Le ministère de l’Esprit
Source : STEM Publishing
1 - La présence du Saint-Esprit sur la terre
Je souhaite attirer l’attention du lecteur chrétien sur une vérité glorieuse, clairement révélée dans les pages du Nouveau Testament, mais malheureusement perdue de vue au sein de l’Église professante. Je fais référence à la présence du Saint-Esprit sur la terre. Depuis plus de dix-huit siècles, une Personne divine œuvre au milieu de toutes les ténèbres morales, de la ruine et de la confusion de ce monde où Satan règne. L’Esprit est descendu le jour de la Pentecôte, envoyé par le Père au nom du Fils ; et Il est ici depuis lors, travaillant patiemment et avec bienveillance — affligé, entravé et étouffé — mais continuant néanmoins à œuvrer, béni soit Son saint nom.
C’est là un fait prodigieux, non pas une simple doctrine ou un principe pour l’esprit, mais une réalité divine vivante pour le cœur — une grande vérité pratique et formatrice, conçue et éminemment apte à toucher l’être moral tout entier, à régir la conduite et à former le caractère. Il existe une Personne divine – Dieu l’Esprit – présente sur la terre, tout comme il y avait une Personne divine – Dieu le Fils – présente sur la terre pendant trente-trois ans, parcourant les villes, les bourgs et les villages d’Israël, enseignant, prêchant et œuvrant, avec une grâce et une patience sans pareilles. Et ce Bienheureux, lorsqu’il fut interpellé par les grandes autorités religieuses de l’époque sur ce qu’il faisait, donna cette réponse frappante et évocatrice : « Mon Père travaille jusqu’à maintenant, et moi je travaille » (Jean 5:17).
Ainsi se présente à nos cœurs la Trinité divine et éternelle, œuvrant depuis près de six mille ans, avec une grâce et une patience infinies, au milieu du désastre, de la ruine et de la misère morale de ce monde. Y a-t-il quelque chose qui puisse surpasser, en grandeur morale, ce fait magnifique ? Dieu le Père, Dieu le Fils et Dieu le Saint-Esprit à l’œuvre, au milieu d’un monde de pécheurs ruinés, misérables et méritant l’enfer. Assurément, en contemplant un tel fait, nous ne pouvons qu’exclamer avec le bienheureux apôtre : « Ô profondeur des richesses et de la sagesse et de la connaissance de Dieu ! Que ses jugements sont insondables, et ses voies introuvables ! Car qui a connu la pensée du Seigneur, ou qui a été son conseiller ? ou qui lui a donné le premier, et il lui sera rendu ? Car de lui, et par lui, et pour lui, sont toutes choses ! A lui soit la gloire éternellement ! Amen » (Romains 11:33-36).
2 - Le ministère du Saint-Esprit
Mais notre objectif tout particulier dans ce bref article est de présenter au lecteur, pour qu’il l’étudie dans la prière, la vérité profondément intéressante et importante du ministère de l’Esprit, telle qu’elle est dévoilée dans les Actes et les épîtres. Dans les premiers, nous le trouvons en tant qu’évangéliste ; dans les secondes, en tant que pasteur et enseignant, agissant par l’intermédiaire d’instruments humains, sans aucun doute ; mais c’est Lui le grand Acteur. Il est invisible aux yeux des hommes ; mais il a été la source et le jaillissement de chaque acte du véritable ministère dans l’Église et dans le monde au cours des dix-huit cents dernières années.
3 - Le Saint-Esprit dans l’évangélisation
3.1 - Le Saint Esprit qualifie et prépare ses serviteurs
Tout véritable évangéliste qui s’est rendu dans le monde pour annoncer la bonne nouvelle du salut de Dieu aux pécheurs qui périssent a été préparé, rempli et utilisé par lui. Chaque véritable enseignant qui a cherché à instruire l’Église de Dieu a été qualifié, animé et guidé par Lui. Chaque véritable pasteur qui s’est levé pour nourrir et paître les agneaux et les brebis du troupeau bien-aimé du Christ a été doté de dons, dirigé et animé par Lui. Il n’existe pas un seul atome de véritable ministère, sous la voûte céleste, qui ne jaillisse de la présence et de la puissance de Dieu l’Esprit.
Il peut se servir d’un pêcheur illettré, d’un laboureur ignorant ou d’un érudit cultivé ; l’instrument n’est rien ; le don, la grâce, la puissance — tout est de Lui. Toute l’éducation et toute l’autorité humaine du monde ne pourraient faire d’un homme un évangéliste, un pasteur ou un enseignant. Le don du ministère et l’autorité pour exercer ce ministère doivent être divins. Tout le reste n’est qu’une imposture, une vanité, une illusion.
Mais nous n’allons pas, pour l’instant, nous attarder sur ce qui est purement humain, mais plutôt réjouir notre cœur en méditant sur ce fait glorieux : il y a une Personne divine sur cette terre, oui, au milieu de nous, qui accomplit toute l’œuvre qui est réellement accomplie. C’est là ce qu’il y a de plus précieux, de plus réconfortant, de plus rassurant pour le cœur. En effet, il n’est pas possible au langage humain d’exprimer d’une manière adéquate la profonde bénédiction et l’importance pratique de ce fait grandiose. S’il est vrai que Dieu l’Esprit est parmi nous, sauvant des âmes et prenant soin des saints, n’est-ce pas notre devoir solennel de nous demander comment nous nous comportons à l’égard de cette Personne sainte et sacrée ? L’attristons-nous par nos voies, ou l’étouffons-nous par nos systèmes ecclésiastiques ou nos dispositions communautaires ? C’est là une question sérieuse pour chaque âme, d’un bout à l’autre de la chrétienté.
3.2 - Le Saint Esprit agit par ses serviteurs
En parcourant les Actes des Apôtres, ou, comme quelqu’un l’a plus justement qualifiés, les Actes du Saint-Esprit, nous voyons la manière charmante dont l’Esprit de Dieu a mené sa glorieuse œuvre d’évangélisation. Nous le voyons parler, par l’intermédiaire de Pierre, à des milliers de personnes ; nous le voyons, en Philippe, aller à la rencontre d’un voyageur solitaire, monter à ses côtés dans son char et lui prêcher Jésus. Nous le voyons, dans les activités bénies de son amour, s’avancer, par l’intermédiaire de Pierre, au-delà des limites du judaïsme, pour prêcher l’Évangile aux païens et les amener dans le royaume. Nous l’entendons, par la bouche du prisonnier de Philippes, dire au pauvre geôlier au cœur brisé de croire au Seigneur Jésus Christ et d’être sauvé avec toute sa maison. Nous le voyons insuffler son énergie à Paul sur l’Aréopage, dévoilant aux Athéniens, savants mais ignorants, le seul vrai Dieu qu’ils adoraient sans le savoir. Nous le voyons faire de même à Corinthe : prêcher le Christ et rassembler une grande assemblée autour de ce nom sans pareil.
En un mot, nous le voyons à travers tout ce merveilleux récit missionnaire, cet Ouvrier infatigable, fervent et assidu, à travers ses instruments, les évangélistes, qui parcouraient la région de long en large, çà et là, à travers les haies et les grandes routes, les rues et les ruelles, pour raconter la précieuse histoire de l’amour divin.
3.3 - La parabole de la drachme comme illustration
Combien tout cela est vivifiant ! C’est d’une valeur inestimable. Cela rappelle la magnifique parabole de la femme et de sa pièce d’argent perdue, qui illustre en effet tout particulièrement l’œuvre du Saint-Esprit. Elle allume une lampe, balaye la maison et cherche avec diligence, jusqu’à ce qu’elle retrouve sa pièce perdue (Luc 15:8-10). Lecteur, réfléchissez-y. Méditez-la avec délice. Penchez-vous, de tout votre cœur, sur cette page inspirée qui présente à votre regard le Saint-Esprit, l’Ouvrier invisible, au service d’âmes précieuses.
Et souvenez-vous, cet Être béni et glorieux est toujours là. Partout où l’Évangile pur et précieux est prêché fidèlement, en public ou en privé, devant de grands auditoires ou à des individus solitaires, par la parole ou par le tract silencieux, là se trouve l’Esprit en train d’évangéliser.
4 - Le Saint-Esprit dans l’enseignement et le soin pastoral
Il est non seulement intéressant et édifiant, mais aussi profondément émouvant de retracer le précieux ministère de l’Esprit, dans le pastorat et l’enseignement, à travers les épîtres. Certes, il se sert de Paul, de Pierre, de Jacques, de Jean et de Jude ; mais c’est Lui-même que nous reconnaissons avec révérence et admiration en chacun d’eux. C’est Lui qui remplit le vase, guide la plume, donne la parole. C’est Lui qui instruit, réprimande, exhorte, console, met en garde et édifie.
4.1 - Tout véritable ministère dans l’assemblée procède du Saint-Esprit
Ministère précieux, précieux au-delà de toute expression ! Combien nous devrions bénir notre Dieu pour cela, et chercher à en tirer profit.
Quelle grâce magnifique resplendit dans chaque aspect du ministère de l’Esprit : l’évangélisation, l’enseignement, la sollicitude pastorale ! Quelle bénédiction que d’être l’objet d’un tel ministère ! Puissions-nous y consacrer tout notre être moral ! Et ne perdons jamais de vue, ne serait-ce qu’un instant, que tout véritable ministère au sein de l’assemblée est l’œuvre de l’Esprit.
4.2 - Tout serviteur doit prendre garde à dépendre du Saint Esprit
« Si quelqu’un parle, qu’il le fasse » — non pas simplement selon, mais — « comme oracle de Dieu » (1 Pierre 4:11). Des paroles de grande importance pour tous ceux qui exercent un ministère. Si quelqu’un tente de parler dans l’assemblée autrement que comme le porte-parole de Dieu le Saint-Esprit, il n’est pas à sa place, il déshonore le Saint-Esprit et porte préjudice à l’assemblée. Une considération solennelle pour tous ceux que cela concerne ! Puissions-nous tous en prendre à cœur, avec révérence et crainte de Dieu !
5 - Le double aspect de la présence du Saint-Esprit
5.1 - Un privilège
Or, ce grand fait a une double portée : il nous parle de deux choses : le privilège et la responsabilité. Avoir l’assurance qu’une Personne divine est réellement présente parmi nous, avec un ministère, est un privilège de la plus haute importance. Cela soutient et encourage le cœur, au milieu de toutes les difficultés et de tous les obstacles qui nous entourent de toutes parts. L’Esprit accomplit Son œuvre précieuse, et Il continuera à le faire jusqu’à ce que le dernier membre soit incorporé au corps de Christ. Aucune des puissances de la terre et de l’enfer, ni les hommes ni les démons réunis, ne peut entraver l’accomplissement du dessein béni de l’Ouvrier divin dans Sa mission actuelle sur terre.
5.2 - Une responsabilité
Mais il y a aussi le deuxième aspect à considérer. Nous devons méditer sur la question de la responsabilité – une question de la plus grande solennité. Nous sommes souvent amenés à déplorer le maigre résultat de la prédication, de l’écriture et du travail. Il y a une activité intense de toutes parts. De nombreux moyens et instruments sont mis à contribution, et pourtant nous ne voyons que peu de fruits. Comment cela se fait-il ? Ne serait-ce pas parce que nous faisons trop confiance aux moyens et que nous nous appuyons trop sur les instruments, au lieu de compter exclusivement sur l’Ouvrier divin ? Nous sommes préoccupés par nos efforts, nos dispositions, nos organisations, nos ministres, nos hommes doués, au lieu de nous appuyer, dans une foi simple et une dépendance qui nous vide de nous-mêmes, sur l’Esprit de Dieu. Alors il est attristé, étouffé et entravé.
6 - Dépendre entièrement du Saint-Esprit sans l’attrister
Tout cela est extrêmement grave et devrait nous conduire à un examen profond de notre cœur et de notre conscience devant le Seigneur. Nous lisons dans l’Évangile le récit d’un certain lieu où le Seigneur Jésus ne put accomplir de miracles à cause de leur incrédulité. Quel événement solennel ! Ils ont en effet entravé le travail de notre Seigneur béni par leur incrédulité ! Cela ne nous interpelle-t-il pas ? Oui, assurément. Nous aussi, nous pouvons entraver l’œuvre par notre incrédulité. Nous pouvons limiter le Saint-Esprit. Nous ne savons guère tout ce que nous perdons par manque d’une confiance simple, sincère et fervente en l’Esprit de Dieu.
Oh, puissent tous les bien-aimés du Seigneur prendre ces choses à cœur et se consacrer à une prière fervente et pleine de foi pour le progrès de l’œuvre de l’Esprit dans l’Évangile et dans l’assemblée. Puissions-nous rejeter toute confiance charnelle, tout regard tourné vers les hommes, les efforts humains et les mécanismes, et nous appuyer exclusivement sur la puissance du Saint-Esprit !
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