les sacrificateurs d’autrefois servaient-ils le Seigneur ? Ils apportaient l’encens et l’offraient sur l’autel d’or ; ils apportaient aussi des sacrifices, qui montaient en odeur agréable vers Dieu. L’encens et les sacrifices représentaient ce que Christ est pour Dieu. Nous ne pouvons pas servir le Seigneur dans l’assemblée tant que nous n’avons pas une idée de cela. Ils ont servi le Seigneur, et c’est ainsi que l’assemblée est devenue le sanctuaire dans lequel le culte, l’adoration et la louange montaient vers Dieu. Vous pouvez être sûrs que c’était un endroit heureux. Ces disciples s’attachaient au Seigneur, ils recevaient de Lui une grâce constante, ils grandissaient dans la connaissance de la vérité de Christ, le Chef (la Tête) de son corps, et étaient capables d’agir dans la vérité “d’un seul corps”. Non seulement cela, mais ils étaient aussi ses frères, une race de sacrificateurs dans le sanctuaire, au service du Seigneur (Héb. 2:11-12).

Ensuite, l’Esprit de Dieu, étant sans entrave dans une église non divisée, pouvait leur dire dans son droit souverain : « Mettez-moi maintenant à part Barnabas et Saul, pour l’œuvre à laquelle je les ai appelés » (Actes 13:2) . C’est ainsi que l’Esprit de Dieu s’est manifesté dans l’assemblée, et que ces serviteurs du Seigneur ont été recommandés par l’assemblée. Ils ont été envoyés, recommandés par l’assemblée. Cette assemblée était le centre d’où était issu leur service, et ils y reviendraient. Ils servaient le Seigneur dans le cadre de leur responsabilité individuelle envers Lui. Ils ne recevaient pas leurs directives de l’assemblée, mais directement du Seigneur lui-même, et ils servaient le Seigneur dans la puissance du Saint-Esprit et sous sa direction, mais l’assemblée était leur point d’ancrage. Ils avaient trouvé un centre sur la terre, et c’était là que se trouvait la présence du Seigneur : « car là où deux ou trois sont assemblés en mon nom, je suis là au milieu d’eux » (Matt. 18:20). Cette pensée est devenue centrale pour ces serviteurs lorsqu’ils sont partis proclamer la bonne nouvelle parmi les païens (les nations).

Il est possible d’être utilisé par Dieu pour le salut des âmes sans avoir la moindre connaissance de cette vérité que nous venons d’exposer. Je le dis sincèrement, que Dieu fasse prospérer tout serviteur qui prêche Christ, même s’il ne connaît pas grand-chose à la vérité. Mais vous pouvez être sûrs de ceci, ce sera une chose bénie pour nous lorsque nous nous retrouverons face à face avec notre Seigneur dans la gloire et que nous l’entendrons nous dire : « Tu t’es intéressé à ce qui m’intéressait. Mes pensées et mes affections étaient centrées sur les membres de mon propre Corps, l’Église sur la terre, et toi, à ta petite échelle, tu as cherché à obtenir la grâce de t’intéresser à ce à quoi je m’intéressais ». Ne pensez-vous pas que ce serait une chose bénie ? J’aimerais que mon Seigneur me donne son approbation de cette façon. Oui, je veux prêcher l’évangile, je veux voir des pécheurs sauvés, c’est un chagrin constant pour moi d’en voir si peu, mais la chose que je désire par-dessus tout, c’est de recevoir la louange du Seigneur à cet égard lorsque je me tiendrai face à Lui. « Tu as cherché le bien de ceux qui m’appartiennent, tu as cherché à rassembler les saints “en UN” (Jean 11:52), et non à les disperser, tu as cherché à annoncer la Parole de Dieu, afin que ceux qui l’entendent puissent voir que Je suis le Centre et la Source de tout, et qu’ils puissent se rendre compte à quel point Mon Église est précieuse pour Moi » : telle est la grande ambition de mon âme.

Oh ! si chacun de nous ici pouvait avoir pour ambition de s’occuper réellement de ce qui est si précieux pour le Christ, Son corps sur la terre, ce qui est si intimement lié à Lui-même, qu’Il en parle comme de Sa propre chair et de Ses os !