Mes Fêtes

Un exposé des Fêtes de l’Éternel (Lévitique 23)

Source : STEM Publishing

INTRODUCTION

« Tant que vous n’aurez pas étudié les trois séries de sept, vous ne saurez jamais où vous vous situez dans les dispensations de Dieu. » Ces paroles sont attribuées au regretté Dr Wolston. Les trois séries de sept auxquelles il faisait référence sont :

  1. Les fêtes de l’Éternel (Lévitique 23)
  2. Les paraboles du royaume (Matthieu 13)
  3. Les messages aux Églises (Apocalypse 2 et 3).

Cette affirmation est juste et l’étude de ces passages des Écritures sera très enrichissante. Un point intéressant est commun à ces trois séries : elles se divisent en quatre et trois. Il est évident que les quatre premières fêtes sont regroupées, de même que les trois dernières. Dans les paraboles, les quatre premières sont associées et les trois dernières aussi. Mais dans les messages aux Églises, ce sont les trois premiers et les quatre derniers qui vont ensemble. Un mot à ce sujet sera certainement utile.

Les quatre premières fêtes se sont accomplies dans le christianisme ; les trois dernières doivent encore s’accomplir en Israël. En Matthieu 13, les quatre premières paraboles ont été prononcées hors de la maison et les trois dernières à l’intérieur. Les quatre premières décrivent le royaume sous son aspect extérieur, visible de tous dans le monde. Les trois dernières le présentent d’une manière que seuls ceux qui sont instruits par Dieu peuvent comprendre. La grandeur et la corruption sont visibles extérieurement ; la valeur et l’unité sont cachées intérieurement et connues seulement de ceux qui sont instruits par l’Esprit. Ceci est suggéré par le fait que les disciples étaient seuls avec le Seigneur dans la maison. Dieu leur a donné des yeux et des oreilles afin qu’ils puissent comprendre le royaume à la fois sous ses aspects extérieurs et intérieurs (v. 16). En ce qui concerne les messages aux Églises, les trois premiers états décrits ont disparu, mais les quatre derniers se poursuivent jusqu’à la fin. Les conditions locales décrites dans ces Églises ont servi à montrer comment, historiquement, l’Église a agi en relation avec sa responsabilité dans ce monde. Voilà pour les trois séries de sept, mais nous nous intéressons principalement à la première série dans cette brochure.

À proprement parler, ce chapitre mentionne huit fêtes, de la fête du sabbat à la fête des Tabernacles. On remarque que la fête du sabbat est hebdomadaire, tandis que les sept autres sont annuelles. Le sabbat occupe une place à part, puisqu’il est la seule fête citée dans la première déclaration des « jours solennels de l’Éternel » (v. 2). Une note de J.N. Darby précise que « jours solennels » signifie « temps fixés (pour s’approcher de Dieu) ». Ce terme évoque également l’idée de rendez-vous. Cela nous éclaire sur la signification de ce calendrier sacré présenté dans ce chapitre. L’expression « jours solennels » est répétée au verset 4, distinguant ainsi le sabbat des autres fêtes et le plaçant dans une catégorie à part. La raison en est souvent expliquée ainsi : la première fête représente le but ultime de toutes ces fêtes. Les Psaumes sont souvent structurés ainsi : le sujet est énoncé au début du psaume, et le reste du psaume est consacré à la manière dont cet objectif a été atteint. Le sabbat est le but ultime parmi tous les voies de Dieu dans le temps. Afin de nous éclairer sur la manière dont ce but sera atteint, nous disposons des instructions détaillées de ce chapitre si intéressant. Tournons-nous donc vers lui.

Et l’Éternel parla à Moïse, disant : Parle aux fils d’Israël, et dis-leur : Les jours solennels de l’Éternel, que vous publierez, seront de saintes convocations. Ce sont ici mes jours solennels. (Lévitique 23:1-2)

« Et l’Éternel parla à Moïse »

C’est une parole d’autorité. En ces temps où abondent les faux docteurs (2 Pierre 2 :1), les saints de Dieu doivent veiller soigneusement à ce qu’ils écoutent et à ce que les personnes qu’ils écoutent relèvent de l’autorité divine. « L’Éternel parla. » Assurons-nous donc que ce que nous acceptons comme vérité divine est bien ce que Dieu nous a révélé dans sa Parole. Puis, assurés de cette Parole, ne tardons pas à la mettre en pratique. « Car Esdras avait disposé son cœur à rechercher la loi de l’Éternel, et à la faire, et à enseigner en Israël les statuts et les ordonnances » (Esdras 7:10). Notre Dieu désire que nous sachions ce qu’il fait pour sa propre gloire et pour satisfaire son amour. De plus, il veut que nous collaborions avec lui avec discernement. Il parle dans le but d’obtenir l’attention de son peuple et une réponse aux aspirations de son cœur.

« Parle aux fils d’Israël »

C’est à son peuple racheté qu’il s’adresse. À qui d’entre eux ? À tous. Ce message n’était pas réservé aux prêtres (sacrificateurs) ou aux princes, non, il s’adressait à toute l’assemblée. On a souvent tendance à laisser ces questions aux enseignants ou aux anciens. Dieu veut que chacun de ses enfants écoute ce qu’il a à dire, comprenne ce qu’il fait et apprenne ainsi comment le servir en relation avec le centre divin. Si j’appartiens à ce peuple, il est de ma responsabilité d’écouter ces messages et de rechercher la grâce d’y répondre pour le plaisir de Dieu.

« Les jours solennels de l’Éternel »

Cette déclaration nous révèle ce dont Dieu va parler à son peuple : ses fêtes, ces moments de joie où il peut se rassembler autour de lui et lui offrir quelque chose qui réjouit son cœur plein d’amour. Il cherche maintenant à toucher nos cœurs avec des mots comme « mes jours solennels ». Avons-nous le désir d’y répondre ? Non pas de nous préoccuper constamment de ce qu’il a fait pour nous, mais de découvrir ce que nous pouvons faire pour lui. À l’instar de la belle image de Jean 12 : « On lui fit donc là un souper ». Combien de fois, bien-aimés, nous approchons-nous de Dieu de cette manière ? Non pas pour toujours le rechercher pour ce que nous pouvons obtenir, ni même pour le louer pour ce que nous avons reçu, mais pour lui offrir, dans la louange et l’adoration, ce qui réjouit toujours son cœur. Pour nous intéresser à ce qu’il fait pour sa propre joie, et non seulement à ce qu’il a fait pour nous. Nous croyons que Dieu veut ainsi toucher nos cœurs avec cette déclaration : « MES JOURS SOLENNELS ».

« Saintes Convocations »

Ces termes évoquent des rassemblements. Il semble que notre Dieu se réjouisse de voir son peuple réuni, animé d’une seule et même pensée : le servir collectivement. Il protège ces rassemblements de toute intrusion de l’esprit charnel en nous rappelant que ces convocations sont « SAINTES » ! Nous devons nous en souvenir, aussi merveilleux que soit ce privilège, lors de nos réunions, afin d’être toujours conscients de sa présence ; de nous rassembler pour sa gloire, humbles, dépendants de lui, avec une sainte révérence dans nos âmes. C’est cet état qui conduira à un résultat spirituel qui sera véritablement une fête pour Dieu. Il en résultera une qualité, même si la quantité diminue, et tout n’en sera que meilleur, et Dieu sera plus justement loué. Telles sont donc les communications instructives adressées à nos âmes, nous préparant à la révélation de sa pensée dans ce chapitre merveilleux.

LE SABBAT

Six jours on travaillera ; et le septième jour est un sabbat de repos, une sainte convocation ; vous ne ferez aucune œuvre : c’est un sabbat [consacré] à l’Éternel dans toutes vos habitations. (Lévitique 23:3)

Nous avons déjà dit que cette première fête est le but ultime de toutes les autres. L’idée que Dieu instaurera un jour où le labeur cessera est un thème récurrent dans la Parole inspirée. Cela commence avec la création, relatée en Genèse 1-2. On lit : « Dieu eut achevé au septième jour son œuvre qu’il fit ; et il se reposa au septième jour de toute son œuvre qu’il fit. Et Dieu bénit le septième jour, et le sanctifia ; car en ce jour il se reposa de toute son œuvre que Dieu créa en la faisant. » (Genèse 2:2-3). Le sabbat signifie donc la cessation de tout travail. Mais le péché étant entré plus tard dans la création terrestre par Adam, Dieu doit recommencer à œuvrer pour réparer tous les ravages qu’il a causés. Plus tard, après avoir fait sortir les fils d’Israël d’Égypte, il rétablit le sabbat et leur en prescrit l’observation dans le quatrième commandement. De plus, il en fait le signe de l’alliance entre lui et eux (Exode 31:13). Si les fils d’Israël avaient respecté l’alliance, Dieu aurait rétabli le sabbat par leur intermédiaire. Mais leur faillite dans le désert mit fin à cette idée, et Dieu dut jurer qu’ils n’entreraient pas dans son repos. Ce sujet est longuement traité en Hébreux 4, un chapitre qui mérite d’être étudié en rapport avec la question du sabbat. Dans ce chapitre, nous lisons : « Il reste donc un repos sabbatique pour le peuple de Dieu » (v. 9). Le repos de la création fut rompu (v. 4). Il fut de nouveau proposé aux fils d’Israël dans le désert, mais Josué ne les y fit pas entrer. Il fut évoqué à nouveau dans le Royaume (Psaume 132:8), mais David ne l’a pas introduit. Comment alors sera-t-il introduit ? Les sept fêtes suivantes de notre chapitre nous le montrent. Il y a eu échec lors de la création ; échec sous la loi ; échec dans le Royaume, mais il sera assurément introduit. Sur la base de la mort de Christ, la fête des Tabernacles sera célébrée, et dans le monde à venir dont parle l’épître aux Hébreux, le repos de Dieu sera introduit. Nous qui avons cru, nous y entrerons (Hébreux 4:3).

Le repos est ici la grande pensée. Bien que le repos véritable de Dieu soit à venir, Il introduit ici certains détails qu’Il désire que Son peuple observe et célèbre comme une fête en Son honneur. Quel saint sabbat ce sera lorsque Son peuple se rassemblera enfin autour de Lui en une sainte convocation ! Si nous nous tournons vers Lévitique 25, nous en percevons l’ampleur. Même la création animale partagera ce repos lorsqu’il viendra (versets 6 et 7). Ceci est enseigné en Romains 8:21. Lorsque l’homme y sera enfin admis, la création sur laquelle il est seigneur y sera également admise. Durant cette fête, « aucune œuvre » ne doit être accomplie. Pour d’autres fêtes, nous lirons « aucune œuvre de service » (verset 7). Mais durant cette fête, il ne s’agit d’aucune œuvre. Une « œuvre de service » est bonne à sa place, car nous comprenons qu’elle désigne le travail relevant de la responsabilité (par opposition à l’activité dans le cercle divin) la routine quotidienne comme nous disons. Mais aucune œuvre, quelle qu’elle soit, ne doit être accomplie le jour du sabbat. C’est un repos complet. Nous croyons que le repos véritable se trouve lorsque, libérés de tout ce qui pourrait légitimement nous retenir ici-bas, nous nous asseyons dans la présence de Dieu, libres de contempler ce qu’il est pour nous et ce qu’il a fait pour sa propre gloire et sa propre satisfaction. C’est ce que nous pouvons faire lors d’une « sainte convocation ». Mais ce repos doit aussi nous caractériser dans nos habitations. On pourrait traduire cela par « à l’Éternel dans toutes vos habitations ». Bien que le repos de Dieu soit à venir, nous pouvons, ayant été approchés de lui, goûter quelque chose de ce repos par Christ. « Je vous donnerai du repos » (Matthieu 11:28). Ce repos doit donc remplir nos âmes, que ce soit dans notre sphère de responsabilité – l’habitation – ou, réunis selon le privilège chrétien – la sainte convocation. « Vos habitations » représentent notre côté, tandis que la « sainte convocation » représente le côté de Dieu lorsque son peuple se rassemble autour du centre divin. Ainsi, le fait de garder « à l’Éternel » présent à l’esprit nous conduira à une réponse directe adressée à Dieu, lui procurant ainsi de la joie. Si nous manquons cet aspect lors de nos réunions, nous en arriverons, nous aussi, là où les Juifs en sont arrivés : réduire les fêtes de l’Éternel aux fêtes des Juifs.

LA PÂQUE

Ce sont ici les jours solennels de l’Éternel, de saintes convocations, que vous publierez en leurs temps assignés. Le premier mois, le quatorzième [jour] du mois, entre les deux soirs, est la Pâque à l’Éternel. (Lévitique 23:4-5)

Par cette citation, nous entamons la série de fêtes qui nous présentent les dispensations divines, établies selon un plan précis, en vue d’atteindre le sabbat mentionné au début de ce chapitre. Nous commençons par le fondement essentiel de toute chose, pour la gloire de Dieu et la bénédiction de l’homme : la mort de notre Seigneur Jésus-Christ sur la croix. Remarquons ici une nouvelle expression : « en leurs temps assignés ». Chaque fête a son moment et son ordre dans ce chapitre, et nous devons veiller à les respecter. Comment pourrions-nous comprendre la bénédiction de la fête des Tabernacles si nous ne commencions pas par la croix de Christ ? L’expression « en leurs temps assignés » révèle un ordre divin, établi selon un plan précis. Le monde, au contraire, se saisirait volontiers de la bénédiction du Royaume, mais en ignorant la nécessité fondamentale de la fonder entièrement sur la MORT de Christ. Dieu agit selon sa propre voie et son propre temps, et nous devons nous conformer à ce plan si nous voulons nous approprier les bénédictions liées à ces fêtes.

Quel flot de pensées précieuses remplit nos âmes lorsque nous contemplons ce merveilleux thème de la rédemption par le sang ! Pour les fils d’Israël, cela signifiait la délivrance du joug du Pharaon et donnait à Dieu le fondement pour les faire sortir d’Égypte et les amener à Lui dans le désert. Nous savons qu’ils ont observé ce mémorial dans le désert (Nombres 9). Ils l’ont observé de nouveau une fois entrés dans la terre promise (Josué 5). Mais ils n’ont aspergé de sang les linteaux et les poteaux des portes qu’une seule fois. Cela nous rappelle l’application unique et définitive (« une fois pour toutes ») du sang de Christ. Il n’est jamais nécessaire de la répéter. Considérons ces trois aspects ensemble :

  • la rédemption par le sang et la délivrance du Pharaon et de l’Égypte (Exode 12) ;
  • un mémorial pour nous maintenir dans le caractère de pèlerin lors de notre traversée du désert et de notre marche vers l’héritage (Nombres 9) ;
  • notre introduction dans l’héritage (Josué 5).

La mort de Christ nous a donc conduits à Dieu et nous a fait sortir. Elle nous maintient dans le caractère de pèlerin lors de notre passage à travers ce monde ; et elle nous fait entrer dans le pays, l’héritage divin.

Pourtant, nous croyons que, dans ce chapitre, la fête dont il est question dépasse ces aspects. Il ne s’agit pas tant de la mort de Christ pour notre délivrance ici-bas, mais du fondement essentiel sur lequel Dieu bâtit tout pour sa propre gloire. C’est la « Pâque à l’Éternel ». Quel gain pour nos âmes de pouvoir considérer l’œuvre de Christ comme un moyen d’assurer le plaisir de Dieu, plus que comme un moyen de nous bénir ! En effet, Dieu se plaît à nous bénir, et c’est la raison première pour laquelle Christ est mort sur la croix. Ces deux idées sont clairement exprimées en Hébreux 10:9-10 : « Voici, je viens, ô Dieu, pour faire ta volonté » (v. 9) et « Par cette volonté nous avons été sanctifiés » (v. 10). Pourquoi est-il venu dans ce monde ? Pour faire la volonté de Dieu. Quelle est cette volonté ? Notre sanctification. Vraiment la « Pâque à l’Éternel ». C’est donc là ce qui semble être le thème ici : le mémorial de la mort de Christ accomplissant la volonté de Dieu, le fondement grand et éternel de tout pour la gloire de Dieu et la bénédiction éternelle de l’homme.

LA FÊTE DES PAINS SANS LEVAIN

Et le quinzième jour de ce mois, est la fête des pains sans levain à l’Éternel : sept jours, vous mangerez des pains sans levain. Le premier jour, vous aurez une sainte convocation ; vous ne ferez aucune œuvre de service ; et vous présenterez à l’Éternel, pendant sept jours, un sacrifice par feu : au septième jour [il y aura] une sainte convocation ; vous ne ferez aucune œuvre de service. (Lévitique 23:6-8)

Il est important de noter ici que cette fête découle de la Pâque et y est intimement liée. L’introduction habituelle à un nouveau sujet, à savoir « l’Éternel parla à Moïse et dit », n’est pas mentionnée ici. Cette fête est donc le corollaire de la Pâque. Elle symbolise la mise de côté du mal, car Christ est mort au péché une fois pour toutes (Romains 6:10). Elle représente notre réponse personnelle à l’œuvre objective de Christ sur la croix. S’il est mort au péché, nous devons, nous aussi, y mourir d’une manière concrète sur notre chemin chrétien. « Car aussi notre pâque, Christ, a été sacrifiée : c’est pourquoi célébrons la fête, non avec du vieux levain, ni avec un levain de malice et de méchanceté, mais avec des pains sans levain de sincérité et de vérité. » (1 Corinthiens 5:7-8). Ici, la fête des pains sans levain est perçue comme le résultat direct de la Pâque. C’est pourquoi l’Esprit nous exhorte à nous abstenir de tout levain. Il parle du levain de deux manières. D’abord, comme du vieux levain, puis comme de la malice et de la méchanceté. La première référence serait notre ancienne vie, avant que l’Évangile ne nous atteigne. Peut-être, dans le cas des Corinthiens, une allusion au culte des idoles et à la fornication notoire qui l’accompagnait. Pour eux, c’était du « vieux levain ». Le levain de malice et de méchanceté provenait de la chair qui était toujours en eux. Il fallait aussi le refuser, car même en rompant avec la fornication et le culte des idoles, ils portaient en eux la chair dont la malice et la méchanceté étaient toujours prêtes à ressurgir. Il fallait se débarrasser des deux. Mais si ces deux maux devaient être rejetés, il fallait accepter la sincérité et la vérité. Ce serait Christ tel qu’il est révélé à mon âme par l’Esprit.

  • Premièrement, je dois donc renoncer à mon ancienne vie.
  • Deuxièmement, je dois soumettre la chair et ses actes.
  • Troisièmement, je dois me nourrir de Christ comme nourriture pour mon âme et ainsi croître pour être comme lui, en sincérité et en vérité.

Si nous revenons à Exode 12, où la Pâque est mentionnée pour la première fois, nous lisons deux injonctions concernant le levain. Il devait être exclu de leur pain et de leurs maisons. Les fils d’Israël devaient manger la Pâque avec du « pain sans levain » (v. 8). Ils devaient ôter tout levain de leurs maisons (v. 15). Aucune Personne appréciant la mort de Christ en relation avec le péché ne voudrait voir de choses mondaines dans sa maison. Certains d’entre nous se sont réjouis de se débarrasser de ces traces de leur ancienne vie, lorsqu’ils vivaient pour eux-mêmes et non pour Dieu. C’est certes une bonne chose d’avoir la grâce et le courage de le faire. Mais tout cela, aussi important soit-il, est négatif. Il s’agit plutôt de ce dont nous nous sommes débarrassés par rapport à notre vie passée, ce que Paul appellerait peut-être dans sa lettre aux Corinthiens le « vieux levain ». Nous nourrissons-nous maintenant de pain sans levain ? Ces choses négatives, aussi importantes soient-elles, ne nourriront pas nos âmes. Dans le christianisme, il n’y a pas seulement un renoncement, il y a aussi un revêtement. Bien-aimés, ne sommes-nous que du côté négatif (ce à quoi nous avons renoncé), et négligeons-nous de nous nourrir de Christ, le vrai pain sans levain pour que nous puissions le revêtir ? Romains 13:14. Ils devaient manger du pain sans levain. Si nous voulons offrir à l’Éternel une fête de pains sans levain, Christ doit être la nourriture quotidienne de nos âmes. Ce n’est qu’en nous nourrissant de lui que nous grandirons à son image et que se reproduiront en nous les traits qu’il avait. Quelle fête pour Dieu de voir Christ être reproduit en un saint qui abhorre le mal et se nourrit du bien !

« Pendant sept jours, vous mangerez des pains sans levain »

De même que cette fête trouve son origine dans la Pâque, la réponse de 1 Corinthiens 5 nous indique que sa célébration remonte à la Cène, comme l’enseigne plus loin cette même épître. Ces sept jours nous mènent d’un dimanche à l’autre. Commençant par le souvenir de la mort de Christ, ou plutôt, par le souvenir de Lui dans sa mort pour nous, ces sept jours nous accompagnent tout au long de la semaine, pour marcher dans le monde d’une manière conforme à sa mort. De même que nous nous nourrissons spirituellement de lui lors de la Cène, nous continuons à nous nourrir de lui chaque jour de la semaine, et nos cœurs demeurent dans cette atmosphère sainte dans laquelle nous nous réjouissons lorsque nous sommes réunis pour la Cène. La pensée que sa mort régit chaque aspect de notre vie, afin que nous puissions être éloignés de ce pour quoi il est mort, est la raison pour laquelle nous observons cette fête pendant « sept jours ». Mais n’oublions pas que, si je veux avoir la force de me tenir à l’écart de tout le mal, je dois me nourrir quotidiennement de Christ.

Avec cette injonction de manger du pain sans levain pendant sept jours, vient celle d’offrir un sacrifice consumé par le feu pendant sept jours. Il s’agit d’une présentation de Christ à Dieu. Pourquoi ne pensons-nous à faire une offrande qu’une seule fois par semaine ? Notre Dieu désire que Christ soit présenté chaque jour, non seulement dans ce que nous pouvons dire, mais aussi dans ce que nous sommes, Le manifestant ainsi dans ce monde de ténèbres. Si nous nous nourrissons quotidiennement de Christ, quelque chose de sa perfection se verra en nous et deviendra « un sacrifice par feu pendant sept jours » pour l’Éternel. Si cela était vrai pour chacun d’entre nous, quels moments merveilleux nous vivrions lors de nos réunions ! Cette fête commence et se termine par une sainte convocation. Nos vies individuelles ont forcément une influence sur la communauté à laquelle nous appartenons. Si je me nourris de Christ, si je vis pour lui et si je le manifeste chaque jour, je serai une aide précieuse pour mes frères et sœurs lors de nos réunions. Ceci nous sonde beaucoup, mais si parfois l’observation de cette fête des pains sans levain ne me procure pas de plaisir, je peux demander la grâce de l’observer pour plaire à Dieu et ainsi en faire — même si cela me coûte — une « fête à l’Éternel ».

LA GERBE DES PRÉMICES

Et l’Éternel parla à Moïse, disant : Parle aux fils d’Israël, et dis-leur : Quand vous serez entrés dans le pays que je vous donne et que vous en aurez fait la moisson, vous apporterez au sacrificateur une gerbe des prémices de votre moisson (Lévitique 23:9-10)

Dans la fête de la Pâque, la mort de Christ nous est présentée ; Christ y est celui qui a porté le péché sous le jugement de Dieu à cause de nous. Vient ensuite la fête des Pains sans levain, qui en découle, symbolisant la mise de côté, de notre part, du mal pour lequel Christ est mort. La puissance pour mettre de côté le mal de nos vies se trouve lorsque nous nous nourrissons du véritable pain sans levain, Christ lui-même. Ainsi, nous grandissons à son image et sortons dans ce monde caractérisés par la sincérité et la vérité, la vieille vie abandonnée, la malice et la méchanceté rejetées comme étant les œuvres du vieil homme (de la chair). La fête de la gerbe des prémices nous conduit maintenant à sa résurrection d’entre les morts. Une note de J.N. Darby concernant le mot « gerbe » nous apprend qu’il signifie « omer ». Si nous nous tournons vers Exode 16:32, nous lisons : « Qu’on en remplisse un omer pour le garder pour vos générations ». C’est Christ présent dans la manne : un omer de manne et un omer des prémices. Qu’est-ce que cela signifie ? Le même Homme béni qui est venu dans ce monde dans l’humanité et qui est mort sur la croix par obéissance à la volonté de Dieu, est ressuscité d’entre les morts et vit pour la gloire de Dieu. Loué soit son nom ! C’est ce « même Jésus » ressuscité par la gloire du Père, le commencement d’un ordre entièrement nouveau, fruit du dessein de Dieu. C’est pourquoi nous lisons : « Quand vous serez entrés dans le pays. » Ils n’avaient pas de terre en Égypte, ni dans le désert, mais cette fête les situe au-delà du Jourdain, dans l’héritage que Dieu leur a donné. Bien-aimés, la résurrection de Christ nous a ouvert l’immense héritage céleste, au-delà du pouvoir de la mort. Il n’est donc pas étonnant que Pierre nous dise qu’il est incorruptible – la mort ne peut le toucher ; sans souillure – le péché ne le gâtera jamais ; inflétrissable – le temps n’y mettra jamais fin. Nous croyons que partout où nous trouvons la résurrection de Christ, quelque chose de nouveau s’ouvre à nos âmes. Paul nous parle aussi, en Éphésiens 1-2, de la grandeur de tout ce qui nous appartient dans les lieux célestes en Christ. « Le pays que je vous donne » signifie que nous ne l’avons ni gagné ni mérité, mais qu’il s’agit d’un don souverain de Dieu pour la bénédiction de nos âmes. C’est son pays, mais il nous le donne et nous sommes appelés à en jouir par la résurrection de Christ. Il est remarquable qu’en Éphésiens 1 l’on trouve fréquemment les pronoms « il » et « son » (et « sa ») à propos de Dieu.

Nous comprenons que cette gerbe, ou omer, était d’orge, car l’orge préfigure la résurrection de Christ et le blé (froment) sa gloire céleste. En Jean 6, il est dit que les cinq pains étaient faits d’orge – le seul évangéliste qui le mentionne – et il est également le seul à parler du grain de blé (Jean 12). Il est clair que la résurrection est le thème central de Jean 6:39-40, 44, 54. Nous pensons également que la gloire céleste est le thème de Jean 12:24-25. La moisson de l’orge en Israël avait lieu sept semaines avant celle du blé. Ajoutons une note du célèbre écrivain juif, le Dr Edersheim : « Dès le 14 Nisan, le champ où devait être moissonnée la première gerbe devait été marqué par les délégués du Sanhédrin, en liant en gerbes l’orge, encore sur pied, qui devait être coupée.» (Le Temple et son Ministère). Mais nous reviendrons sur ce sujet plus tard.

La « gerbe des prémices »

Elle représente donc Christ ressuscité d’entre les morts, comme nous le lisons en 1 Corinthiens 15:20 : « Mais maintenant Christ a été ressuscité d’entre les morts, prémices de ceux qui sont endormis. » Cette gerbe était ensuite apportée au sacrificateur. C’est la première fois qu’un sacrificateur est mentionné dans ce chapitre. Un sacrificateur est une personne sanctifiée pour s’approcher dans la présence de Dieu. Pourquoi le faire intervenir ici ? N’est-ce pas pour montrer que, par la résurrection de Christ, le chemin pour la présence de Dieu a été ouvert ? C’est l’une des nouvelles choses, comme évoqué précédemment, introduites par sa résurrection : un accès direct dans la présence de Dieu. Jésus est à la fois l’Apôtre et le Souverain Sacrificateur de notre confession (Hébreux 3:1). De plus, nous lisons en Hébreux 9:12 : « Il est entré une fois pour toutes dans les lieux saints. » Il est la réponse au sacrificateur et, ressuscité d’entre les morts, il est la réponse à l’omer entre les mains du sacrificateur. Il vit comme Grand Sacrificateur dans la présence de Dieu ; la véritable offrande tournoyée pour la satisfaction constante de Dieu.

Et il tournoiera la gerbe devant l’Éternel, pour que vous soyez agréés ; le sacrificateur la tournoiera le lendemain du sabbat. (Lévitique 23:11)

Une autre pensée profonde s’offre à nous ici : l’acceptation. Nous levons les yeux et contemplons l’Homme glorifié dans la présence de Dieu, dans le plein resplendissement de la faveur divine. En le contemplant, nous pensons à ce verset merveilleux : « Il nous a rendus agréables dans le bien-aimé » (Éphésiens 1:6). Qu’en est-il de nos péchés à présent ? Nous le contemplons encore et pensons : « comme il est, lui, nous sommes, nous aussi, dans ce monde » (1 Jean 4:17). Ressuscité d’entre les morts, Christ agit désormais à la réalisation de tout ce que sa mort a acquis pour la gloire de Dieu et la bénédiction de l’homme. Il est entré auprès de Dieu ; le sacerdoce est exercé ; l’homme est accepté ; et ainsi le passage est ouvert à travers le voile, afin que le service de Dieu dans le culte sacerdotal puisse se poursuivre.

Et le jour où vous ferez tournoyer la gerbe, vous offrirez un agneau [mâle] sans défaut, âgé d’un an, en holocauste à l’Éternel ; et pour son offrande de gâteau, deux dixièmes de fleur de farine pétrie à l’huile, un sacrifice par feu à l’Éternel, une odeur agréable ; et sa libation sera du vin, le quart d’un hin. (Lévitique 23:12-13)

Dans ces offrandes, apportées avec la gerbe des prémices, nous trouvons symboliquement tout ce qui a été accompli pour la gloire et la satisfaction de Dieu dans la vie de notre Seigneur ; tout ce qui a été accompli par sa mort expiatoire et tout ce qui a été établi par sa résurrection d’entre les morts. Si nous voulons pleinement bénéficier de tout ce que Dieu a assuré par l’incarnation de son Fils, la vie, la mort et la résurrection de notre Seigneur doivent être considérées comme les trois parties d’un tout grandiose ; et toutes ces choses vues ensemble et ayant une réponse glorieuse dans le Fils, homme glorifié, à la droite de Dieu. « Celui qui est descendu est le même que celui qui est aussi monté au-dessus de tous les cieux, afin qu’il remplisse toutes choses. » (Éphésiens 4:10). C’est la vie parfaite et sans péché de notre Seigneur qui a donné à sa mort toute son efficacité, et la réponse à tout cela est vue maintenant en Christ dans la gloire. Ces aspects sont tous suggérés dans le passage cité ci-dessus, comme nous espérons le démontrer.

« Un agneau [mâle] »

Cela nous présente clairement l’humanité de notre Seigneur. Il arrive qu’une femelle soit offerte en sacrifice et symbolise Christ (Lévitique 4:28 ; Nombres 19:2), mais ici, il s’agit d’un mâle. Peut-être que, dans la femelle, la mort du Christ est davantage envisagée en rapport avec nous, tandis que dans le mâle, elle symbolise davantage sa mort en relation avec Dieu. L’agneau nous parle de sa soumission à la volonté divine, comme l’enseigne si clairement Ésaïe 53. Cela devient un titre divin de notre Seigneur, comme nous le savons bien : « Voilà l’Agneau de Dieu. » Combien de fois avons-nous pris plaisir à prononcer ce titre dans une adoration fervente ! Pourtant, nous sommes-nous jamais demandé pourquoi ce n’était pas le Taureau de Dieu, ni le Bouc de Dieu, mais l’Agneau de Dieu ? Nous savons qu’Abraham avait cela à l’esprit, mais au grand jour des propitiations, c’était un taureau pour la maison d’Aaron et un bouc à la fois pour l’Éternel et pour le peuple. C’est ce titre, l’Agneau, qui est choisi. Nous pensons que la raison en est, comme nous l’avons déjà dit, qu’il symbolise la soumission et l’obéissance de notre Seigneur à la volonté de son Père. Mais ces questions méritent réflexion, car tous ces animaux présentent des aspects distinctifs de l’œuvre de notre Seigneur. Cette œuvre a été si vaste et si profonde qu’un seul animal ne suffit pas à la décrire dans tous ses détails. Ici, il s’agit de l’agneau, symbole de sa soumission à la volonté de son Père, telle que le jardin de Gethsémané la présente de façon éloquente.

« Sans défaut »

Ceci nous fait ressortir la perfection de l’humanité de notre Seigneur. Une tache est ce qui est présent mais qui ne devrait pas l’être. Un défaut est ce qui est absent mais qui devrait être présent. Dans le premier cas, il y a quelque chose en trop. Dans le second, quelque chose manque. Lévitique 21:18. Ici, nous remarquons qu’il s’agit d’être sans défaut. Il n’est pas question de tache. Il s’agit plutôt d’affirmer que chaque attribut convenable qui devait être trouvé dans l’homme se trouvait également en Christ. Le nonuple (x9) fruit de l’Esprit, que chaque croyant devrait manifester, était pleinement visible en Christ ici-bas. On pourrait presque dire que ces neuf caractères symbolisent l’humanité parfaite, car elles sont assurément la reproduction en nous, par l’Esprit, de tout ce qui a été manifesté en Christ lorsqu’il a vécu dans ce monde, dans sa soumission à Dieu, pour sa gloire. Il était parfait en chaque attribut de son humanité – sans défaut. (Galates 5:22-23).

« Âgé d’un an »

Il s’agit de Christ comme premier-né de Marie. De toute évidence, ce n’était que comme premier-né que sa naissance d’une vierge était possible (Luc 2:7). « De la première année », comme le dit la version anglaise du roi Jacques, clarifie davantage la pensée. Il semblerait que la naissance virginale de notre Seigneur soit ici préservée même symboliquement, comme ici.

« En holocauste à l’Éternel »

Ce type d’offrande symbolise le dévouement de notre Seigneur à la volonté de Dieu jusque dans la mort. Comme nous le savons par le premier chapitre du Lévitique, l’holocauste était entièrement pour Dieu. Il ne s’agit pas tant de la question du péché que de son obéissance à la volonté du Père. Non pas tant de la nécessité d’ôter le péché que de glorifier Dieu. « Voici, je viens pour faire ta volonté » : voilà ce que signifie l’holocauste (Psaume 40:7-8 ; Hébreux 10:7). Remarquez comment, dans le Psaume 40, l’expression « C’est mes délices » est mentionnée, tandis que dans la citation d’Hébreux 10, elle est omise. Ceci s’explique par le fait que le Psaume 40 se réfère principalement à l’holocauste, tandis qu’Hébreux 10 évoque également le sacrifice pour le péché. Le Fils se réjouissait toujours d’accomplir la volonté du Père en tant qu’holocauste, mais il ne se réjouissait pas d’être fait péché en tant que sacrifice pour le péché. C’est pourquoi, lorsque le péché est évoqué, l’expression « c’est mes délices » est omise. Ainsi, dans notre passage, c’est l’holocauste qui est présenté avec la gerbe tournoyée — ce qui représente Christ accomplissant le bon plaisir de Dieu par sa mort sur la croix.

« L’offrande de gâteau »

En elle nous avons la vie de Christ. L’offrande de gâteau est un sacrifice de nourriture. On le voit en Jean 6. Le Seigneur parle de lui-même dans ce chapitre comme du pain, un pain aux trois significations distinctes :

  • « Le pain de Dieu », ce qu’il est pour le cœur de Dieu ;
  • « Le pain vivant », ce qu’il est en lui-même ;
  • « Le pain de vie », ce qu’il est pour nous.

En tant qu’offrande de gâteau dans ce monde, il a rempli le cœur de Dieu ; il avait la vie en lui-même ; il donne la vie à tous ceux qui se L’approprient par la foi. L’offrande de gâteau devait être « pétrie à l’huile ». Ici, la conception de notre Seigneur par le Saint-Esprit est préfigurée. Si nous savons par ailleurs que « ointe d’huile » dirige nos pensées vers les rives du Jourdain où notre Seigneur fut publiquement oint, « pétrie à l’huile » dirige nos pensées vers sa sainte conception par l’Esprit et sa naissance virginale. Ainsi, l’offrande de gâteau nous rappelle ici le Fils de Dieu dans sa pleine humanité dans ce monde, sous le regard de Dieu.

« Fleur de farine »

Cette expression nous parle de ce qu’il a été dans son humanité. Ce mot, « fleur de farine », désigne en réalité « la partie la plus fine de la farine de blé » (Lévitique 2:1, note J.N. Darby). On a dit que notre Seigneur n’avait aucun trait de caractère particulier (JG Bellett). Il était parfait en tout point. Aucun aspect de son humanité ne surpassait un autre. Tout était parfaitement harmonieux en lui. Avec la farine, plus la mouture est fine, plus la pression est forte, plus le résultat est fin. Il en fut de même pour notre Seigneur. Où la pression exercée sur lui a-t-elle été la plus forte ? Dans le jardin de Gethsémané. Quel en fut le résultat ? « Que ta volonté soit faite, et non la mienne. » Chez nous, la pression révèle généralement nos faiblesses, rendant plus visibles nos défauts, mais chez lui, elle ne fit que mettre davantage en évidence sa parfaite humanité.

Le fait qu’il s’agisse de farine de blé nous rappelle aussi qu’il était « le second homme descendu du ciel ». Il donnait une dimension divine à tout ce qu’il faisait et disait. Ainsi, cette offrande de fleur de farine pétrie à l’huile nous amène à méditer sur la sainte conception de notre Seigneur, suivie de son chemin parfait d’obéissance, où chaque trait de l’humanité parfaite se manifestait en lui, réjouissant sans cesse le cœur de Dieu. Nous laissons de côté pour l’instant la mesure des « deux dixièmes », car nous la retrouverons plus loin dans ce chapitre.

À la lumière de tout cela, pouvons-nous nous étonner que Christ soit ressuscité d’entre les morts et qu’Il occupe la place la plus élevée dans la gloire de Dieu ? Qui aurait pu être plus digne de cette place ? Chaque trait de l’humanité parfaite s’est manifesté en lui, de la crèche à la croix : sa perfection sans péché, son obéissance à la volonté de Dieu qui l’a conduit à la croix, l’holocauste où tout était offert pour le plaisir de Dieu, et tout cela réuni en « sacrifice par feu à l’Éternel, une odeur agréable ». Quelqu’un d’autre que lui aurait-il pu, quelqu’un d’autre a-t-il pu, procurer une telle joie au cœur de Dieu ? Pouvons-nous alors nous étonner que Dieu lui ait donné la place la plus élevée dans la gloire ? Il semble que toutes ces offrandes soient introduites ici pour nous montrer que celui que Dieu a ressuscité et glorifié s’est montré digne de tout cela. Quelle autre réponse Dieu aurait-il pu donner au terme de ce chemin parfait ? Ainsi, nous voyons en Christ dans la gloire de Dieu, la réponse à tout ce qui s’est manifesté en lui ici-bas pour le plaisir constant de Dieu. Mais il reste encore une offrande à considérer.

« Sa libation sera du vin, le quart d’un hin »

C’est la première fois qu’il est question d’une libation dans le Lévitique. On lit dans la parabole de Jotham que le vin réjouit Dieu et les hommes (Juges 9:13). Cela nous donne une idée de la signification de la libation car, contrairement aux autres offrandes, le Lévitique ne nous donne aucune instruction à son sujet. Là où elle est mentionnée, elle semble évoquer la joie. Paul se compare lui-même à une libation (Philippiens 2:17). L’introduction de la libation à ce moment précis suggère la joie divine désormais établie en Christ à la droite de Dieu dans la gloire. Apparemment, cette joie attendait la résurrection de Christ. Cela concorde avec le verset : « ta face est un rassasiement de joie » (Psaume 16:11). Ici encore, la résurrection est évoquée. Ainsi, cette libation témoigne de la joie que Dieu éprouve désormais dans la parfaite réponse à toutes ses pensées centrées sur Christ dans la gloire, complément approprié à toutes les autres offrandes de cette section.

Et vous ne mangerez ni pain, ni grain rôti, ni grain en épi, jusqu’à ce même jour, jusqu’à ce que vous ayez apporté l’offrande de votre Dieu. [C’est] un statut perpétuel, en vos générations, dans toutes vos habitations. (Lévitique 23:14)

Il ressort clairement de ce passage que tant que Dieu n’avait pas assuré sa part en Christ ressuscité d’entre les morts, rien ne pouvait être donné aux fils des hommes. Les épîtres nous apprennent que Dieu nous donne de nombreuses bénédictions en Christ, mais il doit d’abord être glorifié avant que nous puissions participer à la moisson. Si nous considérons ces trois éléments à l’envers, nous les comprendrons mieux. Le grain en épi (les épis verts) symbolise la pleine vigueur de la vie. Le grain rôti représente ces mêmes épis après la mort. Le pain représente ces mêmes épis, nourriture pour nos âmes. Le grain en épi préfigure la vie de notre Seigneur sur terre. Le grain rôti symbolise Sa vie laissée sous le jugement de Dieu. Le résultat de tout cela est le pain, Christ que nous pouvons nous approprier comme nourriture pour nos âmes. Nous pouvons recevoir beaucoup de cette moisson en Christ ressuscité ; beaucoup de sa mort et de sa vie, mais nous ne pouvons recevoir aucun grain de cette moisson tant qu’il n’est pas ressuscité d’entre les morts et qu’il n’a pas reçu la place qui lui revient auprès de Dieu.

Cette fête ne fait aucune mention d’une « sainte convocation », mais insiste sur la notion des « habitations ». Elle nous présente Christ dans sa pleine responsabilité humaine, ayant accompli la volonté de Dieu, et la réponse à cela dans sa résurrection. Si nous faisons de cette fête une réalité dans nos habitations, en méditant en présence de Dieu sur ce que cet Homme est pour son plaisir constant, cela influencera chaque aspect de notre vie terrestre. Comprendre un tant soit peu qui il était et qui il est nous conduira à lui ressembler. « Nous tous, contemplant à face découverte la gloire du Seigneur, nous sommes transformés en la même image, de gloire en gloire, comme par le Seigneur en Esprit. » (2 Corinthiens 3:18). Il semble que Dieu désire que sa gloire morale rayonne en nous, dans nos habitations. La prochaine fête nous montrera comment cela se réalise.

LA FÊTE DES SEMAINES (PENTECÔTE)

Et vous compterez depuis le lendemain du sabbat, depuis le jour où vous aurez apporté la gerbe de l’offrande tournoyée, sept semaines ; elles seront complètes : vous compterez 50 jours jusqu’au lendemain du septième sabbat, et vous présenterez à l’Éternel une offrande de gâteau nouvelle. (Lévitique 23:15-16)

Nous voici arrivés à la célèbre fête de la Pentecôte – cinquante jours, comme l’étymologie du mot l’indique. Remarquons encore une fois que, tout comme la fête des pains sans levain découle de la Pâque, cette « offrande de gâteau nouvelle » découle de la gerbe des prémices. Le « lendemain du sabbat » est le matin merveilleux de la résurrection, et c’est à partir de là que commence le décompte pour cette fête. L’offrande de gâteau nouvelle est alors directement liée à Christ, depuis le matin de sa résurrection. Si nous nous tournons vers l’accomplissement de cette fête tel qu’il est relaté dans les Actes des Apôtres (chapitre 2), nous comprenons immédiatement en quoi consiste ce lien direct : l’association par l’Esprit avec Christ ressuscité et glorifié. Dans quel but ? Afin que les traits de Christ soient reproduits dans ce monde. Il était « l’offrande de gâteau ». Par l’Esprit, nous sommes « l’offrande de gâteau nouvelle ». Dieu agit pour reproduire les traits de Christ parmi ceux qui, dans ce monde, sont unis par l’Esprit à Christ là où il est allé. Il est merveilleux que Christ soit venu dans le monde, afin de manifester tout ce que l’Homme devrait être pour la joie et la gloire de Dieu. Étant qui Il est, le Fils ne pouvait faire autrement. Mais que Dieu puisse reproduire, et reproduise, ces mêmes traits bénis en des créatures comme nous est un triomphe éclatant de Sa grâce, de Sa sagesse et de Sa puissance. C’est là l’offrande de gâteau nouvelle. Nous sommes cette offrande, nous, l’assemblée chrétienne, scellés par l’Esprit, unis au Christ dans la gloire et manifestant ces traits parfaits de l’humanité vus en notre Seigneur lorsqu’il était dans ce monde. Et en manifestant ces traits, nous procurons de la joie au cœur de Dieu, car c’est l’un des jours solennels de l’Éternel. Continuons donc avec cette fête.

Vous apporterez de vos habitations deux pains, en offrande tournoyée ; ils seront de deux dixièmes de fleur de farine ; vous les cuirez avec du levain : ce sont les premiers fruits à l’Éternel. (Lévitique 23:17)

Le premier point que nous remarquons dans ce verset est la nature de cette offrande. Il s’agit de « fleur de farine ». C’est la même expression que pour l’offrande de gâteau présentée avec la gerbe tournoyée, et c’est toujours la même expression utilisée en Lévitique 2 à nouveau en rapport avec cette offrande de gâteau. Une note de J.N. Darby nous indique qu’il s’agit de « la plus fine partie de la farine de blé ». Nous avons vu précédemment que la gerbe tournoyée était d’orge ; maintenant, en considérant cette offrande, nous trouvons du blé. Cela ne nous rappelle-t-il pas que nous sommes unis par l’Esprit à un Christ glorifié, lequel Esprit, en accomplissement de cette fête, est descendu sur l’assemblée chrétienne, comme le rapporte Actes 2 ? Nous ne pouvions pas, dans ce passage du Lévitique, avoir la pensée de Christ glorifié, mais nous savons maintenant que c’est ce qui s’est produit et nous pouvons entrevoir cette vérité, contenue ici de manière symbolique. Cette fleur de farine représente donc la nature de Christ formée dans les saints par l’Esprit. En tant qu’offrande de gâteau en Lévitique 2, il s’agirait de présenter le « Second Homme venu du ciel » (1 Corinthiens 15:47). En tant qu’offrande de gâteau nouvelle en Lévitique 23, il s’agit de la nature de cet Homme céleste formé dans les saints, afin que son caractère se manifeste en eux comme une « fête à l’Éternel ». Christ n’est pas seulement maintenant le « Second Homme venu du ciel », il est ce même Homme glorieux, dans le ciel. Mais tout ce qui le caractérisait dans sa parfaite humanité lorsqu’il était dans ce monde a été formé aujourd’hui dans le cœur de l’assemblée chrétienne par l’Esprit, afin que cela se manifeste à nouveau pour le plaisir présent de Dieu.

Si la fleur de farine correspond à la nature de cette offrande, alors les « deux dixièmes » en sont la mesure. Nous nous référons à un point que nous avons omis d’aborder au verset 13, concernant l’offrande de gâteau. Nous lisons qu’il était également question de « deux dixièmes ». De plus, si nous nous tournons vers Lévitique 24:5, nous constatons que les douze pains de proposition étaient aussi de deux dixièmes de « fleur de farine [de blé] ». Là, comme nous le savons, il est fait référence aux douze tribus d’Israël. L’offrande de gâteau du verset 13 (Lévitique 23) représente Christ lui-même, le Second Homme venu du Ciel – « deux dixièmes de fleur de farine pétrie à l’huile ». L’offrande de gâteau nouvelle représente la formation de ses traits dans l’assemblée chrétienne d’aujourd’hui, selon la même mesure : « deux dixièmes de fleur de farine » (verset 17). Les douze pains de proposition préfigurent le jour où Israël représentera de nouveau Dieu dans ce monde, après l’introduction de l’Assemblée dans la gloire ; là encore, la mesure est identique : « chaque gâteau sera de deux dixièmes » (24:5). Nous percevons ici la volonté de Dieu de former cet Homme, dans sa nature et dans son caractère, dans l’assemblée chrétienne d’aujourd’hui, puis en Israël également, lorsque cette assemblée chrétienne sera dans la gloire. Dans le monde à venir, tant au ciel que sur terre, Christ, le Second Homme, sera visible en tous, comme le fruit de l’œuvre de Dieu. Il semble que Dieu veuille remplir l’univers des traits de cet Homme parfait, glorieux et glorifié. Christ sera tout et en tous.

« Deux dixièmes »

Dix, comme chacun sait, symbolise la responsabilité humaine. « Deux dixièmes » signifie ici une double responsabilité. Nous comprenons qu’il s’agit de l’amour de Dieu et de l’amour du prochain. En Genèse 3, nous voyons, à travers la faute d’Ève puis d’Adam, le péché contre Dieu. Puis, en Genèse 4, avec Caïn et Abel, le péché contre l’homme. C’est sur ce double fondement que l’homme est coupable devant Dieu. Lorsque la loi a été donnée à Israël, ces deux objectifs en constituaient l’essence. En effet, le Seigneur lui-même a déclaré que de ces deux éléments – l’amour de Dieu et l’amour du prochain – « dépendent toute la loi et les prophètes » (Matthieu 22:34-40). Parmi les dix commandements, quatre concernent la responsabilité envers Dieu et six envers les hommes. Agur avait cela à l’esprit dans sa prophétie, lorsqu’il mentionnait le vol envers l’homme et le blasphème (Proverbes 30:9). Et nous recevons à nouveau cette vérité dans la révélation faite à Zacharie : « car tout voleur sera détruit, selon ce [qui est écrit], d’une part ; et chacun qui jure sera détruit, selon ce [qui est écrit], de l’autre part » (Zacharie 5:3). Nous voyons là, en vision, la faillite d’Israël par rapport à l’alliance, de part et d’autre, et le jugement qui s’abat sur eux en conséquence. Lorsque notre Seigneur était parmi nous, nous lisons à son sujet, en tant que serviteur de l’Éternel : «il a rendu la loi grande et honorable. ». De même, dans le merveilleux discours sur la montagne, rapporté en Matthieu 5-7, nous lisons quatorze fois que le Seigneur dit : « mais moi, je vous dis. » « Vous avez entendu qu’il a été dit par les anciens » — la loi ; « mais moi, je vous dis » est plus élevé. Ou encore : « Tu aimeras ton prochain et tu haïras ton ennemi » — la loi ; « mais moi, je vous dis : aimez vos ennemis » — plus élevé. Il ne l’a pas amoindrie ni affaiblie ; Il l’a magnifiée et renforcée, puis, l’ayant magnifiée bien au-delà de ses exigences initiales, il l’a respectée dans tous ses aspects, l’a gardée, l’a honorée et a glorifié Dieu en relation avec elle. « Il a rendu la loi grande et honorable » (Ésaïe 42:21).

Voyez comment cela s’est accompli, jusqu’à la mort même de notre Seigneur. Dans l’Évangile de Jean, deux paroles de sa propre bouche montrent comment il a exprimé son amour pour Dieu et pour les hommes : « mais afin que le monde connaisse que j’aime le Père ; et selon que le Père m’a commandé, ainsi je fais. Levez-vous, partons d’ici !» (Jean 14:31) ; « Personne n’a un plus grand amour que celui-ci, qu’il laisse sa vie pour ses amis » (Jean 15:13). L’amour qu’il portait à son Père et celui qu’il portait à ses amis se sont parfaitement exprimés lorsqu’il a donné sa vie : d’une part pour la gloire du Père, d’autre part pour le besoin des siens. Et nous ne pouvons pas limiter cet amour aux siens, car, par amour pour toute l’humanité, il est mort pour tous sur la croix (2 Corinthiens 5,14). Voilà la réponse à la question des « deux dixièmes ».

« Vous les cuirez avec du levain »

Or, nous savons que le levain était strictement interdit dans « l’offrande de gâteau ». Il est pourtant ici introduit. Le levain – symbole du péché dans la chair – ne saurait faire partie de ce qui présente Christ dans son humanité. Il était « la sainte chose » (Luc 1:35). Mais le levain était mêlé à « l’offrande de gâteau nouvelle », car cela parle de nous. Ce que nous appelons la condition complexe du croyant. Dieu merci, nous avons tous en nous ce qui correspond à la fine fleur de farine, mais nous savons aussi certainement que le levain est présent. L’épreuve décrite en Romains 7, que nous avons tous traversée, le prouve : le bien et le mal s’affrontent. Le levain est toujours une figure du mal, comme nous pouvons le constater en consultant les différents passages du Nouveau Testament où il est mentionné.

  • « Le levain qu’une femme prit. » (Matthieu 13, 33). Nous comprenons qu’il s’agit d’idolâtrie. Cf. Zacharie 5, 5-11. (L’épha est la même chose que les trois mesures de la parabole).
  • « Le levain des pharisiens » — l’hypocrisie ;
  • « et celui des sadducéens » — l’incrédulité. Matthieu 16:6.
  • « Le levain d’Hérode » — la mondanité. Marc 8:15.
  • Paul utilise la même image en 1 Corinthiens 5:6. Ici, il s’agit manifestement du mal moral.
  • Il la mentionne à nouveau en Galates 5:9. Ici, il s’agit du mal doctrinal.

On le retrouve donc six fois dans le Nouveau Testament, et à chaque fois dans un sens négatif. Or, ces maux se trouvaient-ils en Christ ? Aucun, comme nous le voyons :

  • L’idolâtrie : « Tu adoreras le Seigneur ton Dieu, et tu le serviras lui seul.» Matthieu 4:10.
  • L’hypocrisie : « Ils lui disaient donc : Toi, qui es-tu ? Et Jésus leur dit : Absolument ce qu’aussi je vous dis. » Jean 8:25.
  • L’incrédulité — « L’Écriture ne peut être anéantie. » Jean 10:35.
  • La mondanité — « J’ai vaincu le monde. » Jean 16:33.
  • Le mal moral — « Qui d’entre vous me convainc de péché ? » Jean 8:46.
  • Le mal doctrinal — « Ma doctrine n’est pas mienne, mais de celui qui m’a envoyé. » Jean 7:16.

Or, si chacun de ces traits mauvais était absent en lui, ils sont tous présents en nous. Il est dit que les pains étaient « cuits ». Le feu neutralise ainsi l’action du levain. De même, le Saint-Esprit est descendu le jour de la Pentecôte comme des langues de feu. Dans ce caractère, l’Esprit qui habite en nous a la puissance de neutraliser ces mauvaises tendances qui sont en nous à cause du péché. Ce n’est que lorsque le levain est ainsi neutralisé que les caractéristiques de la fine fleur de farine se manifesteront. Alors seulement, l’offrande de gâteau nouvelle sera visible.

« Ce sont les premiers fruits à l’Éternel »

Nous avons déjà vu que la gerbe des prémices représentait des premiers fruits et faisait référence à Christ ressuscité d’entre les morts (1 Corinthiens 15:20). Voici d’autres prémices (ou premiers fruits). Nous pensons que les premières se rapportent à la moisson de l’orge, et les secondes à celle du blé (froment). La moisson du blé (froment) et l’offrande de gâteau nouvelle sont associées en Exode 34:22 : « Et tu feras la fête des semaines, des premiers fruits de la moisson du froment. » Ce verset établit que la moisson avait lieu sept semaines après celle de l’orge. La moisson de l’orge trouve son accomplissement en Christ ressuscité d’entre les morts, et la moisson du froment dans la formation de l’Assemblée par le Saint-Esprit. Ainsi, nous lisons : « pour que nous soyons une sorte de prémices de ses créatures » (Jacques 1:18). Si Christ est les prémices, comme ressuscité d’entre les morts, alors l’Église est les premiers fruits offerts à Dieu, de tous ceux qui seront bénis par l’œuvre de Christ. Israël n’est pas encore entré dans la bénédiction, et lorsqu’il y entrera, une partie des nations non juives en bénéficiera également par son intermédiaire. Mais l’Assemblée est les premiers-fruits et la seule à recevoir, pour l’instant, cette bénédiction. Jacques faisait référence à la partie chrétienne du peuple juif qui, séparée de la nation par sa conversion à Christ, jouissait déjà de la bénédiction de Dieu. C’est à cette assemblée que nous appartenons tous, nous qui avons accepté Christ comme notre Sauveur : Juifs et non-Juifs, désormais unis en Christ.

« Vous apporterez de vos habitations »

C’est là que doit être produite l’offrande de gâteau nouvelle. Non pas lors des rassemblements (convocations), mais dans nos habitations. Où donc Christ doit-il être vu en nous ? Dans le cercle responsable où nous évoluons. Il est si facile d’agir et de parler correctement lorsque nous nous réunissons, mais c’est dans nos habitations que ces choses sont véritablement mises à l’épreuve. Si nous nous tournons vers Colossiens 3, nous verrons comment les traits de Christ se manifestent dans les trois grands cercles qui composent notre vie.

Le point essentiel de ce chapitre (Colossiens 3) est de dépouiller le vieil homme et de revêtir le nouvel homme. Il est dit que nous l’avons fait (versets 9 et 10). Mais avons-nous revêtu les actes du nouvel homme ? C’est là l’exhortation. Que le nouvel homme soit Christ, manifesté de façon caractéristique dans les saints par l’Esprit, ce chapitre le démontre, car chaque trait du nouvel homme est une reproduction de Christ, le Second Homme. Il n’est jamais dit que Christ est le nouvel homme, il est le Second Homme, mais chaque trait du nouvel homme s’est manifesté en lui pour la première fois. Ce n’est pas tant Christ personnellement, mais Christ manifesté dans ses caractères (caractéristiquement) dans les saints par l’Esprit, qui est appelé le nouvel homme. Nous croyons qu’il y a un lien étroit avec l’offrande de gâteau nouvelle qui nous est présentée ici. Quels sont donc les actes du nouvel homme ? La sainteté, l’amour, la miséricorde, la bonté, l’humilité, la douceur, la patience (v. 12). Le support et le pardon (v. 13). Et considérez la mesure du pardon : « comme Christ vous a pardonné ». Dites-vous : « Je ne peux pas pardonner ainsi » ? Vous le pouvez ! L’Esprit façonne en votre âme deux dixièmes de fleur de farine. Si je n’avais pas la nature de Christ, je ne pourrais pas pardonner comme Christ, mais le fait qu’il me soit demandé de le faire prouve que je le peux. Combien de fois chantons-nous ensemble ?

Comme toi dans la foi, dans la douceur, dans l’amour,
Dans toute grâce magnifique ;
Transformés de gloire en gloire,
Jusqu’à ce que nous contemplions ta face.

Nous devons donc être marqués par l’amour, le lien de la perfection ; laisser la paix de Dieu régner dans nos cœurs et nos vies, et lui témoigner une profonde reconnaissance pour sa grâce et sa miséricorde envers nous jour après jour (versets 14 et 15). Cela implique de se contenter de ce que nous possédons. La parole de Christ doit avoir une place de choix dans nos cœurs afin que nous soyons riches en sagesse et ainsi capables de nous enseigner et de nous exhorter les uns les autres. C’est ainsi que notre Seigneur a aidé ses disciples. Alors, à l’unisson, que ce soit par des Psaumes – ce qui est en rapport avec notre expérience spirituelle ; par des hymnes – louant le nom de Dieu ; par des cantiques spirituels – chantant en rapport avec la vérité doctrinale, tout cela comme fruit de la grâce dans le cœur, nous chantons au Seigneur (verset 16) : « Et quelque chose que vous fassiez, en parole ou en œuvre, [faites] tout au nom du seigneur Jésus, rendant grâces par lui à Dieu le Père » (verset 17). Tel est donc le premier cercle où se manifeste l’offrande de gâteau nouvelle – le cercle chrétien.

Un autre cercle nous est présenté aux versets 18 à 21 : le cercle familial, qui correspond davantage aux « habitations ». Comment pouvons-nous appliquer ces différentes relations à Christ ? C’est une question qui revient souvent. Nous savons qu’il n’a jamais noué de relations telles que celles d’épouse, d’époux ou de père. Comment, dès lors, sa vie sur terre peut-elle nous servir d’exemple ? De la manière suivante :

  • « Femmes, soyez soumises à vos maris.» La soumission a été vue en Christ.
  • « Maris, aimez vos femmes.» L’amour a été vu en Christ.
  • « Enfants, obéissez à vos parents.» L’obéissance a été vue en Christ.
  • « Pères, n’irritez pas vos enfants.» La grâce a été vue en Christ.

Ce sont là les marques de l’offrande de gâteau nouvelle, visibles au sein du cercle familial.

Troisièmement, considérons le cercle professionnel. Les serviteurs doivent être obéissants et fidèles (versets 22-25). Les maîtres doivent être justes et équitables envers leurs serviteurs (Colossiens 4:1). Toutes ces vertus morales ont été vues en Christ. De même, dans les sphères chrétienne, familiale et professionnelle, les traits de Christ se reflètent en chacun et dans toutes les relations. Ainsi, les deux dixièmes de fine fleur de farine seront une évidence, même si le levain est encore présent en nous, bien que neutralisé par la puissance de l’Esprit de Dieu. Les deux pains symbolisent le fait que cette nouvelle communauté est composée de Juifs et de non-Juifs. Non pas tant le mystère, difficilement abordable dans ces passages symboliques, mais plutôt la nouvelle communauté décrite en Romains 15 : une communauté qui n’est pas encore un seul corps.

Et vous présenterez avec le pain sept agneaux sans défaut, âgés d’un an, et un jeune taureau, et deux béliers : ils seront un holocauste à l’Éternel, avec leur offrande de gâteau et leurs libations, un sacrifice par feu, une odeur agréable à l’Éternel. (Lévitique 23:18)

Chaque offrande que Dieu a instituée pour illustrer un aspect de Christ est présentée avec cette offrande de gâteau nouvelle. Holocauste, offrande de gâteau, sacrifice de prospérités, sacrifice pour le péché, libation : toutes sont là. Cela ne suggère-t-il pas que nous avons ici une communauté qui se tient fermement dans tout ce que Christ a accompli par sa mort sur la croix ? Cette communauté se tient fermement devant Dieu dans tout ce que Christ a réalisé pour la gloire de Dieu ou la bénédiction des hommes. De plus, elle est divinement équipée pour tout comprendre et y répondre pour la gloire de Dieu. Nous vivons à une époque où Dieu non seulement déclare clairement ce qu’il a fait et fait en conséquence de l’œuvre de Christ, mais il nous a aussi donné la capacité de le comprendre et d’y répondre pour sa propre gloire et sa propre joie maintenant. Bien-aimés, dans quelle faveur sommes-nous ! Toutes ces offrandes sont présentées avec le pain.

Sans revenir sur ce qui a déjà été abordé concernant ces offrandes, il y a quelques points nouveaux que nous devons remarquer. Toutes les offrandes mentionnées dans ce verset sont décrites comme « une odeur agréable ». Cela nous rappelle ce que Christ a toujours été dans son chemin d’obéissance jusqu’à la mort, en soumission à la volonté de son Père. Le taureau symbolise sa persévérance. Jamais il ne s’est détourné, mais il a persévéré jusqu’à ce que la volonté de Dieu soit accomplie sur la croix. Quelle joie cela a dû être pour le Père ! Aucune épreuve, aucune difficulté ne l’a jamais fait dévier. « Je fais toujours les choses qui lui plaisent » (Jean 8:29). Il a enduré la contradiction des pécheurs, mais rien ne l’a détourné. Les deux béliers symbolisent son dévouement à la volonté de Dieu. Le taureau représente sa puissance pour accomplir cette volonté, tandis que le bélier représente son désir de l’accomplir. « Avec leur offrande de gâteau » évoque à nouveau sa parfaite humanité, qui a donné toute efficacité à ses actes, lorsqu’il a scellé son chemin d’obéissance parfaite en mourant sur la croix. La libation témoigne encore de la joie que Dieu a retirée dans le fruit de l’œuvre de Christ. Nous, bien-aimés, sommes associés à tout cela, car ces offrandes étaient présentées « avec le pain ».

Et vous offrirez un bouc en sacrifice pour le péché, et deux agneaux âgés d’un an en sacrifice de prospérités. (Lévitique 23:19)

En y repensant un instant, il est bon de noter qu’il n’est fait mention d’aucun sacrifice pour le péché dans la gerbe des prémices. Cela illustre la grâce divine : le péché a été si efficacement vaincu par la mort de Christ qu’il ne revient plus jamais dans sa résurrection. Sa mort a effacé le péché et sa résurrection témoigne de sa mise de côté définitive (Romains 4:5 ; Romains 8:34). En Christ ressuscité d’entre les morts, la question du péché est réglée pour nous une fois pour toutes (Hébreux 9:28 ; Hébreux 10:12). Cependant, un sacrifice pour le péché est présenté ici en raison de notre situation particulière. Ce sacrifice, à l’image du levain, permet à cette assemblée de demeurer dans la bénédiction de l’acceptation. Si le péché surgit chez l’un d’entre nous, « nous avons un avocat auprès du Père, Jésus-Christ le juste » (1 Jean 2:1). « Vous offrirez un bouc en sacrifice pour le péché. » Il a été offert, son sang versé, et nous sommes justifiés devant Dieu. Ceci nous donne l’assurance nécessaire pour servir Dieu. « Un bouc [= d’entre les chèvres]. » En Exode 12, nous lisons : « vous le prendrez d’entre les moutons ou d’entre les chèvres. » Pourquoi retenons-nous si souvent l’agneau dans ce chapitre et ignorons-nous complètement le chevreau (d’entre les chèvres) ? Les Israélites avaient le choix entre un agneau (d’entre les moutons) et un bouc (d’entre les chèvres). Pourquoi ? Nous croyons que l’un est le pendant de l’autre. Dans l’agneau, nous voyons préfigurer la volonté de notre Seigneur de mourir, tandis que dans le chevreau, nous voyons préfigurer sa capacité de mourir. On a souvent souligné que Moïse était prêt à mourir pour le peuple, mais qu’il n’en avait pas la capacité (Exode 32:32). Paul semblait lui aussi aller dans cette direction (Romains 9:3), mais là encore, malgré sa volonté, il n’en avait pas la capacité. Béni soit Dieu, Christ était à la fois prêt et capable. Il a répondu à la fois à l’agneau et au chevreau. Nous avons un beau cantique qui commence par « Agneau pascal, désigné par Dieu ». Pourquoi pas un cantique « Chevreau pascal, désigné par Dieu » ? Un pendant essentiel, selon nous. C’est donc du bouc (d’entre les chèvres), et non de l’agneau, dont il est question ici.

« En sacrifice de prospérités »

Comme chacun sait, le sacrifice de prospérités symbolise la communion. Un merveilleux cercle de communion s’est formé aujourd’hui, fondé sur la mort de Christ. Ce sacrifice n’a pas été mentionné dans le chapitre précédent. La communion ne pouvait commencer que lorsque, de la part d’un Christ glorifié, le Saint-Esprit est descendu et a associé cette assemblée dans la bénédiction et la joie de tout ce que Christ avait accompli. Elle a commencé le jour de la Pentecôte, comme on le voit en Actes 2 : « Et ils persévéraient dans la doctrine et la communion des apôtres. » (v. 42). C’est une communion qui ne peut se réaliser que par la puissance du Saint-Esprit. Nous la vivons dans la communauté locale à laquelle nous sommes rattachés (1 Corinthiens 1:9) : « Dieu, par qui vous avez été appelés à la communion de son Fils Jésus Christ, notre Seigneur, est fidèle. » Nous la vivons aussi dans nos âmes par le Saint-Esprit, lorsque nous sommes conduits à la communion avec le Père et le Fils (1 Jean 1:3). Ce dernier aspect est personnel. Dès le don du Saint-Esprit, nous sommes introduits dans la communion des saints collectivement et dans la communion individuelle avec le Père et le Fils. Christ, sacrifice de prospérités, est au cœur de tout cela. La plus belle description de ce grand privilège se trouve en Luc 15. On y voit le père, son plus jeune fils et tous les autres présents, partageant la joie de manger le veau gras. Voilà, en image, le christianisme d’aujourd’hui.

Et le sacrificateur les tournoiera avec le pain des premiers fruits, en offrande tournoyée devant l’Éternel, avec les deux agneaux : ils seront saints, [consacrés] à l’Éternel pour le sacrificateur. (Lévitique 23:20)

Le fait de tournoyer ces choses « devant » l’Éternel conjointement avec le pain a pour but de permettre au regard de Dieu de se poser sur elles. Qu’il voie chaque trait de son Fils, tournoyé en association avec les pains, afin qu’il bénisse ceux dont parlent ces pains à Ses yeux. Quatre expressions reviennent fréquemment dans les livres de Moïse et méritent d’être expliquées : « Comme l’Éternel », « De l’Éternel », « Devant l’Éternel », « À l’Éternel ».

  • L’expression « comme l’Éternel » est généralement suivie de « commanda à Moïse ». Cela implique de notre part l’obéissance.
  • L’expression « de l’Éternel » nous indique que, quel que soit le sujet, il est d’origine divine.
  • L’expression « devant l’Éternel » désigne tout ce que nous faisons devant lui pour lui plaire.
  • L’expression « à l’Éternel » désigne tout ce que nous lui rendons ou lui offrons directement.

Ainsi, dans notre service pour Lui, si nous entreprenons par obéissance ce qui vient de Lui, et que nous le gardons dans nos cœurs devant Lui, nous aurons beaucoup à Lui offrir en louanges et en adoration. Tel est, nous le croyons, l’ordre qui nous est donné.

Ces sacrifices ayant été tournoyés, il nous est dit qu’ils étaient « saints, à l’Éternel pour le sacrificateur ». Ce sont là les choses qui soutiennent le sacerdoce : Christ et tout ce qu’Il représente en association avec Son peuple. Il ne pouvait exercer son sacerdoce indépendamment de Son peuple. Cela n’aurait aucun sens. Nous avons remarqué comment le sacrificateur était introduit avec la gerbe tournoyée. Il s’agit de Christ qui est entré et a ouvert le chemin d’accès dans la présence de Dieu. Mais cette fête nous montre que le sacerdoce s’exerce en relation avec la communauté chrétienne. Si nous nous tournons vers l’épître aux Hébreux, où ce sujet est si pleinement développé, nous apprenons en Hébreux 9 que, ayant obtenu une rédemption éternelle, Christ est entré dans les lieux saints (v. 12). En réponse à cela, en Hébreux 10, nous sommes exhortés à y entrer (verset 19). Christ est vu pour ainsi dire vêtu des vêtements de gloire et de beauté au chapitre 9 – la réponse à Aaron le jour de sa consécration. Mais au chapitre 10, il est plutôt vu entouré d’une compagnie, la réponse aux fils d’Aaron. Au chapitre 9, il est là [au ciel] et nous sommes ici [sur terre]. Il est là pour nous. C’est la représentation. Mais au chapitre 10, nous avons aussi notre place. C’est l’association. Aaron n’avait pas seulement des vêtements officiels, il avait aussi une famille de fils. Ses vêtements étaient faits pour qu’il puisse représenter le peuple dans la présence de Dieu. Il pouvait s’y rendre, mais eux non. Ses fils, d’un autre côté, ont été oints avec lui afin de partager avec lui le privilège sacerdotal. Nous contentons-nous de la représentation et négligeons-nous le privilège de l’association ? C’est précisément la différence entre Hébreux 9 et 10. En tant que sacrificateur, il est entré. De ce fait, en tant que sacrificateurs, nous pouvons entrer. D’où l’exhortation : « Approchons-nous. »

Et vous publierez [une convocation] en ce même jour ; ce sera pour vous une sainte convocation ; vous ne ferez aucune œuvre de service : [c’est] un statut perpétuel, dans toutes vos habitations, en vos générations. (Lévitique 23:21)

Nous arrivons maintenant, pour cette fête, à « une sainte convocation ». Quels que soient les occupations de notre vie individuelle, n’oublions jamais la joie que Dieu éprouve à rassembler son peuple. Si nous marchons devant lui, lui étant agréables, nous apprécierons et contribuerons à la sainte convocation. Quel privilège, libérés des choses légitimes – les œuvres de service, de nous réunir pour jouir de la grâce qui nous est accordée en Christ ! Non pas pour servir Christ par contrainte, ni pour adorer Dieu servilement, mais dans la liberté de fils par l’Esprit, pour louer et adorer le Père en esprit et en vérité. Ainsi se manifestera une fête en l’honneur de Dieu lors de cette sainte convocation.

« Un statut perpétuel »

Cette phrase nous met en garde contre les innovations modernes dans les choses de Dieu. Cette fête préfigure la réponse grandiose à tout ce que Christ a accompli, et tout cela trouve aujourd’hui sa pleine application au sein de la communauté chrétienne. La vérité de tout cela a été révélée dès le début de cette dispensation, et nous sommes sages de persévérer jusqu’à la fin. Il ne s’agit pas seulement de « dans toutes vos habitations », mais aussi « en vos générations ». Il se peut que, dans les générations suivantes, certains aient pensé que cette fête était dépassée. Qui sait ? Ce pourrait même avoir été ce mal qui les a finalement réduits à en faire les « fêtes des Juifs ». Un statut perpétuel préserverait les fidèles d’une telle pensée. En ces temps de modernisme dans les choses de Dieu, efforçons-nous plutôt de « combattre pour la foi qui a été une fois enseignée aux saints » (Jude 3). Nous pourrons alors assumer toutes les responsabilités et jouir de tous les privilèges qui nous reviennent en tant qu’offrande de gâteau nouvelle, et, gardant ces choses intactes dans nos cœurs, nous offrirons ce qui sera véritablement une fête pour notre Dieu.

D’un point de vue dispensationnel, ces quatre fêtes nous ramènent précisément à notre époque, selon le calendrier divin. Commençant par la Pâque – la mort de notre Seigneur pour racheter un peuple à Dieu. La fête des pains sans levain – la mise de côté concrète du mal par la communion avec Christ, nourriture de nos âmes. La gerbe des prémices – Christ ressuscité. L’offrande de gâteau nouvelle – une assemblée associée à Christ ressuscité, reproduisant ses traits dans ce monde par la puissance de l’Esprit de Dieu, envoyé par Christ glorifié le jour de la Pentecôte. C’est le christianisme, notre époque, qui commence le premier jour de la semaine, jour de la résurrection de Christ. Nous sommes encore dans cette époque et y resterons jusqu’à ce que nous entendions le CRI du Seigneur ; alors nous quitterons la terre pour prendre notre place au ciel. Israël et une partie des nations seront alors suscités pour rendre témoigne pour Dieu dans le monde, bien qu’aucun peuple non juif ne semble être mentionné dans ce chapitre. Pour cela, il nous faut nous tourner vers le livre de l’Apocalypse (Apocalypse 7:9-17). Ainsi, les quatre premières fêtes trouvent aujourd’hui leur accomplissement dans le christianisme. Les trois dernières fêtes attendent leur accomplissement au temps où Israël sera de nouveau appelé par Dieu à occuper la place qui lui est réservée dans le « monde à venir » (Hébreux 2:5). Il y aura une période entre l’entrée de l’Église dans la gloire et la manifestation de cette gloire dans le Royaume à venir. C’est pourquoi le réveil d’Israël, sa repentance nationale et sa délivrance finale sont préfigurés dans les trois fêtes suivantes. Avant de les aborder, il convient toutefois de dire un mot sur le verset 22. Un coup d’œil à la traduction Darby révèle que ce verset se trouve dans le même paragraphe que l’offrande de gâteau nouvelle, le reliant ainsi aux quatre premières fêtes.

LE TEMPS DU RÉSIDU

Et quand vous ferez la moisson de votre terre, tu n’achèveras pas de moissonner les coins de ton champ, et tu ne glaneras pas la glanure de ta moisson ; tu les laisseras pour le pauvre et pour l’étranger. Moi, je suis l’Éternel, votre Dieu. (Lévitique 23:22)

Certains ont pensé que ce verset suggérait que les nations n’obtiendraient qu’une part infime des bénédictions d’Israël, mais il est peu probable que ce soit sa signification. En effet, les bénédictions actuelles dépassent de loin tout ce qui a été promis à Israël. Nous pensons qu’il s’agit d’un héritage de cette grande époque du christianisme, destiné à soutenir un résidu qui se tiendra pour Dieu jusqu’à ce qu’Israël retrouve publiquement sa place dans le monde à venir. Après la multiplication des pains, nous lisons qu’il restait douze paniers de restes (Matthieu 14), un pour chacune des douze tribus d’Israël. Nous pensons que ces restes se trouvent notamment dans les dix premiers chapitres de l’Évangile selon Matthieu : « Vous n’aurez point achevé [de parcourir] les villes d’Israël, que le fils de l’homme ne soit venu » (Matthieu 10:23). Cette mission n’a jamais été pleinement accomplie en raison du rejet de Christ. A la suite de sa mort et de sa résurrection, nous lisons qu’une autre mission leur a été confiée (Matthieu 28). Il ne fait guère de doute que cette mission du chapitre 10 décrit l’Évangile que le résidu du peuple embrassera après l’enlèvement de l’Assemblée dans la gloire. Il prépare l’avènement du Messie. Ceci nous amène à un autre lien intéressant : Jean-Baptiste a été choisi pour préparer la venue du Messie, et son histoire nous montre qu’Israël devra parcourir à nouveau ce chemin, mais que l’issue sera différente.

Dans le dernier livre de l’Ancien Testament, l’Éternel a promis qu’avant le jour du Seigneur, il enverrait Élie (Malachie 4:5). Il est clairement dit que Jean-Baptiste accomplissait cette promesse. En annonçant sa naissance, l’ange déclare : « Et il ira devant lui dans l’esprit et la puissance d’Élie. » À cela s’ajoute le témoignage de notre Seigneur lui-même. Parlant de Jean, il dit : « Et si vous voulez recevoir [ce que je vous dis], celui-ci est Élie qui doit venir » (Matthieu 11:14). Mais notre Seigneur dut encore dire à ses disciples : « mais je vous dis qu’Élie est déjà venu, et ils ne l’ont pas reconnu ; mais ils lui ont fait tout ce qu’ils ont voulu ; ainsi aussi le fils de l’homme va souffrir de leur part » (Matthieu 17:12). Il est frappant, au vu de tous ces témoignages, que lorsque les pharisiens demandèrent à Jean s’il était Élie, il répondit : « Je ne le suis pas. » (Jean 1:21). Pourquoi ? La réponse nous est donnée par notre Seigneur. « Si vous voulez le recevoir. » Ainsi, Jean était Élie pour tous ceux qui l’ont reçu. Pour ceux qui l’ont rejeté, il ne l’était pas. Ceux qui lui demandaient s’il était Élie étaient précisément ceux qui ont rejeté son témoignage et qui, plus tard, ont crucifié celui dont Jean avait rendu témoignage. Pour eux, il n’était certainement pas Élie. Mais pour les âmes simples comme les disciples, il était tout aussi sûrement Élie. Or, en Jean, nous trouvons l’accomplissement de l’annonce prophétique faite à Malachie. Le Seigneur a de nouveau témoigné de ce fait. Il était la synthèse de toutes les prophéties de l’Ancien Testament qui annonçaient le Messie. « Car tous les prophètes et la loi ont prophétisé jusqu’à Jean » (Matthieu 11:13). Et il lui a été donné d’introduire la réponse grandiose à tout ce que Dieu avait promis en présentant le Christ de Dieu. Commençant par Jean et se poursuivant avec le début du ministère de notre Seigneur, nous voyons le Royaume présenté à Israël conformément aux paroles prophétiques de l’Ancien Testament. Ceci est pleinement présenté dans l’évangile de Matthieu. Mais une crise est survenue. Le peuple qui avait rejeté Jean a fait clairement savoir qu’il n’accepterait pas Celui à qui Jean rendait témoignage, et au chapitre 11 de cet Évangile, nous apprenons que le Roi est rejeté. De la même bouche qui prononçait « Béni, béni », nous entendons maintenant « Malheur, malheur » (Matthieu 5,3 ; Matthieu 11,21). Si Matthieu 11 nous apprend qu’Israël a rejeté son Roi, Matthieu 12 nous apprend que le Roi rejette maintenant Israël. S’ensuit, de Matthieu 13 à 18, la révélation du nouveau vase que notre Seigneur appelle « mon assemblée » (Matthieu 16,18). Pour l’instant – dans le ministère de notre Seigneur – la présentation du Royaume à Israël – en lien avec les prophéties de l’Ancien Testament – est interrompue et l’Église est introduite. Maintenant que cette vérité a été révélée, le Seigneur dit à ses disciples de ne plus parler de lui comme le Messie, ou le Christ (Matthieu 16:20). Il avait parlé de l’Assemblée et de ce vase pour lequel il œuvrait désormais. C’est pourquoi sa présentation à Israël comme Messie devait cesser jusqu’à la fin de ce siècle. Alors, il se tournera de nouveau vers Israël. Comment recommencera-t-il ? Nous croyons qu’il recommencera de la même manière qu’au début, dans les premiers chapitres de l’Évangile selon Matthieu. Le lien futur se trouve en Apocalypse 11. Les deux témoins uniront les ministères de Moïse et d’Élie. Ce sera là l’accomplissement de Malachie 4:5. Après avoir échoué une première fois parce qu’Israël a rejeté son roi, le témoignage reprendra. Nous croyons que ce sont là les maillons de la chaîne : Élie, Jean-Baptiste et l’un des témoins. Le règne du Messie sur Israël n’est pas abandonné, il est simplement mis de côté jusqu’à ce que des choses plus grandes et plus bénies soient assurées dans la compagnie céleste. Le verset que nous considérons, tiré de Lévitique 23, envisage cette transition. Il s’agit de la préparation à la reprise des voies de Dieu avec Israël. Nous commençons donc à comprendre pourquoi Jean était Élie et pourquoi il ne l’était pas.

Le message que Jean adresse aux pharisiens est tiré d’Ésaïe 40:3. Ce chapitre inaugure une nouvelle section dans la prophétie d’Ésaïe et introduit le Serviteur de l’Éternel. Cette section s’étend des chapitres 40 à 48. On y trouve de nombreux détails sur la présentation du Messie à Israël et son rejet est clairement annoncé. En effet, le chapitre 42 est cité en référence à notre Seigneur en Matthieu 12, le chapitre même où il est présenté comme rejeté et se tournant dès lors vers les nations (Ésaïe 42:1-4 ; Matthieu 12:18-21). C’est pourquoi Jean a puisé son message dans cette prophétie lorsqu’il s’adressait à ceux-là mêmes qui rejetaient Christ et cherchaient à le détruire. « La voix de celui qui crie dans le désert » (Ésaïe 40:3). On a souvent remarqué que l’apôtre Jean commence son Évangile en présentant Christ comme rejeté dès le début, et c’est dans cet Évangile que Jean-Baptiste affirme ne pas être Élie. La signification est claire. Il s’agissait de la première présentation du Messie à Israël, sous une forme humble, pour ceux qui auraient de la foi. Ceux qui ont eu de la foi et ont reçu Jean ont obtenu la bénédiction que le Seigneur apportait. La nation, dans son ensemble, l’a rejeté et attend encore l’accomplissement futur de ces promesses avant d’être elle aussi bénie. Nous croyons que tout ce cheminement initiatique devra être repris avec Israël dans un avenir proche. La prochaine fois, celui qui exercera cette fonction sera comme Élie pour la nation, et l’élection selon la grâce le recevra comme tel. Nous ne pensons pas que Jean reviendra, pas plus qu’il n’était Élie. C’est l’esprit de la chose, et non les personnes elles-mêmes, qui est en vue. Élie a été celui qui a cherché à ramener Israël au culte du seul vrai Dieu. Jean a apporté le même message et c’est pourquoi notre Seigneur le nomme Élie, mais l’ange avait dit « dans l’esprit et la puissance d’Élie ». Nous croyons que cela se reproduira lors de l’accomplissement d’Apocalypse 11. Nous cherchons simplement à illustrer le contexte de cette période de transition annoncée dans ce verset.

Une première moisson a été faite pour la gerbe des prémices, et l’offrande de gâteau nouvelle symbolise la moisson tant de l’orge que celle du blé (froment). Il s’agit de la glanure de ce champ à la fin, et non au début, comme certains l’ont étrangement cru. Les douze paniers remplis de fragments illustrent la même idée. C’est une provision pour nourrir un résidu jusqu’à ce qu’Israël retrouve sa place devant Dieu.

Le livre de Ruth nous offre une illustration de cela. Nous pensons y trouver une image du retour d’Israël, même si nous avons souvent apprécié son application individuelle. En Élimélec et Naomi, nous voyons la nation des fils d’Israël se détourner de Dieu et chercher le confort et la tranquillité parmi les païens. Leur père Jacob avait prophétisé qu’ils agiraient ainsi (Genèse 49:15). Élimélec avait le choix entre plusieurs destinations. Il aurait pu se tourner vers le sud, mais cela signifiait l’Égypte, le pays que Dieu avait jugé. Peut-être a-t-il eu peur d’aller dans cette direction. Il aurait alors pu regarder vers le nord, mais c’était Babylone, le lieu de l’idolâtrie. La peur encore a pu l’empêcher d’aller dans cette direction. Il a tourné son regard vers l’est, vers Moab. Oui, c’est bien là le lieu. Moab représente le confort pour la chair (Jérémie 48:11). Après tout, aurait-il pu argumenter – comme un Juif orthodoxe l’a fait un jour avec moi – que Dieu n’est pas celui que nous croyons. La famine ravageait le pays. Ils n’avaient apparemment pas conscience que cette famine était due à leur propre faillite. Pourtant, ce qu’Élimélec chercha justement à éviter en quittant le centre divin, l’a rattrapé en Moab. Il y est mort. En vérité, la nation a connu plus de difficultés en dehors de ses terres qu’à l’intérieur. Il n’est donc pas étonnant que, comme Naomi, les fis d’Israël) soient impatients d’y retourner. Naomi représente le résidu qui revient ; Élimélec, la partie incrédule de la nation qui ne revient pas. Ruth représente les nations qui seront bénis avec le résidu d’Israël. « Ton Dieu sera mon Dieu. » Israël est parti comblé. Dieu les ramènera à vide. Ils reconnaîtront être partis, mais que c’est Dieu qui les a ramenés (Ruth 1:21) Ruth devient glaneuse dans les champs d’Israël, et il est à noter que David est mentionné pour la première fois dans ce livre (Ruth 4:22) Nous aimons considérer Naomi comme la pauvre et Ruth comme l’étrangère, et relier cette image à ce verset de Lévitique 23:22. Ainsi, nous croyons qu’une certaine part sera réservée dans les champs de l’Assemblée pour subvenir aux besoins de ce résidu jusqu’à ce qu’ils (juste avant résidu) reçoivent les bénédictions du Messie. Ils bénéficieront des moissons des orge et des blés (froments), et David sera leur roi (Ruth 2:23 ; 4:22).

LA FÊTE DES TROMPETTES

Et l’Éternel parla à Moïse, disant ; Parle aux fils d’Israël, en disant : Au septième mois, le premier [jour] du mois, il y aura un repos pour vous, un mémorial de jubilation, une sainte convocation ; vous ne ferez aucune œuvre de service, et vous présenterez à l’Éternel un sacrifice fait par feu. (Lévitique 23:23-25)

Il est intéressant de noter tout d’abord que les trois dernières fêtes ont lieu au septième mois. Cela annonce l’introduction du royaume visible de Dieu en Israël. La fête des trompettes, célébrée le premier jour du mois, marque le début de cet événement majeur en Israël. On trouve mention de cette fête dans les détails instructifs concernant la fabrication et l’utilisation des trompettes d’argent en Nombres 10. Si l’on se réfère à ce chapitre pour mieux comprendre cette fête, on constate qu’au moins cinq occasions sont mentionnées dans lesquelles on sonnait de ces trompettes.

  • « Pour la convocation de l’assemblée. » (Nombres 10: 2). C’était la première occasion de leur emploi. Le fait que ces trompettes étaient en argent suggère que, quelles que soient les communications que l’Éternel adresse à son peuple, Il les fondait sur la rédemption. Dans le discours de notre Seigneur rapporté par Luc – un discours relatant des événements qui coïncident avec la fête des trompettes –, nous entendons le Seigneur dire à propos de certains événements : « parce que votre rédemption approche. » (Luc 21:28). En comparant cela avec le récit de Matthieu concernant le même discours, on lit : « Et il enverra ses anges avec un grand son de trompette ; et ils rassembleront ses élus des quatre vents, depuis l’un des bouts du ciel jusqu’à l’autre bout. » (Matthieu 24:31). C’est la réponse à « la convocation de l’assemblée ». De plus, les fils d’Israël sont appelés à la rédemption, comme l’indique la présence de l’argent.
  • « Pour le départ des camps. » (Nombres 10:2). C’était la deuxième occasion de leur emploi. À la première alarme (son avec éclat), les camps à l’orient se mettaient en marche, et à la seconde les camps du midi (versets 5 et 6 du même chapitre). Le mouvement des camps vers la terre promise est ici indiqué.
  • « Et si l’on sonne d’une seule, alors les princes, les chefs des milliers d’Israël, s’assembleront vers toi » (Nombres 10:4). Ici, les chefs du peuple se rassemblent auprès de Moïse et reçoivent les messages divins que l’Éternel leur adresse par son intermédiaire.
  • « Et quand, dans votre pays, vous irez à la guerre contre l’ennemi qui vous presse, alors vous sonnerez des trompettes avec éclat, et vous serez rappelés en mémoire devant l’Éternel, votre Dieu, et vous serez délivrés de vos ennemis » (Nombres 10:9). Ici, l’intervention de Dieu pour les délivrer des ennemis qui envahissent le pays est clairement affirmée.
  • « Et dans vos jours de joie, et dans vos jours solennels, et au commencement de vos mois, vous sonnerez des trompettes sur vos holocaustes, et sur vos sacrifices de prospérités, et elles seront un mémorial pour vous devant votre Dieu. Moi, je suis l’Éternel, votre Dieu » (Nombres 10:10). Ceci préfigure le moment où ils célébreront leur délivrance et leur joie dans la présence de leur Dieu.

Nous estimons que la fête des trompettes comprendra tous ces éléments.

Tout d’abord, il y aura le réveil de la nation, qui conduira à un rassemblement de toute l’assemblée. Cela semble indiqué par les paroles de notre Seigneur en Matthieu 24. Ceci entraînera un mouvement massif des fils d’Israël vers la terre promise, lieu de leur héritage. Les chefs des milliers d’Israël seront attentifs à la parole de Dieu et la transmettront en prêchant l’Évangile du Royaume. Puis viendra l’invasion du pays, comme l’ont prédit de nombreux prophètes. Ils crieront vers l’Éternel, leur Dieu, et Il se souviendra d’eux et les sauvera de leurs ennemis. Ensuite viendra le temps de la joie, l’accomplissement des fêtes ; ce sera leur nouvelle lune ; ils se tiendront de nouveau devant Dieu sur la base de leur acception – l’holocauste, et seront rétablis dans la communion avec leur Dieu – le sacrifice de prospérités. En ce jour, il sera publiquement vu que l’Éternel est leur Dieu.

Le livre des Nombres, chapitre 10, n’est pas le seul à fournir des éclairages sur la fête des trompettes. On trouve un lien intéressant dans le Psaume 81 : « Sonnez de la trompette à la nouvelle lune, au temps fixé, au jour de notre fête. » Plusieurs événements évoqués en Nombres 10 se retrouvent ici, mais le thème principal du Psaume est la délivrance de leurs ennemis. La nouvelle lune symbolise la restauration d’Israël comme nation dominante. La lune n’est pas encore levée, mais bientôt Israël se relèvera et reprendra sa place de nation dominante. La trompette sonnera à la nouvelle lune, annonçant en quelque sorte cet événement.

Un autre lien mérite d’être examiné : Ésaïe 18:3 : « Vous tous, habitants du monde, et vous qui demeurez sur la terre, quand l’étendard sera élevé sur les montagnes, voyez ; et quand la trompette sonnera, écoutez ! » Dans ce court chapitre, le retour d’Israël dans sa terre est si clairement affirmé qu’il est inutile de s’y attarder. Israël a longtemps été « un peuple répandu loin et ravagé, et qui attend ». Les fleuves symbolisent différents régimes politiques des nations. Ces nations, organisées en gouvernements, ont ravagé la terre d’Israël et continueront de le faire. C’est pourquoi le livre de l’Apocalypse mentionne quatre fois des jugements sur les fleuves. Mais l’Éternel, leur Dieu, jugera ces fleuves et les terres auxquelles ils appartiennent ; Israël sera délivré et restauré ; la nouvelle lune se lèvera et Israël prendra sa place comme la tête des nations, et non comme la queue. Ce sera le temps de la fête des Tabernacles, dont la fête des Trompettes est le commencement.

Pour revenir à notre chapitre et à notre fête, il est utile de noter que le mot « mémorial » signifie ici « souvenir ». C’est le même mot utilisé pour les douze pierres retirées du Jourdain. Le réveil de la nation ne rappellera-t-il pas de nombreux souvenirs aux fils d’Israël ? « Le premier jour du mois » symbolise un nouveau départ. Non pas le premier mois, comme lors de leur première sortie d’Égypte, mais le septième mois, leur second nouveau départ. Ce jour-là, ils observent « un repos ». Ils s’abstiennent de tout œuvre de service et ont une sainte convocation. Cela semble annoncer un moment où ils délaisseront les activités qui les préoccupent tant aujourd’hui, le commerce et la politique. Dans ce repos, ils auront le temps de réfléchir à leur position vis-à-vis de Dieu. Cela leur rappellera bien des choses, car nous croyons que le mémorial de jubilation signifie que Dieu leur parlera. De plus, l’Éternel retrouvera la place qui lui revient parmi eux, comme l’indique le sacrifice par feu présenté à l’Éternel. Ils seront réveillés, vivants (Ézéchiel 37), et la congrégation se mettra en route vers le pays. C’est l’appel de Dieu à Israël dans les derniers jours, lui qui, en définitive, les sauvera et les rétablira sur la terre de leur héritage. Pourtant, avant que ce moment heureux n’arrive pour Israël, Dieu doit régler un différend avec eux, et cela se manifeste lors de la fête suivante.

LE JOUR DES PROPITIATIONS

Et l’Éternel parla à Moïse, disant : De même, le dixième [jour] de ce septième mois, c’est le jour des propitiations : ce sera pour vous une sainte convocation, et vous affligerez vos âmes, et vous présenterez à l’Éternel un sacrifice fait par feu. (Lévitique 23:26-27)

Si la fête des trompettes résonne de l’appel divin à réveiller le peuple à sa gloire perdue, cette fête, elle, nous enseigne qu’elle suscitera en lui une repentance nationale. Le chapitre 16 du Lévitique révèle le lien avec cette fête et son contenu. En effet, c’est le rituel du chapitre 16 qui est en vue ici. Une lecture attentive des détails de ce chapitre majeur montre que, symboliquement, l’œuvre de Christ y est dépeinte de trois manières. Le taureau symbolise la propitiation pour l’Assemblée. Le bouc symbolise la propitiation pour Israël. Mais, avec le sang du bouc répandu sur le propitiatoire, nous avons une vision de la réconciliation de toutes choses. Ce sang est présent dans le lieu très-saint (v. 15). Il purifie également le lieu saint et le tabernacle (v. 16). Enfin, le sang du taureau et celui du bouc sont aspergés sur l’autel situé dans le parvis. Ceci symbolise la réconciliation de toutes choses. Une comparaison entre Lévitique 16:33 et Colossiens 1:20 confirmera cette idée. Ce chapitre remarquable envisage la réconciliation de toutes les personnes et de toutes les choses qui participeront au grand jour de la manifestation de Christ : l’Assemblée, Israël et toutes choses. Or, à ce jour, seule l’Assemblée a reçu cette bénédiction. Le fondement de tout a été posé à la croix, mais l’Assemblée est la seule à avoir obtenu cette bénédiction. Israël y entrera ensuite, et avec lui toutes choses, car l’ordre du chapitre est clairement le suivant : l’Assemblée d’abord, représentée par Aaron et ses fils, seuls couverts par le sang du taureau. Puis Israël, dont les péchés ont été expiés par le sang du bouc. Ensuite, le lieu saint, le tabernacle et l’autel, tous bénéficiant de l’efficacité du sang, permettant la réconciliation. Faute de place, nous n’aborderons pas ici le sujet béni de la réconciliation de toutes choses, mais il y en a clairement une préfiguration en Lévitique. 16.

Dans l’ordre des fêtes, nous avons maintenant présenté le temps où Israël doit reprendre sa place, comme pourvue par la mort de notre Seigneur sur la croix. L’œuvre est accomplie depuis longtemps, mais les fils d’Israël doivent encore la comprendre et recevoir sa bénédiction lorsqu’ils se tourneront de cœur vers le Seigneur (2 Corinthiens 3:16). Les instructions relatives à cette fête nous indiquent ce qui les caractérisera en ce jour. Mais il est important de noter ceci : en Lévitique 25, nous trouvons le récit du grand jour du Jubilé, un jour où la trompette sonnera (v. 9) : « vous retournerez chacun dans sa possession, et vous retournerez chacun à sa famille » (v. 10). Or, la trompette du Jubilé sonnera le dixième jour du septième mois, jour qui coïncide avec ce jour des propitiations. Voilà donc ce qui attend Israël lorsqu’il se tournera de tout son cœur vers l’Éternel.

Et ce même jour vous ne ferez aucune œuvre, car c’est un jour de propitiation, pour faire propitiation pour vous, devant l’Éternel, votre Dieu. (Lévitique 23:28)

Deux points essentiels sont mentionnés dans les instructions relatives à cette fête, et ils apparaissent tous deux à trois reprises : l’affliction de l’âme et le repos absolu. L’affliction de l’âme est clairement une forme de repentance. Il n’est pas nécessaire de chercher bien loin dans la Parole pour découvrir les fruits de cette repentance. Il suffit de se tourner vers Zacharie 12:10-14. Ici, la repentance du résidu, qui sera l’élection de la grâce (Romains 11:5), est présentée dans toute sa dimension. David – la lignée royale, Nathan – la lignée prophétique, Lévi – la lignée sacerdotale, Shimhi – le peuple (NdT 2 Samuel 16 :5-14) ; tous seront concernés ce jour-là, et nul, quelle que soit sa position privilégiée, ne sera exempté de cette repentance s’il désire la bénédiction de Dieu. Les fruits dignes de la repentance seront produits (Luc 3:8).

Un autre passage, bien connu de tous, décrit cette affliction de l’âme : Ésaïe 53. On y découvre l’histoire de notre Seigneur, sa naissance, son rejet et sa mort sur la croix. Au verset 2, il est question de lui grandissant devant l’Éternel comme une jeune pousse (un rejeton). Issu d’un Israël aride et stérile, il grandissait à chaque étape de sa vie, devant l’Éternel. Il s’engageait dans son ministère public, sans autorité, sans ostentation, sans beauté – autant d’éléments susceptibles d’attirer l’homme charnel. C’est pourquoi ils ne le désiraient pas (verset 2). Ils le méprisaient à cause de son humble naissance et de sa marche humble. La douleur et le chagrin étaient son lot. On détournait sa face de lui ; méprisé de tous, il ne jouissait d’aucune estime de la part des chefs. Pourquoi était-il un homme de douleurs, familier avec la souffrance ? Car, par amour pour cette nation qui l’avait rejeté et crucifié, il partageait leurs souffrances et les guérissait de toutes parts (Matthieu 8:17). Pourtant, aussi profonde que fût sa langueur, elle était faible comparée à celle de Gethsémané et de la croix. Quand enfin, forçant la main de ce faible Pilate, ils l’ont fait pendre à la croix, qu’ont-ils pensé de lui ? Ils l’ont estimé frappé, battu de Dieu et affligé (verset 4). Voilà ce qu’ils pensaient et disaient de lui au jour de sa plus grande souffrance. Mais le jour où, touchés par l’affliction de leur âme, ils se tourneront vers lui, leurs yeux s’ouvriront à la vérité. Celui qu’ils croyaient imposteur, celui qu’ils avaient tenté de faire maudire par Dieu en le faisant pendre à la croix, celui qu’ils disaient mourant parce que Dieu était contre lui, « nous l’avons estimé battu, frappé de Dieu, et affligé ». En ce jour-là, ils diront : « Mais il a été blessé pour nos transgressions. » Ils pensaient autrefois qu’il avait été blessé pour ses propres transgressions, mais au jour de leur repentir, ils sauront et reconnaîtront qu’il a été blessé pour les leurs. Quel changement ! Quelle affliction ! Quel repentir ! Ils apprendront que l’Éternel a fait retomber sur lui l’iniquité d’eux tous (verset 6). Voilà la réponse à Aaron s’occupant des péchés du peuple devant l’Éternel, au grand jour des propitiations. Cette affliction de l’âme leur permettra d’ouvrir les yeux et, en se repentant envers Dieu, ils recevront enfin le fruit de ce que Christ a fait pour eux lorsqu’ils l’ont cloué sur la croix.

L’autre injonction, « aucune œuvre », les préservera de toute tentative de se justifier eux-mêmes. Dieu a donné cette injonction avec une grande précision. Comme l’Israël d’autrefois, qui se reposait le jour des propitiations, ainsi fera le résidu. Aaron faisait tout ce qu’il y avait à faire ce jour-là, lorsqu’il entrait seul, avec le sang, et aspergeait le propitiatoire. Nous pouvons chanter à leur sujet en ce jour-là, reprenant les termes d’un cantique anglais bien connu :

RIEN ni grand ni petit ;
Rien, Israël, non :
Jésus l’a fait, il a tout fait,
Il y a bien longtemps.

Car toute âme qui ne s’affligera pas en ce même jour, sera retranchée de ses peuples. (Lévitique 23:29)

Il s’agit ici de la partie incrédule de la nation. Tandis qu’un résidu se tournera vers le Seigneur et, comme les frères de Joseph, dira : « Nous sommes coupables envers notre frère » (Genèse 42:21), les rebelles parmi les enfants d’Israël, alliés à l’Antichrist, refuseront d’être affligés et seront par conséquent retranchés. L’élection se fondera exclusivement sur le fait que, seuls avec Dieu, toute leur histoire de péché leur sera présentée et ils la reconnaîtront devant lui. Deux choses se produiront alors pour leur bénédiction. Ils seront amenés à jouir de la rédemption qui est dans le christ Jésus – la réponse au sang versé sur le propitiatoire. Et ils seront publiquement rétablis comme peuple de l’Éternel – la réponse au bouc émissaire (azazel). On a souvent fait remarquer qu’en Lévitique 16, il n’est fait mention d’aucun taureau émissaire (azazel). Le taureau d’Aaron et de sa maison était pour Christ et l’Assemblée. Or, l’Assemblée n’a jamais eu la même place devant Dieu qu’Israël ; par conséquent, nul besoin de taureau émissaire (azazel). Israël doit encore être justifié devant Dieu et nationalement devant le monde. En ce jour, il retrouvera sa place de peuple de Dieu. Ceci nous amène à la dernière fête de ce chapitre, qui nous prépare à ce jour où la nation, établie dans le Royaume, se réjouira devant l’Éternel, son Dieu.

LA FÊTE DES TABERNACLES

Et l’Éternel parla à Moïse, disant : Parle aux fils d’Israël, en disant : Le quinzième jour de ce septième mois, la fête des tabernacles [se célébrera] à l’Éternel pendant sept jours. Le premier jour il y aura une sainte convocation ; vous ne ferez aucune œuvre de service. Pendant sept jours vous présenterez à l’Éternel un sacrifice fait par feu ; le huitième jour, vous aurez une sainte convocation, et vous présenterez à l’Éternel un sacrifice fait par feu : c’est une assemblée solennelle ; vous ne ferez aucune œuvre de service. (Lévitique 23:33-36)

En cette dernière fête, nous avons la joie d’Israël dans le royaume. Les trois dernières fêtes, toutes célébrées au septième mois, symbolisent les derniers grands exercices de cette nation. Réveillés et vivifiés par la Parole prophétique qui leur sera adressée, les fils d’Israël seront amenés à reconnaître leurs péchés. La repentance nationale les conduira au pardon national et à la restauration publique de leur identité de peuple de l’Éternel. En ce jour, ils passeront en revue toutes les voies de Dieu, depuis leur délivrance d’Égypte jusqu’à l’établissement du royaume de Dieu en puissance (Marc 9:1).

À trois reprises dans l’histoire de la nation, les fils d’Israël ont expérimenté la puissance libératrice de Dieu. D’abord en Égypte, lorsqu’il les a fait sortir à bras étendu. Ensuite, de Babylone, sous l’édit de Cyrus le Perse. Enfin, de toutes les nations, à la fin des « temps des nations ». Ils ont apparemment habité sous des tentes lorsqu’ils sont sortis d’Égypte, signe qu’ils étaient alors des pèlerins sans domicile fixe, en route vers Canaan. C’est cet aspect originel des cabanes qui est devenu le cœur de la fête des Tabernacles. Il est intéressant de noter qu’ils ont célébré la fête des Tabernacles lorsqu’ils sont sortis de Babylone plus tard (Esdras 3:4). Là encore, ils ont célébré une délivrance de leur Dieu. Il en sera de même à la fin. De plus, nous lisons en Zacharie 14:16 que toute nation qui refusera de monter à Jérusalem pour la fête des Tabernacles s’exposera au jugement de Dieu. Dieu veut que toutes les nations se rendent au pays et voient ce qu’il a fait pour son peuple. « Et il arrivera que tous ceux qui resteront de toutes les nations qui seront venues contre Jérusalem, monteront d’année en année pour se prosterner devant le roi, l’Éternel des armées, et pour célébrer la fête des tabernacles » (Zacharie 14:16).

Cette fête semble, plus que toutes les autres, être un temps de joie. Après la moisson puis les vendanges, Israël habite sous des tentes et jouit de la bénédiction de son Dieu, tandis que les tentes témoignent de son œuvre puissante de délivrance. La moisson précède toujours les vendanges, car il s’agit toujours de « blé et de vin », jamais de « vin et de blé ». D’un point de vue dispensationnel, la moisson annonce le jugement séparatif et les vendanges le jugement implacable. Le jugement de la moisson doit précéder celui des vendanges, car il implique la séparation du bien et du mal (Matthieu 13:49 ; Matthieu 24:40). Une fois que ce qui est bon est sécurisé, il ne reste plus que ce qui est mauvais. Cela introduit le jugement implacable des vendanges (Apocalypse 14:14). C’est après que ces jugements se seront abattus sur la terre qu’Israël sera finalement délivré et célébrera en apothéose la fête des Tabernacles. Leur première délivrance a impliqué le jugement du Pharaon et de l’Égypte. Leur deuxième délivrance, le jugement de Belshatsar et de Babylone. Leur délivrance finale concernera Satan et toutes les nations. Quelle fête ce sera en ce jour-là ! Bien que Satan soit autorisé à la fin à rassembler toutes les nations contre Israël, il ne semble pas qu’il soit autorisé à toucher les fils d’Israël, car le feu descend de Dieu et consume toute son armée.

Un autre aspect intéressant apparaît dans cette fête. Il est fait mention du « huitième jour ». C’est ce jour-là, appelé le grand jour, où notre Seigneur s’écria : « Si quelqu’un a soif, qu’il vienne à moi et qu’il boive. » (Jean 7:37). Au début de ce chapitre, il est précisé qu’il s’agissait de la fête des Tabernacles (verset 2). Ce huitième jour porte nos regards vers l’ÉTERNITÉ. Lorsque les voies de Dieu auront atteint leur glorieux aboutissement dans le monde à venir, tout ce que Dieu a assuré pour sa gloire éternelle entrera dans les nouveaux cieux et la nouvelle terre. Nous apprenons d’Apocalypse 21:3 que l’Assemblée occupera, en ce jour, le rôle de « tabernacle de Dieu avec les hommes. » Les hommes seront sans aucun doute Israël et le reste des nations sauvées. Apparemment, en ce jour, il n’y aura plus de divisions entre nations. La seule distinction qui semble subsister est celle entre le peuple céleste et le peuple terrestre. Il est clair que l’Assemblée sera la compagnie céleste et Israël, avec la portion sauvée des nations, sera la compagnie terrestre. Dieu a destiné non seulement l’Assemblée à la gloire éternelle, mais aussi Israël et la partie des nations, chacun à sa place et tous rayonnants de la gloire de Dieu. Nous croyons que tout cela est présent dans le huitième jour de cette fête.

C’est le jour où notre Seigneur s’est écrié : « Si quelqu’un a soif, qu’il vienne à moi et qu’il boive. » La nation avait depuis longtemps transformé les « fêtes de l’Éternel » en « fêtes des Juifs ». Ainsi, au lieu d’être comblés des bénédictions de Dieu lors de ces fêtes, ils demeurent stériles et assoiffés. Leur loi n’a pas pu leur apporter cette bénédiction à cause de leur manquement à l’observer ; leur seul espoir est de se tourner vers le Fils de Dieu. Il promet à tous ceux qui viennent à lui le don de l’Esprit. C’est ce que le Seigneur associe à ce huitième jour : le don de l’Esprit. Nous avons déjà considéré cette fête comme survenant après la moisson de froment et les vendanges, mais le livre du Deutéronome ajoute un élément important à ces deux éléments : l’huile. On y lit à cinq reprises « le blé (froment), le vin (moût) et l’huile ». Le jour du rétablissement et de la bénédiction d’Israël sera marqué par une effusion de l’Esprit, bien plus abondante que tout ce que les fils d’Israël avaient connu auparavant. Joël 2:28. « Et il arrivera, en ce jour-là, que j’exaucerai, dit l’Éternel, j’exaucerai les cieux, et eux exauceront la terre, et la terre exaucera le froment et le moût et l’huile, et eux exauceront Jizreël » (Osée 2:21-22). Jizreël signifie « Dieu sème ». Les eaux sortant du sanctuaire (Ézéchiel 47) et le tabernacle oint d’huile (Lévitique 8:10) annoncent tous le jour où le Saint-Esprit de Dieu imprégnera toute chose. Il s’agit de tout ce que Dieu s’est proposé pour son plaisir constant en Israël, assuré par la puissance de l’Esprit de Dieu. C’est le don de l’Esprit que notre Seigneur associe à ce huitième jour.

Une autre pensée en rapport avec ce huitième jour est celle de la résurrection. Les fils d’Israël seront amenés à jouir de la vie au-delà du pouvoir de la mort. Ils ne mourront pas physiquement pour ressusciter, mais ils seront amenés à partager cette vie de résurrection offerte en Christ ressuscité. Nous possédons cette vie aujourd’hui. Israël la possédera en son temps, dans le Royaume (Daniel 12:2 ; Matthieu 25:46), et dans l’éternité. Nous en avons une image sur la montagne de la transfiguration en Luc 9:28-36. Luc nous dit que cet événement a eu lieu environ huit jours plus tard. Nous voyons les saints de l’Ancien Testament vivants dans la nuée de gloire. Pierre, Jacques et Jean, le résidu. Endormis à ce moment-là, mais se réveillant ensuite, ils contempleront la gloire de leur Messie et seront avec Lui dans cette gloire. « Beaucoup de ceux qui dorment dans la poussière de la terre se réveilleront » (Daniel 12:2). Ici, dans cette image, nous voyons le royaume établi et Israël à sa place en ce jour-là. Ce huitième jour est appelé « une assemblée solennelle ». Ce terme signifie en réalité « retenue ». Réunis en sainte convocation, dans la présence de Dieu, la Majesté, la Gloire et la Sainteté de Dieu rempliront leurs âmes d’un profond respect. Seule la retenue, dans une sainte soumission d’esprit, convient à une telle scène. Ils inclineront simplement leurs têtes et adoreront.

REMARQUES FINALES

Dans ce chapitre important, nous avons une esquisse du grand but que Dieu poursuit pour Israël. Déjà, comme nous l’avons vu, les quatre premières fêtes ont été accomplies dans l’Assemblée, où le résidu a désormais sa place, ayant cru à l’Évangile. Cela leur a donné une place dans la compagnie céleste. Israël, en tant que nation, doit encore être béni et formera la compagnie terrestre. Nous en trouvons même une préfiguration chez les prophètes : « Et j’ai mis mes paroles dans ta bouche, et je t’ai couvert de l’ombre de ma main, pour établir les cieux, et pour fonder la terre » (Ésaïe 51:16). Au verset 13, il est question de la création des cieux et de la terre, et au verset 16, de leur plénitude. Celui qui les a créés est celui qui les remplira. Il établira les cieux avec l’Assemblée et fondera la terre avec Israël. L’une représente l’assemblée céleste, l’autre l’assemblée terrestre. Tous seront vus dans le royaume, à leurs justes places, lorsque les voies de Dieu s’achèveront et qu’Il entrera dans Son repos. Tel est le grand but qu’il poursuit, comme nous l’avons vu au début de ce chapitre, et Il nous révèle gracieusement Ses pensées afin que nous comprenions ce qu’il fait et, par conséquent, la manière dont Il atteindra ce repos. Tout nous est exposé étape par étape dans ce chapitre.

Fondé sur la mort de Christ, vue dans la Pâque ; la mise de côté du mal par le bien, vue dans la fête des pains sans levain ; la résurrection de notre Seigneur Jésus-Christ, vue dans la gerbe tournoyée ; la formation de l’assemblée chrétienne, vue dans l’offrande de gâteau nouvelle ; le renouveau de la nation d’Israël, vu dans la fête des trompettes ; la repentance nationale d’Israël, vue dans le jour des propitiations ; la gloire future du royaume dans le monde à venir et le passage dans l’éternité, vus dans la fête des tabernacles ; le repos de Dieu sera ainsi assuré. Le jour de révélation dans le monde à venir manifestera la réponse de Dieu à tous les ravages que le péché a causés dans ce monde : « Car la terre sera pleine de la connaissance de la gloire de l’Éternel, comme les eaux couvrent [le fond de] la mer » (Habakuk 2:14). Lorsque les jours du règne s’achèveront, Dieu rassemblera des cieux et de la terre actuels tout ce qu’il a assuré pour sa gloire et sa joie éternelles et, l’établissant dans les nouveaux cieux et la nouvelle terre, il se reposera à jamais dans son amour. Ceci est annoncé dans le huitième jour de la fête des Tabernacles.

Que le Seigneur nous accorde la grâce de mieux comprendre ces choses aujourd’hui, afin que, conscients de ses voies dans le temps présent et ayant une certaine connaissance de ce qu’il accomplit pour sa gloire éternelle, tant dans les cieux que sur la terre, nous puissions cheminer à l’unisson et en communion avec lui, le servant d’une manière qui lui soit agréable, avec révérence et crainte, jusqu’à ce que la manifestation de sa gloire soit pleinement révélée lors de « l’apparition de la gloire de de notre grand Dieu et Sauveur Jésus-Christ » (Tite 2:13).