Prêt ?
- Auteur
- Charles Henry MACKINTOSH
Source : STEM Publishing
Nous voudrions que le lecteur s’arrête quelques instants sur le petit mot “prêt”. Si nous ne nous trompons pas, il découvrira que ce mot est d’une immense profondeur et d’une puissante évocation, tel qu’il est utilisé par le Saint-Esprit dans l’Écriture. Nous allons nous référer à quatre passages dans lesquels notre mot apparaît. Que Celui qui a écrit ces passages daigne les ouvrir et les appliquer avec une puissance et une fraîcheur divines au cœur de l’auteur et du lecteur.
1 - Le salut est prêt
Tout d’abord, nous nous tournerons vers 1 Pierre 1:5, où il est utilisé en relation avec le mot “salut”. Il est dit des croyants qu’ils sont « gardés par la puissance de Dieu par la foi, pour un salut qui est prêt à être révélé au dernier temps ».
Il nous est donc enseigné ici que le salut est prêt à être révélé dès maintenant, car nous sommes dans “les derniers temps”, comme Jean nous le dit. Il est à noter que le mot salut, tel qu’il est utilisé ici, ne doit pas être limité à la simple question de la délivrance de l’âme, de l’enfer et de la perdition : il évoque plutôt la délivrance du corps du croyant, du pouvoir de la mort et de la corruption. En bref, la délivrance englobe tout ce qui se rapporte de près ou de loin à l’apparition glorieuse de notre Seigneur et Sauveur Jésus-Christ. Nous possédons déjà le salut de nos âmes, comme il nous est dit dans le contexte même d’où est tiré notre texte. « C’est pourquoi, ayant ceint les reins de votre entendement et étant sobres, espérez parfaitement dans la grâce qui vous sera apportée à la révélation de Jésus-Christ » (v. 13).
Nous apprenons ainsi clairement que le “salut prêt à être révélé” est lié à “la révélation de Jésus-Christ”. Ceci est confirmé, s’il en était besoin, par Hébreux 9:28, où nous lisons : « Ainsi le Christ aussi, ayant été offert une fois pour porter les péchés de plusieurs, apparaîtra une seconde fois, sans péché, à salut à ceux qui l’attendent ».
De ceci, nous apprenons que le salut qui est prêt à être révélé, le sera à la seconde venue de notre Seigneur Jésus-Christ. Pour cela, il nous est dit que nous, chrétiens, nous devons l’attendre à tout moment. Du côté de Dieu, de l’œuvre de Christ et du témoignage du Saint-Esprit, il n’y a littéralement rien qui puisse nous empêcher d’entendre “la voix de l’archange et la trompette de Dieu” cette nuit même, ou à cette heure même. Tout ce qui devait être fait, est fait. L’expiation est faite, la rédemption est accomplie, Dieu a été glorifié par l’œuvre de Christ, comme le prouve la place actuelle de Christ sur le trône de la Majesté dans les cieux. Dès l’instant où notre Seigneur Christ a pris place sur ce trône, il a toujours pu être dit que “le salut est prêt à être révélé”.
Mais cela n’aurait pas pu être dit auparavant. Il ne pouvait être dit que le salut était prêt avant que les bases divines n’aient été posées dans la mort et la résurrection du Sauveur. Mais quand cette œuvre, la plus glorieuse de toutes les œuvres, fut accomplie, il pouvait être dit à tout moment : “le salut est prêt à être révélé”. « L’Éternel a dit à mon Seigneur : Assieds-toi à ma droite, jusqu’à ce que je mette tes ennemis pour le marchepied de tes pieds » (Ps. 110:1).
2 - Le jugement est prêt
L’apôtre Pierre nous donne un autre exemple et une autre application du mot “prêt” en 1 Pierre 4:5, où il fait référence à certains « qui rendront compte à Celui qui est prêt à juger les vivants et les morts ».
Ici, ce mot se présente à nous dans une terrible solennité. S’il est vrai, d’une part, que le salut est prêt à être révélé pour la joie éternelle des rachetés de Dieu, il est également vrai, d’autre part, que le jugement est prêt à suivre son cours, pour la misère éternelle de ceux qui négligent le salut que Dieu offre. [Quant au sujet solennel du châtiment Éternel, nous renvoyons simplement le lecteur à trois passages de l’Écriture qui en établissent la vérité de manière irréfutable : Marc 9:43-48, le feu est inextinguible, et le ver ne meurt jamais ; Luc 16:26, un grand gouffre est établi ; Jean 3:36, la colère de Dieu demeure]. L’un est aussi vrai, aussi vif, et aussi fort que l’autre. De même que pour le salut, il n’y a rien à attendre avant le jugement. Le jugement est aussi “prêt” que le salut.
Dieu est allé jusqu’au bout pour démontrer sa grâce, et l’homme est allé jusqu’au bout pour démontrer sa culpabilité. L’un et l’autre ont atteint leur point culminant dans la mort de Christ ; et quand nous le voyons assis sur le trône, couronné de gloire et d’honneur, nous avons-là la preuve la plus puissante qui puisse être donnée, qu’il ne reste rien avant que le salut ne soit révélé d’une part, et que le jugement ne suive son cours d’autre part.
Il s’ensuit que l’homme n’est plus en période probatoire. C’est une grande erreur de le penser. Cela fausse toute la position et l’état de l’homme. Si je suis en période probatoire, si Dieu me teste encore, s’il cherche encore à vérifier si je suis bon à quelque chose et si je suis capable de produire du fruit pour lui, alors il n’est pas et ne peut être vrai “qu’il est prêt à juger”. La nature n’est pas mûre pour le jugement tant qu’un processus probatoire est en cours et qu’il y a encore quelque chose à attendre avant que le jugement puisse suivre son cours.
Mais non, nous sommes obligés d’insister sur le fait que votre période probatoire est terminée pour toujours, et que la période de la longanimité de Dieu est presque terminée. Il est de la plus haute importance de saisir cette vérité. Elle est à la base même de la position du pécheur. Le jugement est imminent. Il est “prêt”, en cet instant même, à tomber sur la tête de ceux qui ne se sont pas repentis – du lecteur de ces lignes, s’il en fait partie. Toute l’histoire de la nature humaine – de l’homme, du monde – est terminée pour toujours. La croix de Christ a rendu parfaitement manifeste la culpabilité et la ruine de la race humaine. Elle a mis fin à la période probatoire de l’homme ; et depuis cette heure solennelle jusqu’à maintenant, la véritable position du monde dans son ensemble, et de chaque pécheur – homme et femme – est celle d’un accusé jugé, déclaré coupable et condamné, mais la sentence n’a pas été exécutée. Telle est la terrible position actuelle du lecteur non converti et non croyant.
Cher ami, n’y pensez-vous pas ? Chère âme immortelle, n’allez-vous pas, en cet instant même, porter toute votre l’attention sur cette question éternelle ? Nous devons parler franchement et sans détours. Nous ressentons, dans une mesure, la gravité de l’état et de la destinée du pécheur, à la lumière de ces mots lourds de sens, “prêt à juger”. Nous sommes convaincus qu’en cet instant même, nous devons parler avec sérieux et fidélité à nos lecteurs. Dieu nous est témoin que nous ne voulons pas écrire des essais ou des sermons ; nous voulons atteindre les âmes. Nous voulons que le lecteur soit assuré qu’il ne lit pas un article sur un sujet religieux préparé pour quelque but littéraire, mais un appel solennel à son cœur et à sa conscience dans la présence même de « Celui qui est prêt à juger les vivants et les morts ».
3 - Sommes-nous prêts
Mais ceci nous amène au troisième passage de la Sainte Écriture dans lequel se trouve notre sujet poignant. Le lecteur le trouvera en Luc 12:40 : « Vous donc aussi soyez prêts ; car, à l’heure que vous ne pensez pas, le Fils de l’homme vient ».
Si le salut est “prêt” à être révélé, et si le jugement est “prêt” à être exécuté, qu’avons-nous à faire sinon d’être “prêts” aussi ?
Et en quoi consiste cette préparation ? Comment devons-nous être prêts ? Il nous semble que deux points sont inclus dans la réponse.
Premièrement, nous devons être “prêts” en titre(*) ; et, deuxièmement, nous devons être “prêts” quant à notre état moral – prêts dans la conscience et dans le cœur. Un point est fondé sur l’œuvre de Christ pour nous ; l’autre est lié à l’œuvre de l’Esprit en nous. Si nous nous reposons simplement par la foi sur l’œuvre de Christ achevée, si nous nous appuyons exclusivement sur ce qu’Il a fait et ce qu’Il est, alors nous sommes en vérité prêts en titre(*), et nous pouvons être assurés d’être avec Lui quand Il viendra.
(*) NdT : le titre d’enfant de Dieu
Mais, d’autre part, si nous nous appuyons sur notre supposée bonté, sur une quelconque justice que nous pensons posséder, sur le fait de n’avoir fait de mal à personne, de n’être pas pire que certains de nos voisins, sur le fait d’appartenir à l’église, sur le fait que nous prêtons attention aux ordonnances de la religion ; si nous nous appuyons sur l’une ou l’autre de ces choses, ou si nous ajoutons ces choses à Christ, alors nous pouvons être assurés que nous ne sommes pas prêts en titre, pas prêts en conscience. Dieu ne peut accepter absolument aucun autre titre que Christ. Apporter autre chose, c’est déclarer que Christ n’est pas nécessaire, ou qu’il ne suffit pas. Mais Dieu a rendu de nombreux témoignages au fait que nous ne pouvons nous contenter de rien de moins, et que nous ne voulons rien de plus, que Christ. C’est pourquoi, Christ est notre titre absolument essentiel et suffisant.
Mais, il peut arriver que l’on puisse professer être prêt en titre, alors que l’on n’est pas prêt moralement ou pratiquement. Cela exige notre plus grande attention. A l’heure actuelle, de nombreuses professions évangéliques peuvent plaire. L’atmosphère est imprégnée des rayons de la lumière évangélique. Les ténèbres du Moyen Âge ont été chassées par la clarté du libre évangile et de la Bible rendue accessible.
Nous sommes reconnaissants que l’évangile soit libre et que la Bible soit accessible. Mais nous ne pouvons pas fermer les yeux sur le fait que la profession évangélique du jour est caractérisée par un terrible laxisme, par l’insoumission à la Parole et par une propre satisfaction. Nous notons avec la plus grande crainte que beaucoup de jeunes croyants ont, ou semblent avoir, intellectuellement, une vision très claire de la vérité quant au titre de pécheur, mais, si nous en jugeons par leur style, leur comportement et leurs habitudes, ils ne sont pas “prêts” moralement – quant à l’état réel de leur cœur. Il nous arrive parfois, nous l’avouons, d’être tristes et abattus quand nous voyons nos jeunes amis se parer des vaines modes d’un monde vain et pécheur ; se nourrir de viles lectures sortant de la presse avec une profusion effrayante ; chanter de vaines chansons et avoir de légères et frivoles conversations. Il est impossible de concilier cela avec « Vous donc aussi soyez prêts ».
Quelqu’un dira peut-être que ces choses sont extérieures et que l’essentiel est d’être occupé de Christ. D’autres diront : « Si Christ est dans notre cœur, peu importe ce que nous avons sur la tête ou dans les mains ». À cela, nous répondons : « Si Christ est vraiment dans notre cœur, il régit ce que nous mettons sur notre tête et ce que nous prenons dans nos mains ; il exerce une influence manifeste sur notre conduite et notre caractère ».
Nous aimerions poser cette question à certains de nos jeunes amis : « Voudriez-vous que le Seigneur Christ vous trouve en train de lire un mauvais livre ou de chanter un chant mondain ? Nous sommes sûrs que vous ne le voudriez pas. Alors, au nom du Seigneur, veillez à ne pas vous engager en rien qui ne soit conforme à l’état d’être “prêt”.
Nous insistons particulièrement sur ce point auprès du jeune lecteur chrétien. Que cette question soit toujours devant nous : Suis-je prêt ? – prêt quant à mon titre, prêt quant à mon état, prêt quant à ma conscience, prêt quant à mon cœur ? Les temps sont vraiment très solennels, et il nous incombe de penser sérieusement à notre véritable état. Nous sommes persuadés que parmi nous, il manque réellement un exercice de cœur et de piété. Nous craignons que beaucoup – Dieu seul sait combien – ne soient pas prêts ; beaucoup seraient décontenancés et terriblement surpris par la mort ou la venue du Seigneur. Ceux qui occupent le plus haut niveau de la profession disent et font des choses que nous ne nous permettrions pas si nous recherchions vraiment le Seigneur.
Dieu veuille que le lecteur sache ce que c’est que d’être prêt quant au titre et quant à l’état moral ; qu’il ait une conscience purifiée et un cœur vraiment exercé. Alors il pourra entrer dans le sens du quatrième et dernier passage sur lequel nous appelons son attention. Il se trouve en Matthieu 25:10.
4 - La porte va être fermée
« Or comme elles [les vierges folles] s’en allaient pour en acheter [de l’huile], l’époux vint ; et celles qui étaient prêtes entrèrent avec lui aux noces ; et la porte fut fermée ».
Combien c’est solennel – très solennel ! Ceux qui étaient prêts sont entrés, et ceux qui ne l’étaient pas ont été exclus. Ceux qui ont la vie en Christ, qui sont habités par le Saint-Esprit, seront prêts. Mais le simple professant – celui qui a la vérité dans la tête et sur les lèvres, mais pas dans le cœur ; qui a la lampe de la profession, mais pas l’Esprit de vie en Christ – sera exclu dans les ténèbres de dehors – dans la misère et l’obscurité éternelles de l’enfer.
En prenant solennellement congé de vous, nous vous posons cette question au plus profond de votre âme : « Êtes-vous prêt ? ».
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