Exode
- Auteur
- Frank Binford HOLE
Extracted from Scripture Truth Vol. 37, 1951-2 — STEM Publishing
1 - Ch. 1 — Situation du peuple en Égypte, multiplication des descendants de Jacob
Le livre de l’Exode s’ouvre sur un récapitulatif des fils de Jacob et sur le fait que Joseph est mort, ainsi que tous ses frères et toute cette génération. Malgré cela, leurs descendants se sont extrêmement multipliés. Dieu était avec eux et ils devinrent un peuple puissant dans le pays de Goshen.
1.1 - V. 8-11 — L’Égypte lieu de refuge devient maison de servitude
Au fil des ans, la situation subit un grand changement, avec l’avènement d’un nouveau roi qui « ne connaissait pas Joseph ». Cette expression ne signifie pas qu’il ignorait son existence, mais plutôt que, le considérant comme un intrus et un oppresseur, il l’ignora complètement.
Depuis un siècle environ, notre connaissance de l’histoire égyptienne s’est considérablement enrichie grâce à la découverte de nombreux monuments et autres témoignages du passé, ainsi qu’à la découverte des secrets de l’écriture en hiéroglyphe qui a permis de la déchiffrer. Il semble désormais certain que peu après la mort de Joseph, le règne des « Hyksos », ou « rois bergers », prit fin. Des égyptiens de souche se soulevèrent et mirent sur le trône un représentant de leurs anciennes dynasties. Joseph, allié par sa race aux rois-bergers, devint bien sûr un anathème pour les nouveaux dirigeants ; et le peuple d’Israël fut considéré de la même manière et donc comme un danger potentiel pour l’Égypte.
Les versets 1:8-10 parlent donc manifestement de cet état de choses qui se développa pendant un siècle ou deux et qui conduisit à un changement total de leur sort. L’Égypte avait été pour eux un lieu de refuge, “un sanctuaire bienveillant” au temps de la famine et de l’affliction. Elle devint maintenant pour eux “la maison de servitude”. Elle devint la « fournaise fumante » qu’Abraham avait vu quand « une frayeur, une grande obscurité » était tombée sur lui (Gen. 15:12,17). Ils furent réduits en esclavage pour construire des villes à greniers pour le Pharaon, sous la direction de chefs de corvées.
1.2 - V. 12-14 — Le monde comme lieu d’amère servitude
Mais cela n’empêcha pas ce que Dieu se proposait. Au verset 12 il est rapporté que « selon qu’ils les opprimaient, il multipliait et croissait ». Il y a donc ici une illustration et une confirmation de la parole dite par le psalmiste : « Dans la détresse, tu m’as mis au large » (Ps. 4:1). Les efforts du Pharaon pour les supprimer furent entièrement neutralisés par le grand accroissement que Dieu accorda.
Ils réussirent cependant à leur rendre la vie « amère par un dur service » et par toutes sortes de services durs (1:14). L’Égypte représente clairement le monde, et l’un des premiers pas vers la bénédiction spirituelle est le moment où le monde, qui nous fascinait autrefois comme étant la scène de nos plaisirs, se change pour nous en un lieu d’amère servitude. Le péché entraîne l’amertume dans son sillage et nous ne pouvons y échapper. Cet aspect est aussi présenté en Exode 12:8 où il est dit que l’agneau de la Pâque devait être mangé avec des « herbes amères » ; et en Exode 15:23, que les eaux « amères » de Mara les attendaient à l’entrée du désert. Heureux sommes-nous lorsque les “plaisirs du péché” perdent leur attrait et que “l’amertume du péché” remplit nos âmes.
1.3 - V. 15-22 — L’ordonnance d’extermination des enfants mâles
La dernière partie du premier chapitre révèle les mesures désespérées prises par le Pharaon pour tenter d’endiguer l’action de Dieu. Son premier effort pour détruire les enfants mâles échoua, car les sage-femmes avaient la crainte de Dieu. Son deuxième effort, qui consistait à jeter tous les enfants mâles dans le fleuve, fut confié au peuple en général, et cela sembla être une réussite totale.
2 - Ch. 2 — Moïse est suscité
2.1 - V.1-4 — Un Résidu pieux
Mais dès le début d’Exode 2 nous découvrons deux choses. D’abord qu’il y avait encore parmi les fils d’Israël des hommes et des femmes de foi. C’est ce qui ressort d’Hébreux 11:23, où il est parlé de la foi, non de Moïse, mais de ses parents. D’après notre chapitre, quand Moïse fut né, sa mère le cacha pendant trois mois, car elle vit qu’il était beau. Le verset de l’épître aux Hébreux révèle que son père et sa mère virent qu’il « était beau », et l’œil de la foi étant fixé sur Dieu, ils ne craignirent pas l’ordonnance du roi. Un plus grand que le Pharaon demandait leur soumission.
2.2 - V. 5-10 — L’Éternel retourne les mauvais desseins de l’homme
La deuxième chose à noter est qu’une fois de plus, Dieu fait en sorte que la colère de l’homme le loue (Ps. 76:10). Le méchant dessein du roi préparait le terrain pour que le futur libérateur d’Israël soit amené dans sa propre maison et à sa cour, et qu’il acquière une expérience des us et coutumes égyptiennes qui lui servit lorsque, comme fruit de la discipline de Dieu, il fut prêt à agir au nom de l’Éternel. L’histoire de Moïse dans le coffret de joncs est si connue qu’il n’est pas nécessaire d’attirer l’attention sur l’habileté de la main divine, qui ordonna que Moïse soit nourri par sa propre mère, qu’elle en reçoive un salaire, et que finalement il soit adopté par la fille du Pharaon. Le pharaon de l’époque était loin de penser que son dessein de “mort” préservait la “vie” de l’homme que Dieu voulait utiliser pour renverser la puissance de l’Égypte au temps de son successeur. Mais ce fut ainsi.
La fille du pharaon l’appela Moïse, ce qui signifie “Tiré hors de”, parce qu’elle l’avait tiré des eaux. C’était pourtant un nom approprié puisque Dieu l’avait tiré, ou plutôt appelé, à devenir Son serviteur d’une manière très spéciale.
2.3 - V. 11 — Moïse instruit dans la sagesse des égyptiens
Dans l’Exode, il n’est parlé de Moïse que dans la mesure où cela correspond à l’objectif de ce livre, qui rapporte, en type, la rédemption d’Israël hors de l’Égypte. En passant du verset 10 au verset 11, il est dit : « il arriva en ces jours-là » ; nous pourrions supposer que l’incident relaté eut lieu peu de temps après qu’il soit entré sous la protection de la fille du Pharaon, mais d’après le discours d’Étienne en Actes 7, plusieurs années, probablement plus de 20, se sont écoulées entre ces deux versets. Il était devenu grand, mais dans l’Exode cela est passé sous silence.
Étienne dit : « Et Moïse fut instruit dans toute la sagesse des égyptiens ; et il était puissant dans ses paroles et dans ses actions ». Cela nous apprend qu’il était ce que le monde appellerait un génie. On trouve beaucoup de beaux parleurs –– ils ont des dons d’éloquence, mais ne sont guère des hommes d’action. Il y en a d’autres dont la capacité se manifeste dans ce qu’ils font ; leurs actions sont sages et puissantes, mais leur parole n’a pas de puissance. L’homme qui brille dans les deux sphères est rare.
En Moïse, trois choses étaient réunies : éducation, éloquence et action. Nous aurions pu dire : Voilà un homme parfaitement équipé pour le service de Dieu ! Mais il n’en était pas ainsi !
2.4 - V. 11-14 — Tentative de Moïse de délivrer le peuple
2.4.1 - Les motivations intérieures de Moïse selon Actes 7
Le discours d’Étienne, en Actes 7, nous apprend qu’au moment de l’événement relaté en Exode 2:11-15, Moïse était « parvenu à l’âge de quarante ans ». Il avait atteint une maturité complète et une grandeur remarquable dans les cercles les plus élevés de la cour d’Égypte et, si nous n’avions que le récit de l’Exode, nous serions enclins à penser que le meurtre de l’égyptien était simplement dû à un accès soudain d’indignation. En lisant Hébreux 11:24-26, nous découvrons qu’il s’agissait de l’extériorisation d’une résolution intérieure, qui avait été prise dans la force de la foi.
L’Exode relate brièvement les “faits” visibles de l’épisode. Actes 7 nous dit ce qui était “dans ses pensées”, ce qui l’a conduit à agir comme il l’a fait. Quant à l’histoire, il savait qu’il était issu d’Israël et il partageait les espérances d’Israël, bien qu’il fût un grand homme parmi les égyptiens. L’Hébreu agressé était son frère. Il « regarda ça et là », et comme il n’y avait pas de témoins, s’identifiant à l’Hébreu il tua l’égyptien. Mais ce qu’il avait dans le cœur, c’était la conviction que Dieu allait délivrer les fils d’Israël par sa main, et « il croyait que ses frères comprendraient » qu’il en serait ainsi.
2.4.2 - Comparaison avec le rejet du Seigneur Jésus
Mais ses frères ne comprirent pas, car ils ne partageaient pas sa foi. En conséquence, ils le rejetèrent en tant que libérateur, préférant continuer leurs mauvaises manières d’agir et ne pas susciter de représailles de la part des autorités de l’Égypte. En Actes 7, Étienne est amené à préciser ces points, afin de montrer qu’en rejetant le Seigneur Jésus, les Juifs ont reproduit, à une échelle infiniment plus grave, ce que leurs pères avaient fait auparavant avec Moïse. Dans le Seigneur Jésus, il n’y avait pas la moindre imperfection. Chez Moïse, l’échec est patent. Ses désirs étaient justes, son action mauvaise.
2.4.3 - Échec quand on agit selon ses propres pensées
Combien de fois cela n’a-t-il pas été le cas pour tous les serviteurs de Dieu, à l’exception du seul Serviteur parfait ! Il nous arrive souvent de “voir” un “tort” qui devrait être vengé –– ou éventuellement un “droit” qui devrait être établi –– et d’agir hâtivement, persuadés que Dieu l’approuverait. Nous “pensons” nous aussi, être libres d’accomplir l’œuvre de Dieu à notre manière et avec nos propres forces, et que tout le monde comprendrait. Pierre en fournit un exemple dans le Nouveau Testament. Se tenir aux côtés du Seigneur à l’heure de Son épreuve était certainement une bonne chose, et Pierre “pensait” avoir la grâce et la puissance pour le faire. Comme pour Moïse, sa déconfiture fut complète, mais comme Moïse, il fit ensuite dans la puissance de Dieu ce qu’il n’avait pas réussi à faire par sa propre sagesse et sa propre force, comme nous le voyons en Jean 21:19.
2.4.4 - Foi de Moïse selon Héb. 11 : Être dans l’affliction avec le peuple de Dieu et accepter l’opprobre de Christ
Mais si l’Exode nous donne l’histoire apparente et les Actes ce qui se passait dans l’esprit de Moïse, nous découvrons en Hébreux 11 la “foi” étonnante “qui illuminait ses pensées” et qui l’a conduit à son grand renoncement – une décision remarquable rapportée dans l’Écriture. Pour lui, la nation d’esclaves en Égypte était « le peuple de Dieu ». Tout ce que l’Égypte avait à lui offrir était « les délices du péché », bien qu’il y ait eu « les richesses de l’Égypte ». Sa foi avait alors une qualité qui nous rappelle les rayons X, qui pénètrent sous la surface des choses. Elle voyait à travers les Israélites opprimés, aussi peu attrayants qu’ils fussent pour beaucoup, et elle découvrait que Dieu était derrière eux et à côté d’eux. Quand les richesses de l’Égypte, avec tous leurs délices, passèrent sous ses yeux, il discerna bien au-delà, « la récompense de la rémunération ».
C’est pourquoi il préféra « être dans l’affliction avec le peuple de Dieu », et « estima l’opprobre du Christ » d’une valeur inestimable. Tout cela se passait environ 1 500 ans avant la venue du Seigneur Jésus Christ. Quand Celui-ci apparut, nous avons l’exemple suprême de Celui qui s’est abaissé des hauteurs de la gloire divine pour prendre en charge la cause d’hommes pécheurs, avec tout l’opprobre que cela impliquait. La démarche de Moïse était une faible préfiguration de ce merveilleux événement. L’opprobre qu’elle impliquait pour lui était, dans son principe et son caractère, l’opprobre du Christ.
2.4.5 - Rôle de la Providence de Dieu
Remarquons encore une chose. L’élévation de Moïse dans une position d’influence et de puissance en Égypte était un acte spécial de la providence de Dieu. Cependant, ce n’est pas la providence qui doit nous guider, mais plutôt la foi. Le raisonnement naturel aurait dit : « La Providence m’a clairement placé à la cour du Pharaon d’une manière remarquable, je dois donc être guidé par la Providence et y rester ». La foi a discerné que la Providence n’était qu’un moyen de parvenir à une fin, le préparant à l’étape que la foi lui indiquerait en son temps. Nous aussi, dans nos affaires beaucoup plus modestes, rappelons-nous que c’est la foi en la parole de Dieu qui doit nous guider, et non les interventions de la Providence.
2.5 - V. 15 — Fuite de l’Égypte
L’effet immédiat de cette intervention de Moïse fut de fuir de l’Égypte et de séjourner en Madian pendant quarante ans. Lorsqu’il constata que la chose était connue et que son action, même bien intentionnée, était rejetée par son peuple, il partit. L’Exode donne l’impression que le motif dominant chez lui fut la colère du Pharaon. Actes 7:29 jette une lumière différente sur cette question. « Moïse s’enfuit à cette parole » — la parole de l’offenseur : « Qui t’a établi chef et juge sur nous ? ». Il est donc évident que c’est le rejet par son propre peuple qui le toucha au vif. Quarante ans plus tard, le peuple dut découvrir que c’était DIEU qui l’avait établi chef et juge sur eux, mais pour l’instant, il était perdu pour eux.
2.6 - V. 15-22 — Fuite par la foi selon Héb. 11 et Actes 7
En Exode 2, les quarante ans suivants de la vie de Moïse sont résumés par les v. 15 à 22. Nous voyons à nouveau Dieu agir dans Sa providence et donner à Moïse une maison et une femme dans un pays étranger. Le nom qu’il donne à son fils montre qu’il comprenait que Madian n’était pas le lieu que Dieu lui destinait et que ses attentes se situaient hors de ce lieu. Seul le soutien divin put lui permettre de supporter les longues années d’exil, ne faisant rien d’autre que garder les brebis de son beau-père, selon Exode 3:1. C’était une énorme humiliation après la place princière qu’il occupait en Égypte. Qu’est-ce qui l’a soutenu ?
Nous pensons qu’Hébreux 11:27 se rapporte à cette période bien que certains considèrent que ce passage se réfère à la sortie d’Égypte par tout le peuple. Les événements mentionnés en Hébreux 1, jusqu’au v. 31, sont dans l’ordre chronologique, et si le v. 27 n’avait pas eu lieu avant le v. 28, la chronologie serait rompue dans ce seul cas. De plus, comme nous l’avons vu, Actes 7 montre que ce qui a poussé Moïse à s’enfuir, c’est la forte déception de voir son intervention bien intentionnée rejetée par le peuple même en faveur duquel il l’avait faite, de sorte que le peuple ne l’a pas reconnu comme un homme envoyé par Dieu. C’est “cela”, et non la colère du roi, qui l’a fait fuir du milieu d’eux.
En acceptant cette interprétation du v. 27, nous voyons d’emblée ce qui l’a soutenu pendant ses mornes années d’exil. L’homme qui avait conduit des multitudes au milieu des splendeurs de l’Égypte, passait maintenant ses années à conduire un troupeau de brebis insensées ! Pourtant, « il tint ferme, comme “voyant celui qui est invisible” ». En Actes 7, il est dit qu’il a agi en « “voyant” l’un d’eux à qui l’on faisait tort ». Quand le mal existe, il est bon que nous le voyions, mais si c’est tout ce que nous voyons, nous nous trompons facilement nous-mêmes. C’est quand l’œil de la foi est fixé sur Dieu que nous agissons bien. Il nous est dit que « la foi est … la conviction des choses “qu’on ne voit pas” » (Héb. 11:1). La foi peut voir ce qui est invisible à l’œil naturel.
Il en fut ainsi pour Moïse. Dieu était devant les yeux de son cœur pendant ces quarante ans, c’est pourquoi la discipline à laquelle il était soumis porta ses fruits merveilleux en son temps. Au cours des premières quarante années, il était devenu quelqu’un de très important en Égypte ; et au cours des secondes quarante années en Madian, il apprit à n’être “Personne” dans le monde des hommes.
Dieu allait lui confier une œuvre d’une telle ampleur que cette longue période de discipline et d’humilité était nécessaire.
2.7 - V. 23-25 — Mort du Pharaon, souffrances du peuple
Les derniers versets d’Exode 2 relatent la mort du Pharaon de l’époque, mais l’oppression d’Israël continuant, Dieu entendit leurs cris et leurs gémissements et se souvint de son alliance avec Abraham.
Notons que Son intervention et Sa rédemption d’Israël de la maison de servitude ont eu lieu dans le cadre de cette alliance, et que l’alliance de la loi n’a été proposée qu’à partir d’Exode 19.
3 - Ch. 3 — Dieu vient à la rencontre de Moïse
3.1 - Apparition de l’Ange de l’Éternel dans le buisson ardent
À la fin des quarante années passées en Madian, Moïse avait conduit le troupeau de Jéthro dans les environs d’Horeb, qui semble être un terme un peu général englobant le groupe de montagnes dont le Sinaï est le sommet principal. C’est à cet endroit que Dieu lui apparut et qu’il reçut sa mission, à l’endroit même où il devait conduire le peuple après sa délivrance d’Égypte et où devait être promulguée la loi, qui resté pour toujours qualifié de loi de Sinaï.
Dans l’Ancien Testament, Dieu est apparu aux hommes à plusieurs reprises ; ces apparitions variaient en mode et en caractère, selon les communications ou révélations qui étaient faite. Ici, l’Ange de l’Éternel lui apparut dans un buisson ardent de feu. Dans l’Ancien et le Nouveau Testament, le mot utilisé désigne un buisson d’épines ou de ronces, un buisson de peu de valeur que le feu aurait tôt fait de consumer. Mais Dieu était dans le buisson, c’est pourquoi il n’était pas consumé.
Cette vision visiblement contre nature, attira Moïse. Il devait apprendre que, même si « notre Dieu est un feu consumant » (Héb. 12:29), il pouvait demeurer au milieu d’un peuple qui, en lui-même, était épineux et propre à alimenter des flammes, “sans pour autant être consumé”. C’était bien une “grande vision”, et il est certain que pendant les quarante ans passés dans le désert, quand l’Éternel habitait au milieu d’Israël rebelle dans une colonne de feu, Moïse a dû penser à la manière dont Dieu s’était révélé à lui au début, dans Sa grande bonté.
Dans cet incident, l’Ange ou le Messager de l’Éternel, est l’Éternel lui-même, comme nous le voyons en comparant les v. 2 et 4. Dans ces conditions, Moïse dut se tenir à distance et ôter ses sandales, en signe que le lieu était saint et qu’il n’était qu’un serviteur. La distance était nécessaire, mais elle n’était pas aussi prononcée qu’elle le fut plus tard, quand la loi fut donnée, et cela sans doute parce que l’Éternel se révéla d’emblée à lui comme « le Dieu d’Abraham, le Dieu d’Isaac et le Dieu de Jacob ». Le Dieu qui avait institué l’alliance de la promesse n’était pas aussi terrible que lorsqu’Il institua la loi depuis le Sinaï.
C’est à cette déclaration que le Seigneur se référa lorsqu’Il réprimanda les sadducéens, en Matthieu 22:23-33. Les patriarches décédés étaient hors du monde des hommes, mais vivaient dans la présence de Dieu, et c’est ce qui garantissait une résurrection à l’heure fixée par Dieu ; une résurrection qui, en outre, impliquait une entrée dans un ordre de choses nouveau et céleste. On notera aussi que le Seigneur dit au sujet de cette déclaration : « ce qui “vous” est dit ». Ce qui a été dit à Moïse vaut pour tous et pour tous les temps.
3.2 - V. 7-10 — L’Éternel déclare trois choses
Après s’être révélé à Moïse de cette manière, l’Éternel déclara trois choses.
3.2.1 - L’Éternel est attentif à la souffrance de Son peuple
Premièrement, Il se montrait attentif aux cris de Son peuple et compatissait à leurs souffrances. Pendant un siècle ou deux, Il avait semblé être indifférent. Mais il n’en était rien. Dieu n’est jamais pressé, et Il intervient en Son temps, qui est le bon. Les trois déclarations du v. 7 sont très touchantes : Il avait “vu” ; Il avait “entendu” ; Il “connaissait” leurs douleurs. Il en est toujours ainsi pour tout Son peuple, entre autres pour nous. La délivrance d’Israël impliquait des jugements drastiques sur l’Égypte, et notre Dieu est lent à la colère. Nous demandons-nous pourquoi le Seigneur Jésus, qui vient bientôt, n’est pas encore venu ? Souvenons-nous que Son avènement entraînera des jugements terribles sur un monde coupable.
3.2.2 - L’Éternel a l’intention de délivrer Son peuple
Deuxièmement, Il déclara Son intention de délivrer Son peuple de l’esclavage de l’Égypte et de l’amener dans un pays « ruisselant de lait et de miel ». C’est ce qu’était la Palestine, comme le confirment les espions en Nombres 13:27 ; c’est ce que sera le pays dans un jour prochain, bien que depuis des siècles ce soit la désolation. Les bénédictions de ce pays étaient terrestres, mais elles venaient de la main de Dieu et n’étaient pas le résultat d’une irrigation et d’un labeur comme dans le cas de l’Égypte.
3.2.3 - L’Éternel se servira de Moïse pour intervenir auprès du Pharaon
Troisièmement, Il dit à Moïse qu’il serait le serviteur chargé d’affronter le puissant monarque, le Pharaon, et de délivrer les fils d’Israël de sa main. Comme le dit Étienne, « ce Moïse qu’ils avaient rejeté … celui-là Dieu l’a envoyé pour chef et pour libérateur par la main de l’Ange qui lui était apparu au buisson ». Ce qu’il avait tenté d’accomplir par sa propre sagesse et sa propre force, et qu’il n’avait pas réussi à faire, il va maintenant l’accomplir par la sagesse et la puissance de Dieu.
3.3 - V. 11-12 — Réticence de Moïse. L’Éternel garanti Son soutien
L’heure était venue d’agir, pour Dieu ; mais Moïse, qui quarante ans auparavant s’était tant avancé, recule maintenant. Dieu avait dit qu’Il l’enverrait, et Il n’envoie jamais un serviteur sans lui donner la puissance nécessaire à l’accomplissement de la mission pour laquelle Il l’envoie. Mais pour l’instant, Moïse a les yeux fixés sur lui-même et non pas sur Dieu. Il tient ce langage : « Qui suis-je, moi, pour que j’aille ? ». Pendant les nombreuses années passées à Madian, il avait renoncé à toute pensée de grandeur, ce qui était une bonne chose ; mais maintenant, il était passé à l’autre extrême.
Occupé de lui-même, Moise était obsédé par la conviction de sa propre petitesse. Il n’avait pas encore appris que c’est la voie de Dieu de prendre et d’utiliser seulement ceux qui sont petits à leurs propres yeux. Leur petitesse permet à Dieu de déployer sa propre puissance.
C’est pourquoi Dieu lui donne l’assurance : « Je serai avec toi ». Bien sûr, cela garantissait tout, mais Moïse était lent à le croire ; alors Dieu daigna lui donner un gage. Quand Dieu avait fait la promesse à Abraham, Il avait tenu compte de la fragilité de la foi humaine, et avait confirmé son dessein par un serment, comme le rappelle Hébreux 6:17. Avec Moïse, Il ne confirma pas Sa parole par un serment, mais par un gage que nous verrons s’accomplir plus loin dans ce livre. Mais Moïse devait accepter la mission que Dieu lui confiait, et l’exécuter avant que le gage s’accomplisse ; aussi l’assurance qui venait de lui être donnée n’a pas suffi à lui donner confiance pour accomplir sa tâche.
3.4 - V. 13-15 — Objection de Moïse concernant le Nom. Révélation de « JE SUIS »
C’est pourquoi, au v. 13, Moïse soulève une grande question pour objecter à ce qui lui était proposé. Les fils d’Israël avaient vécu plusieurs siècles dans un pays idolâtre et connaissaient donc bien les noms des fausses divinités égyptiennes. Moïse devait aller vers eux au nom du Dieu de leurs pères, mais, troublés par tout ce qui les entourait, ils ne manqueraient pas de demander : « Quel est son nom ? »
Cela conduisit à une nouvelle révélation de la part de Dieu. Il se fit connaître comme le grand « JE SUIS » — Celui qui existe par Lui-même, qui existe éternellement, qui est immuable et qui est donc toujours fidèle à ce qu’Il est en Lui-même. Israël devait se révéler être un peuple instable et au cou raide, et s’il n’avait eu affaire à « JE SUIS », ils auraient rapidement disparu en jugement. Dieu les a supportés longtemps et finira par réaliser tous Ses desseins à leur égard, car Lui est toujours fidèle à Lui-même. Nous ferions bien de nous rappeler que, bien que nous connaissions maintenant Dieu d’une manière beaucoup plus intime, tel qu’Il a été révélé en Christ, nous ne perdons pas pour autant la valeur de ces révélations antérieures. Celui que nous connaissons comme Père est toujours « JE SUIS » pour nous, tout comme Il l’était pour Moïse et les fils d’Israël.
Ce fait est expressément énoncé au v. 15. En regardant en arrière, le « JE SUIS » est « l’Éternel, le Dieu de vos pères ». En regardant vers l’avenir, Il déclare que c’est Son nom éternellement, et Son mémorial pour toutes les générations. Il est donc évident que ce grand nom portait la révélation de Dieu à un sommet, pour ce qui concerne l’Ancien Testament.
3.5 - V. 16-18 — Communication du message de l’Éternel aux anciens d’Israël, puis au Pharaon
Arrivés à ce point, voyons le v. 3 du ch. 6. Dieu avait été connu des patriarches comme le Dieu Tout-puissant, Il avait été mentionné comme le Très-Haut, mais « l’Éternel » porte en soi une plénitude de sens que l’on ne retrouve pas dans ces autres termes. Les patriarches connaissaient le nom même de l’Éternel (Jéhovah/Yahweh), mais ils n’en comprenaient pas toute la portée qui allait maintenant être révélée par Moïse. Ayant été mis en lumière, il reste en vigueur pour l’éternité.
Après S’être révélé et avoir ainsi répondu à la question de Moïse, Dieu lui indiqua comment s’adresser aux anciens d’Israël, puis avec eux, s’adresser au Pharaon. Il devait déclarer aux anciens que Dieu se souvenait des pères, qu’Il avait noté et se souciait de tout ce que l’Égypte leur avait fait subir, et qu’Il leur promettait de les en faire sortir, pour entrer dans le pays ruisselant de lait et de miel. Ensuite, ils devaient tous se rendre auprès du roi pour lui demander de la part de l’Éternel, le Dieu des Hébreux, de les laisser partir le chemin de trois jours dans le désert afin que, libérés des souillures de l’Égypte, ils puissent Lui offrir des sacrifices.
3.6 - V. 19-22 — Manière dont le peuple sortirait d’Égypte
En même temps, Moïse ne devait pas se faire d’illusion sur la manière dont le roi réagirait à cette demande, et les quatre derniers versets du chapitre annoncent ce qui se passerait. Le Pharaon opposerait une résistance puissante et obstinée. Mais l’Éternel étendrait Sa main par des prodiges, frappant en jugement, de sorte que la “puissante main” du roi perdra sa force et qu’il les relâcherait. Et Dieu le ferait de telle manière que le peuple égyptien sera heureux de les voir partir. Les fils d’Israël pourraient leur demander de grandes faveurs et sortir enrichis. Ces quatre versets sont donc une prophétie dont l’accomplissement se voit dans les dix ou onze chapitres suivants.
Les incrédules se sont emparés du mot « emprunter » que la version autorisée anglaise KJV utilise au v. 22 (ch.3), pour objecter qu’il représente Dieu disant au peuple de pratiquer la tromperie en prétendant emprunter ce qu’ils n’avaient jamais eu l’intention de rendre. Ce mot revient en Exode 11:2 et 12:35. Mais le mot est en réalité « demander », et c’est ainsi qu’il est traduit dans la version Darby. Le peuple n’avait été que des esclaves, travaillant pour leur simple subsistance. La situation devait être entièrement inversée, et leurs anciens maîtres les craindraient et leur donneraient ce qu’ils demanderaient. Tout ce qu’ils pourraient emporter d’Égypte ne serait qu’une fraction de ce qui leur était réellement dû.
4 - Ch. 4 — Moïse continue d’être réticent
4.1 - V. 1 — Troisième objection de Moïse pressentant l’incrédulité du peuple
Moïse ne fut toujours pas satisfait et souleva une troisième objection : le peuple ne l’écouterait pas et ne croirait pas que l’Éternel lui était apparu. C’est ce que l’on voit au verset 1. Moïse savait qu’ils étaient incrédules par nature. L’Éternel le savait aussi, et c’est pourquoi Il ne l’a pas réprimandé, mais lui donna trois signes miraculeux pour qu’il puisse convaincre le peuple de la réalité de sa mission. Deux de ces signes furent accomplis sur Moïse sur le champ.
4.2 - V. 2-5 — Signe de la verge devenant serpent
Le premier signe se trouve aux v. 2 à 5. La verge est le symbole de l’autorité. Jetée à terre, et ainsi avilie, elle devient tout à fait mauvaise, et même satanique, au point qu’un homme peut fuir devant elle. Mais Moïse saisit le serpent par la queue, comme il lui était ordonné, et le serpent redevint une verge dans sa main. La signification de ceci est claire. Le pouvoir en Égypte était avili et satanique. Sur l’ordre de Dieu, Moïse s’en emparerait, lorsque l’autorité, arrachée à Satan, serait entre ses mains. Nous vivons à une époque où le pouvoir satanique est de plus en plus criant. Mais nous, chrétiens, n’avons pas l’ordre de saisir le serpent par la queue. Si nous essayons de le faire avant l’heure, nous ne ferons que nous faire mordre. Cette action est réservée à Celui dont Moïse est le type. Il le fera finalement et glorieusement lors de Sa seconde venue.
4.3 - V. 6-8 — Signe de la main devenant lépreuse
Un deuxième signe est donné aux v. 6 et 7. Il ne concerne pas la puissance extérieure comme le premier, mais la souillure intérieure. Moïse devait mettre sa main dans son sein ; elle en sortit lépreuse et souillée. Ce n’était pas sa main qui souillait son cœur, mais son cœur qui souillait sa main. Nous avons ici une image de ce que notre Seigneur a enseigné en Marc 7:21-23. Puis, comme il lui était ordonné, Moïse porta de nouveau sa main souillée vers son cœur, et elle redevint saine comme l’autre. C’est un signe que la purification doit commencer dans le cœur, qui est invisible. Ce n’est qu’ainsi que la main, qui est visible, peut être purifiée.
4.4 - V. 9 — Signe de l’eau changée en sang
La signification de ces signes n’aurait pas été évidente pour le peuple, et ne l’ont peut-être pas été pour Moïse, mais ils seraient au moins la preuve que la puissance de Dieu était avec lui. Mais si ces deux signes ne suffisaient pas à convaincre le peuple, un troisième était commandé. Moïse devait prendre de l’eau du Nil et la verser ; elle deviendrait du sang — c’était un échantillon préliminaire de la première plaie qui tomba sur l’Égypte. C’était un signe de simple jugement. Le Nil était la source naturelle de la fertilité et de la prospérité de l’Égypte. La source terrestre de leur vie devait devenir la mort ; leur bénédiction devait devenir une malédiction.
Nous pouvons remarquer que ce n’est qu’au v. 28 que Moïse donna ces signes au peuple, et là, les confia à Aaron qui agit comme représentant de Moïse.
4.5 - V. 10-12 — Quatrième objection de Moïse fondée sur son manque d’éloquence
Mais même ainsi, ces signes n’ôtèrent pas les objections de l’esprit de Moïse, et au v. 10, nous le voyons faire une quatrième objection, fondée sur son manque d’éloquence, comme si le message de Dieu avait besoin de l’éloquence humaine pour être efficace. Nous nous souvenons de la déclaration d’Étienne, parlant de l’époque où il était encore reconnu comme le fils de la fille du Pharaon, et disant qu’il était « puissant en paroles », et voilà que maintenant il plaide que « je ne suis pas éloquent, “ni d’hier ni d’avant-hier”… » ; cela nous laisse étonnés. Mais, connaissant un peu la nature humaine, nous pensons que ce n’est pas qu’il avait vraiment perdu son éloquence, mais les quarante années de discipline dans le désert avaient complètement brisé sa confiance en lui-même, et il était devenu tellement occupé de soi, qu’il était peu disposé à répondre à l’appel et à la mission de Dieu.
Il avait besoin d’être conscient de Dieu pour ne plus se voir, lui. D’où les paroles de l’Éternel à son égard, rapportées aux v. 11 et 12. La bouche de Moïse devait être simplement comme un instrument sur lequel l’Éternel jouerait, et le fait que Moïse puisse ou non bien en jouer était sans importance. C’est une leçon que tout serviteur de Dieu a besoin d’apprendre. L’apôtre Paul l’avait apprise, comme nous le voyons en 1 Corinthiens 2:1, et 2 Corinthiens 4:2,7.
4.6 - V. 13-17 — Tentative de Moïse de refuser la mission. Aaron le remplacera partiellement
Une fois encore, et pour la cinquième fois, au v. 13, Moïse voulait décliner l’honneur de cette mission de l’Éternel. L’homme qui, autrefois, courait sans être envoyé, ne veut plus courir quand Dieu lui ordonnait et l’assurait que Sa puissance l’accompagnerait ! Mais c’est ainsi que la chair agit en chacun de nous, même si le service que le Seigneur peut nous confier est minime par rapport à celui de Moise. Un tel recul peut avoir l’apparence de l’humilité, mais il naît en réalité de “l’occupation de soi” et, en fin de compte, nous constatons que cette occupation n’est pas le fruit de l’humilité, mais de l’“orgueil”.
Or, parmi tout, c’est l’orgueil qui déplaît le plus à Dieu, et c’est pourquoi « la colère de l’Éternel s’embrasa contre Moïse ». En conséquence, une partie de l’honneur et de l’activité de cette grande mission serait transférée à Aaron, qui serait le porte-parole. Cependant, Moïse devait être pour lui « en la place de Dieu », c’est-à-dire que l’Éternel continuerait à avoir affaire directement avec Moïse et qu’Aaron recevrait toutes ses instructions par son intermédiaire. La verge que Moïse avait tenue en main lui était pour ainsi dire rendue de la main de Dieu, en signe de l’autorité dont il était investi. La suite de l’histoire montre l’accomplissement de tout cela. Nous lisons à plusieurs reprises : « L’Éternel dit à Moïse » et, à des moments critiques, la verge apparaît dans sa main.
4.7 - V. 18-23 — Dieu donne à Moïse les paroles à dire au Pharaon
Finalement Moïse fut prêt à obéir. La voie lui est ouverte pour retourner en Égypte avec la verge dans sa main, cette verge étant appelée désormais « la verge de Dieu ». Mais même s’il est désormais revêtu de l’autorité, il avait besoin de savoir exactement ce à quoi il avait à faire face. Dieu lui donne les paroles, mais malgré ces paroles appuyées par des actes puissants, le Pharaon résisterait et Dieu endurcirait son cœur. On peut lire ici Exode 9:16, cité en Romains 9:17. Ce Pharaon, quel que soit son nom dans l’histoire séculaire, avait été amené au trône d’une manière inhabituelle par la main de Dieu qui contrôle tout, et s’était déjà opposé au Tout-Puissant, de sorte que le moment était venu pour lui d’être abaissé d’une façon extraordinaire. Dieu allait maintenant endurcir son cœur et sceller ainsi son sort. Nous verrons en lui ce qui sera vu chez Nebucadnetsar : Dieu « est “puissant pour” “abaisser” ceux qui marchent avec orgueil » (Dan. 4:37).
La situation est résumée de manière imagée dans les v. 22 et 23. Dieu adoptait Israël comme son fils, son premier-né, et exigeait qu’il soit libéré. Si le Pharaon ne le laissait pas partir, c’est son propre fils, son premier-né, qui serait tué. Les jugements préliminaires sont passés sous silence. Le jugement final est brandi comme menace, et nous en voyons l’accomplissement en Exode 12.
4.8 - V. 24-26 — Sephora et la circoncision
L’épisode relaté aux v. 24 à 26 s’explique en observant que Dieu intervenait en faveur d’Israël dans le cadre de l’alliance qu’Il avait conclue avec Abraham, comme indiqué en Genèse 17:1-14. La circoncision était le gage ou le signe de cette alliance, et Dieu avait clairement déclaré que si la circoncision n’était pas observée, la mort en serait la sanction. Moïse, choisi pour être l’acteur principal de la délivrance d’Israël dans le cadre de cette alliance, n’avait pas respecté le signe ! En tant que responsable, il était passible de mort ! Il semblerait que Séphora, sa femme, ne sachant rien de l’alliance, s’y soit opposée, mais qu’elle ait finalement cédé et agi elle-même, bien qu’avec irritation. Il était pour elle un époux de sang.
Ici, le « premier-né » est bien en vue. Israël est considéré comme “le premier-né de Dieu”. Si le Pharaon refusait de le reconnaître, Dieu tuerait “son premier-né”. Et maintenant, la sentence de mort devait s’abattre, en type, sur le “premier-né de Moïse”, sinon, la mort même tomberait sur Moïse par la main de Dieu. La signification du rite de la circoncision apparaît clairement ici. C’est le signe de la mort apposé sur la chair. Cette signification est corroborée par ce que l’apôtre Paul écrit en Philippiens 3:3 : « Nous sommes la circoncision, nous… qui n’avons pas confiance en la chair ».
4.9 - V. 27-31 — Moïse présenté au peuple et accepté comme chef désigné par Dieu
Moïse ayant accepté la circoncision, nous voyons, dans les cinq derniers versets du chapitre, que la main de Dieu était avec lui et que tout se déroulait normalement, avec précision. L’Éternel donne des instructions à Aaron, qui obéit et va à la rencontre de Moïse. Ensemble, ils entrent en Égypte, s’adressent aux anciens d’Israël qui croient et se prosternent. Ce Moïse, qui avait été rejeté quarante ans auparavant, était maintenant accepté comme leur chef désigné par Dieu. « Celui-là, Dieu l’a envoyé pour chef et pour libérateur, par la main de l’ange qui lui était apparu au buisson » (Actes 7:35).
5 - Ch. 5 — Avertissement donné au Pharaon
5.1 - V. 1-5 — Premier refus du Pharaon
Le contraste entre la fin du ch. 4 et le début du ch. 5 est très marqué. Au ch. 4, les fils d’Israël ont cru les paroles de Dieu en voyant les signes, et ils ont adoré. Au ch. 5, le Pharaon a entendu les paroles de Dieu avec incrédulité et a répondu avec insolence.
La parole qui lui fut adressée était : « Laisse aller mon peuple… ». Ainsi, l’Éternel a immédiatement revendiqué le peuple comme étant le “Sien”, alors que pendant un siècle ou deux, les pharaons d’Égypte avaient considéré le peuple comme “le leur”, et en avaient fait des esclaves. Ainsi, dès le départ, les deux parties s’affrontaient. L’Éternel revendiquait le peuple que le Pharaon considérait comme sien. Qui l’emporterait ? La question ne pouvait être mise en doute un seul instant.
Il est évident que, dès le début, le Pharaon a défié hardiment la puissance de l’Éternel. Il connaissait très bien les nombreux dieux de l’Égypte, mais pour lui, l’Éternel, le Dieu d’Israël, était le “Dieu inconnu”, et il refusa catégoriquement d’obéir. Il adopta une attitude dure et obstinée qui le caractérisa désormais sous le gouvernement de Dieu.
5.2 - V. 6-23 — Le Pharaon augmente la charge sur le peuple
En réponse à la requête de Moïse et d’Aaron, il ne fit qu’augmenter les fardeaux qui pesaient sur le peuple, rendant leur esclavage plus complet et plus amer. C’est de cette circonstance qu’est né le dicton « faire des briques sans paille », qui signifie « entreprendre une tâche presque impossible ». Ils devaient faire des briques pour que le Pharaon puisse poursuivre ses projets de construction. Sous les ordres des maîtres d’œuvre, ils étaient battus pour aider à consolider le pouvoir du roi qui les tyrannisait.
5.2.1 - Image du monde qui asservit le peuple de Dieu
En 1 Corinthiens 10:6, 11, il nous est dit que les choses qui arrivèrent à Israël sont pour nous des “types”, et à ce stade, nous commençons à voir le type prendre forme. Le Pharaon avait le pouvoir de mort sur les fils d’Israël et les maintenait ainsi en esclavage. Il est donc un type de Satan tel qu’il est présenté en Hébreux 2:14-15. L’Égypte, avec toute sa magnificence, est clairement un type du monde, qui asservit le peuple de Dieu sous la direction du diable et, assez ironiquement, l’utilise pour accroître la puissance et la gloire du système qui les opprime. Dieu mettait maintenant en œuvre la puissance qui devait les délivrer.
5.2.2 - Faiblesse de la foi en face du diable qui redouble d’énergie
Mais le premier effet de cette intervention fut d’accroître la servitude et les misères du peuple. C’était pour leur faire comprendre qu’ils étaient sous une sentence de mort, comme le révèle le v. 21. Ils n’avaient que peu de foi et leur réaction fut de blâmer Moïse et Aaron qui avaient commencé à agir en leur faveur. Même la foi de Moïse fut ébranlée sous la pression, et il se tourna vers Dieu avec une plainte qui avait un caractère de reproche, comme le rapporte les versets 22-23. Combien de fois, lorsque Dieu commence à s’occuper d’une âme en grâce, l’adversaire s’agite aussitôt et redouble d’énergie, de sorte que, pour un temps au moins, les choses vont plus mal et non pas mieux.
6 - Ch. 6 – L’Éternel renvoie Moïse vers le Pharaon
6.1 - V. 1-8 — L’Éternel réaffirme qui Il est, Son Nom, Sa fidélité à l’alliance de la promesse, et ce qu’Il va faire
Exode 6:1-8 relate cependant comment l’Éternel répondit en grâce à cette défaillance tant de Moïse que du peuple. Lisez attentivement ces versets et vous verrez que sa réponse a consisté à se présenter comme l’Éternel, le JE SUIS, fidèle à l’alliance de la promesse faite aux pères. Certains chapitres de la Bible, tels que Job 29, Ecclésiaste 2, Romains 7, sont marqués par la répétition constante du “je” par des hommes insensés. Dans le cas de Job, nous entendons un “je” d’autosatisfaction, dans le cas de Salomon, un “je” d’auto-gratification, dans le cas de Paul, un “je” d’auto-condamnation. Dieu Lui-même est le seul à pouvoir dire à juste titre et en toute vérité “Je”, et nous le trouvons ici 18 fois en 8 versets.
Moïse venait de voir et d’être douloureusement impressionné par ce que le Pharaon avait fait au peuple, aussi la parole de l’Éternel lui fut-elle adressée en ces termes : « Tu verras maintenant ce que je ferai au Pharaon ». Grâce à ce qu’Il allait faire, la main puissante du Pharaon, qui avait été à l’œuvre pour maintenir le peuple en esclavage, serait étendue pour le chasser de son pays. Le Pharaon et son royaume seraient mis sens dessus dessous.
En outre, Dieu insiste beaucoup sur le Nom sous lequel Il vient de se révéler. Il s’était révélé à Abraham et aux pères comme le Dieu Tout-puissant, mais non pas en tant que l’Éternel. Ils connaissaient le nom, mais sa signification leur avait été cachée. Maintenant, sa signification était mise en lumière, et elle devait se manifester dans Ses rapports avec l’homme insolent qui avait commencé à Le défier. C’était l’occasion pour Dieu de se montrer comme le grand JE SUIS — Celui qui existe éternellement, qui est immuable, toujours fidèle à Son dessein et à Sa parole, ayant la suprématie sur toute la puissance qui viserait à Le faire dévier de son plan ou à contrecarrer ce dernier.
Au v. 4, Il mentionne spécifiquement l’alliance de la promesse, en vertu de laquelle Il allait agir en les délivrant d’Égypte et en les amenant dans le pays qu’Il avait prévu pour eux. Leur rédemption de l’Égypte, leur établissement en Canaan, qui avait été la terre de leur pèlerinage quand ils n’y étaient qu’étrangers, tout se ferait sous cette alliance qui avait été conclue 430 ans avant l’alliance de la loi. Galates 3:17 nous dit cela, ainsi que le fait que la loi ne pouvait pas annuler la promesse qui avait été faite. Elle ne le pouvait pas, bien sûr, car c’est l’Éternel qui l’avait faite, même si les implications de ce grand nom n’étaient pas connues d’Abraham. Dieu est fidèle à ce qu’Il est en Lui-même, indépendamment de ce que nous pouvons connaître de Lui. C’est une grande consolation pour nos âmes quand nous saisissons cela. Cette grande déclaration commence et se termine par les mêmes mots : « Je suis l’Éternel » (v. 2, 8).
Pour l’instant, l’angoisse des Israélites était si grande que ces paroles merveilleuses n’avaient aucun effet. Même Moïse avait perdu courage, et sentait que Pharaon ne tiendrait pas compte de ce qu’il pourrait dire. Néanmoins, la parole de l’Éternel était ferme.
6.2 - V. 9-30 — Détails généalogiques établissant l’identité des principaux acteurs
Mais avant de poursuivre le récit sur la manière dont elle fut ferme, nous avons une parenthèse. Le dernier verset du chapitre (v. 30) reprend les paroles de Moïse rapportées au verset 12, et les versets 14-27 nous donnent des détails généalogiques sur les fils de Ruben et Siméon, puis plus particulièrement sur les fils de Lévi, jusqu’à Moïse et Aaron et leurs descendants immédiats. L’identité de ces deux principaux acteurs de Dieu est ainsi établie.
7 - Ch. 7 — Premier signe, première plaie
7.1 - V. 1-7 — L’Éternel redonne Ses instructions à Moïse et Aaron
La manière d’agir envers le Pharaon allait maintenant entrer en phase grave. Les sept premiers versets d’Exode 7 donnent les instructions selon lesquelles Moïse et Aaron devaient agir. Moïse représentait directement Dieu devant le roi, et Aaron agissait comme son « prophète » ou porte-parole. Dieu étant invisible, Moïse devait être Son représentant visible. Aaron devait parler et agir sous la direction de Moïse, bien qu’il fût en fait l’aîné. Une fois de plus, nous voyons comment le premier doit céder la place au second.
7.2 - V. 8-13 — Premier signe donné
Le Pharaon, qui n’avait pas la foi, ne manqua pas d’exiger un signe visible et miraculeux pour accréditer Moïse ; et le signe de la verge de Moïse se transformant en serpent fut donné. Aaron le fit, mais les magiciens d’Égypte montrèrent qu’ils pouvaient eux aussi réaliser ce prodige. Agissant sous le pouvoir de Satan, qui est le serpent, ils pouvaient eux aussi montrer que rejeter l’autorité produit ce qui est satanique. Ils ne s’attendaient pas à l’action suivante, qui les dépassa. La verge d’Aaron engloutit leurs verges. La puissance divine, même si elle est jetée à terre, est plus forte que la puissance de l’ennemi. Malgré cela, le cœur du Pharaon ne fléchit pas.
7.3 - V. 14-25 — Première plaie : eau changée en sang. Les devins font pareil
La première des plaies d’Égypte devait donc avoir lieu le matin, quand le Pharaon se rendrait au bord du Nil. La demande de libération du peuple devait être répétée, et en cas de refus, la verge qui avait été transformée en serpent et qui avait dévoré les verges des magiciens devait être étendue sur le fleuve, et ses eaux seraient transformées en sang. Le fleuve qui était la vie même de l’Égypte fut transformé en un fleuve de mort puant.
Mais une fois de plus, les magiciens prouvèrent qu’ils pouvaient également produire la mort et la puanteur, de sorte que le cœur de Pharaon resta endurci. Que Satan puisse produire la mort, ou ce qui symbolise la mort, n’est pas du tout surprenant, puisqu’il est l’auteur du péché, et que c’est par le péché que la mort est arrivée. Bien que le Pharaon ait pris à la légère cette première plaie, les gens du peuple en ont ressenti le poids qui dura sept jours. C’est, nous le pensons, ce qu’indique le dernier verset du chapitre.
8 - Ch. 8 — Seconde, troisième et quatrième plaies
8.1 - V. 1-8 — Seconde plaie : les grenouilles. Les devins font pareil
À la fin de cette période, l’Éternel, par le moyen de Moïse, réitéra Sa demande de libération de Son peuple, et annonça une deuxième plaie en cas de refus. La demande fut refusée et des millions de grenouilles sortirent des eaux qui avaient été frappées (v. 5-6). Les magiciens montrèrent cependant qu’ils pouvaient eux aussi faire sortir des grenouilles des eaux, minimisant ainsi l’effet du miracle dans l’esprit du Pharaon. Ceux qui connaissent l’Égypte et son histoire disent que le « Nil rouge » était un phénomène annuel et que le fleuve était un lieu de reproduction pour les grenouilles ; mais ce qui arriva ici était tout à fait hors de l’ordinaire, à la fois quant au temps et à l’intensité, et l’invasion de tout le pays par les grenouilles fut une affliction terrible.
Les égyptologues disent également qu’une déesse spéciale était censée présider sur les grenouilles, afin de protéger le pays contre elles. Elle s’appelait Heki et est parfois représentée sur les monuments avec une tête de grenouille. Les égyptiens durent apprendre que Heki n’était rien devant l’Éternel. Cela illustre la parole : « J’exercerai des jugements sur tous les dieux de l’Égypte » (Exode 12:12). Lorsque la première plaie tomba au moment où le Pharaon s’approchait du fleuve, il est également probable qu’il allait adorer le dieu que le Nil était censé représenter.
Si le Pharaon n’a pas tenu compte de la première plaie, selon 7:23, il n’a pas été insensible à la seconde, selon le verset 8. De tous les bras du fleuve, des canaux d’irrigation, des étangs, comme il est indiqué au verset 5, les créatures visqueuses sortirent, pénétrant dans les maisons, dans leurs lits, leurs récipients de nourriture, leurs fours, souillant tout. Les magiciens ont pu contribuer à augmenter légèrement leur nombre, mais ils ne purent pas les faire disparaître. Le Pharaon dut reconnaître que la main de l’Éternel était dans cette terrible affliction. Il fit donc semblant de céder à la demande de Dieu afin que le fléau se retire.
8.2 - V. 9-15 — Retrait de la seconde plaie
Le retrait fut d’autant plus impressionnant que Moïse lui demanda de dire quand il voulait que les grenouilles disparaissent. Les mots « Glorifie-toi sur moi » sont rendus dans la Septante par « Fixe-moi ». La réponse fut : « Demain ». Moïse répondit que l’Éternel, le Dieu d’Israël, prouverait Sa puissance en retirant le fléau comme le roi l’avait stipulé. Il semble évident que le retrait de la plaie de cette manière était un miracle encore plus frappant que celui provoquant son apparition.
Cependant, l’effet de la plaie n’était pas encore terminé car, à l’exception du fleuve, les grenouilles moururent toutes ce jour-là de manière miraculeuse, furent amassées en tas, et la terre puait à cause de leurs cadavres. Mais ce n’était qu’un répit ; le Pharaon s’en aperçut directement, endurcit son cœur et continua à défier Dieu. Le jugement n’avait produit aucun changement vital.
8.3 - V. 16-19 — Troisième plaie : les moustiques. Les devins reconnaissent le doigt de Dieu
Aussi, sans plus attendre et sans en parler au roi, Moïse eut à étendre sa verge et frapper la poussière qui devait se transformer en moustiques dans tout le pays. C’est ce que fit Aaron de la part de Moïse, et l’éprouvante plaie arriva. Les magiciens d’Égypte furent alors déconcertés. De la poussière morte étaient sortis des moustiques vivants. Les magiciens ne purent pas l’imiter et durent l’avouer. Dieu seul peut faire sortir la vie de la mort. Ils ne purent que confesser : « C’est le doigt de Dieu », et se retirer de la compétition. À partir de ce moment-là, nous n’entendons plus parler de tentatives de dépréciation des actes de Dieu par la puissance satanique.
Les spécialistes des langues anciennes nous apprennent que le mot traduit par “moustique” est inhabituel, et que, dans la Septante, il est traduit par un mot qui signifie une sorte de petit moustique. Il importe peu de savoir ce que ce mot signifie exactement, mais il est intéressant d’apprendre que la difficulté est due au fait que le mot n’est pas strictement hébreu. Il s’agit d’une importation de la langue utilisée en Égypte, et c’est l’une des nombreuses preuves internes que le Pentateuque n’a pas été écrit tardivement à l’époque d’Esdras, comme la “Haute critique” voudrait nous le faire croire. Il a été écrit à une époque où ces termes égyptiens étaient bien connus et tout à fait intelligibles pour le lecteur hébreu.
Nous pouvons être reconnaissants à Dieu d’avoir intégré dans la texture même de l’Écriture ces petits signes qui montrent que Moïse, qui connaissait si bien l’Égypte, ses mots et ses coutumes, en était bien l’auteur sous l’inspiration de l’Esprit de Dieu. Ce fait est d’autant plus frappant que le mot utilisé pour désigner les “mouches venimeuses” de la quatrième plaie, n’est pas un mot hébreu, mais un mot propre à l’Égypte.
8.4 - V. 20-32 — Quatrième plaie, en relation avec les dieux de l’Égypte : les mouches venimeuses
Il n’est pas dit que la plaie de moustiques ait été enlevée, mais Dieu dit à Moïse de présenter à nouveau au Pharaon Sa demande de libération du peuple qu’Il revendiquait comme Sien. Il doit à nouveau intercepter le roi en train de se diriger vers le fleuve tôt le matin. Ceux qui ont étudié les archives de l’Égypte ancienne nous apprennent que le Nil était vénéré comme l’une des principales divinités de ce pays rempli d’idoles, et nous nous souvenons que lorsque le fleuve fut frappé par la première plaie, le Pharaon allait dans la même direction le matin (7:15). Cela nous donne l’impression qu’au moment où il allait adorer le dieu du Nil, son dieu fut frappé, comme l’avait été la déesse censée avoir autorité sur les grenouilles. Cela nous montre comment ces jugements ont touché les dieux de l’Égypte, comme le dit Exode 12:12.
Au bord du fleuve, le Pharaon est menacé par la quatrième plaie. Il est question sept fois de “mouches” ou “mouches venimeuses”. Le mot dans l’original est manifestement égyptien et non hébreu, et personne n’en connaît la signification exacte. Certains pensent qu’il s’agirait de “coléoptères”. Si c’était le cas, cela nous ramènerait à l’idée des dieux de l’Égypte, car ils vénéraient le scarabée. (*)
(*) Nous nous arrêtons ici un instant pour observer qu’Urquhart, dans son “Nouveau Guide Biblique”, souligne avec force qu’il existe un certain nombre de mots qui tirent leurs racines de la langue égyptienne et non de l’hébreu, et qui font allusion à des coutumes égyptiennes et à des détails géographiques, qui n’étaient connus que de personnes familières avec l’Égypte, et que ceux-ci sont introduits sans explication. La “Haute Critique”, incrédule, a insisté sur le fait que le Pentateuque n’aurait jamais été écrit par Moïse, mais qu’il serait l’œuvre d’Esdras ou d’un autre de son époque, qu’il s’agissait d’une “pieuse fraude” perpétrée dans l’espoir d’amener le peuple à accorder plus de poids à la loi qu’ils étaient censés observer. Mais Esdras, ou un autre, venant de “Babylone”, n’aurait jamais eu cette connaissance intime des mots et des coutumes “égyptiennes” datant de mille ans auparavant, et si, par miracle, il avait obtenu cette connaissance, il aurait dû insérer des explications pour les rendre intelligibles aux lecteurs de son époque. Non, la marque de l’Égypte du temps de Moïse est bien visible. Il est bon que nous, simples chrétiens, connaissions ces faits, car nous pouvons parfois être confrontés à ces raisonnements incrédules.
8.5 - V. 24-27 — Miracle notoire. Compromis du Pharaon de sacrifier dans le pays
Une autre chose à noter est qu’Israël, dans le pays de Goshen, est entièrement à l’abri des effets de cette quatrième plaie. Comme l’Éternel l’avait dit, les “mouches venimeuses” apparurent le lendemain, sauf en Goshen, ce qui augmentait considérablement la force notoire du miracle. Le pays fut “ruiné” par ces “mouches venimeuses”.
Cette plaie fit manifestement une profonde impression sur l’esprit du Pharaon obstiné qui, pour la première fois, fit mine de céder, mais seulement en faisant une petite concession assez compromettante. Les Israélites seraient libérés brièvement de leurs tâches pour sacrifier à leur Dieu, mais cela devrait se faire en Égypte et non pas hors frontières. Ils pourraient conserver un peu de leur religion tant que leurs liens avec l’Égypte ne seraient pas rompus. — C’est un type du piège qui a tant prévalu dans la chrétienté. Le dieu de ce siècle se satisfait de nous voir pratiquer des observances chrétiennes, tant que nous restons attachés au « présent siècle mauvais » et que celui-ci nous contrôle.
Moïse rejeta aussitôt l’offre, car les sacrifices de l’Éternel sont tels qu’ils seraient une offense mortelle pour le peuple d’Égypte, ce qui pourrait conduire à des meurtres. Là encore, nous pouvons y voir une signification typique, car tout notre culte est basé sur l’excellence unique de Christ qui contraste avec la condamnation de la race d’Adam comme pécheurs déchus. Une doctrine qui implique “ce” jugement est une abomination pour le monde.
8.6 - V. 28-32 — Compromis du pharaon de sacrifier sans séparation franche de l’Égypte. Nouvel endurcissement
Le Pharaon dut évidemment reconnaître la force de cette objection, car il modifia aussitôt sa concession en accordant la permission de faire un très court voyage dans le désert, mais pas éloigné. Il souhaitait les avoir à portée de main, afin que leur séparation de son pays soit pour la forme et temporaire. Une fois de plus, nous voyons comment cela correspond au type. S’il doit y avoir une rupture entre l’église et le monde, il faut qu’elle soit de nom, et faite de sorte que le chrétien soit encore tenu en esclavage.
Après cette concession, le roi demanda l’intercession de Moïse qui la lui accorda avec une mise en garde contre la ligne trompeuse qu’il avait suivie. L’Éternel agit selon la prière de Moïse et un autre grand miracle se produisit. Le lendemain, les mouches venimeuses disparurent complètement, et il ne resta plus un seul insecte dans le pays. Mais, soulagé de cette affliction, malgré l’avertissement, le Pharaon endurcit de nouveau son cœur et refusa de concéder ce qu’il venait juste de promettre. Combien tout cela est vrai quant à la nature humaine ! Dans l’affliction, les gens semblent devenir très pieux, et quand l’affliction disparaît, ils reprennent rapidement leurs voies impies.
9 - Ch. 9 — Cinquième, sixième et septième plaies
9.1 - V. 1-7 — peste sur les animaux aux champs
La cinquième plaie menace maintenant, par ordre de l’Éternel. Les trois premières avaient causé de terribles désagréments à l’Égypte ; la quatrième avait ruiné ses biens ; la cinquième devait la frapper dans l’une de ses principales sources de richesse. Les chevaux et les ânes sont mentionnés en premier lieu, car l’Égypte était particulièrement renommée pour ces animaux. Une “peste” très grave devait les frapper, et les Israélites seraient à nouveau entièrement épargnés. C’est ce qui arriva. D’un côté de la ligne de démarcation, il y avait la mort, de l’autre, aucun animal n’était touché. C’était encore clairement la main de Dieu, mais le Pharaon resta impassible, endurci, et ne se repentit pas. C’est pourquoi, comme nous le voyons au verset 8, Moïse reçoit l’ordre d’agir sans avertir le Pharaon de ce qui allait se passer. Notons que cette caractéristique marquait également la troisième plaie, et que nous la retrouverons à la neuvième. Aucun commentaire n’est fait dans nos chapitres sur cette caractéristique, mais il semble que cela fasse partie des voies de Dieu d’avertir deux fois et, si l’on n’y prête pas garde, de frapper une troisième fois sans avertir. Plus tard, il sera dit : « Car Dieu parle une fois, et deux fois, et l’on n’y prend pas garde » (Job 33:14). On a ici certainement un exemple de cette parole d’Elihu.
9.2 - V. 8-12 — Sixième plaie — Ulcères
Cette fois-ci, Moïse avait à accomplir sans avertissement un acte sous les yeux du roi, en jetant en l’air des poignées de cendres de fournaise. L’Égypte avait été « une fournaise fumante » (Gen. 15:17), dans laquelle les enfants d’Abraham avaient été plongés, et maintenant les cendres de la fournaise devaient retomber sur les têtes de leurs oppresseurs, les frappant d’ulcères et de pustules. Il est spécialement indiqué que la gravité des ulcères était telle que les magiciens, qui en souffraient comme les autres, ne purent se tenir devant Moïse. Ils étaient complètement décontenancés. La raison pour laquelle cette atteinte des magiciens est mentionnée n’est pas donnée ici, mais il est connu qu’une grande hygiène et une grande propreté étaient imposées à ces hommes, qui constituaient le plus haut rang des prêtres idolâtres, et sans lesquelles ils ne pouvaient exercer leur fonction et leurs charmes.
Malgré tout cela, le Pharaon resta inflexible, et au verset 12, il est clairement dit que l’Éternel endurcit son cœur. Aussi, l’action de Dieu à son égard se poursuivit et il fut menacé d’afflictions encore pires. Moïse dut à nouveau l’intercepter tôt le matin et l’avertir qu’un nouveau châtiment va s’abattre sur son royaume.
9.3 - V. 13-35 — Septième plaie : la grêle
9.3.1 - V. 13-17 — Souveraineté de Dieu et responsabilité de l’homme
Cette fois, la parole de l’Éternel par Moïse ne contenait pas seulement une menace claire de quelque chose d’imminent, mais aussi une révélation de la manière dont la main de l’Éternel avait été sur le Pharaon dans le passé, le suscitant pour être assis sur le trône d’Égypte. Le v. 16 est cité par l’apôtre Paul en Romains 9:17, comme un exemple frappant de l’action de Dieu en souveraineté.
La souveraineté de Dieu est l’un des grands fondements de l’Écriture : un fait qui peut bien pousser nos cœurs à la louange. S’Il n’était pas souverain dans Son omniscience et Son omnipotence, nous pourrions trembler devant la puissance du grand adversaire. La responsabilité de l’homme, même déchu, est un autre fait mis en évidence dans l’Écriture, et nous devons maintenir ces deux faits, même si nous ne nous sentons pas capables de les corréler. Nebucadnetsar, dont la responsabilité était incontestable, reconnut la souveraineté divine en disant : « Il agit selon Son bon plaisir dans l’armée des cieux, et parmi les habitants de la terre ; et il n’y a personne qui puisse arrêter Sa main et lui dire : Que fais-tu ? » (Daniel 4:35).
Dieu connaissait la volonté obstinée et l’orgueil de cet homme, et agissant en coulisses, Il l’éleva au point qu’il put continuer et même intensifier les mauvais traitements infligés à Son peuple, et ainsi porter les choses à leur paroxysme. L’heure était mûre pour Dieu pour s’occuper de lui, et ce faisant, pour déployer Sa puissance de manière à ce que Son nom soit proclamé sur toute la terre. Le fait qu’à cette époque le nom de l’Éternel ait été ainsi proclamé est attesté par un passage de l’Écriture comme Josué 2:8-11. Et même de nos jours, 3 500 ans plus tard, la renommée de ce Nom ne s’est pas éteinte.
9.3.2 - Opposition contre le peuple de Dieu = opposition contre Dieu
Notons le verset 17, car c’est un exemple précoce du principe selon lequel ce qui est fait contre le peuple de Dieu est tenu comme fait contre Dieu Lui-même. Ce principe a été mis en lumière quand Saul de Tarse a été arrêté par la parole : « Saul, Saul, pourquoi me persécutes-tu ? ». Nous le voyons encore en Matthieu 25:40, 45, appliqué aussi bien à ce qui est fait “pour le” Seigneur que “contre” Lui, mais dans les deux cas il s’agit de ce qui est fait à Son peuple. En s’élevant contre les fils d’Israël, le Pharaon s’élevait contre Dieu, et se précipitait ainsi vers sa perte.
9.3.3 - V. 19-21 — Les égyptiens pouvaient échapper au pire
Le verset 26 nous apprend que le pays de Goshen fut à nouveau exempt de cette septième plaie. Mais il y eut une nouveauté vis-à-vis des égyptiens : l’avertissement étant donné, les gens du commun qui tenaient compte de la parole de l’Éternel, avaient la possibilité de prendre des mesures pour éviter le pire. La violence de la tempête de grêle fut telle que les hommes et les animaux qui y étaient exposés mouraient. Les récoltes furent anéanties et même les arbres des champs furent détruits. Les v. 31 et 32 donnent une information explicite sur l’époque de l’année qui devait être fin février ou début mars, car à cette époque en Égypte l’orge est en épi et le lin en bouton, mais le blé et le seigle ne sont pas encore en tige.
9.3.4 - V. 27-28 — Fausse repentance. Acte de Dieu
Le châtiment fut si terrible que le Pharaon, effrayé, avoua avoir tort (v. 27), et promis de laisser aller le peuple, si seulement ce terrible fléau cessait (v. 28). Moïse ne se laissa pas tromper par cette nouvelle profession de repentance et de piété, et lui dit clairement qu’il savait qu’il ne tiendrait pas sa promesse ; il sortit cependant en intercesseur et étendit les mains vers l’Éternel, et le châtiment cessa aussi soudainement qu’il avait commencé. Tant par son début que par sa fin, cela prouvait qu’il s’agissait d’un acte de Dieu.
9.3.5 - V. 29-33 — Pas de contradiction entre la cinquième et la septième plaie
Des sceptiques ont soulevé une difficulté quant au fait que le bétail ait été tué par la grêle alors qu’il avait été frappé par la cinquième plaie. Ils oublient peut-être que la cinquième plaie frappait les troupeaux « qui sont aux champs » (v. 3), et qu’il pouvait donc y avoir un grand nombre de bêtes qui n’étaient pas aux champs. De plus, le bétail des Israélites n’ayant pas été touché, rien n’empêchait les égyptiens, pendant les deux ou trois semaines qui s’écoulèrent probablement entre la cinquième et la septième plaie, de s’emparer d’un grand nombre d’entre eux pour leur propre usage.
9.3.6 - V. 34-35 — Nouvel endurcissement
Sous l’effet de cette septième plaie, l’Égypte devait avoir perdu presque toute sa gloire et être très abaissée. La plus grande partie de son bétail fut détruite, ses arbres brisés, l’orge et le lin anéantis, ce dernier étant une culture très précieuse. Mais dès que le châtiment cessa, le Pharaon retomba dans son entêtement, de même que ses serviteurs. Tout cela devrait nous faire comprendre que ce qui est né de la chair reste chair, quel que soit le traitement qu’on lui inflige, et que la pensée de la chair est inimitié contre Dieu (Rom. 8:7).
10 - Ch. 10 — Huitième et neuvième plaies
10.1 - V. 1-20 — Huitième plaie : les sauterelles
10.1.1 - V. 1-2 — Endurcissement par l’Éternel annonçant Sa colère
Le ch. 9 se termine sur le fait que le Pharaon et ses serviteurs endurcirent leur cœur. Au début du ch. 10, l’Éternel déclare à Moïse qu’Il avait endurci leur cœur, les condamnant ainsi à leur perte. C’était également l’occasion pour l’Éternel de se montrer comme le Dieu de jugement de telle manière que les générations à venir en gardent le souvenir. Ce témoignage subsiste encore aujourd’hui, et il restera dans les mémoires jusqu’à ce que le jour de la grâce soit remplacé par le temps du jugement. C’est alors que Dieu exercera Son juste jugement et Sa colère, non seulement à l’égard de l’Égypte, mais aussi à l’égard de la terre entière, comme le montre Apocalypse 6 à 11 et 15 et 16. Les plaies d’Égypte n’étaient qu’un petit échantillon de ce jour de jugement à venir.
10.1.2 - V. 3 — Patience de Dieu qui donne un répit
Cependant, la patience de Dieu est telle que Moïse fut envoyé une fois de plus auprès du Pharaon avec une remontrance et la demande de laisser partir le peuple. Dieu l’avertit que s’il refuse encore, Il frapperait l’Égypte de nuées de sauterelles, et que cela se produirait “demain”. Dans le chapitre précédent, Dieu avait annoncé à deux reprises un fléau pour “demain”, donnant ainsi un répit d’au moins vingt-quatre heures en vue d’une éventuelle acceptation de la part de Pharaon. En revanche, le salut, comme nous le savons, est toujours présenté “aujourd’hui”.
10.1.3 - V. 4-6 — Gravité de la plaie des sauterelles
Les sauterelles étaient déjà reconnues comme un grave fléau à l’époque, et la gravité de ce qui allait arriver était clairement indiquée, car elles allaient détruire tout ce qui restait dans le pays. Le blé et le seigle (ou épeautre ?) y avaient échappé auparavant, mais ils n’échapperaient pas à ce fléau. De plus, si les arbres des champs avaient été brisés par la grêle, ils étaient encore en feuilles ; ils allaient maintenant être dépouillés. Le seul moyen d’échapper était indiqué : le Pharaon devait s’humilier devant l’Éternel et laisser partir Israël.
10.1.4 - V. 7 — Protestations des égyptiens. Le Pharaon propose de laisser partir les hommes seulement
Bien que l’invasion de sauterelles qui s’annonçait allait être d’une gravité tout à fait exceptionnelle, un tel fléau n’était pas inconnu en Égypte. C’est pourquoi les serviteurs du roi protestèrent ; ils étaient si émus qu’ils s’autorisèrent une liberté de parole inhabituelle, car les pharaons de l’époque étaient considérés presque comme des divinités. Touché, il rappela Moïse et Aaron et proposa un autre stratagème astucieux, soulevant la question de savoir qui partirait. Moïse répondit clairement qu’il n’y avait pas de “compromis” possible quand Dieu déclare Ses exigences. L’Éternel revendique le peuple comme Sien, hommes, femmes, enfants et biens. C’est une leçon importante que nous devons tous apprendre. Bien que nous ne soyons pas sous la loi mais sous la grâce, il y a néanmoins « les commandements du Seigneur » (1 Cor. 14:37) et ceux-ci ne sont pas donnés pour que nous puissions les négocier ou faire des compromis, mais pour que nous y “obéissions”.
10.1.5 - Toi et ta maison
Le Pharaon tenta de négocier. Il autoriserait les hommes à aller sacrifier, mais tous les autres devraient rester sous son pouvoir. Il connaissait suffisamment la nature humaine pour être sûr que cela ramènerait les hommes sous son autorité. Le Pharaon était un instrument du diable qui savait très bien ce que signifiait le « toi… et ta maison » (Actes 16:31) et qui souhaitait le tourner à son avantage. La suggestion était la suivante : Que l’homme s’en aille, mais qu’il laisse sa maison derrière lui. Mais si Dieu veut quelque chose, Il veut “tout”.
10.1.6 - V. 12-15 — Moïse et Aaron chassés. Sauterelles pires que toutes autres
La déclaration de Moïse incita le Pharaon à prendre des mesures plus radicales, et Moïse et Aaron furent tout simplement chassés de sa présence (v. 11). Alors, quand Moïse étendit sa verge, l’Éternel fit se lever un fort vent d’orient, qui fit venir des hordes de sauterelles. Les annales de l’Orient regorgent de témoignages sur les ravages causés par les nuages de sauterelles. Ce fut un châtiment si douloureux que « avant elles, il n’y avait point eu de sauterelles semblables, et après elles il n’y en aura point de pareilles » (v. 14). On peut donc imaginer la terrible situation dans laquelle fut plongé le pays d’Égypte.
10.1.7 - V. 16-20 — Moïse rappelé. Le Pharaon confesse avoir péché
Le résultat fut que Moïse et Aaron, qui avaient été chassés quelques jours auparavant de la présence du Pharaon, furent rappelés en toute hâte (v. 16). Le Pharaon adopta une attitude humble, confessa avoir péché, demanda pardon et demanda que la punition soit ôtée. L’Éternel connaissait son cœur, mais Il l’écouta et, par un très fort vent d’occident, Il fit disparaître les sauterelles au point qu’il n’en resta plus une seule. Les sauterelles furent noyées dans la mer Rouge. Peu de jours après, le Pharaon et ses armées y furent aussi engloutis.
Il semblait alors que le cœur du Pharaon s’était attendri, mais ce n’était pas réel. À peine le châtiment ôté, il se remit à résister obstinément. Comme il avait été annoncé, l’Éternel avait endurci son cœur. C’est un exemple classique du pécheur qui défie Dieu, mais qui est tout à fait prêt à prendre une attitude humble, s’il peut ainsi éviter de récolter le châtiment qu’il mérite. Souvenons-nous de cette parole : « Celui qui cache ses transgressions ne prospérera point, mais celui qui les confesse et les abandonne obtiendra miséricorde » (Prov. 28:13). Sous le châtiment, le Pharaon n’a pas hésité à faire une petite confession, mais il ne pensait pas “renoncer à ”sa propre volonté. Les paroles justes qu’il a prononcées aux v. 16 et 17 ne cherchaient qu’à éviter un nouveau châtiment.
10.2 - V. 21-29 — Neuvième plaie : trois jours de ténèbres
Ainsi, comme nous le voyons au verset 21, la neuvième plaie fut déclenchée sans qu’aucun avertissement préalable. Moïse étendit à nouveau la main vers les cieux et des ténèbres surnaturelles s’abattirent sur l’Égypte. Elles sont décrites comme « des ténèbres que l’on pouvait toucher ». L’expression peut être une image dans laquelle la sensation de tâtonner dans d’épaisses ténèbres est attribué à l’obscurité elle-même.
La manière dont cela s’est produit ne doit pas nous préoccuper. Il s’agissait de quelque chose de surnaturel. Cela a duré trois jours. C’était si dense que toute activité s’est arrêtée. Chaque égyptien était isolé de ses semblables au milieu du pays en ruine, et personne ne savait si le châtiment prendrait fin. De tous les fléaux, celui-ci a dû être le plus terrifiant, car c’était le plus mystérieux et sans précédent. Durant ces trois jours terribles, les fils d’Israël eurent de la lumière dans leurs habitations.
10.2.1 - V. 21-23 — Image du monde dans les ténèbres
Nous ne pouvons manquer de voir ici une représentation imagée de ce que nous trouvons dans le Nouveau Testament. Prenons un passage comme celui-ci : « Celui qui aime son frère demeure dans la lumière, et il n’y a point en lui d’occasion de chute. Mais celui qui hait son frère est dans les ténèbres, et il marche dans les ténèbres, et il ne sait où il va, parce que les ténèbres ont aveuglé ses yeux » (1 Jean 2:10-11). Les hommes du monde d’aujourd’hui, bien que raffinés et instruits, comme l’étaient les égyptiens en leur temps, sont dans les ténèbres spirituelles. Seuls ceux qui sont nés de Dieu, et qui possèdent donc la nature divine, demeurent dans la lumière.
10.2.2 - V. 24-26 — Le pharaon propose un nouveau compromis : partir sans les troupeaux
À la fin des trois jours, les ténèbres s’étant dissipées, le Pharaon est à nouveau prêt à tenter un compromis. Cette fois, c’était : « Allez, tous les hommes, les femmes et les enfants, mais vos troupeaux doivent rester ». Mais Moïse fit remarquer que cela allait à l’encontre du but de leur départ, puisqu’ils n’auraient pas les moyens de sacrifier à l’Éternel. Il énonça à nouveau les conditions divines, sous la forme d’un ultimatum : « Pas un ongle ne sera laissé en arrière ». Le but de Dieu était de faire sortir d’Égypte Son peuple et tout ce qu’il possédait.
Le but de Dieu pour nous, qui appartenons à Son église aujourd’hui, est exactement le même en principe. L’Égypte représente le grand système du monde, le Pharaon représente le dieu et le prince de ce monde. Les fils d’Israël devaient jouir d’une délivrance physique : leur corps et leurs biens devaient être libres. Notre délivrance est spirituelle. Nous vivons toujours sur la terre et au milieu du système du monde, mais le dessein de Dieu est que nous soyons totalement libérés de son pouvoir d’asservissement.
10.2.3 - V. 27-29 — Rupture finale
La position intransigeante de Moïse sur ce point irrita manifestement le Pharaon, et comme son cœur était toujours endurci par l’Éternel, il rompit toute négociation à ce moment-là. L’ultimatum avait été présenté de la part de Dieu ; mais le Pharaon l’a rejeté en menaçant de mort Moïse qui le lui avait présenté. En réponse à cette menace, Moïse parla en prophète et annonça de manière voilée le sort qui l’attendait. Ce n’est pas Moïse qui allait mourir, mais le premier-né du Pharaon d’abord, puis lui-même ensuite.
11 - Ch. 11 — Annonce de la dixième plaie. Richesses données par les égyptiens
11.1 - Pourquoi les jugements préliminaires ?
Au début d’Exode 11, nous voyons que toutes les actions préliminaires de Dieu sont terminées et que les derniers coups doivent maintenant tomber. Au fur et à mesure que les jugements préliminaires tombaient, ils devenaient de plus en plus sévères, et nous serions parfois tentés de rechercher pourquoi ils étaient nécessaires. Nous pouvons nous demander : puisque Dieu savait à l’avance tout ce qui allait se passer, pourquoi prolonger ainsi l’agonie ? Pourquoi n’a-t-il pas éliminé les préliminaires et donné le coup final tout de suite ?
La réponse est certainement la suivante : Ses voies et ses jugements sont toujours “justes”, mais Il agit de manière “que ce caractère juste soit manifesté” devant Sa création intelligente. Étant omniscient, Il savait que les neuf fléaux ne soumettraient pas le cœur obstiné du Pharaon ; mais les principautés et les puissances angéliques dans les lieux célestes ne sont pas omniscientes, pas plus que les hommes sur la terre. Ainsi, en mettant le Pharaon à l’épreuve et en lui laissant la possibilité de se repentir au fur et à mesure que les fléaux se succédaient avec une sévérité croissante, personne ne pouvait droitement contester le coup final quand il arriva. On peut dire la même chose des jugements des sceaux, des trompettes et des coupes de l’Apocalypse, qui précèdent la destruction finale de la puissance des adversaires lors de l’apparition glorieuse de Christ.
11.2 - Demande d’or et d’argent aux égyptiens
Dieu avait donc préparé Moïse à ce “fléau de plu” qui allait bientôt s’abattre. Il devait être d’une nature telle que le Pharaon, pris de panique, ne se contenterait pas de les laisser partir, mais se hâterait de les chasser. C’est pourquoi Moïse devait ordonner au peuple, hommes et femmes, de demander à leurs voisins égyptiens des “bijoux” ou des “objets” d’or et d’argent. À ce moment-là, la crainte et le respect s’étaient installés dans les cœurs, et Moïse lui-même était devenu très grand à leurs yeux. C’est pourquoi ils acceptèrent volontiers tout ce qu’on leur demandait. Il n’est pas rare que des personnes plus humbles et plus simples soient impressionnées par les actes de Dieu, alors que les grands de ce monde n’ont pas de discernement.
11.3 - Annonce d’une intervention personnelle de Dieu
Il semblerait que les v. 1 à 3 soient comme une parenthèse, car au v. 4, Moïse reprend la parole, étant encore devant le Pharaon selon le v. 8. Il annonce que Dieu allait faire venir une chose qui dépassait de loin, tant par son caractère que par sa sévérité, tout ce qui s’était passé précédemment. Lors des neuf fléaux précédents, Dieu avait utilisé des éléments de Sa création pour les châtier. Mais maintenant, Lui, le Créateur, allait intervenir personnellement : « Sur le minuit, je sortirai au milieu de l’Égypte ».
Or, si le Dieu juste et saint descend ainsi au milieu de Ses créatures déchues et pécheresses, il ne peut y avoir qu’un seul résultat : la peine de mort, car « le salaire du péché, c’est la mort ».
Cependant, même ainsi, la miséricorde de Dieu se manifeste en ce que la mort ne devait pas frapper tous les égyptiens, mais seulement les premiers-nés des hommes et des bêtes. Ceux qui ont vu un arbre généalogique montrant la descendance d’une famille bien connue depuis les temps anciens, ont peut-être remarqué que dans un tel arbre, les rameaux les plus éloignés représentent les premiers-nés des différentes branches de la famille. En utilisant cette figure, nous pouvons dire que Dieu était sur le point de couper tous les jeunes rameaux, en signe que Sa sentence de mort reposait sur les arbres, bien qu’il ne couperait pas tous les arbres à ce moment-là.
11.4 - Pas de différence en dehors de l’application du sang
Mais là encore, il y aurait une exemption pour les Israélites, car l’Éternel allait mettre une différence entre eux et les égyptiens. Il n’y avait pas de différence fondamentale entre eux ; s’il y en avait eu, il n’aurait pas été nécessaire que l’Éternel en “établisse une”. Nous avons donc ici une préfiguration de la doctrine “pas de différence” de Romains 3:22-23. Les Israélites étaient des pécheurs comme les égyptiens, et étaient également passibles de la peine de mort, car Dieu ne fait pas acception de personnes. Par conséquent, si Dieu fait une différence, il doit le faire d’une manière juste. Nous devons passer au chapitre suivant pour découvrir comment la différence devait être faite.
En Romains 3, la doctrine “pas de différence” est suivie des v. 24-26, qui révèlent la base juste de la justification du croyant, qui établit une différence entre lui et l’incrédule. En arrivant à Exode 12 et en lisant ce qui est dit sur le sang de l’agneau de la Pâque, nous trouvons en type la base de la différence qui doit être mise entre les égyptiens et Israël.
11.5 - Ardente colère de Moise
En parlant ainsi, Moïse donna au Pharaon et à ses serviteurs un avertissement complet et clair de ce qui était imminent, et ses paroles furent précédées par « Ainsi dit l’Éternel ». Après avoir délivré ce dernier message avec tout le poids de l’autorité divine, Moïse quitta Pharaon « dans une ardente colère ». Ce n’est pas un péché que de se mettre en colère contre le péché, et Moïse n’était que le reflet de ce qui était dans le cœur de Dieu.
Notre chapitre se termine par le Pharaon balayant tout ce qui a été dit, et pour la dernière fois, il est dit que l’Éternel endurcit son cœur. Cependant, son obstination ne sera qu’une nouvelle occasion de multiplier les merveilles de Dieu dans le pays d’Égypte.
12 - Ch. 12 — La Pâque
12.1 - V. 1-36 — Mort des premiers-nés. La Pâque
Quand le Pharaon entendit Moïse prononcer les paroles commençant par « Ainsi dit l’Éternel », en Exode 11, il entendait la voix de Dieu pour la dernière fois, bien qu’il ne le sût sans doute pas. Les jugements préliminaires avaient suivi leur cours. Le temps de parler était terminé. Il fallait maintenant passer à l’action décisive. Le ch. 12 commence avec l’Éternel parlant à Moïse, mais tout ce qu’Il a maintenant à dire concerne le peuple, qu’Il a choisi comme le Sien.
12.1.1 - V. 1-2 — La Pâque, un nouveau commencement
Un événement d’une importance capitale allait avoir lieu. C’est ce qu’indique le v. 2. Le calendrier juif devait être entièrement renouvelé par cet événement. Ils avaient, et ont encore, un calendrier sur base séculaire où l’année commence à l’automne. Maintenant, selon l’estimation divine, leur calendrier devait commencer au mois de la Pâque, au printemps.
Nous arrivons ici à un point où la valeur typique de tout ce qui leur est arrivé devient très évidente. Le v. 2 nous rappelle que l’appropriation de la mort de Christ est le vrai commencement de tout pour nous. Si nous n’avons pas commencé par-là, nous n’avons pas du tout pris un vrai départ. Ce qui était représenté en type par la Pâque est à la base de toutes les relations de Dieu avec nous.
12.1.2 - V. 3-5 — L’agneau. Un agneau par maison
Aux v. 3 à 5, notre attention se porte sur les nombreux agneaux qui devaient être choisis par les Israélites. Leur nombre devait être déterminé par le nombre de maisons, sauf si les membres d’une maison étaient exceptionnellement peu nombreux, alors deux maisons devaient être réunies. Nous voyons ainsi très tôt qu’une maison constitue une unité dans le calcul divin, et que le principe “toi et ta maison” est mis en exergue.
Une exigence stricte était que les agneaux choisis devaient être sans défaut, et cela ne devait pas être déterminé à la hâte : bien que choisis le dixième jour, ils ne devaient être immolés que le quatorzième ; leur absence de défaut devait donc être soigneusement vérifié. L’agneau n’était qu’une pâle préfiguration de notre Seigneur Jésus Christ, qui a passé par tous les tests possibles, montrant ainsi Sa perfection avant de mourir. Il est intéressant de noter que, bien qu’il soit clairement établi qu’il y avait beaucoup d’agneaux, après le v. 3 le mot est toujours au singulier. C’est “l’agneau”, ou “il”. Nous avons donc devant nous l’agneau qui représente “l’agneau de Dieu”.
12.1.3 - V. 7-8 — L’agneau immolé. Application de son sang et comment manger sa chair
Le quatorzième jour, entre les deux soirs, l’agneau était immolé ; son sang était appliqué sur les deux poteaux et sur le linteau, à l’extérieur de la maison où ils habitaient, et sa chair devait être mangée par la famille à l’intérieur de la maison. Le sang sur la porte était le témoignage extérieur que la mort avait déjà eu lieu à l’intérieur. Manger la chair à l’intérieur de la maison représentait la réalisation et l’appropriation de la mort de l’agneau par ceux qui étaient abrités par son sang.
La manière dont cela devait se faire, au verset 8, est très significative. L’agneau devait être rôti au feu et accompagné de pains sans levain et d’herbes amères. Ces trois détails sont importants.
- Premièrement, rôti au feu, et non pas cuit dans l’eau. Faire bouillir, c’est appliquer la chaleur indirectement par l’intermédiaire de l’eau. Rôtir, c’est soumettre le corps de l’agneau à l’ardeur directe de la flamme, qui représente toujours le jugement pénétrant de Dieu. Si nous sommes protégés du jugement par le précieux sang de Christ, nous devons toujours digérer intérieurement, comme s’appliquant à nous-mêmes, l’intensité du jugement qu’Il a enduré pour notre délivrance.
- Deuxièmement, le pain qu’ils devaient manger avec la chair devait être sans levain. Ce n’est pas la première fois que l’Écriture mentionne les pains sans levain ; il en est question en Genèse 19:3, où ils faisaient partie de la nourriture offerte aux anges et acceptée par eux. Le levain est toujours une figure du péché ; ses propriétés de fermentation en font un type très approprié. Si nous jouissons des privilèges venant du fait que Christ a porté le jugement de nos péchés, nous ne pouvons tolérer les péchés pour lesquels Il est mort ni le péché auquel Il est mort. L’antitype est très clair en 1 Corinthiens 5:7-8.
- Troisièmement, les herbes amères représentent le travail intérieur de jugement de soi qui doit toujours accompagner les bienfaits que nous recevons. Le péché et son jugement, dont nous sommes délivrés, est une chose très amère ; c’est le plan de Dieu que nous soyons amenés à le réaliser profondément. Soulignons une fois de plus que le fait de manger implique “une appropriation intérieure”.
Notons encore que l’agneau devait être rôti tout entier, « la tête, les jambes et l’intérieur ». La carcasse ne devait pas être mutilée lorsqu’elle était exposée au feu. De plus, en la mangeant, aucun os ne devait être cassé (v. 46). La force de cette disposition est évidente au vu de Jean 19:36 : « Pas un de ses os ne sera cassé ». En outre, ce qui ne pouvait être mangé devait être brûlé au feu. Rien ne devait être profané ou laissé au hasard. Même pour le type, le caractère sacré devait être respecté.
De plus, ils devaient réaliser que ces actes solennels à accomplir n’étaient pas seulement destinés à assurer leur sécurité, mais étaient aussi en vue d’une grande finalité. Ils allaient être mis à l’abri du jugement imminent afin d’être délivrés de l’emprise du Pharaon et de la servitude de l’Égypte. C’est pourquoi ils devaient manger la Pâque de la manière prescrite au v. 11. Ils ne devaient pas la manger assis, comme s’il s’agissait d’un repas ordinaire, mais debout, le bâton à la main, ceints pour le voyage, et à la hâte, comme s’ils étaient sur le point de partir. Nous ne devons jamais en oublier l’importance. Dieu nous a mis à l’abri de Son jugement afin de nous délivrer de Satan et du système du monde dont il est le dieu et le prince, et de nous ramener à Lui. C’est ce qu’affirme clairement Galates 1:4.
12.1.4 - La Pâque comme type
Le mot “Pâque”» (en anglais “Passover” = passer par-dessus) apparaît pour la première fois dans l’Écriture à la fin du v. 11. On dit que le mot hébreu ainsi traduit signifie ‘passer par-dessus pour protéger’, un peu comme un oiseau qui étend ses ailes au-dessus de ses petits, et pas simplement l’idée négative de ‘passer outre’, quand il s’agit de jugement. Au cours de cette nuit fatidique, l’Éternel allait frapper les premiers-nés et exécuter le jugement contre tous les dieux de l’Égypte, mais, partout où le signe de la mort était visible sur la maison, ses ailes de protection seraient étendues au-dessus d’elle et la plaie n’entrerait pas pour détruire.
Nous pouvons voir là un autre type excellent de l’Évangile. En vertu du sang de Christ, le croyant est délivré du jugement. Mais ce n’est pas seulement que, la justice ayant été satisfaite, le croyant peut être exempté du jugement lorsque le coup tombe sur le monde, mais plutôt que la justice même de Dieu, au lieu d’être une “épée” pour le “frapper”, est devenue un “bouclier” pour le “protéger”. Quand nous saisissons vraiment ce fait, cela exerce un effet très positif sur nos âmes.
Il est important aussi que nous nous souvenions que le sang de l’agneau était à l’extérieur, pour l’œil de Dieu. Il était dit : « Je verrai le sang, et je passerai par-dessus vous ». Une fois que le sang était là, Dieu ne pouvait pas manquer de le voir. Eux n’avaient pas à voir le sang, mais, sachant qu’il était là, ils devaient se contenter de ce que Dieu avait dit, à savoir qu’Il passerait par-dessus eux, puisque le sang était là. Le sang était pour l’œil de Dieu : Sa parole était pour les oreilles et les cœurs de ceux qui se trouvaient à l’intérieur.
12.1.5 - V. 14-20 — La Pâque comme mémorial. La fête des pains sans levain
Aux v. 14-17, ce que dit l’Éternel montre que ce qu’Il instituait maintenant n’était pas à observer seulement cette nuit-là, puis à considérer comme ayant atteint son but et pouvant être chassé de leurs pensées. La Pâque devait être perpétuée comme une fête annuelle, afin qu’ils n’oublient jamais que Dieu avait rompus leurs liens avec l’Égypte, afin de les amener à Lui comme Sa propriété particulière. La Pâque devait être suivie de la fête des pains sans levain, qui s’étendait sur les sept jours suivants. Elle devait être marquée par l’absence de levain. Elle devait commencer et se terminer par “une sainte convocation”, au cours de laquelle aucune œuvre ne devait être fait. S’il est dit “aucune œuvre”, cela signifie que même un genre de travail qui aurait été considéré comme méritoire était exclu. L’œuvre de l’homme devait être exclue, et seule l’œuvre de Dieu devait être considérée.
Le mot “mémorial” apparaît au v. 14 et décrit l’importance de la fête de la Pâque chez les Juifs. Elle assurait la réalité effective de la base de leur délivrance d’Égypte, et leur permettait de s’en souvenir chaque année. Ils ont peut-être souvent manqué de l’observer correctement, ou même de l’observer tout court, mais telle était son intention. L’observance de la Cène par les saints aujourd’hui a, entre autres, la même intention, ainsi que le dit l’apôtre : « Car toutes les fois que vous mangez ce pain et que vous buvez la coupe, vous annoncez la mort du Seigneur jusqu’à ce qu’il vienne » (1 Cor. 11:26). Nous devons annoncer, sa mort, ou la commémorer, et établir ainsi sa réalité effective pour tous ceux qui ont des yeux pour voir.
La fête de la Pâque ne durait que quelques heures tout au plus, alors que la fête des pains sans levain durait sept jours. Cela a une signification typique. La Pâque était une prophétie, tout comme un mémorial commémorant un événement passé. La prophétie s’est accomplie dans la mort de Christ qui, bien que d’une importance éternelle, s’est déroulée en quelques heures. Mais les sept jours de la fête des pains sans levain représentent un cycle de temps complet, comme l’indique 1 Corinthiens 5:8. Aujourd’hui, cela couvre toute la période de la vie de responsabilité de tout croyant. Tant que nous sommes dans ce monde de péché, nous devons nous tenir à l’écart du « levain », nous tenant « pour morts au péché, mais pour vivants à Dieu » (Rom. 6:11).
12.1.6 - V. 21-24 — Détails supplémentaires sur l’application du sang
Les v. 21 à 24 décrivent la façon dont Moïse a transmis ces instructions au peuple ; un ou deux éléments supplémentaires sont mentionnés. Le sang devait être appliqué avec de l’hysope, une petite plante qui pousse facilement sur les murs. Dans le Lévitique, le bois de cèdre et l’hysope sont mentionnés plusieurs fois ensemble. Or, le cèdre est l’emblème de la majesté et, par contraste, l’hysope est l’emblème de l’humilité et de l’insignifiance. Il convenait que la main qui appliquait le sang soit revêtue d’humilité. C’est en nous repentant dans la poussière que nous sommes couverts par le sang de Christ.
De plus, ceux qui étaient à l’abri du sang devaient rester dans la maison jusqu’au matin. Pendant que le jugement s’abattait sur le monde égyptien, les premiers-nés devaient rester en sécurité sous le sang. Quand le matin apparut, leur délivrance d’Égypte devint un fait accompli. Nous traversons la nuit de ce monde jusqu’à la clarté du matin qui vient. Grâce à Dieu, l’efficacité du sang de Christ demeure toute la nuit. Il n’est pas nécessaire de l’appliquer à nouveau.
12.1.7 - V. 24-27 — Souvenir gardé dans les générations suivantes
Les v. 24-27 montrent comment Moïse a fait comprendre au peuple que le rituel de la Pâque devait être soigneusement observé, afin que les générations futures puissent se souvenir de l’œuvre de Dieu en jugement et en délivrance. Pour l’instant, le peuple recevait les paroles et adorait le Dieu qui intervenait en sa faveur. Le v. 28 nous dit qu’ils ont obéi à toutes les instructions que Dieu avait données. L’obéissance est toujours le chemin de la bénédiction.
12.1.8 - V. 29-36 — La dixième plaie, la mort des premiers-nés
À minuit, l’Éternel fit exactement ce qu’il avait dit, et les premiers-nés de l’Égypte, hommes et bêtes, moururent sous les coups du destructeur. La coutume égyptienne exigeait des lamentations à l’occasion d’une mort, et il dut y avoir effectivement un grand cri dans les ténèbres de cette nuit-là. Nous pouvons y voir une anticipation des “pleurs et grincements de dents” dans les “ténèbres de dehors”, dont le Seigneur parle à trois reprises dans l’Évangile selon Matthieu.
Sous ce terrible coup sans précédent, la résistance du Pharaon s’effondra et il concéda tout ce que Moïse avait demandé. Le peuple égyptien, lui aussi, demanda instamment le départ des fils d’Israël. Ils réalisaient qu’ils étaient tous sous le coup d’une sentence de mort. Il n’y avait pas une seule maison où il n’y avait pas un mort. La mort était en effet universelle. Dans les maisons des égyptiens, c’était la mort des premiers-nés. Dans les maisons des Israélites, c’était la mort de l’agneau.
12.1.9 - V. 35-36 — Les égyptiens bien disposés à donner
La frayeur de Dieu pesait désormais lourdement sur l’esprit des égyptiens qui furent disposés à donner au peuple tout ce qu’il demandait. C’est pourquoi ils eurent une abondance de vêtements, et de « bijoux » ou d’objets d’or et d’argent. Leur départ précipité contribua également à accomplir les instructions concernant le levain. Ils n’avaient pas eu le temps de faire lever leur pain, ce qui évitait d’oublier l’instruction. Dans ces conditions, ils ne pouvaient que manger des pains sans levain pendant les sept jours suivants.
Les faits relatés ici montrent pourquoi le peuple eut une telle abondance de matériaux, d’or et d’argent quand vint le moment de construire le tabernacle, dans le désert, selon la parole de l’Éternel.
12.2 - V. 37-51 — Départ effectif de l’Égypte
La dernière partie du ch. 12 et le ch. 13 sont consacrés à deux choses : à certains détails historiques concernant le départ effectif du peuple hors d’Égypte ; et à certaines instructions que Moïse leur a transmises de la part de Dieu.
12.2.1 - V. 37-39 — Ceux qui partirent
Les versets 37-39 nous montrent à quel point Dieu avait multiplié le peuple malgré les afflictions de l’Égypte. Ils sortirent au nombre de 600 000 hommes, alors qu’ils étaient 70 quand Jacob y descendit (Gen. 46:27). Ils partirent avec les enfants, des troupeaux et du gros bétail (v. 38), mais aussi avec “un grand amas de gens”, qui devint bientôt une source de faiblesse et d’ennuis. Ce point très important mérite d’être noté.
La pensée que Dieu a un peuple qui Lui appartienne en propre ne se trouve pas jusqu’à ce que nous arrivions aux fils d’Israël en Égypte. Il est donc frappant de constater que, dès que Dieu prend un peuple comme Sien et l’appelle à sortir de l’esclavage pour être pour Lui-même, un élément étranger s’y mêle et contribue à développer la corruption innée du peuple lui-même. Il en a été ainsi pour Israël, et il en a été de même dans l’histoire de l’église.
12.2.2 - V. 40-42 — Date du départ selon ce que Dieu avait prévu
Les versets 40-42 nous montrent l’exactitude avec laquelle Dieu respecte le temps qu’Il s’est fixé. En Genèse 15:13, Il avait mentionné 400 ans à Abraham. Il n’est pas dit à partir de quel moment exact le calcul des 430 ans a commencé (v. 40), mais le jour même où il s’est achevé, le peuple est sorti d’Égypte, et celui-ci est désigné comme “les armées de l’Éternel”, bien qu’en apparence ce n’était qu’une multitude d’esclaves libérés. Ils ne devaient jamais oublier cette nuit de leur délivrance. Le fait que c’était le “jour même” du dessein divin est à nouveau affirmé au verset 51.
12.2.3 - V. 43-51 — Ceux qui célébreront la Pâque à l’avenir. Circoncision, mort de Christ et dépouillement de la chair
Dans les versets terminant le chapitre, nous avons d’autres instructions de l’Éternel concernant l’observance de la Pâque. Ce devait être ce qu’on peut appeler une fête de famille, car tous ceux en dehors de la famille israélite en étaient exclus. Le serviteur salarié (“homme à gages”), qui pouvait à tout moment quitter son emploi, n’était pas considéré comme faisant partie de la famille, tandis que l’esclave, qui s’était vendu pour de l’argent, selon les ordonnances d’Exode 21:1-6, était considéré comme faisant partie de la famille, à la condition stricte qu’il soit circoncis.
Cette fête était pour tout Israël et personne ne pouvait s’en dispenser. Tous devaient participer à cette célébration qui gardait vivant le souvenir de la grande délivrance d’Égypte, tout en ayant une valeur prophétique, puisqu’elle annonçait la mort de Christ. Cela nous paraît évident, même si, selon toute probabilité, les fils d’Israël ne le savaient pas. De la même manière, l’intention du Seigneur en instituant la Cène est que tous Ses saints l’observent : comme mémorial de Sa mort d’une part, tout en annonçant Sa venue d’autre part.
Mais qu’il s’agisse de l’Israélite de souche, du serviteur acheté à prix d’argent ou de l’étranger, tous devaient être circoncis. Ce rite extérieur –– de couper et ôter la chair de l’homme –– annonçait ce qui serait été accompli dans la mort de Christ, comme le montre Colossiens 2:11 : « nous sommes dépouillés du corps de la chair par la circoncision du Christ ». En tant que chrétiens, nous devons reconnaître que nous sommes dépouillés de la totalité de la chair dans la mort de Christ. Nous sommes « circoncis » dans Sa « circoncision », c’est-à-dire dans Sa mort.
Ce rite ne s’appliquait qu’aux hommes du peuple qui devaient en subir la douleur et les désagréments, la femme étant considérée comme circoncise dans l’homme. À cet égard également, le type est approprié, car toutes les souffrances qu’il impliquait sont retombées sur Christ et nous sommes circoncis en Lui. Maintenant que le type a été accompli dans Sa mort, ceux qui veulent simplement appliquer le rite extérieur sont rejetés comme étant la « concision » (Phil. 3:2), ce qui signifie une simple coupure, une entaille, et non une ablation complète. Les vrais circoncis d’aujourd’hui sont ceux qui adorent Dieu en Esprit, qui se glorifient dans le Christ Jésus et qui n’ont pas confiance en la chair, selon Philippiens 3:2-3. Ils considèrent la chair comme condamnée et ne cherchent donc pas simplement à couper ses habitudes les plus blâmables.
13 - Ch. 13 — L’Éternel parle à Moïse, instructions diverses
13.1 - V. 1-2 — Sanctification des premiers-nés
Exode 13 commence par un autre sujet très important. Au ch. 12, les premiers-nés ont été protégés par le sang de l’agneau. Ils sont maintenant officiellement revendiqués par Dieu comme Lui appartenant. « Ils sont à moi » dit-Il. Moïse devait donc les “sanctifier”, c’est-à-dire les mettre à part pour le plaisir et le service de Dieu. En Nombres 3:40-45, ceci est confirmé : les Lévites étaient pris à la place des premiers-nés, pour accomplir ce service. C’est la première fois que l’Écriture parle de sanctification s’appliquant à des personnes. La première mention se trouve en Genèse 2, lorsque Dieu sanctifia, ou mit à part, le septième jour de la création. Ces deux textes montrent le sens simple du mot “sanctification” : “mettre à part pour Dieu”. C’est parce que nous sommes ainsi sanctifiés que la sanctification pratique nous incombe. Nous n’avons pas été mis à l’abri du jugement par le sang de Christ pour avoir la liberté de nous plaire à nous-mêmes, mais pour être pour Lui.
13.2 - V. 3-10 — Institution de la fête des pains sans levain
Les versets 3 à 10 indiquent clairement à Israël que la fête des pains sans levain n’était pas une fête à n’observer qu’après la sortie d’Égypte, puis à laisser de côté désuet ; c’était une fête pour tous les temps, un mémorial de la grande délivrance. Si l’on n’avait que le récit de l’institution de la Cène dans les trois Évangiles, on pourrait penser que la portée de cette institution ne s’étend pas au-delà de la nuit où Il fut trahi. Mais le quatrième passage, en 1 Corinthiens 11, tranche la question. Elle doit être observée « jusqu’à ce qu’Il vienne ». Israël devait « garder ce statut en sa saison, d’année en année ». Nous observons la Cène du Seigneur de dimanche en dimanche.
13.3 - V. 11-16 — Rachat des premiers-nés, hommes et bêtes
Les versets 11 à 16 présentent un autre commandement à observer en Israël, comme un rappel supplémentaire de la manière dont Dieu les avait délivrés de l’Égypte. Tous les premiers-nés d’Israël, hommes et bêtes, devaient être considérés comme appartenant à l’Éternel. Le fait que le premier-né d’Israël soit associé au premier-né de l’âne est humiliant, mais il en est ainsi au verset 13. Le premier-né de l’homme devait être racheté. Le premier-né de l’âne pouvait ne pas l’être, mais dans ce cas il était mis à mort. S’il était racheté, c’était par la mort d’un agneau à sa place, tout comme les premiers-nés l’avaient été en Exode 12. Ainsi, nous avons à nouveau la preuve que la rédemption est effective sur la base d’une substitution.
13.4 - V. 17-18 — Trajet du peuple par le chemin du désert pour éviter les Philistins
Le verset 17 nous apprend que les Philistins étaient déjà installés dans la plaine côtière de la Palestine et qu’ils étaient une race guerrière. Pour le peuple pèlerin de Dieu, la guerre est inévitable, mais Dieu, dans Sa compassion, ne voulut pas qu’Israël y soit confronté quelques jours après leur délivrance. C’est pourquoi ce qui semblait être le chemin le plus court et le plus facile vers Canaan fut évité, et Dieu ordonna de prendre le chemin plus long par la mer Rouge. Il y avait donc une bonne raison de prendre le chemin plus long et plus difficile, tout comme il y a de bonnes raisons pour les passages difficiles dans la vie des saints, aujourd’hui. Bien que le chemin le plus difficile ait dû être pris, ils le prirent sous l’autorité de Dieu. Les traducteurs ont, semble-t-il, quelques difficultés à trouver le sens exact du mot traduit par « ordre de bataille » (v. 18), mais d’une manière générale, il indique certainement qu’ils partirent en bon ordre, comme une armée, et non comme une populace désordonnée.
13.5 - V. 19 — Les os de Joseph
Nous voyons au verset 19 que Moïse fut attentif à la dernière recommandation de Joseph, bien qu’elle fut prononcée très longtemps avant la naissance de Moïse. Hébreux 11 montre que la foi de Joseph s’est exprimée dans cet ordre, car il savait qu’il valait mieux que ses os reposent dans le pays où devait briller la gloire du Messie plutôt que dans les sépulcres élaborés et coûteux de l’Égypte. Dieu n’a pas permis que les désirs de sa foi soient négligés.
13.6 - V. 20-22 — L’Éternel conduisant dans une colonne de nuée ou de feu
Les derniers versets du chapitre racontent comment Dieu a placé devant Son peuple le symbole visible de Sa présence : la colonne de nuée ou de feu. Il est devenu leur conducteur de cette manière frappante, et malgré tous les manquements et l’incrédulité qui ont suivi, Il ne les a pas abandonnés. Dans la colonne de nuée, Il était leur guide pendant le jour. Dans la colonne de feu, Il était leur lumière pendant la nuit. Et ce qu’Il était, Il l’était toujours. Ce qu’ils avaient de manière visible, nous l’avons aujourd’hui dans Sa parole et dans la présence de son Saint Esprit.
14 - Ch. 14 — Directives directes pour le départ
14.1 - V. 1-9 — Trajet qui accule le peuple à la mort : le Pharaon les poursuit
Exode 14 s’ouvre sur des directives précises données par le moyen de Moïse quant au premier pas à faire. Ce pas n’avait rien d’hasardeux, bien qu’il les conduisît dans une position apparemment impossible. Dieu savait exactement quelle serait la réaction du Pharaon à ce mouvement. Pris de panique, il avait laissé partir le peuple, mais il restait toujours le même. Son cœur n’avait pas changé, et l’heure de sa destruction avait sonné. Lorsque Dieu endurcit le cœur de l’homme, son sort est fixé ; Dieu se glorifierait dans le jugement de cet homme et de ses armées.
Les choses se passèrent ainsi. Le mouvement qu’ils firent, selon les instructions divines, parurent une erreur militaire colossale au regard belliqueux du Pharaon : ils étaient coincés dans le pays, avec la mer devant eux et le désert sur chaque flanc. C’était si évident que le Pharaon ne put résister à la tentation d’exercer sa revanche finale. Ainsi, rassemblant l’élite de sa formidable armée, il mit ses forces derrière eux, ce qui était la chose évidente à faire d’un point de vue militaire. Les fils d’Israël étaient maintenant acculés à la mort de tous côtés – la mort par noyade devant, la mort par famine dans le désert à droite et à gauche, la mort par l’épée du Pharaon derrière.
14.2 - V. 10-13 — Le peuple prend peur à cause des égyptiens
Le peuple le vit tout à fait. Ils crièrent à l’Éternel, ce qui était juste. Mais ils crièrent aussi contre Moïse, ce qui trahissait leur manque de foi. Les découvertes modernes des nombreux tombeaux d’Égypte et de leurs trésors font apprécier le ton sarcastique de leurs paroles : « Est-ce parce qu’il n’y avait pas de sépulcres en Égypte, que tu nous as emmenés pour mourir dans le désert ? » Quelques jours auparavant, il était dit : « le peuple s’inclina, et ils se prosternèrent » (12:27). Quelle différence maintenant ! Dès que le danger paraît, ils trahissent leur manque de foi, et affirment qu’ils avaient demandé à être laissés pour servir les égyptiens. Nous avons ici le germe de l’incrédulité qui conduira à ce que leurs corps tombent dans le désert. Ils moururent dans le désert, non pas parce que Moïse ou Dieu les avait abandonnés, mais « à cause de l’incrédulité » (Héb. 3:19).
Leurs paroles furent un coup dur pour Moïse, mais la réponse qu’il leur fit est très belle. Pas de reproche, mais plutôt une parole de foi calme, calculée pour calmer leur panique et rassurer leurs cœurs. Le peuple mettait leur incrédulité entre lui et les égyptiens, tandis que Moïse voyait entre eux l’Éternel prêt à agir en leur faveur. Eux n’avaient pas à agir, mais à voir le salut de l’Éternel qui agirait en leur faveur.
14.3 - V. 14-18 — Deux instructions contraires : « Demeurez tranquilles » et « Qu’ils marchent »
Tandis que Moïse fit preuve d’une foi calme, propre à nous inspirer de l’admiration, il commit pourtant une erreur. Il commanda au peuple de « demeurer tranquille », alors que lorsqu’il cria à l’Éternel, l’ordre fut qu’ils « marchent » (v. 15), et il dut agir au nom de l’Éternel. Aller de l’avant était un acte de foi par lequel ils s’approprieraient le salut remarquable que Dieu allait opérer. Fussent-ils restés immobiles, la division de la mer ne les aurait pas délivrés.
N’y a-t-il pas ici un type frappant ? Le grand salut qui est nôtre n’est pas une chose que nous “accomplissons”, mais que nous nous “approprions” par la foi ; et nous sommes avertis de ne pas le négliger. Par Sa mort et Sa résurrection, Christ a opéré le salut en notre faveur, et nous n’y sommes pour rien. Mais cela ne nous enferme pas dans cette espèce de fatalisme qui dirait que nous n’y pouvons rien faire, et que, si nous devons être sauvés, nous le serons sans aucun mouvement de notre part ; et que si nous ne devons pas être sauvés, c’est définitif et que nous ne pouvons rien faire pour y changer. En vérité, seul Christ peut accomplir l’œuvre, mais c’est à nous d’aller de l’avant par la foi et de recevoir pour nous-mêmes le bénéfice de ce que Lui a fait. Efforçons-nous de maintenir l’équilibre entre ces deux aspects de la vérité de l’Évangile.
Moïse devait agir, en levant sa verge sur la mer, et l’Éternel y ouvrirait un passage pour Son peuple. Ce chemin serait le salut d’Israël, et la destruction de l’orgueilleux Pharaon et de son armée, et cela d’une manière si éclatante qu’on s’en souviendrait pendant des générations. Nous voyons en type qu’un chemin de vie devait être tracé à travers les eaux de la mort.
14.4 - V. 19 — L’Ange passe à l’arrière du peuple pour les protéger des égyptiens
Les versets 19 et 20 décrivent ce que nous appellerions le pas décisif de ce drame extraordinaire. L’Ange de Dieu, dans la colonne de nuée, quitta l’avant-garde des Israélites et se plaça entre eux et les égyptiens qui les poursuivaient. L’Ange allait marcher avec eux à travers les eaux de la mort, mais il le ferait en couvrant leurs arrières par la nuée de Sa présence. Quoi qu’il arriverait, aucun égyptien ne pourrait frapper un seul Israélite à moins de percer la nuée. Avant de pouvoir toucher le moindre de ceux qui s’échappaient de l’esclavage, il devait vaincre le Dieu tout-puissant !
Ce pas n’était-il pas le plus décisif de toute cette remarquable série ? Il illustre bien la grande déclaration de l’apôtre en Romains 8:31 : « Que dirons-nous donc à ces choses ? Si Dieu est pour nous, qui sera contre nous ? ». Oui, en effet ! Qui peut l’être ? Ne perdons jamais le sens de la sécurité et du triomphe de ce fait merveilleux.
14.5 - V. 20-31 — Traversée de la mer Rouge
Non seulement l’Ange de Dieu dans la nuée se plaça entre Israël et leurs ennemis, mais Il fit en sorte que la nuée se présente aux égyptiens comme une impénétrable nuée de ténèbres, et comme une puissante lumière pour Israël. Les versets 21 et 22 parlent de la division de la mer par un fort vent d’orient, de sorte qu’il y eut un passage à sec entre un mur d’eau à droite et un à gauche.
14.5.1 - L’Éternel parcourant Lui-même le chemin à travers les eaux de la mort
Considérons maintenant la situation. Derrière l’arrière-garde de l’armée se tenait la présence du Tout-Puissant, comme un projecteur très puissant – non pas dans leurs yeux pour les éblouir, mais placé de telle sorte qu’en se reflétant sur les murs d’eau, il éclairait tout leur chemin. Toute cette nuit-là, Israël marcha dans la lumière, tandis que l’ennemi, malgré ses chars rapides, trébuchait dans les ténèbres. Pendant toute cette nuit, l’Ange de Dieu lui-même traversa les eaux de la mort, l’Ange représentant l’Éternel, comme nous le voyons en comparant 14:19 avec 13:21.
Nous pouvons donc dire que, non seulement l’Éternel traçait le chemin à travers la mer, mais qu’Il le parcourut Lui-même, et qu’Israël le parcourut dans la mesure où il s’appropriait le chemin tracé par Lui. L’histoire d’Israël nous fournit donc ici clairement le deuxième type de la mort de Christ. Le premier se trouvait, bien sûr, dans l’agneau sacrifié lors de la nuit de la Pâque, mais ce second type nous fait faire un pas de plus, puisqu’il symbolise non seulement la mort, mais aussi la résurrection.
14.5.2 - L’Éternel combattant contre les ennemis
Mais avant d’en arriver là, il nous est montré comment l’Éternel a agi non seulement “pour” Son peuple, mais aussi “contre” ses ennemis. Pendant la plus grande partie de la nuit, ceux-ci essayèrent vainement d’avancer dans la nuée de ténèbres, si bien qu’ils se retrouvèrent effectivement au milieu de la mer. Sur la veille du matin, l’Éternel ôta les roues de leurs chars, ce qui les réduisit sans doute à marcher. Ils réalisèrent une fois de plus que l’Éternel combattait contre eux. Ils auraient bien voulu reculer, mais ils n’avaient plus la force de le faire rapidement. Lorsque le matin parut, Moïse étendit de nouveau la main sur la mer, qui reprit sa vigueur, et les puissantes murailles d’eau s’effondrèrent sur les égyptiens et les détruisirent totalement. Nous pouvons imaginer quel bouleversement irrésistible ce dut être.
Le type est très frappant. Dans la mort de Christ, la mort elle-même est devenue le chemin de la vie pour le croyant. Mais seulement pour le croyant – celui qui, par la foi, s’approprie le chemin qui a été tracé. Elle garantit le jugement de l’incrédule, car si Dieu n’a pas épargné Son Fils lorsqu’Il portait le péché, comment l’incrédule sera-t-il épargné lorsqu’il devra porter ses propres péchés ?
14.5.3 - Type de la résurrection
L’Ange de l’Éternel et Israël ne descendirent pas seulement le soir à travers la mer ; ils en ressortirent le matin venu. Leur sortie est un type de la résurrection. Ainsi, Jésus notre Seigneur n’a pas seulement été livré pour nos fautes, il est aussi ressuscité pour notre justification. C’est ce qui nous permet d’être en paix avec Dieu, comme nous le voyons à la fin de Romains 4 et au début de Romains 5. Le croyant est délivré du jugement de ses péchés autant que Christ, qui les a portés, l’est maintenant.
14.5.4 - Un salut complet, c’est plus qu’être à l’abri du jugement
Lorsqu’Israël se tint sur l’autre rive de la mer et vit tous leurs ennemis morts sur le rivage, leurs doutes et leurs craintes quant à ce que le Pharaon et les égyptiens pourraient faire, furent dissipés. Toute question était réglée, ils avaient l’esprit tranquille, ce qu’ils n’avaient pas en Égypte, même s’ils étaient à l’abri du jugement de Dieu par le sang de l’agneau.
L’œuvre de Dieu est toujours marquée par ce qu’Il va jusqu’au bout. Toute âme en Israël était sauvée de façon triomphante, et tout égyptien était mort sur le rivage, car il est dit : « Il n’en resta pas même un seul » (v. 28). Une armée a-t-elle jamais été détruite aussi complètement, auparavant ou depuis ? Nous en doutons ; la seule qui s’en approche est celle de Sankhérib, en 2 Rois 19:35.
« Et l’Éternel délivra en ce jour-là Israël » (v. 30). Tant qu’Israël était en Égypte, il n’est pas dit qu’ils furent “sauvés”, bien qu’ils fussent à l’abri du jugement. L’Égypte représentait le monde et le Pharaon représentait Satan, le dieu et le prince du monde. Israël est dit être sauvé quand ils ont été franchement délivrés d’eux. De même, dans le Nouveau Testament, le salut signifie non seulement que nous avons été pardonnés et justifiés, mais aussi que nous avons été délivrés de l’autorité de Satan et du système du monde qu’il domine.
14.5.5 - Sauvés = Rupture avec l’ancienne vie, comme dans le baptême
En 1 Corinthiens 10:1-2, ce passage à travers la mer Rouge est décrit comme « le baptême pour Moïse dans la nuée et dans la mer ». La première mention du baptême chrétien, par opposition au baptême de Jean, se trouve en Actes 2. Pierre y déclare à ce sujet : « “Sauvez-vous” de cette génération perverse ». Dans sa première épître, Pierre décrit le baptême comme celui qui « nous “sauve” maintenant », en le comparant au passage de Noé et de sa famille à travers les eaux du déluge. Ces passages sont souvent considérés comme difficiles et obscurs, mais nous pensons que la clé réside dans ce que nous soulignons maintenant. La pensée première du baptême est, en un mot, la “dissociation” –– la rupture des liens avec l’ancienne vie, les anciennes associations avec le monde, l’ancien esclavage au pouvoir de l’adversaire. Dieu veut que Son peuple soit délivré de cette manière réelle et pratique. Et lorsqu’il est ainsi délivré, il le déclare SAUVÉ.
14.5.6 - V. 31 — La grande puissance que l’Éternel avait déployée
Le dernier verset du chapitre parle de tout cela comme de « la grande puissance que l’Éternel avait déployée ». Le peuple la vit, et ils crurent ; mais leur croyance est née de ce qu’ils virent, c’est pourquoi elle s’est évanouie si facilement par la suite. Ce n’était pas le genre de foi dont le Seigneur Jésus parlait à Thomas en disant : « bienheureux ceux qui n’ont point vu et qui ont cru » (Jean 20:29). La foi qui vient de la vue a largement caractérisé Israël tout au long de leur histoire, et elle le caractérisera encore dans le jour à venir, comme annoncé en Zacharie 12:10. Notre privilège est de croire en Celui que nous n’avons pas vu, et de L’aimer.
15 - Ch. 15 — Chant de triomphe. Premier cantique de l’Écriture
Exode 15 s’ouvre sur une note de triomphe.
- Le ch. 12 était celui d’être à l’“abri” du jugement,
- le ch. 13 celui d’être “sanctifié” pour Dieu,
- le ch. 14 celui d’être “sauvé” des ennemis,
- le ch. 15 est celui du “chant” de triomphe.
La rédemption par puissance ayant été accomplie, le chant en était le résultat naturel. Il s’agit en effet de la première mention du chant dans l’Écriture, car Genèse 31:27 ne mentionne les chants que comme ce qui aurait pu être, mais qui n’a pas eu lieu. Ce premier cantique rapporté présente certaines caractéristiques bien définies qu’il est bon de noter.
15.1 - Le sujet du cantique est la gloire et la puissance de l’Éternel
Tout d’abord, le cantique avait un grand thème – la gloire et la puissance de l’Éternel leur Dieu, telles que manifestées dans Ses actes de puissance sous leurs yeux. Il commence par Lui : « Je chanterai à l’Éternel, car Il s’est hautement élevé ». Il se termine par Lui : « L’ÉTERNEL régnera à toujours et à perpétuité ». Son saint nom apparaît douze fois dans le cantique. Moïse n’incita pas le peuple à chanter au sujet d’eux-mêmes ou de leurs expériences merveilleuses et exaltantes face à tout ce dont ils avaient été témoins. Nous pensons que l’une des faiblesses de nos hymnes modernes est la fréquence avec laquelle nous sommes amenés à chanter la profondeur de nos sentiments et de nos expériences, dans la louange et l’adoration. Il est spirituellement dommageable de chanter au Seigneur que nous Le louons « avec les accents d’une joie profonde », si notre joie est superficielle, et si nous n’avons jamais connu ce qui est dit en 1 Pierre 1:8. Une joie aussi profonde nous réduirait au silence, car elle est « inexprimable ». Évitons toute extravagance quand nous célébrons la grâce et la gloire de notre Seigneur, car ici il est impossible d’exagérer.
15.2 - Ils se sont appropriés ce que l’Éternel avait fait
Deuxièmement, bien qu’ils n’aient pas chanté au sujet d’eux-mêmes, ils se sont appropriés ce que l’Éternel avait fait. Ils Le considéraient comme leur force et leur salut (v. 2) ; comme leur Conducteur, leur Rédempteur et leur Guide (v. 13). Il avait prouvé qu’Il était tout cela. Ils Le reconnaissaient dans ces choses avec actions de grâces et Le louaient en conséquence, confessant Sa suprématie au-dessus de tous les dieux de l’Égypte qu’ils avaient connus, et qu’Il était caractérisé par la sainteté et par de puissants prodiges.
15.3 - L’Éternel mènerait la délivrance jusqu’à son terme
Troisièmement, cette délivrance n’était qu’un commencement ; Il avait un but qu’Il mènerait certainement à terme, achevant ce qu’il avait commencé. La foi de Moïse comprenait que Dieu vaincrait l’opposition d’Édom et de Moab et les amènerait en Canaan, les plantant sur la montagne où le sanctuaire devait être établi, et qu’ils auraient l’honneur, en tant que peuple, de préparer Sa demeure.
Moïse était si sûr que Dieu ne manquerait pas à Son dessein qu’à la fin du verset 17, il parle du sanctuaire comme s’il était déjà établi par Ses mains. C’est un fait : en considérant une chose du point de vue du dessein divin, les questions de temps deviennent relativement insignifiantes. Si Dieu se l’est proposé, c’est comme si la chose était faite. Quelle certitude !
15.4 - Dans ce cantique, Moïse a parlé en prophète
Nous ne pouvons pas douter que dans ce cantique Moïse ait parlé en tant que prophète et de manière inspirée. C’était son cantique au début des 40 ans dans le désert, et Deutéronome 32 rapporte celui à la fin des 40 ans, juste avant qu’il meure. Combien le second cantique est différent ! Le triste déclin du peuple entrait en ligne de compte, bien qu’il le terminât sur une note de victoire. En Apocalypse 15:3, il est dit que ceux qui ont remporté la victoire sur la bête chantent « le cantique de Moïse, esclave de Dieu, et le cantique de l’Agneau ». En chantant le cantique de Moïse, qui fait allusion à Exode 15 plutôt qu’à Deutéronome 32, ils glorifieront la puissance de Dieu en victoire qui leur a été donnée, tandis que le cantique de l’Agneau indiquerait qu’ils ont vaincu malgré la faiblesse et l’apparente défaite.
Le verset 19 redit la défaite complète du Pharaon et de ses armées, lorsque les flots qui s’étaient dressés en un amas d’eau figée furent relâchés et que les murs d’eau s’effondrèrent sur leurs têtes.
15.5 - V. 20-21 — Rôle des femmes
Au verset 20, Marie est mentionnée en tant que prophétesse. Avec les femmes d’Israël, elle a pris part à cette louange triomphante à l’Éternel. Ainsi, tout Israël était uni pour attribuer toute la gloire à Dieu.
15.6 - V. 22-26 — Entrée dans le désert. Les eaux de Mara. Le bois type de la croix
Mais quel changement de décor en lisant les six versets qui terminent ce chapitre 15. Israël avait été racheté de l’esclavage de l’Égypte et entreprenait maintenant un voyage de trois jours dans le désert, une terre dépourvue de ressources naturelles en eau et en nourriture. Il est dit qu’ils avaient emporté d’Égypte de la nourriture avec eux, mais l’eau est rapidement devenue une nécessité urgente. La signification typique de ce fait est évidente. Pour les inconvertis, qui ne connaissent pas la rédemption de Dieu, le monde est la scène de leurs plaisirs et de la satisfaction de leurs désirs naturels ; il est donc tout sauf un désert pour eux. Pour nous, qui avons été rachetés, c’est un désert, car il n’offre rien qui puisse plaire ou nourrir la nouvelle nature que nous avons maintenant.
Après trois jours, de l’eau a été trouvée, mais elle était amère et imbuvable. Il lui fut donc donné le nom de Mara. C’est la troisième fois que l’adjectif “amer” apparaît dans ce récit. Tout d’abord, les égyptiens avaient rendu la vie des Israélites amère en les soumettant à une dure servitude (1:14). Puis, il est dit que l’agneau de la Pâque devait être mangé avec des “herbes amères” (12:8). Maintenant, ils trouvent de l’eau amère dans le désert. Dans ce type, l’amertume du péché est mise en évidence. Il réduit en un esclavage amer. En nous appropriant le sacrifice de l’agneau de Dieu, nous devons réaliser intérieurement l’amertume de la sentence de mort qu’il implique. Dans le monde, devenu pour nous un désert, nous rencontrons encore l’amertume. L’eau est normalement synonyme de rafraîchissement et de vie. Mais l’eau du monde devient amère pour nous, car ses joies les plus douces sont polluées par le péché.
Le peuple n’était pas préparé à cela et oublia la puissance et la bonté de Dieu. Ils ne voyaient que Moïse, se plaignirent et murmurèrent contre lui. Moïse, lui, voyait Dieu, et dans cette situation d’urgence, il cria à Lui.
Le remède lui fut aussitôt révélé. L’Éternel lui montra un bois qui, une fois coupé et jeté dans les eaux, les rendait douces. C’est le bois qui enlevait l’amertume et apportait la douceur.
Ici encore, nous avons un type. En Eden, il y avait deux arbres vivants. Par la désobéissance de l’homme, le fruit de l’arbre de la connaissance devint pour lui la mort, et le chemin vers l’arbre de vie lui fut barré. Maintenant, nous n’avons plus d’arbre vivant, mais un arbre coupé, un bois. C’est sur un bois que notre Seigneur a été crucifié et, comme nous le savons, « maudit est quiconque est pendu au bois » (Gal. 3:13). Mais comme le montre ce chapitre des Galates, en portant la malédiction sur le bois, la bénédiction est assurée pour ceux qui croient. C’est le “bois” de la croix de Christ qui transforme l’amertume en douceur.
Ayons conscience que, dans nos expériences dans le désert, beaucoup de choses sont nécessairement amères pour nous, au point de vue naturel. Mais en prenant la croix et en suivant notre Seigneur, nous constatons que nos circonstances sont transformées, et que ce qui est amer pour la chair devient doux pour l’esprit.
Cette première expérience dans le désert est une borne-repère dans l’histoire d’Israël. Ils étaient mis à l’épreuve, et le verset 26 en fait connaître le résultat. Nous rencontrons cet inquiétant “Si”. Ils n’étaient pas encore exactement sous la loi, mais une certaine mesure de mise à l’épreuve était établie, et l’action gouvernementale de Dieu était annoncée. “S’ils obéissaient”, ils seraient épargnés des maladies communes en Égypte. Leur obéissance devait être pratique et non théorique. Ils ne devaient pas seulement “écouter”, “prêter l’oreille” et “garder”, mais aussi “faire” ce qui était juste aux yeux de l’Éternel. Seule la réalité Le satisfait.
15.7 - V. 27 — Dieu, dans Sa miséricorde, apporte des oasis
Mais bien que l’amertume soit présente dans les expériences du désert, Dieu, dans Sa miséricorde, y apporte des oasis. Il en fut ainsi pour Israël. De Mara, ils arrivèrent à l’oasis d’Élim, où ils purent se reposer grâce à une abondante provision. Dieu agit de la même manière en ce qui concerne les besoins spirituels de Ses saints. Nous en trouvons une illustration en Actes 9:31. Sous la persécution de Saul de Tarse, les églises vécurent l’expérience de “Mara”. Mais la grâce de Dieu agissant par la conversion miraculeuse de Saul, les églises atteignirent leur “Élim” pendant un certain temps.
Les voies de Dieu avec nous, en tant qu’individus, sont selon ce modèle. Ainsi, quand nous atteignons notre “Mara”, cherchons à tirer profit de l’expérience ; et lorsque nous sommes conduits à un “Élim”, n’oublions pas d’en bénir Dieu.
16 - Ch. 16 : Le don de la manne
16.1 - V. 1-3 — Deuxième murmure du peuple : concerne la nourriture
Bien qu’Élim fut agréable et rafraîchissant, ce n’était pas le lieu de repos permanent auquel Israël avait été appelé. Il fallut donc le quitter un mois seulement après la sortie d’Égypte, car c’est le quatorzième jour du premier mois que l’agneau de la Pâque fut immolé. Dès leur entrée dans le désert de Sin, les murmures du peuple reprirent de plus belle.
Ce n’est plus de l’eau, mais de la nourriture qu’il fallait trouver d’urgence. À ce moment-là, tout ce qu’ils avaient pu emporter d’Égypte avait sans doute été consommé, et dans le désert, il n’y avait aucune source d’approvisionnement visible. Hélas, le peuple marchait par la vue, et bien que les merveilles de la nuit de la Pâque et du passage de la mer Rouge aient eu lieu il y a un mois, la puissance de leur Dieu était totalement oubliée. Ils ne se souvenaient que des pots de chair en Égypte et murmuraient contre Moïse et à Aaron. Ils ne voyaient devant eux que la mort, et l’auraient préférée en Égypte plutôt que dans le désert.
16.2 - V. 4-12 — Réponse de la miséricorde divine
16.2.1 - test de leur obéissance
Le peuple n’était pas encore formellement sous la loi, c’est pourquoi l’Éternel intervint de suite en miséricorde, bien que le pain venu du ciel constituât un test préliminaire pour voir s’ils suivraient sa loi lorsqu’elle leur serait donnée ou s’ils ne la suivraient pas. C’est ce qui est dit au verset 4. Cependant, il leur fut clairement dit que leurs plaintes étaient en réalité contre Dieu et non contre ses serviteurs, et que Dieu relèverait le défi qu’ils avaient lancé.
Ceci se produisit aussitôt quand la gloire de l’Éternel apparut dans la nuée et qu’il parla à Moïse, promettant que le soir venu, ils auraient de la viande à manger et qu’ils seraient rassasiés de pain dès le matin suivant. Il n’agissait pas encore sur la base de la loi, mais sur celle de la grâce.
16.2.2 - V. 13 — Les cailles
La parole de l’Éternel s’est tout d’abord accomplie par un vol de cailles extraordinaire ce soir-là. Cet oiseau est connu comme migrateur et facile à capturer, mais l’immensité de ce vol qui s’est posé sur le camp rendait l’évènement miraculeux. Rien de plus n’est dit ici à leur sujet, mais quand, sous la loi, ce miracle s’est répété, en Nombres 11:31-34, il fut suivi d’un jugement.
16.2.3 - V. 13-31 — La manne : type de Christ, le pain de vie
Ensuite, au matin, la manne s’est posée autour du camp. Ce miracle n’a pas été que momentané, il s’est renouvelé tout au long du voyage dans le désert. Le miracle des cailles n’est traité que dans une partie de verset, mais tout le reste du chapitre traite des détails de la manne car elle est un type qui trouve son accomplissement en Christ, comme nourriture de ses saints dans le désert. Les paroles mêmes du Seigneur en Jean 6 le montrent clairement. La manne était le type ; lui est le « véritable pain qui vient du ciel ». Il dit encore : « Moi, je suis le pain vivant qui est descendu du ciel ».
Remarquons quelques caractéristiques du type. Tout d’abord, la manne tombait pendant les heures calmes de la nuit (v. 13), et non au milieu de la chaleur et de l’agitation de la journée. Elle tombait silencieusement, à l’insu des hommes, et ne se révélait, posée sur la rosée, qu’au matin. Ce n’est pas une futilité quand on affirme que nous, chrétiens, avons besoin d’un temps de retraite calme pour que la manne spirituelle puisse descendre sur nos âmes.
Deuxièmement, elle avait l’apparence « d’une petite bille ronde » (NdT : version KJV), si petite qu’elle pouvait être comparée aux minuscules gouttes de gelée blanche (v.14). En descendant du ciel dans la condition d’homme, afin de donner sa chair pour la vie du monde, le Fils de Dieu s’est fait petit et insignifiant aux yeux des hommes. De plus, elle était “ronde”, et non pas anguleuse et inégale. De même, dans son humiliation ici-bas, Christ manifestait dans chaque détail une uniformité venant de sa perfection.
Troisièmement, elle était semblable à une certaine graine (v. 31) — non pas un cristal qui, bien qu’attrayant, n’est qu’une matière sans vie, mais une semence qui a la vie – elle était blanche, pure, et son goût avait la douceur du miel. Ce n’était pas du miel, mais quand on en faisait des galettes pour la manger, elle avait la douceur du miel. Dans toutes ces choses, nous pouvons voir une préfiguration de la pureté et de la douceur trouvées dans le Christ humilié, devenu par sa mort la vraie semence de vie pour tout son peuple.
16.3 - V. 13-21 — La responsabilité de l’homme pour s’emparer de la bénédiction
La façon dont la semence devait être récoltée est très instructive. Il y en avait assez pour tous, mais elle devait être recueillie selon la capacité de l’individu à l’assimiler. Le verset 18 se lit presque comme si la manne avait la capacité de s’adapter à chaque personne, de sorte que celui qui recueillait beaucoup n’avait pas trop et que celui qui recueillait peu n’en manquait pas. On dit souvent que nous jouissons de Christ et de sa grâce selon notre capacité et notre diligence ; nous avons ici en type la base d’une telle remarque.
Nous avons parlé de “diligence” et de “capacité”, à cause des versets 19 et 20. La manne était donnée selon la capacité et devait être assimilée selon cette capacité, de sorte qu’il n’en restât rien jusqu’au lendemain matin. Certains n’eurent pas la diligence de manger tout ce qu’ils avaient recueilli et en laissèrent de reste jusqu’au matin, il s’y engendra des vers et cela puait. Ainsi, c’était pire que des restes inutiles. Nous connaissons tous le proverbe : « Le paresseux ne rôtit pas sa chasse » (Prov. 12:27) ; nous avons ici le cas d’un paresseux qui n’a pas mangé toute la manne qu’il avait ramassée, avec un résultat très désagréable. Nous pouvons appliquer ce principe en disant que ce que nous recueillons de Christ dans les Écritures est pour notre nourriture et notre joie présente, et non pour être mis de côté pour en faire étalage aux autres. Si nous faisons ainsi, ce ne sera que puant quand nous l’exposerons.
16.4 - V. 22-26 — Disposition spéciale pour respecter le sabbat
Mais chaque semaine, il y avait une exception à cette règle. Ils la ramassaient tous les matins, mais le sixième matin ils faisaient une double provision et la moitié pouvait être conservée, de sorte qu’on ne la ramassait pas le jour du sabbat. Il fallait la ramasser avant que le soleil ne soit chaud. Ainsi, dès le début, Dieu met l’accent sur le repos du jour du sabbat, qui sera le signe de l’alliance qui allait être établie. Il avait été “donné” pour le bien de l’homme, dès les jours de la création. Mais dans ce cas, le peuple était négligent ; certains conservèrent la manne alors qu’ils ne le devaient pas, et d’autres transgressèrent en sortant le jour du sabbat, s’attendant à la trouver, en vain.
16.5 - V. 32-36 — Un témoignage conservé dans la présence de Dieu
À la lumière de tout cela, l’instruction donnée à Moïse aux versets 32-34 est remarquable. Une cruche — un omer, la dixième partie d’un épha — devait être remplie de manne et déposée devant l’Éternel. En temps voulu, Aaron la déposerait devant le Témoignage, et serait ainsi conservée, sans puanteur ni vermine, de génération en génération et de siècle en siècle.
L’épître aux Hébreux, comme on le sait, nous donne en plusieurs endroits des détails qui ne sont pas mentionnés dans l’Ancien Testament. Ici, c’est l’un d’eux : « la cruche d’or qui renfermait la manne » (Héb. 9:4). Elle était déposée dans l’arche, faite de bois d’acacia recouvert d’or, évoquant la divinité et l’humanité de Christ. De même, la manne, typifiant la merveilleuse grâce manifestée dans son humanité, descendue du ciel, fut déposée devant Dieu dans un vase d’or, qui typifie sa divinité.
La promesse faite au vainqueur de Pergame de manger « de la manne cachée » (Apoc. 2:17) s’y réfère et indique que la réalité typifiée durera éternellement. Quand, dans notre Seigneur Jésus-Christ, la divinité vint en humanité et fut manifestée aux yeux des hommes, il y eut un tel déploiement d’excellence et de beauté que l’on s’en souviendra à jamais. La méchanceté de l’adversaire, le péché et l’affliction de l’homme qui l’éprouvaient, pour ainsi dire, servaient de sombre arrière-plan, mettant en relief son éclat. Il est bien vrai que,
mais le souvenir du puissant “toucher” en grâce qui a opéré la guérison fera la joie des saints avec adoration durant le jour éternel.
17 - Ch. 17 : le Rocher frappé, attaque de l’ennemi
17.1 - V. 1-3 — Troisième murmure du peuple : concerne le manque d’eau
Au début d’Exode 17, ils partirent pour une autre étape. Ils atteignirent Rephidim où il y avait à nouveau un problème urgent. À Mara, il y avait de l’eau amère ; ici, il n’y avait pas d’eau du tout. Une fois de plus, le peuple montre qu’il est une génération sans foi et donc sans capacité à tirer profit de son expérience passée de la puissance de Dieu. Ils réclament de l’eau à Moïse avec des reproches si amers, qu’ils sont prêts à le lapider. Mais Moïse, en homme de foi, sait où se trouve sa ressource et s’en remet à l’Éternel.
17.2 - V. 4-7 — Réponse de la miséricorde divine
La verge de Moïse était devenue le symbole de l’autorité divine qui lui avait été conférée, et c’est à partir de là que nous trouvons le mot utilisé dans l’Écriture avec cette signification, comme par exemple : « L’Éternel enverra de Sion la verge de ta force : domine ... » (Ps. 110:2). Il y avait à Horeb le rocher sur lequel se tiendrait l’Éternel, et Moïse devait frapper le rocher avec la verge.
17.2.1 - Le Rocher frappé : type de Christ, notre substitut frappé à la croix
Il est remarquable que c’est la première fois qu’il est question d’un rocher dans les Écritures et, comme le dit 1 Corinthiens 10:4, « ce rocher était le Christ ». Le rocher ayant été frappé, les eaux ont jailli, ce qui représente clairement le Saint-Esprit, comme fleuve d’eau vive jaillissant, suite à la mort de Christ. C’est l’eau dont le peuple avait besoin, fournie par grâce malgré ses plaintes.
Nous ne pouvons pas nous empêcher de faire une petite digression. En lisant Matthieu 16:18, nous pouvons à nouveau dire que « ce rocher était le Christ », le Fils du Dieu vivant. Combien grande est l’erreur de ceux qui pensent que le rocher était Pierre ! En effet, un peu plus loin, Pierre est piégé et fait l’œuvre du diable, voulant empêcher que le rocher, dans sa mort, soit frappé, ce qui aboutirait à l’effusion du Saint-Esprit. Aucune puissance adverse ne peut prévaloir contre l’Église édifiée par le Fils du Dieu vivant sur Lui-même, le Rocher, d’où procède le Saint-Esprit de Dieu.
17.2.2 - Le peuple tentait l’Éternel
Pour en revenir à notre chapitre, Moïse vit, en fait, que le cri d’incrédulité du peuple était tenter l’Éternel, l’invitant à manifester radicalement sa puissance pour montrer qu’il était parmi eux. Le fait qu’il ait déployé sa puissance dans un acte de miséricorde, et non de jugement, ne changeait rien au fait que c’était le tenter. Une chose pire que l’incrédulité, est l’autosatisfaction hautaine, que nous trouvons en Michée 3:11. Au début de son histoire nationale, Israël doutait que Dieu soit au milieu de lui, alors qu’il l’était. Vers la fin de leur histoire, ils étaient sûrs par dogmatisme qu’il était parmi eux, alors qu’il ne l’était pas ; ils étaient mûrs pour le jugement.
17.2.3 - Comment le Seigneur avait répondu à l’épreuve au désert
Dans le chapitre 16, nous avons vu Israël affamé, réclamant du pain. En revanche, en Matthieu 4, nous voyons notre Seigneur éprouvé par la faim dans le désert, mais s’attendant à Dieu, sans agir pour lui-même. Maintenant, le peuple tente Dieu à Massa et Meriba, alors que le Seigneur, face à la deuxième tentation, au désert, a cité : « Tu ne tenteras pas le Seigneur ton Dieu ». En Exode 32, Israël adore le veau d’or, mais par contraste, le Seigneur, à la troisième tentation, répondit : « Tu rendras hommage au Seigneur ton Dieu, et tu le serviras lui seul ». Israël passa 40 ans dans le désert et Jésus 40 jours, mais il refit leur chemin du désert en montrant Sa perfection là où ils avaient failli.
17.3 - V. 8-16 — Amalek : type de la chair en nous
La fin d’Exode 17 rapporte le premier combat de l’histoire du peuple. À la mer Rouge, ils virent l’Éternel combattre en leur faveur, et n’eurent plus qu’à profiter des fruits de sa victoire. Maintenant, Amalek apparaît et ils doivent s’armer pour la bataille. Amalek descendait d’Ésaü, l’homme à l’appétit charnel qui, pour un seul mets, vendit son droit d’aînesse, et devint ainsi très justement un type de la chair.
17.3.1 - Le combat commence dès le début de la course chrétienne
Récapitulons un peu. En type, Israël avait été protégé du jugement par le sang de l’agneau, et racheté du monde et de Satan à la mer Rouge. Ils avaient été miraculeusement nourris et maintenant, par le rocher frappé, l’eau jaillissante, type de l’Esprit, avait été donnée. Aussitôt après, Amalek, symbole de la chair, apparut. Combien tout cela sied-il ! Il est dit que « la chair convoite l’Esprit, et l’Esprit contre la chair » (Gal. 5:17) ; ce n’est que lorsque nous recevons le Saint-Esprit en tant que croyants que ce conflit commence. Avant d’être convertis, la chair régnait en maître et son pouvoir dans nos vies n’était pas contesté.
De nombreux chrétiens sont très perturbés quand, peu après leur conversion, ce conflit commence en eux. Mais c’est au moins un signe qu’ils sont habités par l’Esprit de Dieu. En Deutéronome 25:18, nous découvrons qu’Amalek était un ennemi très rusé, et nous expérimentons que la chair agit de la même manière, nous attaquant sur nos points faibles, comme nous les appellerions – bien que souvent nous croyons que ce sont nos points forts ! Or, Dieu a prononcé contre Amalek la sentence de mort de façon la plus extrême, (v. 14), tout comme Dieu a « condamné le péché dans la chair » par la mort de Christ.
17.3.2 - Josué : type de l’Esprit de Christ qui nous conduit dans le combat ici-bas
Or dans ce conflit, Israël doit se battre, mais sous la direction de Josué, l’homme qui, à la fin des 40 ans, sera le capitaine qui les conduira en Palestine. C’est la première fois que nous rencontrons son nom, et depuis ce moment, il nous est présenté comme un homme de foi, et par conséquent un homme de combat, à plusieurs égards.
17.3.3 - Moïse : type de Christ intercède, en Haut
Dans cette circonstance, on le voit agir sous la direction de Moïse, et recevoir le pouvoir de lui. Moïse était en haut ; Josué était en bas, à la tête des combattants. L’issue de la journée dépendait de l’intercesseur qui, n’étant qu’un homme, fut vite fatigué d’avoir les mains levées vers le ciel. Il est facile de discerner l’application spirituelle de cette histoire. Dans nos combats aujourd’hui, tout dépend de notre grand intercesseur, là-haut. Certes, l’Esprit est aussi un Intercesseur avec nous ici-bas, mais il est avec nous comme “un autre Consolateur”, représentant de l’Homme Christ Jésus que nous ne voyons pas, car il est en haut. Les mains de notre grand sacrificateur qui intercède là-haut ne tombent jamais de fatigue, grâce à Dieu !
17.3.4 - Ce combat est permanent ici-bas
Amalek a été repoussé et défait, mais sans être encore complètement détruit, comme il le sera plus tard. La victoire fut grande et commémorée par un autel, Jehovah-Nissi, car la victoire Lui appartenait. Ce fait a également une signification pour nous. Nous avons le pouvoir de maintenir la sentence de mort sur la chair, pour ne pas accomplir ses désirs et être préservés de faire les choses que nous ferions sinon, mais elle demeure en nous, bien que nous ayons reçu l’Esprit. C’est pourquoi l’Esprit continue à la combattre de génération en génération. Un temps viendra où elle sera effacée de dessous les cieux, mais ce temps n’est pas encore venu.
Aujourd’hui, certains s’imaginent follement et faussement que leur chair a été totalement effacée. Pour ceux qui pensent ainsi, cette idée déforme beaucoup la compréhension de ce que la chair subtile implique réellement. Elle est trop souvent réduite à ne signifier que les péchés les plus grossiers du corps, à l’exclusion de nombreux péchés plus raffinés et moins évidents. Ne tombons jamais dans ce piège, mais reconnaissons humblement que la chair est non seulement un ennemi subtil, mais aussi un ennemi implacable en nous, et que ce n’est qu’en marchant par l’Esprit que nous remporterons la victoire.
18 - Ch. 18 — vision du royaume à venir
Le chapitre 18 est une sorte de parenthèse dans la mesure où le beau-père de Moïse joue un rôle considérable dans l’épisode raconté. Pour avoir les relations plus directes de Dieu avec le peuple, il faut passer directement du chapitre 17 au chapitre 19.
18.1 - Similitude des deux fils de Moïse avec les deux fils de Joseph
Jéthro devait connaître tout ce qu’avait souffert Israël en Égypte, car Moïse avait vécu avec lui pendant quarante ans. Maintenant, il avait entendu la merveilleuse histoire de leur délivrance, et il vint se réjouir avec eux, amenant Séphora et ses deux fils. Ce n’est que maintenant que nous apprenons que Moïse l’avait renvoyée à son père, et quel était le nom du second fils.
L’épisode raconté au chapitre 4 montrait que Séphora n’était pas préparée à la circoncision, signe de l’alliance avec Abraham et type du dépouillement de la chair. Ce chapitre faisait mention du “fils”, au singulier ; nous pensons qu’il s’agit de Guershom, cité au chapitre 2. En nommant son fils aîné Guershom, Moïse révélait avoir conscience d’être un étranger dans le monde où il séjournait, et le dépouillement de la circoncision était tout à fait appropriée à cet égard. Maintenant, il est fait mention du deuxième fils, et nous passons de ce qui est négatif à ce qui est positif, puisque Éliézer signifie : “Dieu est une aide”. Cela était maintenant très clair, et dans ces deux noms, Moïse exprime en principe ce que Joseph avait dit avant lui dans les noms de ses deux fils, à savoir : Manassé : “faire oublier” et Éphraïm : “Fertilité”.
18.2 - Images du royaume à venir
Nombreux sont ceux qui voient dans ce chapitre une image, peut-être ténue, de ce qui se passera à la fin de l’histoire d’Israël. Il s’intercale entre l’ancienne alliance avec Abraham où Dieu avait des relations avec le peuple en grâce, et la nouvelle alliance de la loi, sujet du chapitre 19. Considérons ce tableau dans ses grandes lignes.
En Deutéronome 33:5, il est dit que Moïse était « roi en Jeshurun, quand les chefs du peuple se réunirent ensemble avec les tribus d’Israël ». Dans notre chapitre, nous voyons les chefs du peuple être choisis, selon la recommandation de Jéthro sous l’autorité de Dieu, car il disait : « si tu fais cela et que Dieu te le commande ». Il semble donc que nous ayons ici un petit échantillon du royaume à venir. Moïse est roi ; le peuple lui est soumis ; les Gentils, en la personne de Jéthro, viennent se réjouir avec lui et son peuple. De plus, sa femme Gentile est là, alors qu’elle avait disparue quand Dieu rachetait son peuple par de puissants jugements ; nous voyons en elle un pâle type de l’Église.
En outre, dans les hommes nommés chefs sous Moïse, nous voyons un type de ceux qui régneront avec Christ au jour du royaume. C’est en accord avec Daniel 7:14, 18, où il nous est dit que le Fils de l’homme possèdera le royaume en tant qu’autorité suprême, et que les saints possèderont aussi le royaume en ce jour. Les hommes qui assumaient l’autorité sous Moïse devaient être « des hommes capables, craignant Dieu, des hommes de vérité, haïssant le gain déshonnête ». Cela nous rappelle que les postes d’autorité dans le royaume de Christ à venir seront confiés à ceux qui se seront montrés dignes pendant la période de responsabilité actuelle.
19 - Ch. 19 — Israël au Sinaï
Au début d’Exode 19, le peuple campe au pied du Sinaï, le troisième mois après la délivrance d’Égypte. Arrivé à cet endroit, Dieu appelle Moïse à monter sur la montagne afin de recevoir de Lui une proposition nouvelle à transmettre au peuple.
Dieu fait rappeler au peuple ce qu’Il avait fait en sa faveur, en l’amenant à lui dans sa grâce ; mais ils n’avaient pas répondu comme il fallait. Ils manquaient de foi en Dieu et ne se connaissaient pas vraiment eux-mêmes. Leur position vis-à-vis de Dieu serait-elle désormais établie sur une base légale ? L’attitude de Dieu à leur égard devait-elle être régie par leur attitude à son égard, de sorte que, s’ils obéissaient, ils auraient sa faveur, et s’ils désobéissaient, ils seraient rejetés ?
19.1 - V. 4-6 : Contraste entre la loi et la grâce sur la position du peuple de Dieu
Afin de mieux saisir la différence entre la loi et la grâce, nous pouvons noter le contraste entre les versets 4 et 5 de notre chapitre et 1 Pierre 2:9. Dans l’Exode, le peuple devait être “un trésor particulier” (NdT : version KJV), “un royaume de sacrificateurs”, “une nation sainte”, mais seulement s’il obéissait effectivement à la voix de Dieu. Dans l’épitre de Pierre, il est rappelé aux chrétiens de nationalité juive ce qu’ils sont, sans aucun “si”. Ils ne sont pas seulement “une sacrificature royale”, “une nation sainte”, “un peuple acquis” – trois points presque identiques à ceux de l’Exode – mais ils sont aussi “une race élue”, ce qui n’apparaît pas dans l’Exode. Cette différence est d’une immense importance. C’était une nouvelle race choisie par Dieu – un peuple né de nouveau.
En conséquence, la grâce les avait placés dans une nouvelle position merveilleuse, et étant élu, ils devaient annoncer les vertus de Celui qui les avait appelés à cette position. Dans l’Exode, la position privilégiée devant Dieu ne devait être la leur que si leur conduite le méritait – s’ils obéissaient. Et, nous voyons dans d’autres passages, qu’ils devaient obéir en tout et tout le temps. C’est pourquoi ils ont perdu la position. Ils ne l’ont jamais eue et ne l’auront jamais sur cette base. La loi ne peut que dire : “Fais et vis”, alors que la grâce dit : “Vis et fais”.
19.2 - V. 7-8 : L’engagement d’Israël
Moïse présenta cette proposition légale au peuple, qui répondit rapidement : « Tout ce que l’Éternel a dit, nous le ferons ». De toute évidence, il ne leur est jamais venu à l’esprit qu’ils n’avaient ni l’envie ni le pouvoir de faire ce que la loi de Dieu leur enjoignait de faire. C’est justement ce qu’ils devaient apprendre, tout comme nous. Mais Dieu ne le savait-il pas ? Il le savait très certainement.
19.3 - Pourquoi la loi
Nous pourrions alors nous demander pourquoi Dieu a proposé la loi, s’il savait dès le début quel en serait le résultat. C’est pratiquement la question que Paul soulève en Galates 3:19. Il y répond en disant : « Elle a été ajoutée à cause des transgressions », en attendant la venue de Christ, la Semence promise. La force de cette affirmation devient plus claire en lisant Romains 5:13 ; 7:7-13. Dieu a donné la loi à Israël pour qu’elle lui fasse prendre conscience de son état de péché. Le péché est l’iniquité ; il remplissait la terre depuis la chute ; mais dès que la loi a été donnée, une ligne claire était tracée, et en franchissant cette ligne, l’homme devenait un vrai transgresseur. Son péché pouvait désormais lui être imputé, ce qui n’avait jamais été possible auparavant. Dieu voulait qu’en Israël une preuve claire de l’état de chute et de péché dans lequel se trouvaient les hommes soit donnée.
N’oublions pas qu’Israël a été choisi, non seulement pour être la nation centrale du plan de Dieu quand Christ gouvernera la terre, mais aussi pour être la nation échantillon servant de test sur l’état réel de l’humanité déchue. Cette nation est issue du plus beau “spécimen” humain, Abraham, qui était “l’ami de Dieu”. De plus, elle est issue d’un miracle – la naissance d’Isaac. Elle a été spécialement séparée des nations idolâtres et divinement instruite par la voix des prophètes. La mise à l’épreuve de l’humanité dans ce peuple, qui était le meilleur échantillon possible, ne pouvait être plus juste. Nous, les Gentils, n’avons jamais été sous la loi, mais quand nous disons que la loi a condamné Israël, nous ne devons jamais oublier que nous nous condamnons nous-mêmes.
19.4 - Moïse intermédiaire entre Dieu et le peuple
Dans notre chapitre, nous voyons donc le peuple accepter que la loi soit le facteur déterminant de ses relations avec Dieu, et cela, dans la confiance qu’il serait capable de la respecter entièrement. S’ils s’étaient vraiment connus eux-mêmes, ils n’auraient jamais agi ainsi. Cependant, l’ayant acceptée, un changement complet se produisit. Dieu vint à Moïse en se voilant d’une épaisse nuée (v. 8) ; de la nuée, Il parlerait à Moïse et en ferait son porte-parole auprès du peuple.
19.5 - V. 10-15 — Exigences de la sainteté de Dieu
En outre, le peuple devait faire des préparatifs spéciaux. Pendant deux jours, ils devaient être mis à part, et devaient même laver leurs vêtements ; des barrières devaient être posées, empêchant quiconque de toucher la montagne, sous peine de mort. La loi allait maintenant être donnée, et il était important que le peuple à qui elle était donnée soit impressionné par la sainteté de celui qui la donnait.
19.6 - V. 16-19 — L’Éternel se manifeste en feu sur la montagne
Du verset 16 à la fin du chapitre, nous avons une description saisissante de la scène extraordinaire qui s’est déroulée le troisième jour, quand la loi a été donnée. Le peuple se rassembla au pied de la montagne pour rencontrer Dieu, dans la mesure de leur possibilité. Sur le sommet de la montagne, l’Éternel descendit en feu, annoncé par des tonnerres, des éclairs, des nuées et de la fumée, ainsi que par le son puissant d’une trompette et des tremblements de terre. Cette scène a dû tous les épouvanter. En Hébreux 12:21, nous trouvons un détail qui n’est pas mentionné dans l’Exode : « Et Moïse, si terrible était ce qui paraissait, dit : Je suis épouvanté et tout tremblant ». L’Exode nous dit que le peuple a tremblé, mais que Moïse, accompagné d’Aaron, est monté sur la montagne. L’épître aux Hébreux nous dit que Moïse a tremblé en montant sur la montagne.
Le verset 22 montre qu’en Israël, il y avait déjà des hommes reconnus comme sacrificateurs, et au chapitre 24:5, il est dit que des jeunes hommes furent envoyés pour sacrifier à l’Éternel. Il n’est pas dit qui étaient ces jeunes gens ; ce n’est qu’au chapitre 28 qu’Aaron et ses fils sont nommés, comme étant mis à part pour la fonction de sacrificateur. Ce qui apparaît clairement dans notre chapitre, c’est que le privilège spécial de la sacrificature est de s’approcher “de l’Éternel”, et que cette proximité exige une sanctification très élevée.
20 - Ch. 20 — Le don de la loi
Les versets 1 à 17 d’Exode 20 consignent les dix commandements qui résument spécialement les exigences de la sainte loi de Dieu. Le chapitre suivant s’ouvre sur les “ordonnances” qui devaient leur être présentées. En Malachie 4:4, nous trouvons mentionnés les “statuts” et les “ordonnances” ainsi que la “loi”. Ces trois mots couvrent manifestement toute la législation qui est parvenue à Israël par l’intermédiaire de Moïse, et en commençant à examiner cette législation, notons bien qu’à l’époque de Malachie, près de mille ans après le moment où elle a été donnée, elle était toujours aussi contraignante qu’au début. Elle s’appliquait à “tout Israël” et était valable pendant toute la dispensation. Ce que Dieu dispose au début de toute dispensation reste valable jusqu’à la fin, et Il ne s’en écarte jamais, quelle que soit la mesure dont son peuple s’en écarte.
En donnant les commandements, Dieu se présenta à Israël comme l’Éternel, qui était devenu spécialement leur Dieu en les délivrant de l’Égypte, la maison de leur esclavage. Il s’adressa donc d’emblée directement au peuple (v. 19).
20.1 - V. 1-7 — Les trois premiers commandements : ce qui est dû à Dieu (la trinité)
Dans les trois premiers commandements, Dieu exige que soient respectés ses droits de Créateur et de Rédempteur qui les a délivrés de leur servitude. Premièrement, Lui seul étant Dieu, ils ne devaient reconnaître aucun autre “dieu”.
Deuxièmement, ils ne devaient pas essayer d’avoir une image ou une représentation matérielle de puissances invisibles. Dieu est “dans les cieux, en-haut”, et toute image prétendant Le représenter était interdite. Il était également interdit de faire des représentations de beaucoup d’autres puissances invisibles et visibles. Toutes les idoles des païens étaient strictement interdites et, à cet égard, il leur était donné l’avertissement que la rétribution des péchés des pères se répercutaient sur les enfants. Dieu savait combien ces pratiques idolâtres étaient contagieuses et que si les pères les introduisaient, l’épidémie se propagerait avec une virulence décuplée chez les enfants et ferait retomber le jugement sur leurs têtes.
D’autre part, le gouvernement de Dieu serait en faveur de ceux qui sont obéissants parce qu’ils L’aiment. Ainsi, dès le départ, il était indiqué que l’amour était vraiment ce qui est enjoint dans la loi. L’amour est l’accomplissement (ou la somme) de la loi, comme nous le savons très bien.
Troisièmement, le nom de l’Éternel était protégé. Bien que l’Éternel lui-même n’était pas visible, son nom avait été manifesté, et sa suprématie au milieu d’eux serait vite méconnue si son nom était utilisé indignement.
Il est remarquable que les commandements donnés dans le but d’affirmer et de sauvegarder la gloire et les droits de Dieu soient au nombre de trois, et cela bien avant que la réalité des trois personnes de la Divinité ne soit mise en lumière. Nous ne pouvons pas ne pas voir que le second ôtait tout ce qui aurait pu contribuer à brouiller les pistes quand notre Seigneur Jésus est apparu comme « l’image du Dieu invisible » (Col. 1:15). En Lui, et en Lui seul, se trouve la représentation vraie et parfaite de tout ce que Dieu est.
De même, il est remarquable que lorsque le Saint-Esprit – qui n’est pas incarné, mais invisible – a été envoyé, il l’a été par le Père au nom du Fils (voir Jean 14:26). Ce nom doit être sauvegardé, et notons que le blasphème contre le Saint-Esprit qui est venu en ce nom, est le péché impardonnable.
20.2 - V. 8-11 : Le quatrième commandement : le sabbat
Le quatrième commandement concerne le respect du jour du sabbat, qui serait le signe de l’alliance qui venait d’être établie. Les trois premiers commandements fixent les devoirs de l’homme à l’égard de Dieu, les six derniers, à l’égard de ses semblables. Entre ces deux divisions se trouve le signe de l’alliance, car il trace nécessairement une ligne de démarcation claire entre Israël, qui, en tant que peuple de Dieu, devait observer ce jour hebdomadaire de repos complet, et le reste des nations, qui ne l’observait pas.
Les nations Gentiles avaient alors perdu toute connaissance du vrai Dieu et de son œuvre de la création. Israël seul avait la connaissance de cette œuvre et du fait que Dieu s’était reposé le septième jour. Par la loi, Dieu imposait ses droits de créateur à l’homme et, par l’observation du sabbat, Israël devait toujours se souvenir de son œuvre créatrice.
20.3 - Le sabbat n’est pas le jour de repos du chrétien
Nous, chrétiens, ne sommes pas sous la loi, mais sous la grâce. Le sabbat, en tant que signe de l’alliance de la loi, a donc perdu sa signification pour nous, comme le montre Colossiens 2:16. Néanmoins, il ne fait aucun doute que le repos d’un jour sur sept est la sage et bienveillante intention de Dieu à l’égard de l’homme. La résurrection de Christ est le sceau de notre foi, c’est pourquoi le premier jour de la semaine, où il est ressuscité d’entre les morts, est devenu le jour que les chrétiens ont consacré dès le début à son culte et à son service, et est devenu le jour où nous cessons notre travail. La semaine d’Israël allait jusqu’au jour du repos. La semaine du chrétien commence par le jour du repos, basé sur la résurrection du Christ.
Le monde qui nous entoure en a fait un jour d’amusement, de sport et de péché. Veillons à l’utiliser justement pour la gloire de Dieu et notre propre bénédiction.
20.4 - V. 12-17 — Les commandements en rapport avec l’homme
Examinons maintenant les six commandements concernant les devoirs de l’homme envers ses semblables. Non seulement le péché a éloigné l’homme de Dieu, de sorte qu’il est nécessaire que les droits du Créateur doivent être sauvegardés, mais il a aussi complètement désorganisé la société, de sorte que les droits fondamentaux de l’homme doivent être maintenus. Le premier des six commandements est le seul qui soit positif. Les cinq derniers sont négatifs : « Tu ne...pas ».
20.4.1 - V. 12 — Le cinquième commandement : l’honneur dû à ses parents
Le commandement positif est d’honorer son père et sa mère. Dans l’ordre de Dieu pour la société humaine, la famille est l’unité fondamentale, et dans cette unité, le père et la mère sont les têtes responsables, et doivent être reconnus et honorés comme tels. S’ils ne sont pas honorés ainsi, l’unité se désintégrera rapidement et toutes les relations de la vie en seront sévèrement affectées. Nous en avons la preuve aujourd’hui. Des hommes sains d’esprit – magistrats et autres – s’accordent à déplorer ce qu’on appelle la “délinquance juvénile”, directement liée à l’éclatement de la vie familiale. Dans la plupart des cas, ce sont les parents eux-mêmes qui sont principalement à blâmer. Obsédés par les plaisirs du péché, ils négligent la discipline parentale et laissent les enfants livrés à eux-mêmes.
En Éphésiens 6:2, l’apôtre Paul rappelle qu’il s’agit du “premier commandement avec promesse”, la promesse étant une longue vie dans le pays qui leur serait donné. Inversement, le non-respect de ce commandement devait entraîner une sanction sévère, comme nous le voyons en Deutéronome 21:18-21. La sanction prononcée contre le « fils indocile et rebelle, qui n’écoute pas la voix de son père ni la voix de sa mère », peut nous sembler très sévère, mais elle souligne la grande importance de ce cinquième commandement dans la pensée de Dieu. S’il était fidèlement et universellement observé, les cinq autres commandements serait très peu enfreins.
20.4.2 - V. 13 — Le sixième commandement : le respect de la vie
Le sixième commandement est une sauvegarde de la vie humaine, dont Dieu est la source. L’homme ne peut pas donner la vie et n’a pas le droit de l’ôter, sauf si c’est un ordre de Dieu. Après le déluge, Noé a été autorisé à tuer des animaux pour se nourrir ; le gouvernement a été établi et l’épée confiée à sa main, afin que le meurtre soit sanctionné par la mort. Le Nouveau Testament nous rappelle que l’autorité terrestre « ne porte pas l’épée en vain » (Rom. 13:4), ceci montre que l’introduction de la grâce en Christ n’a pas annulé ce qui avait été établi quant au gouvernement sur la terre. Le gouvernement autorisé par Dieu suit son cours, mais le meurtre est strictement interdit.
20.4.3 - V. 14 — Le septième commandement : le respect de la pureté de la vie
Le septième commandement est une sauvegarde de la pureté de la vie humaine. Le terme “adultère” a ici le sens le plus large ; il couvre ce qui est considéré comme des péchés moins graves dans ce domaine. L’histoire des peuples montre que ceux qui pratiquaient largement ce mal se sont dégradés physiquement et mentalement, et qu’il en est résulté une foule d’autres maux.
20.4.4 - V. 15 — Le huitième commandement : le respect des biens d’autrui
Le huitième commandement fait respecter le droit à la propriété personnelle. Les enfants d’Israël vivaient en communauté, dans une certaine mesure, et le Nouveau Testament nous parle d’une brève période de communisme chrétien, au cours de laquelle beaucoup vendaient leurs biens et, à Jérusalem, mettaient tout en commun. Mais même à cette époque, les droits de la propriété privée n’étaient pas écartés, puisque Pierre dit à Ananias : « si elle fût restée non vendue, ne te demeurait-elle pas ? Et vendue, n’était-elle pas en ton pouvoir » (Actes 5:4). Oui, elle appartenait à Ananias, et personne n’avait le droit de le lui prendre. La loi interdisait le vol, et aujourd’hui, la parole dit à celui qui se convertit : « Que celui qui dérobait ne dérobe plus » (Eph. 4:28).
20.4.5 - V. 16 — Le neuvième commandement : le respect de l’honneur d’autrui
Le neuvième commandement sauvegarde la vérité contre la tendance pécheresse de l’homme à la tordre en un mensonge positif. L’homme peut mentir sur presque tout, mais sa tendance à mentir aux dépens de son prochain est spécialement interdit. Le diable est le père du mensonge, nous le savons, et l’homme est devenu un élève très doué dans ce domaine, depuis qu’il est tombé sous son influence. Dans ce monde, le mensonge est devenu l’une des plus puissantes forces du mal. Notons que si le meurtre et le vol sont deux des formes de violence les plus courantes et les plus graves, l’adultère et le mensonge sont deux des formes de corruption les plus courantes et les plus graves. Ces quatre péchés sont ceux qui détruisent le plus le bonheur humain. Quand ils disparaîtront, au millénium, le monde deviendra un paradis.
20.4.6 - V. 17 — Le dixième commandement : veiller sur son propre cœur
Mais de tous les commandements, le dixième, en le considérant honnêtement est celui qui donne le plus à l’âme le sentiment de la sentence de mort. L’apôtre Paul déclare : « Je n’aurais pas eu conscience de la convoitise, si la loi n’eût dit : Tu ne convoiteras point » (Rom. 7:7) ; et il ajoute : « mais le commandement étant venu, le péché a repris vie, et moi je mourus ». Nous savons tous que la nature humaine déchue est telle que le fait d’interdire quelque chose suscite en elle le désir de cette chose. Il est fort possible que la chose n’était même pas dans notre esprit avant qu’elle nous soit interdite ; mais l’interdiction ayant été donnée, la chose se présente à notre esprit et la convoitise se manifeste aussitôt, alors nous réalisons que nous étions morts aux yeux de la loi.
Dans le dixième, Dieu a donc non seulement légiféré contre les mauvaises choses, mais aussi contre le fait de les désirer ; c’est ce qui le rend si mortel pour la conscience éveillée. Conformément à cela, dans son sermon sur la montagne, en Matthieu 5, le Seigneur Jésus fait peser le poids de la loi contre le meurtre et l’adultère non plus sur l’acte mais sur le désir et l’impulsion qui poussent à l’acte. D’où également l’avertissement du Seigneur contre la convoitise en Luc 12:15 (NdT : version KJV), et ce que dit l’apôtre Paul : « Mortifiez donc ... la cupidité, qui est de l’idolâtrie » (Col. 3:5).
20.5 - Le cas du jeune homme de Marc 10:17-22
Lorsque le jeune homme riche s’est approché du Seigneur pour lui poser la question sur la vie éternelle, Jésus l’a mis à l’épreuve avec cinq des dix commandements. Il n’a pas cité les quatre premiers, qui traitent de ce qui est dû à Dieu, ni le dixième. Le jeune homme pouvait dire qu’il avait observé les cinq commandements cités par le Seigneur. Il ne fait aucun doute qu’il les avait respectés, si seuls les actes interdits était en cause. S’il avait été testé sur la base du dixième, il aurait été irrémédiablement condamné.
20.6 - V. 18-21 — Réaction du peuple
Les versets 18-21 nous disent comment le peuple a aussitôt réagi à l’annonce de la loi. Il est dit par deux fois, qu’ils “se tenaient loin”. Ils n’avaient pas encore eu le temps de commettre d’infraction à ce qui était prescrit, mais ils avaient déjà conscience qu’une distance s’était creusée entre eux et Dieu. De plus, ils supplièrent Moïse de servir de médiateur, en disant : « Que Dieu ne parle point avec nous, de peur que nous ne mourions ». Ces deux éléments – la distance et la mort – leur inspirèrent de la crainte. Il a été écrit aux Galates : « Tous ceux qui sont sur le principe des œuvres de la loi sont sous malédiction » (Gal. 3:10). Paul n’a pas dit : « Tous ceux qui ont violé la loi ». Ceux-ci sont bien sûr sous malédiction. Mais l’homme étant ce qu’il est, il suffit qu’il soit “sur le principe des œuvres de loi”, c’est-à-dire qu’il se tienne devant Dieu sur cette base, pour être sous malédiction. C’est exactement ce que nous voyons dans le passage qui nous occupe.
Moïse réalisait que la loi avait été donnée comme test, car il dit : « c’est afin de vous éprouver que Dieu est venu ». De plus, le peuple devait réaliser la gravité de la position dans laquelle il s’était placé. Ils semblent qu’ils aient pris cette position avec légèreté, aussi Dieu voulait-il qu’ils Le craignent afin qu’ils ne pèchent pas. Si la crainte avait pu inciter à accomplir la loi, tout aurait été parfait, car tout était là pour susciter la crainte. En nous tournant vers le Nouveau Testament, nous apprenons que c’est « l’amour [qui] est la somme de la loi » (Rom. 13:10).
20.7 - V. 22-26 — Comment le peuple devait s’approcher de Dieu
Dans les derniers versets du chapitre, nous voyons ce que le peuple devait faire et ne pas faire. Ils ne devaient pas faire de dieux, même avec les matériaux les plus précieux. Ils devaient faire un autel de terre. Le chapitre suivant présente les “ordonnances” qui accompagnaient les dix commandements, et la première concerne le “serviteur hébreu”.
A première vue, l’ordre de ces sujets peut sembler étrange et surtout, nous pourrions être tentés de voir ces règles concernant un Hébreu prenant une autre forme d’esclavage autorisée, comme très triviales par rapport aux tonnerres de la loi. Nous découvrons qu’il en est tout autrement quand nous considérons leur portée spirituelle : le don de la loi devenant un ministère de mort, seul un sacrifice pouvait répondre à cette situation, d’où la mention de l’autel ; mais où trouver un sacrifice suffisant ? Seulement en Celui dont le serviteur hébreu était le type.
Quant à l’autel, il devait être en terre ou en pierre brute. Si les hommes levaient leurs outils sur les pierres pour les façonner selon leurs pensées, ils les souilleraient. Un autel de terre ou de pierre brute peut sembler très grossier et ne pas être esthétique, mais puisqu’il représentait la mort – la mort de Christ – Dieu voulait qu’il reste brut et ne soit pas embelli par l’art et l’artifice de l’homme.
L’autel ne devait pas non plus être placé en hauteur et accessible par des marches, comme c’était apparemment la coutume pour les autels des païens. Nous pouvons donner à cela une application actuelle en soulignant que, dans le sacrifice de Christ, Dieu est descendu jusqu’à nous, de sorte que nous ne devons pas essayer de monter jusqu’à lui. Lorsque les hommes essaient de le faire, ils ne font qu’exposer leur propre nudité, spirituellement parlant.
21 - Ch. 21 — les ordonnances
21.1 - Versets 2-6 — Le serviteur hébreu
Les enfants d’Israël avaient droit à une forme particulière de service ; nous en avons les détails dans les premiers versets d’Exode 21. Un Hébreu pouvait se soumettre à un tel service pendant six ans, mais la septième année, il devait sortir libre ; et s’il s’y soumettait avec une femme, celle-ci sortait libre avec lui. Par contre, si sa femme lui avait été donnée par son maître et qu’ils avaient des enfants, c’était plus compliqué (v. 4 à 6). Ces complications présentent un type remarquable.
Si l’esclave déclarait clairement et distinctement que, par amour pour son maître, sa femme et ses enfants, il ne sortirait pas libre, son maître le conduirait devant les juges et à la porte – le lieu de sortie normalement – et là, il verserait quelques gouttes de son sang en ayant l’oreille percée contre la porte ou le montant de la porte. Désormais, il serait serviteur à perpétuité. Tel était le premier des “jugements” prévus par la loi.
Nous pouvons nous demander si un serviteur hébreu avait jamais dit : « J’aime mon maître, ma femme et mes enfants », plaçant ainsi son maître avant sa femme et ses enfants. Nous ne pouvons que dire que le maître devait être une personne extraordinaire pour détenir une telle autorité. Mais quand notre Seigneur prit la place de serviteur, il vint avant tout pour faire la volonté de Dieu en se consacrant à sa gloire, puis pour établir avec les hommes rachetés une relation que rien ne pourrait briser. L’antitype de cette situation se trouve en Jean 13:1 et 14:31.
Dans cet évangile, même si la déité de notre Seigneur est pleinement affirmée, la place qu’il a prise avec soumission et dépendance est manifeste. A la fin du discours dans la Chambre Haute, le Seigneur se rendit à Gethsémané et à Golgotha, afin que le monde sache qu’il aimait le Père. L’évangéliste nous avait déjà dit qu’ayant aimé les siens dans le monde, il les avait aimés jusqu’à la fin. Sa déclaration d’aimer le Père, qu’il est venu servir, et d’aimer ceux qu’il a mis en relation avec lui, ne pouvait être plus claire.
Son amour l’a conduit à la mort. Dans le type, nous n’en avons qu’une faible représentation, mais la tache de sang sur le montant de la porte, à l’endroit où l’oreille a été percée, nous fait penser à l’effusion effective du sang, quand notre Sauveur a été pendu au bois.
21.2 - V. 7-11 — La protection des êtres sans défense
Les versets 7 à 11 traitent du cas de la femme qui devient esclave. Étant un être faible, elle pouvait être victime de traitements injustes ; ses droits étaient donc clairement définis. Notons que des choses permises sous la loi, ne seraient pas tolérées par les chrétiens aujourd’hui. Les paroles mêmes du Seigneur, en Matthieu 19:7-8, nous le montrent. Nous devons toujours garder à l’esprit que « la loi n’a rien amené à la perfection » (Héb. 7:19), puisqu’elle énonce le minimum des exigences de Dieu, de sorte que tous ceux qui, en quelque manière ou en quelque temps que ce soit, n’y satisfont pas, sont sous la sentence de mort. La plénitude de toutes les pensées et de tous les désirs de Dieu est réalisée et exposée en Christ.
21.3 - V. 12-27 — L’homicide volontaire et involontaire
Aux versets 12 à 27, nous avons des ordonnances concernant les actes de violence, en commençant par la différenciation entre le meurtre et l’homicide involontaire à qui un lieu de refuge étant promis. Plus tard, nous voyons cette promesse largement réalisée, puisque pas moins de six villes de refuge ont été établies.
D’autre part, nous notons la sévérité de Dieu dans la loi. La sentence de mort est prononcée contre des péchés qui, aujourd’hui, ne sont pas considérés comme méritant la peine capitale (v. 15, 16 et 17, par exemple) bien que nous devions nous rappeler que le salaire du péché – de tout péché – est la mort. Le verset 17 est cité par notre Seigneur en Matthieu 15:4. Priver un homme de sa liberté par la force revient à le priver de sa vie, ce que le verset 16 interdit.
Les versets 23 à 25 résument les exigences de la loi quant à ces choses. Le Seigneur s’y réfère en Matthieu 5.38, mais là, la grâce de Christ commence à se manifester.
21.4 - Cas d’une bête domestique causant une mort d’homme
Le reste du chapitre s’occupe des ordonnances relatives à la possession du bétail, aux actes violents qu’il pouvait avoir ou aux violences qu’il pouvait subir. Tout devait être réglé sur une base de stricte justice.
22 - Chapitre 22 — Ordonnances diverses
Si, en Exode 21, nous avons des ordonnances qui développent le “Tu ne tueras point”, en Exode 22, nous trouvons des ordonnances qui développent le “Tu ne déroberas point”. Les hommes peuvent se dépouiller les uns les autres de diverses manières, et ce thème va jusqu’à la fin du verset 17 ; une jeune fille peut être dépouillée de sa virginité, et une pénalité s’applique à ce cas comme à tous les autres. La première exigence est la “restitution”, et si c’est impossible, des dommages doivent être payés. Il n’y a pas de sanction plus équitable.
Du verset 18 à la fin du chapitre, diverses ordonnances peuvent ne pas sembler étroitement liées, mais elles couvrent manifestement à la fois les droits de Dieu lui-même et ceux des pauvres de son peuple. La magicienne outrage Dieu en trafiquant avec les démons. Le pécheur du verset 19 outrage Son ordre dans la création. Celui qui sacrifie aux puissances démoniaques doit être détruit. Le verset 28 exige que les “juges” – les “élohim” qui représentaient le seul vrai Dieu en matière de jugement terrestre – soient respectés, et les versets suivants exigent que les prémices soient régulièrement remises à Dieu, comme il convient à un peuple saint.
Les versets intermédiaires (21-27) sauvegardent les droits des personnes moins importantes et plus vulnérables – les étrangers, les veuves, les orphelins et les pauvres. L’humanité déchue a tendance à profiter de ces personnes, à les opprimer et à les spolier. Une telle conduite est odieuse à Dieu, et sa bonté transparaît, même lorsqu’il donne sa loi. Il sera leur défenseur. En pensant à eux, Il dit : « Je suis miséricordieux ».
23 - Ch. 23 — Ordonnances diverses (suite)
Le chapitre 23 poursuit et tire la conclusion des ordonnances que Moïse devait présenter aux enfants d’Israël. Il se divise tout naturellement en quatre sections.
23.1 - V 1-9 — Ordonnances relatives au jugement
La première (v. 1-9) interdit de pervertir le juste jugement, ce qui est si courant parmi les hommes. Cela ne devait pas se pratiquer en Israël, et il y a ici beaucoup d’enseignements pour nous-mêmes. Il est à noter que ce qui est interdit en premier sont “les faux bruits”. Au lieu de “colporter”, des versions indiquent “écouter”. Combien les faux bruits ont fait de mal aux chrétiens ! Nous admettons tous qu’il est mal de les colporter ; mais avons-nous conscience du mal qu’il y a à les écouter ? Quand une controverse surgit parmi les chrétiens et qu’un rapport malveillant ou désobligeant est fait sur la partie adverse, combien il est tentant de le recevoir aussitôt comme véridique, alors qu’il peut s’agir en fait d’un faux rapport. Tout rapport négatif doit être examiné avec soin et vérifié avant de l’accepter. Notons bien le soin qu’a eu Paul quant à ce qu’on lui a dit du mal à Corinthe (1 Cor. 1:11 ; 11:18).
L’injonction de ne pas suivre la foule dans le mal est à noter. Trop de chrétiens se sont engagés dans une mauvaise voie, se rassurant en se disant qu’elle devait être bonne parce que beaucoup de leurs amis la suivaient. Une foule de vrais saints peut poursuivre une mauvaise voie, mais cela ne la rend pas bonne. Notre responsabilité est d’être gouvernés par la Parole de Dieu, même si cela signifie diverger de l’ensemble.
Remarquons que les sentiments humains sont éliminés dans ces questions de jugement. Non seulement tout faux témoignage est interdit, mais l’aversion qu’a une personne pour un ennemi ne doit pas l’empêcher de lui porter secours en cas de besoin, (v. 4 et 5). De plus, les sentiments d’une personne envers un pauvre ne doivent influencer le jugement, ni en sa faveur (v. 3), ni en sa défaveur (v. 6).
Le verset 8 interdit de corrompre quelqu’un en faisant appel à ses sentiments. Là où la corruption sévit, la justice est pratiquement inconnue. « Le présent aveugle ceux qui voient clair ». Lisons ce verset dans son esprit comme dans sa lettre, car l’intérêt personnel peut aveugler un chrétien sincère qui ne songerait pas un seul instant à accepter un présent.
Cette première section finit par la protection accordée par la loi à l’étranger susceptible d’être traité différemment en Israël. Nous voyons ici l’intérêt compatissant de notre Dieu pour ceux qui ne font pas partie de la “communauté d’Israël” (Eph. 2:12).
23.2 - V. 10-13 — Ordonnances relatives au repos
Dans la deuxième section (v. 10-13) il est prescrit le repos, non seulement pour les hommes et les bêtes, mais aussi pour la terre. La tendance naturelle serait sans doute de dire : « Mais si l’on suit le verset 11 quant au repos d’une année sur sept, comment faire pour vivre la septième année ? » La réponse serait sûrement : « Pour cela, il faut se confier à Dieu ». À notre avis, c’est ce qui explique l’injonction finale de “prendre garde”, et de ne nommer aucun autre dieu. Aucun faux dieu ne pourrait leur donner une telle assurance. Ils ne feraient que détruire l’assurance qui les inciterait à obéir. En fait, 2 Chroniques 36:21 montre qu’Israël n’a pas obéi à cette loi.
23.3 - V. 14-19 — Ordonnances relatives aux trois grandes fêtes
La troisième section (v. 14-19) donne brièvement les règles relatives aux trois grandes fêtes de l’année. Elles devaient être observées, et tous les mâles devaient s’y présenter devant Dieu. En Deutéronome 16:16, nous apprenons qu’ils devaient se présenter au lieu que l’Éternel choisirait ; ainsi, le lieu et le moment étaient fixés par Dieu et non par eux. De brefs détails sont également donnés quant à la manière de présenter leurs offrandes : le levain était totalement exclu, la graisse était considérée comme appartenant entièrement à Dieu, et toutes les prémices de leur terre Lui étaient dûment rendus.
La dernière phrase du verset 19 est certainement remarquable. On peut se demander pourquoi elle figure ici et est répétée en Deutéronome 14:21. Ne serait-ce pas pour nous montrer que si Dieu exige que Ses droits et ceux de Sa maison soient honorés scrupuleusement, Il veut que des convenances soit observées aussi envers les plus humbles de ses créatures ? Dieu a ordonné que la chèvre donne son lait pour entretenir la vie de son chevreau. Il n’est donc pas convenable d’utiliser ce que Dieu a ordonné pour la vie comme un instrument lié à sa mort. Considérons bien si ce principe n’a pas d’application spirituelle pour nous aujourd’hui.
23.4 - V. 20-33 — Ordonnances relatives à la prise de possession du pays
La quatrième section qui va du verset 20 à la fin du chapitre, nous présente l’Ange qui devait être leur protecteur et leur guide. Le mot “ange” est parfois traduit par “messager”. C’est le cas en Malachie 3:1 où il apparaît deux fois. La première occurrence évoque Jean le Baptiseur, comme nous le savons. Mais “le messager [ou l’ange] de l’alliance, en qui vous prenez plaisir” évoque évidemment “le Seigneur que vous cherchez”, mentionné plus haut dans le verset, et se réfère donc au Seigneur Jésus-Christ. Dans notre chapitre, nous croyons donc que “l’Ange” doit Lui être identifié. C’est pourquoi il était essentiel qu’ils lui obéissent pleinement en toutes choses s’ils voulaient faire l’expérience de la puissance de Dieu agissant en leur faveur.
Lui obéir garantirait qu’aucune des nations qui se trouvaient alors dans le pays ne pourrait se tenir devant eux, mais qu’elles seraient complètement dépossédées. Ils devaient veiller à ne pas toucher à leurs idolâtries, mais à les détruire totalement. Alors ils seraient bénis dans leur santé et par une plénitude de biens terrestres.
Mais Dieu agirait de manière à ne pas créer de vide. Il chasserait ces nations “peu à peu”, au rythme où les Israélites se multiplieraient pour remplir le pays. On peut voir la sagesse de cette démarche et noter que Dieu agit de la même manière en agissant avec nos âmes. Nous devons grandir dans la grâce et, ce faisant, nous entrons dans la plénitude de la bénédiction qui est nôtre en Christ ; les choses anciennes sont dépossédées de nos cœurs et nos vies. Ainsi, nous progressons spirituellement “petit à petit”.
Pendant que le processus se déroulait ainsi par étapes, le danger était toujours présent pour Israël de se laisser prendre par les anciennes pratiques idolâtres du pays. Ils sont à nouveau mis en garde à ce sujet, et nous devons recevoir cet avertissement pour nous-mêmes. Comme nous avons en nous la chair avec toutes ses mauvaises tendances, nous ne pouvons que ressentir l’attrait du monde et de ses séductions pécheresses. C’est pourquoi nous aussi, nous avons toujours besoin de l’exhortation : « Gardez-vous des idoles » (1 Jean 5:21).
24 - Ch. 24 — Moïse appelé à remonter sur le Sinaï
24.1 - V. 1-2 — Appel de Moïse, des principaux sacrificateurs et des anciens
Dans le dernier verset d’Exode 19, nous avions lu que Moïse était descendu vers le peuple et avait prononcé ce qui est dit en Exode 20 à 23. Il est maintenant appelé à monter sur la montagne vers l’Éternel. Il devait emmener avec lui d’autres personnes qui pourraient adorer de loin. Moïse seul pouvait s’approcher, le peuple ne le pouvait pas du tout. C’est ce qui est dit au début d’Exode 24. Avant d’entrer dans les détails, nous avons une parenthèse importante, aux versets 3 à 8.
24.2 - V. 3-8 — Établissement de l’alliance
24.2.1 - V. 3 — le peuple réitère son engagement
Dans cette parenthèse, nous apprenons d’abord avec quelle fidélité Moïse s’est acquitté de la tâche qui lui avait été confiée. Une fois de plus, le peuple a promis une obéissance totale. Tout le peuple a promis, et il a tout promis. Ils l’avaient promis en Exode 19:8, avant que la loi ne soit donnée, et maintenant qu’elle l’a été, ils réitèrent leur promesse. Ils révèlent ainsi leur ignorance totale de leur propre péché et de leur faiblesse. Mais la loi a été donnée pour que ces faits douloureux soient manifestés, comme l’indiquent Romains 4:15 ; Galates 3:19 ; 1 Timothée 1:9.
24.2.2 - V. 4-5 — Moïse écrit le livre de l’alliance
Deuxièmement, Moïse consigna par écrit les paroles qu’il avait prononcées. Les incrédules affirment qu’il n’a rien fait de tel car l’écriture était inconnue à l’époque où il vivait. Il est maintenant prouvé qu’elle existait bien avant son époque. Dieu voulait que sa loi soit consignée et fasse autorité pour tous les temps. En consignant ainsi la loi, Moïse sentit instinctivement que la condamnation qu’elle entraînait inévitablement ne pouvait être expiée que par des sacrifices, d’où la construction d’un autel et de douze stèles en mémoire des tribus. Les sacrificateurs étaient des jeunes gens, car Aaron et ses fils n’avaient pas encore été officiellement investis de la fonction de sacrificateur.
24.2.3 - V. 6-8 — Moïse scelle l’alliance par le sang
Troisièmement, Moïse appliqua le sang versé, d’abord sur l’autel, puis sur le peuple. L’aspersion sur l’autel venait en premier, puis la lecture de la loi écrite, à laquelle, en l’écoutant, le peuple promit pour la troisième fois d’obéir, et enfin l’aspersion du peuple. Il est intéressant de noter que lorsqu’il en est question dans l’épître aux Hébreux, il nous est donné des détails qui ne se trouvent pas dans l’Exode. Il prit « de l’eau, de la laine écarlate et de l’hysope », et en fit aspersion non seulement sur le peuple, mais aussi sur le livre qu’il avait écrit.
Le peuple n’avait pas encore eu le temps d’enfreindre la loi qu’il venait d’écouter, de sorte que cette effusion de sang était plus un acte pénal qu’un acte d’expiation, à savoir le rappel solennel que la sentence de mort pesait sur celui qui enfreignait la loi. Le livre était aspergé de sang, dans la mesure où toute infraction à ses saintes exigences ou interdictions signifiait la mort du pécheur.
24.3 - V. 9-11 — Moïse et ses accompagnateurs admis à voir la gloire de Dieu
Les versets 9 à 11 rapportent ce que virent Moïse et le groupe privilégié qui commença l’ascension du Sinaï. Ils « virent le Dieu d’Israël », ce que ne contredit pas 1 Timothée 6:16 qui se réfère à Dieu dans son être et sa gloire essentiels. De même, Ézéchiel a vu « la ressemblance de la gloire de l’Éternel » (Ezé. 1:28), et Jean à Patmos a vu celui qui était assis sur le trône, « semblable à une pierre de jaspe et de sardius » (Apoc. 4:3) ; ils ont donc vu une manifestation de Dieu. Notons qu’il n’y a aucune tentative de description. Il est seulement dit que ce qui était sous ses pieds avait l’apparence d’un saphir “transparent” et du ciel en “pureté”. Ils “virent Dieu” ainsi et furent soutenus suffisamment dans leur esprit pour manger et boire devant lui.
Il est remarquable que, parmi les fils d’Aaron, seuls Nadab et Abihu soient mentionnés. Les deux qui moururent sous le jugement, presque aussitôt après avoir été consacrés sacrificateurs, n’avaient aucune excuse pour leur péché. Ils sont tombés malgré ce grand privilège, alors qu’Eléazar et Ithamar, qui ont continué à être sacrificateurs, n’ont apparemment pas eu cette expérience unique. Il en est souvent ainsi : l’échec est le plus prononcé chez ceux qui sont les plus privilégiés.
24.4 - V. 12-18 — Moïse appelé à monter seul pour recevoir les tables de pierre
Moïse seul fut appelé à monter sur la montagne de Dieu, bien que Josué semble l’avoir accompagné un certain temps. Au sommet du Sinaï, il y avait la nuée de la présence divine et la gloire de l’Éternel comme un feu dévorant. Moïse se rendit au milieu de la nuée et y demeura quarante jours et quarante nuits. Nous devons nous souvenir que, bien que nous connaissions maintenant Dieu tel qu’il s’est révélé en Christ dans la plénitude de la grâce, il est toujours vrai que « notre Dieu est un feu consumant » (Héb. 12:29). Il est immuable dans sa nature et ses attributs, même si un caractère peut être spécialement souligné, sous la loi, et un autre sous la grâce.
24.4.1 - Contraste entre les 40 jours de Moïse sur le sinaï et les 40 jours de Jésus au désert
Quel contraste frappant entre le séjour de Moïse sur la montagne avec Dieu et les quarante jours et quarante nuits que notre Seigneur a passés à jeûner et à être tenté par Satan dans le désert. Moïse était “enfermé” avec Dieu et Ses choses saintes, totalement séparé de la faillite et du mal qui arrivaient en bas. Jésus, au contraire, était coupé de toute subsistance humaine et soumis aux attaques et aux ruses de l’adversaire ; mais il était aussi vrai, à ce moment comme plus tard, que « le prince de ce monde vient et il n’a rien en moi » (Jean 14:30). Sur la montagne, Moïse a reçu « l’ombre des biens à venir » (Héb. 10:1). Dans le désert, Jésus s’est montré invincible et donc être le Rédempteur, accomplissant l’œuvre qui a fait de ces “biens à venir” une sure réalité.
24.4.2 - Différences entre Moïse sur le Sinaï et Paul au troisième ciel
Nous pouvons également noter un contraste entre le séjour prolongé de Moïse sur la montagne et le bref séjour de Paul, dans son corps ou hors de son corps, au troisième ciel. Moïse a entendu et vu des choses qu’il devait expressément transmettre au peuple. Paul a entendu « des paroles ineffables, qu’il n’est pas permis à l’homme d’exprimer » (2 Cor. 12:4). Les ombres de la loi révélées par Moïse sont merveilleuses, et nous faisons bien de les étudier. Mais l’évangile, à la fin, nous mettra en contact avec des merveilles qui ne peuvent pas nous être révélées tant que nous sommes dans nos corps mortels. Notre langue même n’a pas de mots pour les exprimer.
25 - Ch. 25 — Instructions concernant le mobilier du tabernacle
Nous arrivons maintenant à sept chapitres (25-31) dans lesquels sont consignés les détails du tabernacle et de la sacrificature, qui servaient d’ombre des biens à venir au temps voulu. En commençant à les examiner, nous soulignons à nouveau que nous n’avons pas “l’image même des choses”, mais seulement “l’ombre”. Le soir, en observant les ombres, nous pouvons dire avec certitude qu’il s’agit de l’ombre d’une maison ou de celle d’un arbre. Mais, de l’ombre de la maison, nous ne pouvons déduire ni la position de la porte d’entrée ni le nombre de fenêtres. Nous ne chercherons donc pas à découvrir de petits détails, mais nous considérerons ces ombres dans leurs grandes lignes.
25.1 - V. 1-9 — Les matériaux de base
Les neuf premiers versets montrent que le peuple avait le privilège de fournir les matériaux nécessaires pour qu’un sanctuaire soit construit afin que Dieu habite au milieu d’Israël. Le contraste avec le Nouveau Testament se trouve en Éphésiens 2:22. En lisant l’épître aux Hébreux, nous observons souvent un fort contraste entre l’ombre et la substance. Il en va de même ici. Les saints d’aujourd’hui sont, pour ainsi dire, les matériaux à partir desquels la demeure actuelle de Dieu est construite. Nous le sommes en vertu de l’œuvre vivifiante de Dieu en nous (cf. Eph. 2:1), et c’est bien plus merveilleux que d’apporter de l’or, de l’argent, des pierres précieuses et autres choses.
Le verset 9 souligne l’importance qu’il y a à observer la parole de l’Éternel. C’est Dieu lui-même qui a fourni le modèle du tabernacle et tous ses détails. Moïse et le peuple devaient suivre le modèle de Dieu et ne pas s’en écarter selon leurs propres idées. Concernant tout ce que Dieu a révélé, c’est un grand principe d’action, qui est autant valable aujourd’hui qu’il l’était à l’époque. Les pensées de Dieu, contenues dans ses instructions, sont parfaites et ne peuvent être améliorées. Les idées et les façons de faire des hommes ne peuvent que les gâcher.
Les instructions détaillées commencent au verset 10, et le premier mot concerne ce qui devait être la pièce centrale de tout le système typique. Dès le début, nous voyons que les pensées de Dieu ne sont pas les nôtres. Nous aurions commencé par le tabernacle dans lequel tout devait être logé, en travaillant de la circonférence vers le centre. Dieu commence par le centre et travaille à partir de là. L’ombre déclare clairement que le centre de toutes les pensées de Dieu est CHRIST.
25.2 - V. 10-16 — L’arche
Les détails concernant l’arche nous sont donnés dans les versets 10 à 16. C’était le centre même de tout le système typique et pourtant rien ne pouvait être plus simple en soi. Il s’agissait d’un coffre rectangulaire en bois, mais fait d’un bois très résistant, le “sittim” ou “acacia”, et recouvert d’or pur à l’intérieur comme à l’extérieur. Il est donc clair que le bois donnait à l’arche sa forme et que l’or lui donnait son caractère.
Nous voyons d’emblée à quel point l’arche représente le Sauveur incarné, en qui l’humanité et la divinité se trouvaient parfaitement réunies. Le bois d’acacia, très résistant, qui donnait sa forme à l’arche, indiquait son humanité, car il avait pris « la forme d’esclave, étant fait à la ressemblance des hommes » (Phil. 2:7). Mais une fois l’arche achevée, seul l’or était visible, bien qu’elle fût soutenue par le bois. Sa divinité donnait le caractère à tout ce qu’il disait et faisait.
Dans son discours aux Athéniens, Paul disait : « Nous ne devons pas penser que la divinité soit semblable à de l’or, ou à de l’argent, ou à de la pierre, à une œuvre sculptée de l’art et de l’imagination de l’homme » (Actes 17:29). C’est pourquoi l’art et les artifices de l’homme étaient totalement exclus de l’arche. Elle n’était que d’or pur sans ornement, mais avec un “couronnement” ou “bordure” autour de son sommet, et l’or était autant à l’intérieur qu’à l’extérieur. Ce que notre Seigneur était extérieurement, ce qui pouvait être observé, il l’était intérieurement, ce que personne ne pouvait voir. Il n’y avait pas de différence.
En outre, elle était construite de manière à être adaptée pour le voyage vers le pays. Elle avait des anneaux d’or dans lesquels étaient insérées des barres de bois recouvertes d’or. Il en fut ainsi jusqu’à ce qu’elle ait une place permanente dans le temple construit par Salomon, où les barres furent retirées, comme nous l’apprenons en 1 Rois 8:8. Enfin, Moïse reçut l’ordre de mettre dans l’arche le témoignage qu’il devait recevoir de Dieu, gravé sur les tables de pierre. Cela aussi tourne nos pensées vers Christ, car lui seul pouvait dire : « C’est mes délices, ô mon Dieu, à faire ce qui est ton bon plaisir, et ta loi est au dedans de mes entrailles » (Ps. 40:8).
25.3 - V. 17-22 — Le propitiatoire et les chérubins
Les versets 17-22 nous donnent des détails sur le propitiatoire et les chérubins. Le propitiatoire formait le couvercle de l’arche, et il était d’or pur, sans bois. En Lévitique 16, nous apprenons qu’une fois l’an, le sang de l’expiation était aspergé sur le propitiatoire, ce qui permettait d’obtenir la propitiation. Si l’homme a besoin d’être justifié, racheté, réconcilié, c’est Dieu qui doit être rendu propice. Les exigences de sa justice et de sa sainteté doivent être satisfaites : c’est pourquoi nous croyons que pour construire le propitiatoire, seul de l’or pur — qui représente Dieu dans sa sainteté et sa justice — était utilisé.
Les deux chérubins étaient également en or, battus pour avoir la forme requise, et étaient d’une pièce avec le propitiatoire, chacun se trouvant à chaque extrémité. Genèse 3:24 indique clairement que les chérubins sont un ordre spécial d’êtres angéliques qui s’occupent d’exécuter les justes jugements de Dieu. La seconde fois qu’ils sont mentionnés dans l’Écriture, c’est dans notre chapitre, où ils sont représentés en or. Il est fait mention de leurs ailes et de leur face, sans que leur forme soit décrite.
Le fait qu’ils aient des visages indique qu’ils ont une perception – des yeux pour voir. Leurs ailes déclarent qu’ils seront prompts à agir en justice contre le péché. Mais leurs visages devaient être tournés “vers le propitiatoire”, et non vers le peuple pécheur. Ils étaient représentés comme regardant l’endroit où le sang de la propitiation devait se trouver. Ainsi, en Genèse 3, nous les voyons avec l’épée flamboyante du jugement contre le péché. Ici, ils sont au repos, car leur regard est fixé sur le sang. Dans Ézéchiel, nous trouvons une description plus complète des chérubins, et ils sont vus soutenant “la ressemblance d’un trône”, et sur ce trône “la ressemblance d’un homme”. Ainsi ces présages avancent par étape : nous les voyons d’abord avec l’épée de la justice, puis avec le sang du sacrifice, et enfin soutenant le Sauveur sur son trône.
Pour le moment, cependant, l’Éternel insiste sur le fait que le propitiatoire devait être le lieu où il rencontrerait Moïse et s’entretiendrait avec lui de toutes les choses qu’il ordonnerait aux enfants d’Israël.
25.4 - V. 23-30 — La table pour le pain de proposition
Les versets 23 à 30 nous donnent des détails sur la construction de la table sur laquelle les pains de proposition devaient être placés. Elle était plus petite que l’arche et avait une fonction différente, mais les détails sont très similaires. Elle était placée à l’extérieur du voile, dans le lieu saint, pour être observée chaque jour par les sacrificateurs. Ici encore, nous voyons un type de Christ, mais comme supportant les pains de proposition, ou “pains de la présence”, qui servaient de nourriture aux sacrificateurs. Les détails concernant les pains de proposition ne sont donnés qu’en Lévitique 24. Tous les ustensiles qui s’y rapportent devaient être d’or pur.
25.5 - V. 31-39 — Le chandelier
Les versets 31 à 39 nous donnent des détails sur le chandelier d’or pur ; nous avons très clairement ici un type de l’Esprit de Dieu. Il y avait trois branches de part et d’autre de la tige centrale, soit sept lampes en tout, qui donnaient toute la lumière nécessaire dans le lieu saint. La table et les pains de proposition n’étaient visibles qu’à la lumière du chandelier. C’est à cette lumière que les sacrificateurs accomplissaient leur service quotidien. Les branches étaient construites de telle manière que l’on voyait à la fois des fleurs et des fruits, et bien qu’il y eût six branches, elles étaient d’une seule pièce avec la tige centrale — “battu d’une pièce d’or pur”.
Nous pouvons voir ici une indication en type de la vérité annoncée en 1 Corinthiens 2:10-16. Les choses de Dieu ne peuvent être appréhendées par des forces résidant en nous, mais uniquement par l’Esprit de Dieu. Aucune autre lumière que la sienne n’éclaire le lieu saint et les choses de Dieu.
Dans les sept lampes, qui n’étaient qu’un seul chandelier, nous voyons une préfiguration de la présentation de l’Esprit de Dieu trouvée plus loin dans la Bible, quand il est dit que l’Agneau a “les sept Esprits de Dieu”. Nous pouvons établir un lien avec Ésaïe 11:2, où il est dit que l’Esprit de Dieu — comme la tige centrale — en lien étroit avec les trois paires “de la sagesse et de l’intelligence”, “du conseil et de la force”, “de la connaissance et de la crainte de l’Éternel”. En Apocalypse 1:4, les sept esprits sont “devant son trône”, comme le sont en type les lampes dans notre chapitre. En Apocalypse 5:6, ils sont “envoyés par toute la terre”, se préparant à exécuter le jugement que l’Agneau allait diriger. Le Nouveau Testament montre clairement que l’Esprit de Dieu est un, mais que la plénitude de sa puissance est septuple.
25.6 - V. 40 — Avertissement à suivre exactement ce modèle
Le chapitre se termine par un avertissement donné à Moïse, à suivre exactement le modèle de tout ce qu’il voyait, étant sur la montagne avec Dieu. Il ne devait pas être tenté de modifier ou d’improviser quoi que ce soit. Moïse voyait le modèle, mais pas les grandes réalités que, dans l’ombre, le modèle représentait. S’il avait modifié quoi que ce soit, les biens à venir auraient été déformés. Les modèles de Dieu étaient autant que possible parfaits, car la perfection caractérise toutes les œuvres de Dieu. Si l’homme les modifie, il les gâche. Prenons-le à cœur quant aux enseignements bien plus merveilleux du Nouveau Testament.
26 - Ch. 26 — Instructions concernant le tabernacle
Exode 26 traite des instructions relatives à la construction du tabernacle. Mais avant de les considérer, demandons-nous pourquoi les instructions du chapitre 25 n’incluent pas les détails concernant l’autel d’or des parfums — le troisième élément de mobilier dans le lieu saint, juste devant le voile. C’est, pensons-nous, parce que les trois éléments mentionnés — l’arche, la table, le chandelier — représentent l’approche de Dieu vers l’homme, en Christ et par son Esprit. L’autel des parfums est lié, en type, à l’approche de l’homme vers Dieu, par l’intermédiaire du souverain sacrificateur. C’est pourquoi nous en trouvons les détails au chapitre 30, après les détails des vêtements sacerdotaux et de la consécration des sacrificateurs (chap. 28 et 29). Ce qui semble être du désordre, d’un point de vue humain, se révèle être l’ordre de Dieu, quand on en comprend la portée spirituelle.
26.1 - V. 1-14 — Les tapis
Les quatorze premiers versets d’Exode 26 donnent des détails sur les tapis qui composaient la tente, appelée tabernacle. Comme dans le chapitre précédent, les instructions commencent ici par le tapis le plus intérieur. Dieu travaille de l’intérieur vers l’extérieur, de ce qui n’était visible que par les sacrificateurs à l’intérieur vers ce que pouvait voir le peuple à l’extérieur.
Avant d’examiner les détails qui nous sont donnés, nous devons-nous demander : quelle est la signification typique du tabernacle dans son ensemble ? Nous allons tenter d’y répondre.
26.1.1 - Signification typique du tabernacle
L’épître aux Hébreux précise que c’était « une image des choses qui sont dans les cieux » (9:23) ; que Christ est le « souverain sacrificateur des biens à venir, par le tabernacle plus grand et plus parfait qui n’est pas fait de main » (9:11) ; qu’il y a le « vrai tabernacle, que le Seigneur a dressé, non pas l’homme » (8:2). Par conséquent, nous devons le considérer en premier lieu comme un type du majestueux univers de Dieu. Le peuple était sur la terre, et devait se tenir à l’extérieur. Entre la porte du parvis et la porte du tabernacle se trouvait l’autel des holocaustes, comme nous l’apprendrons au chapitre suivant. Il représentait le premier ciel, et c’est dans ce premier ciel que le Seigneur Jésus fut “élevé” pour mourir.
Le lieu saint, où se trouvaient la table et le chandelier, typifie le second ciel. Le sanctuaire, où se trouvaient l’arche, le propitiatoire et les chérubins, typifie le troisième ciel, la présence immédiate de Dieu, où la seule lumière était la nuée de gloire. Aaron était ministre du tabernacle : Christ est le ministre qui soutiendra à jamais l’univers de bénédiction de Dieu.
Mais, en second lieu, nous pouvons découvrir dans le tabernacle, et en particulier dans les tapis, ce qui typifie Christ lui-même. Dieu habitait dans le tabernacle, et plus tard dans le temple construit par Salomon, et le Seigneur lui-même parlait « du temple de son corps » (Jean 2:21). En type, Dieu était dans le tabernacle, quand Moïse l’a construit et dressé. D’une manière bien plus merveilleuse, « Dieu était en Christ » (2 Cor. 5:19).
Troisièmement, nous pouvons voir, dans certains détails en tout cas, ce qui est un type des saints en tant que demeure actuelle de Dieu par son Esprit. Il y est fait référence en Éphésiens 2:22.
26.1.2 - V. 1-6 — Les tapis de fin coton
Examinons maintenant les détails des tapis comme types de Christ. Ils constituaient quatre couches. Seul celui qui était inférieur, le plus saint de tous, était visible du lieu saint. Il était fait de fin coton retors, rehaussé de bleu, de pourpre et d’écarlate, et brodé de chérubins. Le fin coton retors était un tissu d’une belle texture. Le bleu est la couleur céleste. La pourpre est la couleur royale, tandis que l’écarlate est l’emblème de la gloire terrestre et du sang des sacrifices. Les chérubins représentent Dieu, agissant en justice. Tout ce qui était représenté par ces choses se trouvait en perfection en Christ. Sa sainte humanité avait une texture parfaite, aucun fil ne manquait ou n’était déplacé. En lui étaient manifestées toutes les grâces célestes et toute la puissance royale, tandis que dans le sang de son sacrifice, toutes les exigences judiciaires de la nature divine étaient satisfaites pour toujours.
Cette couverture intérieure était composée de dix tapis de même longueur et de même largeur, reliés entre eux par des ganses d’étoffe bleue attachées par des agrafes en or. Ces éléments, représentant ce qui était céleste et divin, réunissaient les dix rideaux en un seul ensemble. La vie merveilleuse de notre Seigneur peut être divisée en différentes parties — par exemple, les jours de sa petite enfance, de son enfance, des premières années cachées de sa vie d’homme, de son baptême, de sa tentation dans le désert, de son ministère public, de ses souffrances et de sa mort — mais tout était d’un seul tenant, relié par la plénitude divine et céleste qui demeurait en lui.
26.1.3 - V. 7-13 — Les tapis de poil de chèvre
Sur ces beaux tapis étaient posés des tapis de poils de chèvre. Ils sont appelés “tente” du tabernacle. Il est donc évident que les dix tapis intérieurs étaient considérés comme le tabernacle proprement dit. Cette tente était un peu plus grande, car chaque rideau était plus long de deux coudées, et bien que de même largeur – quatre coudées – il y en avait onze, de sorte qu’à l’avant, l’un pouvait être doublé. Les tapis de poils de chèvre faisaient donc une couverture complète.
Les tapis de poils de chèvre étaient grossiers et peu attrayants, comparés aux tapis de fin coton retors qui étaient dessous. Ils symboliseraient donc cette sainte séparation d’avec les voies des hommes pécheurs, même lorsque notre Seigneur recevait des pécheurs et mangeait avec eux, ce qui le mettait en conflit avec les pharisiens et les scribes. Il nous souvient que la vérité et la grâce vinrent par Jésus-Christ.
26.1.4 - V. 14 — La couverture de peaux de béliers
Si les beaux tapis de fin coton retors formaient le tabernacle, et les tapis de poils de chèvre la tente, nous avons enfin, au verset 14, deux couvertures qui devaient être placées sur le tout. Tout d’abord, une peau de bélier teinte en rouge. En Exode 29, nous trouvons plusieurs fois l’expression “bélier de consécration”. Deux béliers étaient immolés lors de la consécration des sacrificateurs. Nous pouvons donc voir ici un type de Christ qui a rempli la pleine mesure de sa consécration à Dieu dans la mort même. Sa belle vie, maintenue si entièrement dans une sainte séparation avec Dieu, a été offerte en sacrifice à Dieu ; cela comblait la mesure de son dévouement.
Deuxièmement, il y avait la couverture extérieure brute de peaux de taissons. Elle protégeait tout ce qui se trouvait en dessous de toute souillure. Il y avait dans notre Seigneur ce qui repoussait totalement le mal. Mais cela suscitait l’opposition du monde et explique pourquoi le prophète devait annoncer : « Quand nous le voyons, il n’y a point d’apparence en lui pour nous le faire désirer » (Esaïe 53:2).
26.2 - V. 15-30 — Les ais, les bases et les barres
Les versets 15 à 30 donnent des détails sur les ais [planches] et les barres qui formaient l’ossature du tabernacle et sur lesquelles reposaient tous les tapis. Nous avons là, pensons-nous, un type des saints, qui sont “bien ajustés ensembles” et qui sont “une habitation de Dieu”, comme nous le voyons à la fin d’Éphésiens 2, bien qu’il y soit question du temple plutôt que du tabernacle.
Chaque ais avait deux tenons qui s’inséraient dans des bases d’argent. Ainsi, ils pouvaient tenir debout. L’argent, comme nous le verrons plus loin, était le métal utilisé pour la monnaie de rachat, et ce n’est que sur la base du rachat que le saint peut se tenir debout en présence de Dieu. Mais même ainsi, sans les barres, il n’y aurait eu qu’une collection de ais séparés se tenant debout dans le désert.
Ce sont les barres qui renforçaient les ais individuels pour en faire une structure unique. Il y avait cinq barres, et celle du milieu devait s’étendre d’un bout à l’autre. C’est cette barre centrale qui donnait son unité à la structure. Aujourd’hui, il y a plus d’une chose qui lie les saints entre eux, mais le lien suprême se trouve dans l’Esprit de Dieu qui y demeure.
Enfin, nous remarquons que tous les ais et les barres étaient recouvertes d’or, et que les anneaux dans lesquels les barres étaient insérées étaient également en or. Ce qui devait caractériser l’arche devait aussi caractériser les saints. Les saints ne sont nullement divins, mais en tant qu’œuvre de Dieu, « créés dans le Christ Jésus » (Eph. 2:10), ils portent le caractère du Christ. La prière de Moïse « Que la beauté du Seigneur, notre Dieu, soit sur nous » (Ps. 90:17) est accomplie.
Ne cessons jamais de louer Dieu qu’il en soit ainsi.
26.3 - V. 31-37 — le voile et le rideau d’entrée
Après les instructions données à Moïse sur le tabernacle et la tente, suivent les détails du voile qui devait séparer le lieu saint du lieu très saint, et du rideau qui devait séparer le lieu saint du parvis extérieur. Ces éléments sont décrits dans cet ordre aux versets 31-37.
26.3.1 - V. 31-35 — le voile séparant le lieu saint du lieu très saint
Le voile était fait des mêmes matériaux que les tapis qui formaient le tabernacle. Il devait être suspendu à quatre colonnes de bois de sittim recouvertes d’or. Bien que très différentes de l’arche par leur forme, elles étaient faites des mêmes matériaux. Lorsque le camp se déplaçait, le voile devait être enlevé et servir de couverture à l’arche (voir Nomb. 4:5). L’arche était donc cachée par le voile à tous les regards, sauf à celui du souverain sacrificateur une fois l’an.
L’épître aux Hébreux nous montre que le voile avait une double signification, immédiate et prophétique. Tout Israël en voyait l’effet immédiat : il cachait l’arche et la gloire de Dieu qui y reposait, selon qu’il est dit : « L’Esprit-Saint indiquant ceci : le chemin des lieux saints n’a pas encore été manifesté » (Héb. 9:8). Les chérubins, habilement ouvragés dans le voile et dans les tapis, n’étaient pas représentés comme regardant le propitiatoire, où le sang était aspergé, comme l’étaient les chérubins au-dessus de l’arche. Ils représentaient donc le saint jugement de Dieu, qui maintenait les hommes pécheurs à distance, exclus de sa présence.
Mais il y avait une signification prophétique, qui ne pouvait être révélée avant la venue de Christ et l’accomplissement de la rédemption. Maintenant, nous avons « une pleine liberté pour entrer dans les lieux saints par le sang de Jésus ... à travers le voile, c’est-à-dire sa chair » (Héb. 10:19-20). Plus tôt dans l’épître, il nous est dit qu’il a pris part au sang et à la chair afin que, “par la mort”, il rendît impuissant le diable et nous délivra (Héb. 2:14-15). Par sa mort et sa résurrection, il nous a ouvert un chemin nouveau et vivant vers le lieu saint. Ce qui représentait pour l’Israélite “séparation et exclusion”, représente pour nous “libre accès et proximité”.
26.3.2 - V. 36-37 — le rideau séparant le lieu saint du parvis
Le rideau qui formait l’entrée du lieu saint était fait des mêmes matériaux que le voile et devait être fait en “ouvrage de brodeur”, mais il n’est pas fait mention des chérubins. Ses colonnes reposaient sur des socles d’airain et non d’argent, comme les ais et les colonnes du voile. L’autel des holocaustes qui se trouvait à l’extérieur était d’airain. Lorsque les justes exigences de Dieu étaient satisfaites par le sacrifice sur l’autel, les sacrificateurs pouvaient franchir les socles d’airain et entrer dans le lieu saint.
27 - Ch. 27 — Instructions concernant le parvis
27.1 - V. 1-8 — L’autel d’airain
Exode 27 commence par une description de l’autel fait de bois de sittim et recouvert d’airain ; cela semble être un type du juste jugement de Dieu contre le péché, qui ne peut être satisfait que par le sang des sacrifices. Cet autel était assez grand pour consumer un sacrifice de la plus grande taille, comme un taureau. Il était placé dans le parvis extérieur de telle sorte que celui qui entrait se trouvait immédiatement face à lui, déclarant clairement qu’il n’y avait pas d’entrée tant que les exigences de la justice de Dieu n’étaient pas satisfaites par le sacrifice. L’autel indiquait donc en type la mort de Christ, par laquelle toutes les exigences ont été satisfaites.
27.2 - V. 9-19 — Le parvis
La description de l’autel est suivie de celle du parvis, qui renfermait tout le système du tabernacle. Il devait avoir cent coudées de long sur cinquante de large, et être composé de tentures de fin coton retors, suspendues à des piliers d’airain reposant sur des socles du même métal. L’entrée se trouvait à l’orient. Elle n’avait pas moins de vingt coudées de long, et là, le coton ordinaire cédait la place au bleu, au pourpre, à l’écarlate, au fin coton retors, en ouvrage de brodeur, semblable au rideau de l’entrée du lieu saint. Celui qui n’entrait que dans le parvis devait avoir conscience du caractère et de la gloire de celui qui habitait dans le tabernacle, tout autant que celui qui entrait dans le lieu saint. L’entrée, qui s’étendait sur vingt coudées, était large, ce qui indique que Dieu qui est magnanime ne veut exclure personne. Mais tous ceux qui voulaient entrer devaient passer par l’autel des sacrifices, qui se tenait droit devant eux.
27.3 - V. 20-21 — Instructions pour le chandelier
Le chapitre se termine par l’instruction d’apporter “de l’huile d’olive pure, broyée” pour que les lampes dans le lieu saint brûlent continuellement. Auparavant, il n’avait été question d’huile que deux fois, chaque fois quand Jacob en a versé sur une stèle (Gen. 28 et 35), mais la nature de l’huile n’y était pas donnée. Ici, sa nature est précisée. Elle devait être extraite du fruit de l’olivier et être pure. Cette première mention de l’huile d’olive pure est clairement un type du Saint-Esprit et en fixe la signification tout au long de l’Écriture. Le chandelier d’or n’aurait servi à rien sans l’huile. Dans le Nouveau Testament, les églises et les croyants individuels sont comparés à des lampes. Mais sans l’huile du Saint-Esprit, elles n’ont pas la capacité de briller à la gloire de Dieu.
28 - Ch. 28 — Instructions concernant les vêtements sacerdotaux
28.1 - V. 1-5 — Consignes au sujet des ouvriers et des matériaux
Exode 28 est consacré aux détails des vêtements sacerdotaux qui devaient être préparés pour Aaron et ses fils, afin qu’ils puissent être intronisés dans la fonction de sacrificateur. Notons qu’Aaron seul était un type de Christ dans sa fonction sacerdotale, bien qu’en lui nous voyons en bien des choses qu’il y a plus de contraste que de ressemblance, comme l’Épître aux Hébreux le montre si clairement. En considérant les fils d’Aaron, même si Aaron lui-même était lié à eux, nous trouvons plutôt un type de la compagnie sacerdotale, dans laquelle nous sommes inclus en tant que croyants. Les saints d’aujourd’hui sont sacrificateurs en raison de leur association avec Christ, le grand souverain sacrificateur dans les hauts-lieux.
Aaron devait porter de saints vêtements très spéciaux. Ils sont décrits au verset 2 comme étant “pour gloire et pour ornement”. Or, en Lévitique 8, 9 et 10, et Lévitique 16:1-4, il apparaît qu’Aaron n’a effectivement porté ces beaux vêtements que lors de sa consécration. Ses deux fils aînés ayant failli, il devait désormais se présenter devant Dieu vêtu uniquement d’une tunique et d’un caleçon de lin. Les vêtements pour gloire et pour ornement devaient être mis de côté en souvenir de ce qui aurait dû être. En Hébreux 2:7, il est dit que Jésus, notre souverain sacrificateur, est “couronné de gloire et d’honneur”. Ses vêtements pour gloire et pour ornement ne seront jamais mis de côté, puisqu’il est sacrificateur pour l’éternité. Quel contraste !
Les vêtements spéciaux qui devaient être faits pour Aaron sont énumérés au verset 4 et, selon le verset 3, une sagesse surnaturelle était donnée aux ouvriers qui devaient les confectionner dans les conditions difficiles du voyage dans le désert. Le verset 5 mentionne les divers matériaux qui devaient être utilisés ; nous remarquons que ce sont les mêmes que ceux qui étaient employés pour le tabernacle lui-même.
28.2 - V. 6-14 — L’éphod
L’éphod avec sa ceinture était le vêtement sacerdotal type et, tout comme le tabernacle et le voile parlaient de Christ comme celui en qui résidait la plénitude de la divinité, ces vêtements parlaient de lui dans sa fonction sacerdotale.
Sur les épaules d’Aaron devaient reposer deux chatons d’or enchâssant des pierres d’onyx sur lesquelles étaient gravés les noms des douze tribus d’Israël. C’est un type de la manière dont le Seigneur Jésus, dans sa grâce sacerdotale, porte ses saints devant Dieu sur les épaules de sa puissance. Nous savons que c’est le secret de la persévérance des saints. C’est pourquoi l’apôtre pouvait dire d’un saint qui pouvait être critiqué : « il sera tenu debout » (Rom. 14:4).
28.3 - V. 15-30 — Le pectoral
Vient ensuite la description du pectoral. Les mêmes matériaux étaient utilisés, liés à une armature en or, fixée par des chaînes d’or et reliée, semble-t-il, aux épaulières au-dessus. Sur le pectoral devaient être placées douze pierres précieuses différentes, sur chacune desquelles devait figurer le nom d’une tribu. Aaron devait donc porter les noms des fils d’Israël “sur son cœur” (v. 29). Ils étaient autant sur son cœur que sur ses épaules, et l’importance typique en est évidente en Hébreux 4:14-16. Notre grand Souverain Sacrificateur, Jésus, le Fils de Dieu, a traversé les cieux par sa puissance, mais en même temps son cœur est touché par le sentiment de nos infirmités. Avec quelle hardiesse pouvons-nous donc nous approcher du trône de la grâce !
L’expression “pectoral de jugement” revient plusieurs fois. On l’appelle ainsi parce que “les urim et les thummim” y sont placés. Ces mots signifient respectivement “lumières” et “perfections”. On ignore ce qu’ils étaient et comment ils fonctionnaient. Après la captivité à Babylone, ils ont été perdus, comme l’indique Esdras 2:63. Ce qui semble certain, en revanche, c’est qu’au moyen des urim et des thummim, on pouvait interroger Dieu et recevoir une réponse, de sorte que dans l’histoire d’Israël, les points obscurs pouvaient être éclairés par la lumière divine d’une manière parfaite. Il est frappant de constater qu’en Hébreux 4, auquel nous avons déjà fait allusion, les versets relatifs à la sacrificature de notre Seigneur sont associés à deux autres versets (12 et 13) qui soulignent la lumière et la perfection de la parole de Dieu, puisque « toutes choses sont nues et découvertes aux yeux de celui à qui nous avons affaire ».
28.4 - V. 31-35 — La robe de l’éphod
Au verset 31, nous constatons que “la robe de l’éphod” devait être “entièrement de bleu”, évoquant la sacrificature céleste du Seigneur Jésus. De plus, au bord inférieur devaient être suspendues des grenades de bleu, de pourpre et d’écarlate, alternant avec des clochettes d’or. Lorsqu’Aaron entrait et sortait devant l’Éternel, on devait en entendre le son, mais on devait également en voir le fruit. Ce que cela signifie a été parfaitement réalisé en Christ. En lui, le fruit et le témoignage étaient tous deux d’une égale perfection, et son témoignage était d’or, c’est-à-dire divin. Les saints d’aujourd’hui sont amenés à occuper une place sacerdotale, de sorte qu’en principe, la même chose devrait nous caractériser. Si le fruit de l’Esprit ne se manifeste pas dans notre vie, les cloches de notre témoignage produiront un son confus peu convaincant.
28.5 - V. 36-38 — La tiare et la lame d’or
Aaron devait aussi avoir une tunique et une tiare de fin lin, et une lame en or sur laquelle étaient gravés les mots : “Sainteté à l’Éternel” était reliée par un cordon de bleu à celle-ci. Cette lame devait être placée sur le front d’Aaron, à la vue de tous. Il ne devait pas oublier, et personne d’autre ne devait oublier, qu’il était entièrement consacré au service de l’Éternel. Ainsi séparé, il devait porter l’iniquité des choses saintes que le peuple mettait à part pour les offrir à l’Éternel. Par cette expression remarquable, Dieu enseignait au peuple que rien n’était parfait dans tout ce qu’ils pouvaient offrir. Vu à la lumière du sanctuaire, c’est un fait solennel que l’homme, parce qu’il est pécheur, souille tout ce qu’il touche.
Pour nous, ce n’est pas une leçon facile à apprendre. Il est clair qu’Israël l’oublia. Lorsqu’un résidu revint de Babylone, le prophète Aggée a dû le lui rappeler. Lisez Aggée 2:10-14 et voyez comment la parole de l’Éternel parvint au peuple par son intermédiaire. La nation, leur travail et ce qu’ils offraient étaient marqués par l’impureté. C’est une leçon que nous devons apprendre nous aussi. Ne pensons pas que les plus belles offrandes que nous ayons jamais faites, que ce soit la louange, l’adoration ou le service, soient parfaites. Elles ne l’étaient pas. La chair est toujours en nous et, subtilement, elle entache les plus belles choses que nous offrons. Mais nous avons un grand Souverain Sacrificateur qui porte l’iniquité de nos choses saintes, et présente à Dieu notre culte ou notre service défectueux dans ses propres perfections, tout comme, à la fin, il nous présentera tous « irréprochables devant sa gloire, avec abondance de joie » (Jude 24).
28.6 - V. 39-43 — La tunique et les sous-vêtements de lin
Les derniers versets de notre chapitre donnent de brefs détails sur les vêtements de lin bien plus simples que devaient porter les fils d’Aaron dans leur service moindre. Néanmoins, ils devaient eux aussi être “pour gloire et pour ornement”. Que ce soit dans le cas d’Aaron ou de ses fils, la gloire et la beauté ne leur étaient pas propres mais leur étaient conférées. Il en va de même pour nous aujourd’hui.
29 - Ch. 29 — La consécration des sacrificateurs
29.1 - V. 1-7 — Aaron type de Christ ici ; il est oint seul
Les instructions concernant l’investiture formelle d’Aaron et de ses fils figurent en Exode 29. À l’entrée du tabernacle, ils étaient tout d’abord lavés à l’eau. Ensuite, Aaron seul était revêtu des vêtements de sa fonction et l’huile de l’onction sainte était versée sur sa tête, sans qu’il y ait eu au préalable application du sang du sacrifice. Cela convenait dans la mesure où il était un type du Seigneur Jésus-Christ qui, dans sa perfection, n’avait pas besoin de sacrifice. En tant qu’homme, Aaron avait besoin d’un sacrifice, comme nous le voyons aux versets 20 et 21 ; c’est le contraste que nous trouvons en Hébreux 5:1-3 et 7:27. Mais ici, il ne s’agit pas d’Aaron en tant qu’homme, mais en tant que type ; c’est pourquoi le sang est omis.
Le fait de se laver entièrement avec de l’eau est un type de la nouvelle naissance, et c’est à cela que le Seigneur Jésus fait allusion en Jean 13:10, lorsqu’il dit : « Celui qui a tout le corps lavé n’a besoin que de se laver les pieds ; mais il tout net ». Le lavage cérémoniel lors de la consécration des sacrificateurs n’était pas répété, mais, selon Exode 30, ils devaient se laver les mains et les pieds à la cuve chaque fois qu’ils entraient dans le sanctuaire.
29.2 - V. 8-28 — Aaron et ses fils
Aaron ayant été investi et oint seul, la deuxième partie de la cérémonie au cours de laquelle lui et ses fils étaient réunis, suivait. Le début de cette cérémonie était le sacrifice. Le taureau du sacrifice pour le péché était égorgé, son sang déposé sur l’autel et sa chair brulée hors du camp. Le bélier de l’holocauste suivait, son sang était répandu sur l’autel et tout son corps était brûlé en odeur agréable à l’Éternel. Ensuite, un second bélier était immolé ; son sang était répandu sur l’autel et appliqué sur Aaron et ses fils, qui s’étaient identifiés à ce sacrifice en posant leurs mains sur la tête du bélier. Ce n’est qu’ensuite que l’huile de l’onction était appliquée sur Aaron, ses fils et leurs vêtements. L’ordre était le suivant : d’abord l’eau, puis le sang, et enfin l’huile.
Ce n’est qu’après avoir accompli tout cela que les offrandes étaient placées dans les mains d’Aaron et de ses fils pour qu’ils les tournoient devant l’Éternel. Les versets 22 et 23 nous indiquent la nature de ces offrandes. Elles étaient un type de Christ dans la perfection de sa vie et de son sacrifice. De plus, certaines parties de l’offrande devaient servir de nourriture pour Moïse, qui officiait, pour Aaron et pour ses fils (cf. v. 27 et 28).
La valeur typique de tout cela est claire. Quand Aaron est seul, il représente Christ en tant que souverain sacrificateur, comme nous l’avons vu. Lorsqu’il est associé à ses fils, il représente la compagnie sacerdotale, et là, les saints entrent en jeu. Pour être sacrificateurs, nous passons par la nouvelle naissance, puis par l’application du sang de Christ par la foi, et nous recevons alors l’onction de l’Esprit de Dieu. Dans la première épître de Pierre, on remarque qu’avant d’atteindre notre sacrificature (chap. 2), la rédemption par le sang de Christ et la nouvelle naissance sont mentionnée au chapitre 1. Nous voyons ensuite qu’en tant que sainte sacrificature, nous offrons des sacrifices spirituels, dont les sacrifices matériels qu’Aaron et ses fils tournoyaient devant l’Éternel sont un type. Et nous savons que Celui que nous offrons est la nourriture de nos âmes.
Ajoutons juste un mot à cela : ne nous contentons pas de comprendre le type et d’apprécier la vérité du Nouveau Testament qu’il typifie, mais entrons expérimentalement dans la pratique des activités sacerdotales qui nous sont indiquées.
29.3 - V. 29-30 — Caractère temporaire du sacerdoce
Aaron et ses fils ayant été consacrés et leur offrande ayant été présentée devant l’Éternel, le caractère temporaire de leur nomination leur est rappelée (v. 29 et 30). Leur sacrificature n’était pas éternelle : elle se transmettait de père en fils, contrairement à ce qui est dit de notre Seigneur en Hébreux 7:24. De plus, les vêtements spéciaux mentionnés ne seraient bientôt plus utilisés, comme nous l’avons vu. Le Seigneur Jésus est couronné de gloire et d’honneur pour toujours. Ainsi, ici encore, en considérant le type à la lumière de l’Antitype, nous y voyons plus un contraste qu’une similitude.
29.4 - V. 31-37 — Nourriture des sacrificateurs et exigences de la sainteté de Dieu
Dans les versets 31-37, il est à nouveau question d’Aaron et ses fils. Deux choses sont mentionnées. La première est que certaines parties du bélier de consécration et du pain, qui avaient été présentées en offrande tournoyée devant l’Éternel, devaient leur servir de nourriture. En tant que sacrificateurs, ils devaient manger et assimiler ce qui avait été offert en odeur agréable à Dieu. Aujourd’hui, les saints sont une sainte sacrificature (1 Pierre 2). Comme tels, nous avons le privilège “d’offrir des sacrifices spirituels”, et dans le même chapitre, il nous est rappelé : “c’est pour vous qui croyez qu’elle a ce prix” ; ceci implique que nous assimilons pour nous-mêmes les excellences de Celui que nous présentons à Dieu dans nos louanges.
La seconde est la sainteté de Dieu et tous les sacrifices qu’elle exige. La consécration d’Aaron et de ses fils devait durer sept jours ; un sacrifice pour le péché devait être offert chaque jour pour faire propitiation ; l’autel sur lequel ils officiaient était ainsi purifié. Ayant été purifié par le sang, il devait être oint et être ainsi sanctifié pour Dieu. Une chose inanimée, comme un autel, pouvait être sanctifiée, en ce sens que “sanctifier” signifie simplement “mettre à part pour Dieu”. Les deux points que nous avons vus en Exode 12 — le sang appliqué et la chair de la victime mangée — réapparaissent ici.
29.5 - V. 38-46 — L’holocauste continuel : un agneau matin et soir
Cela conduit à l’ordonnance quant au sacrifice quotidien de deux agneaux, un le matin et un le soir. Ainsi, les sacrificateurs et le peuple devaient commencer et terminer leur journée en rappelant qu’ils n’étaient acceptés par Dieu que sur la base du sacrifice. Ce n’est qu’ainsi que Dieu pouvait habiter parmi eux, sanctifier le tabernacle par Sa gloire et communiquer Sa pensée à Son peuple par Moïse.
30 - Ch. 30 — Dernières ordonnances concernant le service du tabernacle
30.1 - V. 1-10 — L’autel d’or
L’ordre de la sacrificature et les sacrifices appropriés ayant été prescrits, on trouve au début d’Exode 30 les instructions relatives à la fabrication de l’autel des parfums, qui devait se trouver dans le lieu saint, juste devant le voile. Comme l’arche et la table des pains de proposition, il devait être en bois de sittim recouvert d’or pur. Sa taille était plus petite et son usage différent. Il ne devait jamais être utilisé pour des holocaustes, des offrandes de gâteau ou des libations (v. 9), et l’encens qui y était brûlé ne devait être que celui qui était fabriqué selon les instructions présentées à la fin du chapitre.
Dans ce type, il semble y avoir encore deux choses. Tout d’abord, il présente la bonne odeur et l’acceptation de Christ devant Dieu, acceptation par laquelle la sacrificature, aujourd’hui, peut s’approcher de Dieu. Aaron s’approchait, le jour des propitiations, quand il était autorisé à entrer dans le lieu très saint avec le sang du sacrifice pour le péché, mais en étant enveloppé dans la nuée de l’encens. Il n’entrait qu’une fois l’an, ce qui signifiait que le chemin des lieux saints n’était pas encore ouvert. Aaron ne connaissait pas notre pleine liberté d’y entrer.
En second lieu, nous voyons un type du service de notre Seigneur en tant qu’intercesseur. A ce titre, il est le grand sacrificateur de la maison de Dieu, par lequel les louanges de ses saints s’élèvent devant Dieu en parfum de bonne odeur. Comme nous l’avons déjà noté, nous sommes encore dans un état de faiblesse, car la chair est toujours en nous. Par conséquent, comme c’était le cas aux jours d’Aggée (voir Aggée 2:10-14), il y a aujourd’hui une part d’impureté et d’imperfection dans le plus saint et le plus spirituel de nos cultes. Aussi, Christ présente ce que nous offrons, dans le parfum de sa propre acceptation.
De même qu’un agneau devait être offert en holocauste matin et soir, l’encens de drogues odoriférantes devait être brûlé devant l’Éternel matin et soir. L’holocauste était sur l’autel à l’extérieur et l’encens sur l’autel à l’intérieur. Ainsi, à l’intérieur comme à l’extérieur, un parfum de bonne odeur montait devant l’Éternel. Le parfum des excellences de Christ est toujours devant Dieu, et nous sommes acceptés dans son acceptation.
Mais, une fois l’an, au jour des propitiations, le sang du sacrifice pour le péché devait être mis sur l’autel d’or. Aaron, qui y officiait, était un pécheur comme tout Israélite, et comme tel, il souillait tout ce qu’il touchait. La sacrificature lévitique n’était pas parfaite, comme nous le voyons en Hébreux 7:11. C’est pourquoi le culte cérémoniel du peuple, rendu par le souverain sacrificateur, devait être fondé sur le sang des sacrifices.
30.2 - V. 11-16 — L’argent de la propitiation en rançon pour les âmes
Aaron représentait donc le peuple, mais qu’en était-il du peuple lui-même ? Ils avaient été rachetés en tant que nation hors d’Égypte, mais la nécessité de la rédemption devait maintenant être rappelée à chacun individuellement. C’est ce que nous trouvons aux versets 11 à 16. Tout homme dénombré parmi eux, à partir de l’âge de vingt ans, devait donner un demi-sicle en rançon pour son âme ; c’était “l’argent de la propitiation”. En Exode 38:25, il est dit que cet argent de la propitiation était en argent et qu’il était utilisé pour fondre les bases des piliers du tabernacle. C’est pourquoi nous considérons l’argent comme un symbole de la rédemption.
Notons que tout homme devait donner cette petite pièce d’argent, ni plus ni moins. Le riche aurait pu vouloir faire étalage de ses richesses et de sa générosité en donnant davantage ; le pauvre aurait pu se sentir dispensé de donner quoi que ce soit. Tous devaient donner la même chose. Nous avons là une préfiguration de la doctrine : “il n’y a pas de différence”, énoncée dans l’épître aux Romains (3:22, 23 ; 10:12). Devant la sainteté de Dieu, toute distinction humaine s’efface et disparait. Le chemin de la propitiation est le même pour tous.
Au chapitre 26, dans la description de l’ensemble du système du tabernacle, nous avions souligné qu’il y avait d’abord les éléments qui typifiaient Dieu venant vers l’homme, et les détails de la tente du tabernacle avec l’autel des holocaustes. Puis, il y avait les détails de la consécration d’Aaron et de ses fils, et enfin les éléments qui typifiaient l’adorateur venant vers Dieu. Nous avions le sacrificateur, l’autel de l’encens et la rançon exigée du peuple dénombré. Une chose était encore nécessaire ; elle est décrite aux versets 17 à 21.
30.3 - V. 17-21 — La cuve d’airain
La cuve devait se trouver entre l’autel d’airain et la porte du tabernacle, et devait être aussi d’airain — type des exigences de la sainteté et de la justice de Dieu. Ces exigences étaient satisfaites d’abord par le sang mis sur l’autel et ensuite, pour les sacrificateurs qui entraient dans le sanctuaire, par l’eau contenue dans la cuve. Ils devaient s’y laver les mains et les pieds chaque fois qu’ils entraient dans le sanctuaire. Ils ne devaient porter, dans la présence de Dieu, aucune poussière ou souillure qui était à l’extérieur.
Nous avons ici un type frappant de ce que l’on omet souvent. Le chrétien, introduit dans la sacrificature, a besoin de l’eau comme du sang. Il semble évident que le Seigneur Jésus se référait à cela en Jean 13:10. Le sacrificateur, qui avait été entièrement lavé, avait besoin de ce lavage répété pour s’approcher. Pierre avait reçu le lavage initial de la nouvelle naissance, mais il avait besoin du lavage des pieds pour avoir une “part” avec le Seigneur. En Jean 15:3, nous voyons que cette purification secondaire est nôtre « par la parole que je vous ai dite ».
Ce lavage d’eau se fait donc par la Parole, qui purifie moralement et spirituellement. Il est important de s’en souvenir et de le distinguer, dans notre esprit, du sang qui purifie judiciairement. Le sang et l’eau étaient tous deux nécessaires aux sacrificateurs aaroniques pour qu’ils puissent entrer dans le sanctuaire sans mourir. En type, le sang témoignait que la peine judiciaire de leurs péchés avait été portée, et l’eau, que la souillure du monde avait été ôtée.
Ces choses nous aident à comprendre un passage de l’Écriture comme 1 Jean 5:6. Jésus-Christ est venu « non seulement dans la puissance de l’eau, mais dans la puissance de l’eau et du sang ». Cette épître traite de l’introduction d’enseignements antichrétiens ; de nos jours, de tels enseignements sont courants ; certains disent qu’Il est venu simplement comme un réformateur moral, quant à l’aspect social et individuel, par la puissance de Sa parole, c’est-à-dire “par l’eau seulement”. Mais il est venu « par l’eau et par le sang », en mourant pour payer la peine du péché.
Avant de poursuivre, il peut être utile de noter qu’en Nombres 19, nous avons l’ordonnance de “l’eau de séparation” ; c’était une “purification pour le péché”, à la disposition de toute personne du peuple qui avait contracté une souillure, en touchant un mort par exemple. Cela montre que Dieu a des exigences morales pour tout Son peuple. Notre passage montre que le service sacerdotal dans la présence de Dieu nécessite une purification par la parole de toute souillure du monde extérieur, qui pourrait entacher nos actions, typifiées par les mains, ou notre marche, typifiée par les pieds.
30.4 - V. 22-33 — L’huile de l’onction
Le reste du chapitre 30 concerne le détail des instructions sur la composition de “l’huile de l’onction sainte”, puis de “l’encens ... salé, pur et saint”. La sainteté de ces deux choses est fortement soulignée ; il était rigoureusement interdit de chercher à les copier. En considérant leur signification typique, nous pouvons le comprendre, car la première était un type du Saint-Esprit de Dieu, et la seconde, des excellences de Christ en parfum de bonne odeur.
L’huile devait servir à oindre le tabernacle et ses ustensiles, ainsi qu’Aaron et ses fils, comme nous l’avons vu. Les composants devaient tous être “les plus excellents”, et les proportions de chacun devaient être conformes aux prescriptions. L’onction ne devait pas être versée sur la chair de l’homme, car elle préfigurait l’onction de l’Esprit qui caractérise notre temps. La chair de l’homme est une chair pécheresse, et l’onction de l’Esprit n’est reçue que là où le sang a été appliqué.
30.5 - V. 34-38 — L’encens composé
Au verset 34, il est spécifié que les drogues odoriférantes devaient être d’un poids égal, et le verset 35 dit : « tu en feras un encens composé, d’ouvrage de parfumeur, salé, pur, saint ». Avant d’être utilisé, il devait être réduit en poudre en étant pilé “très fin”. Il s’agissait bien sûr de libérer le maximum de parfum. Le fait d’être pilé très fin peut nous rappeler la manière dont notre Seigneur a été mis à l’épreuve en toutes choses, supportant la contradiction des pécheurs contre lui-même, ce qui n’a fait que manifester le parfum de sa perfection. Aucun homme ne pouvait produire une telle chose, mais les hommes auraient pu essayer de copier l’encens qui en était le type ; c’est pourquoi cela était interdit.
31 - Ch. 31 — Dons suscités pour exécuter les tâches ; rappel du sabbat
31.1 - V. 1-11 — Betsaleël et Oholiab
Ces instructions ayant été données, on peut penser que Moïse a pu être étonné par la minutie des détails et les mises en garde solennelles d’en dévier, et a pu se demander comment elles pourraient être exécutées. Les paroles que Dieu lui adresse (Exo. 31:1-11) ont dû le rassurer. Dieu lui-même avait pris ses dispositions en appelant et en qualifiant deux hommes nommés Betsaleël et Oholiab. Le premier était issu de Juda, la première des tribus, et le second de Dan, que nous placerions parmi les dernières vu son histoire ultérieure. En choisissant ces deux hommes, Dieu montre sa souveraineté, appelant et dotant qui il veut, comme il l’entend.
Cette pensée devrait beaucoup nous encourager, car nous pouvons être assurés que Dieu suscite toujours les serviteurs nécessaires à l’accomplissement de son œuvre. Si Dieu ordonne un travail à faire, il fournit les ouvriers ; et si le travail n’est pas fait, la défaillance vient des ouvriers et non de Dieu. Comme toutes ces choses devaient être construites dans le désert, loin de la civilisation de l’Égypte, une sagesse et une intelligence surnaturelles devaient être nécessaires pour leur accomplissement. Dieu donna cette sagesse, et qualifia également tout homme sage de cœur qui aidèrent de manière subordonnée, mais leurs noms ne sont pas donnés (v. 6).
Nous devons en tirer un avertissement. Il est évident que pour accomplir l’œuvre de Dieu, les capacités naturelles ne suffisent pas. Betsaleël avait peut-être une aptitude naturelle pour ce genre de travail, mais cela ne suffisait pas. Il devait être rempli de l’Esprit de Dieu pour l’accomplir. S’il en était ainsi pour les choses matérielles, combien plus quand il s’agit du service de Dieu dans les choses spirituelles et du bien des hommes. N’entreprenons jamais l’œuvre de Dieu comme si nous avions en nous-mêmes le pouvoir ou la sagesse de la mener à bien.
31.2 - V. 12-17 — Rappel du sabbat à garder
Ce que Dieu a dit à Moïse lorsqu’il était sur la montagne pendant quarante jours et quarante nuits a commencé en Exode 25. Maintenant, dans les versets 12-17 de notre chapitre, nous avons les dernières paroles de Dieu. Elles concernent la bonne observation du sabbat ; Il dit qu’il est “un signe entre moi et vous, en vos générations”. Il le dit deux fois (v. 13 et 17), c’est donc évidemment très important. Basé sur le repos de Dieu après la création, le septième jour a été choisi pour ce repos ; le violer entrainait la mort. Cette disposition peut nous paraître très stricte, mais n’oublions pas que tout était désormais fondé sur la loi que le peuple venait d’accepter comme règle de ses relations avec Dieu.
Or, pour être un signe, une chose doit être vue des hommes extérieurement. Le sabbat était un tel signe extérieur. En l’observant scrupuleusement, Israël aurait aussitôt été un peuple particulier parmi les nations du monde ; cela aurait signifié qu’il avait une relation d’alliance avec Dieu. A la lumière de ce fait, nous pouvons voir d’emblée le sens profond des actes répétés de notre Seigneur, en miséricorde, le jour du sabbat. Il montrait non seulement que la miséricorde de Dieu n’était pas limitée par la loi qu’il avait donnée, mais aussi que la grâce qu’il apportait mettait de côté la loi de Moïse comme base d’acceptation devant Dieu. Cela est particulièrement évident en Jean 5:17-18. Le sabbat, qui parlait de repos, était le signe du système de la loi, mais aucun repos n’avait été atteint sur la base de la loi. Il était maintenant remplacé par le travail – travail partagé par le Père et le Fils. En Genèse 22, Abraham et Isaac préfigurent le Père et le Fils travaillant ensemble pour le sacrifice de la croix.
31.3 - V. 18 — Les tables de pierre
Notre chapitre se termine par l’affirmation que Moïse reçut deux tables de pierre, sur lesquelles les commandements furent inscrits en témoignage par le doigt même de Dieu. Sur la pierre — notons-le — qui est la plus rigide des choses ; on ne peut pas la tordre comme du caoutchouc, mais on peut la briser.
Il est intéressant d’observer trois occasions où le doigt de Dieu a écrit : La loi sur les tables de pierre ; le jugement de l’impie Belshatsar et de Babylone sur le plâtre du mur — Daniel 5:5 ; la grâce de Dieu écrite sur la poussière par notre Seigneur — Jean 8:6.
32 - Ch. 32 — L’affaire du veau d’or
32.1 - V. 1-6 — Le peuple se fait faire un veau d’or comme idole, par Aaron
32.1.1 - Le peuple marchant par la vue a besoin d’un dieu visible
Au début du chapitre 32, nos pensées se transportent de la montagne où Dieu était en communion avec Moïse, à la plaine où le peuple campait pendant l’absence de Moïse. On peut imaginer que le peuple s’impatientait à la fin des quarante jours. Ils avaient vu Moïse disparaître dans la nuée au sommet du Sinaï et ils pensaient qu’il avait disparu à toujours. Cette circonstance montra très clairement qu’ils marchaient par la vue et non par la foi. Moïse avait au moins été un chef visible, même s’ils avaient montré un esprit de rébellion et d’incrédulité à son égard. Ils n’avaient pas la foi qui aurait fait du Dieu invisible une réalité.
C’est pourquoi ils désiraient quelque chose de visible pour représenter l’invisible à leurs yeux. Ils connaissaient la vénération des taureaux et des veaux de l’idolâtrie dépravée de l’Égypte. Aaron acquiesça piètrement. Les oreilles du peuple, qui auraient dû servir à écouter la Parole de Dieu, étaient ornées d’anneaux d’or, comme les oreilles des païens ; on les prit pour fabriquer le veau d’or, qu’ils saluèrent comme un dieu.
D’après le verset 5, ils pensaient que le veau visible représentait en quelque sorte l’Éternel invisible. Or, chez les païens, c’est un fait que l’idole visible représente une puissance invisible, (voir 1 Cor. 10:20). L’idole n’est rien, mais la puissance qu’elle représente est celle d’un démon. Ainsi, si une puissance se cachait derrière le veau d’or, c’était une puissance satanique et non une puissance divine.
Dans cette crise, Aaron apparaît sous un jour très défavorable. Il n’avait pas eu l’enseignement qu’avait suivi Moïse pendant les 40 ans passés au désert. Il était donc moins près de Dieu et plus influencé par les désirs du peuple, qui commençait à attribuer au veau sa délivrance miraculeuse de l’Égypte. En instituant un autel et des sacrifices, il tentait de donner aux festivités l’apparence d’une fête en l’honneur de l’Éternel. Mais il l’avait conçu dans son propre cœur, ce n’était pas une fête ordonnée par l’Éternel.
32.1.2 - Avertissement rappelé aux Corinthiens
Le vrai caractère de ce qui s’est passé est indiqué au verset 6 : « Et le peuple s’assit pour manger et pour boire, et il se levèrent pour se divertir ». Ce passage est cité en 1 Corinthiens 10:7 comme preuve de leur idolâtrie, et le verset 25 de notre chapitre indique comment une telle idolâtrie a dégénéré aussitôt en obscénité (NdT : selon versions anglaises KJV et JND).
Nous étonnons-nous d’un tel avertissement à l’assemblée à Corinthe ? Si nous savons combien Corinthe était rongée par de tels maux, nous n’en serons pas surpris ; nous ne serons pas non plus étonnés d’avoir besoin de cet avertissement aujourd’hui, si nous réalisons à quel point le monde actuel est rempli de subtiles idolâtries. Car quelle est la première chose que tous les peuples de la terre espèrent obtenir ? Elle est résumée dans les paroles de la parabole : avoir « beaucoup de biens assemblés pour beaucoup d’années », afin de pouvoir se dire : « repose-toi, mange, fais grande chère » (Luc 12:19). Ces paroles sont presque identiques à celles que nous venons de lire au verset 6. Le Seigneur blâmait l’attitude du riche insensé de Luc 12 comme étant de la cupidité, or en Colossiens 3:5, l’apôtre Paul écrit : « la cupidité qui est de l’idolâtrie ».
32.1.3 - Similitude de l’homme riche de Luc 12:19
Le programme du riche insensé était : beaucoup de loisirs, bien manger et boire malgré un travail relâché, beaucoup d’amusements et de plaisirs pour occuper les heures de loisir. C’est justement l’idéal que l’on fait miroiter aujourd’hui à l’humanité. S’il est atteint, c’est de l’idolâtrie. En tant que chrétiens, puissions-nous avoir la grâce de mortifier nos membres qui sont sur la terre, dont l’un est cette cupidité qui est de l’idolâtrie. Israël a joui de ces “plaisirs du péché” pendant un très court moment, jusqu’à ce que réapparaisse Moïse qui, plutôt que d’en jouir, avait choisi « d’être dans l’affliction avec le peuple de Dieu » (Héb. 11:25).
32.2 - V. 7-10 — L’Éternel parle de consumer le peuple
Au bout des quarante jours, Dieu renvoya Moïse vers le peuple, en lui révélant qu’il s’était corrompu et avait complètement enfreint la loi dans ses exigences les plus fondamentales. Les versets 7 à 10 indiquent l’ampleur de la faillite du peuple, sous la loi qu’il s’était si légèrement engagé à observer dans le moindre détail. Ce peuple s’est révélé avoir le cou roide, et être sujet à la mort et à l’ardente colère de Dieu. Tout avait été perdu, et Dieu les reniait, en parlant à Moïse de “ton peuple” et non de “mon peuple”, comme il en avait parlé au Pharaon en Égypte.
Ils s’étaient mis sous la sentence de mort au point que Dieu parla de les éliminer entièrement et de susciter une nouvelle et grande nation à partir de Moïse. Il avait déjà mis de côté l’ancien monde et avait recommencé avec Noé et ses fils. Il avait également mis de côté le monde idolâtre et avait recommencé avec Abraham et Isaac, l’enfant de la promesse. En principe, il aurait pu faire la même chose une troisième fois, en recommençant avec la descendance issue de Moïse.
32.3 - V. 11-14 — L’intercession de Moïse
Dans les versets 11-13, Moïse fait une très belle réponse qui montre qu’il était « très doux, plus que tous les hommes qui étaient sur la face de la terre » (Nom. 12:3). L’offre qui lui était faite aurait fait tressaillir le cœur naturel de l’homme – elle aurait donné à Moïse une place de choix et une renommée extraordinaire. Mais Moïse supplia l’Éternel de ne pas le faire. Il insiste sur le fait que les fils d’Israël ne sont pas son peuple, mais le peuple de l’Éternel (v. 11).
Au verset 12, il montre son zèle pour le nom de l’Éternel, ne voulant pas que sa gloire soit ternie aux yeux des Égyptiens. Ceux-ci avaient vu la puissance du bras de l’Éternel dans la délivrance de son peuple. Allaient-ils maintenant entendre dire que ceux qui avaient été reconnus comme Son peuple allaient aussi être détruits ? Le jugement proposé serait juste ; mais aurait-il l’apparence de l’être aux yeux des hommes ?
Au verset 13, nous avons une troisième chose très importante. Moïse, le serviteur de Dieu qui a donné la loi, revient non pas sur l’alliance de la loi – tout était perdu sur cette base – mais sur l’alliance inconditionnelle conclue bien plus tôt avec Abraham, Isaac et Israël (en utilisant ce nom, et non Jacob, le nom selon la chair). Dans sa plaidoirie, Moïse a instinctivement abandonné la loi pour la grâce. C’est sur cette base que sa plaidoirie a prévalu, conformément à ce qui est dit en Galates 3:17 : « la loi, qui est survenue quatre cent trente ans après, n’annule point une alliance antérieurement confirmée par Dieu, de manière à rendre la promesse sans effet ».
L’Éternel s’est donc “repenti” du mal qu’il pensait faire. Cette déclaration n’infirme pas Romains 11:29, mais le confirme au contraire. Lorsqu’il s’agit des dons et de l’appel de Dieu qui sont selon Son dessein, Dieu ne change pas de pensée. Lorsqu’il s’agit de Ses voies envers les hommes pécheurs, elles varient dans les détails, bien qu’à la fin, elles atteignent toutes son propos. Dieu a mis Abraham à l’épreuve en lui demandant d’offrir Isaac, et lorsqu’il y a pleinement répondu, Dieu, ayant atteint son but, a annulé son ordre. De même ici, il met Moïse à l’épreuve par cette proposition si attrayante pour un esprit égoïste, et le test terminé, il laisse sa proposition et revient à l’ancienne alliance qui était l’expression de son propos.
32.4 - V. 15-20 — Moïse brise les tables en découvrant l’idolâtrie du peuple
Conformément à l’ordre de Dieu, Moïse descendit de la montagne, les deux tables de pierre à la main, rencontrant Josué en chemin. Les tables elles-mêmes étaient l’œuvre de Dieu, et le témoignage qui y était inscrit était l’écriture de Dieu. Dans le jour à venir, sous la nouvelle alliance, la loi sera écrite dans le cœur du peuple. Actuellement, l’Esprit de Dieu écrit non pas la loi, mais Christ sur le cœur de ceux qui reçoivent l’évangile. Mais ici, les justes exigences de Dieu à l’égard des hommes étaient inscrites sur la pierre.
C’est pourquoi, en gardant à l’esprit la situation d’Israël, nous voyons de suite que les tables du témoignage apportaient un ministère de condamnation et de mort. Moïse, en approchant du camp dans son effroyable état, le sentit instinctivement, et brisa les tables avant d’arriver au milieu du peuple. Il est dit : « la colère de Moïse s’embrasa », ainsi, dès qu’il vit le mal, il partagea la colère divine annoncée (v. 10).
32.5 - V. 21-25 — Aaron le responsable rejette la faute sur le peuple
Moïse avait plaidé pour le peuple et ils ne seraient pas détruit ; mais celui même qui avait intercédé en leur faveur, agissait maintenant en gouvernement pour leur faire sentir l’amertume de leur péché. Il brûla le veau d’or et le réduisit en poudre – fin humiliante pour le soi-disant “dieu” qui les avait fait monter d’Égypte ! De plus, il mêla la poudre à de l’eau et fit boire au peuple son “dieu”, au lieu qu’ils boivent en son honneur, comme ils avaient fait.
Les Égyptiens connaissaient le procédé pour réaliser cela et Moïse, qui était “instruit dans toute la sagesse des Égyptiens”, savait donc très bien comment faire. On dit qu’il y avait une certaine ironie dans ce châtiment qui leur était infligé, car l’or réduit en poudre et utilisé en boisson a un mauvais goût. Le peuple avait amené sur lui, littéralement et pratiquement, la souillure et l’amertume de son grand péché.
Le péché pesait principalement sur Aaron ; sa tentative de défense était ténue. Il tenta de se décharger de sa responsabilité et de la rejeter sur le peuple. Quand le péché apparut au début, Adam a tenté de rejeter la faute sur Ève (Gen. 3:12). Le même principe apparaît maintenant, à l’occasion du premier et plus grand péché sous la loi. De plus, Aaron a tenté de minimiser son péché (v. 24). Il a effectivement jeté l’or dans le feu, mais le verset 4 indique que le veau n’était pas seulement “fondu”, mais aussi “formé avec un ciseau”. En disant une demi-vérité, il essayait de dissimuler la vérité.
32.6 - V. 26-29 — Exécution du jugement par les fils de Lévi
En Hébreux 3:5, il est dit : « Et Moïse a bien été fidèle dans toute sa maison, comme serviteur », et bien que ce ne soit pas dit spécialement de l’évènement que nous examinons, cela est illustré ici de manière frappante. Le veau était un défi direct à la suprématie et à la gloire de Dieu. Moïse qui avait été dans la présence de l’Éternel, était entièrement de son côté dans la controverse, et il mit tout le peuple au défi de déclarer de quel côté ils se tenaient. Ils avaient dansé autour du veau ; qu’ils se rassemblent maintenant autour de Moïse et se déclarent ainsi du côté de l’Éternel. Ce sont les fils de Lévi qui répondirent à ce défi.
Le péché était si grave que le jugement était inévitable. Ils étaient désormais sous la loi, et « la loi produit la colère » (Rom. 4:15). Les fils de Lévi, qui s’étaient purifiés du mal, furent choisis pour exécuter un jugement limité comme gage du jugement qui était sur tous, et environ trois mille hommes moururent. Ils devaient se consacrer à l’Éternel de cette façon, car les exigences de Dieu sont absolues. En Matthieu 10:37, le Seigneur Jésus exprime une exigence similaire, bien qu’il révélait la grâce et non la loi.
32.7 - V. 30-35 — La médiation de Moïse
Moïse n’est considéré comme médiateur qu’en Galates 3:19, mais nous le voyons prendre cette place formellement, au verset 30. Nous voyons de suite le contraste entre lui et le Seigneur Jésus, qui est « médiateur d’une meilleure alliance » (Héb. 8:6). Moïse réalisa qu’il ne fallait rien moins qu’une propitiation pour le péché, et se proposa de monter vers l’Éternel et de s’offrir lui-même ; tel était son amour fervent pour son peuple égaré. Il implora le pardon du péché, sinon qu’il soit effacé du Livre divin, à la place de la nation. Mais il ne pouvait assumer cette fonction qu’avec le mot “si” sur les lèvres. Quel contraste avec le passage de 1 Timothée 2:5-6 !
Bien que Moïse fût un serviteur si éminent et si fidèle, il n’était pas parfait, mais pécheur. Les paroles de l’Éternel rapportées au verset 33, lui rappellent qu’il est lui-même susceptible d’être effacé du livre et qu’il ne peut donc pas servir de rançon pour d’autres. Le véritable Médiateur, “l’homme Jésus-Christ”, s’est donné lui-même en rançon, non pas pour le péché d’un seul peuple, mais pour TOUS. L’efficace de sa rançon est garantie par le fait qu’il est et Dieu et homme.
La réponse de l’Éternel assure néanmoins Moïse qu’Il fera preuve de patience à l’égard du peuple égaré et qu’il le conduira par son Ange, comme il l’avait promis au chapitre 23:20-23, même si son jugement gouvernemental devait tomber sur lui. C’est ce qui arriva (v. 35), bien que les détails de la plaie ne soient pas donnés.
33 - Ch. 33 — La tente d’assignation
33.1 - V. 1-6 — L’Éternel n’ira plus avec le peuple pour ne pas le consumer
Au début du chapitre 33, le peuple reçoit l’ordre de se préparer à aller vers le pays qui serait sien, non parce qu’il le méritait, sous la loi, mais à cause de l’alliance inconditionnelle donnée à l’origine à Abraham. Dieu agirait encore en leur faveur, en chassant les nations de devant eux et en les faisant entrer, mais cela se ferait par l’Ange. Au Sinaï, Dieu était au milieu d’eux d’une manière spéciale. Désormais, il serait au milieu d’eux par son Ange. Sa propre présence pourrait impliquer un jugement sur eux. Les versets 4-6 montrent qu’ils avaient été près d’une destruction complète ; la seule attitude qui leur convenait était de mener deuil devant Dieu, et d’ôter tout ce qui les ornait, à leurs yeux.
33.2 - V. 7-11 — Moïse dresse une tente d’assignation loin du camp
Les versets 7 à 11 racontent ce que fit Moïse ; il fût approuvé par l’Éternel bien qu’Il ne lui en ait pas donné l’ordre. Il prit une tente et la dressa hors du camp, loin du camp, et l’appela la tente d’assignation. Souvenons-nous que Moïse venait de descendre de la montagne, après avoir reçu les instructions pour la construction du tabernacle, et n’avait pas encore eu le temps de le construire. Le mot utilisé ici n’est pas celui qui désigne le tabernacle proprement dit, mais plutôt la couverture extérieure, comme nous l’avons vu au chapitre 26. Pourtant, Dieu honore l’action de Moïse et place la colonne de nuée sur cette tente en dehors du camp.
La signification de tout cela devait être évidente pour le peuple. Ceux qui cherchaient l’Éternel devaient sortir du camp pour le trouver, car ils avaient perdu sa présence à cause de leur péché. La communion entre l’Éternel et Moïse n’était pas rompue, car ce dernier n’avait pas participé à leur péché. Dieu lui parlait face à face comme avec un ami, mais eux ne pouvaient qu’en être témoins, sans y participer. Josué était avec Moïse, car lui non plus n’avait pas participé à la transgression.
Se retirer du camp n’était que provisoire et avait pour but de faire comprendre au peuple la gravité de son péché. Les conditions normales furent rétablies par la suite, et quand le tabernacle fut construit, il se dressait au milieu du camp. Hébreux 13:13 ne se réfère pas à cet incident, mais à la loi du sacrifice pour le péché. Le “camp” d’où les croyants hébreux devaient sortir n’était pas un camp qu’ils devaient réintégrer plus tard. Christ rejeté, immolé comme sacrifice pour le péché, est “hors du camp” depuis dix-neuf siècles ; nous devons être hors du camp avec lui, et ne pas y retourner.
33.3 - V. 12-23 — Entretiens entre l’Éternel et Moïse dans la tente
Il nous est maintenant permis d’entendre les termes de ce “tête à tête” entre Moïse et l’Éternel, et nous ressentons tout de suite que l’Éternel considérait Moïse comme un ami. En lisant les versets 12 à 23, nos cœurs peuvent bien vibrer, surtout en nous souvenant que la relation d’enfant et de fils dans laquelle nous sommes introduits est plus étroite. Ainsi, en Jean 15:13-16, en nous appelant amis, le Seigneur donne à notre relation un caractère encore plus intime.
33.3.1 - V. 12-14 — Moïse rappelle à l’Éternel que le peuple est Son peuple
Moïse est encouragé à intercéder pour le peuple, et aussi à demander à savoir plus précisément comment exercer son autorité divine, et à comprendre la voie qu’il doit suivre. Le verset 14 répond à la première partie de sa requête.
L’Éternel promet que Sa présence ira avec lui, ce qui apaisera les craintes et fera trouver le repos.
33.3.2 - V. 15-17 — Moïse rappelle que Sa présence est indispensable pour le peuple
Les versets suivants montrent combien Moïse réalisait que la présence de Dieu avec eux était essentielle ; sans cette présence ils ne pouvaient ni avancer, ni maintenir leur place spéciale comme peuple appelé d’entre les nations. La suite de leur histoire le confirme pleinement. En s’éloignant de l’Éternel, ils ont perdu leur position de séparation, et le départ de la gloire du milieu de la ville, rapporté par Ézéchiel, marque le début de la longue période au cours de laquelle ils ont été dispersés parmi les nations. Malgré tout, ils n’ont jamais perdu leur identité et, à la fin, restaurés par grâce, l’Éternel sera au milieu d’eux, de sorte que le nom de la Jérusalem du siècle à venir sera Jéhovah-Shamma, “l’Éternel est là” (Ézé. 48:35).
La première demande de Moïse est donc : « fais-moi connaitre, je te prie, ton chemin ». Elle fut exaucée : « Il a fait connaître ses voies à Moïse, ses actes aux fils d’Israël » (Ps. 103:7). Le peuple voyait les merveilles qu’Il a faites, mais Moïse pouvait connaître le but qu’Il poursuivait en les accomplissant.
33.3.3 - V. 18-23 — Moïse désire voir la gloire de l’Éternel
Mais pour sa deuxième demande : « fais-moi voir, je te prie, ta gloire », Moïse se heurte à un refus. Il est autorisé à voir l’Éternel “par derrière” mais pas à voir Sa “face”, car l’homme ne peut Le voir et vivre. Moïse ne devait voir Dieu que lorsqu’il serait passé, pour ainsi dire, puis il pourrait Le discerner dans la voie qu’Il a prise.
Le contraste est saisissant en abordant le Nouveau Testament. Dans l’Évangile de Jean il est dit : « Nous vîmes sa gloire, une gloire comme d’un fils unique de la part du Père ». Dans les épîtres, il est parlé de la lumière de « la connaissance de la gloire de Dieu dans la face de Christ » (2 Cor. 4:6). Aujourd’hui, le chrétien peut connaître quelque chose de Sa “gloire”, de Ses “actes” et de Ses “voies”. Il est beau de savoir que si Moïse n’a pas pu voir la gloire, il l’a vue dans la face de Jésus lorsqu’il était avec lui sur la montagne de la Transfiguration. Il savait alors très bien ce qu’il en coûterait au Sauveur de rendre cette gloire visible pour nous tous et lui, car il parlait de sa mort.
Pour l’instant, Moïse devait se contenter de connaître la bonté et le nom de l’Éternel et, liées à cela, sa grâce et sa miséricorde manifestées. Nous avons ici la déclaration que Paul cite en Romains 9:15 : « Je ferai miséricorde à qui je ferai miséricorde » ; Dieu agit ainsi dans sa souveraineté. Sur la base de la loi stricte, Israël avait tout perdu, et pourtant Dieu a choisi de faire preuve de miséricorde et de poursuivre avec eux. Israël n’a donc aucune raison de s’opposer à ce que Dieu choisisse de faire preuve de miséricorde à l’égard des nations en ces jours d’évangile. Depuis l’affaire du veau d’or, ils doivent leur existence à la miséricorde de Dieu.
34 - Ch. 34 — Nouvelles tables de pierre et nouvelles ordonnances
34.1 - V. 1-4 — Moïse remonte sur la montagne avec de nouvelles tables
Bien qu’il en fût ainsi, ils étaient laissés sous la loi qui avait été donnée, c’est pourquoi, au début du chapitre 34, nous voyons que Moïse doit tailler deux tables de pierre comme les premières, les prendre et monter de nouveau au sommet de la montagne, afin que Dieu puisse y écrire les paroles comme il l’avait fait auparavant. Comme précédemment, personne ne devait s’approcher ; même les troupeaux devaient rester à l’écart de la montagne. La sainteté de Dieu était une fois de plus soulignée, mais cette fois-ci en heureuse relation avec sa miséricorde.
34.2 - V. 6-7 — L’Éternel fait une nouvelle révélation de Lui-même
34.2.1 - V. 6 — Sa miséricorde
Nous gagnons à méditer un peu les versets 6 et 7. Des traits du caractère divin y sont réunis ; nous les connaissons bien maintenant, mais, pour Moïse, ils pouvaient sembler contradictoire à bien des égards. Il aurait pu se demander : S’il abonde en vérité comme en bonté, comment peut-il être miséricordieux envers un peuple tel que nous nous sommes ? Ou encore : Comment peut-il pardonner l’iniquité et les transgressions avec justice, alors qu’Il ne tient pas les coupables pour innocent et qu’il visite les péchés des pères sur les fils ? Des siècles plus tard, le Psalmiste, par l’esprit prophétique, anticipait l’heureux jour millénaire où il pourra être dit : « la bonté et la vérité se sont rencontrées, la justice et la paix se sont entre-baisées » (Ps. 85:10). Mais même ainsi, la “grâce et la vérité” n’ont pu se manifester pleinement que lorsqu’elles « vinrent par Jésus-Christ » (Jean 1:17) et que sa mort et sa résurrection les ont fait se rencontrer.
34.2.2 - V. 7 — Ses voies en gouvernement
Comme certains trouvent des difficultés dans la dernière partie du verset 7, il peut être bon de remarquer que Dieu indique ici comment il agit envers les hommes sur terre dans son saint gouvernement. Lorsqu’il s’agit du jugement éternel, les morts seront jugés « selon leurs œuvres » (Apoc. 20:12-13) ; la pensée qu’un fils porte le péché de son père ne s’y trouve pas. En s’adressant à Moïse, Dieu parlait non de questions éternelles, mais de son gouvernement envers Israël sous la loi, à la lumière de sa miséricorde qu’Il venait de déclarer. Dans l’exercice du gouvernement de Dieu dans ce monde, la façon dont l’iniquité d’un père affecte négativement ses enfants est trop évidente pour que nous l’ignorions. Les lois de l’hérédité, que Dieu a ordonnées, sont bien réelles.
34.3 - V. 8-9 — Moïse implore Son pardon
Quand ces choses furent communiquées à Moïse, il en fut très affecté (voir v. 8 et 9). Il se prosterna en reconnaissant la grâce de Dieu, d’abord envers lui-même, puis envers le peuple, et il implora une fois de plus le pardon en confessant leur péché et leur esprit borné. Notons que le sens de la grâce ne conduit pas à minimiser le péché, au contraire. C’est en présence de la grâce que la gravité du péché est pleinement manifesté, comme le montrent les paroles du Seigneur, en Jean 15:24.
34.4 - V. 10-17 — L’alliance est réitérée, le peuple devra être entièrement séparé
En réponse à cette confession et à cette requête de Moïse, Dieu déclare une nouvelle alliance, dans laquelle il s’engage à faire des merveilles qui manifesteront sa puissance aux yeux de son peuple, mais sans en révéler la nature. Dans le reste du chapitre, nous voyons que cette nouvelle alliance était secondaire ; elle n’annulait et ne modifiait en rien l’alliance de la loi qui venait d’être établie, puisque des points de la loi étaient repris.
Nous comprenons bien ce qui est ordonné aux versets 11 à 17. Le peuple venait de tomber dans le grand péché d’avoir fait le veau d’or, idée qu’ils avaient de toute évidence ramené d’Égypte. Dieu allait chasser de devant eux les nations de Canaan qui étaient remplies de formes d’idolâtrie pires que celles de l’Égypte ; c’est pourquoi il leur était enjoint une séparation totale d’avec ces peuples, leurs dieux, leurs autels et leurs images. Ils devaient les détruire, ainsi que tout ce qui se rapportait à leur culte idolâtre. Dieu avait conclu une alliance avec Israël, aussi ne devaient-ils donc pas conclure d’alliance avec ces nations.
34.5 - V. 18-26 — Rappel des points de la loi en rapport avec ce qui était dû à l’Éternel
Les versets 18-26 récapitulent certains détails de la loi. Il n’est pas facile de voir le lien entre les divers points spécifiés, mais nous pouvons voir d’une part que s’ils les observaient, les droits de l’Éternel leur Dieu seraient préservés, et d’autre part, que le fait de les observer, ferait d’eux une nation tout à fait distincte des autres peuples. Au verset 24, il y a une déclaration qu’ils n’avaient jamais entendue. Si les hommes obéissaient au commandement de quitter leurs maisons pour se présenter devant l’Éternel trois fois par an, Dieu garantissait la sécurité de leur pays et de leurs maisons pendant leur absence. C’est ce que le sage déclare en Proverbes 16:7 ; en prenant Dieu au mot, ils n’auraient aucune crainte.
34.6 - V. 27-28 — Moïse écrit ces paroles de l’alliance
Moïse est resté sur la montagne en présence de Dieu pendant quarante jours et quarante nuits, miraculeusement soutenu, sans manger ni boire. Les dix commandements furent à nouveau écrits sur des tables de pierre et confiés à Moïse, pour qu’il les transmette au peuple.
34.7 - V. 29-35 — Moïse redescend du Sinaï, la gloire rayonnant sur son visage
Le verset 29 donne des détails sur sa descente. Il tenait dans sa main les tables de pierre, son visage reflétait la gloire et, bien que cela ne soit pas mentionné ici, nous savons qu’il lui avait été aussi confié « le modèle des choses qui sont dans les cieux » (Héb. 9:23). Les commandements étaient ordonnés à tout le peuple et étaient visibles de tous. La signification du “modèle” leur était sans doute caché mais nous savons qu’il présentait comment Dieu répondrait aux culpabilités que la loi manifesterait.
Cependant, la gloire qui brillait sur la face de Moïse était liée aux exigences de la loi, et c’est pourquoi elle inspirait de la crainte à Aaron et aux fils d’Israël. La signification de cet épisode est expliquée en 2 Corinthiens 3:6-18. La gloire sur la face de Moïse était liée à un ministère de mort et de condamnation, c’est pourquoi il devait mettre un voile sur sa face en présence du peuple, bien qu’il n’en ait pas eu besoin devant l’Éternel. En revanche, nous connaissons la gloire de Dieu — et pas seulement son reflet — sur la face de Christ, et nous n’avons pas besoin de voile, car cette gloire nous parle de vie et de liberté, et non de condamnation et de mort.
La gloire sur la face de Moïse ne lui était pas inhérente ; en fait, il en était d’abord inconscient. De plus, elle s’est rapidement estompée – elle a “pris fin” (2 Cor. 3:11). Ici encore, nous voyons le contraste, car la gloire sur la face de Jésus demeure pour toujours. De plus, elle transforme ceux qui, par la foi, la contemplent, alors que la gloire sur la face de Moïse ne produisait que la peur.
35 - Ch. 35 — Moïse transmet au peuple les ordonnances de l’Éternel
35.1 - V. 1-3 — le sabbat
Moïse a fidèlement transmis les commandements divins au peuple, comme l’indiquent les premiers versets d’Exode 35 ; il leur a notamment imposé le repos qui devait être observé le jour du sabbat. Aucun feu ne devait être allumé dans toutes les maisons. Le sabbat étant le signe de l’alliance, il devait être strictement observé.
35.2 - V. 4-29 — les matériaux à fournir comme offrande
Le reste du chapitre est consacré à l’énumération de tous les matériaux ordonnés par Dieu pour la construction du tabernacle et de tout son mobilier ; puis (v. 20 à 29), il est indiqué la bonne volonté avec laquelle le peuple répondait aux ordres reçus. Il est souligné que chaque homme et chaque femme prenait part à l’offrande, et qu’ils faisaient ce service volontairement.
35.3 - V. 30-35 — Betsaleël et Oholiab appelés à servir
Puis, aux verset 30 à 35, les deux hommes que Dieu avait choisis sont présentés au peuple, avec l’indication claire que leur capacité pour accomplir le travail complexe n’était pas la leur, mais qu’elle leur avait été donnée par Dieu.
Nous trouvons un encouragement pour nous-mêmes dans ces deux derniers points. Les deux mêmes choses sont nécessaires pour l’œuvre de Dieu aujourd’hui – d’abord un cœur bien disposé, ensuite la capacité. Ces deux choses sont des dons de Dieu. De nos jours, la capacité s’exprime dans les prophètes, les évangélistes, les pasteurs et les docteurs, dont il est question en Éphésiens 4:11. Ces dons sont accordés, non pas pour la construction d’un tabernacle, mais « pour le perfectionnement des saints, pour l’œuvre du service, pour l’édification du corps du Christ ». L’œuvre de Dieu a toujours le caractère d’édification, car “édifier”, c’est bâtir.
36 - Ch. 36 — Fabrication du tabernacle : Tapis, ais, voile
Ces quatre chapitres (36-39) racontent comment les instructions divines furent exécutées sous la direction de Betsaleël et d’Oholiab, qui furent les ouvriers spécialement mandatés. La substance de ces chapitres étant déjà connue, nous n’en relèverons que quelques détails.
Remarquons d’abord Exode 36:5. Quand Dieu agit dans le cœur des hommes, il peut produire une réponse digne de lui. Le peuple apporte en offrande non seulement ce qui étaient nécessaire, mais « beaucoup plus qu’il ne faut ». Nous voyons une chose semblable, voire supérieure, en 2 Corinthiens 8:1-5. Les saints de Macédoine étaient “dans une grande épreuve de tribulation”, c’est-à-dire qu’ils passaient par les expériences du désert, or ils ont donné « selon leur pouvoir », et même « au-delà de leur pouvoir », dépassant ce qu’espérait l’apôtre, car « ils se sont donnés premièrement eux-mêmes au Seigneur ». Il n’est pas surprenant qu’une réponse produite par la grâce de Dieu aille au-delà de celle produite sous la loi – aussi bonne soit-elle.
37 - Ch. 37 — Fabrication du tabernacle : arche, table, chandelier, autel d’or
En comparant ces chapitres avec les précédents, on peut voir de petits détails supplémentaires. Par exemple, les deux chérubins étaient d’une seule pièce avec le propitiatoire ; cela illustre le fait que là où se trouve le sang du sacrifice, les exigences de la justice et de la miséricorde sont satisfaites en même temps.
En outre, les différents articles sont mentionnés dans un ordre différent. Auparavant, ils suivaient la signification spirituelle, maintenant, ils suivent l’ordre dans lequel nous devons les considérer, en travaillant de l’intérieur vers l’extérieur.
38 - Ch. 38 — Fabrication du tabernacle : autel et cuve d’airain, le parvis.
Dans la dernière partie du chapitre 38, l’inventaire du tabernacle se fit par la main d’Ithamar le sacrificateur. Le poids de l’or et de l’argent utilisés est spécifié. À cet égard, nous pouvons avoir deux réactions. D’abord, être étonnés qu’il y ait tant de choses disponibles, compte tenu de l’environnement désertique du peuple ; ensuite, penser que ce n’était rien comparé aux immenses réserves accumulées par David pour le temple que Salomon a pu construire. Mais il reste toujours vrai que « le Très-Haut n’habite pas dans des demeures faites de main » (Actes 7:48).
39 - Ch. 39 — Les vêtements des sacrificateurs
En Exode 39, nous avons des détails sur la fabrication des vêtements sacerdotaux pour Aaron et ses fils. À la fin du chapitre, il est dit que tout ce qui avait été fabriqué était présenté à Moïse pour être examiné. Tout devait passer sous ses yeux, car il avait reçu des instructions très strictes sur la montagne : tout devait être fait exactement selon le modèle qui lui avait été confié. Moïse vit qu’il en était ainsi et bénit le peuple.
Aujourd’hui, devrions-nous être moins attentifs à observer toutes les instructions données dans le Nouveau Testament quant à la façon de nous conduire, que ce soit individuellement ou dans l’assemblée de Dieu ? Poser cette question suffit ; la réponse est évidente.
40 - Ch. 40 — Édification du tabernacle
Le dernier chapitre de l’Exode se divise en trois parties.
I) Les versets 1 à 15 donnent les instructions données à Moïse par l’Éternel pour l’érection du tabernacle et de son contenu, ainsi que pour l’installation des sacrificateurs.
II) Les versets 16-33 relatent l’obéissance minutieuse de Moïse, afin que tout se déroule conformément aux instructions divines.
Le verset 33 se termine par les mots : « Moïse acheva l’œuvre ». Cela nous renvoie à Hébreux 3:5, où il nous est rappelé que « Moïse a bien été fidèle dans toute sa maison [de Dieu], comme serviteur, en témoignage des choses qui devaient être dites ». Tout le système du tabernacle était un témoignage en type et en image des réalités qui ont été établies en Christ et dans son œuvre à la croix ; c’est pourquoi la fidélité de Moïse qui a tout exécuté selon la parole de Dieu, pendant que l’œuvre était en cours et quand elle fut terminée sans omission, était primordiale.
Mais rappelons encore au lecteur que les grandes réalités, qui étaient typifiées, sont maintenant pleinement révélées dans le Nouveau Testament et nous font comprendre les types. Nous ne devons pas tomber dans l’erreur d’essayer de conformer les réalités du Nouveau Testament aux ombres de l’Ancien Testament. En essayant de le faire, nous quitterions vite le domaine de la vérité divine pour entrer dans celui de l’imagination humaine.
III) Les versets 34-38, raconte comment la gloire de l’Éternel a rempli le tabernacle, quand tout fut terminé, et quels en furent les résultats. Le premier résultat est que l’homme est totalement exclu. Même le fidèle Moïse n’a pas pu entrer là où se trouvait la gloire de l’Éternel. Comparons cette scène avec ce que l’apôtre Paul a rapporté en ce qui le concerne en 2 Corinthiens 12:1-5. Dans ce passage, il se décrit comme “un homme en Christ”. Il n’y a jamais eu de plus vrai serviteur de Dieu que Moïse, mais son service a été accompli quelque quinze siècles avant que Christ ne paraisse et n’accomplisse l’œuvre qui a permis à quiconque d’être considéré comme un homme en Christ. En refermant le livre de l’Exode, nous voyons qu’aucun homme de la race d’Adam, même le plus beau spécimen, n’a de place en présence de la gloire de Dieu. C’est ce qu’illustre le grand verset de Romains 3:23.
Nous voyons aussi que si l’homme ne peut se tenir devant la gloire, il peut néanmoins recevoir d’elle toutes les directions dont il a besoin. Israël se trouvait dans un désert sans fin et, laissé à lui-même, il aurait erré sans but. Or, leurs étapes étaient contrôlées : ils se déplaçaient ou se reposaient selon les indications de la nuée de gloire. Ainsi tout était ordonné pour leur instruction et leur discipline.
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