Le froment et l’ivraie

Notes de prédications sur Matthieu 13

Source : STEM Publishing.

1 - Comment Dieu instruit son peuple

Il y a une grâce merveilleuse dans la manière dont le Seigneur veille sur Son peuple pour l’instruire : cela est destiné à susciter chez les croyants des sentiments d’amour et de gratitude. Mais combien de fois ont-ils lieu d’avoir honte, car les occupations de leur esprit et de leur cœur les rendent insensibles aux divers moyens et méthodes par lesquels un Dieu d’amour les enseigne !

1.1 - La fidélité des soins de Dieu

Dieu les bénit tout au long du chemin et sa miséricorde s’exerce dans leurs besoins même. Ressentent-ils et déplorent-ils leur ingratitude et leur ignorance ? Qui enseigne comme Dieu ? Sa sagesse est la part des saints. Sont-ils accablés par la conscience de leur faiblesse et de leur servitude ? « Ma puissance s’accomplit dans l’infirmité » (2 Cor. 12:9) ; ainsi, à tous égards, Il s’adapte parfaitement à leurs besoins. Il ne retire jamais ses soins ; Il ne se détourne jamais d’eux ; Il continue de leur faire du bien ; et, bien qu’ils puissent être craintifs et défaillants, Son amour se manifeste toujours. Jésus est la source de toute bénédiction, envoyée aux pauvres, faibles et misérables pécheurs, afin qu’ils aient une abondance de consolation, de paix et de joie.

1.2 - Les épreuves sont la preuve de Son amour

Connaître cela attache le cœur du pauvre pécheur à un riche Sauveur et lui fait découvrir que le chemin par lequel le Seigneur l’a conduit, lui a révélé le caractère du Dieu qui l’instruit ainsi ; que ses peines et ses épreuves mêmes sont une preuve manifeste de l’amour et de la faveur de Dieu, les différentes circonstances dévoilant les richesses de la grâce divine. La manière dont Il nous conduit, les situations particulières dans lesquelles nous sommes placés, sont autant de méthodes et de moyens d’instruction divine auxquels a pourvu un Dieu d’amour.

1.3 - Les difficultés sont propices pour apprendre

Le croyant aspire au repos, loin de tout ce qui le scandalise aujourd’hui, mais Dieu le laisse ici-bas pour lui enseigner de nombreuses leçons. Ce monde, tel qu’il est actuellement, est un moyen par lequel Dieu nous enseigne ce que nous ne pourrions pas apprendre dans un monde de gloire : le croyant y apprend la longanimité, la patience et l’amour de Dieu, comme nulle part ailleurs. Ses besoins, sa faiblesse, son néant, sa mort spirituelle, manifestent, de la manière la plus touchante, la merveilleuse patience de Dieu. De plus, c’est ici-bas qu’il découvre les merveilleuses preuves de l’amour de Dieu en Christ : Dieu l’a donné pour que de tels pécheurs soient pardonnés et rendus libres ; il apprend qui est Dieu, dans la personne de Jésus-Christ, à travers toutes les circonstances particulières dans lesquelles il est placé, malgré toutes ses faiblesses, ses lacunes et ses erreurs. Dieu n’a aucun sentiment d’hostilité à notre égard – pas même un mot ou un regard impatient ; tout est amour.

1.4 - Les épreuves nous font expérimenter l’amour de Dieu

C’est dans la faiblesse et les besoins de ses enfants que la manière d’aimer de Dieu se révèle encore plus, comme le Père d’une famille : l’affection d’un parent est la même pour tous ses enfants, mais elle se manifeste différemment selon les circonstances ; une enfance longue et fragile d’un enfant suscite toute la tendresse et l’attention d’un parent, ce qui lui procure l’affection de l’enfant. Ainsi, le Seigneur, alors que nous sommes faibles et impuissants, nous garde et veille sur nous ; et ainsi nous apprenons à connaître comment Dieu nous aime. Puis, à mesure que nous progressons sous ses soins attentifs et sa discipline, et que nous parvenons à la maturité, nous apprenons la bénédiction que représente son amour, et nous arrivons à discerner comment le Seigneur se révèle à nous, en nous plaçant dans une position merveilleusement bénie. « Je ne vous appelle plus esclaves, car l’esclave ne sait pas ce que son maître fait ; mais je vous ai appelés amis, parce que je vous ai fait connaître tout ce que j’ai entendu de mon Père » (Jean 15:15).

Telle est la façon dont l’amour de Dieu nous bénit. Si le croyant y est insensible, il est dans un triste état ; car rien ne témoigne plus du fait que l’âme n’est pas en bon état, que d’être insensible à la manière dont Dieu nous aime, que d’être absorbé par ce qui nous entoure ici-bas, et de ne pas être sensible au fait que nous sommes plus proches de Dieu que nous ne le sommes des circonstances même dans lesquelles nous sommes placés. Quelle merveille de voir que Dieu prend plaisir à dévoiler à l’homme sa pensée et ses desseins, comme nous le voyons dans ce chapitre 13 de Matthieu, notamment quand le Seigneur explique à ses disciples les paraboles qu’il a exposées aux foules.

2 - Généralités sur les paraboles

2.1 - La parabole du semeur

Nous avons ici sept paraboles, qui ont déjà été mentionnées, mais dont il serait bon de rappeler l’ordre. La première parabole n’est pas, comme les autres, une comparaison ou une image du royaume des cieux, mais une déclaration concernant l’activité du royaume et ses résultats particuliers – l’acte de semer est celui du Fils de l’homme avant son ascension, les résultats pouvant se manifester chez les individus avant ou après celle-ci. Le royaume des cieux vient ensuite, il est la conséquence de la résurrection de Christ, alors qu’un nouveau système de choses allait être établi.

2.2 - Les paraboles du royaume des cieux

Les six autres paraboles n’ont pas été prononcées au même moment : trois s’adressaient à la foule, et trois aux disciples seuls. Les trois premières montrent le caractère et les effets publics de ce royaume dans le monde ; les trois dernières représentent sa valeur intrinsèque, son plein développement et ses effets dans les mains de Dieu. Les premières développaient pleinement sa manifestation apparente et visible telle qu’on la perçoit dans le monde, et les dernières, la valeur réelle de la chose elle-même dans la pensée de Dieu. Ces expressions, “le royaume des cieux” et “le royaume de votre Père”, sont propres à l’Évangile selon Matthieu, Évangile qui traite plus particulièrement de la dispensation et du témoignage prophétique.

2.3 - La situation actuelle du croyant

Quelle est donc la situation du croyant ici-bas ? Il est en communion avec un Seigneur absent, dans les cieux, introduit dans Sa famille ici-bas, dans Son royaume, et enseigné, non pas à ne rechercher que des bénédictions terrestres, pendant l’absence de son Seigneur, mais à attendre le moment où Ses saints Le connaîtront, comme ils sont connus, et ne seront plus jamais séparés de Lui. C’est ce que les saints attendent, et c’est la situation dans laquelle ils ont été placés comme la “bonne semence”, participants à la grâce du “grain de blé” qui est tombé en terre et qui est mort, afin qu’eux vivent.

3 - La parabole de l’ivraie

« Le royaume des cieux a été fait semblable à un homme qui semait de bonne semence dans son champ » (Matt. 13:24). Dans les versets 24 à 30, nous trouvons la parabole, et dans les versets 36 à 43, le Seigneur expliquant lui-même ce qu’elle signifie. Ces choses, parlant d’elles-mêmes, nous sont simplement présentées comme des faits. Il dit, écartant toute autre interprétation : « le champ, c’est le monde » (v. 38). Ces expressions des paraboles ont une parfaite harmonie et leurs significations concordent : si nous pouvons établir clairement le sens de l’une d’elles, à la lumière de l’Écriture, nous pouvons aisément imaginer le même sens des mêmes mots, partout ailleurs.

3.1 - Le champ, c’est le monde ; il appartient à Christ

Or, notre Sauveur a dit expressément : « Le champ, c’est le monde » : c’est sa seule signification ; cela nous présente le théâtre ou la scène où a lieu l’action rapportée ici, à savoir : “le monde”. Cela nous est présenté sous l’aspect d’une personne semant de la bonne semence dans son champ ; celui qui sème la bonne semence, c’est le Fils de l’homme, le Seigneur Jésus-Christ. C’est lui qui l’a semée. Il a semé une bonne semence, et Il l’a semée dans Son champ, lequel est le monde. Il avait des droits sur ce champ ; il Lui appartenait. C’est donc simple : le monde est le champ ; le champ appartient à Jésus ; Il y a semé de la bonne semence – quelque chose qui ne s’y trouvait pas auparavant – une chose plantée qui n’était pas de ce sol. De toute évidence, il ne pouvait donc s’agir de la nation juive, car elle était établie avant la période de l’œuvre du Fils de l’homme évoquée ici. Le monde dont il s’agit ici est présenté comme un lieu, non pas où la semence avait été semée et avait poussé, mais où la bonne semence, qui n’avait pas encore été plantée, devait l’être désormais. Et ce lieu est le monde.

3.2 - L’homme veut usurper les droits de Christ

Maintenant, en regardant autour de lui, l’enfant de Dieu voit-il quelque chose de cette bonne semence dans le monde (à l’exception de ceux qui ont manifestement été introduits dans ce nouveau système) ; le monde ressemble-t-il à un champ semé de bonne semence ? Combien la réalité en est loin, ceux qui connaissent le caractère de ceux qui détiennent actuellement le pouvoir peuvent le dire. Le monde est donc à Lui, c’est le champ du Fils de l’homme. C’est un défi à la sagesse et à la puissance de ceux qui prétendent qu’une partie de ce monde leur appartient, qui cherchent à le posséder tout entier, et dont il est dit qu’ils s’écrient : « Celui-ci est l’héritier ; venez, tuons-le, et possédons son héritage » (Matt. 21:38). Le monde n’est pas à eux, il est à Christ par un droit inaliénable – à Lui par un titre incontestable.

En effet, ceci étant établi, c’est propre à renverser l’orgueil de l’homme vain qui réclame sa part, considérant le monde comme sien. Mais il ne l’est pas, il appartient à Christ. Quiconque le considère comme son droit personnel se mêle de choses qui ne lui appartiennent pas, et dont il devra rendre compte au propriétaire légitime. Le monde est donc ce champ, et le champ appartient à Christ.

3.3 - Les hommes dorment, Satan agit

« Pendant que les hommes dormaient, son ennemi vint et sema de l’ivraie parmi le froment » (v. 25). Nous avons ici le caractère et les circonstances dans lesquelles ce changement s’est produit ; ces hommes – ces laboureurs – en avaient la garde, et l’ennemi a introduit la mauvaise semence pendant que ces hommes dormaient.

Les hommes sont peu conscients de l’infatigable persévérance de l’ennemi des âmes ! C’est pendant que les hommes dorment qu’il commet ses méfaits. Cela peut ne pas se manifester tout de suite ; mais ce qu’il a semé poussera bientôt. Satan n’est pas gêné par la présence de la bonne semence : « Et lorsque la tige monta et produisit du fruit, alors l’ivraie aussi parut » (v. 26). Dieu tire certainement le bien du mal, pour le bien de son peuple, mais le fait est là : l’ivraie a été semée et elle pousse. On ne la voit peut-être pas tout de suite, mais elle est néanmoins dans la terre, et l’occupe en grande partie. Les hommes dormaient ; l’ennemi est entré sans être remarqué, a semé l’ivraie parmi le froment, puis, ayant accompli son méfait, s’en est allé. Celui qui ne voit pas que l’ivraie occupe désormais le terrain et croît, manque vraiment de discernement spirituel.

3.4 - Veillons à nous tenir moralement séparés de l’ivraie

Combien il est nécessaire de maintenir constamment une jalouse vigilance, pour que l’ivraie n’occupe pas le terrain davantage ! Combien il est nécessaire d’être éveillés et d’être sensibles à la position dans laquelle nous sommes, pour qu’il existe une séparation stricte entre le froment et l’ivraie, pour qu’il y ait entre eux un éternel mur de démarcation, et que nous y soyons toujours plus sensibles ! Une triste expérience ne témoigne-t-elle pas que l’on tolère beaucoup de mal moral, que l’on tolère un très mauvais état parmi les croyants, qu’il y a un mélange du monde et des choses de Dieu, un recul et un désengagement apparents quant à l’œuvre du Seigneur ? Si nous en cherchons la cause, nous la trouvons toute ici : les hommes dormaient et ont laissé entrer l’ennemi ; mais c’était Son ennemi, comme le dit le psalmiste : « souviens-toi des outrages que te fait tous les jours l’insensé » (Ps. 74:22).

Le Seigneur fait de Sa cause et de celle de Son peuple une seule et même cause ; ils sont à Lui, et par conséquent leur ennemi est le Sien. Il les appelle “frères” : « J’annoncerai ton nom à mes frères » (Ps. 22:22). Cette déclaration encourage beaucoup les saints, lorsqu’ils savent que la bataille est dans les mains du Seigneur. Les saints considèrent cette petite expression “Son ennemi” avec une grande joie. Si nous sommes conscients de nos insuffisances et de nos défaillances, et que pendant que nous dormions, l’ennemi est entré, regardons néanmoins au Seigneur ; même si nous sommes couverts de honte, regardons au remède, et nous apprendrons ici, par cette petite expression, que c’est Son ennemi, et que nous avons donc la force de Christ contre lui.

3.5 - L’œuvre de l’ennemi ne contrarie pas le plan de Dieu

« Et lorsque la tige monta et produisit du fruit, alors l’ivraie aussi parut » (v. 26). Tel est le succès de l’œuvre de l’ennemi : les deux ont poussé ensemble. Au début, on ne les distinguait pas extérieurement, tout était mélangé. Il n’y avait rien à y faire, compte tenu de l’état de choses. Remettre le monde en ordre instantanément n’est pas la pensée de Dieu. L’homme s’est montré un intendant infidèle : il a été négligent, il a laissé entrer l’ennemi, et le champ a été envahi par l’ivraie. Cependant les plans de Dieu n’en sont pas contrariés pour autant.

3.6 - Le propos de Dieu n’est pas d’améliorer le monde

Les serviteurs vinrent et dirent : « Seigneur, n’as-tu pas semé de bonne semence dans ton champ ? D’où vient donc qu’il a l’ivraie ? » (v. 27). Il répondit : « Un ennemi a fait cela » (v. 28). Le Fils de Dieu regarda son champ, Il l’avait ensemencé de bonne semence, et le trouva rempli d’ivraie ! Malgré cette situation, nous voyons que ce n’est pas la sagesse de Dieu de remettre le monde en ordre en arrachant l’ivraie. Les serviteurs dirent : « Veux-tu donc que nous allions et que nous la cueillions ? » (v. 28). Voilà la sagesse des hommes : ils voudraient remettre le monde en ordre en arrachant et en éliminant les hérétiques, et en ôtant le mal selon leur propre pensée. « Non », dit le Seigneur, les circonstances présentes rendent cette proposition inacceptable. Les deux sont désormais ensemble, laissez-les croître ensemble. Si je vous donnais maintenant le pouvoir d’arracher l’ivraie, vous risqueriez, sans le vouloir, d’arracher le froment avec elle ; il ne peut en être ainsi. « Laissez-les croître tous deux ensemble jusqu’à la moisson » (v. 30).

3.7 - Le Seigneur réglera les choses à la fin de la dispensation

Le Seigneur a la bonté d’expliquer la signification de ce mot au verset 39 : « La moisson, c’est la consommation du siècle » (v. 39). Le terme “monde” ici n’est pas le même que celui utilisé quand il est dit : « le champ, c’est le monde » (v. 38). Il s’agit incontestablement du siècle (selon la traduction littérale), ou de la dispensation ; il faut lire : « La moisson, c’est la fin du siècle » (au verset 38, le terme a simplement le sens de “monde”, comme scène où les choses ont lieu). Il n’y a aucune idée de paix ; le terme désigne le moment où les choses seront manifestées – à la fin du siècle ou de la dispensation, ou « au temps de la moisson » (v. 30). Le Seigneur dit : « Je dirai aux moissonneurs [c’est-à-dire, quand les deux auront atteint leur maturité et seront prêts pour la moisson] : cueillez premièrement l’ivraie, et liez-la en bottes pour la brûler ; mais assemblez le froment dans mon grenier ».

3.8 - Ordre des évènements

Il nous est d’abord présenté le rassemblement de l’ivraie en bottes, pour être brûlée, puis le rassemblement du froment dans le grenier. Vient ensuite la destruction de l’ivraie, comme l’explique notre Seigneur : « Comme donc l’ivraie est cueillie et brûlée au feu, il en sera de même à la consommation du siècle. Le Fils de l’homme enverra ses anges [ses messagers, ses ministres et les ambassadeurs de ses desseins, dans sa providence], et ils cueilleront de son royaume tous les scandales et ceux qui commettent l’iniquité, et ils les jetteront dans la fournaise de feu » (v. 40-42). Après cela (c’est-à-dire après que l’ivraie sera brûlée), « Alors les justes resplendiront comme le soleil dans le royaume de leur Père » (v. 43).

Voici l’ordre des choses : l’ivraie est cueillie en bottes pour être brûlée ; le froment est assemblé dans le grenier ; la destruction de l’ivraie, ou sa consomption totale, a alors lieu ; enfin, après sa destruction, « les justes resplendiront comme le soleil dans le royaume de leur Père ».

3.9 - Similitude de la parabole des poissons et de celle de l’ivraie

Dans la troisième parabole présentée aux disciples seuls, le Seigneur emploie des expressions analogues : les anges séparent deux groupes qui étaient jusqu’alors mélangés, ils assemblent les bons dans des vaisseaux, et jettent et détruisent les mauvais. Alors les justes resplendiront comme le soleil dans le royaume de leur Père. Cela nous révèle que la béatitude des enfants de Dieu – ceux qui sont vivants, pour Dieu – sera sans ombre. Ce temps approche, et les saints l’attendent vivement. La situation actuelle du monde le leur fait comprendre. Ils voient que l’ivraie mûrit rapidement dans l’iniquité, qu’elle est prête pour la destruction ; et ils voient les saints croître ; et, bien que, quant aux apparences, on ne puisse hélas les distinguer, le Seigneur les fait croître pour la moisson et les rassemblera.

3.10 - L’ivraie sera certainement brûlée

L’ivraie progresse, mûrissant pour la destruction. Bien que les hommes représentés par l’ivraie puissent penser que tout va bien et qu’aucune crainte ne les envahisse, une vengeance certaine et soudaine les attend. Ils disent que cela n’arrivera pas, et agissent en conséquence ; mais Dieu est vrai, et sa parole s’accomplira. Lisez Apocalypse 14:14-20. On y voit l’ivraie qui mûrit, pensant qu’aucun mal ne lui arrivera ; elle se fortifie dans son iniquité et considère que la providence même de Dieu (le fait qu’elle soit liée en bottes) est la source de sa puissance, ce qui va pourtant entraîner sa destruction totale. « Les nations se sont enfoncées dans la fosse qu’elles ont faite » (Ps. 9:15). « Certainement, l’inique ne sera point tenu pour innocent » (Prov. 11:21). Le froment n’est pas laissé dans le monde pour le grand jour, il est rassemblé dans le grenier ; il est mis à l’écart ; « ravis ensemble avec eux dans les nuées à la rencontre du Seigneur, en l’air » (1 Thess. 4:17). Il est témoin de la destruction des ennemis du Seigneur ; et « alors les justes resplendiront comme le soleil dans le royaume de leur Père » (v. 43).

4 - Le brillant avenir des enfants de Dieu

Nous contemplons ici la béatitude de l’enfant de Dieu et le caractère parfait de cette béatitude que les résultats futurs de l’amour de Dieu prouveront. Rappelez-vous simplement que tout ce qui a été un objet de scandale a été jeté dehors ; toute iniquité a été consumée ; les saints ont été mis en sécurité dans le grenier ; et alors ils resplendiront – notez que ce sont les justes : « Alors les justes resplendiront ». Mais qui sont-ils ? Ceux qui ne font qu’un avec Christ dont le caractère est mis en avant : « le Seigneur, notre justice » (Jérémie 23:6) et « le Soleil de justice » (Malachie 4:2). « Et il sera comme la lumière du matin, quand le soleil se lève, un matin sans nuages : par sa clarté l’herbe tendre [germe] de la terre après la pluie » (2 Sam. 23:4). Dans ces dernières paroles de David, outre la description de la gloire du Seigneur, à sa venue, nous voyons aussi la destruction des méchants (ce passage est similaire à celui de notre texte, et fait référence au même événement) : « Mais les fils de Bélial [c’est-à-dire les fils du méchant] sont tous comme des épines qu’on jette loin, car on ne les prend pas avec la main » (v. 6) – c’est-à-dire qu’ils ne peuvent venir à la justice par l’enseignement et les supplications de l’homme. « Et l’homme qui les touche se munit d’un fer ou d’un bois de lance ; et ils seront entièrement brûlés par le feu sur le lieu même » (v. 7), c’est-à-dire à l’endroit même où ils se trouvent, comme l’ivraie qui est brûlée.

Christ est le Soleil de justice, par conséquent ils sont justice ; Il est le Soleil, par conséquent ils brillent comme le soleil : « quand il sera manifesté, nous lui serons semblables, car nous le verrons comme il est » (1 Jean 3:2) ; nous Lui serons rendus semblables. Cette béatitude était contemplée par les saints d’autrefois, ils en parlaient. Nous la retrouvons dans les paroles de David : « Moi, je verrai ta face en justice ; quand je serai réveillé, je serai rassasié de ton image » (Ps. 17:15). C’était ce qu’il attendait : briller comme le soleil, comme le juste : voir l’honneur de Dieu rétabli, Satan et ses puissances chassés, tous les ennemis de Dieu détruits, et lui-même portant l’image de Christ ; alors il serait comblé. Paul s’exprime lui aussi avec force : « si en quelque manière que ce soit je puis parvenir à la résurrection d’entre les morts » (Phil. 3:11) ; quand je verrai Christ comme Il est, et que je serai comme Lui, resplendissant comme le soleil, comme le Soleil de justice. C’est ce que je vois maintenant par l’Esprit, c’est ce que je crois maintenant par la foi, et c’est juste ce que je recherche : être comme Jésus dans Son royaume.

5 - Encouragements pour le temps actuel

Chers frères, aspirez-vous vivement à cette gloire, à cette sensibilité qui vous permet d’apprécier ces choses ? Oh ! Elles sont de nature à apporter une grande joie – un réconfort très réel et profond – à savoir que nous brillerons comme le soleil, quand les nuages de la vengeance, qui menacent aujourd’hui un monde impie, se seront déversés sur eux dans un juste jugement. Quand ces nuages seront alors dispersés, et que toute iniquité sera ôtée, alors le juste resplendira ; alors viendra pour lui la félicité !

5.1 - Réaliser notre relation avec notre Père

Frères, ces choses ne sont-elles pas de nature à réjouir le cœur du croyant ? Remarquons en outre qu’il est dit : « Dans le royaume de leur Père » (Matt. 13:43). Pour l’enfant de Dieu, c’est une grande bénédiction de saisir cette parole de bonheur. Elle montre la position dans laquelle le Seigneur Jésus les a placés – associés à Dieu, comme leur Père, dans son royaume. Nous voyons le grand résultat : non seulement ils seront justes – ils brilleront comme le Soleil de justice –, mais ils seront introduits dans la maison de leur Père. « Dans la maison de mon Père, il y a plusieurs demeures ; s’il en était autrement, je vous l’aurais dit, car je vais vous préparer une place » (Jean 14:2-3). Il s’unit à eux en les appelant frères, les appelant à considérer Dieu comme leur Père : « J’annoncerai ton nom à mes frères » (Ps. 22:22) ; et encore : « Je monte vers mon Père et votre Père ; et vers mon Dieu et votre Dieu » (Jean 20:17).

5.2 - Réaliser que nous verrons le Seigneur

Deux choses apportent, par anticipation, un grand réconfort à tous les croyants : ils verront le Sauveur qu’ils ont aimé ici-bas, et ils seront trouvés en Lui, participant à Sa gloire, et semblables à Lui. Ils devraient s’en réjouir, y tendre et l’attendre. Si vous êtes véritablement des enfants de Dieu, qu’est-ce qui vous afflige ? Pensez à vos grands privilèges : « nous le verrons comme il est », « nous lui serons semblables », en présence du Père, dans sa maison, dans le royaume de notre Père, dans une communion éternelle avec lui.

C’est la part de l’enfant de Dieu, une part dont nous sommes appelés à nous réjouir, même ici-bas, car elle est nôtre ; c’est un héritage qui nous est réservé, et nous sommes destinés à briller comme le soleil dans le royaume de notre Père.

L’Église n’aura pas toujours à pleurer un Seigneur absent. Il viendra pour réclamer son épouse – pour l’emmener auprès de Lui, afin que là où Il est, elle y soit aussi : Il prie ainsi : « Père, je veux, quant à ceux que tu m’as donnés, que là où moi je suis, ils y soient aussi avec moi » (Jean 17:24). En Lui, elle est complète ; car le Père L’a donné pour être « chef de toutes choses à l’assemblée, qui est son corps, la plénitude de celui qui remplit tout en tous » (Éph. 1:22-23). Telle est donc la position de l’Église avec Christ : un seul corps, un seul esprit, un en toutes choses, ayant les mêmes goûts et les mêmes désirs.

5.3 - Réaliser l’amour du Père pour nous

Les croyants goûtent ainsi l’amour du Père de la manière la plus bénie, en contemplant le Seigneur se sacrifiant jusqu’à leur apporter cet amour, acquis pour qu’ils en jouissent et en héritent. Ils ressentent l’amour du Père : « Je ne vous dis pas que moi je ferai des demandes au Père pour vous ; car le Père lui-même vous aime » (Jean 16:26). Si nous sommes croyants, élevons nos pensées vers la félicité qui nous attend, n’en perdons pas la jouissance spirituelle et n’en restons pas à la surface.

5.4 - Réaliser que le Seigneur est avec nous dans les combats

Peu importe quelles sont vos circonstances ici-bas, quels sont vos soucis ou vos combats ; ils ne sont que pour un temps ; la part des saints est de se réjouir. Qu’est-ce qui vous accable ? Est-ce le sentiment de votre propre faiblesse ? Mais la “joie de l’Éternel” (Néhémie 8:10) est justement votre force. Pourquoi êtes-vous affligés ? Qu’est-ce qui vous accable ? Est-ce le monde de péché ? C’est votre ennemi ; et le fait qu’il le soit est la cause de la plus grande joie : car c’est un ennemi vaincu, c’est là votre confiance, et cela devrait vous réjouir. Si vous sentez que c’est votre ennemi, vous savez que c’est Son ennemi, et vous vous retrouvez alors dans la même position que le Seigneur Jésus, à ses côtés, combattant un ennemi commun. Jésus a averti ses disciples de cette difficulté, mais leur a promis Sa paix – il a promis d’être avec eux par l’Esprit, et leur a témoigné du résultat de toute l’œuvre qu’Il accomplissait pour eux : « moi, j’ai vaincu le monde » (Jean 16:33). Si vous faites partie de ceux qui sont ainsi aimés et ainsi rendus heureux ici-bas, pensez au bonheur qui vous attend, quand vous brillerez comme le soleil dans le royaume de votre Père ! En effet, nous serons bénis en ce jour-là, quand « nous le verrons comme il est » (1 Jean 3:2). « Nous lui serons semblables » d’abord, puis « nous le verrons comme il est ». Quelle bénédiction ce sera quand, une fois toutes les épreuves et tous les combats terminés, nous nous « réveillerons, et serons rassasiés de son image » (Ps. 17:15).

Croyants, n’y a-t-il pas là de quoi raviver votre joie de rencontrer Jésus ? N’y a-t-il pas là de quoi mépriser le monde et ses vaines joies ? Le croyant qui aime Jésus, aime Celui qui a vaincu tous ses ennemis, « celui qui est aussi monté au-dessus de tous les cieux, afin qu’il remplisse toutes choses » (Éph. 4:10). C’est là que se manifeste l’amour du Fils de Dieu, en ce qu’Il s’est abaissé pour descendre vers les fils des hommes, pour porter leurs iniquités, leurs peines et leurs détresses, pour leur apporter joie et réconfort, et pour ôter leurs péchés pour toujours ! Leur joie et leur confiance résident dans le fait que ce même Seigneur est monté en haut, après avoir « emmené captive la captivité » (Éph. 4:8) – ayant détruit Son ennemi et le leur. « Ayez bon courage, moi j’ai vaincu le monde » (Jean 16:33).

5.5 - Réaliser le retour imminent du Seigneur

Est-ce pour vous un réconfort que la sagesse de Dieu soit bientôt vue dans le monde, pour la destruction de tout ce qui s’y oppose ? Aimeriez-vous que le monde soit ainsi criblé, et que toute iniquité en soit ôtée ? Votre cœur se réjouirait-il d’entendre que Jésus va venir ? En fait, aimeriez-vous qu’Il vienne maintenant ?

5.6 - Réaliser la nécessité d’être séparés du monde

Oh ! Combien il est triste, vraiment très triste que, alors qu’Il est sur le point de venir et que Ses saints sont sur le point de Lui être rendus entièrement semblables, ceux-ci se mélangent d’une manière ou d’une autre aux ouvriers d’iniquité, et suivent leurs habitudes, leurs buts ou leurs plaisirs !

Priez, frères, afin que vous soyez conduits à une plus simple et plus entière conformité à l’image de votre Sauveur ; afin que vous soyez purifiés des désirs du monde, qui souillent et ne satisfont pas, de sorte que vous soyez prêts pour rencontrer votre Seigneur à sa venue.