Est-ce la paix ?

Source : STEM Publishing

« Et il arriva que, quand Joram vit Jéhu, il dit : Est-ce la paix, Jéhu ? Et il dit : Quelle paix, … aussi longtemps que les prostitutions de Jézabel, ta mère, et ses enchantements sont en si grand nombre ? » (2 Rois 9:22).

1 - Une question chargée d’angoisse

On perçoit de l’inquiétude, voire de l’alarme, dans la question de Joram : « Est-ce la paix, Jéhu ? » La suite prouva que ces sentiments étaient tout à fait justifiés.

2 - Le contexte historique : la chute du roi Joram

C’était une période de bouleversements en Israël. Une révolution était en cours, qui coûta au roi Joram à la fois son trône et sa vie.

Les circonstances peuvent être brièvement résumées. Israël et la Syrie étaient en guerre à propos de Ramoth de Galaad. Joram, blessé, avait été contraint de retourner à Jizreël pour consulter ses médecins, laissant ses officiers poursuivre la campagne. Un jour, l’un des fils des prophètes arriva au camp et informa Jéhu que c’était la volonté de l’Éternel qu’il soit roi d’Israël. Sans hésiter, Jéhu sollicita la coopération de ses compagnons capitaines et partit aussitôt pour Jizreël afin de renverser le trône de son maître. Le gardien de la tour de la ville royale signalant l’approche rapide d’une compagnie, deux cavaliers furent envoyés pour s’assurer que tout allait bien. Les messagers ne revenant pas, le roi partit lui-même à la rencontre de Jéhu avec la question anxieuse que nous trouvons dans notre texte. « Est-ce la paix ? » Notez la réponse. « Quelle paix, … aussi longtemps que les prostitutions de Jézabel, ta mère, et ses enchantements sont en si grand nombre ? » Cela signifie qu’aucune paix ne pouvait être espérée avec tant de péchés non jugés dans le pays.

3 - Les privilèges spirituels de Joram et son endurcissement

Joram, qui allait sur son char vers sa mort, avait été une personne très privilégiée. L’Éternel s’était donné beaucoup de mal avec lui.

Voyez ce roi dans 2 Rois 3, se tournant, avec deux autres souverains, vers le prophète dans des circonstances de détresse extrême. Il n’y avait pas d’eau pour leurs armées. Leur besoin fut heureusement comblé par la bonté de Dieu.

Puis, dans 2 Rois 5, il prend conscience du merveilleux pouvoir de guérison de l’Éternel dans l’affaire de la lèpre de Naaman.

Au chapitre suivant (2 Rois 6), nous voyons Dieu l’avertir à plusieurs reprises des complots contre sa vie, et ainsi le protéger.

2 Rois 7 raconte l’histoire du siège de Samarie et la merveilleuse intervention de Dieu en faveur du peuple frappé par la famine.

Et enfin 2 Rois 8 nous montre le roi en conversation avec Guéhazi, apprenant de lui toutes les œuvres merveilleuses d’Élisée, son maître. De diverses manières, l’Éternel avait parlé au cœur et à la conscience de cet homme, dans l’espoir qu’il se détournerait de ses mauvaises voies et vivrait. Mais malgré tous ces privilèges divins, Joram a péri.

Combien de fois Dieu nous a-t-il parlé ? Demandons-nous combien de privilèges il nous a accordés dans sa miséricorde.

4 - Application de ce texte à notre époque moderne : une humanité en quête de paix

Notre texte s’applique également à notre époque. Nous vivons une période de troubles universels. Des révolutions éclatent à l’Est comme à l’Ouest ; des guerres et des menaces de guerre surgissent de toutes parts. Dans le domaine industriel, l’agitation règne partout.

Les hommes réfléchis sont à peu près dans l’état d’esprit décrit par le Sauveur en Luc 21:25-26 : « Sur la terre une angoisse des nations en perplexité … les hommes rendant l’âme de peur et à cause de l’attente des choses qui viennent sur la terre habitée ». La question anxieuse que tout le monde se pose est : « La paix est-elle revenue ? » Quel soulagement pour les hommes d’apprendre que l’atmosphère en Allemagne est un peu plus claire qu’auparavant ! Avec quelle gratitude les hommes apprennent-ils qu’une grève a été évitée ici ou réglée là-bas ! Comment réagirait toute l’Angleterre si le journal de demain annonçait un règlement du conflit dans le secteur charbonnier ? Cependant, tout le monde se rend compte que ces questions ne sont pas vraiment réglées, que les difficultés ne sont que temporairement surmontées, pour resurgir à une date ultérieure. Personne ne croit que le problème soit résolu à la racine.

« Est-ce la paix ? » est la question angoissante qui se pose aujourd’hui, comme à l’époque de Joram. La réponse que l’on donne aujourd’hui aux hommes doit être la même que celle qui lui a été donnée il y a si longtemps. La paix est impossible tant que le péché n’est pas jugé. Il y a aujourd’hui un péché à la porte du monde qui fait passer les prostitutions et les enchantements de Jézabel pour de véritables bagatelles. Quel est ce péché ?

5 - Le péché du monde : c’est le rejet de Christ

Remontons 2000 ans en arrière dans l’histoire du monde. Dans le village de Bethléem, un enfant est né, dont il était écrit des siècles auparavant : « Car un enfant nous est né, un fils nous a été donné, et le gouvernement sera sur son épaule ; et on appellera son nom : Merveilleux, Conseiller, Dieu fort, Père du siècle, Prince de paix » (Ésaïe 9:6). Dehors, dans les champs, les anges célébraient ainsi sa naissance : « Gloire à Dieu dans les lieux très hauts ; et sur la terre, paix ; et bon plaisir dans les hommes ! » (Luc 2:14). Il est venu du ciel pour apporter la paix dans un monde longtemps troublé par le péché. Sa mission n’était pas de juger. Comme Pierre l’a dit dans Actes 10:36, Dieu « annonçait la bonne nouvelle de la paix par Jésus Christ ». Le vieux Siméon, en contemplant le merveilleux Enfant, bénit Dieu en disant : « Maintenant, Seigneur, tu laisses aller ton esclave en paix selon ta parole ; car mes yeux ont vu ton salut » (Luc 2:29-30). La vue du Sauveur chassa de son esprit toute crainte de la mort et remplit son âme de paix.

Mais les hommes ont rejeté le Prince de la paix. « Retire-toi de nous », tel avait été le cri des hommes à Dieu avant le déluge (Job 22:17) ; le cri fut le même lorsque le Fils de Dieu est venu sur la terre. Puisque le Fils de Dieu était celui qui révélait le Père, le rejet du Fils impliquait également le rejet du Père. « ils ont, et vu, et haï et moi et mon Père » (Jean 15:24).

Cela explique les paroles du Sauveur dans Matthieu 10:34 : « Ne pensez pas que je sois venu mettre la paix sur la terre ; je ne suis pas venu mettre la paix, mais l’épée ». Sa mission était la paix, mais le refus des hommes l’a rendue impossible, et ils doivent souffrir l’épée, à la place. Lorsque le Seigneur Jésus a pensé aux conséquences pour les hommes, il a pleuré en disant : « Si tu avais connu, … les choses qui appartiennent à ta paix ! mais maintenant elles sont cachées devant tes yeux » (Luc 19:42). Et ainsi, cela est devenu vrai pour les hommes partout : « Ils n’ont point connu la voie de la paix » (Rom. 3:17).

6 - Les faux espoirs et les illusions humaines

Il ne manque pas de gens qui prophétisent des choses agréables. À l’époque de Jérémie, certains disaient « Paix, paix » alors que l’épée de l’Éternel planait sur le pays, et nous avons aujourd’hui parmi nous de faux prophètes identiques. Si l’on en croit ces derniers, les bouleversements qui se produisent dans tous les domaines sont les douleurs de l’enfantement d’un jour nouveau et meilleur. L’homme sort de sa chrysalide et sera bientôt un être plus glorieux que jamais. Tous ceux qui parlent ainsi sont des séducteurs d’âmes. Les paroles d’Ésaïe sont plus pertinentes : « Les méchants sont comme la mer agitée, qui ne peut se tenir tranquille et dont les eaux jettent dehors la vase et la boue. Il n’y a pas de paix, dit mon Dieu, pour les méchants » (Ésaïe 57:20-21).

Quelle est la perspective biblique ? Fracas sur fracas, catastrophe sur catastrophe, jusqu’à ce que tout l’ordre des choses établi par l’homme soit réduit en poussière. Alors Dieu fera entrer en scène Son Homme, Jésus Christ, celui qui a été rejeté par le monde, et Il établira Son trône sur les ruines de tout ce qui est humain.

7 - L’appel personnel : la vraie paix est accessible à tout homme

Permettez-moi maintenant de m’adresser à chaque cœur individuellement ! Pourquoi ne seriez-vous pas en paix avec Dieu ? Alors vous n’auriez rien à craindre, quoi qu’il arrive. Christ a « fait la paix par le sang de sa croix » (Col. 1:20). Nous avons ici la solution au problème du péché, une question qui revêt pour vous personnellement plus d’importance que n’importe quelle autre question politique ou industrielle dans le monde. Les revendications de Dieu concernant le péché ont été satisfaites par le sang de Christ. En conséquence, la paix est prêchée à tous : « à vous qui étiez loin, et à ceux qui étaient près » (Éph. 2:17) ; c’est-à-dire aux gens des nations comme aux Juifs. Celui qui croit en Jésus est justifié par la foi et possède la paix avec Dieu par notre Seigneur Jésus Christ (Rom. 5:1).

De plus, chaque croyant est invité à présenter toutes ses requêtes à Dieu, avec la douce assurance que « la paix de Dieu, laquelle surpasse toute intelligence, gardera vos cœurs et vos pensées dans le christ Jésus » (Phil. 4:7).

8 - La paix commence par une relation personnelle avec Dieu

Dans 2 Thessaloniciens 3:16, à la fin d’une épître qui traite des horreurs des derniers jours, nous trouvons ces paroles réconfortantes : « Or le Seigneur de paix lui-même vous donne toujours la paix en toute manière ». Au milieu de l’effondrement des empires et des royaumes, du renversement de toutes les institutions anciennes et de la subversion de toutes les lois et de tout ordre, l’homme qui est en règle avec Dieu en vertu de la croix du Calvaire peut se permettre d’être en parfaite paix.

Il suffira de conclure par les paroles de Job 22:21 : « Réconcilie-toi avec Lui, je te prie, et sois en paix : ainsi le bonheur t’arrivera ».