Les épaules divines
Source : STEM Publishing, The Christian’s Friend vol. 19, 1892, p. 85.
Chaque fois que le mot “épaule” est utilisé de façon symbolique, dans l’Écriture, il signifie la force. Ainsi, parlant de la naissance du Messie, Ésaïe dit : « Le gouvernement sera sur son épaule » (9:6) ; c’est-à-dire que le Messie maintiendra son juste gouvernement par sa puissance divine, en accord avec tout ce qu’Il est, comme « Dieu fort, Père du siècle, Prince de paix ». Deux ou trois illustrations de cette signification des épaules divines en relation avec le peuple de Dieu seront instructives et profitables.
1 - Portés dans notre chemin ici-bas
1.1 - Les épaules du Bon Berger
Prenons d’abord l’exemple de Luc 15, où cette expression, utilisée dans la parabole de la brebis perdue, ne peut s’appliquer qu’au Bon Berger. Lorsque la brebis perdue est retrouvée, le berger, qui en est le propriétaire, « la met sur ses propres épaules, bien joyeux ». On peut se demander si les deux joies de cette parabole – celle de la découverte et celle de la réception – ont été assez exprimées. Mais notons qu’au moment où Celui qui est venu chercher et sauver ce qui était perdu a trouvé celle qu’il cherchait, il la met sur “ses” épaules, tout joyeux, car il a trouvé sa brebis perdue. Cela montre bien que, dans son amour indicible, Celui qui a donné sa vie pour ses brebis les prend en charge pour tout leur pèlerinage ; qu’il s’est entièrement engagé à les porter, à chaque pas du chemin, jusqu’à ce qu’elles atteignent la maison. Ainsi, elles sont portées par la puissance divine tout au long de leur voyage. Il est bon de s’en souvenir, car nous sommes parfois oppressés par le sentiment de notre faiblesse, ou découragés par les démonstrations de puissance de l’ennemi qui nous environne et qui est contre nous. Dans cette parabole, le Seigneur nous fournit l’antidote à toutes nos craintes. Il nous rappelle qu’il nous a mis sur ses propres épaules ; il veut que nous nous y reposions en toute sécurité.
1.2 - Notre force dans le chemin
Le réconfort que l’Éternel apporte lui-même à son peuple, par la bouche du prophète Ésaïe, est de la même nature : « Écoutez-moi, maison de Jacob, et vous, tout le résidu de la maison d’Israël, vous qui avez été chargés dès le ventre, [et] qui avez été portés dès la matrice : Jusqu’à votre vieillesse je suis le Même, et jusqu’aux cheveux blancs, je vous porterai. Moi, je l’ai fait ; moi, je porterai, et moi, je chargerai sur moi, et je délivrerai » (És. 46:3-4). C’est la même précieuse vérité que lorsqu’Israël était jeune : Dieu a appelé son fils hors d’Égypte (Osée 11:1), il l’a porté et conduit. L’idée supplémentaire de la délivrance (És. 46:4) renforce beaucoup cette instruction bénie, en ce qu’elle nous rappelle les périls du chemin et l’opposition de l’ennemi. Mais qu’implique le fait d’être portés sur les épaules divines et d’être délivrés par la force toute-puissante de Dieu ? Si nous jouissons de cette assurance, nous pouvons dire avec confiance, comme l’apôtre : « Si Dieu est pour nous, qui sera contre nous ? » Voilà donc la vérité quant à notre cheminement, depuis le moment où nous avons été trouvés, jusqu’au moment où nous nous tiendrons devant les portes de la maison du Père : nous sommes portés sur ses épaules toutes-puissantes.
1.3 - Un lieu de repos
Citons un autre exemple frappant. Dans « la bénédiction dont Moïse, homme de Dieu, bénit les fils d’Israël, avant sa mort », il dit de Benjamin : « Le bien-aimé de l’Éternel, – il habitera en sécurité auprès de lui ; [l’Éternel] le couvrira tout le jour, et il habitera entre ses épaules » (Deut. 33). Quelle habitation pour un faible saint ! Étant un bien-aimé de l’Éternel, là, il peut continuellement éprouver la sécurité et la protection, comme objet de l’amour divin. Benjamin était le bien-aimé de l’Éternel, et il demeurait dans le lieu de la force éternelle. Jean, le disciple que Jésus aimait, se reposait dans le sein de son Seigneur, où se trouve l’amour éternel ; et Celui sur le sein duquel il s’appuyait était Celui qui soutenait toutes choses par la parole de sa puissance. Nous sommes émerveillés en regardant ce lieu de repos béni que Dieu accorde, en grâce, au plus faible des siens !
2 - Portés dans le sanctuaire
2.1 - Sur le pectoral et les épaulières d’Aaron
Jusque-là, les épaules divines étaient plutôt pour le voyage dans le désert ; mais en nous tournant vers le livre de l’Exode, nous découvrons un autre aspect. Dans les instructions données pour les saints vêtements d’Aaron, pour gloire et pour ornement, il est ordonné que les noms des fils d’Israël soient gravés sur deux pierres d’onyx, lesquelles devaient être placées sur les épaulières de l’éphod comme pierres de mémorial pour les fils d’Israël ; « et Aaron portera leurs noms devant l’Éternel, sur ses deux épaules, en mémorial » (Ex. 28:12). Les noms devaient aussi être gravés sur les douze pierres précieuses du pectoral ; mais, dans le cadre de notre sujet, notre attention se bornera à l’enseignement lié à leur emplacement sur les épaules du souverain sacrificateur.
2.2 - Christ notre représentant
Le souverain sacrificateur est là pour agir comme représentant du peuple devant Dieu, et cela, en vertu de la propitiation. Ainsi, Christ « est entré une fois pour toutes dans les lieux saints, ayant obtenu une rédemption éternelle » ; « il est entré dans le ciel même, afin de paraître maintenant pour nous devant la face de Dieu » (Héb. 9:12-24). L’interprétation du type d’Aaron nous montre que notre Seigneur, en tant que grand Souverain Sacrificateur, porte son peuple – en vertu de son sacrifice – devant Dieu avec une force divine, et nous montre qu’il le maintient là en vertu de ses propres droits, dans la perfection et la puissance de sa propre acceptabilité devant Dieu. C’est très compréhensible, aussi merveilleux que cela puisse paraître, si l’on se souvient que Christ, dans ce caractère, est notre représentant, et, de ce fait, son droit à être dans ce lieu est aussi le nôtre. Quel sûr encouragement nous est ainsi donné quand nous ressentons notre faiblesse ! Regardons ainsi toujours à Celui qui a condescendu à assumer cette fonction en notre faveur, et rappelons-nous continuellement qu’Il nous a aussi placés sur Ses propres épaules dans les cieux.
2.3 - Dieu est pour nous
Quand l’épouse du Cantique des Cantiques dit : « Mets-moi comme un cachet sur ton cœur, comme un cachet sur ton bras » (Cant. 8:6), il est fort probable qu’elle fasse référence à la double présentation du peuple devant Dieu par le souverain sacrificateur ; car il y a la même association du cœur et de l’épaule, si fréquente dans l’Écriture. Un ou deux exemples peuvent inciter à entrer plus avant dans le sujet : que sont les bras éternels placés sous le peuple de Dieu (Deut. 33:27), sinon sa force toute-puissante et son amour infini, unis pour le soutenir et le protéger ? Et quand l’apôtre s’écrie : « qui est-ce qui nous séparera de l’amour du Christ ? » (Rom. 8:35), que veut-il dire, sinon qu’il n’existe pas une seule créature dans l’univers qui ait assez de force pour nous séparer de l’amour de Dieu dans le Christ Jésus notre Seigneur ?
3 - Résumé
Nous voyons donc que ce que Dieu est en Lui-même, que ce soit sa puissance ou son amour – ses divers attributs – tout est engagé en faveur de son peuple qui traverse le désert, pour sa sécurité, sa protection et son secours. Nous voyons que notre Seigneur se chargeait d’eux tout au long de leur voyage, et Lui-même nous porte, tout comme l’Éternel portait Israël autrefois. Nous voyons que non seulement il nous porte jusqu’à ce que nous soyons introduits dans la maison du Père, mais il s’emploie aussi à nous présenter sans cesse devant Dieu, revêtus des diverses beautés des pierres précieuses, emblèmes de Ses perfections, avec toute la force de son fidèle amour. Que l’on considère le chemin dans le désert ou notre place dans le ciel, l’enseignement des épaules divines est très consolant et encourageant.
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