La maison de Dieu

Retracée dans les Écritures

Source : STEM Publishing.

Seconde Édition par The Christian Friend and Instructor, Broom.

De nombreuses questions nous ayant été posées concernant la formation, les limites, etc., de la maison de Dieu, nous nous proposons, si le Seigneur le veut, d’aborder ce sujet dans plusieurs articles successifs, en nous appuyant sur la Parole de Dieu. Il n’y a en réalité aucune difficulté, pourvu que notre esprit soit soumis aux Écritures, et nous espérons qu’une présentation objective de l’enseignement du Saint-Esprit permettra à certains, au moins, de mieux comprendre cette question.

1 - Le tabernacle dans le désert

Il est évident pour tout lecteur de la Bible que Dieu n’a, en aucun sens, habité sur terre avant qu’Israël ne soit délivré d’Égypte. Il a rendu visite à Adam dans le paradis et s’est promené dans le jardin au frais du jour (Genèse 3:8) ; il est apparu à Abraham, Isaac et Jacob et a communiqué librement avec eux. De même, il s’est révélé à Moïse dans le désert, sur la montagne de Dieu, lorsqu’il l’a chargé de retourner en Égypte pour libérer son peuple ; mais, même en examinant attentivement les Écritures, on ne trouve jusqu’alors aucune trace de sa présence sur terre. Après la délivrance d’Égypte, le Seigneur dit à Moïse : « Parle aux fils d’Israël, et qu’ils prennent pour moi une offrande élevée. Vous prendrez mon offrande élevée de tout homme qui aura un esprit libéral… ils feront pour moi un sanctuaire, et j’habiterai au milieu d’eux » (Exode 25:2, 8).

L’idée de demeurer au milieu de son peuple est venue de Dieu lui-même. Ceci est en harmonie avec son dessein de grâce dans la rédemption. Nous lisons que Dieu, le Père de notre Seigneur Jésus-Christ, « nous a élus en lui avant la fondation du monde, pour que nous soyons saints et irréprochables devant lui en amour » (Éphésiens 1:3-4). Dans l’éternité passée, Dieu vivait dans la perfection de sa propre béatitude ; mais dans la plénitude de sa grâce et de son amour, il a voulu s’entourer d’un peuple racheté, pour Sa propre joie et la gloire de son Fils bien-aimé – un peuple qui trouverait sa joie en la présence de celui qui l’a racheté, et ce, au prix infini de la mort de son Fils unique. Ce dessein fut annoncé pour la première fois, du moins en germe, en Éden, lors de la faute d’Adam, l’homme responsable (Genèse 3:15). À la suite de son péché et de son jugement, Dieu annonça l’Homme de Son conseil, celui en qui et par qui tous les projets de son cœur devaient s’accomplir, dans la rédemption de ceux qui devaient être conformes à l’image de son Fils, afin qu’il soit le premier-né d’une multitude de frères (Romains 8:29-30). Progressivement, ses desseins se dévoilèrent par des symboles et des préfigurations, dans ses voies avec Abel, Hénoc, Noé et les patriarches, et finalement dans la délivrance hors d’Égypte des fils d’Israël, sur la base du sang répandu de l’agneau pascal, et de l’emprise et du pouvoir de Satan, ainsi que de la mort et du jugement, comme le préfigurait leur passage de la mer Rouge. Désormais, ils étaient un peuple racheté. Le Seigneur était devenu leur force, le sujet de leurs chants et leur salut. Dans sa miséricorde, il avait conduit le peuple qu’il avait racheté ; il l’avait guidé par sa puissance vers sa sainte demeure (voir Exode 15).

Ayant choisi et racheté un peuple pour lui-même, le Seigneur annonce, comme nous l’avons montré, son désir de venir habiter parmi eux. Et l’on verra en temps voulu que son établissement au milieu d’Israël, tout en manifestant la pleine vérité de la rédemption, n’était qu’une préfiguration de l’accomplissement éternel de tous ses desseins de grâce ; qu’en un mot, le campement dans le désert n’était qu’une anticipation du temps où, après l’apparition des nouveaux cieux et de la nouvelle terre, le tabernacle de Dieu (l’Église, la cité sainte, la nouvelle Jérusalem, préparée comme une épouse ornée pour son mari – l’épouse de l’Agneau) sera avec les hommes, et il habitera avec eux, et ils seront son peuple, et Dieu lui-même sera avec eux, leur Dieu (Apocalypse 21). La construction du tabernacle dans le désert fut la réponse au commandement du Seigneur à Moïse. Le peuple offrit volontairement, car l’Éternel avait touché leurs cœurs, et le tabernacle fut entièrement construit selon le modèle qui avait été montré à Moïse sur la montagne, conformément à ce que l’Éternel le lui avait ordonné (voir Exode 40).

Deux points méritent une attention particulière. Le premier concerne le lieu où Dieu a établi sa demeure au milieu de son peuple. Cela ressort clairement d’Exode 29. Après les instructions données pour la construction des ustensiles sacrés et du mobilier, types et figures de révélations ou manifestations de la part de Dieu, et après la consécration des sacrificateurs qui devaient exercer leur ministère auprès du peuple, et avant les instructions concernant les éléments d’approche – ceux nécessaires pour s’approcher de Dieu –, il y a une pause, une parenthèse. Celle-ci est consacrée aux instructions relatives à l’holocauste continuel. Il est ajouté : « et la tente sera sanctifiée par ma gloire. Et je sanctifierai la tente d’assignation et l’autel ; et je sanctifierai Aaron et ses fils, afin qu’ils exercent la sacrificature devant moi. Et j’habiterai au milieu des fils d’Israël, et je leur serai Dieu ; et ils sauront que moi, l’Éternel, je suis leur Dieu, qui les ai fait sortir du pays d’Égypte, pour habiter au milieu d’eux. Je suis l’Éternel, leur Dieu » (voir vs 38-46). Ce passage (Exode 29) met en lumière trois points essentiels. Premièrement, la présence de l’Éternel parmi son peuple était rendue possible par l’ascension perpétuelle du parfum de Christ, symbolisé par l’holocauste. Les fils d’Israël avaient été rachetés, et, grâce à l’holocauste continuel, ils se tenaient désormais devant Dieu, pleinement agréés en Christ. C’est pourquoi l’Éternel pouvait demeurer au milieu d’eux. Deuxièmement, et par conséquent, le tabernacle était sanctifié par sa gloire : le tabernacle, l’autel et les sacrificateurs étaient tous revendiqués en vertu du même sacrifice et consacrés à Dieu conformément à ce qu’Il avait révélé de lui-même. Les exigences de sa gloire étant désormais satisfaites, cette gloire devint, dès cet instant, la norme pour tout ce qui était consacré à son service. Troisièmement, le peuple devait reconnaître celui qui demeure au milieu de lui comme celui qui l’avait fait sortir d’Égypte, c’est-à-dire le Dieu de la rédemption. Si l’on comprend ces trois points, on saisira toute la vérité de la présence de Dieu sur la terre, à chaque époque et en toute dispensation. On verra alors que, bien qu’elle soit une conséquence de la rédemption, elle dépend de ce que Christ est dans l’efficacité de sa mort, et de ce que Dieu a ainsi révélé de lui-même.

Le second point à noter est la prise de possession effective du tabernacle une fois les travaux terminés. Moïse « acheva l’œuvre », et il est écrit à huit reprises que tout fut fait selon les commandements du Seigneur. L’approbation de l’Éternel s’exprima alors d’une autre manière : en effet, outre l’affirmation que Moïse avait achevé l’œuvre, il est ajouté : « Et la nuée couvrit la tente d’assignation, et la gloire de l’Éternel remplit le tabernacle ; et Moïse ne pouvait entrer dans la tente d’assignation ; car la nuée demeura dessus, et la gloire de l’Éternel remplissait le tabernacle » (Exode 40:34-35). Dieu prit ainsi possession de la maison bâtie selon sa parole et, désormais, il demeura au milieu de son peuple. On le connaissait dès lors comme demeurant entre les chérubins (1 Samuel 4:4 ; Psaume 80:1, etc.), c’est-à-dire entre les chérubins qui couvraient le propitiatoire. Le propitiatoire était son trône, le trône sur lequel il siégeait, d’où il gouvernait son peuple et d’où il dispensait sa miséricorde selon l’efficacité de l’encens et du sang des sacrifices offerts devant lui au grand jour des expiations (voir Lévitique 16).

Il convient tout particulièrement de noter que c’est le tabernacle, et non l’assemblée d’Israël, qui formait la maison de Dieu dans le désert. Omettre cette distinction reviendrait à rendre confus l’enseignement symbolique concernant l’ensemble du campement d’Israël, comme nous l’avons déjà souligné à propos d’Apocalypse 21. Le peuple, en tant que tel, n’était pas autorisé à entrer dans le tabernacle ; Dieu le rencontrait à son entrée (Exode 29:42-44). Seul Moïse avait accès en permanence au propitiatoire (Exode 25:22), en sa qualité de médiateur, et donc comme figure de Christ. Il est primordial de garder ces distinctions à l’esprit. Parallèlement, il est tout aussi important de remarquer que tout le peuple — tout le peuple avec ses familles ; en un mot, tous ceux qui étaient sur le terrain de la rédemption (symboliquement) — était rassemblé autour du tabernacle. Dieu était au milieu d’eux, et tout le peuple avait été amené à une relation connue avec Lui comme leur Rédempteur. Tous pouvaient jouir des privilèges du sacerdoce institué pour eux, et tous pouvaient s’approcher de l’autel d’airain selon le rite prescrit et avec les sacrifices prescrits. C’était le seul endroit sur terre où le Seigneur avait son sanctuaire. En nous souvenant de tout ce que cela impliquait, nous pouvons mieux comprendre ce lieu de bénédiction où les fils d’Israël avaient été conduits. Qu’ils en aient eu pleinement conscience ou qu’ils en aient pleinement profité n’est pas la question. Il y avait, comme nous le savons, des âmes obstinées et impies parmi eux ; pourtant, le caractère du lieu demeurait inchangé. Dieu était au milieu d’eux, et c’est pourquoi, en raison de sa nature même et parce qu’il avait ouvert un chemin vers sa présence, le camp d’Israël était un lieu de bénédiction sans égal sur toute la terre. C’était donc un privilège inestimable que de se trouver parmi ceux qui entouraient le tabernacle.

Mais si, d’une part, c’était un lieu de bénédiction, d’autre part, c’était assurément un lieu de responsabilité. « Et l’Éternel parla à Moïse, disant : Commande aux fils d’Israël qu’ils mettent hors du camp tout lépreux, et quiconque a un flux, et quiconque est impur pour un mort. Tant homme que femme, vous les mettrez dehors ; vous les mettrez hors du camp, afin qu’ils ne rendent pas impurs leurs camps, au milieu desquels j’habite » (Nombres 5:1-3). De même : « Car je suis l’Éternel, votre Dieu : et vous vous sanctifierez, et vous serez saints, car je suis saint » (Lévitique 11:44). En un mot, comme le montrent ces Écritures, la sainteté, et la sainteté conforme à la nature de Celui qui habitait au milieu d’eux, incombait à chaque Israélite qui entourait le tabernacle. L’Éternel, tel qu’il a été révélé, était la norme pour tout le peuple (comparer 1 Jean 2:6), pour chaque individu, quel que soit son statut, qui en faisait partie. Être compté parmi le peuple de Dieu, c’était donc être à la fois béni et responsable.

Nous n’entrerons pas ici dans l’étude de la signification particulière du sanctuaire au milieu d’Israël. Il suffit de souligner que, puisque son idée première était la demeure de Dieu, chacune de ses parties, ainsi que tous ses objets et ustensiles sacrés, était imprégnée d’une manifestation de Dieu et de sa gloire, telle qu’elle serait révélée en Christ. Cela se justifie par deux raisons : d’abord, parce qu’il s’agissait d’un modèle des choses montrées à Moïse sur la montagne, et donc d’une révélation de scènes célestes ; ensuite, parce que chaque élément – planches, rideaux, ornements, tentures et ustensiles – témoignait de la gloire de Christ, puisqu’il avait pris, plus tard, la place du temple de Dieu (voir Jean 2, 19-21). On peut ajouter que plus nous comprendrons la pensée de Dieu concernant sa demeure au milieu d’Israël, plus nous saisirons pleinement le caractère de l’Église comme maison de Dieu.

2 - Le temple de Salomon

Le tabernacle, qui avait été la maison de Dieu dans le désert, ainsi que son mobilier sacré, furent transportés par les fils d’Israël en Canaan et dressés à Silo (Josué 18:1). C’est en ce lieu que les fils d’Israël se rendaient pour leurs sacrifices annuels (1 Samuel 1:3), et il était encore appelé « la tente d’assignation » (1 Samuel 2:22), mais aussi « le temple de l’Éternel » et « la maison de l’Éternel » (1 Samuel 3:3, 15). Ces derniers noms préfiguraient la maison qui serait construite plus tard à Jérusalem. Tandis que les fils d’Israël étaient des pèlerins dans le désert, sous des tentes, Dieu lui-même demeurait sous une tente (2 Samuel 7:6), s’adaptant, comme il l’a toujours fait dans sa précieuse grâce, à la condition de son peuple. Mais lorsqu’il eut établi ses élus dans la gloire du royaume, une maison fut érigée – « très grande en renom et en beauté » – qui devait refléter, en quelque sorte, sa majesté, lui qui daigna y établir sa demeure au milieu d’Israël (2 Chroniques 2:4-6).

Notre propos n’est pas ici de souligner les différences caractéristiques entre le tabernacle et le temple, mais plutôt de mettre en évidence leur similitude, tant dans leur origine que dans leur finalité. Comme pour le premier, le plan du second fut révélé par Dieu. David eut l’honneur d’en être le dépositaire ; et, ne pouvant, selon son désir profond, construire lui-même le temple, il le transmit à Salomon. « Et David donna à Salomon, son fils, le modèle du portique, et de ses maisons, et de ses trésoreries, et de ses chambres hautes, et de ses chambres intérieures, et de la maison du propitiatoire ; et le modèle de tout ce qu’il avait, par l’Esprit, touchant les parvis de la maison de l’Éternel, et toutes les chambres, tout autour, pour les trésors de la maison de Dieu, et pour les trésors des choses saintes » (1 Chroniques 28:11-12). Tout ce que Salomon fit et réalisa, en lien avec l’œuvre à laquelle il avait été appelé, était conforme aux instructions qu’il avait reçues. L’emplacement lui-même avait été divinement indiqué, de même que le plan et la manière de la construction (1 Rois 6:38 ; 2 Chroniques 3:3). Bien que confié à des mains humaines pour sa construction, l’édifice était divin ; car les pensées et les conceptions humaines ne doivent pas s’immiscer dans les choses de Dieu.

Le lien entre le tabernacle et le temple, tous deux étant la demeure de Dieu, peut être perçu de deux manières. Lorsque Salomon eut achevé la construction du temple, il réunit les anciens d’Israël, tous les chefs des tribus et les chefs de famille des Israélites. On lit que « tous les hommes d’Israël s’assemblèrent vers le roi Salomon, à la fête, au mois d’Éthanim, qui est le septième mois » (c’est-à-dire la fête des trompettes, image de la restauration d’Israël dans les derniers jours – Nombres 29:1). « Tous les anciens d’Israël vinrent, et les sacrificateurs portèrent l’arche. Et ils firent monter l’arche de l’Éternel, et la tente d’assignation, et tous les ustensiles du lieu saint qui étaient dans la tente : les sacrificateurs et les lévites les firent monter. » Puis, après avoir sacrifié d’innombrables brebis et bœufs, « les sacrificateurs firent entrer l’arche de l’alliance de l’Éternel en son lieu, dans l’oracle de la maison, dans le lieu très saint, sous les ailes des chérubins » (2 Chroniques 5:1-7). C’était l’arche qui conférait au temple son caractère particulier ; car elle était le trône de Dieu au milieu d’Israël, d’où il gouvernait son peuple sur la base de sa sainte loi, comme le souligne ce passage : « Il n’y avait rien dans l’arche, sauf les deux tables de pierre que Moïse y plaça en Horeb, quand l’Éternel fit alliance avec les fils d’Israël, lorsqu’ils sortirent du pays d’Égypte » (1 Rois 8:9 ; 2 Chroniques 5:10).

Et maintenant, en second lieu, l’Éternel approuva l’œuvre de ses serviteurs en prenant possession de la nouvelle maison, comme il l’avait fait auparavant avec le tabernacle. « Et il arriva, comme les sacrificateurs sortaient du lieu saint (car tous les sacrificateurs qui s’y trouvaient s’étaient sanctifiés sans observer les classes), et que les lévites, les chantres, eux tous, Asaph, et Héman, et Jeduthun, et leurs fils et leurs frères, vêtus de byssus, avec des cymbales et des luths et des harpes, se tenaient à l’orient de l’autel, et avec eux 120 sacrificateurs sonnant des trompettes, il arriva, lorsque les trompettes et les chantres furent comme un seul homme pour faire entendre une même voix en louant et en célébrant l’Éternel, et qu’ils élevèrent la voix avec des trompettes, et des cymbales, et des instruments de musique, en louant l’Éternel de ce qu’il est bon, parce que sa bonté demeure à toujours, [il arriva] que la maison, la maison de l’Éternel, fut remplie d’une nuée ; et les sacrificateurs ne pouvaient pas s’y tenir pour faire le service, à cause de la nuée, car la gloire de l’Éternel remplissait la maison de Dieu » (2 Chroniques 5:11-14). Salomon relate ensuite les circonstances par lesquelles il fut choisi par Dieu pour bâtir « une maison d’habitation » et « un lieu fixe pour que tu y demeures à toujours ». Puis, s’agenouillant sur une estrade d’airain qu’il avait préparée, devant toute l’assemblée d’Israël, il étendit les mains vers le ciel et pria pour la maison qu’il avait construite. Il conclut son intercession par des paroles tirées du Psaume 132:8-10 : « Lève-toi, Éternel ! pour [entrer dans] ton repos, toi et l’arche de ta force ! Que tes sacrificateurs soient revêtus de justice, et que tes saints chantent de joie. À cause de David, ton serviteur, ne repousse pas la face de ton oint. » Et l’on lit ensuite : « Et quand Salomon eut achevé de prier, le feu descendit des cieux et consuma l’holocauste et les sacrifices, et la gloire de l’Éternel remplit la maison. Et les sacrificateurs ne pouvaient entrer dans la maison de l’Éternel, car la gloire de l’Éternel remplissait la maison de l’Éternel » (2 Chroniques 6:41-42 ; 2 Chroniques 7:1-2).

C’est ainsi et dans ces circonstances que le Seigneur établit sa demeure dans le temple. Toute cette scène, les sacrificateurs vêtus de blanc et leur glorification unanime de Dieu, préfiguraient la gloire future, lorsque le véritable Salomon viendrait dans son temple et s’entourerait d’un peuple juste et de franche volonté. Mais il est important de noter que nous trouvons de nouveau Dieu demeurant dans sa maison, au milieu du peuple qu’il avait choisi. La différence entre le temple et le tabernacle, comme mentionné précédemment, se manifeste par le contraste entre le désert et la terre promise ; par le caractère de pèlerin du passage d’Israël à travers le premier, en contraste avec leur demeure permanente dans la seconde. Mais dans les deux lieux également, Dieu avait sa demeure, sa maison. Dieu demeurait au milieu de tout Israël et, comme le prouve la descente du feu en réponse à la prière de Salomon, consumant holocaustes et sacrifices, il le fit au nom de la rédemption – la rédemption accomplie par la valeur de tout ce que Christ a été dans son œuvre sacrificielle. Cela n’aurait pu être possible autrement ; mais parce que cela reposait sur la bonne odeur de Christ dans sa mort, il pouvait, malgré la condition du peuple, demeurer au milieu d’eux, et tout le peuple, de son côté, pouvait venir avec les sacrifices prescrits, de la manière prescrite et aux temps prescrits.

Dès lors, Jérusalem fut le seul lieu saint sur terre, le seul endroit vers lequel le cœur de chaque véritable Israélite se tournait avec des pensées d’adoration et de louange. « Combien sont aimables tes demeures, ô Éternel des armées ! Mon âme désire, et même elle languit après les parvis de l’Éternel ; mon cœur et ma chair crient après le Dieu vivant… Bienheureux ceux qui habitent dans ta maison ; ils te loueront sans cesse ! » (Psaume 84:1-2, 4). Et c’est là, à chaque fête, que le peuple se rassemblait. « Jérusalem, qui es bâtie comme une ville bien unie ensemble en elle-même ! C’est là que montent les tribus, les tribus de Jah, un témoignage à Israël, pour célébrer le nom de l’Éternel » (Psaume 122:3-4). C’est là que tous les premiers-nés étaient amenés et présentés à l’Éternel (Luc 2:22-24), et c’est là aussi que les familles de son peuple se réunissaient trois fois par an (voir Deutéronome 16). Jérusalem, de par la maison de l’Éternel, était donc le lieu de bénédiction par excellence, et ce n’était pas un petit privilège que de pouvoir participer à l’assemblée qui s’y réunissait périodiquement en obéissance à la Parole. « Et tu te réjouiras devant l’Éternel, ton Dieu, toi, et ton fils, et ta fille, et ton serviteur, et ta servante, et le Lévite qui est dans tes portes, et l’étranger, et l’orphelin, et la veuve, qui sont au milieu de toi, au lieu que l’Éternel, ton Dieu, aura choisi pour y faire habiter son nom » (Deutéronome 16:11).

3 - Le temple après le retour de Babylone

Le temple de Salomon subsista jusqu’à sa destruction par Nebucadnetsar (2 Chroniques 36). Ézéchiel décrit le départ de la gloire de l’Éternel de ce temple, à cause des abominations de son peuple, avant qu’il ne soit consumé par le feu par les Chaldéens (voir Ézéchiel 8-10). Pendant soixante-dix ans, Jérusalem fut désolée (2 Chroniques 36:21 ; Daniel 9:2). Puis, « la première année de Cyrus, roi de Perse, afin que fût accomplie la parole de l’Éternel [dite] par la bouche de Jérémie, l’Éternel réveilla l’esprit de Cyrus, roi de Perse ; et il fit une proclamation dans tout son royaume, et la publia aussi par écrit, disant : Ainsi dit Cyrus, roi de Perse : L’Éternel, le Dieu des cieux, m’a donné tous les royaumes de la terre, et il m’a chargé de lui bâtir une maison à Jérusalem, qui est en Juda » (Esdras 1:1-2). Le gouvernement, à cause du péché de Juda et d’Israël, avait été confié aux Gentils. Dieu agit donc, dans un premier temps, par l’intermédiaire de Cyrus. Le lecteur trouvera dans le livre d’Esdras le récit détaillé du retour d’un résidu des deux tribus, Juda et Benjamin, accompagnés de sacrificateurs et de lévites, en réponse à la proclamation du roi. Ce n’est que la deuxième année après leur retour qu’ils commencèrent à entreprendre la reconstruction de la maison de l’Éternel. « Et lorsque ceux qui bâtissaient posèrent les fondements du temple de l’Éternel, on fit assister les sacrificateurs revêtus [de leurs robes], avec des trompettes, et les lévites, fils d’Asaph, avec des cymbales, pour louer l’Éternel selon les directions de David, roi d’Israël. Et ils s’entre-répondaient en louant et en célébrant l’Éternel : Car il est bon, car sa bonté envers Israël [demeure] à toujours. Et tout le peuple poussa de grands cris, en louant l’Éternel, parce qu’on posait les fondements de la maison de l’Éternel. Et beaucoup d’entre les sacrificateurs, et d’entre les lévites, et d’entre les chefs des pères, les vieillards qui avaient vu la première maison, pleuraient à haute voix lorsque les fondements de cette maison furent posés devant leurs yeux, et beaucoup poussaient des cris de joie, en élevant leur voix ; et le peuple ne pouvait distinguer entre le bruit des cris de joie et la voix du peuple qui pleurait ; car le peuple poussait de grands cris, et le bruit s’entendait au loin » (Esdras 3:10-13).

Ils louèrent l’Éternel avec des cymbales ; tandis que les sacrificateurs sonnaient de la trompette et chantaient le même cantique lors de la pose des fondations que celui chanté à la dédicace du temple de Salomon. Mais beaucoup pleuraient, notamment les vieillards qui avaient été témoins de la splendeur de l’ancien temple. Le contraste était saisissant. Celui-ci avait été bâti au milieu des gloires du royaume, à une époque où ce royaume était prééminent, une époque de paix, de prospérité et de bénédiction, une période qui préfigurait le règne du Messie, où tous les rois se prosterneraient devant lui et où toutes les nations le serviraient. La reconstruction de ce temple avait été entreprise par un faible résidu au milieu des ruines de la ville jadis glorieuse, que l’on appelait la perfection de la beauté, la joie de toute la terre (Lamentations 2:15). Ces hommes étaient les sujets d’un monarque païen, dépendants de lui, par la volonté de Dieu, pour obtenir la permission de bâtir, et entourés de toutes parts d’adversaires. Malgré tout, ils bâtirent. Et finalement, après de nombreuses infidélités de leur part, la maison fut achevée, et ils « célébrèrent avec joie la dédicace de la maison de Dieu » (Esdras 6:15-22).

Cette maison remplaçait celle que Salomon avait bâtie. Il y avait cependant des différences importantes. Aucune nuée, aucune gloire de l’Éternel ne remplit cette maison, comme ce fut le cas pour le tabernacle et le premier temple ; et aucun feu ne descendit du ciel pour consumer leurs sacrifices, comme pour Moïse (Lévitique 9:24) et Salomon (2 Chroniques 7:1). C’est ce fait qui rend le parallèle entre ce petit groupe et l’Église si intéressant. Thomas crut lorsqu’il vit ; mais le Seigneur annonça la béatitude de ceux qui croiraient sans avoir vu (Jean 20:29). Telle était la situation de ce faible groupe, comme la nôtre. Que Dieu ait accepté leurs sacrifices et ait habité dans sa maison était pour eux une question de foi absolue – une foi fondée sur la parole de Dieu, de la même manière, par exemple, que la présence du seigneur Jésus Christ au milieu de ceux qui sont assemblés en son nom n’est perceptible que par la foi, une foi engendrée et entretenue par sa propre parole (Matthieu 18:20). Mais l’Éternel considérait si pleinement cette maison comme la sienne qu’il l’identifia même à celle qui la précédait. Par la bouche d’Aggée, l’un des prophètes qu’il avait utilisés pour exhorter le peuple et l’encourager dans sa construction, il dit : « la gloire de cette dernière maison », ou comme il convient de traduire, « la dernière gloire de cette maison sera plus grande que la première » (Aggée 2:9). Dans la pensée divine, cette maison n’était qu’une seule et même demeure, quelles que soient ses apparences, la même que le temple de Salomon.

Cette maison exista jusqu’au règne d’Hérode le Grand, qui la fit reconstruire (bien que les Écritures n’en fassent pas mention) avec une grandeur et une magnificence encore plus grandes. C’est dans ce temple que Joseph et Marie portèrent le Sauveur enfant lorsqu’ils le présentèrent au Seigneur. Il est remarquable que, malgré la construction de ce temple par un roi étranger – car, bien qu’il professât la foi juive, il était probablement d’origine iduméenne – le Seigneur lui-même le reconnut comme la maison de son Père. Entouré et pénétré par la corruption, il n’en demeurait pas moins sa propriété (Matthieu 21:12-13 ; Jean 2:13-16) ; et ce n’est que lorsque son rejet par son peuple fut manifeste qu’il l’abandonna. Alors il prononça cette sentence : « Voici, votre maison vous est laissée déserte » (Matthieu 23:38) ; et sur ce, il sortit du temple. Dans sa patience et sa longanimité, Dieu supporta son peuple et la corruption de sa maison jusqu’à ce qu’il n’y ait plus de remède, puis il l’abandonna, comme il l’avait fait auparavant avec le temple de Salomon. De Son côté, un jugement mêlé à la grâce et à la miséricorde maintes fois manifestées ; du côté de son peuple, le péché et la corruption, qui atteignirent leur paroxysme dans le rejet et la crucifixion de leur Messie, l’Éternel en vérité, qui avait daigné, durant tant de siècles, habiter au milieu d’eux.

Ceci marque la fin, jusqu’aux jours du millénium, de la période de la maison terrestre de Dieu ; mais même ainsi ce n’était qu’une préparation à l’accomplissement de son dessein de demeurer sur la terre d’une manière plus excellente.

4 - L’Église (Actes 2)

Nous avons déjà retracé l’histoire de la maison de Dieu depuis l’Exode jusqu’à la fin de l’ère mosaïque. Cependant, durant la vie de notre Seigneur sur terre, des signes avant-coureurs du changement à venir se manifestèrent. S’adressant aux Juifs, il dit : « Détruisez ce temple, et en trois jours je le relèverai ». Mais, comme nous le précise l’évangéliste, « lui parlait du temple de son corps » (Jean 2:19, 21). De plus, à Pierre, après que celui-ci eut confessé que Jésus était le Christ, le Fils du Dieu vivant, il dit : « Tu es bienheureux, Simon Barjonas, car la chair et le sang ne t’ont pas révélé [cela], mais mon Père qui est dans les cieux. Et moi aussi, je te dis que tu es Pierre ; et sur ce roc je bâtirai mon assemblée, et [les] portes du hadès ne prévaudront pas contre elle » (Matthieu 16:16-18). Si nous nous intéressons maintenant au jour de la Pentecôte, nous verrons que Dieu commença alors à habiter sur terre d’une manière nouvelle et double : « Et comme le jour de la Pentecôte s’accomplissait, ils étaient tous ensemble dans un même lieu. Et il se fit tout à coup du ciel un son, comme d’un souffle violent et impétueux, et il remplit toute la maison où ils étaient assis. Et il leur apparut des langues divisées, comme de feu ; et elles se posèrent sur chacun d’eux. Et ils furent tous remplis de l’Esprit Saint, et commencèrent à parler d’autres langues, selon que l’Esprit leur donnait de s’énoncer » (Actes 2:1-4).

Or, cela arriva conformément à la promesse expresse du Seigneur à ses disciples : « Voici, moi, j’envoie sur vous la promesse de mon Père. Mais vous, demeurez dans la ville (Jérusalem), jusqu’à ce que vous soyez revêtus de puissance d’en haut » (Luc 24:49). Et encore : « il leur commanda de ne pas partir de Jérusalem, mais d’attendre la promesse du Père, laquelle, [dit-il], vous avez entendue de moi : car Jean a baptisé avec de l’eau ; mais vous, vous serez baptisés de l’Esprit Saint, dans peu de jours » (Actes 1:4-5). Le Saint-Esprit descendit alors à la Pentecôte, conformément à la parole du Seigneur, et Dieu fit de chaque croyant son temple par l’Esprit (voir aussi 1 Corinthiens 6:19) ; et il établit sa demeure parmi les croyants, comme Paul l’écrit aux Éphésiens : « vous êtes édifiés ensemble pour être une habitation de Dieu par l’Esprit » (Éphésiens 2:22). Les croyants étaient donc désormais, comme leur Seigneur l’avait été lorsqu’il était sur la terre, le temple de Dieu, et la maison de Dieu, qui est l’Église du Dieu vivant, était maintenant formée. C’est cette dernière vérité qui doit retenir notre attention, et c’est dans ce but que nous nous proposons d’examiner plus attentivement l’enseignement de ce chapitre (Actes 2).

D’une manière générale, ce passage aborde trois points : la construction de la maison de Dieu, la manière d’y entrer et les occupations de ceux qui s’y trouvent, ou, plus précisément, de ceux qui la constituent.

4.1 - La construction de la maison

Nous lisons, au sujet du temple de Salomon, « Et la maison, quand on la bâtit, fut bâtie de pierre entièrement préparée avant d’être transportée ; et on n’entendit ni marteaux, ni hache, aucun instrument de fer, dans la maison, quand on la bâtit » (1 Rois 6:7). On observe exactement la même chose concernant la maison de Dieu, bâtie à la Pentecôte. Les disciples étaient tous réunis au même endroit ; et qui étaient-ils ? Il s’agissait des cent vingt mentionnés au chapitre précédent, tous (car Judas n’en faisait plus partie, ayant chuté par sa transgression pour aller en son propre lieu) étaient des pierres vivantes, mises par la grâce de Dieu en contact salvateur avec Christ et ainsi devenues participantes de la vie éternelle. Et la même puissance divine qui les avait sauvés par la foi au seigneur Jésus les rassembla ce jour-là et les plaça silencieusement à leurs places respectives sur la pierre de fondement, afin de former la demeure de Dieu sur la terre par l’Esprit. Ainsi fut érigée la maison de Dieu. Christ, conformément à sa parole, avait bâti son Église et l’avait préparée pour son divin habitant. Ainsi, de même que lorsque Moïse eut achevé le tabernacle, et que Salomon eut terminé le temple, la gloire du Seigneur remplit la maison de Dieu (Exode 40 ; 2 Chroniques 5), de même ici, un bruit soudain venu du ciel, semblable à un violent coup de vent, remplit toute la maison où ils étaient assis. Dieu prit manifestement possession de la maison qui avait été érigée ce jour-là. D’autres pouvaient y entrer, et y seraient même amenés, pour en faire partie (« Et le Seigneur ajoutait tous les jours à l’assemblée ceux qui devaient être sauvés » (v. 47)) ; mais la maison de Dieu fut bâtie. L’apôtre pouvait donc dire aux Éphésiens : « Vous êtes édifiés ensemble pour être une habitation de Dieu par l’Esprit » (Éphésiens 2:22) ; et aux Corinthiens : « Vous êtes le temple de Dieu » (1 Corinthiens 3:16). Dans cette perspective, la maison de Dieu est toujours considérée comme complète, et pourtant d’autres croyants y sont continuellement amenés pour occuper les places qui leur sont réservées. Cela deviendra immédiatement évident si, un instant, nous remplaçons « maison » par « église ».

Et le fait que le Seigneur lui-même considérait la maison comme désormais bâtie se manifeste par le lien entre les chapitres 2 et 3. Au début du chapitre 3 des Actes, nous lisons que Pierre et Jean montent ensemble au temple à l’heure de la prière ; mais le Seigneur avait une leçon pour eux comme pour nous à travers ce qui leur arriva en chemin. Il y avait un homme, boiteux de naissance, qu’on portait et déposait chaque jour, non pas à l’intérieur, mais à la porte du temple, pour qu’il mendie auprès de ceux qui y entraient pour prier ou adorer. Il demanda l’aumône à Pierre et Jean, qui, comme beaucoup d’autres, étaient sur le point d’entrer dans le temple. L’Esprit de Dieu se servit de cette circonstance pour amener Pierre à guérir le boiteux, en témoignage de la puissance du Christ ressuscité, et pour l’instruction des apôtres et la nôtre. Cet homme, rappelons-le, se trouvait à l’extérieur du temple, et c’est là — à l’extérieur — qu’il reçut la bénédiction. La nouvelle maison de Dieu venait d’être érigée, et à présent, le Saint-Esprit témoigne que la bénédiction se trouve en dehors de l’ancienne maison et en lien avec la nouvelle – une leçon que Pierre et Jean n’ont peut-être pas saisie sur le moment, mais qui a été écrite pour l’édification de tous ceux dont les yeux ont été ouverts par l’Esprit de Dieu. Oui, là, à Jérusalem, en ce jour de fête, sans le moindre bruit de marteau, de hache ou d’outil de fer, au milieu d’une génération incrédule, tandis que le temple d’Hérode se dressait devant eux, objet de la vénération de leurs cœurs charnels, le vrai Salomon avait bâti son Église de pierres précieuses, dont l’éclat et la beauté ne pouvaient être appréciés que par celui qui les avait posées à leur place sur la pierre angulaire.

Il est à noter également qu’il n’y avait ici que des pierres vivantes, car la maison dont il est question dans ce chapitre est l’œuvre du Seigneur lui-même (v. 47). Jusqu’ici, le corps du Christ, bien que la révélation de cette vérité fût réservée à un autre jour – jusqu’à ce que son serviteur désigné fût appelé et qualifié – et la maison de Dieu sont indissociables. Autrement dit, chaque pierre de cet édifice était aussi, même si cela n’était pas encore compris, membre du corps du Christ ; car ce jour-là, parmi les trois mille âmes qui se repentirent sous la puissante action du Saint-Esprit par la prédication de Pierre, nul ne fut admis sans être véritablement converti. Tous étaient d’authentiques croyants. Ce sont ceux qui reçurent la Parole qui furent baptisés, puis ce sont ceux de cette même nature (c’est-à-dire d’authentiques croyants) que le Seigneur ajouta ensuite chaque jour. Il faut affirmer clairement ce fait et le maintenir fermement.

4.2 - La manière d’y entrer

La maison de Dieu ayant été bâtie, le chemin par lequel les âmes devaient y être amenées est clairement indiqué. Une simple remarque permettra peut-être de lever une difficulté pour certains avant d’aborder cette partie de notre sujet. On suppose souvent, à la hâte, que Dieu amène les âmes secrètement, pour ainsi dire, dans sa maison ; c’est-à-dire que s’il convertit une âme, celle-ci est ainsi amenée dans sa demeure sur terre. Remplaçons donc un instant le terme « maison » par « communauté de croyants », car souvenons-nous que c’est la communauté des croyants, qui a une existence bien distincte et séparée en Actes 2, qui forme la maison de Dieu. Dès lors, on peut se demander si une âme née de nouveau est ainsi amenée dans la communauté des croyants. Non, celle-ci peut leur être inconnue et, dans ce cas, on ne saurait dire qu’elle fait partie de leur communauté. Que Dieu connaisse une telle personne comme croyant est une autre question ; mais la question porte, comme nous l’avons vu, sur la demeure de Dieu sur terre. Et puisque cette communauté est sur terre, il existe, comme nous le verrons, une voie d’accès particulière pour entrer dans la communauté qui compose cette habitation.

Examinons tout d’abord les différentes catégories de personnes qui nous sont présentées. Il y a les cent vingt personnes qui, ce jour-là, ont été constituées en Église – l’assemblée de Dieu. Il y a les Juifs qui les entourent – les « Juifs, hommes pieux, de toute nation sous le ciel » (v. 5), ceux à qui Pierre a ensuite prêché. Enfin, il y a ceux auxquels Pierre fait référence dans son discours – « tous ceux qui sont au loin », une expression biblique courante pour désigner les païens. Nous retrouvons donc cette triple division que l’Esprit de Dieu établit ailleurs : l’Église, les Juifs et les païens (1 Corinthiens 10:32), une représentation du monde entier.

C’est en relation avec ce cercle restreint, cette communauté centrale, l’Église de Dieu, que Pierre, debout avec les onze apôtres, a rendu témoignage à Christ. Les opérations manifestes de l’Esprit — manifestes même aux Juifs incrédules — avaient semé la perplexité chez certains et étaient devenues pour d’autres un sujet de dérision et de moquerie. Pierre, alors, conduit par le Saint-Esprit, s’adressa à la foule rassemblée. Il expliqua d’abord, à partir des Écritures, la nature des manifestations dont ils avaient été témoins (vs 16-21) ; puis, il témoigna de « Jésus le Nazaréen, homme approuvé de Dieu auprès de vous par les miracles et les prodiges et les signes que Dieu a faits par lui au milieu de vous, comme vous-mêmes vous le savez ». Il leur parla du conseil de Dieu concernant sa mort et de leur méchanceté dans sa crucifixion ; de sa résurrection, annoncée dans leurs propres Écritures et dont Pierre et ceux qui étaient avec lui avaient été témoins (vs 22-32). Il conclut alors par ces paroles remarquables : « Ayant donc été exalté par la droite de Dieu, et ayant reçu de la part du Père l’Esprit Saint promis, il a répandu ce que vous voyez et entendez. Car David n’est pas monté dans les cieux ; mais lui-même dit : “Le Seigneur a dit à mon seigneur : Assieds-toi à ma droite, jusqu’à ce que j’aie mis tes ennemis pour marchepied de tes pieds”. Que toute la maison d’Israël donc sache certainement que Dieu a fait et Seigneur et Christ ce Jésus que vous avez crucifié » (vs 33-36).

Ce témoignage était très clair. Jésus de Nazareth, rejeté et crucifié par les hommes, était ressuscité, exalté par la droite de Dieu et fait Seigneur et Christ. Quel contraste entre la pensée de Dieu et celle de l’homme ! Et quoi de plus révélateur de la culpabilité et de la condition des hommes ? La croix de Christ a véritablement tout mis à l’épreuve, révélant non seulement ce qui se trouvait dans le cœur de Dieu, mais aussi dans celui de l’homme. Ce témoignage de Pierre toucha profondément la conscience de ceux qui l’entendirent et, le cœur transpercé, ils dirent à Pierre et aux autres apôtres : « Que ferons-nous, frères ? Et Pierre leur dit : Repentez-vous, et que chacun de vous soit baptisé au nom de Jésus Christ, en rémission des péchés ; et vous recevrez le don du Saint Esprit : car à vous est la promesse et à vos enfants, et à tous ceux qui sont loin, autant que le Seigneur notre Dieu en appellera à lui » (vs 37-39). C’est cette réponse de Pierre à ces Juifs repentants qui mérite toute notre attention. Deux choses devaient être faites, et il en découlait deux bénédictions : se repentir et être baptisés au nom du seigneur Jésus. Supposons un instant que ces Juifs se soient véritablement repentis, et pourtant qu’ils aient refusé d’être baptisés au nom du seigneur Jésus. N’est-il pas clair, à la lecture même de ce passage, que dans un tel cas, quel que soit leur état de cœur devant Dieu, et même s’ils étaient véritablement nés de nouveau, ils n’auraient pu être admis parmi les croyants qui se tenaient devant eux ; autrement dit, ils n’auraient pu entrer dans la maison de Dieu sur terre ? En effet, qu’impliquait le baptême au nom de Jésus-Christ ? « Ignorez-vous », dit l’apôtre Paul, « que nous tous qui avons été baptisés pour le christ Jésus, nous avons été baptisés pour sa mort ? » (Romains 6:3).

Il ne s’agirait donc pas seulement de croire au témoignage concernant sa mort, sa résurrection et sa place actuelle à la droite de Dieu, mais aussi de s’identifier à lui dans sa mort ; de sorte qu’en acceptant la mort pour eux-mêmes, ils seraient, symboliquement, dissociés de l’homme naturel et amenés en association avec la mort de Christ, acceptant ainsi désormais la position de morts – morts avec Christ – dans ce monde. L’apôtre pouvait donc écrire aux Colossiens : « Si vous êtes morts avec Christ aux éléments du monde, pourquoi, comme si vous étiez encore en vie dans le monde… ? » (Col. 2:20). Cette mort avec Christ est le fondement du christianisme, et puisque le baptême est le mode d’entrée institué par Dieu, il n’y a par conséquent aucun autre chemin vers la maison de Dieu sur terre. Il était donc nécessaire que ces Juifs se repentent et soient baptisés au nom du seigneur Jésus. La première chose serait le fruit de l’Esprit de Dieu agissant à travers le témoignage qu’ils avaient entendu ; par la seconde, ils seraient publiquement séparés de la nation qui avait crucifié le seigneur Jésus — ils cesseraient dès cet instant d’être Juifs et rejoindraient le nombre de ceux qui étaient ses disciples sur terre ; et ceux-ci, comme nous l’avons vu, formaient la maison de Dieu.

Avec leur repentance et leur baptême, deux bénédictions étaient promises. La première était la rémission des péchés, et la seconde, la réception du Saint-Esprit. Ces deux choses sont liées, comme le montrent quelques passages. La rémission des péchés, nous le comprenons, est celle que les apôtres avaient le pouvoir d’administrer en vertu de la repentance envers Dieu et de la foi en notre seigneur Jésus-Christ. Après avoir professé cette foi et avoir été baptisés au nom de Jésus-Christ, le pardon des péchés était non seulement accordé devant Dieu, lié par Lui à la repentance et à la foi, mais aussi proclamé avec autorité par ses serviteurs (voir Jean 20:23 ; Actes 22:16). De plus, il y avait le don du Saint-Esprit. Comme nous l’avons déjà dit, ces deux choses sont liées. Dans toute l’Écriture, le don du Saint-Esprit est une conséquence du pardon des péchés. Purifiés par le précieux sang de Christ (comme le montrent symboliquement la consécration des sacrificateurs et la purification du lépreux – Exode 29 ; Lévitique 14), ceux ainsi purifiés sont scellés (oints) par le Saint-Esprit. (Voir Actes 10 ; Romains 5 ; 2 Corinthiens 1 ; Éphésiens 1, etc.)

Rappelons l’ordre divin présenté ici. La repentance envers Dieu était suivie du baptême au nom de Jésus-Christ. Par ce baptême, ceux qui étaient baptisés étaient séparés du peuple juif qui avait rejeté son Messie et intégrés au nombre de ceux qui formaient la maison de Dieu. Le pardon des péchés leur était annoncé de la part de Dieu et, désormais dans la sphère où Dieu demeure par l’Esprit, ils recevaient eux-mêmes le Saint-Esprit. Ainsi, ils ne faisaient pas seulement partie de la maison de Dieu, mais, comme nous le voyons avec les disciples au début du chapitre (v. 4), ils étaient habités par l’Esprit. Les paroles du Seigneur à ses disciples s’accomplirent ainsi : « et moi, je prierai le Père, et il vous donnera un autre consolateur, pour être avec vous éternellement, l’Esprit de vérité, que le monde ne peut pas recevoir, parce qu’il ne le voit pas et ne le connaît pas ; mais vous, vous le connaissez, parce qu’il demeure avec vous, et qu’il sera en vous » (Jean 14:16-17).

La grâce abondante de Dieu ne s’arrêtait pas là. « Car, dit Pierre, à vous est la promesse (la promesse de ces bénédictions dont nous avons parlé) (vous, Juifs), et à vos enfants (ceux-ci ne devaient pas être exclus), et à tous ceux qui sont loin (les païens – voir Éphésiens 2:11-13), autant que le Seigneur notre Dieu en appellera à lui » (Actes 2:39). L’Église — l’habitation de Dieu — ayant été bâtie, le don de la grâce est proclamé aux Juifs comme aux Gentils, et le chemin est indiqué par lequel le Juif et le Gentil, dans la grâce souveraine de Dieu, peuvent passer des deux cercles extérieurs — tous deux situés dans le royaume des ténèbres où régnait Satan — à cette nouvelle sphère qui avait été formée ce jour-là, où l’Esprit de Dieu agit et demeure.

4.3 - Les occupations de ceux qui la constituent

Nous attirons maintenant l’attention, plus brièvement, sur les occupations de ceux qui forment la maison de Dieu et qui en font partie. À cet égard, nous pouvons citer un passage de la Première Épître de Pierre. L’apôtre dit : « vous-mêmes aussi, comme des pierres vivantes, êtes édifiés une maison spirituelle, une sainte sacrificature, pour offrir des sacrifices spirituels, agréables à Dieu par Jésus Christ » (1 Pierre 2:5). Puisque Pierre traite du sacerdoce des croyants – le nouvel ordre des sacrificateurs, qui remplace sur terre la famille d’Aaron – une dignité qui s’attache désormais à tous les saints sans exception, il est amené à souligner leur occupation avec le sacrifice de louange. Il ne s’agit plus de sacrifices de taureaux ou de boucs, mais de sacrifices spirituels adaptés à la maison spirituelle dont ils faisaient partie, ainsi qu’à ceux qui adoraient Dieu en esprit et en vérité. Ils devaient en effet offrir continuellement à Dieu le sacrifice de louange, c’est-à-dire le fruit de leurs lèvres, rendant grâce à son nom. Dans cette nouvelle demeure spirituelle de Dieu, on devait entendre des louanges et une adoration perpétuelles (comparer 1 Chroniques 9:33).

Revenons aux Actes des Apôtres : nous y découvrons un autre aspect de la vie des saints. Il est dit : « Et ils persévéraient dans la doctrine et la communion des apôtres, dans la fraction du pain et les prières » (Actes 2:42). Ils s’appliquaient à connaître la pensée et la volonté de Dieu telles que ses serviteurs les leur révélaient (car à cette époque, le Nouveau Testament n’existait pas encore), et c’est ainsi qu’ils purent goûter à la communion avec les apôtres (comparer 1 Jean 1:3), communion dans laquelle ces âmes nouvellement converties se réjouissaient d’être. Ils se rassemblaient ensuite autour du Seigneur à sa table pour commémorer sa mort, fondement de toutes les bénédictions dans lesquelles ils étaient introduits ; et ensemble, ils persévéraient à se réunir pour répandre leurs cœurs dans la prière à Dieu.

En contemplant cette magnifique image de la maison de Dieu, de l’énergie du Saint-Esprit qui suscite louanges et prières constantes, ainsi que l’obéissance à la Parole, nous pouvons véritablement dire, dans le langage du psalmiste, mais avec une autre signification : « Combien sont aimables tes demeures, ô Éternel des armées ! … Bienheureux ceux qui habitent dans ta maison ; ils te loueront sans cesse ! » (Psaume 84:1, 4).

5 - L’Église telle que construite par l’homme (1 Corinthiens 3)

Ce passage des Écritures mérite la plus grande attention, car il occupe une place importante concernant la vérité de l’Église de Dieu. Comme c’est souvent le cas dans les épîtres, le Saint-Esprit se sert de la condition des saints pour révéler un aspect nouveau de l’Église. Les Corinthiens étaient charnels (sarkinoi), et de ce fait, l’apôtre ne pouvait leur transmettre la vérité qu’il aurait souhaitée. Il était contraint, en raison de leur état, de leur parler comme à des « petits enfants en Christ », de les nourrir de lait et non de nourriture solide (vs 1, 2). La preuve de leur état charnel résidait dans la formation d’écoles de pensée au sein de l’assemblée, dans l’existence de divisions, les saints se rangeant autour de leurs enseignants préférés ; certains choisissant Paul, d’autres Pierre, d’autres encore Apollos, et certains allant même jusqu’à invoquer le nom de Christ pour refuser les serviteurs qu’il avait envoyés. L’apôtre saisit l’occasion pour exposer la véritable position des serviteurs et des saints, et la leur, unis, par le Seigneur. « Qui donc est Apollos, et qui Paul ? Des serviteurs par lesquels vous avez cru, et comme le Seigneur a donné à chacun d’eux. Moi, j’ai planté, Apollos a arrosé ; mais Dieu a donné l’accroissement. De sorte que ni celui qui plante n’est rien, ni celui qui arrose, mais Dieu qui donne l’accroissement ». Il était insupportable pour Paul – une douleur déchirante, pourrait-on dire – que le nom d’un serviteur, si éminent fût-il, s’interpose entre le Seigneur et son peuple. Car qu’étaient les travailleurs ? Les ouvriers de Dieu, travaillant ensemble dans la communion, mais tous appartenant à Dieu. Et qu’étaient les saints ? « Vous êtes le labourage de Dieu, l’édifice de Dieu » (v. 9). Les serviteurs étaient les ouvriers de Dieu, les saints étaient son édifice — Dieu, dans sa grâce, était donc tout ; serviteurs et saints lui devaient tout. Toutes choses venaient de lui, et c’est donc lui seul qui devait être glorifié, que ce soit par les saints ou par les serviteurs.

Poursuivant son propos, l’apôtre expose la responsabilité des ouvriers de Dieu dans l’ouvrage qui leur est confié. Il déclare : « Selon la grâce de Dieu qui m’a été donnée, comme un sage architecte, j’ai posé le fondement, et un autre édifie dessus ; mais que chacun considère comment il édifie dessus. Car personne ne peut poser d’autre fondement que celui qui est posé, lequel est Jésus Christ » (vs 10, 11). Deux points frappent immédiatement le lecteur, contrastant avec ce qui a été abordé dans un article précédent. Premièrement, l’apôtre parle de lui-même comme posant le fondement, et aussi de lui-même et des autres comme édifiant dessus. Cela diffère fondamentalement des paroles du Seigneur à Pierre : « Sur ce roc je bâtirai mon Assemblée. » C’est cette différence qui explique les deux aspects de la maison de Dieu. L’œuvre de Christ dans la construction de son Église est nécessairement parfaite. Lui-même, par sa mort et sa résurrection, le Fils du Dieu vivant (déclaré Fils de Dieu en puissance, selon l’Esprit de sainteté, par sa résurrection d’entre les morts), constitue le fondement. Chaque pierre qu’il pose dessus, à l’instar de Pierre lui-même, doit être une pierre vivante. Mais, comme l’enseigne ce passage de la Première Épître aux Corinthiens, il confie aussi l’œuvre de construction à ses serviteurs et les tient responsables de leur travail. Paul peut ainsi dire : « J’ai posé le fondement », car il fut le premier à proclamer l’Évangile à Corinthe et, de ce fait, il contribua à la formation de l’assemblée de Dieu dans cette ville (voir Actes 18). Il avait posé le fondement en sage architecte et il avertit les autres de la manière dont ils pourraient bâtir dessus, leur rappelant ainsi leur responsabilité envers le Seigneur quant au caractère de leur ouvrage.

En examinant de plus près ce passage des Écritures, nous constatons qu’il existe, ou qu’il pourrait exister, trois catégories de bâtisseurs, et que leur ouvrage sera mis à l’épreuve dans un jour futur. L’apôtre dit : « Or si quelqu’un édifie sur ce fondement de l’or, de l’argent, des pierres précieuses, du bois, du foin, du chaume, l’ouvrage de chacun sera rendu manifeste, car le jour le fera connaître, parce qu’il est révélé en feu ; et quel est l’ouvrage de chacun, le feu l’éprouvera. Si l’ouvrage de quelqu’un qu’il aura édifié dessus demeure, il recevra une récompense ; si l’ouvrage de quelqu’un vient à être consumé, il en éprouvera une perte, mais lui-même il sera sauvé, toutefois comme à travers le feu. Ne savez-vous pas que vous êtes le temple de Dieu et que l’Esprit de Dieu habite en vous ? Si quelqu’un corrompt le temple de Dieu, Dieu le détruira, car le temple de Dieu est saint, et tels vous êtes » (vs 12-17). Il y a donc, comme on l’a souvent remarqué, le bon ouvrier, dont le travail est bon et qui reçoit une récompense ; l’ouvrier qui est lui-même sauvé, mais dont le travail est mauvais et est donc consumé, et qui, par conséquent, subit une perte ; et enfin, il y a le mauvais ouvrier et son mauvais travail, et tous deux sont détruits.

Le sens des « ouvrages » ou de la « construction » est clair d’après le contexte. Il s’agit de poser du bois, du foin ou du chaume sur les fondations, au lieu d’or, d’argent ou de pierres précieuses ; c’est-à-dire d’introduire dans l’assemblée de Dieu des âmes dépourvues de vie divine. Cela peut se faire de deux manières : par la proclamation de fausses doctrines – des doctrines qui subvertissent les vérités du christianisme, en passant sous silence, par exemple, la nécessité de la nouvelle naissance ou le besoin de purification par le précieux sang de Christ, de sorte que des hommes naturels, des hommes dépourvus de l’Esprit de Dieu, sont introduits dans l’Église à la suite de tels enseignements ; ou bien cela peut se faire en intégrant ouvertement et sans ambages à l’assemblée ceux qui ne sont pas sauvés par la foi au seigneur Jésus, incluant au sein de l’Église de Dieu ceux qui n’y ont pas droit. Un troisième cas est possible : l’ouvrier peut être trompé sur la véritable nature de ceux qu’il introduit. De l’une ou l’autre de ces manières, l’ouvrier peut manquer à sa responsabilité envers Christ quant au caractère de son travail. Il peut paraître, aux yeux des hommes, un bâtisseur prospère et accompli, alors qu’en réalité, il ne fait qu’empiler sur les fondations du bois, du foin ou du chaume, voués à une destruction future et certaine. Assurément, chacun devrait percevoir la solennité de s’engager dans le travail de construction en relation avec l’Église de Dieu et comprendre que le caractère de l’ouvrage accompli est bien plus important que son ampleur. De même que dans la parabole des talents, c’est la fidélité et non le succès qui suscite les éloges du Seigneur, de même ici c’est le caractère, et non la quantité, du travail qui sera récompensé.

Après avoir souligné les différents caractères (matériaux) d’édification, il convient d’observer que la révélation du caractère de l’ouvrage est réservée à un avenir plus ou moins proche, en fait au « jour », terme qui, nous le comprenons, signifie l’apparition du Seigneur. Quel que soit le type d’édification que ses serviteurs entreprennent entre-temps, tout demeure en suspens jusqu’à ce que le feu – symbole, comme toujours, de la sainteté de Dieu appliquée en jugement – éprouve la nature de l’ouvrage de chacun. Nous pouvons penser ou juger que certains bâtisseurs travaillent mal ; mais qui sommes-nous pour juger les serviteurs d’autrui ? C’est pour leur Maître qu’ils se tiennent debout ou qu’ils tombent. De plus, n’étant pas juges, nous ne pouvons sonder la véritable nature d’aucun ouvrage. Nous pouvons examiner les méthodes employées par la parole de Dieu, mais quant à l’ouvrage lui-même, un seul possède le discernement nécessaire, la connaissance infaillible et la sûre norme qui excluent toute possibilité d’erreur. Et c’est Lui que Jean a vu dans l’Apocalypse, « vêtu d’une robe qui allait jusqu’aux pieds, et ceint, à la poitrine, d’une ceinture d’or. Sa tête et ses cheveux étaient blancs comme de la laine blanche, comme de la neige ; et ses yeux, comme une flamme de feu ; et ses pieds, semblables à de l’airain brillant, comme embrasés dans une fournaise ; et sa voix, comme une voix de grandes eaux ; – et il avait dans sa main droite sept étoiles ; et de sa bouche sortait une épée aiguë à deux tranchants ; – et son visage, comme le soleil [quand il] luit dans sa force » (Apocalypse 1:13-16). C’est pourquoi, le jugement de l’ouvrage de chacun doit être réservé au « jour » qui sera révélé en feu, moment où l’ouvrage sera éprouvé, afin que sa nature soit manifestée, selon la parfaite norme que le Seigneur lui-même appliquera. Sachant cela, dès le chapitre suivant, Paul dit aux Corinthiens qu’il serait bien peu de chose qu’il les juge, lui ou un jugement d’homme, et il leur rappelle qu’il ne pourrait même pas porter un jugement véritable sur lui-même, que le Seigneur est le Juge, et que par conséquent rien ne pourrait être véritablement estimé avant le retour du Seigneur, « qui mettra en lumière les choses cachées des ténèbres, et qui manifestera les conseils des cœurs » (1 Corinthiens 4).

En lien avec la vérité selon laquelle tout l’ouvrage des serviteurs du Seigneur sera jugé à Son retour, il est important de se souvenir d’un autre principe : le Seigneur, dans l’intervalle, supporte l’ouvrage de ses serviteurs. Cela ne signifie pas qu’il l’approuve, mais simplement que, le temps du jugement n’étant pas encore arrivé, il permet que l’ouvrage subsiste et ne se prononce pas sur sa nature. Ainsi, si des âmes sont introduites à tort dans la maison de Dieu, il les traite selon leur profession et les tient responsables de la position qu’elles ont prise. Les épîtres confirment abondamment cette affirmation. Prenons par exemple 1 Corinthiens 10. Paul rappelle aux saints que « nos pères ont tous été sous la nuée, et que tous ils ont passé à travers la mer, et que tous ils ont été baptisés pour Moïse dans la nuée et dans la mer, et que tous ils ont mangé la même viande spirituelle, et que tous ils ont bu le même breuvage spirituel, car ils buvaient d’un rocher spirituel qui les suivait : et le rocher était le Christ. Mais Dieu n’a point pris plaisir en la plupart d’entre eux, car ils tombèrent dans le désert » (vs 1-5). Quel était donc le but de l’apôtre en citant ces faits de l’histoire d’Israël ? Appliquer l’enseignement qu’ils offraient à « l’assemblée de Dieu qui est à Corinthe, aux sanctifiés dans le christ Jésus, saints appelés, avec tous ceux qui en tout lieu invoquent le nom de notre seigneur Jésus Christ, et leur [seigneur] et le nôtre » (1 Cor. 1:2). Il dit expressément que ces événements survenus à Israël étaient des types – des types pour les croyants de tous les temps ; et c’est pourquoi il avertit les saints du danger qu’ils encourent : celui de convoiter le mal, de tenter Christ, de murmurer, etc. Les « si » des épîtres, comme on les appelle, enseignent la même leçon. On lit ainsi en Colossiens 1 : « Et vous qui étiez autrefois étrangers et ennemis quant à votre entendement, dans les mauvaises œuvres, il vous a toutefois maintenant réconciliés… si du moins vous demeurez dans la foi » (Colossiens 1:21-23). Cela ne signifie pas que la réconciliation dépende de notre persévérance dans la foi ; mais plutôt que si nous demeurons dans la foi, nous montrons (non pas à Dieu, qui connaît les secrets de tous les cœurs) que nous sommes de véritables croyants, et si nous sommes de véritables croyants, et non de simples professants, nous sommes réconciliés. Ces passages et d’autres du même genre prouvent abondamment que Dieu traite chacun selon la position qu’il choisit. S’ils se placent sur le terrain du christianisme, professant leur association avec Christ dans sa mort, il leur est parlé comme à des chrétiens, ils ont la responsabilité de vivre comme tels, et ils sont avertis des conséquences du péché, de l’éloignement du Dieu vivant, comme les fils d’Israël l’ont fait dans le désert (voir Hébreux 3-4). Dieu ne leur dit pas : « Vous n’êtes que des professants, vous vous trompez vous-mêmes et vous trompez les autres » ; mais il les rencontre là où ils sont, leur fournit dans sa Parole des épreuves par lesquelles ils peuvent facilement découvrir la vérité de leur condition, les avertit des obligations qu’ils ont contractées en étant comptés parmi son peuple ; mais la révélation et le jugement, il les remet au « jour ». Non pas qu’il ne les juge pas maintenant dans son gouvernement. Oui, car le jugement commence par la maison de Dieu (1 Pierre 4:17), mais le jugement public devant tous est réservé pour l’apparition du Seigneur.

Une autre preuve de ce principe se trouve dans l’attitude du Seigneur, durant sa vie, envers le temple de Jérusalem. Les Juifs l’avaient profané de bien des manières – en en faisant une maison de commerce (Jean 2) et une caverne de voleurs (Matthieu 21) –, mais il continuait de l’appeler la maison de son Père et de la reconnaître comme telle, jusqu’à ce que, finalement, il la jugeât, disant : « Voici, votre maison vous est laissée déserte, car je vous dis : Vous ne me verrez plus désormais, jusqu’à ce que vous disiez : Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur ! » (Matthieu 23:38-39). Et aussitôt après, nous lisons que « Jésus sortit et se retira du temple ». Jusqu’à ce moment, malgré les abus et la corruption qui s’y étaient développés, il avait supporté son peuple et considéré le temple comme la maison de son Père ; mais maintenant, après les avoir jugés, le temple et son peuple, il laissait le temple déserté par son propre départ. De même, quelles que soient les infidélités de ses serviteurs, et même s’ils corrompent le temple de Dieu, il attend, dans sa patience et sa grâce, avant de prononcer son jugement à leur égard. Et, comme pour le temple juif, il les considère toujours comme sa maison sur la terre.

Nous concluons donc, sur la base de cet enseignement scripturaire, que la maison de Dieu inclut, dans cet aspect plus large, tous ceux qui ont été amenés sur le terrain du christianisme, non seulement les pierres vivantes, comme en 1 Pierre 2, mais aussi tous ceux que les serviteurs du Seigneur, dans leur responsabilité individuelle de bâtisseurs, ont introduits, qu’ils soient croyants ou simples professants. Avec la parole de Dieu entre nos mains, nous pourrions être tentés de refuser le travail de tel ou tel serviteur, le jugeant sans valeur. Mais il faut se souvenir, ajoutons-le, que nous ne sommes pas juges, que le Seigneur, en son temps, révélera la nature du travail de chacun, et qu’en attendant, nous ne devons pas rejeter ce que le Seigneur n’a pas rejeté. Autrement dit, nous devons également reconnaître cet aspect de la maison de Dieu sur terre. Le salut n’est pas assuré, comme le montre ce passage, par la simple présence dans la maison de Dieu. Le bois, le foin et le chaume s’y trouvent au même titre que l’or, l’argent et les pierres précieuses. De plus, il ne faut jamais oublier que le feu éprouvera chaque élément. C’est donc une chose solennelle – solennelle tant au regard de la responsabilité présente que du jugement futur – que d’y être. C’est aussi un privilège précieux que d’être dans la sphère d’action et de présence du Saint-Esprit ; mais ce privilège même, négligé et méprisé, devient la raison du jugement dans un jour futur. La chrétienté – car la chrétienté exprime, en pratique, l’étendue de la maison de Dieu – sera, de ce fait même, le théâtre de jugements sans précédent. La mesure de la lumière est la mesure de la responsabilité, et l’histoire de Babylone dans l’Apocalypse révèle la nature des terribles jugements qui s’abattront sur une Église sans Christ, sur celle qui prétend encore être l’Église, mais dont le Saint-Esprit s’est retiré depuis longtemps, et que Christ a depuis longtemps vomie de sa bouche.

Le jugement dont il est question ici concerne plus particulièrement celui des bâtisseurs. Celui dont l’ouvrage demeure reçoit une récompense. Appelé et qualifié par la grâce pour son service, et soutenu dans celui-ci par la puissance et la grâce divines, il est récompensé par cette même grâce pour son labeur fidèle (voir, pour le principe, Matthieu 25:14 et suivants ; Luc 19:12 et suivants ; Éphésiens 2:10). Celui dont l’ouvrage ne résiste pas à l’épreuve du feu sacré et se consume comme du bois, du foin ou du chaume, est certes sauvé, mais comme à travers le feu ; il subit néanmoins une perte. Il a été égaré, bien que croyant sincère, par des pensées et des raisonnements humains. Travaillant selon les méthodes humaines, il a perdu de vue la véritable nature de la maison de Dieu, et ainsi tout son service est vain. Non seulement il est considéré comme sans valeur, mais il attire sur lui le feu consumant du jugement. Le serviteur subit donc une perte. Non seulement il ne reçoit aucune récompense, mais il doit en outre constater que toute l’énergie qu’il a consacrée à servir le Seigneur a été mal orientée et en totale contradiction avec la volonté de ce dernier. Le troisième cas est encore plus triste : celui d’un mauvais serviteur qui corrompt le temple de Dieu. Il s’était érigé en bâtisseur et avait œuvré, peut-être avec ardeur, selon ses propres convictions ; mais par sa prédication, il a perverti le christianisme, reniant ses doctrines fondamentales et l’adaptant aux goûts de l’homme naturel. Lui-même non converti, il aura pu être un sage enseignant, un homme de progrès et d’intellect, qui se sera affranchi des traditions et des superstitions des siècles passés (comme on dit) et aura su harmoniser les enseignements de la Bible avec les spéculations de la science et de la philosophie. Un homme, par conséquent, d’un esprit ouvert et catholique, qui considérait tous les hommes, dans un pays comme celui-ci, comme chrétiens, niant la distinction entre les sauvés et les non-sauvés, et les accueillant tous sans distinction au sein de l’Église. Mais le temps du jugement est enfin arrivé, où son ouvrage est examiné, non à la lumière de la raison et des idées humaines, mais à celle du feu de la sainteté de Dieu ; et quel en est le résultat ? Non seulement le bois, le foin et le chaume qu’un tel ouvrier avait placés sur les fondations de la maison de Dieu sont consumés, mais lui-même est détruit (phtheiro) car il avait corrompu (phtheiro) le temple de Dieu. Quel avertissement pour les enseignants de la chrétienté, et en vérité pour tous ceux qui servent dans l’Église de Dieu ! Puisse chacun méditer sur ce message et s’efforcer, dans l’attente du jour où l’ouvrage de chacun sera révélé, de porter un jugement juste sur son service à la lumière de la présence de Dieu et de sa Parole.

Deux observations restent à formuler : la première à titre de mise en garde, la seconde à titre de guide. L’erreur fondamentale du papisme, comme de tout ce qui prétend être exclusivement l’Église ou le sacerdoce, si elle n’est pas inhérente au principe de toutes les Églises d’État, réside dans l’attribution à la maison de Dieu confiée à la responsabilité de l’homme, de ce qui appartient exclusivement à l’Église que Christ lui-même bâtit. L’Église que Christ bâtit est indestructible ; les portes du hadès ne prévaudront point contre elle. Il n’en va pas de même pour le papisme (ni pour l’Église telle qu’elle est fondée par l’homme, où que ce soit) ; mais « c’est pourquoi en un seul jour viendront ses plaies, mort, et deuil, et famine, et elle sera brûlée au feu ; car le Seigneur Dieu qui l’a jugée est puissant » (Apocalypse 18:8). Il est donc toujours nécessaire, lorsqu’on parle de l’Église de Dieu et de ce qu’en dit sa Parole (si l’on veut se prémunir contre l’erreur ou la méprise quant à ses privilèges et ses prérogatives), de bien distinguer les deux aspects présentés dans les Écritures. Deuxièmement, nous trouvons dans la deuxième épître à Timothée toutes les directives nécessaires concernant notre chemin et notre conduite au milieu de toutes les corruptions que l’homme a introduites dans la maison de Dieu. « Toutefois », dit Paul, « le solide fondement de Dieu demeure, ayant ce sceau : Le Seigneur connaît ceux qui sont siens, et : Qu’il se retire de l’iniquité, quiconque prononce le nom du Seigneur. Or, dans une grande maison, il n’y a pas seulement des vases d’or et d’argent, mais aussi de bois et de terre ; et les uns à honneur, les autres à déshonneur. Si donc quelqu’un se purifie de ceux-ci, il sera un vase à honneur, sanctifié, utile au maître, préparé pour toute bonne œuvre. Mais fuis les convoitises de la jeunesse, et poursuis la justice, la foi, l’amour, la paix, avec ceux qui invoquent le Seigneur d’un cœur pur » (2 Timothée 2:19-22). L’homme peut déposer de mauvais matériaux sur le fondement, mais il ne peut ébranler le fondement lui-même. Il peut confondre les sauvés et les non-sauvés, mais le Seigneur ne s’y trompe pas : il connaît ceux qui lui appartiennent. Et la responsabilité qui incombe à quiconque invoque le nom du Seigneur, dans l’attente du jour où tout sera révélé, est de se détourner de l’iniquité. L’apôtre nous rappelle ensuite que, par l’action des enseignants de doctrines mauvaises (voir les versets 16 à 18), l’Église, dans son aspect extérieur vis-à-vis du monde, est devenue semblable à une grande maison contenant des vases bons et mauvais. Les serviteurs du Seigneur doivent se purifier de ces vases à déshonneur s’ils veulent être dignes de l’approbation et du service du Maître. De plus, ils doivent fuir les convoitises de la jeunesse. Autrement dit, ils doivent se tenir à l’écart du mal, tant ecclésiastique que moral, et pratiquer toutes les grâces et vertus chrétiennes, ensemble avec ceux qui invoquent le Seigneur d’un cœur pur. Tel est le chemin du saint au milieu de la corruption abondante et croissante de ce jour mauvais. Que le Seigneur accorde à son peuple bien-aimé toujours plus de sagesse pour le discerner, et de force pour y marcher, à la louange de son saint nom.

6 - L’aspect final de l’Église (Éphésiens 2:19-22 ; Apocalypse 21:2-3)

L’aspect final de l’Église, maison de Dieu sur terre, est présenté dans ce passage : c’est celui du temple. 1 Corinthiens 6 nous apprend que le corps du croyant est le temple du Saint-Esprit, et 2 Corinthiens 6 que les croyants, collectivement, sont le temple du Dieu vivant. Mais le temple d’Éphésiens 2 diffère de ceux-ci en ce qu’il n’est pas encore achevé. L’apôtre dit que les saints sont « édifiés sur le fondement des apôtres et prophètes, Jésus Christ lui-même étant la maîtresse pierre du coin, en qui tout l’édifice, bien ajusté ensemble, croît pour être un temple saint dans le Seigneur ; en qui, vous aussi, vous êtes édifiés ensemble, pour être une habitation de Dieu par l’Esprit » (v. 20-22). Ainsi, ils étaient édifiés ensemble comme habitation de Dieu, mais le temple était en construction, il croissait.

Cela montre très clairement que le temple, sous cet angle, inclut tous les saints de Dieu de cette dispensation, depuis la Pentecôte jusqu’au retour du Seigneur ; tandis que la maison ou la demeure de Dieu, comme expliqué précédemment, est considérée comme complète à tout moment. Il en va de même pour l’assemblée, corps de Christ. En Éphésiens 1:22-23, nous lisons que Dieu a tout assujetti sous les pieds de Christ ressuscité et l’a donné chef sur toutes choses à l’assemblée, qui est son corps, la plénitude de celui qui remplit tout en tous. Dans d’autres passages des Écritures, où le corps de Christ est mentionné, il est composé de tous les croyants existants à un moment donné ; mais ici, il est compris comme englobant tous les saints de la dispensation – l’Église dans sa totalité et sa plénitude. Le temple qui « croît » nous rappelle donc que Christ continue de bâtir son Église, et qu’il continue à le faire jusqu’à ce que le temps de sa patience s’achève lorsqu’il se lèvera de son trône, moment où, ayant achevé son œuvre de bâtisseur, il ira chercher son épouse et se la présentera comme une assemblée glorieuse, sans tache, ni ride, ni rien de semblable ; mais sainte et irréprochable.

Si nous nous tournons à nouveau vers Apocalypse 21, nous y retrouverons les deux mêmes aspects : l’Église comme épouse de Christ et comme tabernacle (et non pas temple) de Dieu. « Et je vis la sainte cité, nouvelle Jérusalem, descendant du ciel d’auprès de Dieu, préparée comme une épouse ornée pour son mari. Et j’entendis une grande voix venant du ciel, disant : Voici, l’habitation (ou tabernacle) de Dieu est avec les hommes, et il habitera avec eux ; et ils seront son peuple, et Dieu lui-même sera avec eux, leur Dieu » (v. 2-3). Le premier ciel et la première terre ont disparu, et un nouveau ciel et une nouvelle terre ont été créés par la parole de Dieu ; un lieu où la justice pouvait habiter éternellement. La nouvelle création, en un mot, est accomplie, intérieurement et extérieurement. L’Église, l’Épouse, la femme de l’Agneau, qui a été unie à Lui dans les cieux, dans la parfaite intimité de Son amour, descend maintenant sur la nouvelle terre. C’est pourquoi il est proclamé : « Voici, l’habitation (le tabernacle) de Dieu est avec les hommes ». Sur terre, elle était Son habitation par l’Esprit ; maintenant, achevée comme le temple, elle est devenue Son habitation (tabernacle) pour l’éternité, un privilège particulier dont les saints des autres dispensations – « les hommes » de ces versets, pleinement et parfaitement bénis, comme ils le seront – ne sont pas autorisés à bénéficier. Ils entourent le tabernacle, et Dieu demeurera ainsi avec eux, les faisant entrer dans la joie d’une relation avec Lui comme son peuple. Il sera manifestement avec eux et sera leur Dieu.

On peut s’interroger sur la signification des différentes appellations que nous avons évoquées : maison, temple et tabernacle. Le terme « maison », comme le comprendra le lecteur le plus simple, évoque toujours l’idée d’un lieu d’habitation. L’Église, en tant que maison de Dieu, est donc sa demeure – sa demeure sur terre, un point qu’il est essentiel de rappeler. L’idée associée au mot « temple » dans les trois passages où il apparaît (1 Corinthiens 3, 6 ; 2 Corinthiens 6) est celle de sainteté ; comme par exemple : « car le temple de Dieu est saint, et tels vous êtes » (1 Corinthiens 3:17). Mais ce qui constitue la sainteté du temple, c’est la présence divine, à laquelle s’ajoute le respect dû à Celui qui y réside. Dieu, qui habite le temple, est saint, et ceux qui le constituent doivent l’être aussi, comme on le lit dans les Psaumes : « La sainteté sied à ta maison, ô Éternel ! pour de longs jours » (Psaume 93:5). Et encore : « Adorez l’Éternel en sainte magnificence » (Psaume 29:2). Il y a donc sans doute une raison bien particulière à l’emploi du mot tabernacle (habitation) en Apocalypse 21. Le langage utilisé nous en donne la clé. Si l’on se réfère au Lévitique, on lit : « Et je mettrai mon tabernacle au milieu de vous, et mon âme ne vous aura pas en horreur ; et je marcherai au milieu de vous ; et je serai votre Dieu, et vous serez mon peuple » (Lévitique 26:11-12). Tel était le désir du cœur de Dieu, un désir alors contrarié par le péché et l’iniquité de son peuple. C’est pourquoi il « abandonna la demeure de Silo » (voir Josué 18:1), « la tente où il avait habité parmi les hommes ; Et il livra à la captivité sa force, et sa magnificence en la main de l’ennemi » (Psaume 78:60-61). Et après que le temple de Salomon eut été construit, le Seigneur parla par Jérémie à son sujet : « je rendrai cette maison comme Silo, et je livrerai cette ville pour être une malédiction à toutes les nations de la terre » (Jérémie 26:6). L’Éternel fut fidèle à sa parole, car les chefs des sacrificateurs et son peuple « se moquaient des messagers de Dieu, et méprisaient ses paroles, et se raillaient de ses prophètes, jusqu’à ce que la fureur de l’Éternel monta contre son peuple et qu’il n’y eut plus de remède. Et il fit monter contre eux le roi des Chaldéens, et tua leurs jeunes hommes par l’épée dans la maison de leur sanctuaire… Et tous les ustensiles de la maison de Dieu, grands et petits, et les trésors de la maison de l’Éternel, et les trésors du roi et de ses chefs, il emporta tout à Babylone. Et ils brûlèrent la maison de Dieu » (2 Chr. 36:16-19). Soixante-dix ans plus tard, le résidu du peuple revenu de Babylone rebâtit le temple du Seigneur ; mais lorsqu’il vint soudainement à son temple (Malachie 3:1), son peuple le refusa et le crucifia, et finalement ce temple, ainsi que Jérusalem, furent détruits par les Romains.

Dieu ne pouvait donc pas demeurer au milieu de son peuple, comme il le désirait. C’est pourquoi le prophète Ézéchiel, parlant d’un temps futur où Israël serait rétabli sur sa terre et où le véritable David régnerait sur eux, délivre ce message : « et ma demeure sera sur eux ; et je serai leur Dieu, et ils seront mon peuple » (Ézéchiel 37:27) ; or, cette promesse ne fut que partiellement accomplie. Il est donc évident que le terme « tabernacle » ou habitation en Apocalypse 21 se réfère à ces Écritures ; qu’en réalité, la première manifestation extérieure du dessein de Dieu d’établir sa demeure éternelle au milieu de son peuple se trouve dans le campement d’Israël ; que sa demeure dans le désert, entourée des douze tribus, était à la fois une figure et une prophétie ; et qu’une fois encore, la demeure plus parfaite du millénium devint aussi une image de sa demeure parfaite pour l’éternité.

La scène décrite en Apocalypse 21 représente donc l’accomplissement des desseins éternels de la grâce divine et, par conséquent, le plein résultat du précieux sang de Christ. Jean-Baptiste avait annoncé notre Seigneur comme l’Agneau de Dieu qui ôte le péché du monde ; et nous constatons ici que l’œuvre est accomplie. C’est pourquoi nous lisons : « Et [Dieu] essuiera toute larme de leurs yeux ; et la mort ne sera plus ; et il n’y aura plus ni deuil, ni cri, ni peine, car les premières choses sont passées » (v. 4). Le péché ayant été ôté, la mort, son fruit amer et toutes ses souffrances ont également disparu ; ainsi, Dieu a essuyé pour toujours les larmes de son peuple. De plus, il peut désormais demeurer parfaitement au milieu des rachetés. Il est maintenant tout en tous ; il est lui-même, dans tout ce qu’il est, Père, Fils et Saint-Esprit, et remplit la scène, source éternelle du bonheur éternel de ses saints glorifiés.

Telle est la révélation finale de l’Église comme demeure de Dieu. Mais durant les mille ans qui suivront, après l’enlèvement de l’Église dans les nuées à la rencontre du Seigneur en l’air, Dieu habitera de nouveau sur la terre. Le temple sera d’abord reconstruit dans l’incrédulité et n’appartiendra pas à l’Éternel (voir Ésaïe 66:1-6) ; mais il sera remplacé par un autre, bâti selon les instructions divines et selon ses propres mesures (voir Ézéchiel 40-42). C’est à cela que Dieu revient, comme le prophète l’a vu en vision : « Et voici, la gloire du Dieu d’Israël venait du côté de l’orient ; et sa voix était comme une voix de grandes eaux, et la terre était illuminée par sa gloire. Et l’aspect de la vision que je voyais était comme la vision que j’avais vue quand je vins pour détruire la ville ; et les visions étaient comme la vision que je vis près du fleuve Kebar ; et je tombai sur ma face. La gloire de l’Éternel entra dans le temple, par la porte qui donne sur l’orient. L’Esprit me prit et me transporta dans le parvis intérieur ; et voici, la gloire de l’Éternel remplissait le temple » (Ézéchiel 43:2-5 ; comparer Exode 40:35 ; 2 Chroniques 5:14 ; Actes 2:2). « Et j’entendis [quelqu’un] qui me parlait depuis la maison, et un homme se tenait à côté de moi. Et il me dit : Fils d’homme, [c’est ici] le lieu de mon trône et le lieu de la plante de mes pieds, où je demeurerai au milieu des fils d’Israël à toujours. Et la maison d’Israël ne rendra plus impur mon saint nom, ni eux, ni leurs rois, par leurs prostitutions et par les cadavres de leurs rois [sur] leurs hauts lieux », etc. (Ézéchiel 43:6-7 ; voir aussi Ézéchiel 44, 45).

Nous voyons ainsi que Dieu a eu, et aura, sa demeure sur terre à chaque époque ou dispensation, en vertu de la rédemption. Après avoir fait sortir son peuple d’Égypte, il dit à Moïse : « Et ils feront pour moi un sanctuaire, et j’habiterai au milieu d’eux » (Exode 25:8). Dès lors, comme nous l’avons vu dans les Écritures, il continua d’habiter sur la terre. Le temple remplaça le tabernacle, l’Église prit la place du temple, le temple sera de nouveau reconstruit au cours du millénium ; et enfin, lorsque les choses anciennes auront disparu et que tous les desseins de Dieu en matière de grâce et de rédemption seront accomplis, l’Église apparaîtra sur la nouvelle terre comme le tabernacle de Dieu. Cette même idée, sous un certain aspect, est exprimée par la maison dans chaque dispensation : la joie de Dieu de s’entourer de son peuple racheté, et son plaisir d’être la source de leur joie et l’objet de leur adoration et de leurs louanges. Ses habitations sur terre ne sont toutefois que les prémices de sa maison parfaite dans l’état éternel — de ce temple qui, même maintenant, croît silencieusement, pierre après pierre, à mesure qu’elles sont posées à l’endroit désigné sur le Fondement vivant, et qui, une fois achevé, deviendra, après la fin de toutes les dispensations terrestres, son tabernacle pour l’éternité.