À propos de la nomination d’anciens

Tite 1:5

Il est tout à fait clair que l’apôtre a chargé Tite, tout comme Timothée, de nommer des anciens, et que, guidé par le Saint-Esprit, il énonce certaines conditions pour les aider à choisir ces anciens ou surveillants. Paul lui-même, en compagnie de Barnabas, « a choisi des anciens dans chaque assemblée » (Actes 14:23). Nous disons “choisi”, car ni ici ni dans Tite il n’y a la moindre justification pour la traduction “ordonné”. Il est tout à fait vrai que, dans l’usage ecclésiastique des années suivantes, ce sens a été attribué au mot dans Actes 14 ; mais aucune idée de ce genre ne réside dans le mot lui-même, car il signifie simplement “choisir”, comme on peut le voir en Actes 10:41 et 2 Corinthiens 8:19.

Le mot utilisé dans l’épître à Tite n’est pas le même et a le sens de “constituer” ou “établir”. La question qui se pose toutefois est la suivante : si les apôtres, avec Timothée et Tite, ont désigné des anciens ou des surveillants, pourquoi les saints ne le pourraient-ils pas aujourd’hui ?

Deux pratiques opposées prévalent. Premièrement, les ecclésiastiques, se réclamant de la succession des apôtres, font valoir leur autorité pour “ordonner” ; et, deuxièmement, ceux qui rejettent ce dogme de la succession apostolique soutiennent que les saints eux-mêmes possèdent le privilège de choisir leurs propres responsables.

Aucun passage de l’Écriture ne justifie la pratique de l’une ou de l’autre. Les apôtres, en tant qu’hommes inspirés, ont à la fois nommé des anciens et délégué leur autorité à cet effet à Timothée et à Tite ; mais ils n’ont laissé, dans aucune de leurs épîtres, d’instruction ni pour la sélection de leurs successeurs, ni pour le choix des anciens par les saints.

D’autre part, Paul, lorsqu’il a mis en garde les anciens d’Éphèse contre les dangers à venir, les a recommandés à Dieu et à la parole de sa grâce (Actes 20). L’apôtre Pierre, de la même manière, souhaite que les saints se tournent, dans leur perplexité, vers la Parole de Dieu écrite (2 Pi. 3:1-2 ; 2 Pi. 1:15).

Que reste-t-il donc concernant les anciens ? Les qualifications divinement prescrites pour ceux-ci sont contenues dans les Écritures ; et partout où l’on voit qu’un frère possède ces qualifications, dans une certaine mesure, les saints ont le devoir de reconnaître qu’un tel frère est apte à conduire l’assemblée (voir 1 Thess. 5:12-13 ; Héb. 13:17). La fonction des anciens peut donc toujours être exercée selon Dieu, même s’il n’existe aucune autorité chargée de les nommer à cette fonction. On peut ajouter qu’on ne trouve rien dans les Écritures indiquant qu’un seul ancien ou surveillant préside ou dirige l’assemblée.

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