L’œuvre du Seigneur dans le monde

Plan - Méthode - Puissance

Source : STEM Publishing, Extrait de Scripture Truth, 1913, Vol. 5, page 56.

Eux donc étant assemblés, l’interrogèrent, disant : Seigneur, est-ce en ce temps-ci que tu rétablis le royaume pour Israël ? Mais il leur dit : Ce n’est pas à vous de connaître les temps ou les saisons que le Père a réservés à sa propre autorité ; mais vous recevrez de la puissance, le Saint Esprit venant sur vous ; et vous serez mes témoins à Jérusalem et dans toute la Judée et la Samarie, et jusqu’au bout de la terre (Actes 1:6-8).

1 - Plan

1.1 - Un changement de dispensation

Quand ces paroles furent prononcées, les disciples étaient au seuil d’une nouvelle dispensation. De grands événements venaient d’avoir lieu – la mort et la résurrection de Christ – et un autre grand événement – la venue de l’Esprit – était imminent. L’ancien ordre de choses allait manifestement se briser et disparaître et le nouvel ordre pointait à l’horizon. Les disciples se trouvaient donc entre deux dispensations.

Dans ces circonstances, il était naturel qu’ils se demandent quel serait le caractère et le plan divin de la nouvelle dispensation dans laquelle ils allaient entrer.

La question qu’ils posèrent au Seigneur ressuscité était formulée d’après deux considérations :

Premièrement, ils étaient encore très influencés par leurs aspirations nationales, qui faisaient d’Israël, de son avenir et de sa gloire, la pensée primordiale. Deuxièmement, plutôt que des promesses d’ordre général, leur curiosité naturelle voulait des précisions sur le moment où les prophéties différées depuis longtemps s’accompliraient.

Ceci étant, le Seigneur ne satisfait pas leur curiosité. Les questions de temps ne dépendent que du Père. Il dirige plutôt leur attention sur la méthode avec laquelle le programme divin de la dispensation – quel qu’il soit – pourra être exécuté par le moyen des disciples, et sur la puissance qui leur permettra de l’exécuter.

1.2 - Sortir à la fois du Judaïsme et du paganisme

Cependant, il ne faudrait pas en conclure que nous ne pouvons pas connaître le plan divin. Le Seigneur en a déjà parlé en parabole. Lui, le bon Berger, est entré dans la bergerie juive, non pour y demeurer, mais pour appeler ses brebis par leur nom et les conduire dehors, dans une nouvelle sphère de vie et de bénédiction. Il a ajouté : « J’ai d’autres brebis, qui ne sont pas de cette bergerie ; il faut que je les amène, elles aussi ; et elles écouteront ma voix, et il y aura un seul troupeau, un seul berger » (Jean 10:16). Il faut lire attentivement le début de ce chapitre pour saisir la portée des paroles du Seigneur. Il dit clairement que le plan divin est de rassembler les Juifs – en les faisant sortir du judaïsme, et les nations – en les faisant sortir du paganisme, et d’en faire une seule entité autour d’un seul centre – LUI-MÊME.

Après l’ascension du Seigneur et l’envoi du Saint-Esprit, les apôtres ont dit la même chose, montrant qu’ils réalisaient pleinement la nature du plan divin. Lors de la première grande conférence tenue à Jérusalem, Jacques dit : « Siméon a raconté comment Dieu a premièrement visité les nations pour en tirer un peuple pour son nom » (Actes 15:14), puis il montre que cette conception du plan divin est en harmonie avec les Écrits de l’Ancien Testament. Cela correspond à l’enseignement du Seigneur en Jean 10.

1.3 - Rassembler un peuple pour Christ

Le plan divin pour cette dispensation peut donc être résumé en peu de mots : Dieu envoie l’évangile à toutes les nations, afin de rassembler un peuple pour le nom de Christ, à savoir “l’Église”.

Mais par quelle méthode atteindre ce but ? C’est la simplicité même. Le Seigneur a dit « vous serez mes témoins », parmi toutes les nations. Aucune disposition élaborée ou mécanisme compliqué n’est mis en place. Christ et tout ce qu’il représente font l’objet d’un témoignage, et chaque disciple, dans sa mesure, doit porter ce témoignage. C’est ainsi que s’exécutera le plan.

Si un aussi vaste programme est réalisé par une méthode aussi simple, on peut penser qu’une grande puissance est à l’œuvre derrière. C’est justement ce que dit le Seigneur : « Vous recevrez de la puissance, le Saint-Esprit venant sur vous ». C’est dans le don du Saint-Esprit que réside la puissance, pas ailleurs. Celui-ci leur donnerait la capacité pour rendre témoignage, et donnerait efficace à ce témoignage en tirant des nations un peuple pour le nom de Christ.

Tout le livre des Actes des Apôtres illustre cela. On y voit le Saint-Esprit agir de nombreuses fois par le moyen des apôtres, et par le moyen d’hommes moins en vue mais tout aussi dévoués au Seigneur. Chaque serviteur, petit ou grand, se laissait conduire par le même Seigneur et s’appuyait sur la puissance et l’efficace du même Esprit. Ainsi, sans organisation ou arrangement humain, les hommes étaient disponibles pour toute mission, et l’œuvre avançait avec un succès remarquable et surnaturel.

Aujourd’hui, voyons-nous une chose pareille ? Seulement dans de rares cas, nous le craignons. Pourquoi cela ? Généralement, c’est parce que nous sommes coupables de méconnaître le plan divin, ou de nous écarter de la méthode divine, ou d’ignorer la puissance divine ; mais peut-être sommes-nous coupables de ces trois choses à la fois.

2 - Méthode

2.1 - “Soumettre le monde à Christ” ou “tirer du monde un peuple pour Christ”

Dans la littérature missionnaire actuelle, on trouve couramment l’expression “la conquête du monde pour Christ” ; or, une telle expression ne se trouve pas dans l’Écriture. Les royaumes de ce monde vont bien devenir « les royaumes de notre Seigneur et de son Christ » (Apoc. 11:15), mais à la suite des malheurs et des jugements, et non à la suite de la prédication de l’évangile. Il y a une grande différence entre “soumettre le monde à Christ” et “rassembler des gens hors du monde pour Christ”. Le plan divin est l’un ou l’autre, mais pas les deux à la fois.

On peut se demander si se méprendre sur ce point est très important. Certains prétendent que non, et que si un chrétien est sincère et propage le vrai évangile, son point de vue sur la question importe peu. Nous disons, au contraire, que cela aura un sérieux impact sur lui-même, sinon sur d’autres.

Cela orientera sa position par rapport au monde ; dans l’histoire du christianisme, le point le plus critique des attaques de Satan contre l’Église et les croyants, individuellement, est justement là.

« Maintenant est le jugement de ce monde » (Jean 12:31), dit le Sauveur, en anticipant la croix. Le monde en tant que système est condamné. Tant les Juifs que les nations étaient impliqués dans le rejet du Fils de Dieu ; tous ont perdu le statut qu’ils avaient devant Dieu. Aux trois mille Juifs qui demandaient à Pierre ce qu’ils devaient faire, celui-ci ne leur a pas dit de conquérir la nation juive pour Christ ; au contraire, il leur a dit : « Sauvez-vous de cette génération perverse » (Actes 2:40).

En fait, le disciple du Seigneur qui est fidèle au plan divin, se tient à l’écart du monde, selon la prière du Seigneur au Père pour les Siens, en Jean 17:16-19. Cette séparation conduit ceux qui se convertissent – qui sont donnés par Dieu à l’ouvrier comme fruit de son travail – à être eux aussi délivrés du monde. Alors que “conquérir le monde pour Christ” signifie que la lumière et les bénédictions chrétiennes doivent soumettre et orner le monde, et signifie aussi que l’ouvrier comme celui qui se convertit restent liés au monde.

C’est un complot profondément mûri par Satan, car de même qu’un fil électrique doit être isolé de la terre pour conduire le courant, ainsi, l’une des grandes conditions requises pour avoir de la puissance spirituelle est que celui qui véhicule cette puissance se tienne à l’écart du monde.

2.2 - S’agit-il de “christianiser le monde” ou de “convertir le monde”

De nombreux partisans de ce point de vue erroné ont tendance à s’écarter toujours plus du plan divin en substituant “la christianisation du monde” à “la conversion du monde”. De fait, ce dernier objectif s’éloigne d’année en année, car le taux de croissance des conversions par rapport à celui de la population mondiale diminue régulièrement. Que faire ? Il faudrait s’arrêter et réexaminer la théorie pour voir si elle est bien conforme à la parole de Dieu ! Hélas, non ; la théorie est souvent élargie et adaptée à ce décevant constat en remplaçant “convertir” par “christianiser”.

Ne nous y trompons pas, si les pays qui ont longtemps été considérés comme “le camp de base des missions à l’étranger” sont marqués par les défections et la faiblesse – que tout croyant sincère déplore – c’est parce que les authentiques convertis sont de plus en plus dépassés par les chrétiens professants sans vie. Allons-nous œuvrer pour reproduire ce triste état de chose dans de nouveaux champs de mission ? Que Dieu nous en garde !

Il n’y a qu’un seul remède. Revenir au plan original de Dieu pour cette dispensation, avec plus de fidélité et de soumission.

Il ne nous est pas facile d’être simple et de poursuivre inlassablement le service auquel le Seigneur nous a appelés, en nous plaçant sous sa direction. Pourtant, c’est le chemin du disciple qu’indique l’Écriture, tant dans le principe (Actes 20:32 ; Rom. 14:4 ; 2 Tim. 2:15) que par les exemples (Actes 8:26 ; 11:19-21 ; 16:6-9).

Christianiser ou convertir le monde, nécessite beaucoup de ressources. Pour tirer hors des nations un peuple pour le nom de Christ, la méthode divine, quoique très simple, est des plus efficace. Les âmes sortent du monde vers Christ d’après les témoignages fidèles présentant Christ lui-même. En admettant qu’il y ait un tel témoignage fidèle à Christ, il suffit que chaque serviteur dépende directement et personnellement de Christ comme Chef et Seigneur pour atteindre son but.

2.3 - Des stratégies et des organisations humaines

On peut vite ne plus reconnaître le leadership du Seigneur Jésus. Écoutons ce qui se dit :

“Une bonne stratégie missionnaire est essentielle pour que les missions … obtiennent les meilleurs résultats. Il faudrait décourager les petites missions indépendantes qui travaillent sans plan élaboré et sans connaissance suffisante du terrain.”

“Dans un champ aussi difficile, seules les sociétés possédant une vaste expérience sont en mesure de faire face à la situation.”

“Combien de missionnaires faut-il pour évangéliser le pays dans notre génération ? La réponse à cette question a été donnée par une … conférence : La question a été examinée scientifiquement. Il a été calculé qu’il faudrait un missionnaire pour 25.000 personnes.”

Ces phrases ont certainement été écrites par des chrétiens sincères. Ce qu’elles expriment est sans doute considéré par la plupart comme de bonnes méthodes commerciales et du bon sens. Mais cette vision de l’œuvre du Seigneur n’est pas selon l’Écriture.

Qu’est-ce que le serviteur de Christ, qu’il soit un apôtre du premier siècle ou un croyant du vingtième siècle, a affaire avec une “bonne stratégie”, des “plans élaborés” ou des “calculs scientifiques” ? Rien, absolument rien !

2.4 - La méthode divine

Les apôtres sont retournés à Jérusalem avec ces paroles résonnant à leurs oreilles : « Vous serez mes témoins ». Comment s’y sont-ils pris ? Ont-ils nommé un comité chargé d’acquérir une “bonne connaissance du champ” de mission, pour effectuer des “calculs scientifiques”, décider de la “bonne stratégie” et faire des “plans élaborés” ? Non, ils se sont simplement agenouillés comme de petits enfants et quand ils ont été investis de la puissance d’en-haut, ils ont aussitôt commencé à témoigner de Christ, saisissant hardiment chaque occasion qui se présentait à eux pour témoigner. Bien qu’étant appelés par le Seigneur à une position d’autorité dans l’Église (analogue à celle d’officier par rapport au simple soldat), ils admettaient qu’ils ne devaient pas planifier de campagne, mais faire ce qui leur était dit. Ils avaient absolument confiance en leur grand Commandant ; Sa “bonne connaissance ”, Sa “stratégie”, Ses “plans” leur suffisaient ; et ils se contentaient de suivre ses directives, qu’elles soient transmises directement ou providentiellement.

Le livre des Actes, ainsi que quelques passages des épîtres de Paul évoquant son ministère, nous montrent avec quel succès étonnant le grand “prince et sauveur” (Actes 5:31) mena sa campagne depuis son siège dans les cieux. En l’espace de trente ans, l’évangile fut entièrement prêché « depuis Jérusalem, et tout alentour, jusqu’en Illyrie » (Rom. 15:19), et cela par le moyen d’un seul homme, l’apôtre Paul, aidé de quelques collaborateurs. S’il y a un échec dans cette histoire, c’est quand cet éminent serviteur de Dieu, dans un zèle bien intentionné pour sa propre nation, élabora son propre “plan” pour monter à Jérusalem, estimant qu’il avait une “bonne connaissance” de ce champ, plus que quiconque. Dès lors, sa liberté fut restreinte ; il fut prisonnier et emmené à Rome.

En Actes 11:19-21, quelques hommes du commun – ils ne sont même pas nommés – partirent de Jérusalem pour aller dans la région d’Antioche. S’ils avaient vécu au vingtième siècle, ils auraient probablement été décrits comme une petite mission indépendante, “travaillant sans plan élaboré et sans connaissance suffisante du terrain” et auraient donc été dissuadés, selon l’auteur cité. Mais leur grand Maître, le Seigneur Jésus, pensait autrement. Sa main était avec eux et il y eut des résultats merveilleux qui aboutirent à la formation de l’une des plus grandes églises des premiers temps.

Ces hommes de Chypre et de Cyrène travaillaient indépendamment des apôtres, mais, évidemment, entièrement dans la dépendance de Dieu. Ils ne se préoccupaient pas de “stratégie” car, loin d’être des chefs, ils n’étaient que de simples soldats. Ils ne faisaient pas non plus de plans, élaborés ou pas, et ne cherchaient pas à ce que Dieu s’aligne sur leurs arrangements. Ils recherchaient plutôt les plans de Dieu et faisaient preuve d’humilité d’esprit pour s’adapter à Ses dispositions.

En ce temps-là, Étienne ayant été martyrisé, Dieu a mis définitivement de côté la nation juive perverse et a envoyé l’évangile aux nations, comme le cas de Corneille en témoigne (Actes 10). Les envoyés, agissant selon ce changement divin, « parlaient aussi aux Grecs, annonçant le seigneur Jésus » (Actes 11:20). Ils ne tenaient pas un discours sentimental sur “Jésus”, comme beaucoup le font de nos jours, ils prêchaient Jésus comme SEIGNEUR. « La main du Seigneur était avec eux » ; c’est pourquoi, « un grand nombre, ayant cru, se tournèrent vers le Seigneur » (Actes 11:21).

Ces humbles envoyés n’appartenaient à aucune société missionnaire et n’avaient aucune de leurs prétendues qualifications, mais ils ont “obtenu les meilleurs résultats”. Ils ont gagné de nombreux convertis, et ceux-ci se sont attachés non seulement aux prédicateurs, mais au Seigneur.

3 - Puissance

3.1 - Le Saint Esprit est la puissance requise pour le service chrétien

Tous les chrétiens sont probablement d’accord pour dire que le Saint-Esprit est la puissance requise pour le service chrétien, mais demandons-nous comment il exerce sa puissance. Vient-il soutenir nos projets pour le Seigneur, ou condescend-il à nous utiliser comme instruments pour réaliser les projets du Seigneur ? En d’autres termes, est-ce nous qui l’utilisons, ou est-ce lui qui nous utilise ?

La première affirmation correspond évidemment aux idées que nous avons contestées plus haut. Et notez que dans ce cas, après avoir établi de grandes sociétés influentes et formé des plans élaborés, si nous pouvions utiliser l’Esprit selon nos propres dispositions, et mener des campagnes couronnées de succès, tout cela serait à l’honneur et à la gloire de – NOUS-MÊMES !

Par contre, si un serviteur de Christ reste à sa petite place, recherche les plans du Seigneur dans sa communion, se soumet entièrement à son Esprit et se laisse utiliser par lui, le succès qu’il obtiendra – même si ce n’est pas tout à fait ce qu’il pensait – sera à la gloire de Dieu !

Quand, après avoir fait traverser le Jourdain à Israël, Josué vit l’homme avec l’épée à la main, il pensa qu’il venait aider soit Israël, soit les ennemis d’Israël. Le mystérieux étranger lui clarifia les idées. Il n’était pas venu en tant qu’aide, mais en tant que chef. Il dit : « c’est comme chef de l’armée de l’Éternel que je suis venu maintenant » (Josué 5:14). Aujourd’hui, la place de l’Esprit au sein des armées du Seigneur est analogue à celle-ci.

3.2 - La chrétienté réclame des moyens financiers

Croyons-nous vraiment à la présence et à la puissance de l’Esprit de Dieu ? On peut se le demander, en lisant les extraits suivants :

“Le besoin le plus urgent … est le soutien financier sans lequel, quels que soient les portes ouvertes, ce que font les serviteurs, ou les appels pressants de ceux qui périssent dans les ténèbres, nous sommes impuissants.”

“Rien n’est plus important que d’apprendre à faire libérer la puissance financière du monde, par des prières insistantes et ferventes. Satan sait qu’en tenant l’argent sous son emprise, toutes les œuvres qui nous occupent stagneront et toute nouvelle victoire pour notre Roi sera impossible.”

“Rien ne peut nous entraver si ce n’est la finance.

En est-il vraiment ainsi ? L’Esprit de Dieu est venu ici-bas comme LE SERVITEUR des desseins de Dieu (voir Luc 14:17). C’est lui qui contraint les gens d’entrer au festin de l’évangile. Ses opérations s’arrêteront-elles si Satan à l’emprise sur l’argent ?

Au temps des apôtres, il y avait une grande puissance, mais ce n’était pas celle de l’argent. Tout de suite après le grand triomphe de la Pentecôte, Pierre disait : « Je n’ai ni argent ni or » (Actes 3:6). Paul, passant en revue une grande partie de sa vie, parlait de “faim et de soif”, de “froid et de nudité” (2 Cor. 11:27).

Peu de chrétiens sont pauvres au point d’être privés du grand privilège de donner ses biens matériels ou de l’argent pour l’œuvre du Seigneur. Dieu veuille que nous soyons tous beaucoup plus conscients de notre responsabilité et de notre privilège en la matière ; mais ne surestimons pas la question de l’argent, c’est l’une des moins importantes.

3.3 - Les faibles résultats de la chrétienté

En fait, ce qui entrave généralement l’œuvre de Dieu se situe dans presque tous les domaines, sauf celui des finances. Les sociétés missionnaires évangéliques britanniques gèrent à elles seules un ou deux millions de livres sterling par an, et pourtant, il est étonnant de constater que toutes ces dépenses n’aboutissent qu’à peu de résultats. Pourquoi ? Nous dirions que ce serait dû :

  1. Aux dégâts causés par la fausse doctrine au sein de l’Église professante. Ils sont si importants dans toutes les directions que c’est presque l’apostasie.
  2. Au monde qui envahit l’Église ; cela conduit à l’adoption de méthodes mondaines dans l’œuvre du Seigneur, ce qui sape sa puissance spirituelle. L’Église ayant perdu son nazaréat, sa puissance a disparu, de la même façon que Samson.
  3. À l’état de morcellement dans lequel se trouve l’Église, à la suite des deux points précédents.

Telles sont les choses qui conduisent à “attrister” ou à “éteindre” l’Esprit, et au déclin de la puissance.

Si l’on peut ajouter une quatrième raison à ce qui précède, c’est la grande mesure dans laquelle l’Esprit de Dieu est ignoré ou relégué à l’arrière-plan dans cette question. En 1 Corinthiens 2, Paul passe en revue son ministère et, à sept reprises, met l’accent sur l’Esprit de Dieu. La puissance de l’intellect de “l’homme naturel” est totalement écartée (v. 9). Il rejette même l’“excellence de parole” ou de “sagesse” d’un homme spirituel comme lui (v. 1). Il ne parle même pas d’argent ici, et certainement pas de l’argent du monde, même s’il stimule la générosité des saints, un peu plus loin.

Quel triste spectacle, que celui d’un serviteur de Dieu qui court vers le monde et le prie de lui faire partager ses finances ! Le monde pourrait répondre avec mépris : “Quoi ? Votre Dieu n’a-t-il pas la capacité et la prévoyance de nos commerciaux ? Ne peut-il pas pourvoir à son œuvre ? Ou bien, vous êtes-vous détournés de ses directives et, faute de son soutien, vous vous adressez à nous ?

Frères, posons-nous ces questions et qu’elles nous exercent ! Alors, par grâce, nous pourrons éviter ces erreurs et l’humiliation de nous voir poser de telles questions par le monde.

4 - La conclusion est de revenir à l’enseignement de l’Écriture

Si ce qui vient d’être dit touche votre conscience et est conforme à l’Écriture, alors, mettez-le en pratique.

Ne considérez pas cela comme un idéal religieux, beau en théorie mais inapplicable en pratique.

Ce sont les instructions divines et ce que faisaient les premiers chrétiens. “Revenir au plan divin, à la méthode divine et à la puissance divine”, tel devrait être notre mot d’ordre. Notre responsabilité est de l’adopter, sans attendre que d’autres le fassent.

Demandons à Dieu la grâce de servir ainsi.