Veux-tu être guéri ?

Jean 5:1-9

Source : Le Messager Évangélique, 1923

Je désire vous présenter une vérité excessivement simple, mais que le cœur de l’homme a de la peine à saisir et à accepter ; c’est qu’il n’y a absolument qu’une chose qui puisse mettre l’homme pécheur en rapport avec Dieu ; cette chose est : ses besoins. C’est une vérité de toute importance. Tous, tant que nous sommes, nous ne pouvons être en relation avec le Seigneur que par nos besoins. Je ne dis pas “le sentiment de nos besoins” ; ce serait aller trop loin ; ce serait demander quelque chose de l’homme. Tant mieux, si ce sentiment existe. Mais, y a-t-il une seule âme qui n’ait pas de besoins ? Je puis répondre sans hésitation : aucune, pas une seule dans le vaste monde. Seulement il arrive que l’homme voudrait se mettre en rapport avec Dieu d’une autre manière et n’y réussit jamais ; on en voit une foule d’exemples dans la Parole.

En Luc 18, nous voyons deux hommes, montant au temple pour prier. L’un exposait ses œuvres, sa propre justice ; il pensait se mettre en rapport avec Dieu sur ce pied-là, l’autre, que faisait-il ? Il se tenait éloigné, n’osant lever ses yeux au ciel ; il avait des besoins et en avait aussi le sentiment ; il les présentait à Dieu ; et il descend en sa maison, justifié plutôt que l’autre, comme il nous est dit.

Autre exemple : les petits enfants (Luc 18:15) ; les douze cherchaient à empêcher les petits enfants d’être amenés à Christ ; est-ce que de petits enfants étaient faits pour le Seigneur ? Il faut des hommes revêtus d’une certaine dignité, pour s’approcher de Jésus : – c’est ainsi que les disciples raisonnaient ; mais ils ignoraient la seule chose qui était nécessaire pour entrer en rapport avec Dieu. Qui est ce qui a plus de besoins qu’un petit enfant ? Il ne peut marcher seul ; il ne sait pas même ce qui lui est convenable ; il est absolument dépendant ; sans les bras de sa mère, que ferait-il ? Voilà ce qu’il faut, dit Jésus ; et il les bénit.

Un peu plus loin, c’est un des chefs du peuple qui s’approche du Seigneur ; il lui dit : « Bon maître, que faut-il que je fasse pour hériter de la vie éternelle ? » Pour se mettre en règle avec Dieu, il se fonde sur son activité. Le Seigneur lui répond de la même manière, sur le même pied : Sois beaucoup plus actif ; abandonne tout ce que tu as… Cet homme était riche ; il part, il n’a pas trouvé le moyen de se mettre en rapport avec Dieu.

A la fin du chapitre 2 de Jean, les foules sont “émerveillées” à la vue des miracles que faisait le Seigneur Jésus ; beaucoup croient à cause de ces prodiges. Mais les foules, les mêmes foules l’abandonnent ensuite. Elles s’étaient mises en rapport avec Jésus, non par leurs besoins, mais par ses miracles. Alors le Seigneur s’adressant à ses disciples leur demande : « Et vous, voulez-vous aussi vous en aller ? » Pierre répond pour eux tous ; ah ! lui, il avait trouvé quelque chose : « Seigneur, auprès de qui nous en irions-nous ? tu as les paroles de la vie éternelle ». Il répondait à tous leurs besoins.

Les huissiers envoyés pour le prendre, viennent à Jésus ; ils entendent ses paroles ; alors il n’est plus question pour eux de mettre les mains sur lui : « Jamais homme, disent-ils, ne parla comme cet homme ». Les paroles étaient une musique pour leurs oreilles, mais cela ne suffisait pas. Quelques jours se passent ; ces mêmes hommes, conduits par un traître, sortent avec des flambeaux et des bâtons pour s’emparer de Jésus. Une seule parole du Seigneur les fait reculer et tomber à la renverse. C’est que ces hommes n’étaient pas entrés en rapport avec le Seigneur par leurs besoins, mais par leur admiration et leur enthousiasme. On ne peut donc entrer en rapport vital avec le Seigneur à la manière des hommes ; alors comment faut-il le faire ? Voyez Jean 7:37. Le grand jour de la fête, Jésus dit aux foules : Si quelqu’un a soif. C’est à ceux qui ont des besoins que l’évangile s’adresse, en tout temps, car ce n’était pas seulement quand Jésus était dans ce monde qu’il était la source qui désaltère ; il l’est encore dans le ciel (Apoc. 22:17 ; Ésaïe 55:1)  ; il ne parle pas d’avoir très soif, d’avoir de grands besoins… Y a-t-il ici quelqu’un qui ait soif ? La Parole dit : Venez à Christ ; vous trouverez l’eau vive qui désaltère votre soif.

Mais ce n’est pas le tout que d’avoir des besoins, il faut beaucoup plus encore. Il y a un proverbe étranger qui dit : « L’extrémité de l’homme est pour Dieu le moment opportun ». C’est quand l’homme est à l’extrémité que le moment est exactement arrivé, où il peut rencontrer Dieu. Voilà dans notre passage, en Jean 5, un homme qui était depuis 38 ans devant un réservoir où se trouvait l’eau salutaire qui guérissait quand l’ange descendait pour l’agiter. Cet homme était paralytique. Les jours, les mois, les années s’étaient écoulés sans que rien n’ait changé dans son état ; une vie d’homme se passe, une vie plus longue peut-être que celle de beaucoup d’entre nous, et qu’a-t-il trouvé ? Ah ! il est bien à l’extrémité ; mais, remarquez-le, il ne s’en rend pas compte. Qui lui fait connaître cet état désespéré ? Est-ce lui-même ? Non, c’est le Seigneur Jésus quand il demande à l’homme paralytique : « Veux-tu être guéri ? » Celui-ci répond : « Seigneur, je n’ai personne etc. » C’est la simple question du Seigneur qui lui dévoile cela ; cette question fait monter des profondeurs à la surface de son cœur toute sa misère ; elle lui fait répondre : Je n’ai personne et je ne peux pas. Est-ce que cette parole s’adresse à vous : « Veux-tu être guéri ; que répondrez-vous ? Direz-vous : Je veux. Le pauvre malade de Béthesda n’avait pas la force de vouloir  ; mais le Seigneur Jésus lui dit : Tu n’as personne ; moi, j’ai des ressources ; – et une seule de ses paroles le guérit ; cet homme peut marcher. Eh bien, cette parole « Veux-tu être guéri » manifeste l’état désespéré de chacun ; mais Lui a de puissantes ressources pour y répondre. Ce paralytique put marcher ; il vécut encore un certain temps, et puis tout fut fini. Le Seigneur a quelque chose d’infiniment meilleur pour nous : « Quiconque croit au Fils a la vie éternelle ». Chers amis, êtes-vous arrivés à cette extrémité dans vos âmes ? avez-vous cette conscience de vos besoins avec une totale incapacité d’y répondre ? La parole de Christ : “Veux-tu être guéri ?” vous y amène et quand elle vous y a amenés, il vous dira : « Lève-toi » et aussitôt vous serez guéris. Ainsi, du commencement à la fin, tout vient de lui.

Cette vérité, que l’extrémité de l’homme est pour Dieu, le moment opportun, vous la trouverez tout du long de l’Évangile ; j’en citerai quelques exemples : Luc 8, nous raconte l’histoire d’un démoniaque. Cet homme était réellement à l’extrémité ; il était horriblement tourmenté par la légion de démons qui le remplissait ; personne n’avait pu le lier ; il rompait chaînes et liens, et était la terreur de tous. Mais il se trouve sur le chemin du Seigneur, ou plutôt, le Seigneur le trouve sur son chemin, et il en rapporte une délivrance complète.

Le même chapitre nous parle de cette femme qui, ayant pendant 12 ans dépensé tout son bien en médecins, vient toucher le vêtement du Seigneur. Elle était à l’extrémité et le sentait ; sa vie s’en allait avec son sang ; mais c’était le moment opportun pour rencontrer Dieu. Alors elle le rencontre par la foi. Voyez aussi l’enfant prodigue. C’est quand il est affamé, misérable, réduit à désirer la nourriture dégoûtante des pourceaux, que vient à lui comme un rayon de la maison paternelle. A ce moment-là, avait-il l’idée que son père le presserait contre son cœur ? – qu’il aurait la première place dans sa maison ? Ah ! certes non ! mais l’extrémité de sa misère le met en rapport avec Dieu, et Dieu agit dans sa conscience.

Et l’histoire du bon Samaritain ! Pas une âme ne venait au secours du pauvre blessé ; il est dépouillé de tout, et de plus, incapable de faire un pas ; mais tout ce qu’il avait perdu et au-delà, il le trouve dans les bras pleins de compassion de cet étranger qu’il ne connaissait pas, mais qui se trouvait là juste à point pour le sauver. Cette vérité se rencontre partout dans l’Écriture… Lazare était mort, enseveli ; c’est bien là l’extrémité des extrémités ; le voile sombre et noir de la mort était tiré pour toujours semblait-il ; mais le Seigneur Jésus vient, et tout dépend de Lui. Il ne lui faut pas pour le ressusciter un grand déploiement de puissance ; un seul mot suffit : « Lazare, sors dehors ». Oui, une seule parole de Christ a la puissance de manifester cette extrémité de chacun et de donner la vie, comme une seule parole de Dieu peut répondre aux besoins qu’elle a créés dans l’âme. Il y a quelque chose de pareil au Psaume 142. « Regarde à droite, et vois ; il n’y a personne qui me reconnaisse ; tout refuge est perdu pour moi ; et il n’y a personne qui s’enquière de mon âme ». C’est bien là le langage d’une âme à l’extrémité ; et Dieu veuille qu’il y en ait beaucoup ici de ces âmes angoissées. S’il y a des besoins dans vos âmes, avez-vous essayé les remèdes des hommes ? L’un dit : « Lisez beaucoup la Parole de Dieu », l’autre : « Priez beaucoup » ; un troisième : « Faites ceci » ; un autre : « Faites cela » Avez-vous essayé ? Alors vous direz avec le Psalmiste : « Il n’y a personne, etc. » C’est l’extrémité. Mais il ajoute : « Éternel ! j’ai crié vers toi ; j’ai dit : Tu es mon refuge, etc. ». Puisse le sentiment de vos besoins s’être emparé de vos âmes : vous écouterez Christ, vous attendrez de Lui seul la délivrance, et vous accepterez avec joie le salut qu’il vous apporte !

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