Cette heure solennelle
Source : STEM Publishing.
« Maintenant, mon âme est troublée ; et que dirai-je ? Père, délivre-moi de cette heure ; mais c’est pour cela que je suis venu à cette heure. Père, glorifie ton nom » (Jean 12:27).
« C’est ici votre heure, et le pouvoir des ténèbres » (Luc 22:53).
1 - L’heure solennelle annoncée par Jésus
Médite ces paroles, mon âme, en présence de Celui qui les a prononcées. Retiens bien qu’il y eut, au cours des années de la vie terrestre du Sauveur, une heure pleine d’horreur pour Lui, une heure qu’Il a fuie avec une aversion totale et à laquelle Il aurait échappé s’il y avait eu un autre moyen, au ciel ou sur la terre. C’était l’heure de la haine déchaînée des hommes et de la puissance des ténèbres.
2 - La protection divine est retirée à Jésus
Il avait parcouru un chemin semé d’embûches, mais dans toutes ses voies, Dieu avait demandé à ses anges de veiller sur Lui, et entre leurs mains, il était gardé, afin qu’à aucun moment « Il ne heurte son pied contre une pierre » (Luc 4:11). Si virulente que fût la haine de ses adversaires, ils ne purent lui faire de mal. « Ils le chassèrent hors de la ville, et le menèrent jusqu’au bord escarpé de la montagne sur laquelle leur ville était bâtie de manière à l’en précipiter. Mais lui, passant au milieu d’eux, s’en alla » (Luc 4:29-30). Les pierres mêmes qu’ils ramassèrent pour les jeter contre lui restèrent collées à leurs mains meurtrières tandis qu’Il « passait ».
Aucun mal, qu’il vienne des hommes ou des démons, n’avait pu passer au travers du cordon angélique invisible, mais, en cette « heure » solennelle, cette protection fut levée. Un ange du ciel lui apporta un secours céleste dans le jardin de Gethsémané puis se retira. Il se tourna alors vers ses ennemis et leur dit : « C’est ici votre heure et le pouvoir des ténèbres » (Luc 22:43-53).
3 - Le déchaînement des forces du mal
C’est alors que toutes les forces du mal l’entourèrent de toutes parts. Les flots déferlèrent sur Lui, et aucune voix ne s’éleva pour leur crier : « Jusqu’ici vous irez, mais vous n’irez pas plus loin ». La terrible cohorte qui avait cherché les moyens de l’écraser pendant les jours de son humble service parmi les hommes s’allia contre Lui. Les rênes qui les retenaient furent lâchées ; rien ne les freinait, et leur fureur extrême s’abattit sur Lui. Il fut raillé, méprisé et injurié. De puissants taureaux de Basan l’encerclèrent, le dévorant des yeux comme un lion vorace et rugissant ; des chiens l’environnèrent ; une assemblée de méchants l’entoura. L’épée, la puissance du chien, la gueule du lion, les cornes des buffles (Ps. 22) — toutes ces choses, en cette heure redoutable, se liguèrent contre son âme pour le détruire ; car le détruire, c’était détruire tout ce qui était bon, et le renverser, c’était renverser le trône même de Dieu. De lui-même — cet Homme solitaire, le Nazaréen — qui, dans ces ténèbres, n’avait aucun secours, dépendaient tous les espoirs des saints, la confiance de la multitude des grandes principautés angéliques qui n’étaient pas tombées, la stabilité de l’univers et la suprématie de Dieu.
4 - Le combat entre la lumière et les ténèbres
Nous nous attardons sur la haine des hommes ; nous n’avons rien vu ni rien connu d’aussi terrible que leur haine à son égard. Jamais auparavant, ni depuis, des hommes orgueilleux n’avaient été confrontés à une telle douceur ; jamais auparavant, ni depuis, le péché n’avait été laissé sans frein en présence d’une telle bonté, sans aucune protection. Mais qu’en est-il de l’extrême méchanceté du diable, et de ces puissances spirituelles effroyables et entièrement mauvaises qui se sont révoltées contre Dieu, et dont la liste est évoquée dans le Psaume 22 ? Combien peu nous en savons ! Rendons grâce à Dieu d’en savoir si peu ; nous en aurions su bien davantage si notre Seigneur Jésus ne les avait pas affrontées pour nous ; mais Lui, par sa prescience divine et universelle, connaissait toute leur puissance avant d’entrer dans cette heure. Faut-il s’étonner qu’Il ait prié : « Père, délivre-moi de cette heure » ? Mais combien Il est digne d’une adoration éternelle en raison de cette consécration totale de son âme qui l’a amené à dire : « Père, glorifie ton nom ». Tel était le but suprême de sa vie sur la terre, et c’est pour l’atteindre qu’Il est entré dans cette heure et l’a traversée.
5 - « L’heure » solennelle de la Croix
Ce fut l’heure suprême où les ténèbres luttaient contre la lumière pour en prendre le dessus. Combien Il fut implacablement pressé dans le palais du Souverain Sacrificateur, devant le Sanhédrin, dans le palais de Pilate, devant le trône d’Hérode ; au lieu dit Gabbatha, sur le chemin de Golgotha, et enfin sur la croix des malfaiteurs. Il nous est donné d’entendre son cri : « Je suis répandu comme de l’eau, et tous mes os se déjoignent ; mon cœur est comme de la cire, il est fondu au dedans de mes entrailles. Ma vigueur est desséchée comme un têt, et ma langue est attachée à mon palais ; et tu m’as mis dans la poussière de la mort » (Psaume 22:14-15) ; « Délivre mon âme… Sauve-moi » (v. 20-21).
6 - « Crucifié en infirmité »
Il n’y a pas eu une seule arme dans le vaste arsenal du mal, que Satan et ses armées avaient préparé à travers les âges pour ce terrible conflit, qui n’ait été brandie contre Lui, l’Envoyé de Dieu, pour le détourner du chemin de la volonté de Dieu et le faire crier « Je cède » à l’autorité des ténèbres. Cependant Il n’a pas cédé. Il était entièrement lumière ; les ténèbres n’ont trouvé aucune prise en Lui. Le chef de ce monde vint, mais il ne trouva rien en Lui (Jean 14:30). Seigneur béni, saint et adorable !
7 - « Ayant dépouillé les principautés et les autorités »
Ayant épuisé tous les stratagèmes de leur malice presque sans limites, s’étant épuisés eux-mêmes dans leur fureur contre lui, ils s’assirent pour l’observer (Matthieu 27:36) — hommes et démons, stupéfaits, déconcertés, vaincus, se pressant autour de Lui. Les principautés et les autorités étaient soumises à Satan, le grand chef de tout mal, si bien qu’il était devenu « le chef de ce monde » (Jean 16:11) et « le chef de l’autorité de l’air » (Éph. 2:2). Ses conquêtes étaient vastes et ses triomphes grands ; il lui suffisait de dissuader le Fils de Dieu d’accomplir la volonté de Dieu pour que ses victoires soient couronnées d’un succès éternel. Mais en cet Homme pauvre et solitaire, méprisé par le peuple, abandonné par ses proches et ses amis, et abandonné par son Dieu, il rencontra son vainqueur.
8 - La parfaite fidélité de Jésus dans la souffrance
Contemple-Le, mon âme ; Il n’a donné aucune réponse, il n’a adressé aucun reproche aux hommes qui se sont moqués de Lui ; s’il les avait maudits, Satan aurait triomphé, mais leur cruauté n’a arraché à son âme souffrante que des prières pour leur salut. On se moquait de Lui parce que Dieu ne lui venait pas en aide dans sa détresse extrême ; et le faire renoncer à sa confiance était le dessein maléfique de l’ennemi, mais ni plainte ni reproche ne se faisaient entendre dans ses cris tandis qu’il déversait sa douleur devant son Dieu, dont l’oreille semblait sourde à la voix de sa supplication. Néanmoins, il continuait à crier : « Mon Dieu, mon Dieu… Mon Dieu… tu es saint… toi qui… il se confie à l’Éternel… Tu es mon Dieu… ma Force » (Ps. 22).
9 - Le triomphe de Jésus
C’est ainsi qu’Il triompha et qu’Il piétina les ennemis de Dieu en se laissant Lui-même piétiner. Et parce qu’aucune puissance du mal ne pouvait Le vaincre, Il fut en mesure de prendre en charge la question du péché pour les hommes pécheurs et de la régler pour la gloire éternelle de Dieu, en supportant Son juste jugement contre le péché. Il avait souffert pour la justice et par fidélité à la volonté de Dieu, mais lorsque le récit complet de Ses souffrances à cet égard eut été accompli, Il entra dans des profondeurs infinies et dans cette heure plus sombre, Il fut fait « péché pour nous, afin que nous devinssions justice de Dieu en lui » (2 Cor. 5:21). « Il plut à l’Éternel de le meurtrir ». « Il a livré son âme en sacrifice pour le péché » (Ésaïe 53:10). Il est mort, et « par la mort, il rendît impuissant celui qui avait le pouvoir de la mort, c’est-à-dire le diable » (Hébreux 2:14).
10 - La victoire finale de Christ
Il est « vivant aux siècles des siècles » et tient « les clefs de la mort et du hadès » (Apoc. 1:18). Il est « couronné de gloire et d’honneur » (Hébreux 2:9). Il sera exalté, loué car « Dieu l’a haut élevé » (Phil. 2:9), « Il verra du fruit du travail de son âme, et sera satisfait » (Ésaïe 53:11) lorsque la grandeur du triomphe de Dieu par son intermédiaire sera manifestée publiquement à l’univers tout entier. Combien Il est glorieux ! Les forces du mal ont été affrontées et vaincues ; le jugement de Dieu contre le péché a été porté et sa justice glorifiée. « Il a rendu impuissant celui qui avait le pouvoir de la mort », et maintenant il vit à jamais.
Il n’est pas étonnant que ses saints se réjouissent et chantent :
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