Toutes sortes de prières en tout temps

Source : STEM Publishing, extrait de “Scripture Truth” Vol. 32, 1940, page 139.

Éphésiens 6:18 est un verset assez frappant : « priant par toutes sortes de prières et de supplications, en tout temps, par l’Esprit, et veillant à cela avec toute persévérance et des supplications pour tous les saints ». Il met en relief la quadruple répétition du petit mot “tout”.

1 - Prier pour combattre les puissances spirituelles de méchanceté

Les terribles calamités qui ont frappé l’Europe au cours des derniers mois [NdT : article écrit en 1940] ont eu pour conséquence un certain réveil dans la pratique de la prière, ce dont nous pouvons bien être reconnaissants. Cependant, à la lumière du verset ci-dessus, c’est à notre honte que de tels réveils soient nécessaires. La négligence de la prière est à l’origine d’une grande part de notre faiblesse spirituelle et de notre insuffisance. En 2 Corinthiens 10:4-5, Paul montre clairement que les armes de notre combat ne sont pas charnelles mais spirituelles. En Éphésiens 6, il montre, en plus de ceci, que nous combattons contre des puissances spirituelles de méchanceté qui sont dans les lieux célestes – les dominateurs de ces ténèbres. Nous ne pouvons tenir, contre elles, que si nous sommes revêtus de l’armure complète de Dieu et si nous restons continuellement dépendants de Dieu, ce qui se manifeste par la prière.

La conscience que nous aurons de l’importance de ce combat dépend de la mesure dans laquelle nous réalisons notre position céleste qui est exposée dans l’épître, et de la mesure dans laquelle nous nous identifions à l’œuvre de propagation de l’évangile, et au “Mystère de l’évangile”. Paul était rempli d’un zèle ardent pour l’un et l’autre, c’est pourquoi il était sans cesse engagé dans ce combat.

Dans toutes les périodes de guerre entre nations, les chrétiens ont été poussés à s’agenouiller pour prier, mais il ne serait guère possible de considérer ces combats par la prière comme étant semblables à ceux considérés par Éphésiens 6:18. Cependant, nous pensons que la guerre actuelle est une exception, pour la raison suivante : Hitler agit manifestement sous la direction d’un esprit qui lui est familier. L’ambassadeur britannique, dans son livre rendant compte de son travail en Allemagne jusqu’en septembre dernier, témoigne à plusieurs reprises de “la Voix” qui guide toutes ses décisions. Cela explique et la ruse et l’habileté démoniaques qui marquent toutes ses actions, et le fait qu’elles sont toutes dirigées contre les vrais saints de Dieu, contre le véritable évangile et contre les Juifs. Les croyants feraient bien de le reconnaître et d’invoquer Dieu avec ferveur pour le soutien de Ses saints éprouvés et opprimés, pour le maintien de la porte ouverte à l’évangile, et pour que Sa main retienne l’agresseur, à cette fin. La puissance démoniaque ne peut être contrée que par la puissance de Dieu. Nous reconnaissons, bien sûr, que Dieu peut trouver bon de ne rien retenir, et d’emmener au ciel l’Église, fermant ainsi la porte de l’évangile, retirant ses ambassadeurs et déclarant la guerre à la terre rebelle.

2 - Prier par l’Esprit

Mais voyons maintenant notre verset. La prière envisagée est faite “par l’Esprit”. Elle doit jaillir non pas de la chair et ses désirs, mais de l’Esprit et ses désirs. L’Esprit habite les saints non seulement pour les enseigner, mais aussi pour contrôler leurs pensées et leurs désirs, en façonnant leur esprit et leur cœur à l’image de Christ. La chair est toujours en nous, bien sûr, et nous pouvons très facilement être gouvernés par elle, de sorte que nos prières ne sont plus qu’un cri pour des choses pour lesquelles une personne non convertie crierait, dans des circonstances similaires. Sondons nos cœurs quant à ce premier point, de peur que nos prières ne deviennent impuissantes, en ce qu’elles n’exprimeraient que des désirs charnels. Si notre esprit est bien nourri de la Parole de Dieu, qui nous expose Ses desseins et Ses voies, et s’il est bien gouverné par l’Esprit de Dieu, de sorte que la chair en nous soit jugée, nous pourrons prier par l’Esprit. Nos prières auront alors le bon caractère.

3 - Toutes sortes de prières

Cette prière “par l’Esprit” peut prendre des formes diverses ; c’est pourquoi il est dit : « toutes sortes de prières et de supplications ». Dieu est notre Père, nous pouvons nous adresser librement à lui pour lui faire part de nos demandes. Parfois, nous sommes particulièrement marqués par la faiblesse et l’insuffisance ; nous nous approchons alors avec un sentiment spécial d’abaissement et de besoins particulièrement urgents – nos prières deviennent des supplications. Cela peut marquer nos prières en privé ou dans les occasions publiques quand nous nous réunissons. Des différences peuvent arriver, même dans la prière privée. Nous pouvons parfois avoir une période de calme, plus ou moins longue, et parfois notre cri peut s’élever vers Dieu comme un éclair, comme ce fut le cas pour Néhémie (Néh. 2:4). Nous ne devons pas nous contenter d’un seul type de prière. Nous devons user de la prière dans toute sa diversité.

4 - Veiller et persévérer

Ceci fait, nous devons veiller quant aux choses mêmes que nous avons demandées avec persévérance. Nous trouverons qu’il est spirituellement très bénéfique d’appliquer soigneusement ces deux tests – veiller et persévérer. Quand la prière est réelle et fervente, nos âmes veillent vraiment, en esprit, au sujet de prière pour ne pas en manquer la réponse, et en l’attendant, nous persévérons à demander. Si chaque frère en Christ, lisant cet article, s’asseyait et se demandait combien de fois il s’est rendu coupable d’aller à une réunion de prière et d’ouvrir la bouche pour demander des choses générales et indéfinies – souvent si longuement que les autres participants à la réunion étaient lassés – si indéfinies qu’une demi-heure plus tard il était incapable de se souvenir de ce qu’il avait vraiment demandé, il serait convaincu de ne pas savoir ce qu’est une vraie prière. Lorsqu’un vrai fardeau pèse sur nos cœurs, il nous pousse, comme Habakuk, non seulement à crier au Seigneur, mais aussi à guetter la réponse.

Très souvent, la réponse ne vient pas immédiatement. Dieu teste notre sincérité en la retardant. Plus nos demandes sont sérieuses, sincères et sages, plus nous persévérerons. Ces excellentes qualités, manifestées dans leur pleine mesure, correspondront à toute persévérance. Sur ce point, nous avons les enseignements du Seigneur lui-même en Luc 11:5-10 et Luc 18:1-8. Ce dernier passage est particulièrement pertinent pour nous, car il parle de sa seconde venue et des épreuves de ses saints juste avant qu’il ne vienne. Les élus de Dieu, choisis pour la bénédiction terrestre, connaîtront une période de tribulations sans précédent ; Dieu patientera longtemps à leur égard, avant de faire tomber le jugement final. Ils persévèreront dans leurs cris et finalement il les vengera. L’expression “toute persévérance” les marquera, comme nous devrions l’être ; dans notre cas, cependant, il s’agit d’une supplication pour tous les saints et non pas d’un cri de vengeance.

5 - Prier pour tous les saints

Quant à la portée de la prière, il n’est indiqué rien de moins que tous les saints. L’épître nous a montré la place privilégiée dans laquelle nous avons été introduits, tant Juifs que Gentils. Les uns et les autres ont été réconciliés « en un seul corps à Dieu par la croix » (Éph. 2:16) ; par conséquent, un lien vital existe entre tous les saints, lequel produit un intérêt vital mutuel les uns pour les autres. Le fait que la prière englobe tous les saints n’exclut pas de prier pour chacun d’eux, ce que montre le verset suivant, où Paul souhaite que l’on prie pour lui et pour son service. Nous prions bien sûr plus particulièrement pour ceux que nous connaissons, mais ne laissons pas nos pensées être plus étroites que les limites de toute l’assemblée. C’est également très important pour nous aujourd’hui, alors que des saints sont opprimés par des tyrans, dispersés et souvent persécutés dans de nombreuses régions de la terre.

6 - Prier en tout temps

Enfin, il y a le facteur temps. Tant que nous sommes ici-bas, nous devons prier en tout temps. Nous sommes sûrs de passer par des temps divers. Dans les premiers temps de l’Église, il y eut des périodes de persécution, mais après quelques années, on peut lire : « Les assemblées donc… étaient en paix » (Actes 9:31). Il semble qu’il en a toujours été ainsi, mais le danger de se relâcher dans la prière est bien plus grand en période de repos qu’en période de troubles. Dans notre pays favorisé, nous avons eu une période de repos d’une durée presque sans précédent, et ne nous sommes-nous pas relâchés ? Une période de grande difficulté nous attend. Si nous n’avions pas été si négligents en des temps de prospérité extérieure, nous serions plus exercés à la prière en ces jours d’adversité.

Il n’y a aucun temps qui ne soit pas un temps de prière, puisqu’elle doit être en tout temps. Dans les temps de tristesse et les temps de joie ; dans les temps de réveil spirituel et les temps de mort spirituelle ; dans les temps de gain et les temps de perte ; dans les temps où la cause d’un pays semble faire faillite, dans les temps où sa cause prospère ; dans les temps où l’église se rassemble, dans les temps où les saints sont dispersés et opprimés, et où les portes de l’évangile se ferment. Nous devrions être incités à nous agenouiller dans la prière en tout temps. C’est à cela que l’apôtre Paul nous exhorte dans ce verset.

Nous vivons une période de grands besoins. Écoutons son exhortation et adonnons-nous à la prière.