Christ, Lumière et Amour
Luc 5
Source : STEM Publishing
Christian Friend, vol. 7, 1880, p. 309.
L’infinie variété et la plénitude de la Parole de Dieu sont source d’émerveillement et d’admiration pour chaque étudiant des Écritures. Il arrive souvent qu’un certain nombre de lignes d’enseignement se déploient à travers le même passage. C’est particulièrement le cas dans les évangiles, où les aspects moral, typique et dispensationnel se combinent souvent, mais où aussi le lien entre les scènes rapportées, et leur enchaînement, ont leur signification. C’est pour illustrer ce dernier point que nous attirons l’attention du lecteur sur Luc 5.
Dans la première scène (v. 1-11), par exemple, en mettant de côté l’objectif spécifique de la pêche miraculeuse et de l’appel de Simon-Pierre à devenir pêcheur d’hommes, Christ nous est présenté comme le Révélateur du péché. Il enseignait au peuple depuis la barque de Simon, et lorsqu’Il eut terminé, Il ordonna à Simon de s’aventurer en eaux profondes et de jeter ses filets pour pêcher (v. 4). Simon, malgré le travail infructueux de la nuit précédente, obéit et jeta le filet à la parole du Seigneur. Le filet fut instantanément rempli au point de ne pas supporter la pression de la multitude de poissons ; « Et ils firent signe à leurs compagnons qui étaient dans l’autre nacelle de venir les aider ; et ils vinrent et remplirent les deux nacelles, de sorte qu’elles enfonçaient. » (v. 7) L’effet sur Simon Pierre est remarquable. Le déploiement de la puissance du Seigneur l’occupa tellement de ce qu’il était lui-même que, se prosternant aux genoux de Jésus, il dit : « Seigneur, retire-toi de moi, car je suis un homme pécheur. » (v. 8)
Comment, pourrions-nous nous demander, cet effet fut-il produit ? La démonstration de puissance, telle qu’elle apparaît dans la pêche miraculeuse fut pour l’âme de Pierre la manifestation de la présence de Dieu. Il avait connu et suivi Christ auparavant, mais c’était maintenant pour la première fois que le secret illuminait son cœur et sa conscience. Ainsi, Simon fut amené en pleine conscience dans la présence divine – face à face avec Dieu ; et c’est pourquoi, bien qu’attiré par Jésus, il ressentit, en tant que pécheur, son indignité à être avec Lui ; et ce sentiment trouva son expression dans le cri : « Seigneur, retire-toi de moi, car je suis un homme pécheur. » Dieu fut révélé à Simon-Pierre en Christ ; et dans la sainteté de cette présence, Simon vit sa véritable condition. C’était Christ agissant comme lumière, et en tant que tel, il était nécessairement le Révélateur du péché.
Le même effet suit toujours la manifestation de Dieu à l’âme. On le voit en Job, quand il dit : « Mon oreille avait entendu parler de toi, maintenant mon œil t’a vu : C’est pourquoi j’ai horreur de moi, et je me repens dans la poussière et dans la cendre. » (Job 42:5-6) ; et aussi en Ésaïe, qui s’écrie : « Malheur à moi ! car je suis perdu ; car moi, je suis un homme aux lèvres impures, et je demeure au milieu d’un peuple aux lèvres impures ; car mes yeux ont vu le roi, l’Éternel des armées. » (És. 6:5) C’est pourquoi le pécheur n’est jamais convaincu de son péché tant que la lumière de Dieu n’a pas pénétré son âme. Mon lecteur a-t-il déjà été face à face avec Dieu ?
Mais si Christ est le Révélateur du péché, les deux scènes suivantes enseignent qu’Il peut ôter le péché qu’Il révèle. La première concerne l’homme « plein de lèpre ». La lèpre, comme cela a souvent été expliqué, est le type du mal dans la chair qui, en se répandant, recouvre tout l’homme de souillure et de culpabilité. Cet homme pauvre se présente à nous, avec sa condition ouvertement révélée. La lumière a accompli son œuvre, et il est vu, et se voit lui-même, comme étant plein de lèpre. Et quelle est sa ressource ? Il n’en a certainement pas d’autre que celui qui a mis son péché en lumière. Car si Christ est la lumière – symbole de la sainteté de Dieu – Il est aussi l’amour – l’expression du cœur de Dieu. S’Il agit ainsi comme lumière, lorsqu’Il entre pour la première fois en contact avec le pécheur, c’est uniquement pour ouvrir la voie à l’expression de Son amour. Aussitôt donc le lépreux est trouvé prosterné à Ses pieds, criant : « Seigneur, si tu veux, tu peux me rendre net », « et étendant la main, il le toucha, disant : Je veux, sois net. » (v. 12-13) Et le lépreux apprit alors que l’amour de Christ était aussi grand que Sa puissance ; car la lèpre s’éloigna immédiatement de lui.
La scène suivante, celle de l’homme atteint de paralysie (le paralytique), diffère de celle du lépreux, sous l’angle que nous considérons ici, seulement en ce qu’il représente, non pas le coupable, mais le pécheur impuissant. Il ne pouvait donc pas venir à Christ, mais il devait être amené, car il était « sans force ». Mais bien qu’il ait été amené, oui, à cause de cela (car c’était « leur foi », comme on le verra, qui a assuré la bénédiction), il apprend, tout comme le lépreux, la puissance guérissante et purifiante de Christ. En considérant ces deux cas ensemble, nous apprenons que si Christ révèle l’état du pécheur, Il est également capable de répondre à son besoin et à sa condition. Béni soit le Sauveur ! Tu es capable de répondre à tous nos besoins. Il n’y a pas un pécheur sur la face du globe, quelle que soit sa condition ou sa culpabilité, dont tu ne puisses pas prendre soin. Ton précieux sang purifie de tout péché.
Il est indéniable que c’est la foi qui amène l’âme en contact avec Christ. Le degré de foi peut différer, mais partout où elle est présente, elle produit une réponse dans le cœur du Seigneur. Ainsi, la foi du lépreux était faible : il ne croyait qu’en la puissance de Christ. Il confessait qu’il n’était pas sûr de Son cœur. Il ne pouvait aller plus loin que de dire : « Seigneur, si tu veux, tu peux me rendre net. » Néanmoins, il y avait de la foi, et donc le Seigneur a immédiatement répondu à son cri. Il y avait plus d’énergie dans la foi de ceux qui avaient amené l’homme paralysé « au milieu, devant Jésus ». Ils ont surmonté tous les obstacles, car « ne trouvant pas par quel moyen ils pourraient l’introduire, à cause de la foule, ils montèrent sur le toit et le descendirent par les tuiles, avec son petit lit, au milieu, devant Jésus ». (v. 19) Évidemment, ils avaient confiance à la fois dans la puissance et dans le cœur de Christ. Et leur confiance n’était pas mal placée ; car aussitôt qu’ils ont atteint leur but, il est écrit : « Et voyant leur foi, il dit : Homme, tes péchés te sont pardonnés. » (v. 20) Le besoin de la foi est en effet souligné par le contraste. Car nous lisons, après une description de ceux (pharisiens et docteurs de la loi) qui étaient assis là, que « la puissance du Seigneur était là pour les guérir ». (v. 17) Pourquoi donc n’a-t-il pas été donné à un seul d’entre eux de recevoir la bénédiction ? Parce qu’ils n’avaient pas la foi. Combien de fois cela se produit-il maintenant ! L’Évangile est prêché à de grandes foules, et cet Évangile est la puissance de Dieu en salut – pour qui ? Pour quiconque croit. (Rom. 1:16) Et pourtant, combien de fois personne n’est sauvé ; car Dieu ne sauve jamais le pécheur en dehors de la foi au Seigneur Jésus-Christ. Ainsi, pendant le séjour de notre bien-aimé Seigneur ici-bas, ce fut la foi seule qui s’empara de la bénédiction.
Poursuivant cependant la ligne particulière d’enseignement à travers le lien, nous apprenons de la scène suivante que si le Seigneur satisfait le besoin du pécheur, Il réclame son service une fois que son besoin est comblé. « Et après cela il sortit ; et il vit un publicain nommé Lévi, assis au bureau de recette, et il lui dit : Suis-moi. » (v. 27) Lévi était occupé à ses tâches quotidiennes lorsque Jésus passa à côté. Mais il ne s’appartenait plus. Celui qui le vit revendiqua tout ce qu’il était et avait, et exprima cette réclamation par les mots : « Suis-moi. » Ayant montré qu’Il était le Sauveur dans les deux scènes précédentes, Il déclare maintenant Son autorité en tant que Seigneur. Et en tant que Seigneur, Sa parole est suprême, exigeant l’obéissance immédiate et complète de l’âme. Cela est illustré par l’action de Lévi qui, dès que le Seigneur eut prononcé Son commandement, « quittant tout… se leva et le suivit. » (v. 28) Cela prouve que ce n’était pas tant l’affirmation de son autorité, bien qu’Il ait eu le droit de commander, que l’expression des appels de Son cœur. Non, c’était plus ; c’était la présentation de Lui-même au cœur de Lévi ; et par le pouvoir attractif de Sa personne, Il détacha ainsi Lévi de tout ce qui l’entourait, et le fit marcher après Lui sur le chemin du disciple. C’est ainsi que les disciples sont toujours formés. Malgré tous nos efforts, nous ne pouvons pas suivre Christ tant qu’Il ne s’est pas révélé à nous et qu’Il n’a pas conquis notre cœur. Alors, et seulement alors, nous recevons la puissance de nous renier nous-mêmes, de prendre notre croix et de Le suivre. Mais nous pouvons bien interroger nos âmes – et ce point peut être particulièrement souligné avec toute affection à l’intention des jeunes croyants – pour savoir si nous avons reconnu, et si nous reconnaissons habituellement, les droits de Christ sur tout ce que nous sommes et avons. Il y a si peu de disciples en ce jour de laxisme et de mondanité ! Qu’est-ce qui constitue donc un disciple ? Ce n’est pas dans la profession du christianisme, sinon la plupart de ceux qui nous entourent seraient des disciples. Non, mais cela réside dans le renoncement total à nous-mêmes – à nos volontés – et dans l’acceptation de la volonté de Christ, comme Seigneur, pour notre marche et notre conduite quotidiennes. Cela se voit dans l’action de Lévi. Il se renia lui-même et tout ce qui l’entourait, et les yeux fixés sur Celui qui l’avait appelé, suivit résolument Ses pas. Cela se voit dans la déclaration de l’apôtre : « Je suis crucifié avec Christ » (dès lors sa volonté avait disparu) ; « et je ne vis plus, moi, mais Christ vit en moi ; — et ce que je vis maintenant dans [la] chair, je le vis dans [la] foi, la [foi] au Fils de Dieu, qui m’a aimé et qui s’est livré lui-même pour moi. » (Gal. 2:20) Cela est remarquablement illustré en Philippiens 3. Aussi, nous demandons à nouveau : reconnaissons-nous les droits du Sauveur en tant que Seigneur ?
Il convient de noter, avant de passer à autre chose, que Lévi « lui fit un grand festin dans sa maison ; et il y avait une grande foule de publicains et d’autres gens qui étaient avec eux à table. » (v. 29) Le Seigneur trouve Sa joie dans le disciple tout entier et dévoué, et festoie avec lui, comme Il le fait avec tous Ses fidèles ; et, en outre, Lévi, en tant que vrai disciple, manifeste le cœur de son Seigneur à ceux qui l’entourent ; car il invite à sa table non les justes, mais les pécheurs, ceux que Jésus est venu appeler. Qu’il est béni d’être si près du cœur du Seigneur (et cela ne peut jamais arriver à moins que nous Le suivions de près) au point qu’Il puisse nous utiliser comme canal de Sa propre pensée et de Son propre cœur ! Les scribes et les pharisiens peuvent murmurer autant qu’ils le veulent ; mais notre joie restera inébranlable tant que nous serons en heureuse communion avec le Seigneur.
En rapport avec cela, il y avait l’objection selon laquelle, tandis que les disciples de Jean pratiquaient le jeûne, ceux de Christ mangeaient et buvaient. À cela, Il répondit : « Pouvez-vous faire jeûner les fils de la chambre nuptiale pendant que l’époux est avec eux ? Mais des jours viendront, où aussi l’époux leur aura été ôté ; alors ils jeûneront en ces jours-là. » (v. 33-35) De cela, nous comprenons – en nous limitant à la ligne d’enseignement que nous avons suivie – que la présence de Christ est la seule source de joie pour Ses disciples. Après les avoir convaincus de péché, après avoir enlevé leur péché, après avoir réclamé leur service, Il veut qu’ils soient satisfaits en Lui-même. Ils ne peuvent donc pas jeûner en Sa présence. Il est vrai que pour nous, depuis qu’Il est parti, le jeûne et la joie vont de pair. En traversant un monde jugé où Christ n’est pas, nous jeûnons ; d’un autre côté, en demeurant en Sa présence, en L’ayant Lui-même toujours avec nous, nous nous réjouissons ; et, dans la perspective d’être pour toujours avec Lui, nous nous réjouissons d’une joie ineffable et glorieuse. Mais la leçon demeure, et elle ne peut être trop profondément gravée dans nos cœurs, que c’est la présence du Seigneur qui constitue notre joie. Puissions-nous ne jamais la rechercher d’une autre source.
Le chapitre se termine alors par une parabole : « Personne ne met un morceau d’un habit neuf à un vieil habit ; autrement il déchirera le neuf, et aussi la pièce [prise] du neuf ne s’accordera pas avec le vieux. Et personne ne met du vin nouveau dans de vieilles outres ; autrement le vin nouveau rompra les outres, et il se répandra, et les outres seront perdues ; mais le vin nouveau doit être mis dans des outres neuves, et tous les deux se conservent. Et il n’y a personne qui ait bu du vieux, qui veuille aussitôt du nouveau ; car il dit : Le vieux est meilleur. » (v. 36-39). La grâce telle qu’elle est manifestée en Christ – la caractéristique prééminente de cet Évangile – ne pouvait pas être utilisée pour réparer les formes décrépites du judaïsme, ni être contenue par elles. C’était l’introduction d’une chose totalement nouvelle, et c’était précisément ce que les scribes et les pharisiens ne pouvaient pas comprendre. Et il n’était pas possible pour l’homme naturel de le comprendre. Le vieux vin était, et sera toujours, meilleur à son goût. Le Seigneur enseigne donc dans cette parabole finale que la grâce ne pouvait jamais découler des anciennes coutumes et cérémonies légales, ni être contenue par elles ; mais que, comme c’était quelque chose de totalement nouveau, elle devait s’exprimer de nouvelles manières, et que pour la contenir, de nouveaux récipients devaient être créés. Le lien de cet enseignement avec la ligne de vérité indiquée est évident. Nous avons eu Christ révélant et ôtant le péché ; réclamant le service de ceux qu’Il a pardonnés ; puis montrant qu’en Sa présence, Ses disciples ne pouvaient pas jeûner, car c’est elle qui constitue toute leur joie. Tout cela était étranger aux pensées du pharisien qui aimait les cérémonies et se croyait justifié par ses œuvres. Il les avertit donc que l’introduction de la grâce était le signal de la disparition de l’ancienne dispensation ; et qu’eux-mêmes avaient besoin d’une nouvelle vie pour entrer dans la jouissance des bénédictions que Lui seul pouvait donner.