Les sacrifices chrétiens

Phil. 4:18 ; Héb. 13:15-16 ; 1 Pierre 2:5

Source : STEM Publishing, Christian Friend, vol. 9, 1882, p. 295.

Tous les croyants sont maintenant sacrificateurs. Pendant la dispensation juive, la sacrificature était réservée à une seule famille, et personne en dehors de ce cercle divinement décrit n’osait y pénétrer. Mais Aaron et ses fils étaient une figure de l’Église entière en tant que famille sacerdotale, de l’Église en tant que famille sacerdotale en relation avec Christ ; car, aussi bénie que soit la position où les croyants sont maintenant amenés, et aussi précieux que soient les privilèges dont ils sont investis, on ne peut jouir de toutes ces choses qu’en relation avec Christ. Tous sont donc sacrificateurs, et tous ont accès dans le saint des saints, dans la présence immédiate de Dieu. (Voir Hébreux 10:19-22 ; 1 Pierre 2:5-9.) Cette dignité et cet accès leur appartiennent uniquement sur le fondement de la sacrificature de Christ et de la vertu éternelle de Son unique sacrifice pour les péchés.

En tant que sacrificateurs, nous avons un autel (Héb. 13:10), et sur cet autel nous devons continuellement offrir nos sacrifices à Dieu. Alors, demandons-nous, quels sont les sacrifices des sacrificateurs chrétiens ? Ils ont un double caractère.

Premièrement, il y a « le sacrifice de louange », c’est-à-dire, comme l’explique l’Esprit de Dieu lui-même, « le fruit des lèvres qui confessent son nom » (Hébreux 13:15). A cela correspondront les « sacrifices spirituels » dont parle Pierre (1 Pierre 2). Nous en déduisons que toute adoration, toute action de grâces et toute louange véritables sont des sacrifices ; et cela nous aidera encore une fois à déterminer ce qu’est la véritable adoration, action de grâces ou louange. Nous lisons de notre bienheureux Seigneur que, par l’Esprit éternel, Il s’est offert lui-même sans tache à Dieu (Hébreux 9:14.) Toute véritable adoration doit donc être caractérisée par trois choses.

  1. Elle doit être présentée dans la puissance du Saint-Esprit (voir Jean 4:24 ; Philippiens 3:3),
  2. Christ est le moyen par lequel elle doit être présentée (car Il est en effet l’autel du chrétien), et
  3. elle doit être offerte à Dieu.

Le psalmiste, en méditant sur la beauté des tabernacles de l’Éternel des armées, s’écrie : « Bienheureux ceux qui habitent dans ta maison : ils te loueront sans cesse ». (Ps. 84:4). Cette bénédiction appartient maintenant à chaque saint de Dieu ; nous sommes nous-mêmes édifiés une maison spirituelle, et en tant que sainte sacrificature, nous avons le privilège d’offrir une louange perpétuelle. Il a été dit (Psaume 22) que Dieu habite - c’est-à-dire qu’Il est entouré, qu’Il demeure - au milieu des louanges d’Israël. Il devrait l’être encore plus maintenant que, dans Sa grâce infinie et en vertu de l’efficacité de l’œuvre de Christ, Il nous a amenés à Lui et se réjouit de l’adoration de nos cœurs.

Deuxièmement, il y a des sacrifices d’un autre genre que nous sommes appelés à offrir, ou plutôt que nous avons le privilège d’offrir. Ces sacrifices sont liés à l’attention portée aux besoins des saints et des serviteurs de Dieu. Nous lisons ainsi en Hébreux 13 : « Mais n’oubliez pas la bienfaisance, et de faire part de vos biens, car Dieu prend plaisir à de tels sacrifices ». Encore, en Philippiens 4, l’apôtre parle du don qui lui avait été envoyé par Epaphrodite comme « un parfum de bonne odeur, un sacrifice acceptable, agréable à Dieu ». Il constituait, pour emprunter le langage de l’Ancien Testament, une offrande de bonne odeur. Quelle reconnaissance envers Dieu que le service, les sacrifices, de ce genre ! Mais il faut se rappeler que le simple fait de donner - donner, par exemple, à contrecœur, ou seulement par importunité - ne ferait pas du don un sacrifice. Comme dans le sacrifice de louange, le don doit être présenté par Christ, à Dieu, et dans la puissance de l’Esprit. Ce n’est que de tels dons que l’on pourrait dire qu’ils sont « un parfum de bonne odeur, un sacrifice acceptable, agréable à Dieu ».

L’application de ces principes peut facilement être faite par ceux qui désirent tester le caractère de leur culte et de leur bienfaisance ; et si l’application ne peut manquer d’humilier la plupart d’entre nous, en montrant combien notre service est vraiment sans valeur devant Dieu, elle sera sûrement source de bénédiction si elle nous conduit dans chaque exercice de notre sacrificature à nous juger dans la lumière de la présence de Dieu.

En Romains 12, nous lisons au sujet d’un autre sacrifice qui, bien qu’il ne soit pas lié dans ce passage à notre sacrificature, mérite d’être brièvement expliqué. L’apôtre dit : « Je vous exhorte donc, frères, par les compassions de Dieu, à présenter vos corps en sacrifice vivant, saint, agréable à Dieu, [ce qui est] votre service intelligent ». (v. 1). Cette exhortation se rattache, comme motif d’appel, à la fin de Romains 8, et, quant à son objet, à Romains 6 ; c’est-à-dire que les compassions de Dieu sont toute la miséricorde qui a été exprimée dans notre rédemption - comme cela a été décrit en Romains 1-8 - et l’appel concernant notre corps découle de la vérité énoncée en Romains 6. Nous sommes délivrés de la puissance du péché par la mort avec Christ, et ainsi le péché ne doit plus régner dans notre corps mortel, pour que nous lui obéissions dans ses convoitises. (Romains 6:12.) Non, nos corps doivent être désormais livrés à Dieu, afin que, comme ils étaient avant les instruments de l’iniquité pour le péché, nos membres soient maintenant des instruments de justice pour Dieu.

En venant ensuite à Romains 12, nous apprenons le caractère de la présentation de nos corps à Dieu. Ils doivent être présentés « comme un sacrifice vivant », non pas comme un animal tué, un sacrifice mort, déposé sur l’autel, mais parce que nos corps ne sont pas morts et que le péché est en nous, ils doivent toujours être gardés sous la puissance de la mort (« portant toujours partout dans le corps la mort de Jésus »), et ainsi, présentés à Dieu comme un sacrifice vivant. Ils lui sont présentés pour Son service, afin qu’au lieu qu’ils soient gouvernés, comme ils l’ont toujours été, par notre propre volonté à nos propres fins, Il puisse désormais, dans Sa merveilleuse grâce, les utiliser comme des organes pour l’expression de Christ. Une telle soumission de notre corps à Dieu, disons-le encore une fois, implique l’application constante de la puissance de la mort, et par conséquent elle devient un sacrifice vivant. Christ étant en nous, le corps est mort à cause du péché ; mais l’Esprit est vie à cause de la justice. Et ce sacrifice, d’une part, saint et agréable à Dieu, est, d’autre part, notre service intelligent - un service adapté aux droits que Dieu a sur nous en raison de la rédemption, et il, peut-on ajouter, devrait être rendu avec joie aussi bien qu’avec intelligence.

On peut encore faire une remarque. On observera que dans ce cas également, le sacrifice est présenté à Dieu (à qui d’autre pourrait-il être offert ?) sur le terrain de la rédemption, c’est-à-dire par Christ ; et il est également vrai qu’il ne peut être accompli que par la puissance du Saint-Esprit.

Il s’ensuit donc que nous devons vivre une vie sacerdotale ; que nous soyons occupés de la louange et de l’adoration, ou à répondre aux besoins d’autrui, ou encore à exercer les activités liées à nos vies quotidiennes (voir 1 Pierre 2:9), nous devons nous comporter comme des sacrificateurs à l’autel en présence de Dieu.

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