Le retour du Seigneur

Source : STEM Publishing

1ère soirée : Luc 12:1-35

1.1 - Le Seigneur prépare les cœurs à l’attendre

Je souhaiterais dire deux choses avant d’aborder ce qui nous est révélé dans ces versets.

Premièrement, la venue du Seigneur Jésus-Christ n’est pas une doctrine. Beaucoup de gens la considèrent comme telle, et la regardent comme une question à accepter ou à rejeter à leur guise. Ce n’est pas une doctrine ! C’est une partie intégrante du christianisme, et je veux que vous le compreniez très clairement ; en effet, si vous éliminez la venue du Seigneur Jésus-Christ du christianisme, celui-ci est comme détruit, car la rédemption n’est pas achevée avant le retour du Seigneur. Souvenez-vous, nous avons un passage à ce sujet en Romains 8:23. Ainsi, vous verrez que le christianisme ne peut être complet tant que le Seigneur n’est pas revenu, à savoir quant à la révélation et la vérité de ce retour. De plus, si vous négligez la vérité de la venue du Seigneur Jésus, vous passez à côté d’une puissance de sainteté que Dieu nous a donnée (voir 1 Jean 3:3).

Deuxièmement, nous ne pouvons pas attendre la venue du Seigneur Jésus-Christ si notre âme n’est pas dans l’état requis. Ce chapitre, dont j’ai lu une partie, nous révèle comment le Seigneur prépare Son peuple à attendre Sa venue. Croire qu’Il va revenir, ou chercher à L’attendre, ce n’est pas attendre le Seigneur ; vous devez avoir un état d’âme sans lequel vous n’espérerez pas Son retour.

Ici, ce soir, des personnes admettront très volontiers : « Oui, nous croyons que le Seigneur Jésus-Christ va revenir ; mais nous constatons aussi jour après jour que nous ne l’attendons pas ». Bien-aimés, je vous poserai une question simple : parmi vous, combien ont dit aujourd’hui dans leur cœur : « Le Seigneur Jésus-Christ sera peut-être là avant la fin de la journée » ? Cela nous montre simplement que notre état est bien en-deçà de notre connaissance ; c’est pourquoi, dans ce chapitre, le Seigneur s’attache à préparer nos âmes à attendre son retour. Je dirais qu’il descend jusqu’en bas puis de là, il construit jusqu’en haut. Voilà ce que le Seigneur Jésus fait dans ce chapitre ; j’espère vous le montrer.

1.2 - V. 1-7 — Délivrance de la crainte des hommes

Premièrement, Il cherche à nous délivrer de la crainte des hommes. Pourquoi ? Parce que si vous n’en êtes pas délivrés, vous ne serez jamais capables de confesser Christ, et si vous ne le confessez pas jour après jour pendant que vous traversez ce monde, vous ne L’attendrez jamais. Vous avez alors le principe que l’on trouve sans cesse dans les Écritures : les avertissements mêlés d’encouragements.

Tout d’abord, Il dit : « Ne craignez pas ceux qui tuent le corps et qui après cela ne peuvent rien faire de plus » (v.4) ; mais Il poursuit en disant : « Mais je vous montrerai qui vous devez craindre : craignez celui qui, après avoir tué, a le pouvoir de jeter dans la géhenne ». Il nous met en garde – n’oubliez donc pas que Dieu peut non seulement faire mourir, mais aussi jeter dans la géhenne. Mais ensuite, en lien avec cet avertissement, Il nous offre un encouragement très réconfortant. Vous ne devez pas craindre l’homme, il ne peut vous toucher sans la permission divine. « Ne vend-on pas cinq passereaux pour deux sous ? et pas un seul d’entre eux n’est oublié devant Dieu. Mais les cheveux même de votre tête sont tous comptés. Ne craignez donc pas : vous valez mieux que beaucoup de passereaux » (v. 6-7). L’homme peut se déchaîner contre nous, mais il ne peut nous toucher ; c’est impossible sans la permission de Dieu. En voyant des hommes partir à la chasse et viser des oiseaux, je me suis dit : « Vous êtes peut-être d’habiles tireurs, mais vous ne pouvez toucher un seul oiseau sans la permission divine ». C’est ce qui nous est enseigné ici. « S’il en est ainsi » nous dit Christ, « souvenez-vous que Dieu veille sur vous ; vous lui êtes chers : les cheveux même de votre tête sont tous comptés … vous valez mieux que beaucoup de passereaux ».

1.2.1 - V. 8-9 — Encouragement à confesser Christ

Puis Il nous donne encore un encouragement béni. « Quiconque m’aura confessé devant les hommes, le fils de l’homme le confessera aussi devant les anges de Dieu » (v.8). Je voudrais dire un mot ou deux sur “confesser Christ”. Supposons que vous alliez en ville demain, et que, dans le tramway, quelqu’un sorte une Bible et se mette à lire. Vous pourriez vous dire : « Je ne voudrais pas m’afficher ainsi devant d’autres personnes ». Pourquoi ? Supposez que je sois dans le tramway demain, que je me fasse une idée de l’état des âmes des personnes présentes, et que je me dise : « Je ne peux pas leur parler, mais j’aimerais qu’ils voient que je suis chrétien », alors je sors ma Bible. Me condamneriez-vous pour cela ? Non, ne me condamnez pas ! Cependant, si je le fais pour que les gens pensent que je suis une personne très pieuse, ce serait mal ; mais si le motif de mon cœur est d’exalter le Seigneur Jésus-Christ et de le magnifier, alors c’est une chose bénie.

Bien-aimés, je pense qu’il existe de nombreuses façons de confesser Christ. J’ai dit un jour à un jeune chrétien : « As-tu confessé Christ ? » « Oui, je l’ai fait », répondit-il. « Le confesses-tu en ce moment ? » Je n’ai pas eu de réponse. Voyez-vous, c’est une chose quotidienne ; confesser une seule fois que vous appartenez à Christ quand vous rejoignez le peuple de Dieu n’est pas suffisant. C’est bien plus que cela, ce devrait être une habitude. Je vous explique ce que je veux dire : Je me trouvais dans une certaine ville lorsque quelqu’un qui m’était très cher est tombé subitement malade ; j’ai dû faire venir un médecin, et il n’était pas dans la maison depuis deux minutes que je savais qu’il était chrétien. Il a confessé le Seigneur, ne disant pas : « J’espère pouvoir le sortir de là » mais : « le Seigneur le sortira de là, j’espère ». Quelle différence ! Vous voyez qu’il a confessé le nom du Seigneur, et qu’il l’a fait réellement. Par la suite, j’ai découvert que ce médecin était connu pour être un chrétien authentique et pieux.

Si vous ne confessez pas Christ, vous ne désirerez pas Le voir, et si vous ne désirez pas Le voir, vous ne L’attendrez pas. C’est pourquoi j’accorde la plus grande importance à ce que le Seigneur enseigne au début de ce chapitre, à savoir que nous devons Le confesser.

Il y a encore un encouragement à parler du Seigneur. Nous sommes ici-bas dans toute notre faiblesse, et pourtant, par la grâce de Dieu, nous sommes rendus capables de confesser Christ. Eh bien, si nous proclamons Christ, quel est l’encouragement à le faire ? « Quiconque m’aura confessé devant les hommes, le fils de l’homme le confessera aussi devant les anges de Dieu ». Imaginez un instant que le moment où le Seigneur récompensera son peuple soit venu, et qu’ici-bas, dans ce monde, il y ait eu un humble chrétien qui avait l’habitude de confesser le nom du Seigneur Jésus, se réjouissant de prononcer son nom, car « ton nom est un parfum répandu ». Alors le Seigneur Jésus Christ prononcera son nom devant les anges de Dieu. On m’a dit, et je crois que c’est vrai, qu’il n’y a rien qu’un officier de l’armée désire autant, pendant une campagne, que d’être mentionné dans les rapports concernant une bataille qui a été livrée. S’il est mentionné, il aura une promotion ; il aspire à cette distinction. Mais la joie d’un simple chrétien qui se plait à mentionner le nom de Christ est encore plus grande, où qu’il soit et quelles que soient ses circonstances, même s’il est dans un petit cercle où il passe inaperçu jour après jour. Le Seigneur dit que si vous le confessez, Il confessera votre nom devant les anges de Dieu. Quel immense honneur que de voir son nom prononcé par les lèvres du Seigneur Lui-même en présence de tous les anges !

Chers jeunes chrétiens, je voudrais que vous vous souveniez particulièrement de cela, car les tentations de cacher que vous êtes chrétiens sont nombreuses. Nous connaissons tous ces tentations, mais le Seigneur nous apporte un encouragement béni. Ne cachez pas que vous lui appartenez, que votre cœur soit si rempli de Lui que vous preniez plaisir à parler de lui, et alors il confessera votre nom devant les anges de Dieu.

Maintenant, le Seigneur passe à l’aspect inverse, et c’est très solennel. Cela ne s’applique pas à un chrétien, car l’affirmation est absolue : « Mais celui qui m’aura renié devant les hommes sera renié devant les anges de Dieu ». Il peut y avoir bien des chrétiens de nom qui agissent ainsi. C’est une chose très grave de renier le Seigneur ne serait-ce qu’une seule fois, mais le Seigneur Jésus ne parle pas des chrétiens dans ce verset. Si vous ne confessez pas Christ, vous ne pouvez pas L’aimer ; quand vous ne confessez pas Son nom, votre amour se refroidit ; et si vous ne Le confessez pas, vous ne serez pas dans l’état requis pour attendre Son retour.

1.2.2 - V. 13-21 — Entraves des biens terrestres

Maintenant, pour relier cette partie du chapitre à ce qui suit – et le lien est très beau –, vous remarquerez au verset 13 qu’un des membres du groupe dit au Seigneur : « Maître, dis à mon frère de partager avec moi l’héritage ». Mais le Seigneur lui répond : « Homme, qui est-ce qui m’a établi sur vous pour être votre juge et pour faire vos partages ? ». Il n’était pas venu dans ce but ; puis Il en tire la leçon : « Voyez, et gardez-vous de toute avarice ».

Puis, au verset 16, il introduit une parabole qui pose les bases pour la deuxième leçon : l’homme de la parabole a des récoltes abondantes, mais il n’a pas assez de place pour les entreposer. Il dit : « Que ferai-je ? J’abattrai mes greniers et j’en bâtirai de plus grands, et j’y assemblerai mes produits et mes biens ; et je dirai à mon âme : Mon âme, tu as beaucoup de biens assemblés pour beaucoup d’années ; repose-toi, mange, bois, fais grande chère ». Autrement dit, ses pensées se limitaient toutes au moment présent. Il voulait, comme beaucoup d’entre nous l’ont souvent voulu, non seulement l’abondance dans ce monde, mais aussi qu’elle se maintienne toute sa vie ; c’était tout ce qui lui importait. Je suis sûr que beaucoup d’entre nous ont connu cette tentation. Si vous mettez votre cœur dans les choses de cette vie, vous vous dérobez à vos responsabilités. Ainsi, dans la parabole, Dieu dit : « Insensé ! cette nuit même ton âme te sera redemandée ». Puis la question est posée : « Ces choses que tu as préparées, à qui seront-elles ? » Et voici maintenant la leçon : « Il en est ainsi de celui qui amasse des trésors pour lui-même, et qui n’est pas riche quant à Dieu ». Je ne m’y attarderai pas, mais je veux attirer l’attention sur un point qui montre le lien, au verset suivant (v. 22). Le Seigneur dit à ses disciples : « A cause de cela, je vous dis : ne soyez pas en souci pour la vie, de ce que vous mangerez ». « A cause de cela » tout repose sur ces mots : c’est la conclusion que le Seigneur tire de l’exemple qu’il vient de donner dans la parabole.

1.3 - V. 22-31 — Délivrance des soucis

1.3.1 - V. 22-30 — Réaliser que Dieu prend soin de tout

Nous arrivons maintenant à la deuxième leçon. La première était la délivrance de la crainte des hommes, la seconde, la délivrance de l’anxiété, des soucis qui nous accablent et qui nous privent souvent de notre paix. La parabole du semeur, dans l’Évangile, vous montre cela : la graine tombée parmi les épines est étouffée, par quoi ? Par les soucis et les plaisirs de cette vie, lesquels appartiennent à la même catégorie. Le Seigneur s’attache donc à délivrer ses disciples des soucis, afin qu’ils puissent, dans leur cœur, conserver l’attitude de ceux qui l’attendent. Si mes pensées sont attachées à la terre, comment puis-je attendre Christ ? Il intervient donc pour nous délivrer des soucis de ce monde, concernant nos vêtements ou notre nourriture quotidienne.

Non, il ne faut pas se faire un tel souci, dit-il, et Il donne en exemple les corbeaux, puis les lis des champs. Ceux-ci ne s’inquiètent pas, et pourtant les corbeaux sont nourris, et les lis sont revêtus, et cela de telle manière que même Salomon, dans toute sa gloire, n’était pas paré comme l’un d’eux. Si nous prenons cela à cœur, nous comprendrons combien il est insensé de s’inquiéter. Bien-aimés, en vérité, c’est de Dieu que nous dépendons.

Il donne ensuite le moyen d’être délivré des soucis, au verset 29 : « Et vous, ne recherchez pas ce que vous mangerez ou ce que vous boirez, et n’en soyez pas en peine ; car les nations du monde recherchent toutes ces choses ; et votre Père sait que vous avez besoin de ces choses ». Si seulement nous vivions en en étant conscients ! « Je suis dans le besoin » dites-vous ; eh bien, le Père le sait. Aucune chose ne peut toucher l’un de Ses enfants sans toucher le cœur de Dieu. Il y a de nombreuses années j’ai lu une phrase qui ne m’a jamais quitté, c’est la suivante : « Tout ce qui peut vous être un souci produit un souci pour vous dans le cœur de Dieu ».

Et c’est bien le cas ; ne lisons-nous pas dans l’épître de Pierre : « Rejetant sur lui tout votre souci, car il a soin de vous » ? « Votre Père sait que vous avez besoin de ces choses ». Il veille sur nous, même quant aux choses les plus petites et les plus insignifiantes qui pourraient nous troubler. Va-t-Il nous abandonner ? Non, bien-aimés ! Si vous vous souvenez, l’apôtre Paul le souligne dans l’Épître aux Hébreux : « Étant contents de ce que vous avez présentement, car lui-même a dit : « Je ne te laisserai point et je ne t’abandonnerai point » en sorte que « pleins de confiance nous disions : Le Seigneur est mon aide et je ne craindrai point : que me fera l’homme ? » (Héb.13:5-6).

1.3.2 - V. 31 — Être occupé des intérêts de Dieu

Ainsi, le Seigneur nous amène à la connaissance du Père et au cœur du Père. Bien-aimés, il donne la raison pour laquelle nous n’entrons pas dans cette consolation : cela apparaît dans le verset suivant : « Recherchez son royaume (de Dieu), et ces choses vous seront données par-dessus » (v. 31). Maintenant, permettez-moi de souligner une chose magnifique. Au verset 30, Il dit : « Les nations du monde recherchent toutes ces choses (manger, boire et s’habiller), et votre Père sait que vous avez besoin de ces choses » ; puis : « mais recherchez son royaume, et ces choses (dont Il a parlé) vous seront données par-dessus ». Mais une condition s’y rattache, et je vais simplement attirer votre attention dessus un instant. Tout cela se résume en deux vers d’un vieux cantique :

“Faites de Son service votre joie,
Vos besoins seront Son souci.”

Recherchez le royaume de Dieu, c’est-à-dire les intérêts de Dieu, et toutes ces choses vous seront données par-dessus. Ainsi, bien-aimés, il n’y a aucune raison pour que l’un d’entre nous qui sommes réunis ici ce soir, se fasse le moindre souci ; et nous ne nous en ferons pas si nous gardons simplement à l’esprit que Dieu nous aime, qu’Il prend soin de nous et qu’Il veille sur nous parce qu’Il se soucie de nous ; et ainsi, Il ne laissera aucun de Ses enfants manquer de quoi que ce soit si celui-ci recherche d’abord le royaume de Dieu. La condition est formulée ainsi parce que Dieu a parfois besoin de nous châtier, et Il le fait lorsque nous avons besoin d’être attirés vers Lui et vers Ses intérêts. Si nous faisons de Ses intérêts notre but suprême, alors nous ne manquerons de rien pendant notre passage sur cette terre.

Ainsi, les deux premières leçons de ce chapitre sont la délivrance de la crainte des hommes et la délivrance des soucis. Le Seigneur veut nous libérer et de la crainte des hommes et des soucis.

Vous direz : Combien ce serait heureux ! Oui, ce serait très heureux. Le chrétien le plus pauvre du monde pourrait alors dire : « Je suis pauvre, je n’ai rien que je puisse appeler mien, et pourtant je sais que je ne manquerai jamais de rien, car le Père sait que j’ai besoin de toutes ces choses ». Combien le Seigneur encourage nos cœurs ; et Il cherche à le faire afin que nous soyons dans un état d’âme qui nous permette d’attendre Son retour.

1.4 - V. 32 — Être affermis dans la grâce

Il y a autre chose. Supposons un instant que toute crainte de l’homme ait disparu, que vous vous reposiez sur le cœur de Dieu et disiez : « Je ne sais pas ce qui va se passer demain, ni d’où viendra la nourriture de demain, mais je sais que Dieu prend soin de moi ». Le Seigneur veut aussi nous affermir dans la grâce dès maintenant. Et nous devons l’être, pour attendre son retour. Ainsi, il est dit : « Ne crains pas, petit troupeau, car il a plu à votre Père de vous donner le royaume » (v. 32). Dans le verset précédent, il y avait une exhortation à rechercher, maintenant tout est grâce. Il veut affermir le cœur de son peuple dans la grâce du Père. Je voudrais souligner deux choses.

  • C’est le bon vouloir du Père de vous donner le royaume – cela introduit la relation.
  • C’est sa joie, en tant que Père, de le faire – cela se rattache au verset : « Alors les justes resplendiront comme le soleil dans le royaume de leur Père » (Matt. 13:43).

Cela mène à la manifestation du royaume à venir, lorsque tout le peuple de Dieu sera vu dans la même gloire que le Seigneur Jésus-Christ lui-même. C’est alors qu’il se manifestera comme le Soleil de justice, et c’est alors qu’en relation avec Son peuple, Il prendra le royaume et régnera « depuis le fleuve jusqu’aux bouts de la terre » (Zach. 9:10), et tout Son peuple, de l’époque actuelle et des époques passées, sera manifesté dans la même gloire avec Lui. J’ai fait allusion à ce passage plus d’une fois : « Nous savons que quand il sera manifesté, nous lui serons semblables, car nous Le verrons comme Il est » (1Jean 3:2). Voyez le contraste ! Regardez la situation actuelle ; la plupart d’entre nous savons ce que c’est d’être en mauvaise santé, ce qu’est la faiblesse du corps en traversant ce monde. Maintenant, élevez simplement vos pensées vers ce jour où tous les saints sortiront avec Christ et seront manifestés dans la même gloire que Lui. « Il a plu à votre Père de vous donner le royaume ». Toute la force de l’Écriture ici réside dans le mot “DONNER” ; c’est la grâce du Père ; et le Seigneur veut nous affermir dans la compréhension de cette grâce dont Il parle.

Il y a ensuite deux autres pensées :

  • tant que je ne serai pas établi dans la grâce, je ne grandirai jamais. Le comprenez-vous ? Une âme légaliste peut être très pieuse, mais elle ne grandira pas ; c’est pourquoi Pierre dit, à la fin de sa première épître : « Croissez dans la grâce et dans la connaissance de notre Seigneur et Sauveur Jésus Christ ». Si vous voulez grandir, vous devez être établis dans la grâce. Quand un saint succombe à la tentation, nous pensons parfois que nous l’aiderions mieux en le mettant un peu sous la loi. Nous pensons qu’il nous faut être durs et trouver une faute. Non, bien-aimés, vous ne restaurerez jamais une âme de cette manière ; vous devez agir dans la vérité de la grâce si vous voulez toucher son cœur. J’ai connu un jeune garçon qui avait un bon père, mais qui était très sévère envers son fils, et quand celui-ci faisait des erreurs ou était désobéissant, son père le châtiait sévèrement. La mère, en revanche, le regardait avec tendresse, bien qu’elle fût peinée. C’était un regard d’amour, mais elle avait bien plus d’influence que le père. Elle agissait avec grâce, lui agissait de manière légaliste. Il en est ainsi pour nous. Nous ne grandirons jamais si nous ne sommes pas affermis dans la grâce de Dieu. On en trouve des illustrations dans l’Écriture. En 2 Timothée 2:1, alors que tout va de mal en pis, l’apôtre écrit à Timothée : « Toi donc, mon enfant, fortifie-toi dans la grâce qui est dans le Christ Jésus ». C’est cela seul qui nous donnera la force de nous occuper des âmes dans les jours difficiles ; pour cela je dois être affermi dans la grâce, et quand je le serai, alors je grandirai, car je me trouverai alors dans l’atmosphère sainte où Dieu veut que je sois, et mon cœur sera attendri par la révélation de Sa grâce à mon égard dans Son Fils bien-aimé.
  • l’autre pensée est que nous ne sommes jamais affermis dans la grâce tant que nous ne voyons pas toutes choses et nous-même du point de vue Dieu. Pourquoi êtes-vous nés dans ce monde ? Pour une seule raison si vous êtes chrétiens, à savoir pour être liés au propos de Dieu. Tout est grâce. C’est Dieu qui m’a amené au monde, qui m’a révélé Christ, qui me soutient chaque jour, qui me conduira dans le désert, et me préservera jusqu’au moment où je verrai le Seigneur face à face. Tout est grâce, et j’ai besoin d’être établi dans la grâce pour comprendre le cœur de Dieu, et pour attendre le retour du Seigneur.

1.5 - V. 33-34 — Le chrétien comme représentant de la grâce de Dieu

J’en viens maintenant à une autre chose : Si je suis affermi dans la grâce, je dois alors devenir un représentant de la grâce pour ceux qui m’entourent ; c’est pourquoi le Seigneur dit – car c’est le lien dans la pensée de l’Écriture – « Vendez ce que vous avez, et donnez l’aumône ; faites-vous des bourses qui ne vieillissent pas, un trésor qui ne défaille pas, dans les cieux, d’où le voleur n’approche pas, et où la teigne ne détruit pas ; car là où est votre trésor, là sera aussi votre cœur » (v. 33-34). Je pense que vous verrez clairement que je ne peux pas exprimer la grâce, à moins d’être dans la vérité de celle-ci. Or, c’est un principe de l’Écriture qu’en toute dispensation, le croyant doit représenter Dieu tel qu’il est connu dans cette dispensation ; c’est-à-dire que le Juif devait représenter un Éternel juste, mais maintenant Il est révélé comme le Dieu de toute grâce, le Dieu et Père du Seigneur Jésus-Christ, et le Dieu de notre salut. Il est un Dieu qui donne. Le temps de la grâce est caractérisé par “donner”, et nous devons être nous aussi des donateurs, et représenter ainsi le cœur de Dieu dans nos relations avec les hommes, tandis que nous traversons ce monde.

Le Seigneur revient maintenant au principe qu’Il a présenté à la fin de la parabole : « Il en est ainsi de celui qui amasse des trésors pour lui-même, et qui n’est pas riche quant à Dieu » (v.21). Maintenant, en conséquence, vous obtenez un trésor dans les cieux – « un trésor qui ne défaille pas, dans les cieux, d’où le voleur n’approche pas, et où la teigne ne détruit pas ». J’ai été très frappé en méditant ce sujet aujourd’hui, par un passage de l’Écriture qui m’est venu à l’esprit en rapport avec cela :

« Car quiconque vous donnera à boire une coupe d’eau en mon nom, parce que vous êtes de Christ, en vérité, je vous dis qu’il ne perdra pas sa récompense » (Marc 9:41). Que c’est merveilleux !

Vous rencontrez un enfant de Dieu, qui est fatigué et assoiffé ; vous lui donnez simplement un verre d’eau fraîche au nom de Christ. Cet acte devient un trésor dans les cieux, et il sera bientôt reconnu, car « il ne perdra pas sa récompense ». Le Seigneur souligne ici la même vérité, et un trésor sera réservé pour vous dans les cieux. C’est le principe que le Seigneur nous enseigne ici, puis Il ajoute : « Car là où est votre trésor, là aussi sera votre cœur ». Si quelqu’un vous est très cher, vous pensez toujours à lui, vos pensées suivent votre “trésor” ; ainsi, pour que vos pensées soient tournées vers les choses d’en haut, il faut simplement que votre trésor soit dans les cieux. Nous pouvons alors dire : Christ est notre trésor. Si Christ est mon trésor, mes pensées seront avec Lui. C’est le dernier point concernant l’état d’âme nécessaire pour attendre le Seigneur Jésus Christ.

Quand un frère se lève et commence à lire : « Que vos reins soient ceints », je me suis toujours dit : « Comment les ceindre ? » Ils ne seront ceints que si Christ est mon trésor ; sinon, je n’aurai ni motivation ni force pour cela. Tout le monde admettra que là où est notre trésor, là sera notre cœur, et cela montre l’importance d’avoir Christ comme notre trésor dans les cieux.

1.6 - Conclusion

J’en suis moi-même conscient, et je suis sûr qu’en ce moment, beaucoup d’entre nous sont conscients aussi de voir à quel point nos pensées sont souvent tournées vers les choses de la terre, alors que Dieu nous invite à nous occuper des choses qui sont là où le Christ est assis à la droite de Dieu. Si vous voulez avoir l’esprit tourné vers le ciel, la seule façon est de garder votre esprit fixé sur le trésor qui s’y trouve.

Je vous ai donné ce soir une sorte de prédication préliminaire pour montrer la nécessité d’avoir un état d’âme approprié pour attendre le retour du Seigneur.

J’ai confiance que le Seigneur mettra dans nos cœurs à tous, le désir de méditer sur ce qui a été dit ce soir, afin de rechercher à être dans cet état afin que, jour après jour, l’attente de son retour soit pour nous une réalité constante – une vraie attente. Là où il y a une réelle attente, il y aura de la puissance dans l’âme, l’Esprit de Dieu nous conduira et nous aurons une marche et des relations saintes, car « quiconque a cette espérance en Lui (c’est-à-dire en Christ) se purifie, comme lui-même est pur » (1Jean 3:3).

2ème soirée : Luc 12:32-40

2.1 - Résumé de la prédication précédente

Quel doit être notre état d’âme pour rencontrer le Seigneur à son retour, voilà le sujet de ce chapitre, comme nous l’avons vu la semaine dernière. Nous y voyons en détail, je pense, comment le Seigneur cherche à préparer ses disciples, et à leur communiquer l’état d’âme qu’Il requiert.

Je reviendrais juste en arrière pour énoncer les points du chapitre, afin de les relier à ce que j’ai devant moi ce soir.

Nous avons vu, premièrement, que le Seigneur Jésus cherchait à délivrer Ses disciples de la crainte des hommes, pour qu’ils aient la hardiesse de confesser Son nom pendant leur vie ici-bas. Deuxièmement, Il cherchait à les délivrer des soucis concernant les choses de cette vie, en cherchant d’abord le royaume de Dieu et sa justice, sachant que tout ce qui leur était nécessaire leur serait donné par-dessus. Troisièmement, Il cherchait à les affermir dans la grâce, comme nous le lisons au verset 32 : « Ne crains pas, petit troupeau, car il a plu à votre Père de vous donner le royaume » ; et il cherchait, non seulement à les affermir dans la grâce, mais aussi à faire d’eux les représentants de la grâce alors qu’ils traversaient ce monde. Ainsi, il leur dit : « Vendez ce que vous avez, et donnez l’aumône ». Ensuite, j’attire votre attention sur le quatrième point car il se rattache à ce qui m’occupe ce soir : si nous représentons Dieu en grâce dans ce monde, nous nous amassons des trésors dans les cieux. C’est une chose merveilleuse, vous ne pouvez y échapper. Si nous sommes des donateurs dans ce monde, et représentons ainsi Dieu en tant que donateur, nous nous amassons des trésors dans les cieux. Mais quand nous parlons de trésor dans les cieux, souvenez-vous que tout est centré sur Christ, et donc, là où est votre trésor, là aussi sera votre cœur. Je comprends donc que Christ est notre trésor, et ainsi, bien-aimés, pour que nos pensées soient tournées vers le ciel notre cœur doit être fixé sur le Seigneur Jésus-Christ.

Je suis sûr que chacun ici ce soir en est conscient : l’objet qui nous est le plus cher sur la terre est celui qui retient notre attention, nos pensées et notre affection. Il est toujours vrai que là où est notre trésor, là aussi sera notre cœur, et je pense que le Seigneur applique, sans aucun doute, cette image à Lui-même. Ainsi, Il nous dit que si nous Le considérons comme notre trésor, alors nos pensées seront avec Lui. « Là où est votre trésor, là aussi sera votre cœur » (v. 34). Il existe un lien évident entre cette déclaration et ce qui suit, qui est le sujet de ce soir. Le Seigneur dit immédiatement, à la suite de cette déclaration : « Que vos reins soient ceints, et vos lampes allumées » (v. 35). Je peux dire d’emblée que si votre trésor est sur la terre, vous n’aurez pas vos reins ceints, ni vos lampes allumées ; c’est impossible. Il faut absolument avoir votre trésor dans les cieux si vous voulez être trouvés en train d’attendre la venue du Seigneur Jésus-Christ.

Concernant la venue du Seigneur Jésus-Christ, je ressens que c’est plus une doctrine qu’une réalité pratique impactant notre vie quotidienne ; nous l’avons souligné la semaine dernière. Nous n’attendrons jamais le Seigneur s’Il ne possède pas nos cœurs ; Il doit les posséder pour que nous L’attendions vraiment. « Mais chacun de nous a le Seigneur Jésus-Christ dans son cœur ! », me direz-vous. En êtes-vous sûrs ? Le Seigneur Jésus habite-t-il vraiment dans le cœur de tous les Siens ? S’Il y habite, Lui seul en émanera. S’Il est dans nos cœurs, ceux-ci doivent L’exprimer, et la seule façon de montrer Christ en traversant ce monde est qu’Il soit “enchâssé” dans nos affections. S’Il ne l’est pas, Il ne sera jamais manifesté. Laissez-moi vous dire que cela illustre un principe de grande importance : nous n’exprimons Christ, dans notre marche et notre conduite quotidiennes, que dans la mesure où nous Lui ressemblons ; nous ne pouvons pas le refléter davantage, même si nous essayons. Si nous n’avons qu’un peu de Christ, nous ne pouvons pas Le manifester beaucoup. Il est important d’insister sur ce fait. Hélas ! plusieurs ne possèdent qu’un peu de Christ ; nous le savons tous. Bien-aimés, nous ne pouvons présenter Christ que dans la mesure où nous lui ressemblons, c’est pourquoi il insiste sur ce verset : « Car là où est ton trésor, là aussi sera ton cœur ».

2.2 - V. 35 — Conviction intérieure et témoignage extérieur

Maintenant, Il nous dit de ceindre nos reins et de garder nos lampes allumées, puis Il ajoute : « Et soyez vous-mêmes semblables à des hommes qui attendent leur maître, à quelque moment qu’il revienne des noces » (v. 36). Examinons maintenant cette déclaration en détail. « Que vos reins soient ceints ». Je pense qu’il n’y a que deux autres occurrences dans l’Écriture où il est fait référence au fait de ceindre les reins : « Ayant ceint vos reins de la vérité » (Éph. 6:14), et « C’est pourquoi, ayant ceint les reins de votre entendement » (1 Pi. 1:13). En mettant ces trois passages ensemble, nous obtenons ceci : nous devons être ceints intérieurement, dans la pensée spirituelle ; puis nos reins doivent être ceints de la vérité. Qu’est-ce que la vérité ? La vérité, bien-aimés, c’est la révélation de Dieu en Jésus-Christ ; c’est de cela que nous devons nous ceindre. Le Seigneur dit clairement : « Que vos reins soient ceints » ; c’est-à-dire, si je comprends bien, ceints de la vérité telle qu’elle s’applique à nous par la puissance de l’Esprit, afin que, sous l’influence de la vérité, nous soyons ceints intérieurement, afin d’être prêts pour le combat ou le service, ou pour tout ce à quoi nous sommes appelés. Il est donc de la plus haute importance que nous comprenions cette expression : « Que vos reins soient ceints de la vérité. »

Il est ensuite écrit : « Et vos lampes allumées ». Permettez-moi maintenant de dire un mot à ce sujet. La lumière de chaque chrétien brille-t-elle ? Eh bien, l’apôtre Paul s’exprime ainsi dans l’épître aux Philippiens : « Parmi lesquels vous reluisez comme des luminaires dans le monde ». Le mot “reluire” ici est en réalité le même mot que celui qui s’applique au lever des astres dans les cieux. Par exemple, la lune brille ce soir, car elle est là pour briller. De la même manière, chaque croyant est destiné à briller, mais hélas ! nous ne reluisons pas souvent, et c’est pourquoi le Seigneur Jésus dit : « que vos lampes soient allumées » Tout d’abord, nous devons déterminer ce qu’est cette lumière. D’après ma compréhension des Écritures, la lumière est toujours Christ dans le Nouveau Testament. C’est la seule lumière au milieu des ténèbres, et c’est pourquoi il parle dans ce passage de lampes qui brûlent(*) ; c’est la lumière qui se manifeste dans la vie quotidienne, il n’y a pas d’autre lumière pour les hommes : « …pour faire luire la connaissance de la gloire de Dieu dans la face de Christ. » Ce qui est reçu dans le cœur devrait jaillir de nous dans notre marche, nos voies et notre conduite.

(*) NdT : autrefois : lampes à huile et torches

Je pense que chacun d’entre vous, en ce qui concerne la vie chrétienne, verra la nécessité de laisser la lumière briller ; mais permettez-moi de demander : pourquoi nos lumières ne brillent-elles pas toujours ? Aaron devait utiliser des mouchettes (des pinces à bougie) dans le tabernacle, pourquoi ? Afin que la lumière soit pure, et brille sans obstruction. Nous avons tous vu une bougie avec une longue mèche, la lumière en est affaiblie. Il faut la “moucher” afin que la lumière puisse briller avec clarté. « En quoi cela s’applique-t-il à nous ? » me direz-vous. Et bien, certains d’entre nous, chrétiens, ont peut-être de mauvaises habitudes qui obscurciront la lumière. Supposons que je sois colérique – cela obscurcirait la lumière. Si j’étais mondain – cela obscurcirait la lumière ; il en serait de même avec de mauvaises fréquentations. Ainsi, voyez-vous, vous devez vous juger vous-mêmes. Il faut un jugement de soi, afin que tout ce qui est incompatible avec Christ n’ait pas sa place en nous. Combien d’entre nous ont été des causes de chute pour nos frères chrétiens parce que notre lumière n’a pas brillé clairement ! Si nous vivions et marchions dans la puissance du Saint-Esprit, il y aurait un témoignage manifeste du Seigneur Jésus rayonnant de chacun de nous. La lumière ne peut être cachée : nous lisons au sujet du Seigneur lui-même qu’il ne pouvait être caché. Pourquoi cela ? À cause de la lumière qui rayonnait si parfaitement de lui. Vous avez cette déclaration en Jean 1 : « La lumière brille dans les ténèbres, et les ténèbres ne l’ont pas comprise ». Les ténèbres ont cherché à éteindre la lumière en crucifiant notre cher Seigneur et Sauveur.

Alors, me direz-vous : « Quelle est la condition pour que la lumière resplendisse ? » Je n’en connais qu’une seule ; l’apôtre Paul nous la donne dans cette déclaration le concernant : « Portant toujours partout dans le corps la mort de Jésus » (2 Cor. 4:10). Or, qu’est-ce que la mort de Jésus ? C’est simplement l’application de la vérité de la croix à ce que je suis. L’apôtre voulait dire ceci : porter toujours dans son corps la mort de Jésus, afin que rien de Paul ne se manifeste, mais seulement le Christ dans tout ce qu’il disait et faisait. Laissez-moi vous donner une illustration simple. Supposons que je sois un homme d’esprit, que je vous rencontre et que nous ayons une conversation ensemble. Si je n’étais pas soutenu par la puissance de l’Esprit de Dieu, je pourrais être tenté de faire étalage de mon esprit ; ce ne serait pas Christ, mais moi-même. C’est pourquoi, afin que la lumière brille, il faut que la mort s’applique à tout ce que je suis, afin que seul Christ soit manifesté. C’est, je crois, ce que le Seigneur entend par ce verset : « Que vos lampes soient allumées ».

Maintenant, avant d’aller plus loin, permettez-moi de faire une ou deux applications, car c’est une chose de comprendre le sens de l’Écriture, mais c’en est une autre d’être sous son emprise. Puis-je poser cette question à chacun de nous : nos reins sont-ils ceints ? Nos lumières brillent-elles ? Ne dites pas que vous ne savez pas ; nous le savons ! Je suis sûr de ceci, si vous me permettez de le dire, que là où la lumière d’un chrétien rayonne distinctement et clairement, l’homme du monde la haïra. « Cela va-t-il aussi loin ? », me direz-vous. Oui ! Il en fut ainsi dans le cas du Seigneur, et les hommes ne pouvaient supporter la vivacité de la lumière ; c’est pourquoi ils cherchèrent à l’éteindre en le crucifiant sur la croix. Gardons donc à l’esprit que pour être prêts à rencontrer le Seigneur Jésus lors de son retour, il nous faut des reins ceints et des lampes qui brûlent.

2.3 - V. 36 — Attendre le maître

Nous en arrivons maintenant à l’attitude qu’il faut maintenir, puis nous parlerons de la récompense bénie que le Seigneur accordera à ceux qui attendent son retour. Cette attitude est la suivante : « Et soyez vous-mêmes comme des hommes qui attendent leur maître, à quelque moment qu’il revienne des noces, afin que, quand il viendra et qu’il heurtera, ils lui ouvrent aussitôt » (v. 36). Nous devons comprendre que cette image utilisée par le Seigneur sert à indiquer quel doit être notre comportement. Nous devons être comme des hommes qui attendent leur maître qui est parti aux noces, et qui revient. La figure est donc la suivante (pour en faire une application moderne). Les serviteurs sont dans le hall, ils ont la main sur la porte, attendant le premier signe du retour de leur maître, et, dès qu’il frappe, ils ouvrent grand la porte pour l’accueillir. Il y a deux choses : ils souhaitent que leur maître revienne, et par conséquent, ils l’attendent. Ces deux choses vont de pair. J’en ferai maintenant une application. Désirons-nous que le Seigneur revienne ? Nous chantons parfois dans une strophe de cantique :

Emmène à la maison tes pauvres pèlerins dans l’attente.

Le pensons-nous vraiment quand nous le chantons ? Car cela signifie qu’en le chantant, nous demandons au Seigneur de nous amener là-haut. Est-ce bien notre désir ? Non, bien-aimés, souvent ce n’est pas notre désir. C’est pourquoi, le Seigneur nous demande ici d’être dans un état qui sied à son retour, et de l’attendre constamment.

Si vous vous souvenez, la semaine dernière j’ai demandé combien d’entre nous pensaient réellement, jour après jour, au retour du Seigneur. Combien se sont dit, jour après jour, que le Seigneur pourrait être là avant la fin de la journée ? Or, l’attitude que le Seigneur nous enjoint dans ce passage revient à cela : toujours attendre, toujours espérer, et toujours désirer ardemment Le voir face à face. Je sais combien il est facile de se laisser porter par le cours du temps et d’oublier qu’un changement peut arriver subitement : alors que la vie suit son cours, jour après jour, le peuple de Dieu pourrait soudainement être enlevé pour rencontrer le Seigneur dans les airs, afin d’être pour toujours avec Lui. La question se pose donc à chacun de nous : sommes-nous prêts à voir le Seigneur face à face ? J’aimerais donner une illustration. Imaginons une épouse fidèle dont le mari est parti en Australie ou dans l’une des lointaines dépendances de l’Empire britannique. Elle ne sait pas quand il reviendra. Imaginons que pendant son absence, elle n’a pas cessé de l’aimer, mais a rassemblé autour d’elle des choses qu’il n’aimerait pas voir à son retour. Si elle reçoit une lettre lui annonçant qu’il revient, et qu’il revient bientôt, quelle est sa première pensée ? Elle jette un coup d’œil dans la maison et se dit : « Mon mari n’aimerait pas voir ça. » En épouse fidèle, elle range ces objets, et non seulement cela, mais elle se dit : « Il aimerait voir ceci et cela », et elle rassemble donc tout ce qui lui fera plaisir à son retour.

Je pense que cette illustration s’applique à nous ici ce soir. Le Seigneur revient-il ? Si oui, je me débarrasserai de tout ce qui ne lui plait pas ; je pense que c’est le sens du passage de 1 Jean 3 : « Quiconque a cette espérance en lui » (c’est-à-dire en Christ) « se purifie, comme lui-même est pur. » Or, se purifier, c’est se débarrasser de tout ce qui ne convient pas à Christ, et être en possession de tout ce qui lui convient, et c’est la seule manière possible d’être prêt à le rencontrer lorsqu’il reviendra. Ne passons pas à côté d’un passage comme celui que le Seigneur prononce : « Que vos reins soient ceints, et vos lampes allumées ; et soyez vous-mêmes semblables à des hommes qui attendent leur maître, à quelque moment qu’il revienne des noces, afin que, quand il viendra et qu’il heurtera, ils lui ouvrent aussitôt » ; que ce passage saisisse nos cœurs avec une puissance vivante.

Je lisais récemment un petit livre. Tout n’y était pas selon la vérité, mais néanmoins une chose m’a beaucoup frappé. Un riche marchand rentrait chez lui auprès de sa famille, le soir après ses affaires. Sa femme remarqua qu’il était très abattu. « Qu’y a-t-il, chéri ? » dit-elle. Il répondit : « J’ai entendu dire aujourd’hui que le Seigneur Jésus allait surement revenir bientôt ». « Et alors ? » « Oh ! je ne suis pas prêt à Le rencontrer », dit-il, et il se mit à se lamenter sur ce fait. « Tous mes projets prendront fin si le Seigneur revient vraiment, tous mes gains et profits disparaîtront ». Et pourtant, cet homme était chrétien ! Eh bien, je voudrais que nous appliquions cela à nous-mêmes, afin que nous soyons gardés d’être occupés de choses qui ne plairaient pas au Seigneur lors de son retour. Cela nous montre à quel point c’est concret, et c’est là l’objet de tout ce chapitre : nous édifier afin que nous soyons prêts à rencontrer le Seigneur. Le Seigneur a cette finalité en vue tout au long du chapitre.

2.4 - V. 37-38 — La récompense du maître

Maintenant, passons à l’autre aspect : la récompense du Seigneur pour ceux qu’il trouvera ainsi, veillant et attendant. Il dit au verset 37 : « Bienheureux sont ces esclaves, que le maître, quand il viendra, trouvera veillant. En vérité, je vous dis qu’il se ceindra et les fera mettre à table, et, s’avançant, il les servira ». La première chose est : « Bienheureux sont ces esclaves, que le maître, quand il viendra, trouvera veillant. » Or, vous savez tous ce que signifie veiller. Si un cher ami venait chez vous de loin, et que vous puissiez voir le chemin depuis la fenêtre, vous seriez là à veiller et à attendre, espérant qu’il arrive. Eh bien, le Seigneur prononce sa bénédiction sur ceux qui veillent ainsi ; c’est pourquoi, ce soir, je vous demande : « Veillons-nous vraiment ? »

Beaucoup d’entre nous prêtent attention aux signes des temps, aux mouvements politiques et à ces choses-là, à la confusion et aux agitations qui règnent partout, aux plans de ce monde. Mais quelle valeur tout cela a-t-il ? Eh bien, tout cela prendra fin pour chaque enfant de Dieu dès que le Seigneur viendra. Ce jour-là, nos pensées et nos imaginations prendront fin, nous le savons bien, tout comme elles prennent fin lorsque nous mourons. La bénédiction est réservée à ceux qui sont trouvés “veillant”. Et donc, bien-aimés, j’insiste encore sur ce point : veillons-nous ? Nous devons veiller, si nous voulons plaire au Seigneur. J’ai dit parfois, et je le crois bien, que même le bonheur familial est parfois un grand obstacle pour attendre le Seigneur. Vous direz : « N’est-ce pas une bonne chose ? » Oui, bien-aimés ; j’allais dire que c’est l’une des fleurs du jardin d’Éden. Mais néanmoins, le bonheur familial peut s’interposer entre l’âme et Christ, et c’est parfois le cas ; ainsi, le Seigneur dépouille certains d’entre nous, et nous attendons, solitaires pendant notre attente, parce qu’Il ne peut pas nous faire confiance si nous avons trop d’affections dans ce monde. Il nous aime tellement qu’Il est jaloux de nous et qu’Il nous veut pour Lui-même. Avez-vous déjà lu cette expression dans le Cantique des Cantiques : « La jalousie est cruelle comme le shéol » ? Que signifie-t-elle ? Je la comprends ainsi : Lorsqu’un corps est déposé en terre, la tombe se referme sur lui et exclut tout autre objet ; elle s’empare de ce corps de manière absolue. Eh bien, la jalousie du Seigneur est comme cela. Pensez-vous que le Seigneur puisse contempler avec indifférence nos cœurs qui courent après d’autres choses qui Lui sont contraires ? Non ; s’Il nous aime, et Il nous aime, Il veut nos cœurs tout entiers. Rien de moins que nos cœurs tout entiers Le satisferont. « Bienheureux sont ces esclaves, que le maître, quand il viendra, trouvera veillant ».

Voyez maintenant la merveilleuse récompense ! « En vérité, je vous dis qu’il se ceindra et les fera mettre à table, et, s’avançant, il les servira ». Il y a deux choses. « Il se ceindra » comme serviteur. Le Seigneur était le serviteur ici-bas ; vous vous souvenez qu’Il a dit à Ses disciples : « Je suis au milieu de vous comme celui qui sert » (Luc 22:27). Le Seigneur, à qui tout revient, Celui qui a tout créé et qui est mort sur la croix, a pourtant pris la place de serviteur parmi Ses disciples. Et quels disciples imparfaits étaient-ils ! Des chrétiens me disent parfois : « Il est impossible d’aimer tel ou tel, leur conduite est si étrange ». Eh bien, ceux qui entouraient le Seigneur n’avaient-il pas une conduite très étrange ? N’y avait-il pas un Judas, et un Pierre qui l’a renié ? Le Seigneur a-t-il cessé de les aimer ? Non ! Il dit : « Comme le Père m’a aimé, moi aussi je vous ai aimés ». La seule façon d’aimer le peuple de Dieu est de le voir comme Dieu le voit, accepté en Christ. C’est ainsi que vous pouvez l’aimer. Le Seigneur se ceindra, Il prendra la place la plus basse parmi Son peuple, et cela, dans la gloire même, après son retour. « Il se ceindra et les fera mettre à table ». « Que signifie cela ? », me direz-vous. Eh bien, je vais vous dire la pensée, contenue dans cette déclaration, qui satisfait mon cœur : Il nous fera jouir de ses propres délices ; ce qui réjouit son propre cœur réjouira le vôtre et le mien. « Il les fera mettre à table ». Je le répète, Il nous fera jouir de ses propres délices. N’est-ce pas merveilleux ? Partageant ses propres joies avec son peuple bien-aimé, et non seulement cela, mais, venant pour nous servir, il nous fera lui-même savourer ces délices, bien-aimés. Il prendra la place la plus humble, celle de serviteur de son peuple, et les conduira à se réjouir du sentiment de sa présence et de la jouissance de son amour ; et ainsi ils n’auront aucun objet qu’Il n’ait pas. Souvenez-vous qu’il a souvent enseigné qu’il n’y a pas une seule bénédiction future dont on ne puisse jouir dès maintenant – au moins dans une certaine mesure. Si nous allons bientôt jouir avec le Seigneur de Ses propres délices, ne pouvons-nous pas en jouir dès maintenant ? Un vers d’une strophe dit (cela exerce toujours mon cœur quand je le chante) :

Ses joies sont nos joies les plus profondes.

Nous le réalisons faiblement, et pourtant il peut en être ainsi. Vous voyez, donc, que dans la gloire même, le Seigneur Jésus fera mettre son peuple à table, s’avancera et le servira. Il nous présente ainsi cette perspective bénie pour encourager nos cœurs et les maintenir fixés sur Lui-même là où Il se trouve.

2.5 - V. 39-40 — Veiller en attendant le maître

Puis le Seigneur dit ceci : « Mais sachez ceci, que si le maître de la maison eût su à quelle heure le voleur devait venir, il eût veillé et n’eût pas laissé percer sa maison » (v. 39) ; puis il ajoute : « vous donc aussi soyez prêts » (c’est-à-dire, veillez) : « car, à l’heure que vous ne pensez pas, le fils de l’homme vient » (v. 40). Je n’aborderai ce soir que de manière générale la distinction entre la venue publique de Christ et sa venue pour prendre les siens. Je pense aborder cette distinction la semaine prochaine. Ici, c’est le Fils de l’homme qui vient, et cela s’applique toujours à l’apparition du Seigneur Jésus-Christ, dans la perspective de laquelle nous vivons jour après jour, comme le dit l’apôtre : « ceux qui aiment son apparition ». Le sens de cette image supplémentaire utilisée par le Seigneur montre que nous devons toujours être prêts : « vous donc aussi soyez prêts ». « Comment pouvons-nous être prêts ? », direz-vous. Ce n’est pas seulement un état d’âme à avoir, même si c’est primordial, mais nous avons aussi beaucoup de choses à régler. Un jour, je dînais avec une dame à Londres, et je lui disais à table : « Aimeriez-vous que le Seigneur Jésus revienne aujourd’hui ? » « Non, je ne le voudrais pas » dit-elle. « Pourquoi donc ? » « Eh bien, j’ai d’abord à régler beaucoup de choses que je ne voudrais pas qu’Il voie ; je préférerais qu’Il ne vienne pas aujourd’hui », me répondit-elle. Et pourtant, le Seigneur dit : « Soyez prêts », c’est-à-dire que tout soit réglé, et que nous soyons de véritables pèlerins et étrangers de passage dans ce monde, sans que rien ne nous retienne. Pour quoi ? Pour que nos cœurs soient tournés vers Lui, là où Il se trouve actuellement. Tout se résume à cela.

J’insisterais simplement sur ces quelques derniers mots. Le Seigneur Jésus possède-t-Il vos cœurs ? Si c’est le cas, alors vos cœurs seront là où Il se trouve, et vous serez prêts pour Son retour, dont Il parle. Ce que j’en retiens, c’est que tout dépend de l’état de l’âme, de notre état. Rien ne peut tendre à une plus grande édification que de se placer tranquillement devant le Seigneur et de se demander : « Suis-je prêt à Le rencontrer ? Trouverait-Il en moi et autour de moi tout ce qui réjouirait Son propre cœur ? » Si je peux dire : « Oui », alors je suis dans l’état qu’Il désire.

2.6 - Résumé

Permettez-moi de récapituler ce chapitre. En premier lieu, Il nous délivre de la crainte des hommes qui est un piège pour beaucoup d’entre nous. J’ai connu de nombreux jeunes chrétiens qui ont fait naufrage quant à ce qu’ils professaient parce qu’ils craignaient les hommes qui les entouraient.

Deuxièmement, Il nous délivre des soucis qui accablent beaucoup d’entre nous. Le Seigneur nous dit : « Non, vous n’avez pas besoin d’avoir le moindre souci, Dieu prendra soin de vous ». Alors remettez-vous entre Ses mains ; Il prend pour exemple les oiseaux et les fleurs pour nous convaincre des soins sont Dieu nous entoure : « Vous valez mieux que les oiseaux ». On peut toujours se confier à la sollicitude de Dieu. Le psalmiste dit : « J’ai été jeune, et je suis vieux, et je n’ai jamais vu le juste abandonné, ni sa semence cherchant du pain » (Ps. 37:25).

Troisièmement, Il veut affermir nos cœurs dans la grâce. C’est une chose merveilleuse ! « Ne crains pas, petit troupeau, car il a plu à votre Père de vous donner le royaume ». Vous ne l’obtiendrez pas par mérite, Il vous le donnera. Ainsi, si nos cœurs sont affermis dans la grâce maintenant, nous pouvons aller avec grâce et donner parce que Dieu est celui qui donne. Ensuite, comme je l’ai souligné au début, en représentant Dieu, en grâce, nous nous amassons des trésors dans le ciel, et alors nos cœurs seront là, ce qui nous conduira à être prêts à rencontrer le Seigneur – les reins ceints et les lampes allumées.

Oui, je crois qu’il est de la plus haute importance d’avoir le Seigneur continuellement devant nos cœurs. Qu’Il accorde que notre méditation de ce soir conduise nombre d’entre nous à se juger soi-même quant à tout ce qui ne Lui convient pas, et nous conduise en même temps à acquérir tout ce qui plairait à Ses yeux et réjouirait Son cœur. Qu’Il nous l’accorde pour l’amour de Son nom.

3ème soirée : 1 THESSALONICIENS 4:13 à 5:11

Comme chacun ici peut le voir, le sujet de l’enlèvement des saints nous est présenté dans ce passage, en relation avec l’apparition du Seigneur Jésus-Christ ; mais avant de commencer à expliquer ce sujet, je voudrais attirer l’attention sur la manière dont la venue de Christ est présentée dans les chapitres précédents de cette épître.

3.1 - Conséquences de la venue du Seigneur dans les premiers chapitres

3.1.1 - Au chapitre 1 : L’attendre

Vous trouverez dans le premier chapitre de cette épitre que la caractéristique de tout croyant est d’attendre le Fils de Dieu venant du ciel. Permettez-moi simplement de le lire (1 Thess. 1:9-10) : « vous vous êtes tournés des idoles vers Dieu, pour servir le Dieu vivant et vrai, et pour attendre des cieux son Fils qu’il a ressuscité d’entre les morts, Jésus, qui nous délivre de la colère qui vient ». Ainsi, nous attendons le Fils de Dieu venant du ciel, et cela vaut non seulement pour le croyant, mais aussi pour tout professant (qui se place sur le même terrain que le croyant), de sorte que tout croyant et tout professant se trouvent réellement dans l’attente du Fils de Dieu venant du ciel. Que nous l’acceptions ou non, c’est vrai, car, comme vous le verrez, ces croyants se sont convertis en vue de cette attente ; ils se sont tournés des idoles vers Dieu, afin de servir le Dieu vivant et vrai, et d’attendre son Fils venant du ciel. C’est une chose solennelle, car si vous et moi sommes trouvés attendant du ciel le Fils de Dieu, cela doit affecter très fortement notre vie quotidienne. Comme je l’ai dit il y a deux semaines, nous oublions si souvent la venue du Seigneur Jésus. Permettez-moi de vous poser à nouveau la question : Dans combien de cœurs, aujourd’hui, cette pensée a-t-elle été présente : « le Seigneur pourrait revenir avant le soir » ? Et pourtant, vous verrez – comme l’indique le passage de l’Écriture sur lequel j’ai attiré votre attention – qu’attendre Christ caractérise tout croyant et tous ceux qui professent l’évangile, que nous le comprenions ou non. Laissez-moi vous rappeler encore une fois que cela doit impacter, et impactera nos vies, si nous sommes soumis à la puissance de cette vérité. Ce n’est pas une doctrine, comme je vous l’ai souvent rappelé ; c’est une partie intégrante du christianisme ; donc, si je n’attends pas des cieux le Fils de Dieu, je ne suis pas sur le terrain chrétien. Bien-aimés, il est de la plus haute importance que nous comprenions la vérité énoncée dans ce premier chapitre.

« C’est très bien que des chrétiens mûrs le comprennent », me direz-vous peut-être. Non, bien-aimés, les convertis mentionnés dans cette épître n’étaient pas convertis depuis plus de six mois quand l’apôtre a écrit cette lettre. C’étaient de jeunes croyants, que nous appellerions de petits enfants ; c’est à eux que l’apôtre écrit qu’ils attendaient le Fils de Dieu venant du ciel. Cela s’applique donc à chaque croyant, et nous ne devons pas perdre cela de vue, sous peine de perdre la puissance de l’attente de la venue de Christ.

3.1.2 - Au chapitre 2 : Servir

Dans les chapitres 2 et 3, nous voyons deux choses. Au chapitre 2, nous avons l’incidence de cet enseignement sur le service. Je lirai deux versets à la fin du chapitre. « Car quelle est notre espérance, ou notre joie, ou la couronne dont nous nous glorifions ? N’est-ce pas bien vous devant notre seigneur Jésus, à sa venue ? Car vous, vous êtes notre gloire et notre joie » (v. 19-20). Ainsi, dans son activité, l’apôtre avait toujours devant lui la venue du Seigneur Jésus ; et je dirais que sans cette force motrice nous ne travaillons jamais au service du Seigneur, comme Il le voudrait. Je me souviens avoir lu dans un périodique, il y a quelque temps, qu’adhérer à la doctrine de la venue du Seigneur Jésus vous affaiblit, et que personne ne se soucierait alors du service, des missions, et de ce genre de choses. Quoi de plus faux ? Je trouve ici l’apôtre plein d’énergie, il désire la conversion de ceux vers qui il a été envoyé, et il travaille inlassablement dans la perspective de la venue de Christ. Son seul désir était de pouvoir présenter ceux qui étaient convertis par son moyen, devant le Seigneur ; il dit : « N’est-ce pas bien vous devant notre seigneur Jésus, à sa venue ? » Puis il ajoute : « Vous êtes notre gloire et notre joie ». Vous voyez donc l’effet que cela a sur le service. Comme c’est merveilleux ! Je le répète : je ne pense pas pouvoir mener à bien une quelconque activité si cette vérité bénie ne domine pas mon âme ; c’est alors dans la perspective de la venue du Seigneur Jésus que je travaille avec dévouement. Pourquoi est-ce que je travaille ainsi ? Parce que je veux Son approbation, bien-aimés. Car c’est lors de l’apparition de notre Seigneur Jésus-Christ que la responsabilité des saints sera traitée. La terre est le théâtre de notre responsabilité, et la venue de Christ est le but vers lequel nous tendons, comme nous le lisons dans la première épître à Timothée : « que tu gardes ce commandement, sans tache, irrépréhensible, jusqu’à l’apparition de notre Seigneur Jésus-Christ » (1 Tim. 6:14). La terre est le théâtre de cette responsabilité, et lorsque le Seigneur apparaîtra en gloire, Il montrera la récompense. C’est ce que je comprends de la déclaration de l’apôtre : « Vous êtes notre gloire et notre joie ».

3.1.3 - Au chapitre 3 : Manifester la sainteté et l’amour

Sans m’étendre davantage sur ce sujet, je voudrais attirer l’attention sur deux versets du chapitre 3. Nous y voyons l’influence de la venue de Christ sur la vie spirituelle. « Et quant à vous, que le Seigneur vous fasse abonder et surabonder en amour les uns envers les autres et envers tous, comme nous aussi envers vous, pour affermir vos cœurs sans reproche en sainteté devant notre Dieu et Père en la venue de notre seigneur Jésus avec tous ses saints » (1 Thess. 3:12-13). Il y a deux choses ici : la sainteté lors de la venue de notre Seigneur Jésus avec tous ses saints devant notre Dieu et Père, et l’amour des uns envers les autres. C’est là le merveilleux secret ! S’aimer les uns les autres, voilà le chemin de la sainteté. Vous pouvez me parler de sainteté du matin au soir, mais vous ne grandirez jamais en elle si vous manquez d’amour, car l’amour est la nature de Dieu, et l’amour de Dieu est un amour saint ; il s’ensuit donc, comme l’apôtre nous l’enseigne ici, que si nous nous aimons les uns les autres, et plus nous nous aimons les uns les autres, plus nous serons conformes à l’image de Christ, plus nous deviendrons saints. J’utilise ces deux derniers termes de manière interchangeable, parce que la sainteté c’est être conforme à l’image de Christ, et rien de moins ; c’est pourquoi si quelqu’un vous dit qu’il est saint, vous devez lui demander : « Aussi saint que Christ ? », car Dieu n’accepte pas moins que cela. Eh bien, si tel est le cas, vous verrez d’après ces versets que plus nous nous aimons les uns les autres (car c’est là l’expression de la nature de Dieu), plus nous grandirons en sainteté, et ce sera manifesté lors de la venue de notre Seigneur Jésus avec tous ses saints.

Certains ont dit parfois : « Nous n’avons pas autant d’énergie dans l’Esprit que nous le voudrions » ; d’autres diront : « Nous ne faisons vraiment rien pour le Seigneur ». Ah ! bien-aimés, c’est parce que vous n’avez pas la venue de Christ devant vos âmes ; si vous vivez dans la perspective de l’apparition du Seigneur Jésus-Christ, vous serez dévoués. Comme l’apôtre le dit ailleurs : « Car l’amour du Christ nous étreint, en ce que nous avons jugé ceci, que si un est mort pour tous, tous donc sont morts, et qu’il est mort pour tous, afin que ceux qui vivent ne vivent plus pour eux-mêmes, mais pour celui qui pour eux est mort et a été ressuscité » (2 Cor. 5:14-15). Tout ce que nous sommes en tant qu’enfants d’Adam a disparu dans la mort de Christ, et maintenant, Christ seul remplit le regard de Dieu, et Christ seul peut remplir les affections du peuple de Dieu ; alors, quand la nature divine est à l’œuvre dans la puissance de l’Esprit, une immense croissance en sainteté, encouragée par la perspective de la venue du Seigneur Jésus, a une grande incidence sur la vie spirituelle ; et je peux répéter ce que j’ai dit au sujet du service : personne ne peut vivre correctement en tant que chrétien, à moins d’avoir la perspective de voir le Seigneur face à face. C’est une affirmation très forte, me direz-vous. Eh bien, je vous citerai un passage biblique pour l’étayer. L’apôtre Jean dit : « Ce que nous serons n’a pas encore été manifesté » (il n’y a pour l’instant aucune manifestation extérieure de ce que nous sommes en tant qu’enfants de Dieu), « nous savons que quand Il sera manifesté, nous lui serons semblables, car nous Le verrons comme Il est », puis il ajoute : « Quiconque a cette espérance en lui » (c’est-à-dire en Christ) « se purifie, comme lui est pur ». Oui, la perspective de Le voir et d’être comme Lui sera une force constante agissant sur l’âme, de sorte que vous vous débarrasserez de tout ce qui ne Lui convient pas, et désirerez également acquérir tout ce qui Lui plaît, afin de vous réjouir au jour de Son apparition. Vous voyez, maintenant, l’immense portée de cette vérité sur la vie spirituelle.

3.2 - V. 13-14 — La question des saints endormis

J’en viens maintenant à notre chapitre. Il traite du deuil, et nous conduit à ce que nous y avons lu. Certains de ces saints, à Thessalonique, étaient morts, et les croyants de cette ville ne connaissant pas la vérité de l’enlèvement, savoir que les saints seraient enlevés dans les nuées à la rencontre du Seigneur en l’air, pensaient que les saints décédés perdaient quelque chose, et pleuraient, croyant que ceux qui étaient morts ne seraient pas là pour la gloire du royaume quand le Seigneur Jésus reviendrait. Afin de répondre à cette difficulté, le Seigneur Jésus fait une révélation spéciale au cœur de l’apôtre.

Je relirai les versets 13 et 14. Je voudrais maintenant que vous prêtiez attention à ces versets. Quand l’apôtre dit : « avec lui, Dieu amènera ceux qui se sont endormis par Jésus », cela signifie lors de l’apparition du Seigneur Jésus-Christ. Comment cela peut-il se produire s’ils sont morts et sont partis pour être avec Christ ? Comment peuvent-ils être ramenés avec le Seigneur Jésus lors de son retour ? C’est là que nous recevons la révélation spéciale afin de clarifier la situation, et l’apôtre poursuit donc : « Car nous vous disons ceci par la parole du Seigneur : » (c’est-à-dire qu’une révélation spéciale du Seigneur lui avait été faite), « que nous, les vivants, qui demeurons jusqu’à la venue du Seigneur, nous ne devancerons aucunement ceux qui se sont endormis. Car le Seigneur lui-même, avec un cri de commandement, avec une voix d’archange, et avec [la] trompette de Dieu, descendra du ciel ; et les morts en Christ ressusciteront premièrement ; puis nous, les vivants qui demeurons, nous serons ravis ensemble avec eux dans les nuées à la rencontre du Seigneur, en l’air ; et ainsi nous serons toujours avec le Seigneur » (v. 15-17).

3.3 - V. 15 — Ceux qui sont morts et ceux qui sont vivants lors de Sa venue

Avant de parler de la manière dont il viendra, je voudrais attirer l’attention sur les deux groupes de croyants que mentionne l’apôtre. De nombreux saints pourront mourir avant la venue du Seigneur ; beaucoup sont morts, ils sont partis pour être avec Christ ; et il est très remarquable que, dans l’Écriture, nous n’ayons aucune description de l’état de ceux qui sont partis pour être avec Christ. Nous savons seulement qu’ils sont avec Lui. Bénédiction suffisante, assurément ! Nous n’avons aucune description, ni aucun détail de leur condition. Il est dit : « Absents du corps, présents avec le Seigneur » ; « Déloger et être avec Christ, cela est de beaucoup meilleur ». La seule chose que nous savons au sujet des millions de saints qui sont décédés, c’est qu’ils sont avec Christ, ce qui est de beaucoup meilleur. Ah, c’est de beaucoup meilleur ! Nous n’avons aucune description de leur état de béatitude ; la seule chose que nous savons, je le répète, c’est qu’ils sont maintenant avec le Seigneur. Or, bien-aimés, beaucoup d’entre nous pourraient mourir, nous ne le savons pas ; nous sommes ensemble ici ce soir. D’ici une semaine, il se pourrait que certains d’entre nous s’en aillent pour être avec le Seigneur, mais si nous mourons, nous partons pour être avec Lui. La mort a perdu son caractère, la mort est à nous. Certains d’entre vous ont probablement veillé au chevet d’un saint mourant. Je l’ai souvent fait, et la chose la plus merveilleuse qui m’est apparue en veillant ainsi, c’est que dès le dernier battement de cœur, cette âme est auprès du Seigneur. Cela montre non seulement le triomphe du Seigneur sur la mort, mais aussi Son triomphe sur la mort dans les saints, de sorte qu’au chevet des mourants, vous dites : « Ils sont partis ». Ah ! il vaut mieux dire : « Ils sont avec le Seigneur ». Il n’y a pas d’intervalle, car, je le répète, la mort n’existe plus pour le croyant. « Il est mort », dirons-nous peut-être ; non, il dort. Un jour, quelqu’un a écrit à M. Wigram quand il vivait à Londres : « Vous serez attristé d’apprendre que notre chère sœur Untel est décédée ». Il répondit : « Décédée ! Non, elle est partie vers une vie plus remplie. Je ne peux concevoir que notre sœur soit morte, elle vit comme elle n’a jamais vécu auparavant ». Bien-aimés, si nous sommes appelés à mourir, ce n’est que pour fermer les yeux sur cette scène et les ouvrir, je dirais, en présence du Seigneur.

Mais il y a un autre groupe : ceux qui ne mourront pas. L’apôtre parle de ceux qui sont en vie et qui demeurent, à la venue du Seigneur. Si le Seigneur vous demandait ce que vous choisiriez, que répondriez-vous ? La bonne réponse serait, bien sûr : « Seigneur, comme Tu le voudras ». En parcourant les papiers de ce cher M. Wigram, je suis tombé sur un document dans lequel il dit : « Si je savais que le Seigneur venait aujourd’hui à 15 h 30, j’aimerais mourir à 14 h 30, car j’aimerais passer par la mort parce que le Seigneur lui-même l’a traversée. J’aimerais vivre toutes les expériences que le Seigneur a vécues, bien que, bien sûr, personne ne puisse goûter à la mort comme l’a fait le Seigneur Jésus ». Quoi qu’il en soit, plusieurs resteront jusqu’à la venue du Seigneur, et nous en ferons peut-être partie. Nous ne le savons pas, et c’est une bénédiction pour nous qu’il en soit ainsi. Certains d’entre nous resteront peut-être jusqu’à la venue du Seigneur, car, d’après ce qu’enseigne l’Écriture, entre le moment présent et le retour du Seigneur Jésus, rien n’est indiqué. Il se peut donc qu’Il vienne à tout moment, et nous ne devrions jamais oublier l’imminence du retour du Seigneur, afin que nous vivions chaque jour en L’attendant.

3.4 - V. 16-17 — Déroulement de Sa venue

Je dirai maintenant un mot sur la manière dont le Seigneur viendra. « Car le Seigneur lui-même avec un cri de commandement descendra du ciel ». Dans les textes classiques, nous retrouvons le même mot, pour “rassembler les soldats” ; c’est un cri pour rassembler ceux qu’Il vient chercher. Ensuite, nous avons la voix de l’archange, c’est l’expression de Sa puissance ; troisièmement, la trompette de Dieu. En 1 Corinthiens 15, nous trouvons la dernière trompette, mais ici, il est simplement question de “la trompette de Dieu”. C’est le signal de la marche – pour être enlevés par la puissance divine afin de rencontrer le Seigneur dans les airs. Ainsi, le Seigneur peut venir à tout moment ; mais souvenez-vous de ceci : quand nous parlons ici de sa venue, il ne s’agit pas de la venue publique de Christ ; le monde n’en saura rien, il n’entendra pas le cri de commandement de Christ, les saints qui sont vivants ne l’entendront pas non plus. Le cri s’adresse à ceux qui sont morts, pour les rassembler avant qu’ils ne soient enlevés avec les saints vivants. C’est la première chose qui se produira lorsque le Seigneur reviendra : tous les saints qui sont morts seront tirés de leurs tombeaux. Et notez ce qui suit : « Puis nous, les vivants qui demeurons, nous serons ravis ensemble avec eux dans les nuées à la rencontre du Seigneur en l’air ; et ainsi nous serons toujours avec le Seigneur » (v. 17).

Or, une autre chose n’est pas mentionnée dans ce passage. Je vous renvoie à 1 Corinthiens 15 pour avoir la vérité complète. Il est dit : « Nous ne mourrons pas tous, mais nous serons tous changés… Car il faut que ce corruptible revête l’incorruptibilité, et que ce mortel revête l’immortalité. Or quand ce corruptible aura revêtu l’incorruptibilité, et que ce mortel aura revêtu l’immortalité, alors s’accomplira la parole qui est écrite : « La mort a été engloutie en victoire » ». Quel moment ce sera ! Nous qui serons vivants et qui demeurons, nous serons transformés ; une puissante vague de vie de résurrection passera sur nous, tout ce qui est mortel et tout ce qui est corruptible disparaîtra de nous, et chacun sera semblable au Seigneur. Cela peut se produire à tout moment. Si le Seigneur devait revenir pendant que je parle de Lui ici ce soir, cette vague de vie de résurrection passerait sur chaque saint, et nous aurions des corps semblables à celui du Seigneur. La déclaration que nous avons ici est donc merveilleuse. Notez ensuite ce mot qui montre la force du passage : « nous serons ravis » (v. 17). Les morts sont ressuscités, les vivants, transformés, et ils sont enlevés ensemble dans les nuées à la rencontre du Seigneur dans les airs. Quelle chose merveilleuse ! Ici, c’est aussi clair que possible ; alors se produira ce dont nous avons parlé au début. L’apôtre dit : « Si nous croyons que Jésus mourut et qu’il est ressuscité, de même aussi, avec lui, Dieu amènera ceux qui se sont endormis par Jésus. » Les saints ont été enlevés dans les nuées à la rencontre du Seigneur en l’air ; ils sont avec Lui, et au moment voulu, Il reviendra avec tous ceux qui ont été enlevés pour être avec Lui.

Je dirai un mot concernant le fondement sur lequel tout cela repose. Cette simple déclaration en est la base : « Si nous croyons que Jésus mourut et qu’il est ressuscité » (v. 14). C’est par la mort qu’Il détruisit celui qui avait le pouvoir de la mort, « et qu’Il délivrât tous ceux qui, par la crainte de la mort étaient, pendant toute leur vie, assujettis à la servitude ». Christ a remporté une victoire totale sur toute la puissance de l’ennemi, par Sa mort ; Il est Le Vainqueur qui est ressuscité d’entre les morts ; et pas seulement pour Lui-même, car il est mort aussi pour son peuple ; il est donc le Vainqueur de la mort et du tombeau pour vous et moi. Ainsi, tout repose sur la mort et la résurrection du Seigneur Jésus, c’est là le grand fondement sur lequel reposent nos âmes. Nous savons donc que si Christ est mort et est ressuscité, nous aussi, si nous mourons, nous serons ressuscités hors du tombeau. La résurrection des saints suit la résurrection de Christ, comme le dit l’apôtre : « les prémices, Christ ; puis ceux qui sont du Christ, à sa venue. » Il nous a délivrés de la puissance de l’ennemi, et Il nous tient dans ses mains, de sorte que si nous mourons, sa main nous prendra dans la tombe, nous en serons ressuscités, nos corps seront transformés, et nous serons comme Lui.

Je ne peux concevoir de chose plus merveilleuse qui ait une influence sur nous. Nous en avons besoin. Nous vaquons à nos occupations, nous travaillons, nous nous laissons envahir par les soucis de cette vie, nous oublions la merveilleuse perspective qui est devant nous ; et nous devenons mondains. Comment pouvons-nous l’être si nous attendons la venue de Christ ? Comment pouvons-nous nous adonner aux divertissements mondains si nous attendons la venue du Seigneur Jésus ? Non ! Nous devrions dire : le Seigneur pourrait venir au milieu de tout cela ! Alors, comme le dit Pierre : « Étudiez-vous à être trouvés sans tache et irréprochables devant lui, en paix ».

3.5 - Sa venue et Son apparition

Je voudrais maintenant dire un mot sur le lien qu’il y a entre sa venue et son apparition. Quand nous sommes enlevés dans les nuées à la rencontre du Seigneur en l’air, nous entrons au ciel avec Lui. Le premier acte de Christ, quand nous sommes enlevés, est de nous introduire dans la maison du Père. Puis, si nous entrons avec Lui, nous en sortons avec Lui, et, bien-aimés, si j’aime l’apparition de Christ, je me réjouirai à la perspective de Sa sortie ; pourquoi ? Si je pense à l’enlèvement des saints, je pense nécessairement à ce que j’obtiens, mais quand je pense à l’apparition, je pense à ce que Lui obtiendra. N’est-ce pas une joie pour nous de nous rappeler que dans ce lieu même où Il a été crucifié et rejeté, Il triomphera et fera valoir Ses droits là même où Il a été rejeté ? Il a dit : « Et moi, si je suis élevé de la terre, j’attirerai tous les hommes à moi-même » ; cela ne sera pas accompli avant qu’Il ne revienne ; alors chacun se prosternera devant Lui, et toute langue confessera qu’Il est Seigneur, à la gloire de Dieu le Père. De plus, si je limite mes pensées à l’enlèvement, je ne saisis pas la portée de l’Écriture, et je n’entre pas en communion avec le cœur de Dieu. Souvenez-vous que l’univers entier doit être rempli de la gloire de Dieu, il doit devenir un univers de félicité. Comment cela s’accomplira-t-il ? Uniquement par Christ venant avec ses saints ; l’univers entier sera alors selon la pensée de Dieu. Alors, tout résonnera à la louange de Dieu dont le dessein était que tout, dans les cieux et sur la terre, soit soumis à Christ. Cette merveilleuse perspective de voir tout, dans les cieux et sur la terre, soumis à Christ, devrait réjouir nos cœurs ; Il est Suprême, et il conservera cette suprématie jusqu’à la fin du royaume, puis, comme nous le voyons en 1 Corinthiens 15, Il remettra le royaume. Il aura tout soumis à Lui-même, tout aura été mis sous Ses pieds, et quand tout sera consommé, alors, Il remettra le royaume qu’Il a conquis et sur lequel Il a régné, afin que Dieu soit tout en tous.

Avant de conclure, notons une chose remarquable : dans les Écritures, on ne trouve aucun récit de Christ dans l’éternité. Non ; nous savons qu’Il est dans l’éternité, mais son dernier acte que nous connaissons dans les Écritures, est de remettre le royaume à Dieu et au Père, afin que Dieu soit tout en tous. En disant cela, rappelez-vous seulement que lorsque le mot “Dieu” apparaît de manière absolue dans l’Écriture, il inclut le Père, le Fils et le Saint-Esprit. Pourquoi Christ n’est-il donc pas mentionné ? Pourquoi n’avons-nous aucune description de Lui dans l’éternité ? Le seul récit détaillé que nous ayons de l’éternité se trouve en Apocalypse 21:1-8. Là, il est mention de “Dieu”, mais pas du Seigneur Jésus. Pourquoi ? parce qu’Il est premier-né entre plusieurs frères. Lorsqu’Il est venu sur la terre, Il s’est fait homme, et Il reste homme à toujours. Ainsi, Il se tiendra parmi Ses rachetés en tant que premier-né de tous ceux qui sont conformes à Son image, de sorte que dans l’éternité, Il sera toujours avec nous et nous nous réjouirons toujours de Sa présence. Dieu sera la joie de son cœur, comme des nôtres ; et en contemplant les multitudes des rachetés de tous les temps, il verra le fruit du travail de son âme et sera satisfait.

3.6 - L’apparition du Seigneur au chapitre 5

Je ne peux pas aborder le chapitre suivant, mais je vais en souligner le lien afin que vous puissiez le comprendre. Les cinq premiers versets font référence à l’apparition de Christ – le jour du Seigneur. Le jour du Seigneur inaugure le règne de Christ. Il revêt toujours un aspect de jugement, car lorsqu’il s’instaure, Christ mettra fin à tout ce qui s’oppose à Dieu. C’est la première partie du règne de Christ : Il vient pour juger. Si vous lisez Ésaïe 2, vous verrez que le jour du Seigneur s’oppose à tout ce qui s’élève contre la suprématie de Dieu. Tout ce qui s’oppose à Dieu subira le jugement, puis viendra le jour de Christ où tout Lui sera soumis. Ainsi, l’apôtre nous rappelle ici que, si le jour du Seigneur viendra comme un voleur sur ceux qui ne veillent pas, c’est-à-dire sur les non-convertis ici-bas, néanmoins, il dit : « Mais vous, frères, vous n’êtes pas dans les ténèbres, en sorte que ce jour vous surprenne comme un voleur, car vous êtes tous des fils de la lumière et des fils du jour ; nous ne sommes pas de la nuit ni des ténèbres » (v. 4-5). Puisque nous sommes les fils du jour, nous devons vivre selon le jour auquel nous appartenons, car les caractères moraux de ce jour doivent se manifester dans les saints de Dieu, et par eux. Puis suivent des exhortations qui en découlent : « Ainsi donc ne dormons pas comme les autres, mais veillons et soyons sobres ; car ceux qui dorment, dorment la nuit, et ceux qui s’enivrent, s’enivrent la nuit ; mais nous qui sommes du jour, soyons sobres, revêtant la cuirasse de la foi et de l’amour, et, pour casque, l’espérance du salut ; car Dieu ne nous a pas destinés à la colère, mais à l’acquisition du salut par notre seigneur Jésus Christ » (c’est-à-dire, un salut complet et définitif lors de sa venue) « qui est mort pour nous, afin que, soit que nous veillions, soit que nous dormions, nous vivions ensemble avec lui » (v. 6-10).

3.7 - Consolation

Maintenant, un mot sur la double exhortation du verset 11 : « C’est pourquoi exhortez-vous l’un l’autre et édifiez-vous l’un l’autre ». Bien-aimés, comme je vous l’ai dit, beaucoup de saints sont décédés, et si nous sommes tentés de les pleurer, l’apôtre nous donne ces paroles de la part du Seigneur pour notre consolation, comme il le dit au verset 18 du chapitre 4 : « Consolez-vous donc l’un l’autre par ces paroles ». Sont-ils perdus parce qu’ils sont morts ? Loin de là. Non, comme je vous l’ai dit, leurs esprits sont avec Christ, leurs corps se décomposent dans la tombe, mais nous savons que lorsque le Seigneur viendra, Il les appellera hors de leurs tombes et leur donnera des corps semblables au Sien ; et ce sera le triomphe complet et définitif de Christ en rédemption. En attendant, il s’agit de « se consoler l’un l’autre » ; et nous devons nous édifier l’un l’autre, c’est-à-dire, je crois, nous fortifier mutuellement dans la vérité que l’apôtre nous a présentée. Quelle espérance que d’avoir cette merveilleuse perspective, et pourtant je crains qu’elle ne se soit quelque peu effacée de nos cœurs et de nos esprits. Je sais, hélas ! pour moi-même, combien il est facile de la perdre et de se contenter des choses d’ici-bas ; mais Dieu nous réserve quelque chose de meilleur – nous ne devons pas l’oublier – et nous y serons introduits le moment venu.

Oh, si seulement Dieu agissait de manière à raviver dans tous nos cœurs l’attente de la venue de Christ ! Je crois que cela nous raviverait d’une manière merveilleuse si vous, moi et tous les saints de Dieu étions sous l’étreinte de cette attente. Cela nous délivrerait de la tyrannie des choses présentes, et nos cœurs seraient attirés vers l’endroit où est Christ, et nous découvririons que c’est là notre véritable cercle – là où Il est – et alors nous réaliserions la vérité de ce passage que nous avons lu la semaine dernière : « Car là où est ton trésor, là aussi sera ton cœur ».

Que Dieu nous parle ce soir, bien-aimés, et qu’Il nous réveille pour l’amour de Son Nom.