Psaume 102
Source : STEM Publishing, Bible Treasury, 1867, volume 6, p. 225
Ce psaume merveilleux a pour sujet les relations entre le Messie, notre Seigneur, et Dieu. Il nous parle de ce qui occupait Son cœur alors qu’il allait être retranché et ne rien avoir, selon la prophétie de Daniel 9:26, ainsi que de la visitation en grâce de Sion par l’Éternel. De la même manière, Jean 17 nous fait entrer, à travers Son échange avec le Père qui y est rapporté, dans la compréhension de Son désir pour Ses disciples alors présents, et pour tous ceux qui croiraient en Lui par leur parole. Et bien qu’aucune oreille humaine n’ait probablement entendu les effusions de Son cœur à l’Éternel dans les paroles de ce psaume, à la différence du cri du Psaume 22:1 qu’Il a réellement prononcé, nous pouvons être assurés que l’Esprit a révélé ici ce qu’Il ressentait et ce qu’il a fait connaître à l’Éternel, ainsi que la merveilleuse réponse qu’Il Lui a accordée. Le caractère de la communication de Jean 17 est très différent de celui de ce psaume. En Jean 17, Il est le Fils sur le point de quitter le monde, et de revenir auprès du Père, s’occupant des siens qui étaient dans le monde, qui L’avaient reçu, Lui, et à travers Lui, le Père aussi ; ici, au psaume 102, Il est le Messie, sur le point d’être retranché, et pensant à Jérusalem bientôt décrite à juste titre comme la ville où leur Seigneur a été crucifié. Comme Fils de Dieu, il parle de ce qui est devant lui, la gloire ; comme homme, Messie rejeté par le peuple, et sur le point d’être crucifié, Il parle de ce qui est devant lui, la mort. Mais une autre caractéristique que nous n’avons pas dans Jean est introduite dans le psaume, à savoir la réponse de Dieu à l’affligé, déclarant qui Il est.
C’est aussi un psaume merveilleux, si l’on tient compte de la période de temps qu’il embrasse. Commençant avant le moment où les fondements des cieux et de la terre ont été posés, il atteint l’établissement de Sion, quand le Seigneur régnera. Il ne va pourtant pas au-delà des limites de la vie de Celui qui comme homme demande ici à Dieu de l’entendre. De qui donc pourrait-il s’agir, sinon d’un seul ? Si tous auront une existence future lorsque le temps prendra fin, lequel des fils d’Adam a-t-il eu une existence passée avant le commencement des temps, si ce n’est la semence de la femme ? Vivants entre le moment de son humiliation, quand il passa à travers ce qui est décrit ici (v. 3-11), et le jour de sa gloire, nous pouvons lire ce psaume, et, par la lumière que Hébreux 1:10 répand sur lui, trouver des sujets d’émerveillement et de louange. Nous devons toutefois admettre que les circonstances en vue desquelles il a été écrit, et inséré dans le livre des Psaumes, sont encore à venir. « Le temps d’user de grâce envers Sion, le temps assigné » n’est pas encore arrivé ; aucun événement passé en relation avec Jérusalem ne peut satisfaire les termes employés ici, même si les hommes peuvent essayer de les expliquer avec la restauration sous Cyrus. Le temps assigné envisagé dans le psaume est encore à venir. Cette prière de l’affligé a bien sa place dans le 4ème livre des Psaumes, qui, en commençant par le Psaume 90, et en se terminant avec le Psaume 106, s’occupe principalement du règne de l’Éternel en puissance sur la terre, quand son trône sera établi en Sion (Ps. 99:2), et quand le peuple terrestre de Dieu, et toute la création, accueilleront le roi avec acclamation (Ps. 95-98). Comme d’autres psaumes qui parlent de son humiliation - par exemple, Ps. 22, Ps. 69 - suivent ceux qui parlent de la gloire qui vient après (Ps. 21, Ps. 68), il en est de même ici : la célébration du royaume établi en puissance, avec le mode de gouvernement du roi (Ps. 101), précède le psaume qui raconte Son retranchement et le fait qu’il n’a rien eu. (Voir Ps. 93-101)
Examinons maintenant ce psaume d’un peu plus près. Il a un titre – « Prière de l’affligé, quand il est accablé et répand sa plainte devant l’Éternel ». Nous avons des prières de David, Ps. 17, Ps. 86, Ps. 142 et une prière de Moïse, Ps. 90. Voici ici une prière de l’affligé, plus grand que Moïse, et pourtant le Fils de David, dont Moïse et David ont prophétisé, le Médiateur et roi d’Israël. Quel réconfort ce sera pour les âmes pieuses du résidu de trouver Quelqu’un qui aura été dans la détresse comme elles, et dont l’expression de cette détresse décrira leur propre condition et leurs propres circonstances, sans toutefois épuiser le sens de Ses paroles ! Sont-ils près d’être accablés et pensent-ils que quelque chose d’étrange leur est arrivé ? Celui-ci a été très accablé. La mort les effraye-t-elle ? Il a connu ce que c’est, mais n’a jamais manqué de se tourner vers Dieu, ni cessé de chérir les pensées de Dieu à propos de ce centre de la terre si cher à eux et à Lui. Cette prière parle d’un moment où il sera manifeste que l’Éternel aura regardé du haut de son sanctuaire pour entendre le gémissement du prisonnier et pour délier ceux qui sont voués à la mort. Ils trouveront sûrement consolation en ce que le gémissement du prisonnier, le cri de l’affligé, peut percer jusqu’aux cieux, et atteindre ses oreilles, du haut même de son sanctuaire.
Commençant par la demande d’être entendu par l’Éternel parce qu’étant dans la détresse, désirant que sa face ne se détourne pas de Lui, et demandant une réponse rapide, l’affligé continue en décrivant l’état qui a amené sa prière (v. 3-10) : « Car mes jours s’évanouissent comme la fumée, et mes os sont brûlés comme un foyer. Mon cœur est frappé, et est desséché comme l’herbe ; car j’ai oublié de manger mon pain. À cause de la voix de mon gémissement, mes os s’attachent à ma chair. Je suis devenu semblable au pélican du désert ; je suis comme le hibou des lieux désolés. Je veille, et je suis comme un passereau solitaire sur un toit. Tout le jour mes ennemis m’outragent ; ceux qui sont furieux contre moi jurent par moi. Car j’ai mangé la cendre comme du pain, et j’ai mêlé de pleurs mon breuvage, À cause de ton indignation et de ta colère ; car tu m’as élevé haut, et tu m’as jeté en bas ». Telle était la condition dans laquelle il avait été et dans laquelle il était encore. L’heure de son départ s’approche maintenant. Il y a donc un changement marqué dans le langage : « Mes jours sont comme l’ombre qui s’allonge » (v. 11a), près de leur fin. Que peut-il donc attendre ? « Et je deviens sec comme l’herbe » (v. 11b). Retranché comme homme, c’est ce qu’Il a devant lui comme homme. Mais que dire de Jérusalem ? Sion ne doit-elle jamais être restaurée ? Les promesses ne doivent-elles jamais s’accomplir ? Le Messie peut mourir, sécher comme l’herbe, mais l’Éternel reste le même. Il vit à jamais. Son nom même implique ceci. Il met donc en contraste ce qui est devant lui et l’existence éternelle de l’Éternel. « Je deviens sec comme l’herbe. Mais toi, Éternel ! tu demeures à toujours,et ta mémoire, » comme Dieu d’Abraham, d’Isaac et de Jacob, « est de génération en génération » (v. 12 ; Exode 3:15). C’est ainsi que l’avenir de Sion est assuré. Le Dieu d’Abraham, d’Isaac et de Jacob accomplira Sa parole, car lui, « Celui qui suis, » ne peut jamais disparaître.
Cela conduit à l’autre sujet du psaume - la miséricorde envers Sion qui est vue comme proche, le présent intervalle où Sion est désavouée étant passé, de sorte que le temps de l’humiliation du Messie, et le jour de la joie de Jérusalem soient étroitement liés. « Tu te lèveras, tu auras compassion de Sion ; car c’est le temps d’user de grâce envers elle, car le temps assigné est venu » (v. 13). S’il n’avait pas fait l’expiation, le temps d’user de grâce envers elle n’aurait jamais pu venir. L’ayant accomplie quand Il est mort sur la croix, la base a été posée pour que la faveur de Dieu puisse se montrer. Nous sommes transportés ici par le langage du Psaume dans les jours futurs de la bénédiction d’Israël. Le temps est venu. Qu’est-ce qui fait connaître qu’il est arrivé ? « Car tes serviteurs prennent plaisir à ses pierres, et ont compassion de sa poussière » (v. 14). Le gardien, le seigneur Jésus, selon Ésaïe, va être établi sur ses murailles (Ésaïe 62:6) et ne donnera pas de repos à l’Éternel jusqu’à ce qu’il fasse de Jérusalem un sujet de louange sur la terre. Puis, regardant aux conséquences qui doivent découler de la faveur envers Sion, le psalmiste continue : « Alors les nations craindront le nom de l’Éternel, et tous les rois de la terre, ta gloire. Car l’Éternel a bâti Sion, il a été vu dans sa gloire. Il a eu égard à la prière du désolé, et n’a pas méprisé leur prière » (v. 15-17). Telle est la simple déclaration de l’hébreu, qui donne une interprétation plus consistante que celle que nous avons (dans la traduction Darby par exemple). Il est bien vrai que « quand l’Éternel bâtira Sion, il paraîtra dans sa gloire. Il aura égard à la prière du désolé, et il ne méprisera pas leur prière » (v. 16-17 selon la traduction Darby). Mais ce n’est pas la vérité communiquée ici. Les versets 16 et 17 sont la cause directe de ce qui est dit au verset 15. Les nations craindront Son nom, car elles verront qu’Il a bâti cette ville qu’elles avaient voulu détruire, et qu’il est l’ami du désolé qu’elles avaient désiré retrancher. Et tous les rois craindront sa gloire, parce qu’elle aura été manifestée. C’est en tant que roi que le Seigneur va détruire ses ennemis comme David avant qu’Il règne en tant que Prince de paix à la manière de Salomon. Mais Sa gloire sera manifestée quand il viendra d’abord pour s’opposer aux nations à Jérusalem. Ainsi les nations Le craindront quand elles verront qu’Il est intervenu en faveur de Sion.
Mais ce ne sont pas que les nations qui craindront le Seigneur ; car le peuple créé dans le jour de sa puissance connaîtra ce qu’il a fait, et louera Jah (v. 18). Ces actes qui appellent leur adoration du Vainqueur intervenu en faveur de Sion, Son peuple, sont ensuite racontés dans les versets 19-22 : « Car il a regardé des lieux hauts de sa sainteté ; des cieux l’Éternel a considéré la terre, Pour entendre le gémissement du prisonnier, et pour délier ceux qui étaient voués à la mort ; Afin qu’on annonce dans Sion le nom de l’Éternel, et sa louange dans Jérusalem, Quand les peuples seront rassemblés, et les royaumes, pour servir l’Éternel ».
Tels sont les événements qui auront lieu parce que l’Éternel demeure éternellement, et ses promesses ne peuvent manquer d’être accomplies, bien que le Messie soit retranché comme homme. Mais qui est Celui qui parle ainsi comme étant tel l’herbe qui sèche ? C’est à cette question que le reste du psaume est consacré. « Il a abattu ma force dans le chemin, il a abrégé mes jours » (v. 23) pouvait-il dire. Et il ajoute, « Mon Dieu, ne m’enlève pas à la moitié de mes jours !… » (v. 24a). Puis vient la réponse. Celui qui a crié à Dieu comme homme est lui-même l’Éternel, le Créateur. « Tes années sont de génération en génération ! Tu as jadis fondé la terre, et les cieux sont l’ouvrage de tes mains » (v. 24b-25). Peut-il périr ? Il peut, et doit certainement, mourir comme homme selon les conseils de Dieu ; mais le temps ne peut produire aucun changement sur Lui. Ses œuvres peuvent périr, et vieillir : « Eux, ils périront, mais toi, tu subsisteras ; et ils vieilliront tous comme un vêtement ; tu les changeras comme un habit, et ils seront changés ; Mais toi, tu es le Même, et tes années ne finiront pas » (v. 26-27). Retranché au milieu de ses jours comme homme, alors qu’il n’a vécu que la moitié de la période allouée à l’homme sur la terre par Dieu, Il s’avère être l’Alpha et l’Oméga, le commencement et la fin, le premier et le dernier. Il est l’Ancien des jours. Il était déjà avant que le temps soit compté, et quand le temps prendra fin, Ses années ne finiront pas.
Une dernière révélation complète le sujet du psaume. Doit-Il demeurer à jamais seul ? La réponse est donnée : « Les fils de tes serviteurs demeureront, et leur semence sera établie devant toi » (v. 28). Quelle brillante fin à un début si sombre ! Je suis desséché comme l’herbe, avait-il dit. Que Ses années ne finiraient jamais, est la réponse qui Lui a été faite. De plus, Jérusalem sera bâtie, les nations craindront Dieu, et les fils des serviteurs du Messie demeureront. Ils auraient pu se croire voués à la mort ; mais ils demeureront, et, comme peuple terrestre, héritant des promesses terrestres, une promesse leur est ajoutée quant à la permanence de leur descendance, devant Lui en la présence duquel seul une vraie bénédiction peut se trouver : « leur semence sera établie devant toi ».