Une leçon sur la séparation
- Auteur
- W. H. WESTCOTT
L’auteur met en lumière que la réalisation de nos bénédictions est liée à notre séparation pour Dieu.
Source : STEM Publishing
Extrait du magazine “Scripture Truth”, volume 20, 1928, page 261.
Lévitique 18:2-3 :
« Moi, je suis l’Éternel, votre Dieu. Vous ne ferez pas ce qui se fait dans le pays d’Égypte où vous avez habité, et vous ne ferez pas ce qui se fait dans le pays de Canaan où je vous fais entrer, et vous ne marcherez pas selon leurs coutumes ».
Lévitique 20:24-26 :
« Moi, je suis l’Éternel, votre Dieu, qui vous ai séparés des peuples ».
Ce « que j’ai séparé, le déclarant impur ».
« Je vous ai séparés des peuples, pour être à moi ».
Commençons par une ou deux remarques générales. En Lévitique 18:1-5, sont regroupées certaines instructions concernant les pays d’Égypte et de Canaan.
En Exode 20:2 et Deutéronome 4:6, le pays d’Égypte est caractérisé comme une maison de servitude. Les Égyptiens ne le vivaient peut-être pas ainsi, mais le peuple dans lequel Dieu œuvrait pour le bénir l’a trouvé tel. La miséricorde de Dieu les en a fait sortir. L’Exode a été pour eux un changement de condition complet. Au lieu d’être en Égypte et dans la servitude, ils ont été amenés à Dieu comme son peuple racheté.
Canaan, le pays ruisselant de lait et de miel, était, par excellence, une terre de bénédiction, le territoire promis à Abraham et à sa descendance.
D’un côté, la délivrance les soustrayait à leur esclavage, de l’autre, elle les amenait à jouir du pays que l’Éternel s’était proposé pour eux.
En Lévitique 20:22-26, qui parle de l’héritage du pays, nous voyons que la séparation avait pour but :
- la bénédiction que Dieu avait déterminée pour eux (v. 24).
- la pureté et la sainteté du peuple de Dieu, déjà enrichi (v. 25).
- un fervent et total dévouement au Seigneur.
Je me propose d’aborder ces trois points et de les présenter à nos esprits cet après-midi. Nous avons été délivrés de l’esclavage en vue de notre bénédiction, afin d’être saints comme Lui est saint, et afin que nos cœurs soient tellement sous l’influence de Sa grâce et de Son amour, que c’est une vraie liberté d’être pour Lui et pour Son seul plaisir.
1 - La séparation en vue de nos bénédictions
1.1 - Dieu nous sépare du monde
Sur le seul plan de l’obligation, le peuple de Dieu racheté devrait être entièrement séparé de toute autre influence pour plaire à Dieu. À maintes reprises – environ vingt-cinq fois, je crois – en Lévitique 18, 19 et 20, l’accent est mis sur le fait que Celui qui leur parlait était l’Éternel, leur Dieu. La juste perception de son Être et de la faveur souveraine qu’Il leur accordait, devait les conduire à chercher à Lui plaire, et à se tenir absolument à l’écart de tout ce qui n’était pas Sa volonté pour eux. Dieu ne les avait pas fait sortir d’Égypte pour être une foule désordonnée, ni pour qu’ils choisissent eux-mêmes la meilleure façon d’ordonner leurs étapes ; ils devaient être une nation unie sous Son règne et Sa direction. Celui qui les avait délivrés leur avait promis de leur donner le pays de bénédiction et d’y faire entrer la nation.
Quant à nous-mêmes, autrefois pécheurs des nations, nous étions sous l’esclavage de Satan, mais nous avons été délivrés par la mort et l’aspersion du sang de Christ, et amenés à Dieu. Si nous regardons en arrière, nous sommes stupéfaits de la quantité de mal et de péché que nous avons accumulée avant notre conversion. Dieu seul sait ce que nous serions devenus s’Il ne nous avait pas arrêtés et s’Il n’était pas intervenu. Mais Il nous a fait sortir de l’esclavage. Nous étions devenus misérables dans notre péché et à cause de nos péchés ; la vue de notre misère était odieuse, nous voulions fuir de nous-mêmes, et échapper au jugement de Dieu qui était mérité. Grâce à Dieu, nous avons été libérés. En Christ, nous avons trouvé l’antitype de la Pâque et de la mer Rouge. Pour nous, dans la mort de l’Agneau pascal, le jugement de Dieu est passé ; la puissance de Satan et nos liens avec le monde, sphère de la puissance de Satan, ont été brisés dans la délivrance de la mer Rouge, par la mort et la résurrection de Christ. Nous découvrons que nous sommes le peuple de Dieu, rachetés selon ses plans et par son œuvre ; amenés à Dieu, sujets de sa faveur et de son amour éternel, en Jésus-Christ notre Seigneur.
1.2 - Le but de Dieu pour nous
Mais ce n’est pas tout. Il a un plan pour nous. Si le ciel, la maison du Père et la gloire avec Christ sont notre ultime destinée, je pense que nous devons considérer le pays de Canaan, tel qu’il a été donné à Israël, comme le type ou l’image des bénédictions dont Dieu veut que nous jouissions maintenant. De même qu’il y a un pays dont nous avons été délivrés, il y a un pays qui nous a été donné pour que nous le possédions et en jouissions présentement. Le Seigneur Jésus, qui est mort ici-bas, est retourné au ciel. Après avoir conquis nos cœurs par son amour manifesté dans sa mort, il a envoyé le Saint-Esprit. Son but est de nous attirer à lui, en esprit, et nous faire prendre conscience de toute la bénédiction céleste qu’il nous a acquise, même si nous sommes encore physiquement sur la terre.
Maintenant, l’application présente en est la suivante. Si l’Église avait pris pleinement possession de son appel céleste de manière pratique, si elle n’avait pas failli et ne s’était pas éloignée, la vie céleste de notre Chef et Seigneur ressuscité aurait coulé sans entrave à travers ceux qui lui sont associés ici-bas ; la sainteté, l’unité et l’amour auraient tout marqué de leur empreinte. La puissance de Satan aurait été vaincue malgré son opposition déterminée ; les bénédictions célestes et l’appel céleste auraient été réalisés ici-bas. Tout comme Israël aurait été une nation pour le plaisir de Dieu et ses vrais témoins sur la terre, s’ils avaient accompli sa volonté, l’Église aurait été une expression étonnante de la beauté, de l’amour et de la pureté de Christ, ici-bas, et un témoin puissant et béni de la grâce de Dieu pour le monde, pendant le temps de l’absence de Christ et de son rejet.
1.3 - Les dangers dans le chemin
Mais Israël a failli. Il y avait deux pièges principaux, l’idolâtrie et l’iniquité. À l’époque de Samuel, un troisième piège apparut, celui de vouloir être comme les autres et d’avoir un chef en vue, autre que l’Éternel. L’Éternel avait dit qu’ils ne devaient pas imiter les pratiques du pays d’Égypte, certes, mais il avait également ajouté : « vous ne ferez pas ce qui se fait dans le pays de Canaan où je vous fais entrer » (Lév. 18:3).
Les “pratiques du pays de Canaan” ont en fait varié au fil du temps. La première confrontation a eu lieu quand la nation est entrée dans le pays, du temps de Josué, chassant les méchants habitants. Il suffit de connaître la bassesse de vie de ceux-ci pour comprendre à quel point Dieu a agi avec justice, en ordonnant l’extermination de ces hommes sur la terre. Mais à mesure que les générations d’Israélites se succédaient, elles eurent différentes confrontations dans le “Canaan” de leur époque. Citons, par exemple, l’époque des Juges à laquelle je reviendrai dans un instant, ou encore l’époque de Roboam, où de terribles divisions suivirent les jours plus heureux de David et Salomon. Le peuple dut choisir entre le centre divin (et le faible témoignage qui y était associé) et des centres qui n’étaient pas divins (1 Rois 12). Plus tard encore, aux temps d’Osée (2 Rois 17), quand les dix tribus rebelles et idolâtres furent chassées et remplacées par les “Samaritains”, quel mélange s’ensuivit ! Et à quelles “pratiques du pays de Canaan” les Israélites fidèles durent-ils désormais faire face ! Plus tard encore, quand Juda échoua à son tour et fut emmené en captivité, mais que, grâce à la bonté fidèle de Dieu, un résidu fut ramené, “les pratiques du pays de Canaan” restèrent un danger et un piège pour eux. Enfin, quand le Fils de Dieu parut, combien le chemin de ses disciples fut particulier, lorsque ces “pratiques” culminèrent dans son rejet et sa crucifixion !
Ces différentes phases ont des leçons à nous enseigner et indiquent les difficultés que nous rencontrons en prenant pied spirituellement sur le terrain divin. Nous devons d’abord apprendre quel est le dessein de Dieu pour nous, et l’appel céleste qui nous associe au Christ ressuscité et céleste. Satan luttera de toutes ses forces contre cela. Dès qu’il trouve un chrétien désirant entrer dans le plan de Dieu pour lui et en jouir pleinement (ne se bornant pas à son salut individuel, mais étant déterminé à faire ici-bas la volonté et le plaisir de Dieu, dans la pleine lumière de la position céleste et glorieuse de Christ), Satan mettra tout en œuvre pour le détourner, le décourager et s’opposer à lui.
Hélas ! Beaucoup de chrétiens sont confrontés à la deuxième phase, celle du livre des Juges. En bref, après la mort de Josué et des anciens qui lui ont survécu, le premier signe de perte de contact avec Dieu a été un relâchement dans la conquête du pays (voir Juges 1:19, 21, 27, 29, 30, 31, 33). L’Éternel était avec ceux qui avançaient (v. 2, 4, 19, 22), mais il est solennel de voir que beaucoup faiblissaient. La ténacité croissante de l’ennemi se voit dans sa détermination à tenir pied au milieu d’eux : « il ne déposséda pas les habitants de la vallée, parce qu’ils avaient des chars de fer » (v. 19) ; « le Cananéen voulut habiter dans ce pays-là » (v. 27) ; « il ne le déposséda pas entièrement » (v. 28) ; « le Cananéen a habité au milieu d’eux à Guézer » (v. 29). Il en va de même au verset 30. Et hélas, cela continue : « L’Asérite a habité au milieu des Cananéens…car il ne les déposséda pas » (v. 32), et « Nephthali … a habité au milieu des Cananéens, habitants du pays » (v. 33). Enfin, « les Amoréens repoussèrent dans la montagne les fils de Dan, car ils ne leur permirent pas de descendre dans la vallée » (v. 34) – position humiliante pour Israël, équivalant à une défaite, et laissant une frontière intacte pour l’ennemi.
Chers amis, qu’il est triste que notre expérience chrétienne connaisse un temps où les choses commencent à se relâcher, où nous perdons notre enthousiasme et cessons d’avoir soif des choses de Dieu ! Si tel est le cas, je supplie tout frère ou sœur de se placer devant le Seigneur pour en rechercher la cause. Si certains d’entre vous ont cessé de progresser pour saisir leur appel céleste, que Dieu vous arrête, aujourd’hui.
Tout d’abord, nous avons donc le relâchement. En Juges 2:2, nous découvrons la négligence et la désobéissance. Une chose en entraîne une autre. Si vous n’avez pas l’énergie nécessaire pour continuer à apprendre davantage de choses concernant le Seigneur, et si vous négligez sa parole et sa volonté, vous pourrez bientôt tomber dans une franche désobéissance. Puis, le verset 10, montre le pas suivant : l’oubli de ce que le Seigneur avait fait pour Israël. L’idée populaire, aujourd’hui, suggère que nous sommes le summum de toute la sagesse des siècles passés, ce qui nous amène à déprécier ce qui a été fait auparavant et à applaudir ce que nous pensons et faisons. (Quelle grâce que nous nous rappelions constamment, lors de la Cène, de ce que Christ a fait et de ce que Dieu a fait pour nous en Christ !) Mais, quand une génération cède la place à une autre, n’y a-t-il pas le danger de “mépriser” ce que Dieu a enseigné aux saints d’autrefois ?
Peu à peu, à mesure que les Israélites devenaient toujours plus satisfaits d’eux-mêmes, l’Éternel fut entièrement mis de côté. L’étape suivante est l’idolâtrie (v. 11-13). Abandonnant l’Éternel, perdant le sens de la grâce qui les avait délivrés et bénis, ils suivirent, pour ainsi dire, la mode du moment. Baal et Astarté, et toute la débauche sensuelle qui les accompagnait, prirent la place que le Dieu vivant occupait autrefois, et la discipline divine en gouvernement devint de plus en plus forte sur eux. L’Éternel suscitait parfois des juges (v. 16), tout comme, dans sa miséricorde, le Seigneur suscite parfois aujourd’hui des hommes fidèles, pour endiguer le flot et aider son peuple ; et quand il intervenait, il y avait, localement, un exercice de conscience. Mais le verset 19 du chapitre 2 du livre des Juges montre que le déclin se poursuivait. Les juges passaient, et le peuple reprenait sa course. « Ils n’abandonnaient rien de leurs actions et de leur voie obstinée ». C’est un état terrible. Aucune remontrance ne les touchait. Il est grave qu’un homme qui suit une mauvaise voie, qui pèche contre Dieu et égare ses semblables, s’obstine dans cette voie. L’obstination est la dernière étape de ce chapitre. Elle semble mener à juste titre à ce verset solennel, quand le principe d’indépendance fut ouvertement adopté : « En ces jours-là, il n’y avait pas de roi en Israël ; chacun faisait ce qui était bon à ses yeux » (21:25). Dans ce livre effrayant, ce péché couronnait le tout ; parmi le peuple de Dieu, c’était l’apogée, chacun faisait de son propre jugement individuel le critère du bien et du mal, et, notons-le, faisait ce qui était bon à ses yeux ; il n’est pas dit : « chacun faisait ce qu’il savait être mauvais » !
Nous sommes tous susceptibles de commettre le péché de nous éloigner. Tout au long de l’histoire d’Israël, le seul guide immuable, la Parole de Dieu, a toujours suffi à leur montrer la bonne et juste voie. Qu’elle fût proclamée ou écrite, elle était le seul guide sûr pour l’âme fidèle. La négliger était toujours une faiblesse et conduisait inévitablement au désastre ; y prêter attention, s’y soumettre, donner à l’Éternel la place qui lui revenait, signifiait lumière, assistance et restauration. Certaines conditions pouvaient être changées, d’autres ne le pouvaient pas. S’ils étaient délivrés, les fidèles étaient invariablement exercés et rétablis par le ministère prophétique, par la parole de Dieu, à ce qu’était la pensée de Dieu du moment. Et même quand le temps était passé, pour leur rétablissement, la présentation de la Personne et de la gloire du Christ à venir soutenait leur foi et nourrissait leurs âmes – et, enfin, Il vint ; et Il reviendra.
1.4 - Les promesses et l’appel de Dieu
Revenons maintenant à Lévitique 20:22-26. Au verset 24, il est dit : « un pays ruisselant de lait et de miel ». Cette promesse était présentée à Israël avec l’autorité de la parole de Dieu : « Je vous ai dit ». Ils étaient le peuple élu de Dieu : « Vous posséderez leur terre ». C’est le Seigneur du ciel et de la terre qui la leur donnait : « Je vous la donnerai ». Et même s’il y avait des combats pour chasser les ennemis, le Dieu puissant garantissait son intervention en leur faveur : « Vous la posséderez ». De plus, il valait la peine d’obtenir cet héritage, quels que soient les efforts nécessaires pour en tirer profit : « un pays ruisselant de lait et de miel ». Un lieu bien précis était placé devant eux : le pays de Canaan ; les bénédictions y étaient surabondantes. Car les bénédictions de l’Ancien Testament étaient d’ordre terrestre et liées à un centre terrestre. Dans les Évangiles du Nouveau Testament, nous lisons que Christ, leur Messie promis, leur était présenté pour voir s’ils étaient prêts à ce qu’Il accomplisse toutes les promesses de Dieu en leur faveur. Mais ils n’étaient pas prêts. Ils ne croyaient pas en lui et ne voulaient pas reconnaître sa mission. Ils l’ont appelé « ce séducteur », ont pris des pierres pour le lapider, se sont moqués de lui, l’ont condamné comme un malfaiteur commun, l’ont crucifié, lui ont transpercé le côté ; son sang versé sur la terre est le témoin de son rejet ici-bas. Mais Dieu l’a ressuscité d’entre les morts. Étant vivant maintenant, pour ne plus mourir, il a été exalté à la plus haute gloire et élevé de la terre au ciel. Dieu le retient là pendant un certain temps – cette dispensation présente, au cours de laquelle il met en œuvre un plan secret, à laquelle il pensait de toute éternité. Il n’en a rien dit aux prophètes de l’Ancien Testament, de sorte que ce mystère demeurait jusqu’à présent. Pour nous qui croyons en Christ comme notre Sauveur, cette leçon très élémentaire est très importante : même si nous jouissons maintenant de son amour ici-bas, nous sommes bénis de bénédictions célestes, et non terrestres comme les Juifs. Nous sommes appelés d’un appel centré sur un Christ céleste, dans les lieux célestes.
1.5 - Nos bénédictions sont spirituelles
On ne peut surestimer l’importance de cela, ou la nécessité qu’il y a pour les jeunes chrétiens de comprendre la nature des bénédictions qui nous sont accordées. Dans notre cas, la nature même de notre bénédiction nous détache de l’actuel monde de l’homme, dont il se vante tant. Il est devenu, pour nous, une Égypte dont la grâce de Dieu nous a délivrés. Mais le lieu où est entré Christ avec une vie triomphante de résurrection, est devenu le Canaan dont nous devons prendre possession sous la conduite de cet Esprit, qui est l’Esprit de Christ, mandaté pour nous conduire à la jouissance du lieu où Christ est notre vie et notre part, et la joie du cœur de Dieu. La plupart des chrétiens semblent en savoir très peu à ce sujet. Le grand slogan de l’homme, et des chrétiens dont les idées penchent vers l’amélioration du monde présent, est : « Laissez le monde meilleur que vous ne l’avez trouvé ». Mais la vérité de Dieu est autre : « Siméon a raconté comment Dieu a premièrement visité les nations pour en tirer un peuple pour son nom » (Actes 15:14). Nos bénédictions sont spirituelles – elles ne se voient ni ne se touchent ; elles ne sont pas centrées sur la terre, bien que nous en jouissions ici-bas ; elles se discernent spirituellement. À cause de cela, Dieu a envoyé son Esprit pour qu’il fasse de nous une nouvelle création, qu’il habite en nous et nous conduise dans toute la vérité. L’homme naturel ne reçoit pas les choses de l’Esprit de Dieu, et il ne peut les discerner. Si cette vérité élémentaire était apprise, ce serait un bon début.
Mais, en outre, alors que les générations de chrétiens qui prennent place dans le témoignage se succèdent, dans la dispensation actuelle, leurs exercices changent, comme nous l’avons vu dans le cas d’Israël. Le Canaan de l’époque de Josué était une chose, celui de l’époque de Roboam, de l’époque de Néhémie, ou de l’époque du Seigneur sur la terre, étaient tous différents. Pourtant, il n’en restait pas moins vrai, tout au long de l’histoire, que « vous ne ferez pas ce qui se fait dans le pays de Canaan où je vous fais entrer » (Lév. 18:3). Aujourd’hui, il incombe aux chrétiens fidèles de juger de tout ce qui se passe religieusement autour d’eux dans la chrétienté, à l’aide de la parole infaillible de Dieu et de la vérité de l’appel dont ils ont été appelés. Satan ne nous laissera pas tranquilles, pas plus qu’il n’a laissé Israël tranquille. Les chrétiens les plus privilégiés, s’ils deviennent égocentriques et auto-satisfaits, peuvent se séduire eux-mêmes d’une façon désastreuse, comme nous le voyons illustré dans les différentes faillites d’Israël.
La première référence à la séparation se rapporte donc à la bénédiction que Dieu a en vue pour nous.
2 - La séparation en vue de notre sainteté
2.1 - Séparation de choses non mauvaises en soi
La deuxième référence à la séparation est en Lévitique 20:25, elle se rapporte à la pureté ou à la sainteté. Là, il ne s’agit pas d’une nation séparée d’autres nations extérieures, c’est plutôt une éducation morale pour ceux qui sont déjà sur le chemin de la séparation extérieure du monde. Dans le pays de Canaan, où Dieu était connu si merveilleusement, il était toujours nécessaire que le peuple de Dieu ait la conscience et l’esprit exercés, en particulier quant au caractère de Dieu et des associations compatibles avec ce caractère. D’où les remarquables chapitres 11 à 17 du Lévitique qui constituent la partie centrale du livre. Notre verset nous dit : « Vous discernerez entre la bête pure et l’impure, et entre l’oiseau impur et le pur, et vous ne vous rendrez pas abominables par des bêtes, ou par des oiseaux, ou par tout ce qui rampe sur la terre, que j’ai séparé, le déclarant impur » (20:25). C’est une partie importante de notre éducation spirituelle. Personne ne pourrait considérer le chameau, le lapin, le lièvre ou le porc comme des créatures moralement mauvaises. On pourrait en dire autant des poissons, des oiseaux ou des reptiles, que la loi divine interdisait comme nourriture pour les Israélites (Lév. 11). Mais pour de sages raisons, dont l’une était leur application typique, en vue de notre formation (Rom. 15:4), l’Éternel excluait, pour son peuple Israël, certaines créatures comme impures. Par ailleurs, l’Éternel déclarait que des conditions inhérentes à la nature de l’homme pouvaient interrompre la communion avec lui. Il est indéniable que les animaux mentionnés étaient Sa création ; tous étaient parfait à leur manière et dans leur forme, mais pour Israël, ils étaient mis de côté comme impurs. Que nous en comprenions la raison ou pas, le fait est là. L’apôtre Paul, avec la lumière du christianisme, dit : « Je sais, et je suis persuadé dans le seigneur Jésus, que rien n’est souillé par soi-même » (Rom. 14:14), c’est-à-dire que même les animaux mentionnés et interdits par la loi n’étaient pas intrinsèquement ou essentiellement impurs ; mais pour de sages raisons et, comme nous le voyons, typiques, ils étaient interdits. Dieu pensait à l’éducation morale de son peuple en leur interdisant de les toucher ou de les manger.
2.2 - Dieu teste notre soumission
En confirmation de cela, on sait que dans le jardin d’Éden, l’Éternel Dieu planta un jardin et fit pousser tout arbre agréable à voir et bon à manger, ainsi que l’arbre de vie et l’arbre de la connaissance du bien et du mal. Tous étaient son œuvre. Pourtant, pour des raisons morales, il interdit de manger le fruit du dernier arbre. Il est plus sage que sa créature, Il savait pourquoi Il agissait ainsi.
Il en est ainsi des bêtes impures, des oiseaux ou des reptiles qui étaient Sa création, Son ouvrage. Pourtant, pour les raisons déjà évoquées, et afin de tester la soumission et la loyauté de Son peuple à Sa volonté, Il a séparé d’eux ces choses, comme impures. Elles étaient impures pour ceux à qui Dieu les avait interdits.
Bien que, dans la chrétienté, beaucoup de choses soient l’œuvre de Dieu, et que nous le reconnaissions avec gratitude, priions et bénissions Dieu pour cela, il est évident qu’il s’y trouve souvent un mélange de choses mondaines desquelles nous sommes amenés et enseignés à nous séparer (amenés par l’Esprit et enseignés par la Parole). Il serait tout à fait faux de dire que l’œuvre de Dieu est impure, mais il serait tout aussi faux de justifier les conditions mondaines, que Dieu condamne, dans lesquelles cette œuvre est parfois accomplie, ou de s’y associer. Une certaine relation avec Dieu rend certaines choses impures pour son peuple ; elles ne sont pas intrinsèquement impures, car elles sont sa création, mais Dieu les a séparées d’eux comme impures, afin de développer et de renforcer le sens de la sainteté de sa présence, et la délicatesse et la sensibilité de la communion à laquelle il nous a appelés. Les personnes qui ne sont pas séparées ne comprendront pas cela, mais celles qui sont véritablement séparées pour Christ dans la pleine lumière de l’appel chrétien le verront et en reconnaîtront le bien-fondé.
3 - La séparation en vue de notre appartenance à Dieu
La troisième référence à la séparation est en Lévitique 20:26. Après tout, l’objet primordial de notre séparation n’est pas nos bénédictions (v. 24), ni notre pureté (v. 25), mais que nous puissions être entièrement à Lui. Il veut nos affections et nous veut entièrement pour le plaisir de Son cœur. « Vous me serez saints » dit-il ici. « Je vous ai séparés des peuples, pour être à moi ». Quel motif pourrait agir ainsi dans nos cœurs ? En Tite 2:13-14, il est dit : « notre grand Dieu et sauveur Jésus Christ, qui s’est donné lui-même pour nous, afin qu’il nous rachète de toute iniquité et qu’il purifie pour lui-même un peuple acquis » – afin de nous avoir pour lui-même.
La mort de Christ nous sépare de tout ce dont Dieu nous a séparés.
L’amour de Dieu et l’amour du Christ nous séparent en affection, de sorte que la séparation vient du cœur et n’est pas légale.
La séparation n’est pas difficile si nos cœurs sont satisfaits de la joie de connaître Dieu, et de l’amour et de la gloire de Christ. Mais c’est quand nous aspirons à la popularité, au confort ou au gain que la séparation devient révoltante.
Si vous êtes sauvé et que vous n’éprouvez aucune affection pour Christ, il y a forcément quelque chose qui ne va pas. Il y a quelques jours, j’ai entendu parler de quelqu’un qui prétendait être sauvé ; cette personne disait avoir entendu des gens parler de leurs affections pour Christ et, sans pouvoir l’expliquer, elle affirmait n’avoir jamais éprouvé d’affection pour Christ. Quelqu’un serait-il comme elle, ici ?
Oh, que Dieu fasse comprendre à votre âme ce verset : « Le Fils de Dieu, qui m’a aimé et qui s’est livré lui-même pour moi » (Gal. 2:20). Que Dieu vous donne de rechercher et de voir toute défaillance dans cette séparation totale pour Christ, et qu’il vous rapproche de lui. Et que l’affection que nous avons tous pour lui puisse s’approfondir.
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