Emmaüs et Jérusalem

Luc 24:13-53

Source : STEM Publishing

Ce passage bien connu des Écritures a toujours été gravé dans le cœur du peuple de Dieu, et rares sont ceux qui peuvent le lire sans ressentir son charme particulier. La condescendance et la tendresse de notre bienheureux Seigneur, dans Sa conversation avec les deux disciples sur le chemin d’Emmaüs, ne peuvent manquer de faire apprécier Sa grâce inexprimable aux affections de Son peuple. Cependant, il se peut que l’on ait trop souvent considéré ce passage du point de vue des disciples, négligeant ainsi la présentation du Seigneur Lui-même dans les divers aspects qui y sont révélés. L’objectif que le Seigneur avait en vue n’était pas seulement de convaincre les disciples de la réalité de Sa résurrection, mais aussi de se faire connaître sous plusieurs aspects différents. Il est indubitable que cela serait plus facile à saisir pour les disciples après Son ascension, et il est probable que le Seigneur avait cela en vue. Quoi qu’il en soit, tout le récit est riche d’enseignements spirituels, et c’est sur ce point que nous invitons le lecteur à porter toute son attention, tout en nous rappelant et en lui rappelant que c’est seulement par le Saint-Esprit de Dieu que nous pouvons comprendre sa signification divine.

1 - BON BERGER

En premier lieu, le Seigneur est incontestablement vu comme le BON BERGER. Il avait déjà donné sa vie pour ses brebis, et maintenant il poursuivait son œuvre de restauration des âmes affaiblies de deux de ses disciples qui, à ce moment-là, étaient découragés et abattus. En effet, sous le poids des événements des derniers jours, ils semblaient avoir perdu toute espérance, bien que leur affection pour Christ n’ait pas diminué. Ils s’accrochaient toujours à Lui, mais incapables de faire face aux faits tels qu’ils les percevaient, ils se dirigeaient vers le village d’Emmaüs, qui se trouvait à environ soixante stades de Jérusalem. On lit qu’ils parlaient entre eux de toutes ces choses qui s’étaient produites, et que l’obscurité du doute pesait lourdement sur leur esprit. Le Seigneur était ressuscité, bien qu’ils ne le sachent pas encore, et il voyait l’état dans lequel étaient tombés ces deux fidèles disciples. S’ils aimaient le Seigneur, comme c’était certainement le cas, Lui les aimait bien plus encore, et ainsi, dans le but de dissiper leurs doutes et leurs craintes, Lui-même, tandis qu’ils s’entretenaient et raisonnaient ensemble, s’approcha d’eux et marcha avec eux. Que ce soit par puissance divine ou autrement, leurs yeux étaient empêchés de le reconnaître. Cela était nécessaire pour l’œuvre que le Seigneur avait en vue, à savoir la restauration de leurs âmes.

Observer la manière dont le Seigneur s’est occupé de ces deux brebis égarées devrait être très utile à tous ceux qui cherchent à paître le troupeau du Seigneur, en particulier les pasteurs par don divin. Il connaissait déjà toutes leurs pensées et la cause de leurs tourments, et pourtant, il les interroge pour faire émerger ce qui était dans leur esprit. En d’autres termes, il les a amenés à vider leur cœur avant de prononcer un seul mot. Il aurait pu dire tout de suite : « Me voici, ressuscité d’entre les morts », mais il chercha d’abord à les amener dans un bon état d’âme pour qu’ils puissent comprendre la vérité de sa résurrection.

Ainsi, il commença par leur demander : « Quels sont ces discours que vous tenez entre vous en marchant, et vous êtes tristes ? » En réponse à cela, l’un d’entre eux, nommé Cléopas, exprima sa surprise en disant : « Est-ce que tu séjournes tout seul dans Jérusalem, que tu ne saches pas les choses qui y sont arrivées ces jours-ci ? » Le Seigneur répondit simplement : « Lesquelles ? » Et alors Cléopas répandit tout son cœur en racontant ce qui s’était passé concernant Jésus de Nazareth, comment il était un prophète puissant en œuvre et en parole, devant Dieu et tout le peuple, et comment les chefs des sacrificateurs et les conducteurs l’avaient livré pour être condamné à mort et crucifié. Voilà les faits tels qu’ils se présentaient à l’esprit de ces deux disciples.

Après avoir exposé ces faits, Cléopas continua en parlant de l’effet de ces événements sur eux-mêmes. Avec une grande tristesse, il ajouta : « nous espérions qu’il était celui qui doit délivrer Israël ; mais encore, avec tout cela, c’est aujourd’hui le troisième jour depuis que ces choses sont arrivées », c’est-à-dire le jour où ils avaient été amenés à attendre sa résurrection. De plus, il raconta la visite des femmes de leur groupe au tombeau le matin de ce jour-là, et le fait qu’elles n’avaient pas trouvé le corps du Seigneur, mais qu’elles étaient venues dire avoir vu une vision d’anges disant qu’il était vivant. Il y avait encore plus : certains des disciples étaient aussi allés au tombeau et avaient trouvé que tout était comme les femmes l’avaient dit, et alors Cléopas ajouta ce qui était la cause de toute leur tristesse : « Mais pour lui, ils ne l’ont point vu ». Le fond avait ainsi été atteint, rendant évidentes deux choses : premièrement, que Cléopas et son compagnon étaient sincères dans leur cœur envers le Seigneur ; et deuxièmement, que toute leur tristesse et leur désespoir découlaient de la crainte que leurs espérances en ce qui concerne Christ soient ensevelies dans son sépulcre.

Le Seigneur, ayant conduit ces disciples à exposer leurs sentiments les plus profonds, s’attela à répondre à leurs besoins. Tout d’abord, il les guida vers les Écritures, leur reprochant d’avoir été si lents à croire au témoignage prophétique concernant les souffrances de Christ et sa gloire. Ensuite, en commençant par Moïse et tous les prophètes, il leur expliqua dans toutes les Écritures les choses qui le concernaient lui-même.

Il peut être utile de s’arrêter un instant pour souligner que la sagesse du Christ, telle qu’elle s’est manifestée ici, devrait nous servir de guide lorsque nous nous occupons des âmes en difficulté. Comme on peut le percevoir, il n’y avait pas d’argumentation ; le Seigneur a simplement fait appel aux Écritures pour aborder le sujet en question, nous enseignant ainsi que c’est à partir des Écritures, utilisées dans la puissance de l’Esprit, que l’on peut répondre aux perplexités des âmes. Pendant cette conversation, ils étaient presque arrivés à leur destination, et Jésus « fit comme s’il allait plus loin ». Il connaissait l’état de leurs âmes, l’effet que son enseignement avait eu sur eux, à savoir que, comme ils le confesseraient plus tard, leurs cœurs avaient brûlé au-dedans d’eux tandis qu’il leur parlait en chemin et qu’il leur ouvrait les Écritures, et qu’il y avait encore un travail à faire pour achever leur restauration. Ce travail supplémentaire était la révélation de Lui-même. Ainsi, lorsqu’il fit semblant d’aller plus loin, c’était seulement pour susciter la demande, qu’il savait inévitable, qu’il demeure avec eux. Et leurs désirs étaient si ardents qu’ils le forcèrent, en disant : « demeure avec nous ». Le mot « forcer » est fort : il signifie qu’ils n’accepteraient aucun refus. Non pas que le Seigneur avait besoin d’être forcé ; il était plus que disposé à répondre à leur demande ; mais rien ne réjouit davantage son cœur que d’être forcé par son peuple à entrer et à demeurer avec lui. Il arrive même souvent à la porte de nos cœurs en demandant à entrer, et rien ne lui procure plus de joie que de nous voir écouter Sa voix, nous juger pour L’avoir laissé dehors, et ainsi ouvrir la porte pour qu’il entre et soupe avec nous, et que nous soupions avec lui. Dans ce cas, il entra pour souper avec eux, car il s’assit à table avec eux. Combien auraient-ils perdu, pourrait-on dire, s’ils ne l’avaient pas contraint à entrer ! Il en va de même pour nous. Ne se rapproche-t-il pas souvent de nous, et pourtant nous manquons la jouissance de sa présence parce que nous ne le contraignons pas à entrer et à demeurer avec nous ?

Mais s’il daigne s’asseoir à table avec les siens, il doit toujours occuper la première place. Il doit être le premier dans chaque cercle dans lequel il consent à entrer. Rappelons-nous-en lorsque nous désirons sa présence. Ainsi, Il prit le pain, le bénit, le rompit et le leur donna. Sans doute, l’avaient-ils souvent vu faire la même chose avec ses disciples ; mais que ce soit le cas ou non, cet acte simple de notre bienheureux Seigneur fut utilisé pour leur ouvrir les yeux, et ils le reconnurent, et il disparut de leur vue. Mais pourquoi s’en alla-t-il si rapidement alors que, comme nous pouvons en être sûrs, ils auraient donné tout ce qu’ils possédaient, peu ou beaucoup, pour le retenir et avoir une conversation supplémentaire avec lui ? La réponse est que son travail était accompli : il avait trouvé ses brebis égarées, et avait restauré leurs âmes. On verra ainsi que leur restauration était complète, car le signe d’un bon état d’âme est la jouissance de la présence du Seigneur. Comme Marie, ils avaient vu le Seigneur et étaient abondamment comblés. La preuve en est qu’ils retournèrent à l’endroit qu’ils n’auraient jamais dû quitter.

Une leçon très importante peut être tirée de la manière dont le Seigneur a agi envers ces deux disciples : tous les doutes seront dissipés par la manifestation de Christ dans nos cœurs, et le réveil de notre amour pour Christ est le signe certain de la restauration. Aucune doctrine, aucune clarté dans l’enseignement, aucune démonstration à partir des Écritures ne pourront accomplir cela, mais ce dont nous avons tous besoin, c’est que Christ soit connu et qu’il occupe la première place dans nos âmes.

2 - SECOND HOMME

L’aspect suivant sous lequel Christ se révèle dans ce passage est celui du SECOND HOMME venu du ciel (1 Corinthiens 15:47). Il était le Second Homme lorsqu’il est né dans ce monde, et pour Dieu, il a éclipsé tous les autres. Parmi les millions d’hommes qui existaient lorsque le Seigneur est venu sur cette terre, Dieu a trouvé son plaisir en lui seul. Comme le montrent d’ailleurs les paroles des anges à sa naissance, « Gloire à Dieu dans les lieux très-hauts ; et sur la terre, paix ; et bon plaisir [comme il se doit] dans les hommes », c’est-à-dire en celui qui est né au milieu des hommes. Mais bien qu’il fût toujours le Second Homme depuis son incarnation, il n’était pas dans la condition du Second Homme avant la résurrection. Se souvenir de cela nous aidera dans ce qui suit.

Les deux disciples d’Emmaüs, après que le Seigneur se fut révélé à eux, se levèrent à cette même heure et retournèrent à Jérusalem, et ils trouvèrent les onze rassemblés avec d’autres, disant : « Le Seigneur est réellement ressuscité, et il est apparu à Simon ». Et ils racontèrent ce qui s’était passé en chemin, et comment il s’était fait connaître à eux dans la fraction du pain. Ils étaient venus le cœur débordant, désireux de dire ce qu’ils avaient entendu et vu, mais ils trouvèrent ceux qui étaient rassemblés eux aussi, avec le cœur débordant, témoignant de la résurrection de leur Seigneur. Nous ne sommes donc pas surpris de lire, comme ils parlaient ainsi, que Jésus lui-même se tint au milieu d’eux et leur dit : « Paix vous soit ». Nous disons que nous ne sommes pas surpris, car des cœurs débordants d’amour pour Lui commanderont toujours Sa présence. C’est notre réponse à Son amour qui Le contraint à Se révéler à nous. Chaque fois que nous parlons de Christ les uns avec les autres, Il sera toujours parmi nous (voir Malachie 3:16-17). Nos cœurs désirent-ils Sa présence ? Alors parlons davantage de Lui ensemble.

Les premières paroles qu’Il prononça furent : « paix vous soit », car Il avait fait la paix par Sa mort sur la croix, et dans la joie de Son cœur, Il la leur accorda.

Il peut être bon de remarquer que nos sentiments naturels sont souvent en conflit avec la foi. C’était le cas des disciples à ce moment-là. En premier lieu, ils étaient remplis de crainte, et supposaient avoir vu un esprit, et ensuite, ils n’arrivaient pas à croire à cause de leur joie. Leur peur et leur joie, c’est-à-dire leurs émotions naturelles, étaient des obstacles à la foi, mais il convient d’ajouter que les émotions produites par l’Esprit de Dieu sont des aides à la foi et non des obstacles.

Mais remarquez combien tendrement le Seigneur dispersa leurs doutes et leurs craintes, et combien d’efforts Il fit pour les convaincre de la réalité de Sa résurrection. Avec tant de douceur, Il leur dit : « Pourquoi êtes-vous troublés, et pourquoi monte-t-il des pensées (raisonnements) dans vos cœurs ? » Puis, avec une grâce infinie, Il dit : « Voyez mes mains et mes pieds ; — que c’est moi-même ». Sans aucun doute, Il soumit Ses mains et Ses pieds à leur inspection à cause des marques des clous par lesquels Il avait été attaché à la croix ; et puis, de plus, Il dit même : « touchez-moi, et voyez ; car un esprit n’a pas de la chair et des os, comme vous voyez que j’ai ». Allant encore plus loin, Il leur montra Ses mains et Ses pieds ; et enfin, pour chasser les craintes persistantes qui obscurcissaient leur vision, Il dit : « Avez-vous ici quelque chose à manger ? » En réponse à Sa question, ils Lui donnèrent un morceau de poisson grillé et un rayon de miel ; et Il le prit et mangea devant eux, le bienheureux Seigneur, en tant qu’Homme ressuscité, condescendant à partager la nourriture de Ses humbles disciples.

Tout cela fut fait pour montrer à Ses disciples qu’Il était réellement un homme, ressuscité du tombeau. En effet, comme nous l’avons déjà dit, Il était le Second Homme venu du ciel. Mais bien qu’Il eût prouvé de toutes les manières possibles la réalité de Sa résurrection, Il ne voulait pas que leur foi repose uniquement sur les preuves de leurs sens, alors Il entreprit de leur enseigner que ce qu’ils avaient vu était conforme à Ses propres paroles, et que c’était simplement l’accomplissement des choses qui étaient écrites dans la loi de Moïse, et dans les prophètes, et dans les psaumes, Le concernant. Nous pouvons sûrement apprendre de cela la valeur extrême des Écritures, et le fait que toutes les prétentions des hommes et toutes les opinions qu’ils énoncent doivent être soumises au test de la Parole écrite de Dieu. Si le Seigneur Lui-même ne s’est pas dispensé des Écritures, encore moins pouvons-nous le faire, et il nous incombe de suivre leur enseignement dans un jour sombre et mauvais.

Mais dans toute la scène, le Seigneur se révèle comme indiqué, en tant que Second Homme venu du ciel ; et, comme l’enseigne Paul, tous ceux qui croient en Lui sont de Son ordre. Car il dit : « tel qu’est le céleste, tels aussi sont les célestes ». Et comme nous avons porté l’image de celui qui est poussière, ce que nous faisons encore dans nos corps mortels, nous porterons aussi l’image du céleste, c’est-à-dire lorsque nous ressusciterons des morts et que nous posséderons des corps semblables à Son corps glorifié.

3 - ENSEIGNANT

Le Seigneur apparaît ici sous un nouvel aspect qui peut être exposé en quelques mots : celui d’ENSEIGNANT des Écritures, car nous lisons qu’Il ouvrit leur intelligence pour qu’ils comprennent les Écritures. L’Esprit de Dieu n’était pas encore venu. Après la Pentecôte, c’est Lui qui était le Maître (Enseignant) ; comme le Seigneur Lui-même l’a dit : « mais le Consolateur, l’Esprit Saint, que le Père enverra en mon nom, lui, vous enseignera toutes choses », etc. (Jean 14:26). Paul dit également : « Mais nous, nous avons reçu, non l’esprit du monde, mais l’Esprit qui est de Dieu, afin que nous connaissions les choses qui nous ont été librement données par Dieu » (1 Corinthiens 2:12). Jean porte également le même témoignage. Le Seigneur agissait donc en tant que maître (enseignant) lorsqu’Il ouvrit l’intelligence des disciples pour qu’ils comprennent les Écritures.

4 - CHEF ou DERNIER ADAM

À la suite de cela, et en relation avec cela, nous avons un autre aspect de Christ, celui de CHEF ou du DERNIER ADAM. Au moment de parler de leur mission dans le monde, il dit : « Il est ainsi écrit ; et ainsi il fallait que le Christ souffrît, et qu’il ressuscitât d’entre les morts le troisième jour, et que la repentance et la rémission des péchés fussent prêchées en son nom à toutes les nations, en commençant par Jérusalem. Et vous, vous êtes témoins de ces choses » (v. 46-48). Il est évident que c’est en tant que Chef que le Seigneur donne cette directive à ses disciples. Mais avant de leur confier cette mission, il leur a fait comprendre que sa souffrance, sa mort et sa résurrection étaient conformes aux Écritures. Ainsi, il dit : « Il est écrit », et il est bon pour nous tous d’être fondés sur ce qui a été appelé le rocher inébranlable des Écritures. Reposant sur cette base, les opinions peuvent aller et venir, mais elles ne pourront jamais perturber la certitude divine de l’âme qui est capable de dire : « Il est ainsi écrit ». Permettez-nous d’insister un moment auprès des jeunes chrétiens sur le fait qu’ils doivent vérifier diligemment leurs croyances et leurs doctrines à la lumière des Écritures afin d’être confiants et assurés au milieu de tous les efforts de l’ennemi, que ce soit par la Critique Supérieure ou autrement, pour saper les fondements du christianisme. Si le Seigneur a fondé ses disciples sur le principe « Il est ainsi écrit », encore plus avons-nous besoin de reposer sur la même fondation divine.

La mission des disciples était simple : prêcher la repentance et la rémission des péchés en son nom à toutes les nations, en commençant par Jérusalem. Ils devaient, de plus, témoigner de ce qu’ils avaient vu et entendu. Avant d’aborder la puissance nécessaire à l’accomplissement de leur mission, il convient d’en souligner les conditions. Ils devaient prêcher la repentance et le pardon des péchés au nom de Christ ressuscité, non pas, il faut le noter, seulement la rémission des péchés, mais aussi la repentance, sans laquelle la rémission des péchés ne pouvait pas être reçue. Car la repentance conduit au jugement de soi et à la confession, et produit ainsi l’état d’âme permettant de recevoir le pardon des péchés et d’en jouir. De même, l’apôtre Paul a témoigné aussi bien aux Juifs qu’aux Grecs, de la repentance envers Dieu et de la foi en notre Seigneur Jésus Christ (Actes 20:21), et de même il a proclamé à Athènes que Dieu ordonne maintenant à tous les hommes en tous lieux de se repentir. Il ne s’agit pas de dire que la repentance est une condition du pardon, car Dieu annonce le pardon à tous ceux qui veulent le recevoir ; mais, comme nous l’avons remarqué, qu’elle amène l’âme dans cet état béni où elle est en mesure de recevoir avec reconnaissance le don divin.

La deuxième partie de leur mission indique à qui ils étaient envoyés. Ils devaient prêcher en son nom ; c’est-à-dire, au nom, et en tant que messagers, du Chef ressuscité, parmi toutes les nations, mais ils devaient commencer là où il avait été crucifié. Les pires des pécheurs, en un sens, devaient recevoir en premier l’offre de la grâce divine – un témoignage de l’amour de Dieu et de sa miséricorde ineffable. En commençant par Jérusalem, ils devaient élargir leurs travaux dans des cercles de plus en plus grands jusqu’à ce qu’ils eussent embrassé toutes les nations. Comme Dieu désire que tous les hommes soient sauvés, ses serviteurs doivent être en communion avec sa propre pensée.

Ensuite, ils devaient eux-mêmes témoigner des choses qu’ils avaient vues et entendues, comme le Seigneur le dit dans l’Évangile de Jean : « Et vous aussi, vous rendrez témoignage ; parce que dès le commencement vous êtes avec moi » (Jean 15:27). L’Esprit seul pouvait témoigner de la gloire dans laquelle il était entré à la droite de Dieu ; mais eux pouvaient témoigner de la vie du Seigneur ici-bas, de sa mort et de sa résurrection, et de ce qu’il leur avait communiqué pendant les quarante jours avant son ascension.

Ce qui suit est d’une importance extrême. Le Seigneur avait qualifié ses disciples, leur avait donné leur mission, et pourtant ils devaient rester dans la ville de Jérusalem jusqu’à ce qu’il envoie la promesse du Père sur eux, c’est-à-dire jusqu’à ce qu’ils soient revêtus de la puissance d’en haut. Remarquons-le bien, il doit donc y avoir trois choses sans lesquelles aucun de nous qui cherchons à servir ne peut répondre à la pensée du Seigneur. Il doit y avoir la connaissance des Écritures, des faits de la rédemption ; il doit y avoir une mission précise du Seigneur, c’est-à-dire une conviction intérieure ou un appel ; et il doit y avoir aussi la puissance du Saint-Esprit, sans laquelle ni la connaissance ni l’appel ne seront efficaces. Si l’on dit cependant que tous ont reçu le Saint-Esprit, la question est de savoir s’il est ou non attristé, s’il peut exercer sa puissance dans nos cœurs, et une puissance telle que de l’abondance du cœur, la bouche parlera. Tels sont les ouvriers dont le Seigneur a besoin, et tels ceux qu’il peut utiliser pour sa propre gloire en bénissant. Ainsi, nous lisons que « tous furent remplis du Saint-Esprit, et annonçaient la parole de Dieu avec hardiesse » (Actes 4:31). Oh ! que le Seigneur suscite de nombreux serviteurs de ce genre en ce jour pour les utiliser à l’exaltation de Christ et à la conversion de nombreuses âmes.

5 - SACRIFICATEUR

Finalement, le Seigneur se présente comme SACRIFICATEUR. Nous lisons : « il les mena dehors jusqu’à Béthanie, et, levant ses mains en haut, il les bénit. Et il arriva qu’en les bénissant, il fut séparé d’eux, et fut élevé dans le ciel » (v. 50-51).

La signification de cette action consistant à élever les mains et à les bénir peut être tirée d’un passage du livre du Lévitique (Lévitique 9). Là, nous lisons qu’après avoir offert les différents sacrifices selon le commandement divin, Aaron « éleva ses mains vers le peuple et les bénit ; et il descendit après avoir offert le sacrifice pour le péché, et l’holocauste, et le sacrifice de prospérités » (v. 22). Tous ces sacrifices préfigurent le sacrifice unique de Christ, car Il fut à la fois le sacrifice pour le péché, l’holocauste et le sacrifice de prospérités – en effet, Il est l’antitype de tous les sacrifices mentionnés dans le Lévitique. En gardant cela à l’esprit, nous verrons la merveilleuse correspondance entre l’action d’Aaron et celle de notre bienheureux Seigneur. Le Seigneur avait accompli Son sacrifice, et Sa résurrection démontrait que Dieu l’avait accepté, et même qu’Il en avait été pleinement glorifié, et tellement glorifié que, dans la joie de Son cœur, Il est venu et a ressuscité d’entre les morts Celui qui avait enduré tout le poids de Sa colère sur la croix. Conscient de cela, sur la base de Son seul sacrifice parfait et efficace, Il était devenu le canal de toute la bénédiction acquise par Sa mort, entre le cœur de Dieu et Son peuple ; car Dieu bénit toujours Son peuple selon Son évaluation personnelle de la valeur du sacrifice de Christ. Dieu était maintenant libre de bénir selon Ses propres pensées et desseins éternels, et dans la mesure où Il avait été rendu libre par l’œuvre accomplie de Son Fils bien-aimé, Il prend plaisir à répandre la bénédiction par l’intermédiaire de Celui qui est maintenant glorifié à Sa droite.

Cependant, il y a plus que ce qui a été dit. Nous avons vu que Christ est présenté ici comme Sacrificateur, et c’est en tant que Sacrificateur qu’Il élève les mains pour bénir les Siens. Nous apprenons donc que c’est sur la base de Son sacrifice, et en tant que ressuscité des morts, qu’Il entre dans Son office de Sacrificateur, et que c’est par Son intercession qu’Il assure à Son peuple tout ce dont il a besoin en traversant le désert, et qu’Il intercède également devant Dieu en leur faveur. Nous ne proposons pas ici d’entrer dans la variété des bénédictions qu’Il assure ainsi, mais nous désirons nous concentrer sur l’attitude de bénédiction que le Seigneur a prise en quittant Ses disciples.

Ce n’est pas seulement qu’Il les a bénis, mais tandis qu’Il les bénissait, Il fut séparé d’eux et enlevé au ciel. La dernière vision, donc, que les disciples ont eue de leur bienheureux Seigneur était liée au fait que Ses mains étaient élevées pour bénir. Et cela nous enseigne sûrement que c’est l’attitude perpétuelle du Seigneur tandis qu’Il est à la droite de Dieu. Pensez-y, bien-aimé lecteur, un instant, non seulement le Seigneur a Ses yeux sur Son peuple bien-aimé, mais aussi Ses mains sont, pour ainsi dire, toujours élevées au-dessus d’eux en bénédiction. Quel réconfort pour le cœur las des difficultés et des conflits, quel soutien pour les faibles et les découragés, quel baume pour les malades et les affligés, et quelle consolation pour les endeuillés, que de regarder au-delà de toute l’obscurité qui peut les envelopper un moment, et de voir par la foi le bienheureux Seigneur avec Ses mains élevées pour les bénir. Certainement, cette vision remplira les affamés de bonnes choses et donnera des cantiques dans la nuit au pèlerin à travers le désert. Car Celui qui est vu dans ce passage, et saisi par la foi maintenant à la droite de Dieu, est Celui dont nous lisons ailleurs qu’Il est capable de sauver parfaitement (entièrement, ou complètement) tous ceux qui s’approchent de Dieu par Lui, parce qu’Il est toujours vivant pour intercéder en leur faveur.

Nous pouvons enfin considérer l’effet produit dans le cœur des disciples par la manière dont leur Seigneur les a quittés. Il est clair qu’ils ont été profondément impressionnés, voire travaillés par la puissance de l’Esprit, car nous lisons qu’ils L’ont adoré et sont retournés à Jérusalem avec une grande joie. Mieux encore, nous constatons qu’ils étaient continuellement dans le temple, louant et bénissant Dieu. Leur cœur plein débordait donc de joie et s’élevait vers sa source bénie : le cœur de Dieu. Ils Le reconnaissaient comme la source de toute la bénédiction dans laquelle ils avaient été introduits, et qui leur parvenait par le canal désigné par Dieu, Son Fils bien-aimé. Faut-il s’étonner, donc, qu’ils étaient continuellement dans le temple, louant et bénissant Dieu ! Nous pourrions donc dire que l’adoration perpétuelle était la réponse suscitée en eux à la bénédiction perpétuelle indiquée par les mains élevées.

Peuple heureux, d’avoir eu un tel souvenir de leur bienheureux Seigneur. Mais pourquoi cela est-il consigné ? Pour que nous aussi, bien-aimé lecteur, nous puissions nous identifier à l’expérience des disciples. Il est vrai que nous n’avons pas vu le Seigneur partir de nos yeux mortels, mais si ce récit devient une réalité vivante dans nos âmes par la puissance du Saint-Esprit, nous méditerons souvent ce sujet, et Le verrons par la foi monter au ciel dans cette attitude de bénédiction. Mieux encore, nous Le suivrons jusqu’à ce qu’Il prenne Sa place à la droite de Dieu, et alors, à mesure que nous comprendrons la véritable nature de l’office qu’Il a bien voulu prendre en notre faveur, nous n’oublierons jamais qu’Il assure, par Son intercession, une bénédiction constante à Son peuple. Si tel est le cas, l’effet produit dans le cœur des disciples sera reproduit dans le nôtre, et nous aussi, nous trouverons une expression pour nos affections, en réponse à Ses services constants envers nous, dans une louange et une adoration perpétuelles.

Ainsi, cet évangile se termine dans un éclat de lumière. Tous ces rayons de Sa gloire se fondent en un seul et nous donnent des pensées plus vastes sur la Personne de notre Seigneur et Sauveur. Puisse-t-Il inonder l’âme aussi bien de l’écrivain que des lecteurs de la clarté de Sa gloire, et remplir ainsi notre vision pour qu’Il soit toujours l’objet qui captive nos affections, des affections qui s’exprimeront par le dévouement en attendant Son retour.

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