Un homme selon le cœur de Dieu
Psaume 51
Source : STEM Publishing, The Christian’s Friend vol. 15, 1888, p. 202 etc.
1 - Différents aspects du Psaume 51
1.1 - L’aspect dispensationnel du Psaume 51
Je n’ai pas lu ce psaume pour son aspect dispensationnel. Je suppose que la plupart d’entre nous savent qu’il s’agit de la confession devant Dieu du résidu Juif croyant, pour avoir causé la mort du Seigneur Jésus-Christ. Ils confessent être coupables du sang versé et entrent ainsi dans la bénédiction du fruit de cette mort expiatoire.
1.2 - L’application personnelle : le psaume sonde le cœur de tout croyant
Maintenant, je voudrais que vous examiniez un peu l’application et la signification personnelles directes du psaume. Il y a une merveilleuse réalité dans ce psaume et dans sa signification. Vous pouvez dire que les Psaumes ne s’appliquent pas aux chrétiens, que la condition chrétienne est au-delà ; mais ici, également, si nous considérons ce psaume simplement, il sondera la réalité de la relation de nos cœurs avec Dieu.
1.3 - David un homme selon cœur de Dieu
Nous avons ici les caractères d’un homme selon le cœur de Dieu, car David était un tel homme. Mais en quoi cela était-il vrai pour lui ? Qu’y avait-il en lui, et à son sujet, dans sa vie et dans ses voies, qui lui donnait droit à cette distinction ? Une brève étude de ce psaume nous aide à comprendre, à mesure que Dieu nous éclaire à ce sujet, ce que signifie être selon le cœur de Dieu, dans ce monde.
2 - David un homme qui connaissait Dieu
2.1 - Sa relation personnelle avec Dieu
Tout d’abord, nous avons ici un homme qui connaissait Dieu, personnellement. Cet homme avait été choisi par Dieu, oint par Dieu, préservé par Lui et soutenu par Lui. Il avait personnellement fait l’expérience de Dieu et de Ses voies, de Sa bonté, de Son amour et de Sa puissance.
2.2 - Les expériences passées de sa foi
Afin de comprendre la position de David ici, nous devons étudier de près les détails précédents de sa vie et de ses voies. Alors qu’il n’était qu’un jeune garçon, seul avec Dieu et dépendant de Lui, il avait tué à lui seul le lion et l’ours. Plus tard, il s’était dressé, seul avec Dieu, contre toute la puissance de l’ennemi de Son peuple, qu’il avait délivré du géant, couvrant ainsi de honte tout Israël. Il avait refusé l’armure que lui offrait Saül, préférant s’avancer en dépendant simplement d’un Dieu connu dans lequel il se confiait. Tous les ennemis devant lui n’étaient que des “Philistins incirconcis” - ils n’étaient que cela pour lui. Il allait avec Dieu, et Dieu était avec lui. Une leçon merveilleuse, simple et pratique pour nous !
3 - La chute de David lorsqu’il est roi
3.1 - Le contexte historique
Mais tout cela était désormais passé et révolu – néanmoins, Dieu qui l’avait appelé ne l’oubliait pas. David était désormais sur le trône d’Israël ; Dieu l’avait amené et établi là, comme l’homme de Son choix pour régner sur Son peuple, et Il le préservait. Là, sur le trône, il apprend plus qu’il n’avait jamais appris dans l’adversité : il apprend à se connaître lui-même, à connaître son propre cœur et le mal qui s’y trouve. Vous pouvez l’excuser, parler du temps dans lequel il vivait, de ses circonstances, de ses passions, mais qui excusera le péché, si l’on est droit envers Dieu ? Si nous regardons à ces choses cela ne nous aidera pas à comprendre ce psaume. Pour le comprendre nous devons considérer les choses exactement comme Dieu nous les présente.
3.2 - Le danger de la prospérité : David découvre la corruption de son cœur
Dieu avait préservé David, comme nous l’avons vu ; pour lui, rien n’avait été plus merveilleux que la puissante protection de Dieu sur lui. Maintenant, Dieu l’avait oint à la tête de Son peuple, et avait placé le pouvoir entre ses mains ; et voyez comment il l’utilise ! Au jour de la prospérité, les convoitises de son cœur l’emportent ; il apprend qu’il n’en est pas maître, et qu’elles le dominent. C’était plus qu’il n’avait appris en un jour d’adversité, quand il était pourchassé « comme une perdrix dans les montagnes » (1 Sam. 26:20). Cela est vrai pour chacun d’entre nous, si nous avons une certaine expérience. De nos jours, les gens disent qu’ils ne croient pas en l’expérience. Pour ma part, j’y crois pleinement – en fait, les âmes ne peuvent être droites devant Dieu que lorsqu’elles ont de l’expérience. Mais cette expérience doit prendre fin, ou plutôt conduire à un nouveau type d’expérience : l’expérience personnelle avec Dieu.
3.3 - L’épisode avec Bath-Shéba
2 Samuel 11 nous donne les circonstances qui ont donné lieu à ce psaume. Emporté par les convoitises de son cœur, la convoitise des yeux et l’orgueil de la vie, David tombe dans le péché. C’est à la fois une histoire triste et terrible, mais belle et bénie quant aux résultats. Certains ont dit : « Oh, si seulement je pouvais être comme David ! » Eh bien, venez et considérez-le maintenant et apprenez la leçon que Dieu veut nous enseigner à travers lui. David n’a pas seulement péché dans l’affaire de Bath-Shéba, mais il a utilisé le pouvoir royal que Dieu lui avait donné pour couvrir son péché. Il n’a pas comparu devant un tribunal terrestre, mais il a une réputation aux yeux des hommes, et celle-ci doit être maintenue à tout prix.
3.4 - L’enchaînement du péché
Combien il est vrai que « la voie des perfides est dure » (Prov. 13:15) ! La convoitise conçoit et enfante le péché ; et le péché, et le souci de sa propre réputation, poussent David à commettre un meurtre, dans le vain espoir d’effacer sa faute. Il y réussit, car le pouvoir est entre ses mains – hélas ! Et c’est ainsi qu’il use du pouvoir que Dieu lui a confié.
Et maintenant, David se repose. Urie, tué par l’ennemi, sur son ordre, Bath-Shéba devient sa femme, et David cherche à se reposer, et à s’installer dans la situation qu’il a arrangée pour lui-même.
3.5 - L’intervention de Dieu
Mais Dieu est fidèle, Il lui montre maintenant Sa fidélité. Il lui envoie Son serviteur, un messager spécial de Sa part, qui lui dit simplement ce qu’il a fait. Les choses ne sont ni minimisées, ni aggravées. C’est le simple récit des faits : « Il a pris la brebis » (2 Sam. 12:4). Ah, quand Dieu parle, combien c’est bref et simple, combien cela sonde le cœur, combien c’est direct ! Le message a touché le cœur et la conscience de David. Un seul mot de Dieu et le travail est fait. « Tu es cet homme ! » (v.7) – cet homme, le seul coupable devant Lui, aucun autre pécheur, sur la face de la terre, n’est comme David. Tout a jailli dans son cœur et sa conscience – l’abus du pouvoir que Dieu lui avait donné ; le détournement de la position que Dieu, dans sa grâce, lui avait donnée, pour cacher son péché aux yeux des hommes. Il avait réussi à le cacher jusque-là, mais devant Dieu, il était toujours là, comme le cramoisi, à Ses yeux, on ne peut lui cacher.
3.6 - La conviction immédiate de péché de David
Maintenant, remarquez l’effet produit. Il n’y a pas d’endurcissement, pas de cou roide à l’ouïe de ce message convaincant. Nathan dit : « Tu es cet homme ! ». David baisse la tête. Dans son esprit, il se dit : « Ô Dieu, je suis cet homme ; j’ai péché contre toi ». Il y a la réalité, c’est ici que nous commençons à apprendre ce qu’est “l’homme selon le cœur de Dieu”. Il reconnaît son péché devant Dieu. Personne ne peut avoir une plus mauvaise opinion de lui-même que celle qu’il a de lui. Si nous sommes des enfants de Dieu, c’est parce que Dieu nous a choisis, chacun spécialement, comme pécheur, afin de faire miséricorde à chacun de nous, spécialement. Ce n’est ni collectivement, ni comme avec un groupe ici, c’est individuellement que l’âme a affaire à Lui, et en arrive à dire : « personne n’est méchant comme moi, et personne n’est comme Dieu en amour, en bonté et en grâce ! »
4 - La confession de David dans le Psaume 51
4.1 - La base du pardon
Maintenant, commençons ce psaume. Ici, nous arrivons au magnifique fruit béni de cette histoire terrible. Ah, quelle leçon pour nous ! David vient à Dieu non pas sur la base de sa repentance, ni de ses prières, ni de ses propres larmes. Vous pouvez vous repentir, et c’est une bénédiction de le faire. Vous pouvez prier, et il est certainement bon de prier. Vous pouvez pleurer, pleurer amèrement, avec des larmes amères, et c’est bien. Mais aucune de ces choses ne permet de connaître le pardon ; aucune de ces choses n’est la véritable base pour s’approcher de Dieu. Il n’accorde pas son pardon sur la base de ce que nous sommes, mais sur la base de ce qu’Il est. C’est ainsi que David vient à Dieu, écoutez-le : « Use de grâce envers moi, ô Dieu ! selon ta bonté ; selon la grandeur de tes compassions, efface mes transgressions » (v.1). Nous commençons maintenant à comprendre qui et quel est l’homme qui a affaire à Dieu – l’homme qui connaît Dieu. Vous pouvez dire qu’il connaît ses propres transgressions et sa méchanceté, c’est vrai, mais il connaît aussi la seule base sur laquelle Dieu peut lui parler, avoir affaire à lui, à ce sujet, autrement que par le jugement. De plus, c’est seulement ainsi qu’il y a, ou peut y avoir, de la droiture avec Dieu : être devant Lui et avoir affaire à Lui sur la base de ce qu’Il est en Lui-même – “tes compassions”, “ta bonté”. Ainsi, il peut dire : « Lave-moi pleinement de mon iniquité, et purifie-moi de mon péché. Car je connais mes transgressions, et mon péché est continuellement devant moi » (v. 2-3).
4.2 - La vraie confession
Permettez-moi de vous demander : êtes-vous déjà venu à Dieu de cette manière ? Est-ce sur cette base que vous vous tenez devant lui ? “Ta bonté”, “la grandeur de tes compassions”. Êtes-vous un enfant de Dieu ? Avez-vous fauté ? Vous ne pouvez pas dire que vous n’avez jamais mal fait. Mais si vous faites mal, sur quelle base allez-vous à Lui ? Vous présentez-vous devant Lui comme devant un Père ? Si c’est le cas, vous présentez-vous en disant : « J’ai jugé la chose, je m’en suis repenti, et je peux venir ainsi » ? Cette raison est bonne en soi, mais ce n’est pas ainsi que vous vous reposerez en Lui, avec une confiance inébranlable. Non, la seule base sûre, inébranlable et immuable est : ce qu’Il est en Lui-même – “ta bonté”, “tes compassions”. Dans l’univers, il n’y a rien comme “ses compassions” et “ses grandes bontés”, rien ne les égale ; c’est sur cette base que je cherche le pardon. David ne présente pas à Dieu un faux fondement, mais le fondement simple et clair sur lequel il sait que Dieu peut agir à son égard : “Tu es cet homme”. Ah ! C’est en miséricorde et en bonté qu’Il m’a suivi. Il m’a appelé hors de là où je m’étais caché. Il est vrai avec moi, je veux être vrai avec Lui.
4.3 - La différence entre la confession et le pardon
En 1 Jean 1, nous voyons la différence entre la confession et le pardon. Venir à Dieu simplement pour chercher le pardon, peut s’accompagner ou non d’une confession complète. La première pensée de celui qui s’approche ainsi de Dieu pour Lui confesser ses fautes, n’est pas le pardon. S’il recherche simplement le pardon, il invoquera, comme excuses, les circonstances et la faiblesse, afin de présenter un motif de pardon autre que ce qui se trouve en Lui-même. Mais dans une vraie confession, il n’est pas question de la force des circonstances, ni de sa propre faiblesse. Pour le chrétien, cela va encore plus loin ; car il a conscience qu’il a mis de côté la grâce, qu’il n’a pas su s’y confier, et que sa volonté propre et son orgueil l’ont éloigné de Dieu et de Sa grâce pour commettre le péché qu’il confesse. Il ne s’agit donc ni des circonstances, ni de sa propre faiblesse ; il n’est pas question des tentations ou des épreuves qui l’entourent. Il s’agit uniquement de “Sa grâce” et de ma volonté propre. Sa grâce m’aurait gardé ; je l’ai refusée, je n’y ai pas prêté attention, je ne l’ai pas jugée nécessaire pour moi. Sa puissance m’aurait gardé, mais j’ai cherché une autre puissance et j’ai quitté la place de dépendance. Je me suis ainsi exposé à la tentation et je suis tombé. Pourquoi l’ai-je permis ? Si je regarde aux circonstances et que je m’en sers comme refuge, je me réfugie derrière des mensonges ; or celui qui a affaire à Dieu dit toujours : « Fini, tout abri de mensonge ; je veux être vrai avec Dieu ; j’ai affaire à Lui seul ».
5 - « Contre toi, contre toi seul, j’ai péché » : le sens de cette déclaration
5.1 - Le péché est d’abord contre Dieu
Nous arrivons maintenant à un verset qui pose problème à plusieurs : « Contre toi… j’ai péché » (v. 4). Là, il n’y a aucune difficulté. Mais David dit : « Contre toi seul ». N’avait-il pas péché contre Bath-Shéba ? N’avait-il pas fait mourir Urie, l’homme même contre lequel il avait péché ? Comment pouvait-il alors dire : « Contre toi, contre toi seul, j’ai péché » ? Il n’est pas besoin d’aller très loin pour trouver la raison. Il est occupé de Dieu, et de Dieu seul. Si la pensée de son prochain lui traverse l’esprit, il dira : « Mon prochain ! Ah, oui ! J’ai effectivement péché contre lui. Mais qu’est-ce, comparé à mon péché contre Toi ? ». C’est un péché devant Dieu, devant Celui qui a les yeux trop purs pour voir le mal. L’homme, la femme contre qui j’ai péché, le mal que j’ai fait à mon prochain, je ne veux ni l’ignorer ni le dissimuler un seul instant ; mais c’est devant Toi, Dieu de gloire, devant Toi, Dieu de toute grâce, dont je connais la compassion et l’amour bienveillant, que j’ai péché. Qu’il n’y ait ni excuses, ni causes secondaires, ni abri de mensonge, entre moi et Toi. Je suis seul devant Toi, et je ne peux compter que sur Toi.
5.2 - La priorité de la relation avec Dieu
« Afin que Tu sois justifié » (v. 4). Je n’atténue pas le péché en parlant de la pauvre femme avec laquelle je l’ai commis, de ma réputation devant les hommes, ce qui comptait tant pour moi, ni de l’homme que j’ai fait périr pour dissimuler mon péché. Je me tiens devant Toi, nu à Tes yeux, comme au jour où je suis né ; et maintenant il n’y a plus rien, plus d’espoir, plus de repos, plus de motif de confiance, sauf en Toi, en Ta bonté, en Ta compassion.
Maintenant, permettez-moi de vous demander : venez-vous à Dieu ainsi ? Le connaissez-vous ainsi ? Si c’est le cas, il n’est pas difficile de dire : « Contre toi, contre toi seul, j’ai péché, et j’ai fait ce qui est mauvais à tes yeux », c’est une réalité divine et bénie pour votre âme. Sinon, je ne pourrai peut-être pas vous le faire comprendre, mais je suis assuré que vous ne saurez pas ce qu’est la droiture de cœur devant Dieu, tant que vous ne l’aurez pas compris par expérience dans votre âme. Tant que vous n’en connaîtrez pas l’importance pratique, vous aurez une certaine réserve, vous chercherez à retenir dans votre cœur, des choses que vous ne serez pas prêt à dévoiler. En bref, vous ne serez pas entièrement libre avec Dieu.
David ne retient rien ; tout ce qui pourrait être une entrave n’est pour lui qu’un abri de mensonge. Et cela, il le refuse, pour qu’il n’y ait aucun obstacle dans les voies de Dieu, rien qui puisse empêcher Dieu de lui parler, de le juger et d’ôter son péché selon les ressources qui sont en Lui-même. Il pourrait plaider les circonstances, mais ce serait revenir au vieil Adam : « J’ai une nature mauvaise, des passions, des convoitises, etc., elles étaient trop fortes pour moi. Les convoitises de cette nature m’ont emporté, et j’étais captif du péché ». S’il avait plaidé cela devant Dieu, Dieu lui aurait répondu : « Tout cela est vrai, mais ma miséricorde pour toi, n’est que sur la base de ma bonté. Tu es comme Adam dans le jardin, disant qu’il avait été égaré par la miséricorde même qui lui était accordée ».
Mais David s’est tenu sur un autre terrain, béni soit Dieu. Pour lui, c’était : « Mon péché est entre Toi et moi. Je ne cache rien du mal que j’ai fait à d’autres. Mais tout est devant Toi – moi, un homme qui a reçu tes dons, ta grâce, tes conseils, ton amour – un homme qui a eu tant d’expériences bénies de tes voies et avec Toi. Ah, c’est contre Toi seul que j’ai péché ! J’ai péché contre la connaissance que j’avais de Toi, contre le pouvoir que Tu m’as donné ; je désire que Tu sois justifié dans Ton jugement ». Tels sont les caractères d’un homme selon le cœur de Dieu.
Peut-être direz-vous : « Il est facile de confesser ainsi » ; mais si vous l’avez déjà fait, vous ne direz jamais que c’est facile. Si vous avez déjà été en Sa présence, vraiment devant Lui, au sujet de vous-même et de votre péché, vous saurez que c’est un travail déchirant, qui sonde le cœur, que d’être devant Lui sans aucune excuse. Vous ne pouvez pas me faire connaître votre expérience, et je ne peux pas vous faire connaître la mienne : être devant Dieu sans aucune excuse, et s’appuyer uniquement sur ce qui est en Lui : Sa bonté et la grandeur de Ses compassions, est une expérience personnelle, individuelle ; et la connaissance de Dieu Lui-même est intransmissible, inexplicable, mais elle se manifestera dans la vie et les voies de celui qui la possède.
6 - La racine du péché
6.1 - La nature pécheresse
Mais David poursuit : La racine de tout cela est en moi-même : « Voici, j’ai été enfanté dans l’iniquité, et dans le péché ma mère m’a conçu » (v. 5). Le péché est en moi, depuis que je suis né ; le péché et l’iniquité me caractérisent. La bonté et la miséricorde sont tiennes, ô mon Dieu ! Mais « tu veux la vérité dans l’homme intérieur », la vérité, pas son apparence, pas sa profession, mais la chose elle-même, sa réalité. Si parmi vous qui êtes présents ce soir, certains ne sont pas convertis, permettez-moi de vous dire que vous ne pouvez pas savoir ce que cela signifie.
6.2 - La vérité dans l’homme intérieur
Vous pouvez peut-être afficher une bonne image de vous-même, et professer bien des choses, mais tant que vous n’aurez pas affaire à Dieu directement, vous ne saurez pas ce qu’est « la vérité dans l’homme intérieur » (v. 6). Vous avez peut-être fait de bonnes actions, vous les estimez comme votre devoir envers votre prochain et envers Dieu, mais c’est Dieu qui les juge, selon Son estimation et non selon la vôtre. Vous pouvez toutes les mettre dans la balance et les arranger du mieux possible, mais la balance du sanctuaire est juste ; Dieu met dans l’autre plateau “la vérité dans l’homme intérieur”, et alors votre côté s’avèrera très léger. Si vous devez avoir affaire à Lui, vous ne pouvez pas éviter la “vérité dans l’homme intérieur”, et Lui, ne peut que l’exiger. Sans cela, vous ne pouvez être en paix, vous ne pouvez avoir du repos, vous ne pouvez jouir de Sa présence. Sans cela, vous ne pouvez pas être “selon son cœur”. Et si vous ne l’êtes pas, qu’êtes-vous ? Si nous ne marchons pas en Sa présence et ne sommes pas heureux devant Lui, étant conscient de sa faveur, il est inutile de dire que l’on croit ceci ou cela. Ce qui indique que l’on jouit de sa faveur, c’est « la vérité dans l’homme intérieur ». C’est la vérité qui vient, sonde, et demeure. Alors, sur la base de Sa bonté et de Sa compassion, David peut dire : « Purifie-moi du péché avec de l’hysope, et je serai pur ; lave-moi, et je serai plus blanc que la neige » (v. 7).
6.3 - Le jugement de soi, reconnaître la corruption intérieure
Maintenant, David dit : « Cache ta face de mes péchés, et efface toutes mes iniquités » (v. 9). Quand je regarde ce péché, je suis conscient que ton œil le voit, et c’est ce qui le rend si terrible à mes yeux. Efface-le de ta vue, selon ta bonté et la grandeur de tes compassions, alors, et alors seulement, il sera effacé de ma vue.
Au verset 10, David en vient à la racine de toute l’affaire. C’est très important pour chacun d’aller vraiment à la racine des choses. Ici, il donne la raison même que le Seigneur donnait en parlant à ses disciples : Ce ne sont pas les choses extérieures qui, en entrant, souillent l’homme. C’est une vérité vraiment terrible pour nous. Vous pouvez fermer les yeux sur elle, endurcir votre conscience, mais la vérité est là, devant vous, dans toute sa réalité, dans les paroles mêmes de Jésus. C’est la vérité à votre sujet : comme enfant d’Adam, rien de ce qui vient de l’extérieur ne peut rendre votre cœur pire qu’il n’est déjà. Oui, c’est la vérité, une vérité terrible, mais c’est tout de même la vérité. Pourtant, combien elle est largement niée et ignorée, pratiquement ! Dès leur plus jeune âge, on enseigne aux enfants : « Sois un bon enfant, et Dieu t’aimera ! » – erreur qui nie cette vérité. Je vous demande : croyez-vous que le cœur est si mauvais, que rien d’extérieur ne peut le rendre pire ? Si vous ne le croyez pas et pensez que ce n’est pas aussi grave, vous faites confiance à votre propre cœur, et l’Écriture dit : « Qui se confie en son propre cœur est un sot » (Prov. 28:26). Vous vous confiez en ce cœur que Dieu déclare être « trompeur par-dessus tout et incurable » (Jér. 17:9). J’ajouterai que, pour l’enfant de Dieu, les affections naturelles du cœur seront toujours fausses si elles ne sont pas réglées par un exercice de conscience. Quand le cœur et la conscience vont de pair, les affections seront correctement réglées, sinon les objets de vos affections deviendront des idoles.
7 - Le besoin d’un changement intérieur complet
7.1 - Le besoin d’un cœur pur
« Crée-moi un cœur pur, ô Dieu ! et renouvelle au-dedans de moi un esprit droit » (v. 10). Dans le jugement de vous-même, en êtes-vous arrivé à dire : « Le mal vient du cœur » ? Ne vous réfugiez pas derrière l’excuse : « Je suis sur le terrain chrétien, ce ne serait pas intelligent de dire ça ». David dit : « Ça vient de mon cœur ; non pas de la beauté de la femme que j’ai regardée, ni de l’effort pour soutenir la réputation ternie du roi, mais du cœur même du roi ». C’est le cœur, le cœur impur, que je trouve en moi ; et c’est pourquoi je crie : « Crée-moi », non pas « Change-moi », mais « Crée-moi un cœur pur ». Est-ce là le terrain sur lequel votre âme s’est tenue devant Dieu ?
7.2 - La restauration
Considérons un instant l’expérience. Si vous ne l’avez pas faite, que Dieu vous y aide ! C’est la réalité d’avoir affaire à Lui. Ici, cet homme a un cœur droit devant Dieu, il reconnaît que la racine de l’iniquité est en lui-même. Ainsi, il dit : « Crée-moi un cœur pur, ô Dieu ! … et ne m’ôte pas l’esprit de ta sainteté » (v. 11). Ne m’enlève pas ce qui fait réaliser à mon cœur et à ma conscience le mal devant Dieu – les exercices d’une âme troublée, l’exercice de cœur devant Lui. Ça veut dire cela. Il est vrai qu’en tant que chrétiens, nous ne pouvons pas dire : « Ne m’ôte pas l’Esprit-Saint » car, grâce à Dieu, le Saint-Esprit demeurera avec nous jusqu’à la fin. Mais David a le sentiment d’avoir perdu tous ses droits et toutes ses revendications, et que la miséricorde et la bonté de Dieu sont les seules raisons pour lesquelles Il lui conserve tout ce qu’Il lui a donné. Ainsi David dit : « ne m’ôte pas l’esprit de ta sainteté » ; « Rends-moi la joie de ton salut, et qu’un esprit de franche volonté me soutienne » (v. 12).
8 - Le désir de témoigner des voies de grâce de Dieu aux pécheurs
8.1 - Annoncer les voies de grâce de Dieu
Maintenant, David dit : « J’enseignerai tes voies aux transgresseurs, et des pécheurs se retourneront vers toi » (v. 13). Voyez la place merveilleuse et bénie qu’il a atteinte ; il n’enseigne pas ses voies aux transgresseurs – lesquelles ont été tristes et douloureuses – mais “tes voies” ; tes voies de grâce, de bonté et de compassion. Il ne dit pas “les justes”, mais “les pécheurs”. Il est inutile de parler de ces voies aux justes. Ce sont les pécheurs qui les apprécieront et se tourneront vers Lui ; c’est donc à eux que je les déclarerai.
8.2 - La puissance du témoignage de celui qui a expérimenté une telle grâce
Ceux qui sont pleins d’orgueil et satisfaits d’eux-mêmes ne voudront pas écouter, mais ceux qui, comme moi, savent ce qu’est la transgression, écouteront et se tourneront vers Toi. Il y a là une puissance, plus grande et plus pénétrante que n’importe quel fouet qui pousse à la rébellion. Je leur parlerai de Ton amour, ton amour irrésistible, ta pitié, ton amour miséricordieux, ta grâce infaillible, ta tendre miséricorde, la grandeur de tes compassions. Le soleil peut s’arrêter au milieu du jour, mais Tu ne peux jamais faillir ; en conséquence, les pécheurs seront convertis, à Toi. Tu auras la gloire. Donne-moi seulement la lumière de ta présence, qui restaure, le sentiment béni de ta faveur présente, et je le dirai à ceux qui sont dans leurs péchés. Cela nous rappelle certainement les paroles de notre Seigneur lui-même : « allez et apprenez ce que c’est que : « Je veux miséricorde et non pas sacrifice » (Matt. 9:13). Ici, en David, nous avons la déclaration du même Saint-Esprit, par le moyen d’un homme selon le cœur de Dieu, un homme qui avait péché et qui l’avait pleinement reconnu devant Dieu. Il ne dit pas : « J’enseignerai la loi », mais « J’enseignerai Tes voies aux transgresseurs, car je les ai apprises moi-même, et en elles, je T’ai connu ». Ceux qui connaissent quelque chose de la folie, de la méchanceté de leur propre cœur sont ceux à qui ce message doit être transmis.
Mais nous devons connaître Ses voies, avant de pouvoir les enseigner aux autres. Connaissez-vous ces voies de Dieu envers l’âme ? Avez-vous appris cette merveilleuse leçon, comment Dieu peut faire jaillir une musique céleste du cœur des hommes, de ces cœurs pleins de péché, d’égoïsme et de méchanceté ? Car c’est bien une musique céleste – une louange rendue à Dieu pour ce qu’Il est. « Celui qui sacrifie la louange me glorifie » (Ps. 50:23). L’homme est éloigné de Lui à cause de ses mauvaises œuvres. Son esprit est hostile à Dieu ; mais Dieu aime l’homme et cherche à l’amener à Lui.
8.3 - L’application, aujourd’hui, est fondée sur l’œuvre de Christ
Et, en tant que chrétiens, ne pouvons-nous pas ajouter à cette histoire des voies de Dieu, l’évocation de Sa miséricorde et de Sa bonté ? Il n’a pas épargné Son propre Fils, mais L’a livré à la mort pour les pécheurs. Regardez à la croix, et vous verrez la plus grande et la plus glorieuse manifestation de cette bonté et de cette miséricorde qui demeurent à toujours. Hélas ! Hélas ! certains rejettent cet amour, cette miséricorde, ce don !
8.4 - Le pardon est fondé sur la justice de Dieu
Le verset 14 est la grande confession du résidu, concernant la mort du Seigneur Jésus-Christ. Mais ici, David parle aussi de lui-même, et dit : « Délivre-moi de la coulpe du sang, ô Dieu, Dieu de mon salut ! Ma langue chantera hautement ta justice » (v. 14). “Ta justice !” Combien c’est merveilleux ici ! Il n’est pas dit “ta grâce”, mais “ta justice”. La grâce, la vraie grâce, règne par la justice. Par la mort de Christ, Dieu peut être, et est, juste en pardonnant, en justifiant, en recevant tous ceux qui viennent à lui par Celui qui est béni. « Si nous confessons nos péchés, il est fidèle et juste pour nous pardonner » (1 Jean 1:9). Il aime restaurer l’âme, mais il ne la restaure que sur cette seule base. Il est fidèle et juste envers Jésus, et donc fidèle et juste envers nous. C’est seulement ainsi que nous pouvons nous tenir devant lui et lui ouvrir notre cœur.
8.5 - L’invitation à tout dire à Dieu
Je vous demanderai maintenant : pouvez-vous, osez-vous, tout lui dire, même ce que vous cacheriez à votre ami intime, celui que vous connaissez le mieux, qui vous connaît le mieux, même à vous-même ? Osez-vous tout dévoiler devant Dieu, comme le fait David, et même d’une manière encore plus profonde, parce que vous connaissez l’amour de son cœur, qui a donné son Fils pour mourir pour vous ?
8.6 - La certitude de l’amour inconditionnel de Dieu
Soyez sûr de ceci : en vous mettant à nu devant Lui, vous ne changerez pas Son amour, et ne pourrez pas le changer d’un iota. Mais si tout n’est pas mis à nu devant Lui, vous ne pouvez pas connaître et jouir de cet amour – tous les fruits bénis de sa bonté et de ses compassions. Il vous aura devant Lui, comme s’Il disait : « Je t’ai dévoilé mon cœur, tout mon cœur, et j’ai dévoilé ton cœur aussi ; maintenant, sois sincère avec moi ; dévoile ton propre cœur ; laisse tout sortir, sans excuses ».
8.7 - La nécessité de la droiture et de la sincérité pour jouir de la grâce de Dieu
Trouver des excuses et avoir des réserves de cœur, n’est pas avoir affaire au cœur de Dieu – ce cœur qui s’est manifesté dans la mort et la résurrection de notre Seigneur Jésus-Christ, ce sacrifice béni pour les péchés.
8.8 - Le contraste entre la voix de Dieu et celle du diable
Dieu dit : « Voici le fondement de l’assurance : l’amour de mon cœur, prouvé par le don de Jésus. Maintenant, dit tout ». Mais le diable dit : « Ne sois pas trop sûr. Il faut quelque chose de toi-même là-dedans. Tu dois au moins être droit de cœur. Il faut de la droiture en toi ». « Ah ! » dis-je, « mais d’où vient la droiture ? » L’ennemi dit : « Tu serais moins qu’un homme si tu n’avais pas une certaine fierté et une certaine estime de toi-même ».
8.9 - L’estime de soi et l’auto-défense empêchent une relation vraie avec Dieu
C’est précisément cette estime de soi qui entrave le peuple de Dieu plus que toute autre chose. Mais quand vous avez affaire à Dieu, vous ne pouvez pas lui parler d’estime de soi. Vous ne pouvez pas parler de votre caractère et de vous-même, en sa présence. Quand je vois un homme se défendre, je dis : « C’est un homme qui n’est pas dans la présence de Dieu ». Lorsque nous savons ce que nous sommes devant Lui et ce qu’Il est pour nous, nous pouvons tout Lui laisser. C’est son cœur, le sentiment de son amour, sa bonté et sa compassion qui nous rendent droits devant Lui. C’est de là que vient la droiture, et de nulle part ailleurs, quoi qu’en disent le père du mensonge et l’homme plein de lui-même.
8.10 - Dieu veut un esprit brisé, et non des sacrifices rituels
David poursuit : « Car tu ne prends pas plaisir aux sacrifices, autrement j’en donnerais ; l’holocauste ne t’est point agréable » (v. 16). C’est comme s’il disait : « Si je cherchais des sacrifices dans le monde entier, je ne pourrais t’en parler ; ta bonté les balaye tous. « Les bêtes sur mille montagnes sont à moi », dis-Tu. Que T’apporterais-je alors ? » Il n’y aurait pas, là, de véritable honnêteté, pas de droiture, il n’aurait pas vraiment affaire à lui.
8.11 - Le vrai sacrifice est celui de Jésus Christ
Mais maintenant, un seul sacrifice a été offert et accepté. Le Seigneur béni a été livré pour nos fautes, et ressuscité pour notre justification. Ainsi, Dieu a tout balayé, afin que chacun d’entre nous puisse avoir affaire à Lui, directement à Lui, sur ce terrain béni : ce que Son Fils a fait pour Lui et pour Sa gloire, pour nous et pour notre bénédiction. Il a donné Son Fils pour mourir pour nous, et maintenant Il nous appelle à venir marcher avec Lui sur ce terrain – une pleine liberté avec Lui, une liberté sans nuages, ayant toujours la pleine lumière de Sa présence ; alors vous saurez ce qu’est la vraie joie.
8.12 - La valeur du sang de Christ
« Si nous confessons nos péchés, il est fidèle et juste pour nous pardonner nos péchés et nous purifier de toute iniquité » (1 Jean 1:9). « Si nous marchons dans la lumière, comme lui-même est dans la lumière, … le sang de Jésus Christ son Fils nous purifie de tout péché » (1 Jean 1:7). Nous apprenons ici la valeur du sang comme nous ne l’avons jamais apprise auparavant. En venant à la croix en tant que pécheur coupable, vous apprenez la valeur du sang de Christ, appliqué à tout ce que vous avez fait ; ici, dans la lumière, vous apprenez la valeur du sang qui efface tout ce dont vous êtes capable. C’est le même sang, mais vu d’une manière plus profonde, plus complète, qui efface tout ce dont je suis capable, en tant qu’enfant d’Adam.
8.13 - L’exhortation à vivre dans la lumière de Dieu
C’est ainsi, et seulement ainsi, que je viens à être vraiment droit devant Dieu, vrai en Sa présence. Que le Seigneur, dans Sa miséricorde, nous permette d’en découvrir la réalité. C’est un terrain béni ! Rendons grâce à Dieu qu’il n’y en ait pas d’autre sur lequel Dieu permette à Son peuple d’être avec Lui, ou qui nous rapproche de Lui, selon Son cœur. P. A. H.
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