Douze lettres aux jeunes croyants
- Auteur
- Edward DENNETT
Le Messager Évangélique 1973-1975, STEM Publishing
1 - La paix avec Dieu
Mon cher,
Vous vous plaignez de ne pas posséder une “paix stable” et, en conséquence, de ne faire que peu de progrès dans la vérité et dans la connaissance du Seigneur.
Cette insatisfaction n’est en aucune manière exceptionnelle, tant s’en faut ; mais elle provient d’une connaissance imparfaite de l’évangile, et de la confusion de deux choses différentes. J’espère, avec la bénédiction du Seigneur, être à même de vous aider.
Votre cas m’en rappelle précisément un autre, tout récent. Je posais la question à un ami : « Avez-vous la paix avec Dieu ? » La réponse fut celle-ci : « Pas toujours ».
Dans les deux cas, il y a confusion entre la paix faite et la jouissance de la paix. Lorsque vous êtes heureux dans le Seigneur, vous dites : « À présent, j’ai la paix ». Mais lorsque, par suite d’un manquement ou d’une épreuve, vous vous trouvez déprimé et attristé, vous pensez que c’en est fini de votre paix.
Pour répondre à cet état d’esprit, je vous prierai de considérer attentivement quelles sont les bases de la paix avec Dieu. C’est un gain immense pour l’âme de percevoir clairement que ces éléments ne sont pas intérieurs mais extérieurs, car alors on verra aussi que nos expériences sont absolument en dehors de la question. Lisez Romains 5:1 : « Ayant donc été justifiés sur le principe de la foi, nous avons la paix avec Dieu par notre Seigneur Jésus Christ ». Si nous examinons la liaison de ce passage avec ce qui précède, nous apprendrons tout de suite quelle est la source de cette paix.
Après que l’apôtre a expliqué le moyen par lequel Abraham a été justifié devant Dieu, il continue : « Or, ce n’est pas pour lui seul qu’il a été écrit que cela lui a été compté (à justice), mais aussi pour nous, à qui il sera compté, à nous qui croyons en Celui qui a ressuscité d’entre les morts Jésus, notre Seigneur, lequel a été livré pour nos fautes et ressuscité pour notre justification. Ayant donc été justifiés sur le principe de la foi, nous avons la paix avec Dieu » (Rom. 4:23-25 ; 5:1).
Ces versets montrent clairement que l’œuvre de Christ est le seul fondement de la paix avec Dieu. En fait, le fondement ayant été posé, Dieu déclare que quiconque croit que Christ est venu en grâce et a pleinement pourvu au salut du pécheur est par là même justifié et, étant justifié, devient possesseur de la paix qui a été faite par la mort de Christ. Il faut en outre remarquer qu’il est écrit « lequel (Jésus, notre Seigneur) a été livré pour nos fautes et a été ressuscité pour notre justification » (Rom. 4:25). La résurrection de Christ est la preuve fondamentale de la perfection de son œuvre, la certitude évidente que les péchés pour lesquels il mourut sont effacés pour toujours. Cette résurrection atteste que tout ce que Dieu réclamait de nous a été pleinement rencontré et satisfait. Car si Christ a été livré pour nos fautes et est sorti du tombeau, étant ressuscité d’entre les morts, les “fautes”, sous le poids desquelles il a subi le jugement que nous méritions, sont effacées ; autrement, il serait resté prisonnier du tombeau. Ainsi la résurrection de Christ est l’expression distinctive et complète de la satisfaction trouvée par Dieu dans l’expiation qui a été faite sur la croix.
Il est donc parfaitement évident, comme je l’ai déjà dit, que le seul fondement de la paix avec Dieu réside dans la mort de Christ. Cette vérité est sans cesse répétée dans l’Écriture : « Nous sommes justifiés par son sang » (Rom. 5:9). « Ayant fait la paix par le sang de sa croix » (Col. 1:20). C’est donc Christ qui a fait la paix avec Dieu, et il l’a faite par sa mort expiatoire, cette mort qui rencontrait chacune des justes exigences de Dieu à l’égard de l’homme, et glorifiait Dieu dans tous ses attributs. De sorte que Dieu peut maintenant inviter le pécheur à être réconcilié avec Lui (2 Cor. 5:20).
De ces explications il ressort que la seule question qui importe pour l’âme est celle-ci : Est-ce que je crois le témoignage de Dieu touchant son Fils et l’œuvre qu’il a accomplie ? S’il y a quelque difficulté à répondre à cette question, aucun progrès ne peut être envisagé pour l’instant. Une simple épreuve cependant aidera à découvrir la vérité. Sur quoi vous reposez-vous pour votre acceptation devant Dieu ? Est-ce sur vous-même, sur vos propres actes, vos propres mérites ou votre dignité ? S’il en est ainsi, vous ne pouvez vous reposer en même temps sur l’œuvre de Christ. Mais si vous reconnaissez que, par nature, vous êtes désespérément incapable et perdu, et si vous confessez que vous n’avez aucune espérance en dehors de Christ et de ce qu’il a accompli, alors vous pouvez humblement dire : « Par la grâce de Dieu, je crois en Jésus Christ, le Seigneur ».
Supposons maintenant que vous puissiez tenir ce langage ; alors soyez assuré que vous avez la paix avec Dieu ; rien ne pourra jamais vous en priver, aucun changement, aucune sorte d’expérience, car cette paix est votre propriété immuable, inaliénable. L’Écriture déclare : « Ayant donc été justifiés sur le principe de la foi (et vous dites que vous croyez), nous avons la paix avec Dieu par notre Seigneur Jésus Christ ». Chaque croyant – dès l’instant où il croit – est justifié, acquitté de toute charge de culpabilité et devient « justice de Dieu en Christ » (2 Cor. 5:21). Étant justifié, il a la paix – non la paix en lui-même, observez-le bien, mais la paix par notre Seigneur Jésus Christ. La paix qui nous appartient maintenant est la paix avec Dieu que Christ a faite par son sacrifice expiatoire. Et puisque c’est la paix qu’il a faite, elle est en dehors de nous-mêmes et ne peut jamais être altérée, ni subir de variation ; elle est aussi stable et aussi durable que le trône de Dieu ; car, comme nous l’avons vu, c’est une paix que Christ a faite par la croix ; et ce qu’il a fait ne peut jamais être défait : en conséquence, cette paix est éternelle. Et cette paix immuable, assurée, éternelle, est la part de chaque croyant.
Dès lors, ce que vous voulez dire lorsque vous vous plaignez de ne pas avoir une paix stable, signifie simplement que vous ne jouissez pas d’une paix stable, que vos expériences sont changeantes. Il est bon de rechercher comment un croyant peut jouir dans son âme d’une paix constante. La réponse est très simple. C’est par la foi. Si je crois le témoignage de Dieu, que la paix est mienne par la foi au Seigneur Jésus, j’entrerai immédiatement dans sa jouissance.
On peut illustrer très simplement cela. Supposez que, par la volonté d’un parent décédé, vous soyez devenu propriétaire d’un riche héritage. On vous l’annonce. L’effet que cette nouvelle produira sur vous dépendra entièrement du fait que vous croirez ou non ce qui vous est communiqué. Si vous doutez de la vérité de cette annonce, vous n’y répondrez pas. Mais si, en revanche, la nouvelle étant dûment attestée, vous la tenez implicitement pour vraie, vous direz sur le champ : « Cette propriété est mienne ». Il en est également ainsi de la paix avec Dieu. Si vous croyez le témoignage de Dieu, que la paix a été faite par le sang de Christ, aucun abattement, aucun sentiment d’indignité, aucune circonstance quelconque ne pourra troubler votre assurance sur ce point, parce que vous verrez que tout dépend entièrement de ce qu’un autre a fait. Ce qui est nécessaire pour la jouissance d’une paix stable, c’est la confiance absolue dans la Parole de Dieu.
La cause de tant d’incertitudes sur ce sujet vient généralement de ce que l’on regarde au-dedans de soi, au lieu de regarder dehors, à Christ. On regarde en soi pour y découvrir la preuve qu’un réel travail de la grâce a commencé dans l’âme, au lieu de regarder dehors pour saisir que l’unique fondement sur lequel l’âme peut se reposer devant Dieu est le précieux sang de Christ. La conséquence en est que, constatant en elle le mal, la corruption de la chair, l’âme commence à se demander si, après tout, elle ne s’est pas trompée, Satan la troublant, la remplissant de doutes et de craintes, en vue de produire la méfiance vis-à-vis de Dieu, sinon un complet désespoir. Le moyen de faire échouer ses assauts est de recourir à la parole écrite. Pour parer à ses suggestions malignes, nous devrions répondre comme le fit notre Seigneur béni lors de la tentation : « Il est écrit ». Alors nous verrions bientôt que rien ne peut troubler notre jouissance de cette paix avec Dieu, qui a été faite par le précieux sang de Christ et qui est devenue nôtre dès que nous avons cru.
Cette question fondamentale étant réglée, à présent débarrassé de l’occupation du “moi”, vous aurez toute liberté d’âme et d’esprit pour méditer sur la vérité telle qu’elle est révélée dans l’Écriture. Vous désirerez ardemment « comme des enfants nouveau-nés, le pur lait intellectuel afin que vous croissiez par lui à salut » (1 Pi. 2:2). De plus, si vous étudiez la parole sous le regard du Seigneur, vous serez conduit par elle dans une communion toujours plus intime avec Lui. En outre, si vous contemplez ses perfections et ses gloires infinies, qui sont déployées devant nous par l’Esprit de Dieu, vos affections seront engagées avec une ferveur toujours plus grande, votre cœur enfin satisfait se répandra en adoration à ses pieds, et votre insatisfaction sera changée en un chant de louange.
Croyez-moi mon cher,
Affectueusement vôtre, en Christ.
2 - Notre position devant Dieu
Mon cher,
Maintenant que vous savez que vous avez la paix avec Dieu, je crains quelque peu que vous ne vous en teniez à cette seule satisfaction, pensant que c’est là toute la bénédiction que Dieu vous réserve en Christ. Plusieurs tombent dans ce piège et, partant, ne comprennent jamais la position dans laquelle ils sont introduits.
Permettez-moi de vous rappeler que, si grande que soit la bénédiction dont vous jouissez déjà, elle est infiniment en deçà de ce que Dieu désire pour vous.
Vous le comprendrez aisément si votre attention se porte sur le sacrifice de Christ à la croix, fondement de toute bénédiction. C’est sur la croix que Christ a satisfait pour nous à tous les droits de la justice de Dieu et qu’il l’a pleinement glorifié dans chacun de ses attributs. C’est ainsi qu’il a pu dire : « Moi, je t’ai glorifié sur la terre, j’ai achevé l’œuvre que tu m’as donnée à faire » (Jean 17:4). C’est sur cette base, et comme s’il avait établi une créance vis-à-vis de Dieu, qu’il prie : « et maintenant glorifie-moi, toi Père, auprès de toi-même, de la gloire que j’avais auprès de toi avant que le monde fût » (Jean 17:5). Vous pouvez constater que l’estimation de Dieu au sujet de l’œuvre de Christ est manifestée par la place qu’il Lui a donnée à sa droite (Éph. 1:20). Rien de moins que cette gloire ne pouvait être une réponse suffisante à l’œuvre accomplie par Christ. Et rien de moins non plus ne pouvait satisfaire le cœur de Dieu. Qui peut entrer dans sa joie lorsqu’il a ressuscité Jésus d’entre les morts, le faisant asseoir à sa droite et lui donnant « un nom au-dessus de tout nom, afin qu’au nom de Jésus se ploie tout genou des êtres célestes, et terrestres, et infernaux, et que toute langue confesse que Jésus Christ est Seigneur, à la gloire de Dieu le Père » (Phil. 2:9-11) ?
Observez soigneusement ces trois points : premièrement, que la place occupée maintenant par Christ dans la gloire est le fruit de son œuvre rédemptrice ; deuxièmement, qu’il occupe cette place comme homme ressuscité ; troisièmement, qu’il est là pour les siens. En conséquence, Dieu doit nous introduire dans la même position d’acceptation devant lui ; sa gloire y est engagée ; de plus, son cœur trouve ses réelles délices à reconnaître de cette manière la valeur de l’œuvre et de la personne de son Fils bien-aimé. Chaque croyant est ainsi devant Dieu selon l’efficacité de l’œuvre de Christ et dans toute l’acceptation de sa personne. Il jouit donc d’une position d’entière proximité ; il est l’objet de la parfaite satisfaction de Dieu, et il est introduit dès maintenant devant Dieu en Christ.
A l’appui de l’exposé ci-dessus, je désire attirer votre attention sur quelques passages de l’Écriture.
Nous avons vu dans la première lettre (La paix avec Dieu) que l’apôtre déclare en Romains 5:1 « Ayant donc été justifiés sur le principe de la foi, nous avons la paix avec Dieu par notre Seigneur Jésus Christ », et ensuite, l’apôtre continue : « par lequel nous avons trouvé aussi accès, par la foi, à cette faveur dans laquelle nous sommes, et nous nous glorifions dans l’espérance de la gloire de Dieu ». Ce verset est essentiel pour la question qui nous occupe. Ce n’est pas seulement que nous avons la paix avec Dieu en croyant, mais nous avons aussi accès par Christ à « cette faveur dans laquelle nous sommes », c’est-à-dire que nous sommes introduits dans la plénitude de la faveur de Dieu, dans la clarté sans voile de sa présence, et nous pouvons nous réjouir – toutes choses étant établies et assurées – dans l’espérance de la gloire de Dieu. Si parfaite et si inaltérable est la position dans laquelle nous sommes introduits par la foi en Christ – la foi en Dieu qui a ressuscité Jésus d’entre les morts – que, malgré les épreuves, les difficultés et les dangers du désert, nous pouvons nous réjouir dans l’espérance – dans la perspective sûre et certaine – de la gloire de Dieu.
Il peut y avoir des tribulations, comme l’apôtre nous le montre, mais si elles surviennent, nous pouvons nous glorifier en elles, « sachant que la tribulation produit la patience, et la patience l’expérience, et l’expérience l’espérance ; et l’espérance ne rend point honteux, parce que l’amour de Dieu est versé dans nos cœurs par l’Esprit Saint qui nous a été donné » (Rom. 5:3-5). Cet amour, Dieu nous l’a manifesté et prouvé « en ce que, lorsque nous étions encore pécheurs, Christ est mort pour nous » (v. 8). « Si, étant ennemis, nous avons été réconciliés avec Dieu par la mort de son Fils, beaucoup plutôt, ayant été réconciliés, serons-nous sauvés par sa vie » (v. 10). Notre salut est complet ; il va jusqu’à la rédemption de notre corps, selon Romains 8:23. La vie dont il est question en Romains 5:10 est la vie de Christ ressuscité, assis maintenant à la droite de Dieu.
Mais l’apôtre ajoute : « Et non seulement cela, mais aussi nous nous glorifions en Dieu par notre Seigneur Jésus Christ, par lequel nous avons maintenant reçu la réconciliation » (Rom. 5:11).
En résumé, notre position actuelle est celle-ci :
- nous sommes devant Dieu dans une faveur parfaite ;
- son amour est versé dans nos cœurs ;
- nous nous réjouissons dans l’espérance de sa gloire ;
- enfin, nous nous glorifions en Dieu lui-même.
Mais ce n’est pas tout. Dans cette même épître, nous apprenons que non seulement notre culpabilité est ôtée pour toujours dès l’instant où nous croyons en Christ, que nous sommes justifiés, etc… mais nous sommes aussi vus comme étant introduits, par la mort et la résurrection de Christ, dans une position entièrement nouvelle, une position en dehors de la chair, parce que nous sommes “en Christ” devant Dieu. C’est de ce sujet que traite la division suivante de l’épître aux Romains, qui commence au verset 12 du chapitre 5, et se termine avec le chapitre 8. Vous constaterez, en tout premier lieu, que tout l’enseignement repose sur la position que nous occupons par rapport à deux chefs de race : Adam ou Christ (Rom. 5:12-21). Chaque homme est vu, soit en Adam, soit en Christ ; et je vous prie instamment de remarquer que le fait d’être en Christ, ou en Adam, dépend du fait que nous sommes ou non des croyants. Si, par grâce, nous croyons, nous sommes en Christ. Les choses étant ainsi établies, je vous signalerai brièvement quelques traits importants, vous laissant le soin d’approfondir le sujet pour vous-même.
La première chose que l’apôtre nous rappelle, c’est que le vrai terrain sur lequel nous sommes est celui de notre mort avec Christ – c’est là ce qu’exprime notre baptême. Cette position est celle de tous les croyants devant Dieu, comme nous le montre Colossiens 3:3. Si vous lisez attentivement Romains 6, vous constaterez tout de suite que l’apôtre établit notre position sur cette base. Notre moi, l’homme naturel – aussi bien que nos péchés – est ôté de devant le regard de Dieu. Autrement, l’apôtre ne pourrait pas, comme il le fait, écrire : « De même vous aussi, tenez-vous vous-mêmes pour morts au péché, mais pour vivants à Dieu dans le Christ Jésus » (Rom. 6:11).
Dans le chapitre suivant, il enseigne que « vous avez été mis à mort à la loi par le corps du Christ… » (7:4). Et ceci, après une discussion sur l’effet de l’application de la loi à quelqu’un qui a été vivifié par l’Esprit de Dieu. L’apôtre met en lumière la persistance de la présence du péché dans la chair et l’opposition absolue entre la nouvelle et la vieille nature (Rom. 7:13-25). Le chemin est ainsi préparé pour un exposé complet de la vérité quant au croyant, établie en Romains 8:1 : « Il n’y a donc maintenant aucune condamnation pour ceux qui sont dans le Christ Jésus ». La délivrance que nous avons en Christ est aussi complète que le pardon de nos péchés.
Bien plus, il nous déclare : « Or vous n’êtes pas dans la chair, mais dans l’Esprit, si du moins l’Esprit de Dieu habite en vous » (Rom. 8:9). L’apôtre montre donc que la position du croyant n’est pas dans la chair, ni aucunement dans le premier homme, Adam ; au contraire, le croyant est devant Dieu “dans l’Esprit”. Cela veut dire que l’Esprit, et non la chair, caractérise sa vie devant Dieu, parce que, dans la mort de Christ, la mauvaise nature du croyant a été jugée ; car « Dieu ayant envoyé son propre Fils en ressemblance de chair de péché, et pour le péché, a condamné le péché dans la chair » (Rom. 8:3).
Ensuite, après avoir mis en évidence les conséquences bénies de la possession du Saint Esprit, il déclare que « toutes choses travaillent ensemble pour le bien de ceux qui aiment Dieu, de ceux qui sont appelés selon son propos » (Rom. 8:28). Et encore : « ceux qu’il a préconnus, il les a aussi prédestinés à être conformes à l’image de son Fils, pour qu’il soit premier-né entre plusieurs frères… » (8:29, 30). Il pose enfin la question : « Si Dieu est pour nous, qui sera contre nous ? » (v. 31) et il répond que Dieu, en livrant son Fils pour nous, nous a fourni la preuve qu’il voulait nous donner librement toutes choses avec lui.
Ceci conduit Paul à la conclusion triomphante qu’aucune accusation ne peut être intentée contre des élus de Dieu ; Dieu les ayant lui-même justifiés, personne ne peut les condamner ; Christ étant mort, ressuscité, et maintenant glorifié à la droite de Dieu où il intercède pour nous, rien ne peut nous séparer de l’amour de Dieu qui est dans le Christ Jésus, notre Seigneur (lire Romains 8:31-39).
Ce serait donc une erreur très dommageable pour vous d’en rester au chapitre 5, si vous voulez connaître la plénitude de la grâce de Dieu et le caractère merveilleux de son salut. Car, à moins que nous ne saisissions les vérités du chapitre 8, nous ne connaîtrons jamais ce que nous sommes réellement pour Dieu et devant Dieu – la complète délivrance en Christ dont chaque croyant est l’objet, lors même qu’il en serait ignorant. Et il est de la plus haute importance que vous sachiez que ces bénédictions qui ont été décrites ne sont en aucune manière rattachées aux connaissances. Tout ce que j’ai voulu vous montrer est la part – qu’il le sache ou non – de quiconque prononce : « Abba, Père ! », fût-il le plus jeune croyant en Christ.
Mais même parvenus à ce point, nous pouvons dire qu’il y a beaucoup plus encore. Si vous voulez bien vous tourner avec moi vers l’épître aux Éphésiens, je serai heureux de vous faire découvrir, sans trop allonger cette lettre, la position définitive du croyant devant Dieu. Voyez premièrement l’admirable expression que nous trouvons dans le premier chapitre : « Béni soit le Dieu et Père de notre seigneur Jésus Christ, qui nous a bénis de toute bénédiction spirituelle dans les lieux célestes en Christ ; selon qu’il nous a élus en lui avant la fondation du monde, pour que nous fussions saints et irréprochables devant lui en amour, nous ayant prédestinés pour nous adopter pour lui par Jésus Christ, selon le bon plaisir de sa volonté, à la louange de la gloire de sa grâce, dans laquelle il nous a rendus agréables dans le Bien-aimé » (Éph. 1:3-6). Lisez attentivement chacune des phrases soulignées, et vous verrez combien notre position devant Dieu est parfaite. Car il nous a bénis de toute bénédiction spirituelle, etc… C’est son but que nous soyons saints et irréprochables devant lui en amour ; et il nous a rendus agréables dans le Bien-aimé.
Dans le chapitre suivant, nous trouvons les étapes par lesquelles nous avons été introduits dans les lieux célestes. « Dieu, qui est riche en miséricorde, à cause de son grand amour dont il nous a aimés, alors même que nous étions morts dans nos fautes, nous a vivifiés ensemble avec le Christ, (vous êtes sauvés par la grâce), et nous a ressuscités ensemble, et nous a fait asseoir ensemble dans les lieux célestes dans le Christ Jésus », etc. (Éph. 2:4-6). Ici, nous sommes vus comme ayant été morts dans nos fautes ; et Christ est vu dans cette épître comme étant descendu dans la mort à la place des pécheurs. Dieu, étant riche en miséricorde et agissant selon son cœur plein d’amour, est venu vers nous en grâce et nous a vivifiés ensemble avec le Christ, et ensuite, nous a ressuscités ensemble et nous a fait asseoir ensemble dans les lieux célestes dans le Christ Jésus.
Ainsi, Dieu nous a introduits dans sa propre présence ; notre position actuelle – lors même que nous sommes toujours dans le corps – est dans les lieux célestes dans le Christ Jésus. Rien de moins que ce fait glorieux n’exprime la plénitude de sa grâce, ou la satisfaction de son propre cœur.
Il reste un passage que je désire encore placer devant vous et puis je termine. « Comme il est, lui, nous sommes, nous aussi, dans ce monde » (1 Jean 4:17). Comme Christ est à la droite de Dieu – les délices et la joie du cœur de Dieu – là dans toute la perfection de sa personne, et dans la bonne odeur de son sacrifice, ainsi sommes-nous dans ce monde ; car ce n’est pas en nous-mêmes que nous nous tenons devant Dieu, mais en Christ ; dès lors, nous sommes revêtus de sa propre acceptation et de toute son excellence devant Dieu.
Que Dieu nous donne d’avoir une compréhension toujours plus claire de la position dans laquelle, par son inexprimable grâce, nous avons été introduits dans le Christ Jésus.
Affectueusement vôtre, en Christ.
3 - Notre position sur la terre
Mon cher,
Dans ma dernière lettre, j’ai essayé de vous montrer quelle était notre position, comme croyants, devant Dieu. Je désire à présent attirer votre attention sur la position qui est la nôtre ici-bas. Nous ne manquerons pas, je pense, de voir que celle-ci se rattache également à Christ.
De même que nous sommes identifiés avec Christ quant à notre position devant Dieu, nous sommes identifiés avec lui devant le monde. En d’autres termes, nous sommes mis à sa place ici-bas, exactement comme nous sommes en Lui devant Dieu. Et je pense qu’il serait très utile pour nous d’avoir constamment cette vérité devant les yeux.
Il y a deux aspects à notre position sur la terre, également importants à saisir : le premier, en relation avec le monde ; le second, en relation avec le camp, c’est-à-dire la chrétienté professante organisée qui, dans la présente dispensation, a succédé au judaïsme comme témoignage professant devant Dieu (voir Romains 11, et comparer avec Matthieu 13).
3.1 - Notre position par rapport au monde
Le Seigneur Jésus, s’adressant aux Juifs, disait « Vous êtes d’en bas ; moi, je suis d’en haut ; vous êtes de ce monde ; moi, je ne suis pas de ce monde » (Jean 8:23). Plus tard, parlant des siens au Père, il dit : « Ils ne sont pas du monde, comme moi je ne suis pas du monde » (Jean 17:16). Dans les versets 14 à 19, vous lirez qu’il met effectivement ses disciples à sa propre place dans le monde, de même que dans le paragraphe précédent (versets 6 à 13), il les place dans sa propre position devant le Père. Et il faut remarquer qu’ils occupent sa place dans le monde, parce qu’ils ne sont pas du monde, comme lui n’en était pas ; car, étant nés de nouveau, ils n’appartiennent plus au monde. Ensuite, le Seigneur rappelle constamment aux siens qu’ils ont à rencontrer la même haine, la même persécution que celles qu’il a éprouvées lui-même. Pour citer un exemple, il dit : « Si le monde vous hait, sachez qu’il m’a haï avant vous. Si vous étiez du monde, le monde aimerait ce qui serait sien ; mais parce que vous n’êtes pas du monde, mais que moi je vous ai choisis du monde, à cause de cela, le monde vous hait. Souvenez-vous de la parole que moi je vous ai dite : L’esclave n’est pas plus grand que son maître. S’ils m’ont persécuté, ils vous persécuteront aussi ; s’ils ont gardé ma parole, ils garderont aussi la vôtre » (Jean 15:18-20).
L’apôtre Jean, de la même manière, fait ressortir le contraste absolu qui existe entre les croyants et le monde, quand il écrit : « Nous savons que nous sommes de Dieu, et que le monde entier gît dans le méchant » (1 Jean 5:19).
Mais il y a plus que ce qui ressort d’emblée de ces passages importants. Chaque croyant est considéré par Dieu comme mort et ressuscité ensemble avec Christ (Rom. 6:8 ; Col. 3:1-3 ; Éph. 2:6). Il a donc été transporté, par la mort et la résurrection de Christ, aussi complètement aux yeux de Dieu hors du monde, qu’Israël fut entièrement délivré de l’Égypte après la traversée de la Mer Rouge. Désormais, il n’est plus du monde, bien qu’il soit envoyé dans le monde (Jean 17:18) pour être pour Christ au milieu du monde. A cause de cela, Paul, bien qu’actif au service de Christ dans le monde, pouvait dire : « Mais qu’il ne m’arrive pas à moi de me glorifier, sinon en la croix de notre seigneur Jésus Christ, par laquelle le monde m’est crucifié, et moi au monde » (Gal. 6:14). La croix de Christ indiquait à Paul que le monde était déjà jugé (Jean 12:31) ; et par l’application de la croix à lui-même, il se considérait comme mort – crucifié au monde – de telle manière qu’il y avait entre les deux une séparation aussi complète que la mort pouvait l’établir.
Pour résumer ces enseignements, nous voyons que le chrétien, bien qu’il soit encore dans le monde, n’est plus de lui. Il n’est pas de lui dans le même sens que Christ n’était pas de lui ; il appartient à une autre sphère. Car, « si quelqu’un est en Christ, c’est une nouvelle création » (2 Cor. 5:17) ; il a été, comme nous l’avons vu précédemment, retiré du monde par la mort et la résurrection de Christ. Désormais, il doit être entièrement séparé ; il n’a pas à « se conformer à ce siècle » (Gal. 1:4 ; Rom. 12:2) – en pensée, habitudes, tenue, marche ; en toutes choses, il doit montrer qu’il n’est pas du monde. Même plus, par l’application de la croix, il doit se tenir lui-même pour crucifié au monde ; et il ne peut y avoir ni attraction ni assimilation entre deux choses jugées. Mais, répétons-le, le chrétien est dans le monde à la place de Christ, c’est-à-dire, il y est pour Christ et comme identifié avec Lui. En conséquence, il doit être un témoin pour Christ et marcher comme Christ a marché (Phil. 2:15 ; 1 Jean 2:6, etc.), et il peut s’attendre à subir le même traitement que Christ lorsqu’il était ici-bas. Non que l’on ait à envisager d’être crucifié comme Christ le fut ; mais si nous sommes fidèles, nous rencontrerons le même esprit d’opposition. Le degré de persécution que nous aurons à endurer sera à la mesure de notre conformité à Christ, et le fait que les chrétiens rencontrent aujourd’hui si peu de haine de la part du monde, peut seulement s’expliquer par leur manque de séparation de ce monde.
Avant de passer à l’autre partie du sujet, je ne puis assez insister auprès de vous sur l’importance qu’il y a de briser tout lien qui vous unit moralement au monde.
Il n’est besoin que d’un peu de discernement pour percevoir que l’esprit du monde, la mondanité, gagne rapidement les assemblées de Dieu, celles-là mêmes qui se proclament avec quelque autosatisfaction comme étant unies à la table du Seigneur. Quel déshonneur, oui, quel chagrin, pour Celui autour duquel nous sommes réunis pour annoncer sa mort ! Quel motif d’en appeler à tous les saints pour qu’ils s’humilient devant Dieu et pour qu’ils recherchent grâce, afin d’être plus consacrés, plus séparés, de telle sorte que le monde lui-même puisse voir que nous appartenons à Celui qu’il a repoussé, rejeté et crucifié. Combien peu d’entre nous ont l’esprit de Paul, qui désirait « connaître …la communion de Ses souffrances, étant rendu conforme à sa mort » ayant en vue un Christ ressuscité et glorifié, l’objet de son cœur et le but de toute son espérance (Phil. 3).
Que le Seigneur veuille nous accorder, et à tous ses bien-aimés, plus de consécration pour lui, dans une entière séparation du monde.
3.2 - Notre position en relation avec le “camp”
Nous lisons dans l’épître aux Hébreux : « Les corps des animaux dont le sang est porté, pour le péché, dans les lieux saints sont brûlés hors du camp. C’est pourquoi aussi Jésus, afin qu’il sanctifiât le peuple par son propre sang, a souffert hors de la porte. Ainsi donc sortons vers lui hors du camp, portant son opprobre » (13:11-13).
Deux choses sont mises en évidence dans ce passage : les corps des bêtes sacrifiées étaient brûlés hors du camp ; le sang du sacrifice pour le péché était porté dans le sanctuaire. L’apôtre fait ressortir que ces deux choses correspondent à deux aspects de la mort de Christ, antitype de ces sacrifices. Nous voyons ainsi la double position du croyant : sa position devant Dieu dans le sanctuaire où le sang est porté ; sa position sur la terre, hors du camp, où Christ a souffert. En d’autres termes, ainsi qu’il a été exprimé précédemment, si nous sommes en Christ devant Dieu, identifiés avec lui dans toute la valeur de sa propre acceptation, nous sommes aussi identifiés avec lui sur la terre, dans sa position de honte, d’opprobre et de rejet. En conséquence, la place du croyant sur la terre se trouve hors du camp. Comme l’auteur de l’épître l’écrit : « Sortons vers lui hors du camp, portant son opprobre ».
Vous me demanderez peut-être : « Qu’est-ce que le camp ?» Dans le passage que j’ai cité, il est clair, d’après tout le contexte, que c’est le judaïsme. Qu’est-ce qui y correspond aujourd’hui ?
Le judaïsme était de Dieu, et occupait une position de témoignage pour Dieu sur la terre. Le judaïsme a failli. Après la Pentecôte, Christ présenté par la prédication des apôtres a été définitivement rejeté. Dès lors, le judaïsme a été mis de côté, et la chrétienté l’a remplacé, suivant l’exposé de Romains 11.
Le camp donc est à présent la chrétienté organisée, l’église professante, comprenant toutes les dénominations.
Sur quelle base, demanderez-vous, sommes-nous appelés à sortir de ce camp ? Sur la base de sa faillite absolue comme témoignage de Dieu. « Que celui qui a des oreilles écoute ce que l’Esprit dit aux assemblées » (Apoc. 2:11, etc.). C’est là qu’est notre sauvegarde et aussi notre responsabilité, appréciant par la Parole écrite tout ce qui prétend être de Dieu. Mises à l’épreuve de la Parole, toutes les dénominations humaines sont convaincues de manquement et de désobéissance.
Pour le croyant qui désire agir selon la pensée de Dieu, il ne reste rien d’autre à faire que de prendre sa place hors du camp, loin de la confusion et des erreurs de ces jours mauvais, et de se joindre au rassemblement de ceux qui sont tout simplement réunis au nom du Seigneur, dans l’obéissance à sa Parole.
Le chapitre 33 de l’Exode est très instructif à cet égard. Quand Moïse descendit de la montagne, il trouva que le camp tout entier était tombé dans l’idolâtrie ; après être remonté pour intercéder pour Israël, il revint avec une “parole fâcheuse” pour le peuple (Ex. 33:4). « Il prit une tente, et la tendit pour lui hors du camp, loin du camp, et il l’appela la tente d’assignation ; et il arriva que tous ceux qui cherchaient l’Éternel sortirent vers la tente d’assignation qui était hors du camp » (Ex. 33:7). Moïse agit ainsi, parce qu’il avait la pensée de Dieu, en présence des manquements du peuple ; et c’est ainsi que nous trouvons dans cette scène un portrait moral de nos propres temps. Permettez-moi de recommander ces instructions à votre sérieuse attention.
Je crois en avoir assez dit pour que vous puissiez à présent comprendre quelle est la position du croyant sur la terre. D’un côté, dans la séparation du monde ; de l’autre, hors du camp. Occuper cette position implique la haine de la part du premier, et l’opprobre de la part du second.
Mais s’il en est ainsi, nous sommes d’autant plus étroitement identifiés avec notre Seigneur. Dans l’épître aux Hébreux, l’opprobre est celui de Christ (Héb. 11:26 ; 13:13). Puissions-nous ne jamais fuir l’un, ni être honteux de l’autre ; non ! Puissions-nous être rendus capables de nous réjouir lorsque nous sommes estimés dignes de souffrir des opprobres pour le nom de Jésus (Actes 5:41).
Croyez-moi, mon cher,
Affectueusement vôtre, en Christ.
4 - Le corps de Christ
Mon cher,
Il y a une question qui doit maintenant retenir votre attention, en rapport avec le corps de Christ. Le jour de la Pentecôte, il se produisit une chose entièrement nouvelle dans le déroulement des conseils de Dieu : la venue du Saint Esprit. Avant ce moment, l’Esprit de Dieu avait travaillé sur la terre ; car dans chacune des dispensations passées, il y eut des âmes réveillées à salut ; « de saints hommes de Dieu ont parlé, étant poussés par l’Esprit Saint » (2 Pi. 1:21). Mais jusqu’à ce que le Seigneur Jésus fût glorifié à la droite de Dieu, le Saint Esprit comme Personne n’était pas sur la terre. Cette venue du Saint Esprit est le point de départ d’une nouvelle période distinguée dans les Écritures : celle de la formation de l’Église sur la terre. Lorsque, sans doute vers la fin de son ministère, Jésus se leva en la dernière journée, la grande journée de la fête des Tabernacles, il cria : « Si quelqu’un a soif, qu’il vienne à moi et qu’il boive. Celui qui croit en moi, selon ce qu’a dit l’écriture, des fleuves d’eau vives couleront de son ventre ». Jean explique qu’il « disait cela de l’Esprit qu’allaient recevoir ceux qui croyaient en lui ; car l’Esprit n’était pas encore, parce que Jésus n’avait pas encore été glorifié » (Jean 7:37-39). Parlant à ses disciples, le Seigneur déclare : « Il vous est avantageux que moi je m’en aille ; car si je ne m’en vais, le Consolateur ne viendra pas à vous », etc. (Jean 16:7 ; cf. Jean 14:16, 17, 26, etc.). Passant plus loin, au chapitre 2 des Actes, nous trouvons le récit historique de la descente du Saint Esprit, dans les versets 1 à 4 ; le verset 4, en particulier, énonce : « ils furent tous remplis de l’Esprit Saint ». Ainsi s’accomplissait la parole que Jésus avait dite à ses disciples, après sa résurrection : « vous serez baptisés de l’Esprit Saint dans peu de jours » et encore « vous recevrez de la puissance, le Saint Esprit venant sur vous » (Actes 1:5, 8).
C’est par l’action du Saint Esprit que fut formée l’Église de Dieu, telle que nous la trouvons dans le Nouveau Testament, sous deux aspects : la maison de Dieu, et le corps de Christ (voyez 1 Tim. 3:15 ; Éph. 1:22, 23). C’est le second de ces aspects que je désire placer devant vous dans cette lettre. Deux passages vont nous éclairer. En Colossiens 1:18, il est dit : « il est le chef du corps, de l’assemblée ». En 1 Corinthiens 12:13 : « nous avons tous été baptisés d’un seul Esprit pour être un seul corps, soit Juifs, soit Grecs, soit esclaves, soit hommes libres », etc. Il résulte de ces passages que, le jour de Pentecôte, les croyants, par la descente du Saint Esprit, furent baptisés pour être un seul corps ; ainsi fut formé le corps de Christ.
Recherchons maintenant de quoi ou de qui le corps de Christ est composé. « De même que le corps est un et qu’il a plusieurs membres, mais que tous les membres du corps, quoiqu’ils soient plusieurs, sont un seul corps, ainsi aussi est le Christ » (1 Cor. 12:12). Le terme Christ employé dans ce passage comprend Christ lui-même et tous les membres du corps, considérés comme un ensemble, le corps complet. Autrement dit, le corps de Christ comprend le Seigneur lui-même, comme tête, et tous les croyants sur la terre qui ont reçu le Saint Esprit, comme membres de ce corps. Chaque enfant de Dieu qui peut dire (selon Romains 8:16) « Abba, Père », est un membre du corps de Christ. En Éphésiens 5:30, « nous sommes membres de son corps, – de sa chair et de ses os ».
C’est le point sur lequel j’attire spécialement votre attention ; car un grand nombre de chers enfants de Dieu ignorent cette merveilleuse position privilégiée.
Lors d’une visite que je rendais à un chrétien mourant, je demandai : « Savez-vous que vous êtes un membre du corps de Christ ? » – La réponse fut : « Non, je n’ai jamais rien appris de semblable ». – Je n’oublierai pas de sitôt la joie répandue sur le visage de ce mourant, lorsque je lui présentai les passages concernant ce sujet.
Considérez maintenant, je vous prie, ce qu’implique le fait d’être un membre du corps de Christ. – D’abord et surtout, cela signifie que nous sommes unis à Christ, à Christ comme homme glorifié, à la droite de Dieu. Car en tant qu’il est la tête du corps, chaque membre lui est uni d’une manière vitale – nous pourrions dire : organiquement – « Celui qui est uni au Seigneur est un seul esprit avec lui » (1 Cor. 6:17). Considérez donc l’immense étendue de la grâce de notre Dieu ! Ce n’est pas seulement que nos péchés sont pardonnés, que nous sommes justifiés par la foi, que nous sommes amenés dans la faveur de Dieu, parfaite et sans nuage, que nous sommes ressuscités avec Christ, assis en lui dans les lieux célestes ; mais que, lors même que nous vivons ici-bas, enveloppés de faiblesse et d’infirmité, il nous est donné de savoir que nous sommes unis à Christ en gloire. Nous pouvons le considérer là où il est et dire « Nous sommes membres de son corps, – de sa chair et de ses os ». Si nous acceptons cette vérité dans toute sa puissance, il ne peut surgir aucune discussion quant à l’assurance actuelle de notre salut. Quelle force ne recevrions-nous pas pour affronter les épreuves ou les dangers, si nous avions cette pensée dans nos âmes : « nous sommes unis à Christ » ! Et quelle révélation sur la proximité et l’intimité dans lesquelles nous sommes approchés de lui, puisque nous apprenons que nous sommes un avec lui ; que ce qui nous touche, le touche lui-même (voyez Actes 9:4) ; et qu’ainsi nous sommes unis à lui inséparablement, indissolublement, pour toujours !
Deuxièmement, l’Esprit de Dieu nous enseigne qu’étant membres du corps de Christ, nous sommes aussi membres l’un de l’autre. Il est essentiel pour nous de saisir cette vérité, si nous voulons comprendre le caractère de nos relations avec tous les enfants de Dieu. Car le même Esprit qui nous unit à Christ, nous a unis les uns aux autres par le même lien. C’est ce que signifie “l’unité de l’Esprit” (Éph. 4:3), que nous sommes appelés à garder ; c’est l’unité de tous les membres de Christ qui a été formée sur la terre par l’Esprit de Dieu.
Si vous voulez lire avec moi 1 Corinthiens 12, vous saisirez le merveilleux caractère de nos rapports mutuels, découlant du fait que nous sommes membres l’un de l’autre (cf. Rom. 12:4, 5). En vous recommandant de lire attentivement ces passages, je désire mettre en évidence divers points de l’enseignement contenus dans les versets 12 à 27 de 1 Corinthiens 12.
- D’emblée, l’apôtre insiste soigneusement sur le fait que « le corps n’est pas un seul membre, mais plusieurs » (cf. v. 12, 14, 20), et que chaque membre a sa propre place dans le corps (v. 18) selon un acte souverain de la part de Dieu. Dès lors, Paul pose la question : « Si le pied disait : Parce que je ne suis pas main, je ne suis pas du corps, est-ce qu’à cause de cela il n’est pas du corps ? » (v. 15). – Retenons donc la pensée que si les membres sont plusieurs, le corps est un. Quel thème fécond de méditation ! Mais je veux attirer votre particulière attention sur deux points qui engagent notre responsabilité : la diversité des membres (v. 14) et l’unité de l’ensemble (v. 27). Je me permets d’ajouter qu’il vous est impossible de tenir ferme ces deux vérités, si vous ne réalisez pas ce qu’est le rassemblement des saints, en dehors de tout système humain, au nom du Seigneur, hors du camp.
- Une autre chose présentée par l’apôtre, c’est que chacun des membres du corps a besoin de tous les autres membres ; « L’œil ne peut pas dire à la main : Je n’ai pas besoin de toi ; ou bien encore la tête, aux pieds : Je n’ai pas besoin de vous » (v. 21) ; – Au contraire, « Dieu a composé le corps… afin qu’il n’y ait point de division dans le corps, mais que les membres aient un égal soin les uns des autres » (v. 24, 25).
Le verset 26 rappelle que la relation entre les membres est tellement intime que « si un membre souffre, tous les membres souffrent avec lui » et que « si un membre est glorifié, tous les membres se réjouissent avec lui ».
Comme vous le voyez, ces textes montrent que le terme “corps de Christ” n’est pas une simple figure de style, mais qu’il exprime une réalité : celle de notre union avec Christ et aussi de notre union les uns avec les autres. Il s’ensuit que nos responsabilités vis-à-vis de Christ comme Chef du corps ne peuvent être comprises et moins encore réalisées si cette vérité est ignorée ou négligée. Mais, d’autre part, si elle est connue et réalisée, non seulement nous avons la joie d’une union consciente avec Christ, mais nous pouvons aussi nous réjouir de notre indissoluble union avec tous les membres de son corps, dans toutes les parties du monde.
Cela nous conduit en outre à des résultats pratiques. Par exemple, si on me demande de me joindre à l’une ou l’autre des dénominations qui nous entourent, je réponds que je ne puis le faire, car ce serait dénier pleinement la vérité bénie de l’unité du corps de Christ. Je dirai : « Vous me demandez de me joindre à un certain nombre de chrétiens qui reconnaissent certaines choses ; cependant, ce n’est pas quelques-uns, mais tous qu’il me faut, je suis un avec tous les croyants, et je ne puis accepter un terrain d’union qui exclut qui que ce soit ».
Encore, si on me propose de m’unir à un groupe de chrétiens indépendamment de toute dénomination, je répondrai : « Je suis un membre du corps de Christ, et je ne peux, à cause de cela créer aucun terrain d’union en dehors de celui du corps. Je dois me trouver sur le terrain de Dieu, et sur aucun autre ». Aussi longtemps que je ne connais pas la vérité du corps de Christ, je ne peux pas comprendre la position que Dieu veut que j’occupe sur la terre.
Je désire à présent laisser le sujet à votre méditation personnelle, persuadé que si vous sondez les Écritures dans la dépendance du Seigneur, il vous conduira par son Esprit selon sa propre pensée.
Dans ma prochaine lettre, je placerai devant vous, s’il plaît à Dieu, un autre sujet étroitement en rapport avec celui que nous venons de considérer ; nous nous occuperons de la Table du Seigneur.
Croyez-moi, mon cher,
Affectueusement vôtre, en Christ.
5 - La table du Seigneur
Mon cher,
Le sujet de la table du Seigneur est souvent particulièrement embarrassant pour l’enfant de Dieu. Le croyant qui désire sincèrement obéir au Seigneur trouve plusieurs tables dressées sur différentes bases. En outre, lorsqu’il pousse plus loin sa recherche, il rencontre autant de doctrines que de tables, concernant la signification de la cène à laquelle il est invité à participer. Le seul remède auquel il puisse avoir recours, s’il désire éviter toute erreur, est de se détourner de tant de voix confuses pour écouter l’enseignement clair et précis de la parole de Dieu. Cet enseignement fait l’objet de cette lettre.
Le chapitre 10 de la 1re épître aux Corinthiens nous présente les caractères de la table ; le chapitre 11, ceux de la cène et la manière dont elle doit être prise.
Nous considérerons d’abord le sujet de la table. « La coupe de bénédiction que nous bénissons, n’est-elle pas la communion du sang du Christ ? Le pain que nous rompons, n’est-il pas la communion du corps du Christ ? Car nous qui sommes plusieurs, sommes un seul pain, un seul corps, car nous participons tous à un seul et même pain » (1 Cor. 10:16, 17). Ce passage met en évidence deux choses :
- premièrement, “le pain” placé sur la table est un symbole du corps du Christ : un seul pain, un seul corps ;
- en second lieu, nous participons à ce “seul et même pain” comme étant nous-mêmes “un seul pain, un seul corps“ (voir aussi 1 Cor. 12:13).
De même que nous avons communion au sang de Christ par le vin, nous avons communion à son corps par le pain, lorsque nous participons à la cène conformément à la pensée de Dieu. La table étant l’expression de l’unité du corps du Christ, seuls les membres de ce corps peuvent être réunis autour d’elle.
Seuls, les rachetés du Seigneur peuvent participer à sa table. Si vous observez, en les confrontant avec l’Écriture, les principes suivant lesquels les personnes sont admises à la table dans les divers rassemblements qui sont autour de vous, vous ne pourrez manquer de discerner, parmi toutes les tables, laquelle est celle du Seigneur.
Vous constaterez d’abord qu’une table dressée sur un principe sectaire ne peut être celle du Seigneur, car dans tous les cas, la base est plus étroite que celle du corps de Christ.
En admettant que tous les adeptes d’un système soient des membres du corps de Christ, nous devrions poser la question : « N’y a-t-il pas d’autres membres de ce corps en dehors de cette dénomination ?» S’il y en a, une telle table, bien que dressée avec sincérité, conscience et piété, n’est pas la table du Seigneur. Si on me répond : « Mais nous sommes entièrement d’accord pour recevoir les autres membres du corps de Christ », je devrai dire : « Ceci n’affecte pas du tout la question, car le terrain que l’on prend détermine le caractère de la table que l’on y dresse ». Le terrain choisi dans chaque dénomination est d’un caractère tel que d’autres chrétiens pieux, ne peuvent y avoir communion. Les dissidents(*), par exemple, sont exclus de la table de l’église anglicane ; et celle-ci est réciproquement exclue des tables de la dissidence. Dans les deux cas, on ne peut trouver la table du Seigneur, car le terrain de base n’est pas celui du corps de Christ.
(*) Ceux qui ne font pas partie de l’église anglicane.
Examinez maintenant les tables non sectaires. Vous me direz peut-être que vous connaissez un endroit où toute dénomination est désavouée et où l’on enseigne que tous les chrétiens, et eux seuls, peuvent s’y rassembler. Très bien ! Mais j’aurais quelques questions à poser. Les chrétiens sont-ils réunis dans ce lieu simplement au nom de Christ ? Le Saint Esprit a-t-il la liberté d’agir par qui il choisit ? La discipline est-elle exercée selon Dieu ? etc. Car le Seigneur ne peut rien sanctionner de ce qui n’est pas conforme à l’Écriture, rien qui ne soit en accord avec le caractère de son nom. Si ces questions reçoivent une réponse affirmative, vous êtes en droit de conclure que vous avez trouvé la table du Seigneur. Sinon, bien qu’elle puisse paraître engageante à première vue, vous aurez à rejeter cette table comme celle des autres dénominations.
Si nous citons quelques caractères de la table du Seigneur, cela vous aidera à éviter toute erreur.
- La table doit être dressée en dehors de tout système ou dénomination, sinon, comme nous l’avons vu, elle ne pourrait accueillir tous ceux qui sont membres du corps de Christ.
- Les saints se réunissent autour de la table le premier jour de la semaine, selon ce que nous lisons en Actes 20:7 : « le premier jour de la semaine, lorsque nous étions assemblés pour rompre le pain… ». Ce verset montre d’une manière indéniable que c’était une coutume établie chez les premiers chrétiens. Vous lirez aussi en Jean 20 que, deux fois, notre Seigneur bien-aimé, après sa résurrection, choisit le premier jour de la semaine pour se présenter lui-même au milieu des disciples rassemblés : (Jean 20:19, 26) il consacrait ainsi, si on peut employer ce mot, le premier jour de la semaine pour le rassemblement des siens.
- Le but du rassemblement d’Actes 20:7 est expressément la fraction du pain. J’insiste sur ce point car, en beaucoup d’endroits, une table est dressée chaque semaine, mais avec d’autres buts, comme la prédication, etc.
- Tout ce qui se rattache à la table : adoration, ministère et discipline, doit être conforme à la parole de Dieu et soumis à son autorité. Si l’on établit une seule règle humaine, quel que soit le terrain choisi, le caractère de la table est détruit. La table du Seigneur appartient au Seigneur ; son autorité seule peut être reconnue par les saints rassemblés.
Dois-je ajouter quelque chose ? Je signalerai seulement deux dangers.
Le premier est l’indifférence. Je demandais récemment à une sœur si elle était à la table du Seigneur. Elle me répondit « Il me suffit de savoir que Christ est mon Sauveur je ne désire pas me troubler avec de telles questions ». N’est-ce pas là une pauvre réponse ? Comme s’il n’était pas de toute importance de rechercher la pensée du Seigneur ! Car s’il a clairement indiqué sa volonté à ce sujet, ce devrait être pour nous une joie d’y répondre. Un autre parle d’une manière différente : « Je ne suis pas appelé à juger mes frères dans la foi et je désire avoir communion avec eux tous ». La réponse se trouve dans l’Écriture : « Que celui qui a des oreilles écoute ce que l’Esprit dit aux assemblées » (Apoc. 2:7.) Nous sommes donc tenus d’examiner les voies de ceux qui sont nos frères dans la foi, en fait des “assemblées elles-mêmes” ; de baser notre appréciation sur la Parole, de refuser ce qu’elle ne sanctionne pas et ce qu’elle condamne. L’indifférence à cet égard n’est autre que l’esprit de Laodicée, église à laquelle le Seigneur adresse ces paroles solennelles : « Ainsi, parce que tu es tiède et que tu n’es ni froid ni bouillant, je vais te vomir de ma bouche » (Apoc. 3:16).
Un autre danger est celui des associations. Un jeune croyant peut être conduit involontairement dans des choses qui paraissent légitimes et qui, cependant, sont contraires à la pensée du Seigneur : amitiés, parenté, associations spirituelles. Ce jeune croyant se laisse guider par l’opinion de ses amis, de ses relations, etc., plutôt que par la Parole de Dieu. Parfois, ayant été converti dans un certain milieu, il désire rester là où il a trouvé la bénédiction. La question, dans chaque cas, est celle d’Actes 22:10 : « Que dois-je faire, Seigneur ? » Se référant à l’Écriture, il trouvera sûrement la réponse. Sinon il pourrait, ayant le vif désir de se souvenir de la mort du Seigneur selon sa Parole, le faire d’une manière qui, en réalité, Lui déplaise.
En vous avertissant à l’égard de ces dangers, laissez-moi vous rappeler qu’il est de loin préférable d’attendre l’approbation du Seigneur que de participer à la cène sur un terrain de désobéissance. Avant de chercher à être admis à la table, sondez les Écritures, regardant au Seigneur pour être dirigé ; « si donc ton œil est simple, ton corps tout entier sera plein de lumière » (Matt. 6:22).
Réservant la question de la cène pour ma prochaine lettre,
Croyez-moi, mon cher,
Affectueusement vôtre, en Christ.
6 - La cène du Seigneur
Mon cher,
Il ne faut jamais perdre de vue qu’il est possible d’être à la table du Seigneur, et en même temps, de se trouver en défaut vis-à-vis de la participation à la cène du Seigneur.
Ainsi, les Corinthiens étaient assemblés au nom du Seigneur ; ils se réunissaient semaine après semaine à la table du Seigneur, et cependant Paul doit leur écrire : « Quand donc vous vous réunissez ensemble, ce n’est pas manger la cène dominicale » (1 Cor. 11:20). Leur orgueil les avait fait tomber dans un tel désordre qu’ils avaient oublié l’importance de la cène et fait de cette rencontre solennelle une occasion de faire des festins. C’était leur repas qu’ils mangeaient, non celui du Seigneur ; car ils avaient dissocié le pain et le vin de toute relation avec le corps et le sang de Christ. D’où la solennelle admonestation de l’apôtre : « N’avez-vous donc pas des maisons pour manger et pour boire ? Ou méprisez-vous l’assemblée de Dieu, et faites-vous honte à ceux qui n’ont rien ? Vous louerai-je ? En cela, je ne vous loue pas ». Alors, Paul entreprend d’expliquer le vrai caractère de la cène, et nous déclare qu’il a reçu une communication spéciale du Seigneur concernant sa signification. Il est important de retenir que l’apôtre a reçu cet enseignement en rapport avec son ministère spécial concernant le corps de Christ (Col. 1:24-26). C’est à cette communication, la dernière au sujet de la cène, que nous nous référons pour exposer sa signification plutôt qu’aux évangiles qui cependant relatent son institution, la nuit de la pâque.
On ne peut manquer d’être frappé par la grâce merveilleuse qui se dégage des premiers mots d’introduction : « le Seigneur Jésus, la nuit qu’il fut livré, prit du pain, etc » (v. 23). Quel contraste entre le cœur de l’homme et le cœur de Christ ! Sur le point d’être trahi par un de ses disciples, il « prit du pain, et après avoir rendu grâces, il le rompit et dit : « Ceci est mon corps, qui est pour vous ; faites ceci en mémoire de moi » (v. 23, 24).
Le pain est donc un symbole du corps de Christ, donné pour les siens, livré sur la croix pour eux, pour nous, pour tous les croyants. Lorsque nous mangeons ce pain, nous le faisons en mémoire du Seigneur. Le sens de l’expression “en mémoire de moi” peut, si nous y prêtons attention, nous éviter beaucoup d’erreurs. Nous commémorons une chose passée ; cela veut dire que nous la rappelons en mémoire. Ainsi, lorsque nous mangeons le pain de la cène, nous rappelons le fait que le Seigneur a été mort. Nous nous souvenons de lui dans cette condition de mort dans laquelle il est entré, lorsqu’il portait nos péchés en son corps sur le bois ; lorsqu’il endurait la colère que nous avions méritée, et qu’ainsi il glorifiait Dieu à l’égard du péché. Ce n’est donc pas Christ tel qu’il est maintenant glorifié que nous rappelons dans la fraction du pain, mais Christ tel qu’il fut alors.
La coupe aussi présente la même vérité. « De même il prit la coupe aussi, après le souper, en disant : « Cette coupe est la nouvelle alliance en mon sang : faites ceci, toutes les fois que vous la boirez, en mémoire de moi ». Car toutes les fois que vous mangez ce pain et que vous buvez la coupe, vous annoncez la mort du Seigneur jusqu’à ce qu’il vienne » (v. 25, 26). Le vin que nous prenons est le symbole du sang de Christ, qui parle aussi de mort, car nous ne pouvons imaginer le sang séparé du corps, en dehors de la condition de mort. Le verset 26 fait ressortir le fait qu’en mangeant le pain et en buvant la coupe, nous montrons, annonçons ou proclamons la mort du Seigneur. Nous devons insister sérieusement sur cette vérité : en prenant la cène, nous regardons en arrière, vers un Christ mort ; nous la prenons en souvenir de sa mort sur la croix, de son ensevelissement dans le sépulcre. Non seulement il a porté nos péchés, mais il a été fait péché pour nous, lui « qui n’avait pas connu le péché, afin que nous devinssions justice de Dieu en lui ». Notez bien qu’il ne s’agit pas seulement d’un Christ mourant, mais d’un Christ mort, non d’une continuelle répétition de son sacrifice, comme plusieurs l’enseignent. « Car, par une seule offrande, il a rendu parfaits à perpétuité ceux qui sont sanctifiés » (Héb. 10:14).
Cette pensée devrait suffire à occuper nos âmes lorsque nous sommes à la table du Seigneur. N’est-elle pas propre à toucher nos cœurs et à les incliner en adoration devant lui, lorsque nous nous réunissons pour rappeler sa mort ? L’apôtre nous montre qui est ce Christ mort. Il est impossible de trouver deux mots d’un contraste plus expressif : la mort du Seigneur. Celui qui est appelé le Seigneur est entré dans la mort. Quel amour ! quels buts ! quelle efficacité ! quels résultats ! Le Seigneur s’est donné pour nous. Nous célébrons sa mort.
Observez encore ce qui suit : « jusqu’à ce qu’il vienne » (v. 26). Tandis que nos cœurs sont attirés en arrière vers la croix, nous nous souvenons de la promesse de sa venue en gloire, pour nous recevoir auprès de lui, comme le fruit du travail de son âme. Et ainsi, nous ne pouvons jamais oublier que notre complète rédemption, allant jusqu’à notre conformité à son image, est le résultat de la mort de Christ. La croix et la gloire sont indissolublement liées.
Telle est donc la signification de la cène. L’apôtre nous donne de sérieux avertissements contre l’oubli de son importance : « Ainsi quiconque mange le pain ou boit la coupe du Seigneur indignement sera coupable à l’égard du corps et du sang du Seigneur. Mais que chacun s’éprouve soi-même, et qu’ainsi il mange du pain et boive de la coupe ; car celui qui mange et qui boit, mange et boit un jugement contre lui-même, ne distinguant pas le corps (v. 27 à 29). Il n’est pas ici question d’être par nous-mêmes dignes de participer à la cène du Seigneur. Ce que l’apôtre désapprouve, c’est de participer à la cène d’une manière indigne. Tout chrétien, à moins que le péché ne l’eût exclu, était digne de participer à la cène, parce qu’il appartenait au Seigneur comme membre de son corps. Mais il pouvait se faire qu’un chrétien y participât sans se juger lui-même, ou sans apprécier à sa valeur la signification de la cène et ce qui la rattachait à Christ. Il ne discernait pas le corps du Seigneur, et il ne discernait ni ne jugeait le mal en lui-même. S’il mangeait ou buvait dans de telles conditions, il le faisait en jugement contre lui-même. Ainsi, il appelait sur lui la discipline ; car le Seigneur juge les siens et les châtie afin qu’ils ne soient pas condamnés avec le monde (v. 32). Il avait donc châtié les Corinthiens pour leurs voies désordonnées, les uns par la faiblesse, les autres par la maladie, d’autres encore par la mort (v. 30). Il est donc nécessaire que nous nous examinions nous-mêmes quant à la manière dont nous participons à la cène du Seigneur, en jugeant tout ce que nous découvrons être impropre à la présence du Seigneur. « Mais si nous nous jugions nous-mêmes, nous ne serions pas jugés » (v. 31). Exerçant le jugement de nous-mêmes, nous n’avons pas à être châtiés par le Seigneur.
Il est clair, d’après tout ce qui précède, que nous ne sommes pas qualifiés pour être à la table du Seigneur aussi longtemps que la question de notre relation avec Dieu n’est pas réglée, en un mot aussi longtemps que nous n’avons pas la paix avec Dieu. Si je suis occupé de moi, de mes doutes, anxiétés ou craintes, je ne puis être occupé de la mort de Christ. C’est donc un mal d’amener trop tôt les âmes à la table du Seigneur ; car si elles y viennent avant d’avoir la paix avec Dieu, elles considèrent la table comme un moyen de grâce ; et lorsque la mort de Christ est placée devant elles, alors qu’elles ne connaissent pas pour elles-mêmes l’efficace de cette mort, elles sont misérables et malheureuses. Jusqu’à ce que la conscience soit en paix avec Dieu, par la foi en l’œuvre de Christ, l’âme n’est pas libre ni à l’aise pour contempler la mort de Christ.
Allons plus loin. Lorsque nous sommes à la table, ce n’est pas pour être occupés des privilèges que nous tenons de la mort de Christ. C’est plutôt pour entrer, par la puissance du Saint Esprit, dans les pensées de Dieu touchant son Fils bien-aimé. Nous sommes là comme adorateurs, pénétrant dans le lieu très saint à travers le voile, occupés du fait que Dieu lui-même a été glorifié par la mort de son Fils. En communion avec Dieu, nous pensons à ce que Christ a été pour lui ; combien il a été précieux à son cœur dans le moment suprême où il était fait péché ; comment il a tout enduré pour glorifier Dieu, étant devenu obéissant jusqu’à la mort de la croix. Dès lors, c’est avec des cœurs débordant de reconnaissance que nous sommes rendus capables par le Saint Esprit d’offrir à Dieu notre adoration et notre louange.
Quelle pensée ! Nous sommes admis à considérer avec Dieu son Christ placé dans la poussière de la mort, toutes les vagues et tous les flots du courroux de Dieu passant sur lui. Dans cette contemplation, nous sommes amenés à nous écrier : « A celui qui nous aime, et qui nous a lavés de nos péchés dans son sang ; – et il nous a faits un royaume, des sacrificateurs pour son Dieu et Père ; – à lui la gloire et la force aux siècles des siècles ! Amen » (Apoc. 1:5, 6).
Nous sommes donc à la table pour apporter, non pour recevoir ; cependant nous recevons toujours plus que nous n’apportons lorsque nous sommes là en communion avec la pensée de Dieu. Mais le but de notre rassemblement, c’est d’adorer, de rendre à Dieu l’hommage de nos cœurs parce que nous avons été rachetés par la mort de son Fils. Et qui pourrait décrire la bénédiction qui se rattache au privilège d’annoncer la mort du Seigneur, selon le désir qu’il a lui-même exprimé ? Rassemblés autour de lui, ayant devant nos yeux les touchants symboles de son corps et de son sang, nous lui témoignons l’affection de nos cœurs. Son amour que beaucoup d’eaux n’ont pu éteindre, pénètre nos âmes et les possède, de telle manière que nous sommes amenés à nous prosterner à ses pieds dans l’adoration. Il nous fait en outre désirer le moment où nous le verrons face à face, pour contempler sa gloire, être avec lui, et l’adorer pendant l’éternité.
Priant pour que vous saisissiez de plus en plus la signification de la mort du Seigneur, telle que nous l’avons dans la cène,
Croyez-moi, mon cher,
Affectueusement vôtre, en Christ.
7 - Le Seigneur Jésus Christ au milieu des siens
Mon cher,
Il est très important pour vous de savoir que le Seigneur Jésus a promis sa présence au milieu du rassemblement des siens. Mais il ne faut jamais perdre de vue la condition à laquelle cette promesse se rattache. Le Seigneur n’a jamais dit qu’il serait en quelque endroit que ce soit où se rassembleraient des saints ; ni que tous ceux qui feraient profession de se rassembler pour l’adoration pourraient compter sur sa présence. Ses paroles sont : « Là où deux ou trois sont rassemblés en mon nom, je suis là au milieu d’eux » (Matt. 18:20). La condition déterminante de la promesse du Seigneur, c’est que les saints soient “assemblés en son nom”. Il est clair que cette promesse ne constitue pas un engagement dans le cas où le principe essentiel du rassemblement n’est pas réalisé.
Notre premier objet est d’expliquer la portée des paroles du Seigneur. A noter que la traduction littérale serait « à mon nom » plutôt que « en mon nom ». Il convient aussi de signaler que le “nom” ne correspond pas simplement à une appellation ; mais, comme on le trouve couramment dans l’Écriture, il est l’expression de tout ce qu’est Christ.
Lorsque le Seigneur parle au Père de ses disciples, il dit : « Je leur ai fait connaître ton nom, et je le leur ferai connaître » (Jean 17:26). Il ne veut pas seulement dire qu’il a révélé aux disciples que Dieu portait le nom de Père, mais qu’il leur avait appris tout ce que Dieu était pour eux dans la relation de Père. Il ajoute qu’il avait fait et ferait encore « que l’amour dont tu m’as aimé soit en eux, et moi en eux » (même verset). – Il désirait que les siens connussent ce que Dieu était pour eux comme Père, et en même temps qu’ils jouissent de tout l’amour qu’il leur portait comme tel. De même, en Matthieu 18, le nom exprime tout ce que Christ est comme homme glorifié et comme Seigneur dans sa relation actuelle avec les siens. De toute évidence, le Seigneur avait en vue le temps actuel, celui pendant lequel l’Église serait édifiée. Ainsi, dit-il en Matthieu 16:18 : « Je bâtirai mon assemblée », désignant un temps futur, celui qui commencerait après son élévation dans la gloire. Le Seigneur donne cette promesse après avoir parlé au verset 17 de ce qui se ferait en ce temps-là dans l’assemblée sur la terre. Du reste, lorsqu’il était ici-bas, les disciples ne pouvaient pas être assemblés à son nom, puisqu’il était lui-même avec eux, en personne, comme leur Maître et leur Seigneur.
Nous pouvons donc comprendre que le “nom” est l’expression de la personne de Christ lui-même, dans toute sa vérité, ressuscité et glorifié à la droite de Dieu. Il apparaît clairement que Christ est l’unique objet qui nous rassemble, et qu’il est le centre de notre rassemblement. Car le Saint Esprit ne rassemblera jamais les chrétiens pour quoi que ce soit en dehors de Christ. Si l’on ajoute quelque chose, que ce soit une doctrine particulière ou une forme déterminée de gouvernement de l’Église, le rassemblement n’est plus simplement “au nom du Seigneur” et ne correspond plus à sa pensée.
Si, par exemple, je suis d’accord pour me rencontrer avec certains chrétiens parce que je partage leurs vues, cela n’entraîne pas que nous puissions être rassemblés uniquement au nom du Seigneur : ce serait soit y ajouter soit y retrancher. Là où l’autorité, les traditions, les règles humaines sont reconnues, quelle que soit la piété individuelle de ceux qui se trouvent sur ce terrain le rassemblement n’est pas réalisé au nom du Seigneur seul.
Mais si je me rassemble avec ceux qui reconnaissent que Christ lui-même est le seul centre, qu’il a toute autorité comme Seigneur, que les croyants ainsi réunis s’inclinent devant l’autorité de la Parole et règlent par elle tout ce qui concerne leur activité, alors et seulement alors, j’aurai trouvé le rassemblement en son nom.
C’est au milieu des saints rassemblés selon ces critères que le Seigneur a promis sa présence : « Je suis là au milieu d’eux ». D’où l’importance pour les chrétiens d’être rassemblés au nom du Seigneur seul. Car si cette condition n’est pas remplie, nous n’avons aucune raison de compter sur sa présence. Il ne suffit pas non plus de dire que nous remplissons de telles conditions ; le point essentiel est celui-ci : « Le Seigneur reconnaît-il lui-même que ces conditions sont remplies ?» C’est lui qui en est Juge. Ce serait de la présomption de nous attendre à sa présence au milieu de nous si nous étions rassemblés selon nos propres pensées, sans le respect de sa Parole.
Nous confiant en sa promesse, nous savons qu’il est là. De plus, il vient au-devant de notre faiblesse, comme nous le montre la scène bien connue de Jean 20. Le soir du premier jour de la semaine, les disciples se trouvaient assemblés. Jésus, ressuscité d’entre les morts, avait envoyé Marie vers “ses frères” avec ce message : « Je monte vers mon Père et votre Père, et vers mon Dieu et votre Dieu » (v. 17). Selon le Psaume 22, il annonce le nom de son Dieu à ceux qu’il appelle “ses frères”, et leur révèle que, par sa mort et sa résurrection, il les introduit devant Dieu dans sa propre position. Désormais son Dieu et Père était leur Dieu et Père. Ils lui étaient donc associés sur le terrain de la résurrection.
Ce message les rassemble à son nom, et lorsqu’ils sont réunis, « Jésus vint et se tint au milieu d’eux. Et il leur dit : Paix vous soit ! » Cet exemple nous montre de quelle manière il vient au milieu des siens, de sorte que nous puissions expérimenter dans nos âmes la réalité de sa parole.
Si quelqu’un était tenté de dire : « Est-il vraiment possible que le Seigneur puisse se trouver au milieu des siens, aujourd’hui, lorsqu’ils sont assemblés à son nom ?», la scène que nous venons de considérer lui répond de façon indubitable.
Mais quelqu’un pourrait, par incrédulité, dire : « Si nous pouvions le voir de nos yeux comme ce fut le cas autrefois pour les disciples, alors nous pourrions avoir la foi entière en sa promesse ». Le Seigneur connaissait la faiblesse et la subtilité de nos pauvres cœurs et, dans sa tendresse, il a paré à cette objection. L’un des disciples, Thomas, « n’était pas avec eux quand Jésus vint ». Les autres disciples lui dirent : « Nous avons vu le Seigneur ». Mais il leur répondit : « A moins que je ne voie en ses mains la marque des clous, et que je ne mette mon doigt dans la marque des clous, et que je ne mette ma main dans son côté, je ne le croirai point ». Huit jours plus tard, tous les disciples, y compris Thomas, étaient de nouveau rassemblés, et comme la première fois, « Jésus vient, les portes étant fermées ; et il se tint au milieu d’eux, et dit : Paix vous soit ! Puis il dit à Thomas » (car il avait entendu chaque mot prononcé par celui-ci) : « Avance ton doigt ici, et regarde mes mains ; avance aussi ta main, et mets-la dans mon côté ; et ne sois pas incrédule, mais croyant » (v. 27). – Thomas, vaincu par la tendre grâce du Seigneur, et conscient de sa propre défaillance, ne put que s’écrier : « Mon Seigneur et mon Dieu ! » Alors Jésus lui dit : « Parce que tu m’as vu, tu as cru ; bienheureux ceux qui n’ont point vu et qui ont cru » (v. 24-29). – (Je n’entre pas ici dans l’application de cette scène à la conversion du résidu juif).
Le Seigneur avait en vue, non seulement Thomas, mais aussi ceux qui croiraient par la prédication des disciples. Il prononce leur précieuse bénédiction. Et cette bénédiction est nôtre ; car quoique nous ne le voyions pas, nous l’aimons et nous croyons que, selon sa propre parole, il est au milieu de nous lorsque nous sommes assemblés en son nom.
Il est bon de rappeler, en outre, que c’est lui-même qui est présent, non “en esprit” comme on le dit souvent, mais lui personnellement ; car sa déclaration est catégorique : « Je suis là » et le terme “Je” exprime tout ce qu’il est. Le Seigneur ne fait pas ici allusion à la présence du Saint Esprit dans l’Église. Il déclare être lui-même au milieu de ses saints rassemblés. Ceux-ci sont « édifiés ensemble, pour être une habitation de Dieu par l’Esprit » (Éph. 2:22). L’Esprit donc agit par les divers membres du corps de Christ : il opère pour l’édification des croyants par ceux qu’il choisit. Mais il est clair que c’est le Seigneur lui-même qui vient au milieu du rassemblement des saints. Sa présence n’est ressentie que par l’action de l’Esprit : c’est là une tout autre chose. Mais que sa présence soit ou non ressentie par l’un ou par l’autre, Jésus se trouve au milieu des deux ou trois assemblés à son nom. Quelle merveilleuse grâce ! Si deux croyants seulement sont ainsi rassemblés, le Seigneur est là et ils peuvent constater sa présence et en jouir. Notre foi et notre réalisation peuvent être faibles, mais le fait de la présence du Seigneur demeure ; elle ne dépend ni de nos sentiments, ni de nos expériences, mais de ce que nous sommes assemblés à son nom.
Comment pourrions-nous abandonner le rassemblement de nous-mêmes, « comme quelques-uns ont l’habitude de faire » (Héb. 10:25), si nous nous rappelions que le Seigneur en est le centre et qu’il est aussi réellement au milieu de nous qu’il était au milieu des disciples le premier jour de la résurrection ? Pourquoi donc Thomas était-il absent en cette première occasion ? Parce qu’il ne croyait pas à la résurrection de son Seigneur et, du même coup, ne s’attendait pas à sa présence. Ainsi, à présent, si quelques-uns s’absentent du rassemblement (je ne parle pas de ceux qui sont retenus par l’épreuve, des devoirs, ou d’autres circonstances), ce ne peut être que parce qu’ils ne réalisent pas le fait de la présence du Seigneur au milieu des siens.
Et lorsque nous sommes rassemblés, quelle révérence, quelle affection, quelle adoration ne rempliraient-elles pas nos cœurs si, par la puissance du Saint Esprit, nous ressentions pleinement que celui qui est entré dans la mort, portant nos péchés, et qui nous a achetés pour Dieu par son sang, est sorti de la mort et, maintenant ressuscité et glorifié, se réjouit d’être au milieu de la congrégation dont il conduit la louange ! (Ps. 22:22).
Priant que le Seigneur vous fasse sentir toute la puissance de la vérité que nous venons de considérer,
Croyez-moi, mon cher,
Affectueusement vôtre en Christ.
8 - Le vrai lieu de l’adoration
Mon cher,
Je me propose de vous montrer dans cette lettre où se trouve le vrai lieu de l’adoration pour le chrétien. A peine est-il nécessaire de vous signaler que les “lieux d’adoration” abondent, si l’on entend par là les endroits où les chrétiens se rassemblent chaque dimanche. Il est cependant de la plus haute importance dans les choses de Dieu que les mots ne soient pas détournés de leur sens au détriment de la vérité. Notre seule mais sûre ressource est de nous laisser instruire par l’Écriture.
Permettez-moi d’attirer votre attention sur les versets suivants : « Ayant donc, frères, une pleine liberté pour entrer dans les lieux saints par le sang de Jésus, par le chemin nouveau et vivant qu’il nous a consacré à travers le voile, c’est-à-dire sa chair, et ayant un grand sacrificateur établi sur la maison de Dieu, approchons-nous », etc. (Héb. 10:19-22). Nous avons dans ce passage, trois choses : le sang de Jésus, le voile déchiré, et le grand sacrificateur établi sur la maison de Dieu. C’est sur la base de ces trois faits que nous sommes exhortés à nous approcher pour adorer.
Examinons chacun de ces points.
8.1 - Le sang de Jésus
Premièrement, nous avons une pleine liberté pour entrer dans les lieux saints, par le sang de Jésus. Il est évident, si vous suivez l’argumentation de l’apôtre, que le sang de Jésus est mis en contraste avec « le sang des taureaux et des boucs » (v. 4). La première partie du chapitre 10 montre essentiellement l’efficace du premier par opposition avec l’impuissance du second. Le fait que, sous l’ancienne alliance, les sacrifices étaient continuellement renouvelés, année après année, prouve que ceux qui offraient ces sacrifices n’étaient jamais réellement purifiés de manière à n’avoir plus conscience de péché. La répétition des sacrifices rappelait la persistance des péchés (Héb. 10:1-3). La raison en est fournie au verset 4 : « Car il est impossible que le sang de taureaux et de boucs ôte les péchés ». La multitude des sacrifices ne faisait que démontrer leur insuffisance, bien qu’ils aient été établis par Dieu comme types du seul sacrifice qu’ils préfiguraient.
Après cette démonstration, l’apôtre, par un contraste frappant, fait ressortir la valeur infinie du sacrifice de Christ. Lisez soigneusement les versets 5 à 14. Une phrase résume le tout : « Par une seule offrande, il a rendu parfaits à perpétuité ceux qui sont sanctifiés » (v. 14). Sous la loi, les sacrifices ne rendaient jamais parfaits ceux qui les offraient. Par une seule offrande, Christ nous a rendus parfaits à perpétuité. Cette vérité est d’une telle portée que nous ne pouvons la saisir dans une certaine mesure qu’en la méditant sans cesse et toujours davantage. Elle signifie, non seulement que je n’ai plus conscience de péchés si je suis au bénéfice de l’œuvre de Christ, mais aussi que, par l’efficace de ce précieux sang, j’ai le droit, dès maintenant et pour toujours, de me tenir dans la présence de Dieu. Rien ne peut me priver de la place que ce sang me donne, du privilège d’entrer dans les lieux saints en pleine liberté. Par le sacrifice de Christ, j’ai obtenu une qualification perpétuelle pour un libre accès auprès de Dieu.
8.2 - Le voile déchiré
Le sang de Christ nous a donné le droit de nous approcher. Ensuite, nous avons « le chemin nouveau et vivant qu’il nous a consacré à travers le voile, c’est-à-dire sa chair » (v. 20). Voici encore un contraste avec l’ancienne dispensation. Au chapitre 9, nous lisons à propos du sanctuaire : « mais dans le second tabernacle (c’est-à-dire le lieu très saint), le seul souverain sacrificateur entre, une fois l’an, non sans du sang qu’il offre pour lui-même et pour les fautes du peuple, l’Esprit Saint indiquant ceci : le chemin des lieux saints n’a pas encore été manifesté, tandis que le premier tabernacle a encore sa place » (v. 7-9). Le peuple était absolument tenu en dehors du lieu très saint, et ce parce que le sang des taureaux et des boucs ne pouvait ôter les péchés. Si quelque autre que le souverain sacrificateur s’était permis de pénétrer au-dedans du voile, il aurait encouru la mort sous le jugement de Dieu (Lév. 16:1, 2 ; Nomb. 15:31). Le souverain sacrificateur lui-même ne pouvait entrer qu’en mettant « l’encens sur le feu, devant l’Éternel, pour que la nuée de l’encens couvre le propitiatoire qui est sur le témoignage, afin qu’il ne meure pas » (Lév. 16:13). Le feu devait être pris « de dessus l’autel qui est devant l’Éternel » (v. 12). Aussitôt que le sacrifice de Christ a été consommé, le voile s’est déchiré depuis le haut jusqu’en bas (Matt. 27:51). Dans sa mort, Christ a glorifié Dieu en tous ses attributs ; la question du péché a été entièrement réglée. Le voile a été déchiré pour signifier que le chemin des lieux saints (le lieu saint et le lieu très saint n’en formant désormais qu’un) était ouvert dès cet instant. Celui qui a déchiré le voile pour nous admettre en sa présence, a également ôté le péché qui nous tenait loin de lui.
C’est maintenant le privilège de chaque croyant, en vertu du sacrifice de Christ, de pouvoir entrer en tout temps dans le lieu très saint : il a pleine liberté de le faire, par le sang de Jésus.
8.3 - Un grand sacrificateur établi sur la maison de Dieu
Un troisième point est mentionné en Hébreux 10:21 : nous avons « un grand sacrificateur établi sur la maison de Dieu ». Où est-il ? « Tout sacrificateur se tient debout chaque jour, faisant le service et offrant souvent les mêmes sacrifices qui ne peuvent jamais ôter les péchés ; mais celui-ci, ayant offert un seul sacrifice pour les péchés, s’est assis à perpétuité à la droite de Dieu » (Héb. 10:11-12). Nous apprenons ainsi que notre souverain sacrificateur est assis à la droite de Dieu, et que cette position résulte du fait que son œuvre expiatoire a été accomplie. Sa séance à la droite de Dieu est la preuve de l’efficace permanente de son œuvre, et c’est aussi un encouragement constant à son peuple pour entrer librement dans le lieu très saint, au-dedans du voile déchiré.
Tels sont les trois grands faits : le sang de Jésus, le voile déchiré, le grand sacrificateur établi sur la maison de Dieu, sur lesquels le Saint Esprit attire notre attention, avant de nous exhorter à nous approcher (v. 22). Le lieu dans lequel nous sommes invités à entrer est le lieu très saint, typifié par le tabernacle au désert. Christ y est entré comme notre précurseur (Héb. 6:20), toujours vivant pour intercéder pour nous (Héb. 7:25), Fils consommé pour l’éternité (v. 28) afin de paraître maintenant pour nous devant la face de Dieu (Héb. 9:24). Notre lieu d’adoration est donc la présence immédiate de Dieu, la scène où se déploie en notre faveur l’activité de celui qui est notre souverain sacrificateur.
Parler de la sacrificature implique que nous sommes encore sur la terre, comme étrangers et pèlerins. Mais cette terre ne peut jamais être la scène de notre adoration ; nous avons « une pleine liberté pour entrer dans les lieux saints par le sang de Jésus » et c’est là seulement que l’adoration peut être rendue et agréée. Si je devais rendre hommage au roi, j’aurais à me rendre au palais où il siège. À plus forte raison, si je veux adorer Dieu, dois-je me trouver là où il est lui-même, sur son trône. C’est pour cela qu’il m’a, dans son ineffable grâce et par le précieux sang de Christ, donné le droit d’entrer en tout temps où son peuple doit l’adorer au-dedans du voile, dans sa présence immédiate. Quel inexprimable privilège il nous a ainsi octroyé, que nous puissions jouir d’une constante liberté d’accès dans sa présence pour nous prosterner devant lui en adoration et en louange !
Si nous jouissons de ces vérités, nous comprendrons que parler d’un lieu d’adoration sur la terre tendrait à obscurcir l’enseignement de l’Écriture et à rabaisser nos privilèges. Les Juifs avaient un sanctuaire terrestre (Héb. 9:1) bâti selon les directives de Dieu et son commandement. Nous ne sommes plus sur le terrain juif. Le Seigneur l’a annoncé à la femme samaritaine : « l’heure vient que vous n’adorerez le Père, ni sur cette montagne, ni à Jérusalem » (Jean 4:21). Désigner une construction terrestre comme un sanctuaire d’adoration serait méconnaître le privilège des croyants. « Nous avons un tel souverain sacrificateur qui s’est assis à la droite du trône de la majesté dans les cieux, ministre des lieux saints et du vrai tabernacle que le Seigneur a dressé, non pas l’homme » (Héb. 8:1, 2).
Il peut être nécessaire de signaler encore que tous les croyants ont le même privilège d’accès dans le lieu très saint. Les passages qui traitent de la doctrine de l’Église ne connaissent rien d’une classe privilégiée d’hommes spécialement consacrés, distincts de leurs frères chrétiens et qui seraient seuls qualifiés pour s’approcher de Dieu au nom de ceux-ci. Tous les croyants sont également sacrificateurs, et tous ont le même titre à s’approcher de Dieu, comme adorateurs. Le passage auquel nous avons fait allusion en Hébreux 10:19-22, fixe d’une manière décisive la question : « Ayant donc, frères ». Tous sont concernés de la même manière, et il est rappelé à tous qu’ils ont la liberté d’entrer dans le lieu très saint par le sang de Jésus. L’apôtre écrit : « Approchons-nous », s’associant lui-même à tous ceux auxquels il s’adresse. En vérité, lui et eux tous ensemble sont sur le même pied devant Dieu quant à l’adoration. Il est nécessaire de bien maintenir l’enseignement de l’Écriture à cet égard. Établir un lieu d’adoration sur la terre et un ordre sacerdotal constitue une négation du véritable christianisme.
Mais nous ne devons pas nous satisfaire de la simple connaissance du sujet. La question qui se pose pour nos âmes est celle-ci : « Connaissons-nous ce que c’est que de nous approcher, d’adorer dans le lieu très saint ? » Je voudrais insister solennellement sur ce point. Une réalisation incomplète de ces choses ne peut satisfaire le cœur de Celui dont le précieux sang nous a valu un privilège aussi merveilleux. Ne restons donc pas en deçà de notre position. Si nous avions pu voir Aaron, au grand jour des propitiations, soulever le voile sacré pour entrer dans la présence redoutable du Dieu saint, nous aurions été impressionnés, non seulement par la solennité de l’acte, mais aussi par la position merveilleuse de faveur qu’il occupait dans la proximité de Dieu, en vertu de sa sacrificature.
Aujourd’hui tous les croyants occupent cette position. Puissions-nous croître davantage dans la connaissance de ce que l’on trouve à l’intérieur du voile déchiré, afin d’apprécier toujours plus l’efficace de cette seule offrande qui nous a introduits dans la présence de Dieu, sans tache sur nous, et sans voile qui nous sépare de lui.
Croyez-moi, mon cher,
Affectueusement vôtre, en Christ.
9 - L’adoration
Mon cher,
Ayant considéré ensemble quel est « le lieu où il faut adorer » (Jean 4:20) nous pouvons nous occuper de l’adoration proprement dite.
Bien que les Écritures soient remplies d’instructions à ce sujet, peu de vérités sont aussi mal comprises et ignorées dans la chrétienté. Loin de moi la pensée que des croyants ne puissent trouver leur joie à adorer Dieu individuellement ; il s’est toujours trouvé dans l’histoire de l’Église des âmes ainsi disposées. Ce que je relève, c’est que l’adoration collective des saints, l’adoration en assemblée, est une chose méconnue de l’ensemble des diverses dénominations chrétiennes.
Un évangéliste très populaire affirme que l’une des formes d’adoration la plus élevée consiste à écouter des sermons, s’appuyant sur le fait que la prédication stimule les plus saintes aspirations de l’âme. Personne ne niera que la présentation de la vérité puisse conduire à l’adoration. Mais un petit enfant saisirait facilement la différence entre entendre un sermon et adorer. Lorsqu’il prêche, le serviteur de Dieu est là pour s’adresser de Sa part à ceux qui écoutent. Dans l’adoration, au contraire, les saints sont amenés dans la présence de Dieu pour lui apporter leur adoration et leur louange. Les deux choses sont donc d’un caractère essentiellement différent.
La prière n’est pas non plus l’adoration
Un suppliant n’est évidemment pas un adorateur. Si j’adresse une pétition au roi, je me présente à lui dans le caractère de demandeur. Mais si je suis admis devant lui pour lui rendre hommage, l’audience n’a plus du tout le même caractère. Ainsi, lorsque les chrétiens se réunissent pour la prière et l’intercession, ils sont devant Dieu comme ceux qui recherchent sa bénédiction(*). Tandis que lorsque nous sommes réunis pour l’adoration, nous nous inclinons devant Lui pour offrir la louange, non pour exprimer nos besoins. Nous lui présentons l’hommage de nos cœurs reconnaissants.
(*) Ce qui n’exclut pas, assurément, qu’ils accompagnent leurs prières d’actions de grâces.
Les actions de grâces sont intimement liées à l’adoration, quoique n’en constituant pas l’essence. Les actions de grâces découlent des bénédictions reçues, soit par la rédemption, soit par tous les soins de Dieu. Le sentiment de la bonté et de la grâce de Dieu, qui nous a bénis de toute bénédiction spirituelle dans les lieux célestes en Christ, nous pousse à exprimer notre reconnaissance dans la présence du Seigneur. Nous sommes tout naturellement conduits à penser aux merveilleux caractères de Dieu qui trouve ses délices à nous témoigner son amour d’une manière tangible par tous les soins dont il nous entoure. En conséquence, les actions de grâces se transforment en adoration (2 Cor. 9:15 : « Grâces à Dieu pour son don inexprimable ! »).
L’adoration, dans sa signification propre, va plus loin. Laissant de côté nos personnes et nos privilèges, nous sommes occupés de ce que Dieu est en lui-même, de ce qu’il est pour nous, révélé en Christ. Conduits par le Saint Esprit, nous sortons de nous-mêmes et contemplons Dieu dans tous ses attributs et ses gloires, tel que Christ nous l’a fait connaître. Car « Personne ne vit jamais Dieu ; le Fils unique, qui est dans le sein du Père, lui, l’a fait connaître » (Jean 1:18). Contemplant le déploiement de sa majesté, sa sainteté, son amour, sa miséricorde, sa grâce, nous ne pouvons faire autrement que de tomber à ses pieds pour lui offrir l’hommage de nos cœurs, dans le Christ Jésus notre Seigneur qui nous a amenés à lui. « A lui gloire dans l’assemblée, dans le Christ Jésus, pour toutes les générations du siècle des siècles » (Éph. 3:21). « Offrons donc, par lui, sans cesse à Dieu un sacrifice de louanges » (Héb. 13:15). « Car de lui, et par lui, et pour lui, sont toutes choses ! A lui soit la gloire éternellement ! Amen » (Rom. 11:36).
La réponse du Seigneur à la femme samaritaine nous donne un enseignement des plus clairs sur le sujet. « Femme, crois-moi : l’heure vient que vous n’adorerez le Père, ni sur cette montagne, ni à Jérusalem. Vous, vous adorez, vous ne savez quoi ; nous, nous savons ce que nous adorons ; car le salut vient des Juifs. Mais l’heure vient, et elle est maintenant, que les vrais adorateurs adoreront le Père en esprit et en vérité ; car aussi le Père en cherche de tels qui l’adorent. Dieu est esprit, et il faut que ceux qui l’adorent, l’adorent en esprit et en vérité » (Jean 4:21-24).
En premier lieu, le Seigneur déclare qu’il n’y aura plus dorénavant sur la terre de lieu déterminé pour l’adoration. Jérusalem avait été le lieu sacré où le temple fut bâti, et où le peuple se rendait année après année de toutes les parties du pays (Ps. 122). Elle redeviendra centre d’adoration dans un temps futur (v. 2) : « Nos pieds se tiendront dans tes portes, ô Jérusalem ! ». Mais lorsque Christ fut rejeté, la maison qui avait été jusque-là celle de Dieu fut laissée déserte (voir Matt. 23:37-39). Les Romains la détruisirent. Depuis lors, il n’y a plus eu sur terre une “maison de Dieu” matérielle. L’Église est maintenant « l’habitation de Dieu par l’Esprit » (Éph. 2:22) ; et notre lieu d’adoration, comme nous l’avons vu dans une précédente lettre, est désormais au-dedans du voile déchiré, dans la présence immédiate de Dieu.
En second lieu, le Seigneur indique quels seraient les vrais adorateurs, lesquels « adoreront le Père en esprit et en vérité » et que le père cherchait : Uniquement des croyants objets de la grâce de Dieu comme cette femme de la Samarie. Dieu, dans la personne de son Fils, l’avait cherchée et trouvée, pour l’amener en relation avec lui-même, au titre d’enfant bien-aimé (1 Jean 3:1, 2). Les bénéficiaires de l’amour de Dieu et ceux-là seuls peuvent adorer le Père en esprit et en vérité.
L’apôtre Paul affirme le même fait : « Nous sommes la circoncision, nous qui rendons culte par l’Esprit de Dieu, et qui nous glorifions dans le Christ Jésus, et qui n’avons pas confiance en la chair » (Phil. 3:3).
Suivant l’enseignement de l’épître aux Hébreux, il est impossible à qui que ce soit de s’approcher de Dieu sans que ses péchés soient ôtés (Héb. 10) ; ni sans la foi (Héb. 11:6). Selon les épîtres aux Romains et aux Galates, il est impossible de s’en approcher comme du Père sans l’esprit de Dieu que les croyants seuls possèdent (Rom. 8:14-16 ; Gal. 4:6).
Aussi évidentes que soient ces vérités, volontiers acceptées en théorie, il est nécessaire de les répéter. Elles sont méconnues ou sous-estimées dans les milieux où l’on prétend pratiquer une “adoration publique” sans distinction entre les croyants et les incrédules ; tous, sauvés ou non, sont invités à s’unir dans les mêmes prières, les mêmes chants de louanges, et l’on met totalement de côté les Écritures selon lesquelles seuls les “vrais adorateurs” adorent le Père en esprit et en vérité.
En troisième lieu, le Seigneur définit les caractères mêmes de l’adoration. Elle doit être “en esprit” et “en vérité”.
Adorer “en esprit”, c’est adorer selon la nature de Dieu et dans la puissance de la communion que donne l’Esprit. L’adoration en esprit est en contraste avec les formes, les cérémonies et toutes les manifestations religieuses que l’Esprit de l’homme se plaît à multiplier.
Adorer Dieu “en vérité”, c’est l’adorer selon la révélation qu’il a donnée de Lui-même.
Les Samaritains n’adoraient Dieu ni en esprit ni en vérité. Les Juifs l’adoraient en vérité, toutefois selon la mesure d’une révélation incomplète. Mais ils ne l’adoraient aucunement en esprit. Ces deux caractères de l’adoration doivent être réalisés par les “vrais adorateurs”.
Dieu nous a été révélé dans la personne et dans l’œuvre de Christ. Tout ce que Dieu est a été pleinement manifesté à la croix. La mort de Christ est à la base de l’adoration chrétienne. C’est par l’efficace de son précieux sang que nous sommes qualifiés pour entrer dans la présence de Dieu, « par le chemin nouveau et vivant qu’il nous a consacré à travers le voile, c’est-à-dire sa chair » (Héb. 10:20). Ainsi nos cœurs, par aspersion purifiés d’une mauvaise conscience, animés par l’Esprit de Dieu, sont conduits à l’adoration et à la louange, selon la pensée de Dieu. L’adoration est liée d’une manière toute spéciale à la table du Seigneur, car c’est lorsque nous sommes réunis autour de cette table, en tant que membres du corps de Christ, que nous annonçons la mort du Seigneur. Pour citer une fois de plus les paroles d’un de nos chers conducteurs : « Il est impossible de séparer la véritable adoration et la communion de l’offrande parfaite de Christ à Dieu. Dès l’instant où nous perdons de vue l’efficace du sacrifice de Christ et l’entière acceptation de Jésus devant le Père, notre adoration devient charnelle ; elle n’est plus qu’une forme dont se délecte l’homme naturel ».
Cette remarque explique le déclin de l’adoration dans l’ensemble de la chrétienté. Là où la table du Seigneur a perdu son vrai caractère, la source et les motifs de l’adoration sont oubliés. Car que rappelons-nous spécialement à la table du Seigneur, sinon sa mort ? Et c’est dans cette mort que nous voyons ce que Dieu est pour nous, et ce que Christ est pour Dieu, aussi bien que la valeur infinie du sacrifice qui nous place saints et irréprochables devant Dieu en amour.
La grâce, l’amour Éternel de Dieu, la grâce et l’amour insondable de Christ sont déployés devant nos âmes, lorsque nous commémorons la mort de Celui qui a pleinement glorifié Dieu et porté nos péchés en son corps sur le bois.
Ayant une pleine liberté pour entrer dans les lieux saints, par le sang de Jésus, nous nous prosternons avec adoration devant Dieu, rappelant l’œuvre et la personne de son Fils bien-aimé, en qui Il a trouvé tout son plaisir.
Je vous quitte, laissant le sujet dans les limites que je me suis tracées,
Croyez-moi, mon cher,
Affectueusement vôtre, en Christ.
10 - Le ministère
Mon cher,
Remarquons tout d’abord que le ministère tel qu’il est institué dans une grande partie de la chrétienté n’est aucunement justifié par la Parole de Dieu. Cherchez aussi soigneusement que vous le pouvez dans tout le Nouveau Testament, vous constaterez que depuis la constitution de l’Église de Dieu, l’exercice du ministère dans l’assemblée n’a jamais été confié exclusivement à un homme. Vous trouverez la mention des apôtres et prophètes, des pasteurs et docteurs, des évangélistes, des anciens et des serviteurs ; mais vous ne verrez rien qui corresponde à la pratique actuelle de nombreuses “églises” chrétiennes. En général, un homme s’y trouve préposé pour prendre la charge ou la direction d’une “église” ou d’une congrégation ; il est établi sur celle-ci pour enseigner, prêcher l’évangile, exercer le pastorat. En bref, il réunit dans sa personne les fonctions d’ancien et les dons de pasteur, docteur, évangéliste. Il arrive souvent que le même homme assure seul la charge continue de la même congrégation pendant vingt, trente ou quarante ans.
Mais la question se pose : cette pratique est-elle basée sur l’Écriture ? Essayons de répondre à cette question en consultant celle-ci.
Pendant son séjour sur la terre, le Seigneur a appelé les apôtres ; après sa résurrection et son ascension, il est apparu à Saul de Tarse et l’a choisi et désigné spécialement pour être l’apôtre des Gentils (cf. Actes 9:22, 26 ; 1 Cor. 1:8). Ces apôtres, chacun le reconnaît, avaient une place particulière et unique ; ils avaient été pourvus de dons extraordinaires et investis d’autorité ; mais ils n’ont jamais eu de successeurs. Pour le prouver, je citerai seulement deux passages. Pierre, écrivant aux croyants de sa nation, « à ceux de la dispersion, du Pont, de la Galatie, etc » déclare : « Je m’étudierai (c’est-à-dire en écrivant l’épître) à ce qu’après mon départ vous puissiez aussi en tout temps vous rappeler ces choses » (2 Pi. 1:15) – Il les confie donc, pour l’avenir, non à des successeurs apostoliques, mais à la Parole écrite. Paul, de la même manière, s’adressant aux anciens de l’assemblée d’Éphèse, et les avertissant au sujet des dangers et des difficultés à venir, dit : « Et maintenant, je vous recommande à Dieu, et à la parole de sa grâce, qui a la puissance d’édifier… » (Actes 20:32) – Les deux grands apôtres, celui de la circoncision et celui de l’incirconcision, sont d’accord pour déclarer qu’après leur départ, la ressource de l’Église serait la Parole de Dieu. Il est bien clair qu’ils n’ont pas envisagé d’avoir des successeurs dans leurs fonctions.
La charge importante qui suit est celle d’ancien ou surveillant, ces deux noms désignant la même fonction comme il ressort d’Actes 20. Nous lisons que Paul « appela les anciens de l’Assemblée » (v. 17) – En leur parlant, il les désigna comme “surveillants” c’est-à-dire “évêques” (v. 28 : episkopoi). Eh bien, ceux-ci sont toujours plusieurs. Dans ce passage, l’assemblée d’Éphèse en compte plus d’un. Paul établissait les “anciens” dans chaque assemblée. De la même manière, en Actes 14:23, Paul et Barnabas choisissaient des “anciens” dans chaque assemblée. Dans l’épître aux Philippiens, nous trouvons aussi la mention des « surveillants et serviteurs » (1:1). Voir aussi Actes 15:23 ; Tite 1:5.
Passant aux dons, distincts des charges, nous trouvons en Éphésiens 4, 11, les pasteurs et docteurs. Les deux ministères sont liés dans l’Écriture et, dans le passage cité, ils le sont d’une manière si étroite qu’on pourrait y voir les deux dons réunis dans la même personne. Rien ne s’y oppose dans la pratique. C’était le cas à Antioche, comme nous l’apprenons en Actes 13:1, où cinq noms nous sont donnés. Qu’en est-il de Timothée et de Tite ? Tite a été laissé en Crète dans le but de mettre en bon ordre les choses qui restaient à régler, et d’établir des anciens dans chaque ville (Tite 1:5). Timothée reçoit les instructions nécessaires en vue de la qualification des surveillants et des serviteurs (1 Tim. 3). Il lui est enjoint de « n’imposer les mains précipitamment à personne » (1 Tim. 5:22). Aucun témoignage ne peut être plus clair. Timothée et Tite agissaient comme délégués de l’apôtre ; comme tels, ils exerçaient une supervision générale et étaient investis d’autorité dans le but de désigner les hommes qualifiés pour exercer les fonctions de surveillants et de serviteurs. Cette autorité déléguée était, il faut le souligner, confiée à des individus, non aux assemblées. Elle n’a pu être transmise à aucun successeur et, en conséquence, elle a cessé avec la mort des apôtres.
Un autre don mérite d’être noté : celui d’évangéliste. Comme le nom l’indique, le travail de l’évangéliste consiste à prêcher l’évangile ; le champ de son ministère n’est donc pas l’Église, mais le monde. Le Seigneur a défini la responsabilité de l’évangéliste lorsqu’il commanda à ses disciples : « Allez dans tout le monde et prêchez l’évangile à toute la création » (Marc 16:15) – Confiner l’évangéliste au service d’une seule assemblée, ou même d’une seule ville, serait ignorer l’objet du don. Paul, parlant de lui-même à cet égard, dit : « Je suis débiteur et envers les Grecs et envers les barbares, et envers les sages et envers les intelligents ; ainsi, pour autant qu’il dépend de moi, je suis tout prêt à vous annoncer l’évangile, à vous aussi qui êtes à Rome » (Rom. 1:14, 15).
La question se pose donc comme suit : Quel est le vrai caractère du ministère selon la Parole de Dieu ?
En premier lieu, il découle de Christ glorifié à la droite de Dieu comme Chef de l’Église. C’est lui qui en est la source. « A chacun de nous la grâce a été donnée selon la mesure du don de Christ. C’est pourquoi il dit : « Étant monté en haut, il a emmené captive la captivité, et a donné des dons aux hommes » (Ps. 68:18). Et lui a donné les uns comme apôtres, les autres comme prophètes, les autres comme évangélistes, les autres comme pasteurs et docteurs ; en vue du perfectionnement des saints, pour l’œuvre du service, pour l’édification du corps de Christ ; jusqu’à ce que nous parvenions tous à l’unité de la foi et de la connaissance du Fils de Dieu, à l’état d’homme fait, à la mesure de la stature de la plénitude du Christ : afin que nous ne soyons plus de petits enfants, ballottés et emportés çà et là par tout vent de doctrine, etc. » (Éph. 4:7-16). Ce passage nous enseigne un principe de la plus haute importance. Les dons n’étaient pas accordés à l’Église, mais aux personnes au profit de l’Église. Ceux qui les ont reçus sont responsables de leur exercice, non vis-à-vis de l’Église, mais vis-à-vis du Seigneur. Il est donc impossible que l’Église désigne des pasteurs ou des docteurs, ou aucun autre des dons nommés, puisque la responsabilité de l’Église est de recevoir le ministère de ceux qui ont été qualifiés par le Seigneur pour son édification. Les fonctions apostoliques de Paul n’étaient pas « de la part des hommes, ni par l’homme, mais par Jésus Christ et Dieu le Père qui l’a ressuscité d’entre les morts » (Gal. 1:1). Il en est de même des dons.
Une autre vérité doit également être considérée : les dons ne peuvent être exercés que dans la puissance du Saint Esprit. La présence du Saint Esprit ici-bas est la caractéristique distinctive de la dispensation actuelle. Le Saint Esprit habite dans la maison de Dieu, qui est l’Église ; il habite dans les croyants (Jean 7:39 ; 14:16, 17 ; Actes 2 ; Rom. 8:15, 16 ; 1 Cor. 6:17, 19 ; 2 Cor. 6 : 16 ; Éph. 1:13 ; 2:22 ; etc.). Lorsque les croyants sont rassemblés selon l’enseignement de 1 Corinthiens 12 à 14, le Saint Esprit agit souverainement dans ceux qui sont les membres du corps de Christ, et par eux, suivant les dons qu’ils ont reçus. « Car à l’un est donnée, par l’Esprit, la parole de sagesse ; et à un autre la parole de connaissance, selon le même Esprit. Mais le seul et même Esprit opère toutes ces choses, distribuant à chacun en particulier comme il lui plaît » (1 Cor. 12:8-11). Tout arrangement humain pour le ministère dans l’assemblée est non seulement en opposition avec ces vérités, mais il ignore absolument la prérogative que l’Esprit de Dieu possède d’agir par qui il trouve bon. Cette question si importante est, hélas ! communément négligée. De plus, on oublie tellement la présence et l’influence du Saint Esprit qu’on lui substitue l’autorité de l’homme et ses prétentions. L’Écriture ne dit pas, remarquons-le bien, que tous ont la liberté d’exercer le ministère, mais qu’il doit y avoir pour le Saint Esprit la liberté de l’exercer par qui il veut. Il y a une grande différence entre ces deux principes ; le premier reviendrait à l’exercice de la volonté de l’homme, ce qui est tout à fait éloigné de la pensée de Dieu. Le second implique au contraire le maintien de la seigneurie de Christ dans la puissance du Saint Esprit, la soumission de tous les membres du corps à Celui qui est le chef, et une complète dépendance de la direction et de la sagesse de l’Esprit de Dieu. Dans le premier cas, l’homme a la prééminence ; dans le second, l’autorité de Christ est pleinement reconnue.
Pendant que nous dégageons ces principes essentiels relatifs au ministère, nous devons soigneusement rappeler que tout vrai ministère est soumis à la Parole de Dieu et en parfaite harmonie avec elle, ainsi qu’il ressort clairement des instructions de 1 Corinthiens 14. Après avoir donné des directives concernant l’exercice des dons, l’apôtre ajoute : « Si quelqu’un pense être prophète ou spirituel, qu’il reconnaisse que les choses que je vous écris sont les commandements du Seigneur » (v. 37).
L’assemblée est responsable de juger si l’enseignement dispensé est selon la vérité (1 Cor. 14:29) et de rejeter tout ce qui n’y correspond pas. Rien n’est laissé à la volonté de l’homme, mais Dieu a établi une sauvegarde suffisante pour repousser ce qui vient de la chair et non de l’Esprit.
Une dernière chose peut être ajoutée. Après avoir traité la question des dons et montré que leur exercice serait vain sans l’amour (1 Cor. 13:1-3), Paul enseigne que cet exercice a pour but l’édification de l’assemblée (14:3-5). Comme les voies de Dieu sont admirables ! L’Esprit Saint nous rassemble autour de la personne de notre Seigneur, à sa table, pour annoncer sa mort ; il conduit nos cœurs à l’adoration et à la louange. Ensuite, il nous instruit de la part de Dieu par divers membres du corps de Christ. Nous sommes ainsi au bénéfice d’une double action du Saint Esprit : il nous rend capables d’offrir à Dieu des sacrifices de louanges ; et, attentif à nos besoins, il donne la parole de sagesse, de connaissance ou d’exhortation que notre état requiert.
J’ai atteint les limites de ma lettre. Vous pourrez poursuivre pour vous-même l’étude du sujet et voir si ce qui vient d’être exposé est conforme à la Parole de Dieu. « Éprouvez toutes choses ; retenez ce qui est bon » (1 Thess. 5:21).
Croyez-moi, mon cher,
Affectueusement vôtre, en Christ.
11 - La Parole de Dieu
Mon cher,
On n’insistera jamais assez sur l’importance et la valeur de la Parole de Dieu. L’attachement à cette Parole devrait caractériser chaque croyant. Notre croissance dans la grâce et dans la connaissance de notre Seigneur et Sauveur Jésus Christ dépend incontestablement de l’influence exercée sur nous par la Parole de Dieu. Si vous lisez le Psaume 119, par exemple, vous verrez comme il se rattache à la vie spirituelle du psalmiste dans chacune de ses phases. Beaucoup de ses expressions nous humilient, en nous montrant la place que la Parole occupait dans les affections de l’écrivain sacré. Il dit notamment : « Je fais mes délices de tes statuts, je n’oublierai pas ta parole » ; plus loin : « Tes témoignages sont aussi mes délices », et encore : « Et je trouverai mes délices en tes commandements que j’ai aimé » (v. 16, 24, 47). Il s’écrie « Combien j’aime ta loi ! tout le jour je la médite » ; et de nouveau : « C’est pourquoi j’aime tes commandements plus que l’or, et que l’or épuré » (v. 97, 127). Job, de la même manière, dit : « J’ai serré par devers moi les paroles de sa bouche plus que le propos de mon propre cœur » (Job 23:12). Depuis ces jours lointains et jusqu’à maintenant, la même attitude s’est toujours rencontrée chez tous les croyants sérieux et spirituels. Je me propose de placer devant vous, dans cette lettre, quelques-uns des aspects variés sous lesquels la Parole de Dieu et présentée, en relation avec le croyant.
11.1 - L’instrument de la nouvelle naissance
« De sa propre volonté, il nous a engendrés par la parole de la vérité » (Jacq. 1:18). « Vous êtes régénérés, non par une semence corruptible, mais par une semence incorruptible, par la vivante et permanente parole de Dieu » (1 Pi. 1:23). Le Seigneur enseigne la même chose en Jean 3 : l’homme doit être né de nouveau, d’eau et de l’Esprit (v. 3 et 5). On sait que l’eau est le symbole de la Parole.
11.2 - L’aliment de la nouvelle nature
Pierre écrit : « Désirez ardemment, comme des enfants nouveau-nés, le pur lait intellectuel, afin que vous croissiez par lui à salut, si toutefois vous avez goûté que le Seigneur est bon » (1 Pi. 2:2, 3). En Deutéronome 8:3 et Matthieu 4:4, nous apprenons que « l’homme ne vivra pas de pain seulement, mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu ». La Parole est la nourriture même et le soutien de notre vie spirituelle pendant la traversée du désert. Elle est l’aliment dont nous tirons notre force en Christ. Je dis “en Christ”, car comme vous le savez, Christ lui-même est notre nourriture, à la fois comme manne au désert et comme vieux blé du pays ; de même qu’il l’avait été précédemment pour les Hébreux, comme agneau de la pâque, rôti au feu, en Exode 12. C’est seulement dans la Parole Dieu que Christ nous est révélé sous ces divers caractères. Si nous voulons récolter notre portion journalière de manne, rien ne vaut comme de lire les évangiles et les épîtres, où Christ nous est présenté sous cet aspect : humilié, abaissé, anéanti. Et si nous voulons nous nourrir de lui comme vieux blé du pays, nous le trouverons dans les épîtres comme l’homme du ciel, assis à la droite de Dieu, couronné de gloire et d’honneur, remplissant toutes choses, et attendant l’heure où son Père l’enverra pour nous prendre et nous introduire avec lui dans les lieux célestes. Les Écritures sont les verts pâturages dans lesquels le divin Berger fait paître ses brebis.
11.3 - Notre guide.
« Ta parole est une lampe à mon pied, et une lumière à mon sentier » (Ps. 119:105). Lorsque Josué allait conduire le peuple d’Israël en Canaan, Dieu lui dit : « Seulement fortifie-toi et sois très ferme, pour prendre garde à faire selon toute la loi que Moïse, mon serviteur, t’a commandée ; ne t’en écarte ni à droite ni à gauche, afin que tu prospères partout où tu iras. Que ce livre de la loi ne s’éloigne pas de ta bouche, et médite-le jour et nuit, afin que tu prennes garde à faire selon tout ce qui y est écrit ; car alors tu feras réussir tes voies, et alors tu prospéreras » (Josué 1:7, 8). Aussi bien dans l’Ancien que dans le Nouveau Testament, la Parole est partout présentée comme notre seul et sûr guide, au travers de la scène changeante dans laquelle nous passons. « Ta Parole certaine, éternelle, immuable, soutien de notre vie et guide de nos pas quand tout croule ici-bas demeure inébranlable » (voyez Actes 20:32 ; 2 Tim. 3:15-17 ; 2 Pi. 1:19 ; 1 Cor. 10:11).
11.4 - Une arme défensive
Elle est notre arme défensive contre les tentations et les ruses de Satan, l’épée de l’Esprit (Éph. 6:17)
Lorsque notre Seigneur fut tenté au désert elle fut son arme unique. À tous les arguments que Satan lui présenta, Jésus répondit simplement : « Il est écrit » (Matt. 4:4, 7, 10). Du commencement à la fin, il n’exprima jamais la volonté personnelle, mais il s’en tint pour sa défense à la Parole écrite. En conséquence, Satan fut réduit à l’impuissance et ne put avancer d’un pas. Battu sur toute la ligne, il n’eut plus qu’à se retirer honteux et vaincu. Et il est aussi impuissant aujourd’hui qu’alors, lorsqu’on le rencontre sur le même terrain. Il ne peut atteindre un croyant dépendant et obéissant. Que chacun, jeune ou âgé, sache s’en souvenir !
11.5 - Une norme
Elle est la seule norme de doctrine et de pratique (Cf. Prov. 22:21).
Nous avons à éprouver par la Parole toutes les choses qui nous sont présentées. Dans les lettres de l’Apocalypse aux sept assemblées d’Asie, nous trouvons chaque fois : « Que celui qui a des oreilles écoute ce que l’Esprit dit aux assemblées ». Les assemblées, leur doctrine et leur marche devaient être éprouvées par cette pierre de touche infaillible. L’apôtre Paul rappelle continuellement à ceux auxquels il écrit leur responsabilité de juger toutes choses par l’enseignement qu’il leur avait donné (voyez par exemple : Gal. 1:8, 9 ; 1 Cor. 15:1, 11 ; 2 Thess. 2:15 ; 3:14).
11.6 - Un moyen de sanctification
Elle est l’instrument de notre sanctification pratique.
Le Seigneur, présentant les siens au Père, priait : « Sanctifie-les par la vérité ; ta parole est la vérité » (Jean 17:17). C’est en effet, par l’application constante de la Parole à nous-mêmes, à notre marche, à nos voies, que nous sommes de plus en plus séparés du mal. De même que c’est en appliquant la Parole à nos âmes par le Saint Esprit que le Seigneur intervient comme notre Avocat auprès du Père et nous lave les pieds. C’est le travail que, par grâce, il accomplit pour nous. Mais nous ne devons jamais oublier que, de notre côté, nous avons la responsabilité de nous juger nous-mêmes continuellement dans la présence de Dieu, selon la Parole. Bien des épreuves et châtiments nous seraient épargnés si nous étions plus fidèles dans cette pratique. « Si nous nous jugions nous-mêmes, nous ne serions pas jugés » (1 Cor. 11:31). – Le psalmiste aussi pose la question : « Comment un jeune homme rendra-t-il pure sa voie ? » Il donne la réponse : « Ce sera en y prenant garde selon ta parole » (Ps. 119:9). David déclare : « Par la parole de tes lèvres, je me suis gardé des voies de l’homme violent ». C’est avant tout par l’Écriture que nous apprenons quelle est la volonté de Dieu. Par l’application de la Parole dans la puissance du Saint Esprit, nous sommes, d’une part, séparés de tout ce qui est contraire à la volonté de Dieu, et d’autre part, amenés à la conformité avec sa pensée. Ce processus étant constant, nous sommes de plus en plus conduits à réaliser la sainteté pratique, tout en reconnaissant que la sainteté parfaite ne se trouve qu’en Christ glorifié à la droite de Dieu.
En dernier lieu, je voudrais rappeler le prix que le Seigneur attache à l’obéissance à la Parole.
Prenons, par exemple, le passage bien connu : « Si quelqu’un m’aime, il gardera ma parole, et mon Père l’aimera ; et nous viendrons à lui, et nous ferons notre demeure chez lui » (Jean 14:23). La bénédiction qui se rattache à l’obéissance à la Parole est infinie. Dans ce passage, il ne faut pas perdre de vue que notre jouissance de l’amour de Dieu et l’habitation du Père et du Fils en nous, sont conditionnelles : “Si”. Au chapitre 15, le Seigneur dit à ses disciples : « Si vous gardez mes commandements, vous demeurerez dans mon amour ; comme moi j’ai gardé les commandements de mon Père, et je demeure dans son amour » (Jean 15:10). Pour ne pas multiplier les citations, allons à la fin du livre de l’Apocalypse (ch. 22:7) où nous lisons : « Et voici, je viens bientôt. Bienheureux celui qui garde les paroles de la prophétie de ce livre ». Non seulement il s’attend à ce que nous estimions et gardions les communications qu’il a voulu nous faire, mais il compte que nos cœurs trouveront leurs délices dans l’obéissance à chaque parole venant de sa bouche. En vérité, il fait de l’obéissance la plus haute expression de notre amour pour lui : « Si vous m’aimez, gardez mes commandements » (Jean 14:15)(*).
(*) Soulignons, à l’appui de ce qui est exprimé là, que, dans le passage de Jean 14, la “condition” supposée est que “quelqu’un m’aime” : l’obéissance sera le résultat et la preuve de cet amour ; garder les commandements ne sera pas pénible. (Réd.)
Ce rapide exposé portant sur divers aspects et usages de la Parole de Dieu, ainsi que sur notre responsabilité vis-à-vis d’elle, suffit pour que vous reconnaissiez l’importance suprême de cette Parole pour le croyant. Permettez-moi maintenant une ou deux observations pratiques, qui peuvent vous être en aide, ainsi qu’à d’autres jeunes chrétiens. Avant tout, reconnaissez la nécessité de bien connaître les Écritures. Par exemple, je ne puis pas repousser une tentation, comme le fit le Seigneur, si je ne connais pas le passage de la Parole par lequel je dois répondre. D’autre part, il peut y avoir beaucoup de cas dans lesquels je serais induit en erreur par l’ignorance de la volonté du Seigneur alors qu’elle est révélée dans sa Parole. Un des premiers devoirs du jeune croyant est d’étudier la Parole de Dieu. « Mon fils, si tu reçois mes paroles et que tu caches par devers toi mes commandements pour rendre ton oreille attentive à la sagesse, si tu inclines ton cœur à l’intelligence, si tu appelles le discernement, si tu adresses ta voix à l’intelligence, si tu la cherches comme de l’argent et que tu la recherches comme des trésors cachés, alors tu comprendras la crainte de l’Éternel et tu trouveras la connaissance de Dieu. Car l’Éternel donne la sagesse ; de sa bouche procèdent la connaissance et l’intelligence » (Prov. 2:1-6). Dans cet esprit, recherchez et étudiez méthodiquement les Écritures, si vous voulez être « parfaitement accompli pour toute bonne œuvre » (2 Tim. 3:17). Je ne veux pas dire : ne lisez pas d’autre livre, mais faites de la Bible votre compagne, et lisez, autant que possible, les livres qui vous aideront à la comprendre. Ce devrait être la préoccupation majeure de chaque croyant de se tenir fidèlement au courant de la pensée de Dieu. En second lieu, permettez-moi de vous conseillez, si vous lisez beaucoup, de méditer encore davantage. « Le paresseux ne rôtit pas sa chasse ; mais les biens précieux de l’homme sont au diligent » (Prov. 12:27). Il ne suffit pas de trouver son plaisir dans la “chasse” et d’être satisfait de ce que l’on a obtenu. C’est le cas de plusieurs qui lisent la Parole. Ils se réjouissent de ce contact avec la vérité, s’en contentent, et perdent ainsi la bénédiction. Dans un passage déjà cité, Dieu dit à Josué : « Que ce livre de la loi ne s’éloigne pas de ta bouche, et médite-le jour et nuit » (Josué 1:8 ; voyez aussi : Ps. 1:2 ; 119:97 ; Prov. 22:17, 18 ; 1 Tim. 4:15, etc.).
Car c’est en méditant dans la présence du Seigneur que la douceur, la beauté et la puissance de la Parole se déploient devant nous. Ainsi, aucune occasion de méditer sur une lecture ne doit être manquée. N’oublions pas non plus que nous dépendons entièrement de l’Esprit de Dieu pour la compréhension de la Parole. « Car l’Esprit sonde toutes choses, même les choses profondes de Dieu. Car qui des hommes connaît les choses de l’homme, si ce n’est l’esprit de l’homme qui est en lui ? Ainsi personne ne connaît les choses de Dieu non plus, si ce n’est l’Esprit de Dieu » (1 Cor. 2:10, 11).
Si vous lisez les Écritures, vous serez conduit chaque jour dans une connaissance toujours croissante de la vérité et par là, amené dans une communion sans cesse plus étroite avec le Père et avec son Fils Jésus Christ.
Croyez-moi, mon cher,
Affectueusement vôtre, en Christ.
12 - La prière
Mon cher,
Il me reste un sujet à vous présenter dans cette série de lettres. La dernière attirait votre attention sur l’importance de la Parole de Dieu. A présent, je désire vous entretenir de la prière et de ses rapports avec la vie spirituelle. La Parole et la prière vont toujours ensemble. Il en était ainsi dans les activités bénies de la vie de notre Seigneur Jésus Christ. Après une longue journée de service, nous trouvons une mention comme celle-ci : « Mais lui se tenait retiré dans les déserts et priait » (Luc 5:16). Et encore : « Or il arriva, en ces jours-là, qu’il s’en alla sur une montagne pour prier. Et il passa toute la nuit à prier Dieu » (Luc 6:12). Lorsque des difficultés s’élevèrent dans l’assemblée de Jérusalem, concernant la distribution des offrandes, les apôtres dirent : « Il ne convient pas que, laissant la parole de Dieu, nous servions aux tables… Et, pour nous, nous persévérerons dans la prière et dans le service de la parole » (Actes 6:2, 4). Paul aussi unit les deux choses dans la description de l’armure complète de Dieu ; après avoir dit : « Prenez aussi le casque du salut, et l’épée de l’Esprit, qui est la parole de Dieu », il ajoute : « priant par toutes sortes de prières et de supplications, en tout temps, par l’Esprit, et veillant à cela avec toute persévérance et des supplications pour tous les saints, et pour moi… » (Éph. 6:17-19).
Nous avons, en outre, de nombreuses exhortations à la prière. « Persévérants dans la prière » (Rom. 12:12). « Priez sans cesse » (1 Thess. 5:17). Voyez aussi Luc 18, et bien d’autres passages. Si vous lisez la partie introductive des épîtres de Paul, vous verrez comment il mettait en pratique ses propres exhortations. À lire le récit de ses voies telles qu’elles nous sont retracées dans le livre des Actes, vous penserez peut-être qu’il ne faisait rien d’autre que prêcher ; tandis que, dans ses épîtres, il semble ne faire rien d’autre que prier.
Suivant l’exemple du Seigneur au milieu de ses travaux incessants, il éprouvait, il apprenait le besoin d’une dépendance complète de Dieu. Comme pour Paul, la prière est une nécessité pour chaque enfant de Dieu. Car nous sommes en nous-mêmes faibles, sans ressources, entièrement dépendants ; la prière est l’expression de notre dépendance de Celui auquel nous nous adressons, du moment que, nous attendant à Dieu pour toutes choses, nos vrais besoins nous amènent dans sa présence. Ayant par Christ toute liberté d’accès auprès de lui, en raison de la place que nous occupons et de la relation dont nous jouissons, nous nous « approchons avec confiance du trône de la grâce, afin que nous recevions miséricorde et que nous trouvions grâce pour avoir du secours au moment opportun » (Héb. 4:16).
12.1 - Le Seigneur nous enseigne comment présenter nos prières.
Parlant à ses disciples en vue du temps où il s’en irait au Père, il dit : « Quoi que vous demandiez en mon nom, je le ferai, afin que le Père soit glorifié dans le Fils. Si vous demandez quelque chose en mon nom, moi, je le ferai » (Jean 14:13, 14). Deux choses sont contenues dans ces promesses.
- Le nom de Christ est notre garant devant Dieu ; nous pouvons nous adresser à lui comme à notre Père, notre seul droit à le faire étant Christ lui-même. C’est ce qui nous donne toute confiance. Si nous pensions à nous-mêmes, à nos faiblesses, à notre indignité, nous n’oserions jamais venir dans la présence de Dieu. Mais quand nos yeux sont dirigés vers Christ, nous voyons ce qu’il est lui-même, ce qu’il est pour Dieu, et ce qu’il est pour nous. Nous nous rappelons que nous sommes devant Dieu dans sa pleine acceptation, et nous sommes rendus capables de comprendre que Dieu trouve ses délices en nous, qu’il aime à nous voir aller à lui pour lui présenter nos intercessions et nos prières. Nous sommes ainsi encouragés à nous approcher de Dieu et à répandre nos cœurs devant lui en tout temps, dans nos besoins et nos épreuves.
- Mais demander au nom de Christ est plus que d’avoir un titre par son nom ; c’est paraître devant Dieu dans toute la valeur et l’autorité de son nom. Si, par exemple, je me rends à la banque et présente un chèque au guichet, je demande à recevoir le montant du chèque au nom de celui qui l’a tiré. Ainsi, lorsque je me présente devant Dieu au nom de Christ, j’adresse ma supplication selon toute la valeur que ce nom a pour Dieu. C’est pour cela que le Seigneur dit : « Si vous demandez quelque chose en mon nom, moi, je le ferai » (Jean 14:14). La promesse est absolue, sans limitation, pour la simple raison qu’il est impossible de demander au nom de Christ quelque chose qui ne soit pas en harmonie avec la volonté ou la gloire de Dieu. Nous ne pouvons pas non plus user de ce nom pour quelque requête qui ne serait pas produite dans nos cœurs par le Saint Esprit.
12.2 - Comment être exaucé
« Si vous demeurez en moi, et que mes paroles demeurent en vous, vous demanderez ce que vous voudrez, et il vous sera fait » (Jean 15:7).
Par ces mots, le Seigneur nous donne un autre enseignement sur le même sujet. Nous trouvons en 1 Jean 5:14 : « C’est ici la confiance que nous avons en lui, que si nous demandons quelque chose selon sa volonté, il nous écoute ». Ce verset introduit la condition “selon sa volonté”, excluant toute demande qui ne revêtirait pas ce caractère. Le Seigneur dit “ce que vous voudrez”, et ceci nous place devant un aspect très important de la prière. La condition mise par le Seigneur est celle-ci : « Si vous demeurez en moi, et que mes paroles demeurent en vous ». Demeurer en Christ, c’est dépendre de lui pour chaque chose, ne rien faire en dehors de lui. Sa parole demeurant en nous, c’est être modelé selon sa propre pensée, exprimer sa volonté, ses désirs. Dans ce cas, tout ce que nous voulons c’est ce qu’il veut lui-même.
On peut remarquer aussi que la puissance de nos prières dépend de notre état spirituel. C’est un principe invariable. Jean déclare : « Si notre cœur ne nous condamne pas, nous avons de l’assurance envers Dieu ; et quoi que nous demandions, nous le recevons de lui, parce que nous gardons ses commandements et que nous pratiquons les choses qui sont agréables devant lui » (1 Jean 3:21, 22). Jacques dit aussi : « La fervente supplication du juste peut beaucoup » (5:16). Ces portions de la Parole sont de toute importance. Si nous négligeons notre état spirituel et qu’ainsi nous perdions notre communion avec Dieu, nos prières deviennent froides et sans vie ; elles dégénèrent en une répétition de vérités connues et de phrases toutes faites ; perdant toute valeur, elles ne sont plus que des formes mortes. Les mots sont prononcés pour tranquilliser la conscience ; ils n’expriment plus des besoins ressentis dans le cœur, ni des élans de l’âme vers Dieu. De telles prières ne peuvent recevoir de réponse, ni apporter de bénédiction. Prenons garde de ne pas tomber dans un tel état, qui est souvent le début d’une voie de chagrin : si la grâce de Dieu n’intervient, le croyant sera entraîné dans un chemin de honte, et de déshonneur pour le nom de Christ.
12.3 - Nombreux usages de la prière
En premier lieu, le Seigneur nous a associés à lui dans tous ses sentiments. « Notre communion est avec le Père et avec son Fils Jésus Christ » (1 Jean 1:3). Dieu compte sur notre amour pour que nous ayons communion avec tout ce qui lui est cher. Le Seigneur a fait nôtres ses intérêts ; il désire donc que nous les prenions à cœur et en fassions le sujet de nos prières. Quel privilège ! Il nous est permis d’entrer dans tous ses desseins, tels qu’ils nous sont révélés dans la Parole ; d’attendre avec joie leur déploiement ; de le considérer, lui, comme le centre dont ils émanent et d’où ils rayonnent, et de penser à la gloire qui sera rendue à son nom. Si nous entrons réellement dans ces merveilleuses pensées par la puissance du Saint Esprit, nous ne manquerons d’aucun sujet de prière, ni d’aucune raison de prier.
Nous pouvons aussi exprimer en prières les besoins variés de nos âmes. « Ne vous inquiétez de rien, mais, en toutes choses, exposez vos requêtes à Dieu par des prières et des supplications avec des actions de grâces ; et la paix de Dieu, laquelle surpasse toute intelligence, gardera vos cœurs et vos pensées dans le Christ Jésus » (Phil. 4:6, 7). Ces versets nous donnent d’autant plus d’assurance qu’un peu plus loin nous lisons : « Mon Dieu suppléera à tous vos besoins selon ses richesses en gloire par le Christ Jésus » (v. 19). Dieu nous invite à lui adresser nos requêtes en toute confiance, avec toute la liberté qu’un père accorde à ses enfants ; et bien que nous ne lisions pas ici une promesse d’exaucement dans tous les cas, il nous assure que sa paix gardera nos cœurs et nos pensées dans le Christ Jésus. C’est de cette manière que la confiance est établie dans nos relations avec Dieu, que se forme l’habitude précieuse d’aller à lui sans réserve, et que l’intimité de la communion est cultivée. C’est en harmonie avec ces vérités que nous trouvons déjà dans les psaumes : « Peuple – confiez-vous en lui en tout temps, répandez votre cœur devant lui » (Ps. 62:8). Pierre aussi nous encourage : « Rejetant sur lui tout votre souci, car il a soin de vous » (1 Pi. 5:7).
12.4 - La prière de la foi
On peut ajouter que la parole de Dieu attache une grande importance à la relation de la foi avec la prière.
Le Seigneur promet : « Tout ce que vous demanderez en priant, croyez que vous le recevrez, et il vous sera fait » (Marc 11:24). Jacques, après une exhortation à demander à Dieu de la sagesse, ajoute : « mais qu’il demande avec foi, ne doutant nullement » (Jacq. 1:6). Puis il nous dit que « la prière de la foi sauvera le malade » (5:15). De même, nous lisons en Hébreux 11:6 : « Or, sans la foi il est impossible de lui plaire ; car il faut que celui qui s’approche de Dieu croie que Dieu est, et qu’il est le rémunérateur de ceux qui le recherchent ». Dieu a le droit de compter sur notre confiance en son amour, en son caractère, en sa parole, puisqu’il s’est pleinement révélé à nous dans la personne de son Fils. Douter en nous approchant de lui serait manquer de confiance en ses promesses, en son amour et, finalement, en lui-même. Comme il compte sur notre confiance et notre foi, il veut que nous comptions sur sa fidélité et son amour. Le Seigneur a rappelé à ses disciples : « Votre Père sait de quoi vous avez besoin, avant que vous le lui demandiez » (Matt. 6:8). Paul insiste : « Celui même qui n’a pas épargné son propre Fils, mais qui l’a livré pour nous tous, comment ne nous fera-t-il pas don aussi, librement, de toutes choses avec lui ? » (Rom. 8:32). Le don de son Fils, dans la mesure où il reste son plus grand don et la preuve la plus parfaite de son amour, est le fondement sur lequel nous pouvons nous reposer en pleine assurance. Car, non seulement Dieu veut nous combler de tous vrais biens, mais il se plaît aussi à nous bénir selon le désir de son cœur et sa parfaite connaissance de nos besoins.
12.5 - Prier par le Saint Esprit
J’ajouterai que toute prière véritable doit être formée et exprimée par le Saint Esprit. (Voyez Rom. 8:26, 27 ; Éph. 6:18 ; Jude 20)
Le Saint Esprit est la puissance active de la prière et de toute la vie spirituelle. Nous sommes entièrement dépendants de Dieu pour la bénédiction que nous recherchons ; de Christ pour notre accès auprès de Dieu ; du Saint Esprit pour l’expression de nos prières. A Dieu soit toute gloire, par Jésus Christ, notre Seigneur !
Je ne désire pas développer davantage le sujet. Permettez-moi cependant de vous engager à persévérer dans la prière. Nous n’avons pas à imposer de règles telles que la fréquence, les temps, les lieux, etc. Soyez assuré d’une chose : la prière n’a pas de limites, si ce n’est celles de la dépendance de Dieu. Si vous vous tenez dans la présence de Dieu, vous éprouverez le désir de prier, et vous en trouverez les occasions. Notre responsabilité est de prier sans cesse ; de maintenir dans notre vie le sentiment de notre dépendance et notre besoin de la grâce divine. Ainsi rejetés sur Dieu, nous jouirons toujours de la liberté du cœur en sa présence : recevant en abondance sa grâce, sa miséricorde, sa bénédiction, en réponse à nos prières, nous trouverons sans cesse de nouveaux motifs d’actions de grâces et de louanges.
Croyez-moi, mon cher,
Affectueusement vôtre, en Christ.
Edward Dennett
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