Ressources pour les temps fâcheux
Source : STEM Publishing.
ME 1863, page 49
Lecture proposée : 2 Timothée
Il est de la plus haute importance que le serviteur de Christ ait, dans tous les siècles, une compréhension claire, profonde, permanente et déterminante de sa position, de son chemin, de sa part et de son espérance – qu’il saisisse, par l’Esprit : le terrain qu’il est appelé à occuper ; la sphère d’action qui s’ouvre devant lui ; la ressource divine pour son encouragement, sa force et sa direction ; et les brillantes espérances qui lui sont offertes. Il existe un grand danger d’être tenté par un domaine de pure théorie et de spéculation, d’opinions et de sentiments, de dogmes et de principes. Souvent, la fraîcheur du premier amour se perd au contact des hommes et des choses appartenant à ce qu’on peut appeler “le monde religieux”. La fraîcheur du premier amour du christianisme personnel des débuts est souvent détruite par un mauvais usage du système religieux, si l’on peut employer un tel terme.
Dans le domaine de la nature, il arrive souvent qu’une graine égarée, tombée en terre, prenne racine, pousse, et devienne une jeune plante. La main de l’homme n’y est pour rien. Dieu l’a plantée, l’a arrosée et l’a fait pousser. Il lui a assigné sa place, lui a donné sa force et l’a recouverte d’une belle verdure. Quand l’homme la sort de sa solitude et la transplante dans son jardin artificiel, là, elle se flétrit. Il en est, malheureusement, trop souvent ainsi des plantes du royaume spirituel de Dieu ! Elles sont souvent endommagées par la main grossière de l’homme. Elles se porteraient bien mieux si on les laissait aux seuls soins de la Main qui les a plantées. Souvent, de jeunes chrétiens souffrent énormément du fait qu’ils ne sont pas confiés à l’instruction exclusive du Saint-Esprit et à l’enseignement exclusif des Saintes Écritures. L’intervention humaine risque fort d’empêcher la croissance des plantes spirituelles de Dieu. Cela ne signifie pas que Dieu ne puisse utiliser les hommes comme instruments pour arroser, cultiver et prendre soin de ses précieuses plantes. Il le peut certainement et il le fait ; mais il s’agit alors de la culture et des soins de Dieu, et non de ceux de l’homme. C’est là toute la différence. Le chrétien est la plante de Dieu. La semence qui l’a produite était divine. Elle a été guidée et plantée par la main même de Dieu, et il faut laisser cette même main la faire se développer. Or, ce qui est vrai pour le croyant individuel l’est tout autant pour l’Église dans son ensemble.
Dans la première épître à Timothée, l’Église est vue dans son ordre et sa gloire d’origine. Elle est vue comme « la maison de Dieu », « l’assemblée du Dieu vivant », « la colonne et le soutien de la vérité » (1 Tim. 3:15). Les rôles et les responsabilités de ceux qui y exercent des fonctions sont formellement et minutieusement décrits. Le serviteur de Christ reçoit des instructions sur la manière dont il doit se conduire au sein d’une sphère aussi sainte et digne. Tels sont le caractère, la portée et l’objet de la première épître de Paul à Timothée.
Mais, dans la deuxième épître, nous avons quelque chose de très différent. La scène change complètement. La Maison qui, dans la première épître, est vue dans sa condition normale, est ici en ruine. L’Église, en tant qu’institution établie sur terre, a complètement failli, comme tout autre institution. L’homme faillit en tout. Il a failli au milieu de la beauté et de l’ordre du Paradis. Il a failli dans ce pays « ruisselant de lait et de miel, qui est un ornement entre tous les pays » (Ézéchiel 20:6). Il a failli au milieu des privilèges particuliers de la dispensation de l’évangile ; et il faillira sous les rayons lumineux de la gloire du Millénium (cf. Gen. 3 ; Juges 2 ; Actes 20:29 ; 3 Jean 9 ; Apoc. 1, 2 et 20:7-9). Se souvenir de cela nous aidera à comprendre 2 Timothée.
Cette épître a été appelée “la ressource divine pour les temps fâcheux”. L’apôtre semble pleurer sur les ruines de cette structure autrefois si belle. Tel Jérémie, il pleure en voyant « les pierres du lieu saint répandues au coin de toutes les rues » (Lam. 4:1). Il se souvient des larmes de Timothée, son enfant bien-aimé. Il se réjouit d’avoir au moins un cœur aimant pour y déverser ses peines. Tous ceux qui étaient en Asie l’avaient abandonné. Il avait été laissé seul pour sa comparution devant le tribunal de César. Démas l’avait abandonné. Alexandre, l’ouvrier en cuivre, lui avait causé bien des maux. Autour de lui, humainement parlant, tout était triste et sombre. Il demande à son bien-aimé Timothée de lui apporter son manteau, ses livres et ses parchemins. Toutes ces choses anticipent les “temps fâcheux” où il y aura la forme de la piété sans la puissance – le manteau de la profession chrétienne, recouvrant les abominations les plus grossières du cœur humain ; où les hommes, incapables de supporter le sain enseignement, s’amasseront des docteurs selon leurs propres convoitises, ayant les oreilles qui leur démangent, et éprouvant le besoin d’entendre les fables absurdes et sans fondement que produit l’esprit humain.
Telles sont les caractéristiques de la deuxième épître à Timothée. Qui pourrait ne pas les remarquer ? Qui pourrait ne pas voir que nous sommes environnés des maux et des dangers considérés ici ? N’est-il pas bon d’avoir une perception claire de ces choses ? Pourquoi fermerions-nous les yeux sur la vérité ? Pourquoi nous tromperions-nous avec de vains rêves d’une lumière et d’une prospérité spirituelles toujours plus grandes ? N’est-il pas préférable de regarder en face le véritable état de choses ? Sans aucun doute, et surtout lorsque l’Épître même qui parle si fidèlement des “temps fâcheux”, révèle entièrement la ressource divine.
Pourquoi imaginerions-nous que l’homme, sous la dispensation chrétienne, serait, ne fût-ce que d’un iota, meilleur que l’homme sous les dispensations précédentes, ou dans le millénium à venir ? Même si nous n’avions pas de preuve directe et positive, l’analogie avec les autres dispensations ne nous conduit-elle pas à nous attendre à un échec sous celle-ci, comme sous toutes les autres ? Si nous constatons un jugement à la fin de toutes les autres dispensations, sans exception, pourquoi attendrions-nous autre chose à la fin de celle-ci ? Que le lecteur médite ces choses, et veuille m’accompagner, quelques instants, tandis que je cherche, par la grâce de Dieu, à exposer quelques ressources divines pour les “temps fâcheux”.
Je ne vais pas présenter en détail cette épître si émouvante et si intéressante ; ce serait impossible dans un article comme celui-ci. Je me contenterai de souligner un point de chacun des quatre chapitres qui structurent l’épître. Ce sont : premièrement, « la foi sincère » (1:5). Deuxièmement, « le solide fondement » (2:19). Troisièmement, « les saintes lettres » (3:15). Quatrièmement, « la couronne de justice » (4:8). Celui qui connaît quelque peu la puissance de ces choses a les ressources divines pour affronter les “temps fâcheux”.
1 - La foi sincère
Voyons tout d’abord “la foi sincère” (1:5), ce bien inestimable. L’apôtre dit : « Je suis reconnaissant envers Dieu, que je sers dès mes ancêtres avec une conscience pure, de ce que je me souviens si constamment de toi dans mes supplications, nuit et jour (désirant ardemment de te voir, me souvenant de tes larmes, afin que je sois rempli de joie,) me rappelant la foi sincère qui [est] en toi, et qui a d’abord habité dans ta grand-mère Loïs et dans ta mère Eunice, et, j’en suis persuadé, en toi aussi » (v. 3-5). Nous avons ici quelque chose qui est au-dessus et au-delà de tout ce qui a trait à l’Église, quelque chose que l’on doit posséder avant d’être introduit dans l’Église, et qui demeure, même si l’Église était en ruines. Cette foi sincère relie d’emblée l’âme à Christ, par la puissance d’un lien qui est nécessairement prioritaire à toutes les associations ecclésiastiques, aussi importantes soient-elles – un lien qui perdurera, quand toutes les associations terrestres seront dissoutes à toujours.
Nous ne venons pas à Christ par l’Église. Nous venons d’abord à Christ, puis ensuite à l’Église. Christ est notre vie, l’Église ne l’est pas. La communion dans l’Église est sans doute très précieuse, mais quelque chose est au-dessus d’elle et c’est ce quelque chose dont la « foi sincère » se saisit. Cette foi habitait Timothée avant même qu’il n’entre dans la Maison de Dieu. Il était en relation avec le Dieu de la Maison avant d’être affilié publiquement à la Maison de Dieu.
Il est bon d’être au clair là-dessus. Nous ne devons jamais oublier que la “foi sincère” est absolument individuelle. Nous devons avoir cette “foi sincère” dans toutes les circonstances et dans toutes les associations de notre vie chrétienne et de notre service chrétien.
Nous ne devons pas agir seulement d’après une position ecclésiastique, ou édifier sur un système religieux, ou être portés par la routine du devoir, ou nous accrocher aux vains appuis que sont la sympathie pour une secte ou la préférence pour une dénomination. Cultivons ces affections, fraîches, vives et puissantes, qui se sont créées dans nos cœurs quand nous avons connu le Seigneur. Que la fraîcheur de notre printemps soit suivie, non pas d’une sécheresse stérile, mais de fruits savoureux provenant d’une relation réalisée avec la racine.
C’est, hélas, trop souvent, le contraire qui se produit. Le jeune chrétien au cœur simple, sérieux et zélé est trop souvent perdu comme membre d’une secte bigote et bornée, ou devient le défenseur intolérant d’une opinion particulière. La fraîcheur, la douceur, la simplicité, la tendresse et l’affection sincère de la jeunesse se maintiennent rarement aux stades avancés de la vigueur, voire de l’âge mûr.
On trouve très souvent une profondeur, une richesse d’expériences et une élévation morale, dans les premières étapes de la vie chrétienne, qui cèdent trop tôt la place à un formalisme glacial dans les habitudes personnelles, ou à une simple énergie qui défend un système théologique stérile. Ces paroles du psalmiste : « Ils porteront des fruits encore dans la blanche vieillesse, ils seront pleins de sève, et verdoyants » (Ps. 92:14) sont hélas rarement réalisées !
En vérité, nous devrions tous cultiver une “foi sincère” plus diligemment. Nous devrions entrer, avec plus de vigueur spirituelle, dans la puissance du lien qui nous unit individuellement à Christ. Cela nous rendrait “pleins de sève et verdoyants”, même dans la blanche vieillesse. « Le juste poussera comme le palmier, il croîtra comme le cèdre dans le Liban. Ceux qui sont plantés dans la maison de l’Éternel fleuriront dans les parvis de notre Dieu » (Ps. 92:12-13).
Nous souffrirons des pertes en laissant ce qu’on appelle la “communion chrétienne” interférer avec notre relation et notre communion personnelles avec Christ. Nous sommes trop enclins à substituer la relation avec Dieu à la relation avec l’homme – à suivre les traces de nos frères, plutôt que celles de Christ – à chercher autour de nous, plutôt qu’en haut, la sympathie, le soutien et l’encouragement.
Ce ne sont pas là les fruits d’une “foi sincère”, bien au contraire. Celle-ci est aussi vigoureuse et florissante au milieu de la solitude d’un désert qu’au sein d’une assemblée. Ce qui la captive, ce sont les intérêts de Dieu lui-même. Elle tient ferme, « comme voyant celui qui est invisible » (Héb. 11:27). Cette foi contemple les choses invisibles et éternelles. « Elle entre jusqu’au dedans du voile » (Héb. 6:19). Elle vit au milieu des réalités invisibles d’un monde éternel. Ayant conduit l’âme aux pieds de Jésus, là où elle obtient le pardon complet et définitif de tous ses péchés, par son sang précieux, elle la porte majestueusement à travers les méandres et les labyrinthes de la vie dans le désert, et lui permet de se baigner dans les rayons éclatants de la gloire milléniale.
Voilà pour ce premier élément précieux des ressources divines pour les “temps fâcheux” : cette “foi sincère”. On ne peut aller de l’avant sans elle, que les temps soient paisibles ou fâcheux, faciles ou difficiles, mouvementés ou calmes, sombres ou lumineux. Celui qui n’a pas cette foi profondément enracinée et soigneusement cultivée dans son âme, sera brisé tôt ou tard. Pendant un certain temps, il peut être poussé par l’influence des circonstances qui l’entourent ; il peut être soutenu et aidé par ses coreligionnaires ; il peut flotter au gré du courant de la profession chrétienne. Mais, assurément, s’il n’est pas animé par une “foi sincère”, il en sera bientôt fini pour lui, pour toujours.
Les “temps fâcheux” atteindront bientôt leur paroxysme, et alors viendra la terrible période du jugement auquel nul ne peut échapper, à part les bienheureux qui détiennent cette “foi sincère”. Que Dieu accorde à mon lecteur d’être l’un d’eux ! Si tel est le cas, tout lui est éternellement assuré.
2 - Le solide fondement
Considérons maintenant la seconde ressource : “le solide fondement”. « Toutefois le solide fondement de Dieu demeure, ayant ce sceau : Le Seigneur connaît ceux qui sont siens, et : Qu’il se retire de l’iniquité, quiconque prononce le nom du Seigneur » (2 Tim. 2:19).
Au milieu des “souffrances”, “des disputes de mots”, des “discours vains et profanes”, des erreurs d’“Hyménée et Philète”, – au milieu de tous ces divers aspects des “temps fâcheux”, combien il est précieux de s’appuyer sur le solide fondement de Dieu. L’âme qui est édifiée sur ce fondement, avec la force divine de la “foi sincère”, peut résister à la marée du mal qui monte rapidement – elle est divinement équipée pour affronter les temps les plus fâcheux. Il existe un beau lien moral entre la “foi sincère” dans le cœur de l’homme et le solide fondement posé par la main de Dieu.
Tout peut se ruiner. L’Église peut se diviser ; tous ceux qui aiment cette Église peuvent s’asseoir et pleurer sur ses ruines ; mais là se dresse ce solide fondement, posé par Dieu même, contre lequel la marée montante de l’erreur et du mal peut se jeter de toute sa fureur, sans aucun effet, si ce n’est pour démontrer la stabilité éternelle de ce Roc et de tous ceux qui sont édifiés sur lui. « Le Seigneur connaît ceux qui sont siens » (2 Tim. 2:19).
Les fausses professions chrétiennes abondent, mais l’œil de Dieu repose sur tous ceux qui sont siens. Il n’en oublie et ne peut en oublier aucun. Leurs noms sont gravés sur son cœur. Ils lui sont aussi précieux que le prix qu’il a payé pour eux, lequel n’est rien de moins que le “sang précieux” de son propre Fils. Aucun mal ne peut leur arriver. Aucune arme dirigée contre eux ne peut les atteindre. « Le Dieu d’ancienneté est ta demeure, et au-dessous de toi sont les bras éternels » (Deut. 33:27). Quelle ressource riche et abondante pour les “temps fâcheux” ! Pourquoi craindrions-nous ? Possédant la “foi sincère”, et étant fermement établis sur le “fondement de Dieu”, notre heureux privilège est de poursuivre notre chemin ascendant, le cœur en paix, avec la conviction que tout va bien, et ira bien.
Il a suffisamment été insisté sur le fait que le sceau du fondement de Dieu comporte deux faces : l’une portant l’inscription : « Le Seigneur connaît ceux qui sont siens » ; et l’autre : « Qu’il se retire de l’iniquité quiconque prononce le nom du Seigneur » (2 Tim. 2:19). Autant le premier communique la paix, autant le second est pratique.
Que les troubles et la confusion soient toujours plus grands, que la tempête fasse rage et que les vagues s’élèvent, que l’obscurité s’épaississe, que toutes les puissances de la terre et de l’enfer s’allient : « Le Seigneur connaît ceux qui sont siens ». Il les a scellés pour lui-même. Cette assurance est destinée à maintenir le cœur dans un profond repos, si “fâcheux” que soient les “temps”.
Mais n’oublions jamais que quiconque « prononce le nom du Seigneur » est solennellement tenu d’obéir au commandement : « Qu’il se retire de l’iniquité », où qu’il se trouve. Ceci s’applique à tous les vrais chrétiens. Dès que je vois une chose qui peut être qualifiée d’iniquité, quelle qu’elle soit et où qu’elle soit, je suis appelé à “m’en retirer”. Je ne dois pas attendre que d’autres le voient comme moi, car ce qui peut sembler être une “iniquité” à l’un, peut ne pas du tout sembler l’être, à un autre.
C’est donc une affaire personnelle ; “quiconque”. Le langage utilisé dans cette épître est très fort, très personnel : « Si quelqu’un se purifie » (2:21), « Fuis les convoitises de la jeunesse » (2:22), « Détourne-toi de telles gens » (3:5). « Toi, demeure » (3:14), « Je t’adjure » (4:1), « Sois sobre en toutes choses, endure les souffrances » (4:5), « Garde-toi aussi de lui » (4:15). Ce sont des paroles solennelles, sérieuses, fortes – des paroles qui démontrent très clairement que nous sommes dans un temps où nous ne devons pas nous appuyer sur nos frères, ni nous attendre à eux.
Nous devons être soutenus par l’énergie d’une “foi sincère”, et par un lien personnel avec le “solide fondement”. Ainsi, nous pourrons, même si d’autres agissent et pensent autrement, nous retirer de “l’iniquité”, fuir “les convoitises de la jeunesse”, nous “détourner” de ceux qui ont la “forme de la piété” sans la puissance, où que nous les rencontrions, et nous “garder” de chaque “Alexandre l’ouvrier en cuivre” (4:14).
Si nous nous éloignons du Rocher, si nous cédons à l’influence des circonstances qui nous entourent, nous ne pourrons jamais réussir à faire face aux formes particulières du mal et de l’erreur de ces “temps fâcheux”.
3 - Les saintes lettres
Cela nous amène au troisième point : “les saintes lettres” (3:15), ce bien précieux de tout “homme de Dieu”.
« Mais toi, demeure dans les choses que tu as apprises et dont tu as été pleinement convaincu, sachant de qui tu les as apprises, et que, dès l’enfance, tu connais les saintes lettres, qui peuvent te rendre sage à salut par la foi qui est dans le christ Jésus. Toute écriture est inspirée de Dieu, et utile pour enseigner, pour convaincre, pour corriger, pour instruire dans la justice, afin que l’homme de Dieu soit accompli et parfaitement accompli pour toute bonne œuvre » (3:14-17).
Nous avons ici une riche ressource pour les “temps fâcheux”. Nous avons besoin d’une grande connaissance de “Celui de qui nous avons appris”, une connaissance exacte, personnelle, expérimentale des “Saintes Écritures”, cette seule source d’autorité divine, cette source immuable de sagesse céleste qu’un enfant même peut posséder, et sans laquelle un sage s’égare inévitablement.
Si un homme ne peut attribuer toutes ses pensées, toutes ses convictions, tous ses principes, à Dieu comme leur source de vie, à Christ comme leur centre de vie et aux “saintes lettres” comme leur autorité divine, il ne pourra jamais avancer au travers des “temps fâcheux”. Une foi “d’occasion” ne suffira jamais. Nous devons recevoir la vérité directement de Dieu, par les “saintes lettres” et sous leur autorité.
Dieu peut se servir d’un homme pour me montrer certaines choses dans la Parole ; cependant, je ne les reçois pas de l’homme, mais de Dieu. Il est dit : « sachant de qui tu les as apprises » ; et quand il en est ainsi, je peux avancer, par grâce, au travers des ténèbres les plus épaisses, et par tous les chemins tortueux de ce monde désert. La lampe de l’inspiration céleste émet une lumière si claire, si intense, si constante, que son éclat n’est que plus manifeste par l’obscurité environnante. “L’homme de Dieu” n’est pas condamné à boire aux eaux glauques qui coulent des canaux de la tradition humaine. Ayant la coupe de la “foi sincère”, il s’assied près de la fontaine intarissable des “saintes lettres”, pour en boire les eaux rafraîchissantes, qui satisfont entièrement son âme assoiffée.
Notons que lorsqu’il rédigea sa première épître, l’apôtre inspiré était bien conscient de la “foi sincère” de Timothée, et de sa connaissance des “saintes lettres”, dès l’enfance. Pourtant, il n’y fit allusion qu’après avoir considéré les caractères effrayants des “temps fâcheux” dans sa deuxième épître. La raison est évidente. C’est au milieu même des dangers des “derniers jours” qu’on a le plus urgent besoin de la “foi sincère” et des “saintes lettres”. Nous ne pouvons pas avancer sans elles. Quand l’environnement est caractérisé par la fraîcheur et la vigueur, quand tous sont comme portés par l’impulsion commune d’un vrai dévouement, quand chaque cœur déborde d’un attachement profond et sincère à la Personne de Christ et à sa cause, quand chaque visage rayonne de la joie céleste, il est alors relativement facile d’avancer.
Mais l’état de choses, décrit dans la deuxième épître à Timothée, est l’opposé même de tout cela. Cette situation est telle que, à moins de marcher étroitement avec Dieu, dans l’exercice habituel de la “foi sincère”, en réalisant sans cesse le lien qui nous lie indissolublement au “solide fondement de Dieu”, en ayant la connaissance claire, indéniable et exacte des “saintes lettres”, on est certain de faire naufrage. Cette considération est très solennelle, digne de toute la pieuse attention de mon lecteur. Le temps est en effet venu où chacun doit suivre le Seigneur, selon sa mesure. « Que t’importe ? Toi, suis-moi ! » (Jean 21:22). Cette parole résonne avec une force particulière lorsqu’on cherche son chemin au milieu des ruines de tout ce qui est lié à l’Église.
Mais qu’on ne se méprenne pas sur mon propos. Je ne souhaite diminuer en rien la valeur de la vraie communion de l’Église, ou de l’institution divine de l’Assemblée et de tous les privilèges et responsabilités qui en découlent. Loin de moi une telle pensée. Je crois, de tout mon cœur, que les chrétiens sont appelés à chercher à maintenir les principes de communion les plus élevés. De plus, l’épître que l’on a devant nous, nous donne l’assurance que, dans les temps les plus sombres, celui qui « se purifie des vases à déshonneur » pourra poursuivre « la justice, la foi, l’amour, la paix, avec ceux qui invoquent le Seigneur d’un cœur pur » (2 Tim. 2:21-22). Tout cela est clair, et a sa valeur et sa place ; mais n’interfère en rien avec le fait que chacun est responsable de suivre un chemin de sainte indépendance de l’homme, qui n’attend pas l’approbation, la sympathie, le soutien ou la compagnie de ses frères.
En vérité, nous devons être très reconnaissants pour la communion fraternelle, quand nous pouvons la goûter sur le vrai terrain. Aucun mot ne peut dire la valeur d’une telle communion. Puissions-nous la connaître davantage ! Que le Seigneur nous l’augmente cent fois ! Mais ne nous abaissons jamais à acheter la communion au prix fort de l’abandon de tout ce qui est « aimable et de bonne renommée » (Phil. 4:8). Que le nom de Jésus soit, à nos cœurs, plus précieux que tout le reste ; et que notre heureuse part, sur cette terre, soit avec tous ceux qui aiment vraiment Son nom, comme nous la connaîtrons éternellement là-haut, dans une lumière et une pureté impérissables.
4 - La couronne de justice
Et maintenant, un dernier mot au sujet de “la couronne de justice”.
« Car, pour moi, je sers déjà de libation, et le temps de mon départ est arrivé ; j’ai combattu le bon combat, j’ai achevé la course, j’ai gardé la foi : désormais m’est réservée la couronne de justice, que le Seigneur juste juge me donnera dans ce jour-là, et non seulement à moi, mais aussi à tous ceux qui aiment son apparition » (2 Tim. 4:6-8).
Ici, le vénérable pèlerin prend place au sommet du Pisga spirituel et, d’un œil perçant, examine les radieuses plaines de la gloire. Il voit la couronne de justice briller dans la main du Maître. Il examine son chemin parcouru et le champ de bataille où il a combattu ; il se tient aux confins du pays, au beau milieu des ruines de cette Église dont il avait vu l’ascension et le progrès avec une si grande sollicitude, mais qui déclinait – déclin sur lequel il avait versé des larmes affectueuses mais frustrées ; il fixe son regard sur le but de l’immortalité, qu’aucune puissance de l’ennemi ne peut empêcher d’atteindre victorieusement. Même s’il devait atteindre ce but par l’épée de César, ou par tout autre moyen, cela n’avait aucune importance pour celui qui pouvait dire : « Je sers déjà de libation ». Quelle grandeur morale, quelle noble élévation ici !
Mais il n’y avait rien d’ascétique chez ce serviteur incomparable. Bien que sa vue fût pleine de la vision de la couronne de justice, bien qu’il fût prêt, tel un conquérant, à monter sur le char triomphal, il sentait néanmoins qu’il devait donner de minutieuses instructions concernant son manteau et ses livres (4:13). Divine perfection ! Cela nous enseigne que plus nous entrons dans les gloires du ciel avec zèle, plus nous accomplirons fidèlement les tâches de la terre ; plus nous serons conscients d’être près de l’éternité, plus nous nous occuperons efficacement des choses temporelles.
Cher lecteur, telles sont donc les immenses ressources, grâce à Dieu, pour les “temps fâcheux” que nous traversons actuellement : “la foi sincère”, “le solide fondement”, “les saintes lettres” et “la couronne de justice”. Que le Saint-Esprit nous conduise à une plus profonde compréhension de l’importance et de la valeur de ces choses ! Puissions-nous aimer la venue de Jésus, et attendre avec ferveur ce matin sans nuages où le “juste Juge” posera une couronne de gloire sur le front de chacun de ceux qui aiment véritablement Sa venue !
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